Le Vif/l'Express, 18/10/1996, p. 137
Alors que son employeur se disait satisfait de son travail, mon mari s'est fait licencier sur-le-champ au terme
d'un mois d'activités de délégué commercial, parce qu'il a refuse de suivre la formation
qui devait lui apporter ce plus « d'agressivité commerciale ».
Cette formation devait obligatoirement se faire chez U-Man, société «satellite »
de l'Église de scientologie, comme ses prospectus publicitaires l'annoncent sans aucune ambiguïté
: société qui par ailleurs avait réalisé les étapes du recrutement pour cet
emploi. il est également utile de savoir que cet employeur avait certifié à mon mari (qui
s'était rendu compte, lors de l'embauche, où il avait dû mettre les pieds) qu'il ne serait
pas question de formation par la suite.
D'autre part, devant cette obligation, alors que mon mari motivait son souhait d'effectuer une formation ailleurs
que chez U-Man, par le fait que nous avons pu mesurer les conséquences de la fréquentation de l'Église
de scientologie chez un membre de notre famille, il s'est entendu répondre que l'Église de scientologie
est une Église tout comme Église catholique et qu'il y a des gens à qui cela convient très
bien ! Ce jour-là, mon mari est rentré en train, il venait de se faire retirer son véhicule
de société et congédier illico presto. Ces faits se sont produits il y a quelques mois. Gageons
que les citoyens et responsables politiques seront attentifs au fonctionnement de ces sociétés et
à la complicité de certains employeurs.
R.M.F., Namur.* (transmis sur fr.soc.sectes par Morlhach)
*
Autre exemple:
Virginia et Paul Mc Claughry, de Clearwater, étaient scientologues depuis des années, et avaient
atteint le grade très élevé d'OT 7.
Ayant découvert des dysfonctionnements énormes dûs à la direction générale
de la secte, ils ont protesté à l'intérieur des lignes scientologues, comme cela doit se pratiquer
normalement chez eux.
Mal leur en a pris: plutôt qu'obéir aux règles scientologues publiques, le management international
les a "déclarés suppressifs" et donc, les a éjectés.
Peu après, Paul Mc Claughry [de Clearwater, Floride, près du QG technique mondial de la secte]
se faisait virer de son poste dans la société scientologue dont il faisait partie depuis des années,
et où il avait d'excellenst résultats. La raison n'est que trop évidente.
Autre Exemple : la ruine d'un millionaire
Voici quelques années, un riche investisseur nommé Bryan Haney plaçait quelques millions
de dollars dans une entreprise.
Peu après, son épouse, scientologue de longue date, était déclarée "suppressive"
par la secte, et devenait donc persona non grata.
La société où Haney avait placé son argent (Digital Lightwave, si mes souvenirs
sont bons) devait donc s'arranger pour se débarrasser de Haney puisqu'il était devenu du coup "persona
non grata". Le PDG scientologue de cette société lui offrit alors de racheter ses parts en lui
présentant un faux bilan.
M. Haney récupérait alors 5 millions de dollars.
Découvrant plus tard la supercherie, il cherche désormais à obtenir par voie de justice
les 255 millions de dollars que valaient (paraît-il - la justice tranchera tôt ou tard) ses parts à
l'époque où le deal de reprise des actions eut lieu. Il y aurait donc ici escroquerie, faux en écriture
privées, faux bilan, en supplément de l'intolérance religieuse sectaire.
PS: Haney a fini par signer un compromis avec la secte et Digital. Nous ignorons les termes du compromis
qui empèche probablement Haney d'en discuter, ce qui est contraire à la Constitution américaine
(liberté d'espression) et contraire à l'intérêt du consommateur en Floride.
Autre exemple: tentative pour spolier ma famille
Lorsqu'en 1983 nous venions de quitter la secte, nous étions engagés avec l'association de scientologie
lyonnaise dans une association légale "Société Civile Immobilière" - la SCI
les Amis de LRH.
Nous avions créé cette société civile afin d'être en mesure d'acheter un bâtiment
de 1100 m2 pour abriter l'organisation agrandie, en revendant notre maison comme apport (moitié de la valeur
du bâtiment acheté) à la SCI. Nous avions donc 87 % des parts de cette SCI, l'association 10
%, les 3 % restants du capital se partageaient entre 14 scientologues. La banque n'avait pas accepté de
nous prèter l'argent individuel (moitié du prix de vente) directement, d'où la nécessité
de cette SCI.
Après avoir quitté la scientologie, il nous était plus simple de racheter les parts de
chacun, afin d'en finir avec cette SCI devenue inutile: les dettes contractées nous forçaient à
revendre le bâtiment, d'ailleurs bien trop grand pour nos besoins. Nous offrîmes alors 20 % de plus
que la valeur de départ des parts, et rachetâmes et payâmes toutes les parts à 120 %
de leur valeur initiale, y compris celles de l'association.
Le document de rachat n'était pas dans la forme exacte exigée par les services des impôts,
si bien que nous dûmes revenir à l'association refaire signer le nouveau document. C'est alors que
les choses se gâtèrent: ils refusaient de signer ce document, bien qu'ayant été payés
depuis quelques temps.
Fort heureusement, le nouveau président en exercice dans l'association accepta - sans qu'ils le sachent!
- de signer ce document qui nous empoisonnait l'existence, sans quoi nous étions contraints d'aller en justice
pour en exiger la signature. Voilà la tolérance religieuse de la secte.
Plus généralement
En plus de ces quelques exemples criants, la secte oblige systématiquement à divorcer les couples
dont l'un des époux veut quitter la scientologie, ou bien dont l'un est "déclaré suppressif";
elle force aussi les parents ou les enfants à couper toutes relations entre eux si l'un est "déclaré"
ou veut partir. Une discrimination 'religieuse' de plus.