SCIENTOLOGIE - DIANETIQUE:
LA SECTE avertissement: il existe depuis novembre 1998 une version papier de cet ouvrage, sensiblement différente de celle-ci. On peut la commander à l'éditeur
Chronique d'une " religion " commerciale à Irresponsabilité illimitée
Roger GONNET - un " ex-dignitaire "<http://www.antisectes.net/alban-cde.htm>
DOS DE COUVERTURE
Cet essai sur la secte la plus dangereuse et l'une des plus riches au monde, la Scientologie-Dianétique - en Europe, 95 milliards de centimes ont défilé sur un seul des comptes centraux de l'affaire en 3 ans, représentant en principe la " dîme " versée par les succursales de la secte, vraisemblablement en Europe. Soit un C.A.de l'ordre de 1 milliard de francs en trois ans, pour quelque 20 000 personnes qui auront donc versé chacune environ 16500 F chaque année.
L'auteur, un repenti qui fut l'un des piliers du mouvement en France, dévoile ici avec force détails les procédés, les inepties, les trucages et les escroqueries dont se rendent chaque jour coupables des gens comme vous et moi, des gens dont la plupart sont de bonne foi lorsqu'ils commettent les exactions recommandées par le système. Il a contribué à de nombreux articles et émissions dans les médias, et aidé les associations de lutte anti-sectaire.
Un compte-rendu glaçant, qui vous fera vivre la secte de l'intérieur et comprendre pourquoi toute personne peut devenir la proie de tels groupes, car si la scientologie " S.A. " est le plus pervers et l'un des plus convaincants, bien d'autres ne peuvent pas davantage clamer leur innocence ni leur religiosité de façade, bien d'autres n'en veulent qu'au portefeuille de l'adepte, voire à s'approprier son existence entière.
Si quelques journalistes français ont déjà forcé certaines des portes de l'horreur quotidienne des manipulations, aucun n'a eu la chance (relative) de rester huit années dans les sphères dirigeantes du mouvement, ni d'accéder aux mécanismes les plus secrets.
A partir de ce vécu, en se servant des références les plus simples de la secte, Roger GONNET démonte ici pour votre stupéfaction l'hydre commerciale Sciento-Dianétique. Nous vous recommandons de parcourir la table des matières, édifiante en soi.
AVERTISSEMENT : JE N'AI PAS ENCORE EU LE TEMPS DE REVISER CE LIVRE POUR LA SIXIEME FOIS, C'EST A DIRE DEPUIS JANVIER 1997 ; CERTAINS PASSAGES QUI SE TROUVENT DANS L'ŒUVRE FINALE NE SONT DONC PAS INCLUS DANS CELLE-CI PUISQUE J'AI RETOUCHE QUELQUES PASSAGES DEPUIS JANVIER.
VOUS TROUVEREZ LES CHAPITRES ENCORE PLUS A JOUR PARFOIS sur mon site Internet à
http://wwwperso.hol.fr/~rgonnet
Derniers faits tragiques attribués à des sectes:
Au Canada, secte sataniste: 39 suicidés, en 1997.
Au Temple du Soleil, une jeune femme assassine un nourrisson que le chef de secte avait déclaré être l'Antéchrist.5 suicides et 48 assassinats ont suivi.
Hubbard, gourou de Scientologie-Dianétique SARL, déclare dans le " niveau OT VIII ", en termes Hubbardiens, que le Christ serait l' Antéchrist - voir " Le Grand Décervelage ".
Au Japon, 11 morts et 5000 blessés dans le métro de Tokyo; le chef de secte Aoum ne voulait pas être entendu par la Police.
La secte Waco (Texas) : " suicide " collectif - 85 tués - durant l'assaut des troupes américaines.
Secte au Guyana : 923 " suicidés ".
Il y a beaucoup d'autres exemples.
Pourrait-on voir l'équivalent en Scientologie Dianétique? J'en ai longtemps douté ; ce n'est plus du tout le cas. Faites-vous votre opinion au moyen des quelques faits qui suivent!
Ce n'est pas non plus le hasard qui fait que la Scientologie soit citée nommément trente fois sur les cent quarante quatre citations nominatives du volumineux 'rapport sur les sectes' publié sous le n° 2468 par l'Assemblée Nationale, paru en 1996. Ce chiffre, loin devant les quelques 200 autres sectes françaises montre à quel point ce groupe est dangereux et relativement puissant. La Scientologie-Dianétique se glisse, comme vous le verrez, dans la plupart des mauvais coups, en particulier :
Espionnage, infiltration des agences d'état, secrets défense
Tarifs prohibitifs
Procès innombrables
Suicides, blessures, peut-être même d'autres tentatives...
Tricheries avec le fisc, l' URSSAF, et les lois en général
Tentatives hégémoniques
Déguisements pour échapper aux poursuites
Embrigadement d'enfants
Escroquerie, tromperie et abus de confiance
Non-assistance à personnes en danger, décès, homicides involontaires
Médecine illégale
Déstabilisation mentale des adeptes
Fanatisme
1: Derniers faits tragiques attribués à des sectes: 2AVIS AUX SCIENTOLOGUES 8Introduction 9MOTIVATIONS 10Affaires en cours 13Scientologie et internet 14L'apparence 15Auto-dénonciation 16Autres dénonciations 17QUELQUES REFLEXIONS 17ENTREZ, ENTREZ, ENTREZ ! 20Ils veulent votre ruine 21Test pour le moins criticable 23Le "test au hasard" 25Degré de progression et leur durée 27PEDAGOGIE 28Réactions face aux critiques des débutants 321974 35Cracher au bassinet. 35HUBBARD, Lafayette Ronald 37Titres de Hubbard - culte de la personnalité 37Hubbard n'a même pas inventé les noms de la secte 38Hubbard et le pouvoir 40Assassins professionnels, chantage 40Suicide du fils d'Hubbard 41L'ECRIVAIN PROLIXE 42On annule d'avance ce qui sera écrit ! 43Il répondait à 100000 lettres par an? 44Hymne d'Asie : les corollaires... Dieu 45Sexisme et élitisme 45Hubbard = Dieu (adorez-moi) 45SCIENTOLOGIE: RELIGION OU PHILOSOPHIE RELIGIEUSE? 46Pape, cardinaux et évèques scientologues 46La secte affirme...être une secte 48Les scientos s'engagent "légalement" à votre place 48Les sacrements: l'extrème ponction 49Secret des confessionaux? Méfiance, méfiance. 50La délation 50La croix scientologue 51En revenant, tel le Christ, Hubbard aura sa part du gateau-sciento 51Les bénéfices 52Police Internationale des Finances 53Le martyr 55Autres éléments: les sociétés possédant l'association "sans but lucratif" 56TECHNOLOGIE = Argent . Corollaire: PROPRIETAIRE=Hubbard 57PIETE TARIFEE AU PRIX FORT 57Remboursements promis devenant impossibles à obtenir 58L'inflation façon sciento: 121 % par an, ou 230 %? 59La paie du staff: parfois des graines, mais pas de tampax, ou rien 59Méthodes et apparences "légales" pour faire religion 60EMPRUNTONS LE PONT - OBSERVONS 62Public payant = staff plus ou moins gratuit; les commissions d'affaires 62Toujours plus fort: Public payant = staff gratuit = staff payant (déserteurs?) 63Premiers pas : premières promesses non tenues ou impossibles 64On n'écoute pas les critiques anti-sciento 64Aptitudes imaginaires 65Le sciento vole-t'il dans l'espace? 67Les bonnes raisons des promesses jamais tenues 67Déçu 68Plus grave encore : la scientologie incapacitante 68Explication : la recherche des "quelques instants magiques" 69Pièges de mystères 70LA LOI 71Capitaux illégaux dans les slips 71Abuser des députés, sénateurs, ministres... 72Inégalité de salaires 73Se faire éjecter de la secte 74Raid du F.B.I.: la femme d'Hubbard en prison 76Pas de limite à l'illégalité pour le compte de la secte 76Autres illégalités 77Calomnies envers les ennemis de la secte 77Hubbard? vous avez dit Hussard? 79Parano et mytho 80Inventer des ennemis et créer un gouvernement sciento 81La fatwa scientologaise 81Règlements sectaires annulés... sans l'être vraiment 82Fuir et se terrer 83Organisation façon KGB 84Pas de signature sur les documents engageant la responsabilité pénale 84Courrier des staffs et du public - détournement de courrier privé 85FAMILLE ET SCIENTOLOGIE 86Obsession (fanatisme) 88MENSONGES ET SECRETS: Tech du mystère 89Aperçu des bases "techniques" 89Qualités des "clairs": nulle 90Ratés et fuites 91Vies antérieures 92Dieu d'abord, le pape ensuite 92Etudes secrétes et dangereuses 93Le secret mortel 94Sorcellerie 95Scientologie peut-elle passer pour psychologie? 96L'ELECTROMETRE HUBBARD 97Test de l'électropsychomètre 97Détecteur de mensonges? 99Sciento supérieure à tout 100SCIENCE-TOLOGIE = GOGOLOGIE 102Lavage de cerveau? 103Radiations s'évaporant dans le sauna 103Fin du monde annoncée: un grand classique des gourous 103Etymologie et aberration 104Tests d'intelligence inintelligents 104Logiques Hubbardiennes et illogismes 105Science mécaniste peu spiritualiste 106Escroquerie intellectuelle 106L'Amour d'Hubbard pour l'humanité 108Allons-y, broyons la tête des bébés, noyons-les au crésyl 109Critiques de l'être humain: dur, dur d'être ainsi jugé. 109Autoportraits Hubbardiens? 110 Faux témoignages 111'Comment faire en sorte que la scientologie continue à fonctionner': les sciento-bogues 113Crimes, crimes capitaux: les journalistes au bûcher! 114Hubbard sorcier 114Les enfers de la justice sectaire 115CE QUI N'EST PAS ECRIT N'EST PAS VRAI. 119Soyez bien propre, [et recevez vos patients aux WCs] 120La sciento mauvaise payeuse 121Provoquer l'auto-culpabilisation 122MANIEMENT DU FRIC, DES STATISTIQUES & GESTION ABSURDE DU PERSONNEL 123Dépenses publicitaires colossales 123Obligation règlementaire de produire davantage de jeudi en jeudi 124Aucune excuse n'est admissible à la baisse de production 124Politique des staffs: trafiquer les chiffres des comptes pour éviter les sanctions 125Sciento = société commerciale; valeur ajoutée des "services" 126Souvent, ne rien donner en échange 126Analyse de situations (gestion par analyse)- police des finances sciento 130Livre à ...80 000 Francs 131Les comptes d'épargne patiente - Hubbard, proprio de la secte 131GUERNICA 133MEPRIS POUR LES NON-SCIENTOLOGUES 136La sciento franchisée par Sigmund Freudet sponsorisée par la défense américaine 136Pas de progrès en sciento? Vous êtes un criminel, mon vieux. 138Elitisme suivi de critique desdits élites 139Vantardises & "Relations publiques" de la secte. 141Combien d'adeptes dans le monde? Leur ubiquité... 141Moins de 100 000 actifs pour le monde entier, staffs inclus 141Combien de "clairs" dans le monde? 143Combien d'orgs de sciento? 143"Récompenses" et titres de gloire: faux et usage de faux 143Bouddha, Mahomet, le Christ, Léonard de Vinci... 144Mascarade de charité 144Les stars et la secte 145Pro Nixon, ou pro-Kennedy: trucages par enquètes de notoriété 146Références positives invérifiables: publicité mensongère. 146MEDECINE SCIENTOLOGUE - Remède à tout faire 148Pilules miracle 148Bien en suer cinq heures par jour 149Overdoses manifestement dangereuses à échéance 150Secte, psy et Prozac 152COMMENT NOUS EN SOMMES SORTIS 154Tribunal nocturne, sans avocat, siégeant dans votre dos. 155Tu divorces ou tu n'es plus chef 155L'AVENIR ? 157Hubbard n'a inventé que la tech à libérer le Hubbard. 157Les adeptes payés pour empècher d'anciens adeptes de nuire 159Que faire face à la secte? 160AMUSONS-NOUS UN PEU : LE DIALOGUE SCIENTOLOGUE... 162Rions encore : marques déposées 162Autre sujet d'amusement: le niveau de conscience de la secte 163J'allais oublier l'ami Pavlov! RIONS MOINS: EXTRAIT DU LIVRE LA Fable: SUICIDES et MORTS EN Scientologie 164Annexe 165REMERCIEMENTS 16PARAVENTS DES SECTES 172TEST OCA "AU HASARD" 172SiGLE SCIENTO-SIDA: 173
AVIS AUX SCIENTOLOGUES
Avant de commencer à critiquer l'auteur, comme vous avez coutume de critiquer tout ennemi de la Scientologie, car vous croyez (en toute bonne foi) qu'ils sont tous ennemis de l'humanité, donnez-vous au moins la peine de lire une autre version que celle qui est toujours présentée comme officielle par les cadres de " l'église "; je vous garantis que vous y découvrirez un bon nombre de faits et de réalités que vous ignorez. Emanant d'un ancien patron, d'un OT VII.
Bien sûr, il y a des opinions et des critiques: n'auriez vous jamais eu à en faire ?
Ne vous êtes-vous jamais posé de questions sur telle ou telle pratique ?
La " tech standard " vous a-t'elle toujours apporté satisfaction ? Les aptitudes des " OTs " vous semblent-elles conformes aux déclarations que vous avez entendu?
Etant OT VII, NED pour OT, ancien fondateur de mission, puis d'org Classe IV, ayant parfois influé mondialement sur des actions de la scientologie, j'ai moi aussi cru ce qu'on me disait sur les ennuis de la secte, sur Ron, sur les ennemis... jusqu'au moment où, huit longues années passées dans le groupe, je signale à Ron lui-même, par les voies habituelles, que des choses très anormales se passaient en haut lieu, à la Direction centrale.
C'est alors que l'enfer de l'exclusion, enfer que vous pouvez imaginer, s'est déchaîné contre moi.
Vous saurez plus loin pourquoi et comment. Je suis tout à fait satisfait, en fin de compte, d'être sorti; dehors, la vie n'est pas divisée entre l'horrible et le misérable - en tous cas, pas plus que dedans; si les défauts diffèrent, l'hypocrisie n'est pas pire, au contraire. Les règles sont plus claires.
J'ai réfléchi depuis. Cela fait douze ans. Voilà le résultat.
Si je crois avoir mieux compris Hubbard que la moyenne, ce n'est pas par prétention à une intelligence particulière, mais plutôt à cause de certains traits de caractère que nous avions en commun: cela m'a permis de pénétrer son univers. Ce ne sont pas des tendances positives: j'ai un goût du pouvoir, que je me refuse à exercer, non par crainte des résultats que je pourrais obtenir, mais par décision: je crois que la liberté individuelle est le moteur de l'humanité; j'ai aussi le goût de l'argent, mais pas celui d'en faire sur le dos des autres, de m'enrichir de leur travail : appliquer les systèmes de rétribution scientologue ne m'a pas plu: trop de différences entre les chefs et les nouveaux. Comme Hubbard, je ne déteste pas la vantardise, mais j'essaie de la contrôler et je n'aimerais pas ne pouvoir me regarder dans la glace en raison d'escroqueries à l'image que je voudrais montrer! Mégalo, oui, mais pas au point que cela passe avant tout, ni au point de désirer écraser mon entourage; j'aime avoir raison, mais j'admets facilement avoir tort, ce qui ne lui est presque jamais arrivé; je suis colérique comme il l'était, la paranoïa en moins. J'abandonne facilement un point de vue quand il s'avère désastreux: là, je diffère beaucoup de lui, vous aussi.
Je ne serais pas surpris que vous partagiez quelques-unes de mes conclusions. Je ne crois pas que vous pouvez tomber malade, comme l'explique la technique PTS/SP, ni même que vous pouvez perdre vos gains: il est aussi question de cela plus loin.
Peut-être, si vous partez un jour, ou si le manque d'argent ne vous permet plus de continuer aussi loin que vous l'auriez aimé, peut-être aurez-vous à franchir le pas de la réflexion; peut-être voudrez-vous alors en savoir davantage; et vous vous souviendrez peut-être alors, je l'espère, de quelques passages de ce livre, à moins qu'il ne vous suffise dès à présent, l'ayant lu, à faire le pas décisif, auquel vous avez certainement déjà pensé plus d'une fois, surtout si vous êtes là depuis des mois ou des années.
Si vous vous trouvez encore en Scientologie, c'est que vous croyez aujourd'hui que les anomalies que vous avez déjà constatées ne valent pas de partir; j'ai pensé comme vous des années durant, m'abstenant de toute critique en dehors de lignes de la secte; puis j'ai regardé d'un autre oeil les " out-points ", les bienfaits, les changements multiples auxquels j'avais assisté en si peu d'années, les " déclarations de suppressif " de personnages mythiques comme David Mayo, C/S Classe XII International, bras droit technique de Ron, ou Captain Bill (Bill Frank), ou Diana Hubbard, ou le suicide de Quentin Hubbard, etc.
La réalité dépassait mon imagination la plus critique. Je tente de la faire partager. Peut-être la forme et la présentation de quelques passages, ou mes " irrévérences et mes irrespects " vis à vis d'Hubbard vous choqueront-ils: ce livre est fait pour ceux qui ne sont pas en sciento, mais qui pourraient en entendre parler, et pour tous ceux qui abordent des sectes.
Enfin, vous ne trouverez pas que des critiques: on peut reconnaître des bienfaits à certains moments, sans quoi, qui y passerait plus d'une semaine ?
Vous pouvez aussi supposer que je sois bel et bien un suppressif - de ça aussi, on peut douter. Un historique des raisons de ce texte vous le dira.
Ou encore, vous pourriez supposer que j'ai accumulé de tels malentendus avec la tech ou l'admin que j'ai dû m'en aller... tachez de trouver lesquels! Pour exemple, j'ai traduit, en plus de mes autres postes, le livre " Dianetics to Day ", revu ensuite par un auditeur franco-américain parfaitement bilingue, qui n'a trouvé que deux petits faux sens sur 1060 pages; ou encore, le cours de 'New Era Dn Auditor ',traduit en deux mois, révisé par un C/S Class VII pour le bon à tirer scientologue : pas d'erreurs constatées. Pour moi, il n'est plus question de malentendus, mais d'interprétations divergentes faites à la lumière d'un changement de point de vue: au lieu de me situer en technicien à l'intérieur, j'ai regardé la sciento du dehors, en gardant mes compétences techniques rafraîchies par une relecture de nombreux textes.
Bonne lecture. Je suis persuadé de votre bonne foi: pesez maintenant la mienne. Je fournis même une solution permettant d'espérer que ce qui est bon ou efficace en scn puisse servir. Mais autrement..
L'auteur, Roger Gonnet
Introduction
J'ai décidé de ne pas trop encombrer cet essai vécu sur la secte scientologue dianétique avec les références diverses à des procès et démélés de justice : elles existent , bien entendu. Je n'ai pas non plus cité toutes les sources de renseignements internes ou externes à la secte, là aussi, tout est vérifiable, ou déjà connu, parfois édité auprès du grand public, bien souvent après d'interminables procès de la secte visant à supprimer des pans entiers de l'oeuvre en cours d'édition, sous le prétexte fallacieux des droits à " copyright " pour les quelques citations des ouvrages de leur gourou.
Sauf exception pour les hauts personnages de l'affaire, je ne cite pas les noms des patients ou des étudiants, ni de la plupart des membres du personnel, beaucoup ont quitté la secte et ne sont pas fiers, on le comprend, d'y être passés. Il ne faut pas non plus qu'ils se reconnaissent trop aisément, car cela peut leur créer une culpabilisation inutile. Ils en ont bien assez bavé comme cela.
Ce livre a pour ambition de vous faire pénétrer au coeur de l'essentiel. La sophistication de cette secte particulière, qui possède strictement tous les vices répertoriés lors des diverses études et essais consacrés à des sectes, devrait permettre de déduire les caractéristiques de toutes les autres sectes actuelles, sectes dites " sectes coercitives " dans l'étude du Dr Jean-Marie Abgrall.
Aux dernières nouvelles, la secte a d'ailleurs été condamnée à Toulon, pour avoir cambriolé le courrier de cet expert auprès les tribunaux, et pour tentatives d'intimidation.
Elle est en procès à Paris... et ailleurs; et l'on en parle dans tous les médias ; ce n'est pas la première fois, puisque Hubbard a été condamné, avec trois autres dirigeants, pour escroquerie, en 1980. Elle a aussi subi bien d'autres avatars, en France et dans d'autres pays.
Sachant par expérience les motivations essentielles qui servent de ligne de conduite obligatoire dans la secte (pouvoir, argent, défense des intérêts et suivi des règlements du fondateur), on peut déterminer les choix d'action qu'elle prendra, dans telle ou telle circonstance. La preuve existe : elle se trouve dans les dossiers codés du service secret de la secte, l'Office des Affaires Spéciales (O.S.A.), répartis en divers points du globe, et dont les sièges sont en trois endroits. Divers éléments ont déjà été trouvés par le F.B.I.
Je ne peux prétendre tout savoir sur le sujet, c'est impossible, mais cet ouvrage rassemble beaucoup plus d'informations que ses prédécesseurs; l'expérience et les études des autres l'ont enrichi de nombre de phénomènes que j'ignorais encore. J'ai d'ailleurs observé, au fur et à mesure des lectures de critiques ou témoignages provenant d'autres ex-scientologues, que nous arrivions tous au même croisement de points de vue, bien que n'ayant absolument pas fréquenté les mêmes organisations aux mêmes époques : les témoignages datant de la fin des années 50 ressemblent dans les grandes lignes à ceux des années 90 ; ils se recoupent du Canada à la France et à l'Afrique du Sud ; et plus les personnages qui les ont émis étaient anciens dans la secte, plus ils étaient proches du sommet, plus ils sont durs, catégoriques et démonstrateurs des mêmes choses : la secte est menée par des criminels, et son gourou était un criminel, au sens français du terme, comme aux autres sens que le mot dénote dans d'autres langues.
MOTIVATIONS
Nous trouvons donc en tout premier lieu une inclination générale de toute l'humanité à obtenir pouvoir après pouvoir, ce désir ne cessant qu' à la mort. (Thomas Hobbe, Leviathan, 1651)
On peut s'étonner que des philosophies nébuleuses, abstraites, absconses comme peut paraître celle que professe la Scientologie-Dianétique, trouvent encore des clients pour cracher au bassinet ainsi que des quasi bénévoles pour l'éxécution des basses oeuvres.
Les motivations réelles de ces " clients " ou de ces bénévoles, cachées ou visibles, fournissent quelques explications plausibles et réalistes du phénomène particulier, ambivalent, qui conduit une partie de la race humaine à pénétrer les arcanes de tels groupements et à s'y intéresser quelques temps. Toujours trop longtemps. Elles sont en exergue de cet essai, afin de permettre à ceux qui ont déjà été tentés par ce type de recherches, de voir le genre de raisons qui poussent les adeptes, au début du moins.
L'approche spécifique de la Scientologie - Dianétique, reine des sectes, conduit tout individu à :
1 - penser qu'il ferait bien d'améliorer son existence - car cela ne peut aller que de mal en pis, lui fait-on comprendre, et
2 - réalisant alors que sa vie lui échappe en partie, car il n'a pas les armes nécessaires pour lutter convenablement contre les intentions d'autres personnes, s'opposant parfois aux siennes, l'individu désirera effectivement " vivre plus heureux ", ce qui, comme le souligne si bien le scénario du " Déclin de l'Empire Américain ", conduit généralement à une impasse.
Si ce désir de bonheur personnel ne peut évidemment pas être critiqué, faire de sa recherche un but essentiel aboutira nécessairement à une forme d'égoïsme et d'égocentrisme mèlés à ce désir de pouvoir diffus en chacun de nous. L'intelligence d'Hubbard consistait à mettre rapidement au premier plan non pas la recherche individuelle de ce bonheur, mais l'outil capable, selon lui de nous rendre - suprême pouvoir - aptes à amener le bonheur aux autres ; sous-entendu, à leur retirer ce bonheur s'ils ne collaient pas aux destinées et aux desseins de la Sciento-Diénatroc. Vous trouverez ici et là quelques mauvais calembours révélateurs de ce que l'on peut penser de l'affaire.
Mon observation de quelques unes des formes les plus courantes prises par cette recherche chez un certain nombre de ceux que j'ai connus dans la secte paraît relativement édifiante. Je tiens à préciser, compte tenu de la confidentialité, que j'ai brouillé les cartes, et qu'il s'agit aussi bien de Lyonnais que de Parisiens ou d'étrangers.
Individu A : sa moitié la cocufie régulièrement. Le couple va donc cahin-caha, seulement soudé encore par les nécessités d'éducation, les habitudes et les biens communs. Elle cherche donc à se rapprocher de lui en obtenant la fidélité. S'achève en faisant lit à part, quelques années-sciento plus tard.
Individu B : ne voudrait à aucun prix passer à côté d'explications au mal-être qu'il ressent ; dépressif qui s'ignore, comme le sont la plupart des dépressifs, les bonnes raisons que donne le gourou dans son premier ouvrage (Dianétique, Science Moderne de la Santé Mentale, renommé Dianétique, la puissance de la Pensée sur le corps) sauront le convaincre après quelques rencontres avec des membres compétents de la secte, qu'il peut par miracle obtenir succès auprès du sexe opposé, argent, travail et ne plus avoir de problèmes criards, le tout pour quelques milliers de francs - ou dizaines de milliers - à cette époque lointaine.
Individu C : Jeune étudiant, ou employé, rejetant son éducation et ses parents ; cherche une explication au monde qui l'entoure, ainsi que des moyens de le changer ; ce besoin de comprendre et la chaleur apparente des membres, leur accueil, le piègent dans le personnel en quelques jours.
Individu D : Universitaire comblée, terriblement repliée sur elle-même ; intellectuelle complète, voudrait savoir en fait pourquoi elle fait peur aux uns et aux autres, si elle leur demande quoi que ce soit de personnel ; sa recherche de pouvoir est tout à fait transparente, en dépit de son retrait. Cessera tout à fait de mordre aux Hubbardismes quand elle aura vent des 'niveaux secrets' de la secte, enfin consciente de la vanité des explications.
Individu E : Timidité excessive, maladive ; ne peut voir que ses bouts de chaussures ; le cours de communication lui donne une assurance nouvelle, jointe à un culot de dragueuse qu'on ne lui aurait pas soupçonné. Finira par se faire jeter dehors de l'organisation sciento européenne l'ayant embauchée, en dépit de sa bonne volonté à nettoyer les chiottes... au sens propre.
Individu F : Dragueur impénitent ; le discours et les descriptions habiles de ceux qui l'ont disséminé lui laissent entrevoir davantage encore de succès et de possibles perversions partagées; profite des exercices de communication d'Hubbard qui lui " donnent le droit de dire ou faire n'importe quoi " pour peloter, puis pincer les fesses de sa co-étudiante, dès le premier jour : celle-ci, également convaincue de la justesse des raisons du gourou, se laissera faire, sans plaisir aucun... Le dragueur laissera tomber quelques mois plus tard, en emmenant toutefois quelques copies de " matériaux secrets ".
Individu G : son absence de culture et d'éducation ne l'ont pas empèché de grimper l'échelle sociale ; directeur de quelque chose, il n'aime que le pouvoir. Les raisonnements Hubbardiens finiront par le faire douter de sa propre intelligence, si bien qu'il quittera la secte, ne supportant pas de n'être pas le maître à bord, lui qui voulait révolutionner l'affaire.
Individu H : Jeune homme en lutte perpétuelle avec son père ; marié par opposition à celui-ci, veut à tout prix démontrer à son géniteur qu'il a raison. Il en mourra, littérallement, car la secte n'a pu que renforcer cette obsession en provoquant chez lui une hypertrophie de l'égo. Ne s'est cependant pas suicidé, comme l'avait fait M. Vic; on peut cependant affirmer que sa mort, bien qu'accidentelle, n'est pas sans rapport avec la secte.
Individu I : Célibataire, entretenant une relation avec une personne mariée qui ne veut pas divorcer : cherche une méthode pour décrocher. Y parvient, mais la sciento se transforme ensuite en gros problème dans son existence : qu'importe, cet hyperactif aime les problèmes !
Individu J : Traîné par une amie-maîtresse, bien plus jeune que lui, se moque bien de la sciento; pas mal d'argent de provenance indiscernable ; a filé à l'anglaise dès qu'il a été question de son activité pendant la guerre et de ses fonds.
Individu K : un autre, amené par une " copine " qui l'avait dragué la veille (une scientologue très 'limite', même en tant que Scientologue) ; celui-ci comptait probablement séduire la fille en faisant ce qu'elle demandait (même raison que le J); il était poursuivi par la justice pour divers viols de mineurs et mineures, et, lors de mon interrogatoire assez serré - il me déplaisait énormément, vous comprenez pourquoi je voulais à tout prix m'en débarrasser - il se vantait de pouvoir échapper aux peines de prison ferme, puisque, disait-il, il était enfant de l'assistance publique.
Couple L : ceux-là n'avaient qu'un problème : elle était homosexuelle bien plus qu'hétéro ; comment faire fonctionner le couple ? En faisant accepter cette homosexualité au mari ? En trouvant une troisième ? La secte leur promet une solution heureuse pour chacun. On peut toujours promettre, et les gens attendre, attendre...
Couple M : pas de relation sexuelle entre eux. Elle, dans son enfance, avait eu des parents du genre " l'horreur " pour un enfant. Comment pouvait-il parvenir à la " décider " ?
Individu N : Excès de culpabilisation - persuadé que son absence de VRP a causé la chute de sa femme dans les escaliers et les ennuis de santé consécutifs, cherche à 'rattrapper son erreur' des années durant, en cherchant à devenir auditeur pour 'effacer l'engramme de sa femme'... qui n'a jamais voulu entendre parler de la secte. Beaucoup de temps perdu pour elle comme pour lui.
Individu O : il s'agit plutôt d'un ensemble de personnes du même type, courant en sciento : des filles ayant coiffé Ste Catherine... depuis parfois très longtemps, travaillant, ayant des sous, pas d'ami ni de mari. On devine la suite. Ca se termine en général assez mal pour elles ; elles repartent sans ami ni mari, délaissées, avec éventuellement des dettes. Il existe leurs équivalents masculins. Le manque de relation amoureuse est l'un des ressorts essentiels sur quoi la scientomarieuse joue.
Individu P: Accident grave de moto ; fou de vitesse, sa femme en est morte. Psychiâtrie, culpabilisation ; on comprend. Brillant ingénieur, il saisit très rapidement, en passant dans les orgs " supérieures " de SD, qu'on le mène en bateau, et se fait rembourser sur le champ, alors qu'il était prèt, après un long voyage et un gros chèque, à se faire " auditer " tout de suite : mais " on " (l'Office des affaires spéciales, chargé de la sécurité) voulait à tout prix le faire attendre, au cas où il aurait créé des ennuis venant de son " passé psychiâtrique " - il avait eu une cure de sommeil et des séances de psychanalyse.
Individu R : Doté d'une épouse atteinte de la maladie d'Alzheimer, cherche une réponse dans la secte, puisque la médecine ne peut pas grand-chose. Pas de réponse, là non plus. Tout juste un peu de patience en plus, vu l'effort consenti...
Individu S : médecin ; curieuse, elle veut développer son côté naturopathe. Pourquoi pas ? L'ennui vient du manque de sérieux des recherches du gourou ; elle ne fait pas long feu. J'en ai connu quatre ou six exemplaires, ici et là. Peut-être même l'un d'eux, fort drôle au demeurant, trouvait-il dans la secte un bon complément de clientèle sans concurrents, avant d'augmenter ses confortables revenus en vendant du parfum, des appartements ou des tableaux de maître, en sus de sa clientèle avide de certificats de bonne santé pour faire un procédé spécial de sciento ? Cet aspect ressemble à ce qu'on trouve chez plusieurs artistes de second ordre présents en sciento, qui y trouvent parfois une audience ou de la clientèle.
Individu T: Cherche exclusivement un moyen de récupérer l'objet de ses pensées, laquelle l'a plaqué depuis longtemps. N'y parviendra pas.
Individu U : Gros lent, se croyant artiste, avide d'avoir raison à tout prix et en toutes circonstances ; les écrits du champion poids lourds Hubbard, autosacré en 1911, lui servent en toutes circonstances de bouclier défensif et d'arme d'attaque. Indécrottable. Ce genre reste en général scientologue fort longtemps, car il a une forte tendance à " citer tout Hubbard par coeur. " Ca fait de l'effet, en sciento, même si ça ne sert à rien.
Individu V : Druggie aux 'lourdes'. Fonce sur tout ce qui bouge. Ayant retrouvé une forme de décence, ne craignant plus les decentes de flics, devient super-flic dans la secte. Antipathique dès le premier regard. Profite du gâteau et des cerises qui sont dessus, qu'il se fait servir par sous-fifres obéissantes et obséquieusement dressées au quatre-étoiles SD, la 'mecque' de l'intégrisme scientomachiavélique. Voyage beaucoup aux frais de l'affaire, dans divers autres quatre-étoiles, où il donne des conférences et reçoit peut-être quelques suffragettes.
Individu W : A peu près le même, sans les expériences de drogue. Tendance fortement sadique. Vous le reconnaîtrez plus loin. Intelligence tournée vers le pouvoir, exclusivement. Trahira tôt ou tard, si sa part de gâteau se rétrécit. Se venge, mais j'ignore de quoi, à moins que ce ne soit par précaution, qu'il cherche à écarter des remplaçants potentiels ? A beaucoup lutté, en fait, contre des gens bien plus haut placés que lui, mais moins tordus : ils ont perdu.
Individu X : N'a probablement pas couché avec Hubbard, mais lui a beaucoup plu, certainement. Dispose désormais des pleins pouvoirs et des comptes. Imbuvable et odieux ne qualifient que faiblement ce type. Il s'agit effectivement d'une brute sanguinaire, qui se trouve d'ailleurs entouré de cadavres. C'aurait pu être n'importe quel officier nazi plaisant à Hitler. A peu près la même sale gueule et le même type d'uniforme. Les mêmes buts, n'en doutez pas : suprématie de la 'race' scientaryenne, gouvernement planétaire puis extra-planétaire. Je ne suis pas absolument certain qu'il soit suffisamment stupide pour savoir qu'il n'en a pas les moyens ! Un pur produit de la civilisation scientoque, dans laquelle il a vécu dès l'enfance.
Savez-vous qu'un spot télévisé fait hurler ces jours-ci nos amis d'outre-Manche, c'est celui de la SD : on y voit quelques charmants acteurs disant " Confiance ". Tous disent la même chose. Confiance. Ca ne m'en inspire aucune. Là-bas, les scientologues étrangers ont été bannis des années durant ; il ne fallait pas déclarer son appartenance à la secte aux services d'immigration, en 1976 : les scientos étaient interdits depuis des années. Ils y ont quand-même leurs châteaux, et leur troisième QG - au cas où ceux des Etats-Unis et celui qui flotte, le bateau Freewinds, seraient arraisonnés. Preuve que la justice humaine est plus tolérante qu'elle ne devrait envers ce groupe.
Individu Y : A épousé l'individu Z. Ce qui lui a valu cinq ans de prison par une cour de justice américaine - détails plus loin.
Individu Z : pouvoir de conviction extrèmement développé, style Hitler. Schizophrène. Parano. Mytho. Obsédé de pouvoir, d'argent, de reconnaissance de soi. Terrorisé à l'idée de faire face à ses résultats réels, s'est caché une bonne partie de sa vie. A fondé la Dianétique-Scientologie. Nom et prénoms : Hubbard, Lafayette, Ronald. Décédé et incinéré - même ses cendres ne pourront être l'objet d'étude. Détails ci-après.
Affaires en cours
N'oublions pas l'actuel procès de la secte à Lyon, procès déclenché par le suicide de M. Vic, manipulé par un homme d'affaires brutal et avide, à l'image de son grand gourou, patron d'une mission de scientologie lyonnaise. Je vais ici me risquer à quelques petites déductions tout à fait évidentes, sur ce Mazier, lorsqu'il a eu tous les ennuis qui l'ont conduit dans la secte. L'ayant vu dans divers journaux télévisés, il vous sauterait aux yeux que ce " brave homme " ne regrette probablement en rien ce qui est arrivé aux victimes; il affiche une morgue digne d'un patron scientologue ; un regard dur et sûr de soi, mais à y regarder d'un peu plus près, vous pourriez voir cependant poindre la terreur au fond des yeux ; si vous connaissiez déjà les méthodes de la secte, vous sauriez qu'il n'a pas dû beaucoup s'amuser depuis que la justice a pointé son museau dans l'affaire lyonnaise, car " on " l'a certainement disipliné au delà du croyable ; à coup sûr, il a " été mis en condition de confusion ", peut-être même " déclaré suppressif " (réhabilité ensuite, la secte ayant encore besoin de lui pour le procès), très probablement " condamné au R.P.F. et au RPF des RPF ", un type de purgatoire SScienferlogique durant lequel on vous en fait baver, on vous humilie, on vous casse, on vous mate, on vous broie dans la machinerie, on vous 'lave le cerveau '. Ils ont peut-être aussi quelques moyens de chantage à son encontre. C'est ainsi que ce personnage, ce Mazier, dont les destinées de la secte dépendaient en France, se trouvait au devant de la scène, à défendre les couleurs du maître disparu, contre celles de la veuve de Monsieur Vic, dont le seul " tort " est de n'avoir pas pu prendre 30000 F de crédits supplémentaires, et de n'avoir pas accepté les yeux fermés les prétentions de Mazier, ou l'explosion de son couple au profit de la secte.
Mazier n'est pas le premier scientologue à avoir un mort sur la conscience... mais les responsabilités sont si diffuses au sein de sciento-défroque, tant que vous obéissez aux cinq cent mille et un commandements hubbardiens, que vous ne pourriez que très difficilement vous croire vraiment responsable. Responsable, au sein de cette pseudo-religion ? Celle-la même qui ose parler Inquisition, qui ose parler Intolérance, qui ose parler morale et éthique, lors du procès actuel, quand bien-même, comme je m'acharnerai à le montrer au cours de cet ouvrage, elle se moque bien de ce qui peut arriver à qui que ce soit, si c'est dans son intérêt, à elle... Plus intolérant que cette secte-là, moins éthique au sens fort du mot, moins moral, vous voulez rire ? Il s'agit bel et bien d'un ramassis de criminels dont la plupart s'ignorent, croyant bien faire quand on fait pour la secte. Même un des fils d'Hubbard, qui l'a aidé dix ans durant, n'a pas hésité à révéler à la télé que son père n'aurait pas vu d'inconvénient à faire fructifier l'or gagné dans le trafic de drogues... c'est du récent, ça date de quelques jours seulement. Ce même fils, Ronald De Wolf, anciennement Ronald Hubbard, né en Mai 1934 à Encinatas en Californie, a témoigné longuement contre son père devant la justice.
Au long des chapitres qui suivent, vous pourrez déduire les malversations, les copinages, les affaires de sexe, les machineries d'argent qui sont monnaie courante en sciento ; vous saurez comment elles ont été rendues possibles ; vous verrez peut-être aussi en quoi elles rappellent les pires affaires politiques, les Profumo, les scandales financiers, les assassinats et les guerres. Et ça, venant d'un mouvement soi-disant pacifiste, soi-disant anti-raciste, soi-disant égalitaire, soi-disant apolitique, soi-disant charitable et humaniste, soi-disant sans but lucratif, soi-disant ...?
J'ai ajouté quelques passages en italiques à " la Reine des Sectes, le 22 Novembre 1996, quelques jours avant l'édition, puisque le scientillogisme dianétique vient d'être condamné dans le retentissant procès de Lyon; le principal accusé, Mazier, dont ces quelques lignes vous ont appris l'existence, obtint trois ans de prison dont moitié ferme... les juges ont frappé plus lourdement que les réquisitions du Procureur, montrant bien par là, et pour la seconde fois en France, que la qualification des faits d'escroquerie et d'homicide involontaire avait amplement été retenue et démontrée.
Scientologie et internet
Nous avons tous entendu parler de l'Internet, cette merveille qui permet de communiquer d'un bout à l'autre de la planète par le biais d'ordinateurs branchés sur une ligne téléphonique.
M'y étant branché depuis quelques jours, j'ai découvert, s'il en fallait encore, une preuve de plus du commercialisme de la secte : cela s'appelle " Scientology and the Internet ", c'est donc une page accessible provenant du bureau de presse de la secte, cela prétend disposer d'un " copyright ".
Après diverses affirmations prétendant prouver que les " Internautes " qui écrivent du mal sur la secte sont tous des criminels du Klu Klux Klan et autres niaiseries tout aussi fausses qu' aimables, la scientologie-dianétique abat son arme fatale : " Ces messages anti-scientologues obscènes, sous le couvert de " critiques " sont également un moyen de dévier l'attention réelle poursuivie : la violation des droits de l'église concernant le copyright et les secrets commerciaux (trade secrets dans le texte, soulignement ajouté). Mais qui donc voudrait de tels secrets qu'ils n'osent, eux, dévoiler, si ce n'est justement pour abattre la secte ? Et de quoi parle-t'on ? D'inquisition religieuse, ou bien de faits bassement commerciaux?
L'apparence
Hypocrite : Personne qui professe des vertus qu'elle ne respecte pas, gagnant ainsi l'avantage d'avoir l'air d'être ce qu'elle méprise en réalité. (Ambrose Bierce, Le Dictionnaire du Démon, 1907)
La foi est tout au plus une escroquerie nécessaire (Charles Churchill, Gotham, 1764)
Sectes : groupes visant par des manoeuvres de déstabilisation psychologiques à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l'esprit critique, une rupture avec les références communément admises (éthiques, scientifiques, civiques, éducatives), et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l'éducation, les institutions démocratiques. Ces groupes utilisent des masques philosophiques, religieux ou thérapêutiques pour dissimuler des objectifs de pouvoir, d'emprise et d'exploitation des adeptes. (Les sectes en France, rapport de la Commission d'enquête sur les sectes de l'Assemblée Nationale, 1996)
L'apparence , autrement dit , LA FORME, est le principal cheval de bataille de la Scientologie/Dianétique, aussi bien dans ses rapports avec ses adeptes, son " staff " (le personnel), qu'avec la société qui l'entoure, ou envers ses ennemis.
Que vous pénétriez l'univers de façade de cette nébuleuse habile, vous voilà face à des gens charmants, dévoués, souvent d'apparence agréable, de communication facile, de bonne composition, généralement logés dans d'agréables bâtiments, exposant des tableaux complexes sur la progression de l'homo sapiens vers une forme plus sophistiquée d'être humain, déballant des monceaux de livres divers, dont de véritables encyclopédies sur la SD, ainsi que des appareils électroniques de mesure de l'état mental (le célèbre électromètre des scientologues), des ordinateurs pour corriger des tests de personnalité ou d'intelligence, ou même, émettre vos factures de service ou d'achat de matériaux que vous pouvez prendre par dizaines, et pour des sommes énormes.
Tout pour la forme. Il y a un fond, on peut dire " des fonds ", derrière tout cela, et qu'en fonction de la manière de les observer, les scientos sont caméléonesques et changent de couleur comme l'animal, selon les surfaces où ils se posent, c'est à dire en fonction des gens et des moments.
J'espère démontrer ici qu'il est tout à fait possible d'interpréter dès le départ les bizarreries qu'on rencontre dans la secte ; et dénoncer les fonds cachés derrière les formes : l'arbuste cache la forêt. On peut " traduire " les intentions par l'observation des grands sujets qui se présentent à soi lors d'une étude de la secte. Je tâcherai de prouver que tout scientologue court après des niveaux de progression futurs, qu'il recherche des progrès futurs, parce qu'il entend des gens qui lui content d'éventuels progrès, ou qu'il en a fait quelques-uns: il court après des chimères, car on en attrape ici et là. Il espère aussi, forcé par la politique du groupe, en prendre d'autres dans ses filets.
On peut se demander pourquoi il m'a fallu treize ans avant d'écrire ce livre ; pourquoi aussi peu d'anciens ont pris la plume pour dénoncer les pratiques qu'ils ont eu tout loisir d'observer et d'étudier des années durant, parfois des décennies ; pourquoi il y en a eu si peu pour combattre le système SD en justice ; pourquoi, malgré des centaines de procès, presque toujours perdus, la nébuleuse SD tient toujours : cela fera l'objet d'explications, dont voici la première :
Auto-dénonciation
Pour vous éviter le mal de vous faire aimablement " renseigner sur l'auteur " du " torchon bourré de mensonges" qui suit par la secte, je vais me dénoncer à sa façon scientologue, c'est à dire, appliquer contre moi ce qu'ils ne manqueront pas de faire, consistant en calomnie automatisée et systématique de leur part ; ces critiques qui leur vaudront des procès en diffamation s'ils osent.
Je suis bien entendu un criminel patenté, doté de tous les vices, ayant comme unique idée fixe et unique obsession la mort de l'humanité, (moi vivant, tous les autres morts) ; en attendant d'obtenir ce résultat difficile, je me contente d'être un assassin récidiviste, un criminel crapuleux, drogué et sidéen ; on peut trouver dans mes jardins (anglais?) une honnête quantité de cadavres de mes victimes, surtout, bien évidemment, à la suite d'horribles affaires sexuelles de la plus grande perversité ; bref, Sade, le divin marquis, n'est qu'un enfant de choeur par rapport à moi.
Je vis sur le compte des banques que je braque du matin au soir, à moins que je ne dévalise de petites vieilles très gentilles ou que j'escroque mes amis et voisins. Je passe ma vie dans le passé, je prêche le diable, je suis extrémiste de droite ET de gauche, communiste, royaliste et anarchiste, terroriste en chef; je hais les gens, je ne suis pas simplement raciste, je les hais tous et pour comble d'horreur, j'exerce tous les métiers que la secte dit détester : en particulier, je suis journaliste, spécialisé dans le soutien aux esclavagistes et prêchant contre la liberté de religion - enfin, essentiellement de la pseudo-religion scientorogue ; politicien (véreux, bien sûr - il va de soi que tous les non-scientologues sont véreux), psychiatre opérant des tas d'électrochocs sur quantité de patients parfaitement sains d'esprit, (je dois dire que j'en profite pour faire mon beurre aussi sur des opérations de décervelage physique, car je mange volontiers de la cervelle humaine pour me rajeunir lors de mon pacte avec les puissances maléfiques - il y en a bien qui mangent de la cervelle de vache folle...) ; je suis aussi médecin, très allopathe et psychopathe; dealer de haut niveau, bref, j'ai voué ma vie à la destruction pure et simple de tout ce qui bouge et qui respire, et quand ça ne respire plus, je me paie les tombes pour les dévaliser, voire pour assouvir des instincts que je vous laisse deviner sur les cadavres. Pour compléter ce superbe tableau du parfait petit anti-scientologue, il va de soi que je suis membre de la CIA, du FBI, d'Interpol, de la Police locale, de l'A.D.F.I., de l'A.P.A., de l'A.M.A., de l'O.M.S., de divers gouvernements, surtout les pires, de tous ces groupes voués à l'extermination de la race humaine (sauf moi bien sûr), tous ces groupes étant soi-disant haïs et combattus par la secte, car elle en profite volontiers quand elle peut.
J'ai été " déclaré suppressif ", en quelque sorte excommunié de la secte, voici treize ou quatorze ans, par un de ses dirigeants, le très honnête et vénérable " Ministre du culte " Jean-Michel Wargniez, qui, grâce à cette magnifique action sur laquelle je reviendrai, et grâce à d'autres actions de même acabit, a fini par devenir un très haut dignitaire de la Scientologie-Dianétique. Vraisemblablement, il a quand-même dû en baver.
(Paragraphe vide, où vous rajouterez tout ce que vous pensez être plus abominable encore que les aveux que je viens de vous révéler sans la moindre honte et sans le moindre sentiment de responsabilité pour les actes abominables qui s'y attachent...)
Bref, je n'ai jamais bien fait, jamais eu envie de bien faire, et n'ai aucunement l'intention que cela change. Ceci explique pourquoi j'écris en m'opposant au " meilleur groupe que l'humanité ait jamais connu ", " aux gens les plus décents de cet univers ", " à l'élite de la planète, les 1 pour 10000 des 1 pour 10000 ", etc. toutes qualifications que s'attribuent les scientologues.
Autres dénonciations
Il va de soi que mon éditeur, tous ses employés, tous les médias qui parleront de cet ouvrage, tous les amis qui m'ont aidé ou soutenu, tous les lecteurs ayant le moindre point d'accord avec quoi que ce soit que j'écrive contre la secte Scientologie/Dianétique font partie du même lot de criminels que moi. Tant pis pour vous ! On vous aura prévenus. Quant aux lecteurs de ces inepties sans l'ombre d'une preuve, ils exposent leur incroyable sottise à tenter de comprendre quoi que ce soit du charabia truffé de mensonges qui suit.
Ajoutons à cette liste, le 22.11.96, Monsieur le Président du Tribunal Correctionnel de Lyon Patrick Lifschutz, ses assesseurs Christine Bartoloméi et Jacques Baillet, ainsi que Mr Georges Fenech, qui fut le premier magistrat instructeur de l'affaire, et sont désormais membres de plein droit, du " Club des Suppressifs " déclarés par la secte, ayant condamné le président lyonnais de Scientologie S.A.I.I.(voir couverture) à 500 000 F d'amende, trois ans de prison dont 18 mois fermes, cinq ans d'interdiction des droits civiques, civils et de famille, ainsi qu'à exclusion des marchés publics. Les autres protagonistes, dont un couple d' amis d'hier, amis que je considère toujours tels bien qu'ils soient supposés me haïr, se sont vu infliger des peines allant de huit mois à deux ans avec sursis, assorties d'amendes de 10 à 20 000F. Des dommages de 800 000 F ont été alloués aux victimes.
Le magistrat de la 13e chambre correctionnelle de Paris avait eu droit aux mêmes " éloges " quand, en 1979, il condamnait le fondateur L. Ron Hubbard à quatre ans ferme. Tous les gens du fisc qui ont ponctionné 48 millions d'arriérés à la secte aussi.
Mettre en doute quoi que ce soit des hauts faits et des superbes techniques de l'hyper-religion de l'âge de l'espace et du troisième millénaire est déjà un " crime capital ", " un acte suppressif ", pour user de leurs mots définitifs.
QUELQUES REFLEXIONS
Pourquoi " la Secte Armée pour la Guerre "?
Nombre de titres auraient très bien fait l'affaire; parmi eux, on pourrait trouver :
" La Reine des sectes ", qui fut longtemps le premier titre de cet essai, avant que je ne découvre les armements en sa possession et ses camps de concentration.
" La puissance et la gloire " (Celles du gourou)
" Que faire quand vous n'êtes pas paumé, mais qu'on vous le dit? "
" Science à proscrire "
" O Combien de marins... " (puisqu'il y a tous les uniformes et les bateaux, pour vous y emmener )
" Pour qui sont ces scientos qui sifflent sur nos têtes? "
" Mythe et scientologie "
" Vade retro, scientonas! "
" Magic'sciento et les 46 ans du mensonge "
" Scientologie rime avec escroquerie, Dianétique, avec fric. "
" Les dessous d'une très sale affaire : la scientologie/dianétique "
" Le XXIe siècle pourrait être scientologue, si on les laissait faire "
" Scientologie/Dianétique : Un lourd héritage de religions? "
" Gonfle-toi vers la nuit, O homme, les yeux des scientos, jusqu'au vide ont guetté, au loin, avidement...tes chèques et ton argent", et j'en passe.
EXTRAIT DU LIVRE "LA FABLE"
auteur anonyme
distribution libre
trad: Roger Gonnet
Voir la dernière version de ce texte: http://www.antisectes.net/suicides.htmLa Secte armée pour la guerre, reine des sectes, c'est le résultat de ce que j'ai vu en action: cette secte-là cherche à récupérer et à aider les autres mouvements du même genre; elle s'inscrit partout, envoie des missionnaires aider d'autres groupements ayant des ennuis comparables : elle les trahira à la première occasion, mais s'en servira pour obtenir de l'aide dans des manifestations, des courriers, des procès, dans la presse, etc. Elle cherche à dominer, là aussi, car elle dispose d'un réseau de renseignements et d'actions sans comparaison aucune avec les autres mouvements du même type.
En fondant des sections spéciales de liaison avec les autres sectes, en cherchant à les fédérer alors qu'elle dispose de gros moyens " d'intelligence service ", on peut supposer le risque potentiel. Comme vampire à fric, elle est plus forte que la majorité; comme crédibilité aussi, car elle ne fait pas d'appel direct à la foi. La multiplicité des points de vue affichée par Ron Hubbard, son fondateur, est bien supérieure à ce qu'on trouve ailleurs, leur crédibilité relative aussi. J'en déduis qu'elle est beaucoup plus dangereuse que les autres, ayant bien plus d'arguments d'apparence logique et bien plus d'écrits dont l'analyse passe souvent les premiers caps de critique d'un néophyte, même relativement averti, même, par exemple, diplômé de psychologie, psychiâtrie, même psychanalysé, ou médecin, etc.
Armée de sa longue patience et de son entêtement hors du commun, elle a plus d'impact final que les autres mouvements chez ses adeptes actuels, comme chez les anciens: presque aucun ne dira la vérité des faits, car il existe un certain équilibre entre le bien apparent qu'elle pourrait faire et les dommages internes qu'elle cause réellement, et plus : elle terrorise en fait tous ses membres dès les premières semaines. Ceci ne la rend pas neutre pour autant; ses buts sont toujours les mêmes: pouvoir total, argent. Il est difficile de rencontrer d'anciens scientologues prêts à l'attaquer, sauf sous paravent de la justice, généralement afin de récupérer les centaines de milliers de F payés à ne rien obtenir . Elle a même réussi à piéger les journalistes, ce qui ne serait qu'à moitié grave, mais aussi les instances et agences d'état, qui n'osent, dans leur ensemble, pas s'attaquer à sa prétention d'être une religion: la plupart d'entre eux croient " ne pas tomber dans le piège " en s'attaquant seulement à ce qui est répréhensible juridiquement, comme les escroqueries ou chantages, mais pendant ce temps, elle parvient à être nommée " Eglise " de Scientologie dans les médias... sans les guillements nécessaires en pareil cas. Grosse erreur de mon point de vue, car il y a longtemps qu'on en aurait fini, non de la scientomanie, mais de ses apparences trompeuses: à mon sens, elle ne s'occuperait plus que de ce qu'elle sait à peine faire: fournir, comme la psy, quelques moments heureux à ses clients, en payant ses taxes, et en laissant de côté ses visées de gouvernement planétaire ; peut-être aurait-elle disparu.
En 20 ans, dont huit dedans et treize ou quatorze dehors, où je fréquente encore bon nombre d'amis anciens adeptes comme nous, j'ai eu tout loisir de me faire une opinion et de vérifier les écrits de base.
Voici le résultat.
Les études humaines, (philosophie, psychologie et religion) sont les domaines les plus sujets à controverse qui soient: quelques uns des phénomènes dont je parle ici ne feront pas exception. Il m'a fallu diminuer le nombre de citations d'Hubbard pour ne pas rendre l'ouvrage trop indigeste: le sujet l'est déjà bien assez, et cela évite aussi qu'ils intentent des procès en violation de copyright, même s'ils sont perdus d'avance, compte-tenu de la loi française. Au contraire, par déformation personnelle peut-être (j'ai pratiqué comme conseil d'entreprises) j'ai souvent cité des chiffres ne pouvant prêter à discussion afin de mettre certains défauts en pleine lumière. Les estimations sont parfois un peu fausses, mais les bases précises sont dans les livres de la secte, pas dans les miens: cela n'influe sûrement pas beaucoup sur les déductions que ces chiffres permettront, ni sur leur ordre de grandeur.
Quelques parallèles sont établis entre la scientologie et d'autres mouvements : je n'ai pas vécu à l'intérieur de ces derniers, si bien que mon opinion ne reflète que les avis de la presse, de la télévision ou d'anciens adeptes rencontrés à l'A.D.F.I, cette association dévouée à faire sortir de ces groupes tous ceux qui n'en veulent plus, tous ceux qui ont compris ou pourraient comprendre avec un peu d'aide éclairée. Et à éviter que d'autres personnes n'en subissent les effets néfastes
ENTREZ, ENTREZ, ENTREZ !
" Le fanatisme consiste à redoubler d'efforts lorsque vous avez oublié votre but. " (George Santayana, La Vie de Raison, 1905)
Une grande rue dans une grande ville. Une réunion d'amis, avec votre copain ou votre copine, un ami, une relation de travail. Une cousine, un oncle, votre frère, la voisine dans le train ou l'avion. Une petite annonce pour du boulot. Une conférence au titre alléchant. N'importe qui, n'importe où, n'importe quand, vous pourrez vous trouver face à face avec l'hydre aux cent têtes. Pour ces suspects, il n'existe que des 'prospects', des gens en mesure d'être convaincus. Ils hésiteront seulement face à des clochards, de vrais fauchés, des flics - et encore . Vous êtes probablement de leurs cibles favorites à disséminer, à convaincre, mais, s'il est plein aux as, ils pourraient aussi s'en prendre à un cul-de-jatte aveugle, sourd et muet (s'ils savaient comment lui parler).
Quelqu'un vous aborde, vous distribue un tract pour une conférence gratuite ou pour un " test de personnalité " tout aussi gratuit. Ou vous parle de vous ou de lui. Ou profite de votre désarroi momentané à un arrêt de bus ou dans une station de métro, pour lier connaissance.
Vous êtes d'ores et déjà dans de bonnes mains, celles d'un scientologue qui va sauver la planète, en commençant par vous, par votre temps et votre argent. Non, il ne tendra pas la main pour avoir une aumône, c'est lui que vous allez prier, malgré les apparences. Celui ou celle qui vous fait face est habile, charmeur, sait de quoi il ou elle parle. " Ils " sont généralement bien habillés. Ce n'est pas à ça qu'on les reconnaît, ce serait plutôt à cette impression de confiance en eux, de présence, à leur regard qui vous fixera sans gène.
Ils sont jeunes, mais pas tous, loin de là. Si vous avez l'impression d'avoir une touche, n'y croyez pas trop avec eux: ils ne font pas dans le poisson dragueur, comme les " Enfants de dieu ", même s'il leur arrive de mimer le flirt possible, qui débouchera peut-être, mais plus tard... quand vous en serez aussi.
Vous saisissez la balle au bond, le feuillet d'invitation à la conférence, quelque part en ville; ils vous en disent tout de suite le plus grand bien de la secte puisque vous vous êtes arrêté. Soit vous vous dites en fouillant vos poches, rentré chez vous, que ce test gratuit est bonne aubaine, puisque justement vous aimeriez mieux vous connaître, ou mieux vous débrouiller dans la vie, ou être 'mieux dans votre peau ; ces choses sont écrites sur les invites de la secte, à la suite de longues enquètes pour connaître ce qui vous remuerait. Et vous y allez, souvent empli d'espoir.
Si c'est à la conférence gratuite, deux ou trois personnes sympathiques prennent l'assistance à témoin de leurs laïus. On vous parlera de communication, ou d'engrammes (cette méthode dianétique qui expliquerait toutes les anomalies de tout être humain depuis 1950), on vous parlera des défauts de la société, des problèmes psychologiques que chacun rencontre. Ce sera plus ou moins clair, selon le conférencier. Puis on prendra votre adresse, votre téléphone - si ça n'a pas été fait d'entrée de jeu - on tentera de vous vendre un livre pas trop cher, genre 'Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps', tout en vous invitant le lendemain matin de préférence, ou le soir même, à venir passer le test gratuit.
Si c'est un " bon pour test gratuit " qui vous a été distribué, vous aurez donc sauté cette étape conférence. Si c'est une connaissance ou une toute nouvelle rencontre qui vous a abordé, elle sera peut-être forcée de " déballer le morceau " plus directement, en obtenant de vous des aveux démontrant vos difficultés dans la vie, ou sur la façon dont vous aimeriez parvenir à arranger un peu les choses, dans le travail, dans le ménage, avec les enfants, les voisins, l'argent, la politique - que sais-je ? Tout sujet sur lequel vous montrez un peu de faiblesse suffit pour donner une indication des voies qu'il faudra emprunter pour vous amener à commander un livre - ils en ont souvent sur eux - ou à vous faire glisser dans l'entrée d'un groupe quelconque de Sciento-Dianétique.
Vous finissez généralement cette première étape attablé devant un bureau dans un endroit plus ou moins agréable, ce peut être une jolie maison de campagne avec un petit panneau 'Centre de Dianétique', ou une plaque de cuivre avec le nom d'un quidam, ou une imposante pancarte 'Eglise de Scientologie', la scientologie étant une 'philosophie religieuse appliquée' (association sans but lucratif Loi de 1901), tout çeci très visible dès l'entrée; je crois que les synagogues, les mosquées et les temples devraient aussi afficher ce type de pancartes bien en évidence. C'est bien pour l'image religieuse sans but lucratif.
C'est n'importe où, par n'importe quelle voie, et n'importe quand. C'est la nébuleuse SD (la Scientologie Dianétique) ; vous êtes dedans.
Si vous êtes méfiant, défiant, ou que vous êtes tombé sur un membre néophyte sachant mal son " catéchisme ", son ABC de disséminateur, vous risquez encore de ne pas tout avaler, d'autant que dès le début, on a tendance à ne pas faire dans la dentelle. Vous pourriez entendre parler de vies antérieures, de lévitation, de vie en dehors du corps, toutes choses qui pourraient vous refroidir; mais habituellement, ce n'est pas ce qui vous attend.
Ils veulent votre ruine
Plus fréquemment, vous remplissez une feuille de réponses du genre " oui - non - peut-être " à deux cents questions, plus ou moins similaires à celles qu'on pourrait imaginer chez un psy. C'est le 'test d'aptitudes O.C.A.'; derrière ces initiales : 'Analyse d'aptitudes d'Oxford', mais Oxford, la célèbre université, n'a rien à voir dans ce test, qu'Hubbard appela d'ailleurs en premier lieu 'A.P.A.', analyse américaine d'aptitudes, quand le test était donné aux américains. Mais après avoir transféré son Quartier Général dans le château du Maharadjah de Jaïpur, au coeur d'un joli parc du Sussex, à une demi-heure de Londres, il fallait se mettre au goût anglais; Oxford faisait très joli, non? Vous voilà donc en train de répondre aux deux cents questions qu'aucun spécialiste des tests n'a jamais testé avant de l'adopter:
" Etes-vous considéré parfois comme un rabat-joie ? "
" Considérez-vous le bien de tous plutôt que vos avantages personnels ? "
" Etes-vous perturbé par l'idée de perte de dignité ? "
" Considérez-vous que le système des prisons sans barreaux est voué à l'échec? "
" Vous tracassez-vous souvent à cause de votre infériorité ? "
" La vie vous semble-t'elle un peu vague et pas réelle ? "
" Jetez-vous votre argent par les fenêtres ? "
et 193 autres de même espèce.
La personne qui surveillait les tests sort votre profil en dix points de son micro ordinateur quelques minutes après que vous ayez fini. Vous avez droit à sa mine probablement mi-satisfaite, mi-ennuyée (elle se met à votre place). Ca n'est généralement pas brillant. Voir le croquis explicatif à la fin de 'la Secte armée pour la guerre'.
Soit elle vous l'interprète, soit elle vous met entre les mains d'un spécialiste. A ce niveau, vous n'attendrez en général pas longtemps, on ne voudrait pas vous perdre, pensez donc, vu l'état dans lequel on vous voit, vous pourriez vous jeter sous le métro ou sauter par la fenêtre - celle par laquelle vous avez justement l'habitude de peut-être jeter votre argent. Ici, rassurez-vous, la fenêtre Sciento-Dianétique est là pour le recevoir.
On vous montre la courbe du test.
Voici ce que ça donne presque systématiquement :
3 premières lignes, (stable, heureux, calme), vous êtes probablement dans le rouge ou dans le noir, entre moins quarante et moins cent. Pas génial, quoi.
3 lignes suivantes, (Egalité d'humeur, actif, capable), vous risquez que ça soit au-dessus de zéro contrairement au reste, voire presque en haut du test.
Responsable, à la ligne G du test, vous ? peu probable: vous risquez plutôt d'être tout à fait en bas.
Enfin, les trois derniers points, affinité avec les autres (qu'ils nomment raisonnement logique, on ne sait pourquoi), communication et accord, seront tout juste moyens ou très en dessous de la ligne.
Ca, c'est pour la moyenne des gens qui répondde bonne foi; il y a bien sûr toute sorte d'exceptions. Si vous êtes très en forme, que votre patron vous a augmenté de 40 % la veille, que vous venez de rencontrer l'homme ou la femme de votre vie, et que vous sortez d'un cinéma où l'on jouait un film génial et amusant, votre graphique risque d'être beaucoup plus haut que celui que j'ai décrit. Mais l'effet test risque plutôt de vous faire baisser que grimper, car qui ne se remet pas en cause, sinon les fous, les imbéciles (et les scientologues)?
L'interprète des tests vous prend en confidence, et commence à vous expliquer chaque ligne, en guettant l'air que vous avez pendant qu'il parle: vous, c'est ces lignes, ce graphique perturbant qui vous obnubilent, pas le fait qu'il vous regarde. Mais lui, il observe vos " indicateurs ", l'air que vous avez, les paroles que vous dites, l'impression générale qu'il ressent par rapport à vos réactions; avez-vous l'air d'accord avec tel ou tel point ? C'est là qu'il vous enfoncera les clous, qu'il tirera à boulets rouges.
Il tente d'obtenir votre accord sur chacun des points du test, s'intéressant à vous démontrer que si vous êtes, par exemple, très actif et très irresponsable, vous créerez des ennuis sans fin dans votre entourage; ou bien, si vous êtes en bas dans vos rapports avec les autres (les trois derniers points), vous devez avoir des tas de problème en ménage, avec vos parents, avec vos amis.
Bref, il vous met le nez dedans, et tente de vous orienter vers la " ruine ", vers la chose qui vous perturbe le plus dans votre façon d'être et de faire dans l' existence. Vous, très introverti, vous vous sentez probablement de plus en plus mal, jusqu'au moment où, par un jeu savant de questions et réponses, il a découvert ce qui semblait le plus net des défauts qui vous empoisonnent, l'épine bien sensible qui pourrait être la plus perturbatrice chez vous.
Il cherche le défaut de la cuirasse le plus évident pour vous ce jour-là - ça pourrait aussi bien être un défaut différent, un autre jour.
Peut-être avez-vous eu droit aussi à un second test minuté, le test de Q.I., qui permet à l'évaluateur de jauger votre quotient intellectuel. Si par malheur vous n'êtes pas très rapide, votre Q.I. n'est probablement pas très élevé non plus, sur cette version. De plus, la feuille des réponses comportent des niveaux dépassant 200, alors que le test hubbard ne monte pas au delà de 155...
On profitera de cette intelligence que vous auriez espérée meilleure, même si elle est déjà très bonne, pour vous montrer comment, faible ou élevée, elle vous nuit par comparaison avec le reste des points négatifs du test.
Et si d'aventure vous avez un très bon test, tous les points bien au-dessus de la ligne, cela sera interprété très négativement, car ils 'savent' que cela n'existe pas chez les gens du dehors, ceux qui n'ont pas fait de sciento; on explique alors gentiment à la personne qu'elle est comme son test : dans les nuages! Et qu'il serait grand temps qu'elle revienne sur terre voir ce qui s'y passe vraiment, car tout est loin d'être aussi brillant qu'elle le suppose.
Si votre test est bon, mais pas très, il leur reste encore de quoi vous convaincre: vous, vous êtes bien, ça se voit, mais les autres, il faut les aider, et vous n'avez pas la grandissime technologie laser de haute précision mise au point par le Fondateur, (oui, le gros dont il y a la photo là, et puis là aussi).
Le résultat est invariable: vous avez grand besoin de cette technique pour guérir de ce qui ruine votre vie, et cela se trouve ici, c'est pas cher et ça peut rapporter gros. Dire que c'est facile ? Ah non! ils ne commettront probablement pas cette erreur. Cette ruine, cette énormité qui vous gâche la vie, il faut y faire quelque chose, tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard, et vous pourriez par exemple commencer ce soir, si vous pouvez vous libérer de tous vos engagements, vous comprenez, c'est tellement important... la caisse est par ici, on va vous mener au bureau du Chargé des Inscriptions, un personnage-clé en Sciento. C'est lui qui a la charge de vous vendre ce premier 'conseil spirituel', c'est à dire au choix, un cours de communication de quelques vingt ou trente heures, ou une petite intensive d'essai de 5 heures, pour un prix pas trop élevé. En général, aux 500 à 1500F que vous devez débourser, se rajoutent quelques dizaines de francs pour les 'matériaux du cours' ou un 'livre pour expliquer ce qui se passe pendant les auditions'.
A 20F ou 200 F de l'heure, pour quelques heures seulement, ma foi... vous dites souvent oui. On verra ce qui se passe plus loin.
Quant au test d'Oxford, en voici quelques petites critiques. Ce test comporte 10 lignes de chacune 200 points - il va de moins cent à plus cent. Mais ce que vous ne voyez pas, c'est le trafic auquel se livre l'ordinateur en calculant votre graphique. Ce trafic est ignoré des testeurs scientologues.
Voici quelques aperçus :
(passage technique que je conseille de sauter jusqu'à sa conclusion, sauf pour les intéressés)
Question n° 1: (" Faites-vous des remarques ou portez-vous des accusations sans réfléchir que vous regrettez ensuite? "). La réponse oui donne 2 points, la réponse plus ou moins donne 4 points, la réponse non en donne 6. Ces points seront comptabilisés dans le total d'une des 10 lignes du test. Les 20 questions correspondant à cette ligne (pour cette question, c'est 'stable/instable') sont réparties à divers endroits du questionnaire.
En totalisant les points obtenus pour les 20 questions de chaque ligne, on obtient un chiffre d'écart maxi-mini; pour cet exemple-ci, un écart possible de 60 points qu'il faut alors retraduire pour placer le niveau final de cette aptitude.
Les barèmes sont différents pour chaque ligne - certaines n'ont que 50 points d'amplitude (d'écart), d'autres 71. Ces points sont convertis au moyen d'une grille pour savoir le résultat de chaque ligne. Désolé des chiffres, je n'ai pas de moyen d'être vérifiable autrement qu'en les utilisant.
Prenons la ligne A, stable/instable. La machine connaît le tarif: on peut avoir entre 50 mini et 110 maxi (60 graduations entre le mini et le maxi); à zéro, on a la ligne " instable " à moins 100. A 1 graduation , même tarif. A 2,(ou 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) vous marquez toujours le bas de la page, le moins 100, bien que 15 % de vos réponses soient positives, le test ne vous a crédité d'aucun point positif. Votre test devrait indiquer environ moins 70, mais il indique toujours moins 100.
A 19 sur 60, vous êtes toujours très très bas, car cela correspond à moins 90 sur cette ligne-là: pourtant, vous avez près de 25 % de réponses positives, mais ça n'a pas monté de 25 pour cent sur la ligne correspondante, car sinon votre position serait à moins 50 au lieu de moins 90. Avant d'atteindre la ligne centrale, il vous aura fallu 60 % de " bonnes " réponses, et non pas 50 %, comme on pourrait le supposer. Il faut beaucoup plus de bonnes réponses sur cette ligne pour parvenir à être noté " moyen ".
Dans la ligne B, c'est pire : il faut 77% de bon pour arriver à la moyenne, au zéro, ni négatif, ni positif.
La ligne C, il faut 65% de bon pour parvenir au zéro; il ne reste que 35 % de réponses au-dessus.
La ligne D : 50 %. Tiens, les lignes D, E, F, sont souvent, dès le premier test, au-dessus de la moyenne; l'ordinateur de correction le sait. Ce sont justement ces lignes où le trucage est inverse des autres, nous verrons pourquoi.
Ligne E et F : curieux, cette fois il suffit de 33 et 26 % de bonnes réponses, et non pas 50 %, pour vous amener au-dessus de la ligne médiane.
Par contre, il faut 74% de bons scores en G, 80 % en H, 65 % en I, et 72 % en J, avant de passer dans la partie positive.
Conclusion: le score moyen pour arriver au zéro du milieu, c'est 60 % de bonnes réponses, et non pas 50 %; ce qui ne serait pas encore bien fameux, puisque à ce taux-là, vous n'auriez toujours pas atteint la zone vraiment positive, au-dessus des zônes hachurées de la feuille de correction. Comme l'explique ce qui précède, le test vous montre essentiellement des déséquilibres entre le bon (actif, efficace), et le mauvais (presque tout le reste). Ce n'est donc pas une surprise si la plupart de ceux qu'on teste pour la première fois ont droit à des tests ressemblant à ma première description - seulement 3 lignes au-dessus de la moyenne, le reste en-dessous.
Le " test au hasard "
Plus comique : Hubbard a dessiné ce genre de résultats dans le manuel des évaluateurs de test: ces trois points plus ou moins en haut avec les sept autres en bas, il appelle ça 'le test au hasard', prétendant que la personne aurait répondu 'au hasard', qu'elle est irresponsable et vit en dehors de la réalité. Par contre, on ne peut dire qu'il ait conçu ses grilles de correction de tests au hasard!
Voilà donc une preuve de test trafiqué montrant ce que l'on sait déjà en sciento: tous ceux qui n'ont pas reçu les " services " sont mauvais, pas bien malins, ils ont toutes sortes d'ennuis; la secte pense par contre que vous avez de l'argent, même si vous n'avez pas un traître sou, elle croit que vous pouvez en obtenir, par des tas de moyens, comme des prêts de famille, de banque, en vendant votre guitare, votre collection de papillons, que sais-je?
Mieux vaut que vous puissiez vous débrouiller pour vider très vite une partie de vos économies, en tout cas.
Sinon, l'interprète des tests vous l'a bien expliqué: vos défauts n'iront qu'en s'aggravant; un jour il sera peut-être trop tard!
Sans que vous vous en rendiez compte, on utilise sur vous une tech d'Hubbard consistant à démontrer à quel point vous allez de mal en pis, et donc, à vous offrir l'aide que vous allez désormais demander: ayant pris conscience du fait que votre existence court à la ruine, vous êtes prêt à demander de l'aide. Resterait bien sûr à démontrer qu'on vous en apportera, mais ça, c'est une autre histoire. Vous êtes généralement fin prêt pour signer le plus petit chèque que vous aurez à émettre en Sciento-Donne-le-fric. A moins qu'on ne vous rate dans les premiers jours, ce qui arrive fort heureusement un nombre incalculable de fois, même avec les " services d'introduction " pourtant faciles et amusants. Croyez bien qu'il vaut mieux perdre vos 500 ou 1000 F dès à présent: ensuite, vos chemises ne suffiraient jamais, si vous ne payez pas l'impôt sur les Grandes Fortunes.
Muni de votre facture (invoice sera plus souvent utilisé par les scientologues : c'est tellement plus clair de parler ce scientologais que le français), vous partez vers le cours, rencontrant en route un personnage étrange qui vous passe à l'électromètre et au questionnaire de sécurité, ça, c'est au cas où vous seriez un martien venu démolir la tirelire de Ron Hubbard ou dire du mal du propriétaire, ou à moins que vous ne soyez journaliste, assassin, membre de la police, du fisc etc. On risque alors de ne pas vous rendre votre argent, mais de vous demander de " faire une pétition " pour être accepté en salle de cours.
Vous avez pu prendre aussi une voie d'entrée sans les tests - vous pouvez être certain (e) de les retrouver assez vite. Un ami ou un parent a pu 'chercher votre ruine' directement, après vous avoir fait miroiter à quel point il se sentait mieux dans sa peau grâce à magic-sciento. Au début, ce n'est pas tout à fait inexact.
Dans la plupart des cas que j'ai connus, la première chose qui saute aux yeux: moins de timidité, plus d'élocution, plus de facilité à aborder des sujets divers. La Sciento-diénateste a une forte tendance à développer ce que la psychologie nomme hypertrophie de l'ego - quelque chose du genre 't'as les chevilles qui enflent!' - ce ne serait pas forcément néfaste si ça ne s'accompagnait pas de données fantaisistes, mêlées à d'autres données plus vraisemblables ou vraies. La secte ne pourrait évidemment pas marcher si tout était idiot: on ne peut cataloguer la masse des scientologues comme imbécile ou illettrée, ils ne le sont pas plus que les autres. La barrière des études par écrit a vite fait de repousser la plupart de ceux qui ne sont pas trop intellectuels, pour ne laisser qu'un pourcentage élevé d'adeptes de niveau social et culturel 'convenable': 91% seraient issus de la classe moyenne ou supérieure.
Pour l'instant, vous avez mis les pieds dans la machine à rajouter des points sur les graphiques (que vous verrez un peu partout), dont vous apprendrez vite à vous servir, car chacun en remplit, même les 'étudiants', (c'est ainsi que l'on vous nomme désormais ; dès que vous avez payé, vous devenez un étudiant ou un préclair pour la secte).
Si c'est quelqu'un que vous ne connaissiez pas du tout qui vous parle de sciento en dehors des organisations de la secte, vous serez moins facilement crédule en l'absence des éléments visibles, tests, ordinateurs, bureaux, livres etc. Je ne me souviens pas avoir vu grand monde " arriver en direct ", décidé avant d'entrer, dans l'affaire Sciento. Nous avons eu, une fois, un gars qui avait trouvé le livre de Hubbard abandonné dans un hôtel; il l'avait lu toute une nuit, puis était venu. Très inhabituel. On voit aussi certaines personnes venir par curiosité envers le phénomène des " vies antérieures ".
Les bouquins d'Hubbard sont plutôt de ceux qu'on abandonne. Même avec l' aval d'un ami ou d'un parent, les néologismes et les abstractions complexes, les exemples étranges et la terminologie pseudo-technique ne se laissent pas faire, les invraisemblances non plus.
Lors de la première prise de contact, il arrive que vous ayez déjà entendu le nom 'scientologie' ou peut-être 'dianétique': c'est la raison pour laquelle je les accole souvent ici, qu'on ne vienne pas dire 'dianétique' alors que la secte scientologie est derrière; elle a des tas d'autres visages encore. Si quelqu'un vous parle scientologie, peut-être vous reviendra-t' il qu'il existe une secte de ce nom, votre interlocuteur s'empressant de vous faire savoir que la Scientologie n'est pas une secte, mais une religion au sens le plus ancien du terme, sens que M. Hubbard a inventé pour les besoins de la cause.
Il a inventé l'équation religion = étude de la sagesse. En réalité, Cicéron attribuait l'étymologie du terme à 'relegere', qui signifie relire, certains auteurs postérieurs ayant indiqué relegare, relier. (Source : dictionnaire Oxford en 21 volumes). Il ne s'agit ni dans un cas, ni dans l'autre, d'étude de la sagesse, dont les racines ne correspondent pas à cela (Sophia en grec, sapius en bas latin, donnant sapiens, qui signifia d'abord 'instruit'). Les définitions fantaisistes d'Hubbard se trouvent page 344 du 'dictionnaire technique de dianétique et de scientologie'.
Il ajoute ensuite que la philosophie religieuse concernerait aussi la relation esprit -corps ... Déduisons par conséquent que la médecine est aussi une affaire religieuse, ainsi que la psychologie.
Nous sommes au premier " service " scientologue. Peut-être un petit rush en salle d'audition pour de la 'dianétique selon le Livre Un'. Là, des fois ça marche, des fois pas; le service est trop complexe quand on n'a rien lu auparavant sur le sujet: on y mord ou pas; c'est imprévisible; plus vous en aurez entendu parler avant d'entrer en séance, plus le système aura joué, plus vraisemblable sera le résultat. Ne vous attendez guère à des miracles promis, on a le temps, en sciento, tant que les portefeuilles s'ouvrent.
Cette insistance sur le temps, l'argent et la religiosité prétendue est lourde: c'est ce que vous retrouvez tout le long du Pont des niveaux de conscience menant à la 'liberté totale sur les " huit dynamiques ", à la puissance totale', et du niveau de conscience 'peur d'empirer' où les tests vous ont placé (et vous laisseront à jamais, croyez-le ou ne le croyez pas) jusqu' au niveau de conscience " puissance totale sur les huit dynamiques ". Tout l'impressionnant jargon est là pour vous appâter.
Degré de progression et leur durée
Dans le " Journal de Ron n° 35 ", on trouve six degrés de progression et leur durée en Sciento-Dianétique :
1. Etat allant de la situation d'un nouvel adepte au fait de prendre conscience que la Scientologie marche et qu'on devrait continuer à en faire.
2. Concept suivant: l'adepte n' empirera plus, grâce à l'audition.
3. Ensuite, les grades inférieurs et leurs progrès. Le moindre de ces progrès étant décrit par les personnes comme dépassant de loin tout progrès jamais accompli avant etc.
4. La zone s'achevant à l'explosion finale de gloire et de liberté qu'est l'état de Clair.
5. Les niveaux précédant les niveaux OTs mêmes, qui mènent à la liberté personnelle, chacun apportant des résultats spectaculaires.
6. Les véritables niveaux d'OT, qui commencent maintenant avec le nouvel OT 8 et continuent vers le haut. "
Et d'ajouter, en gros, que les niveaux 1 à 6 sont de plus en plus longs, les uns après les autres. Que le niveau 6, en particulier, va demander un très long parcours, que ça ne va pas prendre une minute. (Quand on sait déjà ce que prennent les autres...).Car c'est ce qu'est votre futur, ajoute Hubbard, l'éternité. "
Est-ce indispensable d'ajouter qu'il faut s'attendre au pire ?
PEDAGOGIE
" C'est surtout le savant qui veut savoir; l'ignorant préfère enseigner. "(Edouard le Berquier)
S'il est quelque part un sujet majeur en Sciento-Damné-frique, c'est l'éducation, la pédagogie, tout ceci étant regroupé sous le nom " Tech d'étude ".
C'est grâce à lui que les plus malins se font coincer dès le départ dans les rajouts et les trucages du gourou venant négligemment s'ajouter à quelques bonnes données.
En effet, nul n'est censé enseigner la scientologie ni la dianétique; il y a bien eu par le passé des titres de 'professeur' (un de ceux que j'avais le droit de porter!) ou de 'docteur en scientologie', voire de docteur ès 'divinité', ne reculons devant rien, mais il y a longtemps que le Hubbard a concocté quelque chose qui tient, comme beaucoup de ses oeuvres, du meilleur (c'est ce qu'on laisse voir au public payant) et du pire, ce qui explique un diagnostic de schizophrénie.
Exceptionnellement, très exceptionnellement, on se sert de l'apprentissage par cœur, dans les grandes occasions; lorsqu'il faut ab-so-lu-ment retenir toutes les données capitales d'une loi hubbardienne, ou pour l'épate " religieuse ", quand les pseudo-ministres doivent savoir ânonner leur 'credo' pour faire vrai religieux.
De temps à autre, on fait l'école chinoise. Les' petits' répètent in extenso ce qu'a dit le maître. Ceci sert surtout aux staffs, lors des réunions du matin; ce n'est pas au goût du public qui se demande parfois à quoi ils jouent, quand on les entend pratiquer ce très vieux système de B.A.-BA.
Ce n'est pas ça, la tech d'étude L'idée de base réelle et absolue, c'est définir, définir, définir, définir.
Il existe neuf catégories de " clarification des mots " ou " éclaircissement des mots " qui se pratiquent en supplément de la méthode la plus ordinaire (celle que l'on pratique seul avec ses dictionnaires). Ces neuf autres méthodes se pratiquent à deux, avec ou sans l'électromètre servant à la vérification des résultats.
On ajoute à l'affaire un certain nombre de petites pièces en bois, ou de boutons de culottes, ou de micro-personnages, ou n'importe quel autre petit objet: cela servira à des démonstrations, des " démos "; et enfin, une table assez lisse, genre mélaminé, avec des paquets de pâte à modeler réutilisable et des paquets de petits bouts de carton coupés en petits morceaux ressemblant à des flèches. Ca, ce sera pour les " démos en pâte à modeler ".
Toute la méthode est là, tous les outils y sont. Des dictionnaires, de petits objets, de la pâte à modeler, manque le 'superviseur de cours' . Manquent aussi les étudiants.
Et les matériaux de cours eux-mêmes, qu'il s'agisse d'un cours de physique nucléaire, de la façon de calculer l'âge du commodore, ou de simples cours de scientologie.
A son premier contact avec la secte, la personne sera obligatoirement déroutée. De petites tables de camping ou autres tables pliantes supportent en général deux personnes face à face; des étagères pleines de classeurs rouges, verts ou bleus et de livres de Hubbard font presque le tour de la pièce, ou se trouvent dans une pièce contiguë; pas de tableau, pas de prof.
La table avec ses personnages en pâte à modeler, et ses étiquettes ; certains étudiants assis face à face, s'interpellent par des " Est-ce que les poissons nagent ? ", d'autres s'injurient à qui mieux - mieux, mais selon des critères préétablis; d'autres encore assis face à face, un électromètre entre eux et, un peu partout, des dictionnaires de toute sorte et de tous formats.
Ajoutons la grande photo de LRH, surveillant ses 'ouailles', ses 'fidèles'.
Ca, c'est si l'on arrive en cours de route, après le début des cours. Si on arrive avant, les étudiants attendent patiemment l'heure exacte; le superviseur crie à ce moment quelque chose comme " tout le monde est là ? ", et commence à donner des instructions " Touchez votre table de travail! ", " Touchez un dictionnaire ! ", " Touchez la manche du voisin! ", " Touchez le mur de gauche! ", pendant quelques minutes; chaque étudiant exécute tous ces commandements déroutants avec entrain; le superviseur s'arrête et dit " Start ", Commencez, pour les puristes.
Et c'est parti.
Vous, si vous êtes nouveau, on va vous renseigner, vous mettre au parfum sur ce qu'il faudra faire. Vous serez tutoyé d'emblée. On vous donne une espèce de liste, à moins qu'elle ne se trouve déjà dans les matériaux du cours que vous venez d'acheter, et on vous explique qu'il s'agit d'une 'feuille de contrôle' (Chez eux, ils disent habituellement une 'checksheet, prononcez ça comme vous voulez ) comportant la liste des éléments à étudier dans l'ordre, théoriques et pratiques, jusqu'à réussite de chacun. La feuille peut en comporter 500 ou plus, dans quelques longs cours.
Habituellement, beaucoup plus de jeunes que d'adultes rassis; plus de nouveaux que d'anciens.
Et on vous explique que vous devez commencer par le premier élément, dont la théorie se trouve page 1 et 2 de votre manuel, par exemple. Quand vous aurez compris cette partie, vous appelez le superviseur, ou vous demandez à un autre étudiant qu'il vous 'vérifie' sur votre compréhension de la théorie que vous aurez lue.
Après quelques instants à rêvasser en regardant quelque peu surpris ce qui vous entoure, ces gens qui se harcèlent en se demandant si les poissons nagent ou si les oiseaux volent, ou ceux-là, qui se récitent des réparties tirées d'Alice au Pays des Merveilles, vous avez vaguement la sensation d'être au milieu d'une équipe de fadas innocents; mais à part la bizarrerie, tout le monde a l'air de savoir ce qu'il fait et pourquoi il le fait. Pensant " on verra bien ", vous plongez dans le cours qu'on vous a prescrit, et vous lisez tranquillement les deux ou trois premières pages du manuel, celles qui sont notées sur votre premier élément de la feuille de contrôle. Deux minutes plus tard, le superviseur du cours arrive près de vous, et vous demande comment ça va, si tout est clair. Comme vous lui répondez oui, il vous demande si vous êtes prêt à être 'vérifié' sur la partie que vous venez de lire. Là, étonnement :
" En sciento, Hubbard a constaté que si les gens ne comprenaient pas bien les mots qu'ils lisent, ils ne comprennent pas non plus convenablement le sujet qu'ils étudient. "
" Aussi, continue le superviseur, je vais te demander d'abord la définition de certains mots qui se trouvent dans le texte que tu viens d'étudier, et tu dois me donner cette définition très vite, dans tes propres termes; après, je te demanderai de faire une phrase avec le mot , pour montrer que tu sais la définition, mais qu'en plus, tu sais te servir de ce mot. "
" Si ta réponse met trop longtemps ou si tu te trompes dans la réponse, ou si tu ne sais pas utiliser le mot dans une phrase, je te renverrai aux dictionnaires, tu liras et comprendras la définition, puis tu te feras des phrases pour toi-même, puis tu retourneras au texte que tu as étudié, tu le reliras, et quand tu seras sûr d'avoir bien compris, tu me rappelles pour la vérification. "
Je vous passe ici les termes qui auront déjà été utilisés par le superviseur, le jargon scientofranglais de mise partout, la marque de fabrique.
Le superviseur demande donc à l'étudiant, par exemple: 'quelle est la définition du mot 'scientologie'.
C'est déjà le piège ! L'étudiant n'a encore aucune idée qu'il s'y trouve, si bien qu'il risque fort de traîner sur la réponse, ou de ne donner qu'un faible aperçu de compréhension. C'est tout à fait normal, le superviseur le sait et ne sera probablement pas trop rigide, les deux premiers jours, sur le temps mis à répondre; toutefois, la phrase montrant que vous pouvez vous servir du mot sera peut-être plus longue à venir, et vous risquez donc d'être recalé. Qu'à cela ne tienne, il vous montre la définition sur le glossaire du manuel de cours, ou sur un mur de la salle de cours, ou dans un dictionnaire abrégé de sciento.
Vous commencez à lire et à utiliser pour vous le mot dans des phrases que vous vous créez. Puis vous relisez votre texte, et rappelez le superviseur dès qu'il est libre. Il vous redemandera forcément la même définition pour commencer. Si ça marche bien cette fois, il vous demande quelques autres mots, quelques autres phrases avec ces mots, puis, vous posera quelques questions simples d'apparence sur le texte incriminé.
Pour l'anecdote, admettons que le texte contienne le mot 'instar', dans la locution 'à l'instar de'. On peut vous demander la définition d'instar. J'ai choisi ce mot qui fait partie des quelques uns dont j'avais une idée diamétralement opposée à la réalité, c'est à dire que je croyais qu'il signifiait 'à l'inverse de', alors qu'il signifie 'à l'exemple de, à la manière de'. Si j'ai lu " A l'instar de Hubbard, Roger Gonnet écrit des sottises, " je comprends mal mon texte car j'applique une définition fantaisiste, contraire ici à celle du dictionnaire, c'est vrai; je vais croire qu'Hubbard n'écrit pas de sottises, alors que Gonnet en écrit. Une fois le mot 'instar' correctement redéfini, je vais comprendre que Gonnet écrit des sottises, à l'exemple d'Hubbard.
Les superviseurs de cours connaissent très bien leur partition; non seulement ils connaissent ces textes à fond, pour les avoir vérifiés chez des dizaines de gens, mais ils savent aussi quels sont les pièges essentiels, les mots-clés, les points capitaux à comprendre avant de continuer. Vous n'avez aucune chance, fussiez-vous agrégé de lettres, écrivain, professeur à la Sorbonne, de passer au travers des mailles; ils en trouveront, des mots pas assez bien compris à leur goût. Même dans vos domaines de prédilection, ils sauront vous démontrer que certains termes sont mal compris par vous. J'avoue même avoir mis une certaine fierté, sans sadisme, mais avec mon bel instinct de supériorité, à coincer des médecins sur des termes médicaux ou paramédicaux, pour le sport et la démonstration.
La plupart des gamins de seize ans qui ont quelques mois de cette gymnastique de supervision savent faire aussi. Vous allez donc rapidement vous faire coincer par une définition pas tout à fait assez rapide, ou mal utilisée dans une phrase, etc.
C'est absolu. Aucune personne n'a jamais fait le plus petit cours de début sans se trouver face à l'évidence: il y a des mots dont on ne peut donner une définition parfaite et rapide, ou utiliser rapidement dans une phrase.
Première remarque: cette méthode est relativement correcte et permet indubitablement une compréhension plus en profondeur. Elle fait de la vitesse de réaction un élément trop important peut-être. Mais comme elle fait appel à une gymnastique de l'esprit à laquelle la grande majorité n'est pas accoutumée au départ, il est assez normal que les gens trébuchent, même sur des définitions qu'ils comprennent et connaissent. On ne met pas ce nouveau mécanisme en place si l'on n'est pas dès le départ un grand maniaque des dictionnaires en tout genre. La méthode et les quelques malentendus qu'on vous trouverait, soyez-en sûr, vous impressionneraient.
Avouons qu'en principe, les superviseurs cherchent à vous aider à avancer; c'est aussi leur intérêt de vous voir achever le cours avec un niveau de satisfaction, sinon, c'est eux qui sont disciplinés par la secte. Mais ça ne les empêche pas de demander toujours un peu plus que ce que l'étudiant est en mesure de fournir.
Nous avons eu des cultivateurs âgés: je ne leur ai pas demandé le même niveau de compréhension et de rapidité qu'aux profs de Fac. Dans les deux cas, le cours s'achevait nécessairement avec des différences. C'est normal.
Deuxième constatation, le niveau d'études ne fait rien aux résultats; le prof de Fac peut ne ressentir presque aucun progrès en lui, le paysan si, ou le contraire: ces cours dépendent plus d'un état d'esprit que d'une quelconque culture ou du nombre de termes qu'on y trouvera. Les exercices donnent plus à réfléchir et plus de résultats que la seule théorie. Les théoriciens intellectuels iront peut-être plus vers la théorie, les gens pratiques seront peut-être plus intéressés par les exercices, mais rien ne permet de le savoir d'avance.
Vous n'avez en fait qu'un seul professeur: L. Ron Hubbard, assisté par le superviseur qui vérifie votre compréhension dans les strictes limites de techniques de clarification de mots et de vérification de compréhension, assisté, lors des exercices, de tout autre étudiant de n'importe quel cours présent en même temps que vous. On demande fréquemment à un autre étudiant de vous faire pratiquer tel ou tel exercice. Le superviseur vous les fait parfois travailler lui-même. Tout le monde est à la fois étudiant et moniteur, c'est à dire celui qui aide un autre dans un quelconque exercice, qu'il s'agisse des TRs - (les Ti-ERRZ), ou qu'il s'agisse d'électrométrie, ou tout autre domaine. Celui qui vous aide a généralement fait le cours, ou quelque chose de comparable; ou c'est simplement un de ceux qui ont entamé le même cours en même temps que vous.
Dans le cours de TRs, qui s'occupe de communication, vous aurez à faire face à cet étudiant tenant le rôle de moniteur, puis à le regarder dans les yeux, des heures durant, sans rien faire ni rien dire; puis vous parviendrez au harcèlement, durant lequel toute sorte d'injures peuvent vous être proférées, ou durant lequel on vous racontera des histoires salaces afin de vous désarçonner: c'est le but recherché du harcèlement.
A chaque réaction, sourire, grimace, à chaque mouvement ou clignement d'yeux, vous êtes repris et l'exercice recommence au même point, jusqu'à un progrès; une charmante fille ou un beau minet mime une cour éhontée, vous propose la botte, vous touche les genoux ou ailleurs, s'approche de vous à 2 cm, d'un air langoureux, ou vous traîte de connard, d'impuissant, de raciste (ou de sale arabe),etc. Toute réaction de votre part fait l'objet d'un " Raté! " . Quand ce qui vous faisait réagir est achevé, on passe à autre chose, jusqu'à ce que vous sentiez que vous êtes capable de mieux faire face aux harcèlements qu'en commençant.
Ca, c'est le " TR zéro avec harcèlement ". Vous en verrez d'autres. Bien fait, ça donne de bons résultats, mais rarement stables. Globalement positif; mais il y a le mais! Pendant tout le cours, vous aurez eu à définir des mots nouveaux, faisant partie des théories de la secte, c'est l'endoctrinement habile, très habile, qui se pratique sans qu'on s'en aperçoive.
D'abord, il vous faut définir quantité de mots venant des dictionnaires de scientologie, avec les perversions de vocables courants redéfinis par Hubbard; avec les mots d'Hubbard, présentant forcément les choses à l'avantage de l'affaire. Ces redéfinitions ne sont pas l'apanage de la sciento : on en trouve dans toutes les sectes.
Si l'on trouve 'dianétique', il s'agit évidemment " d'une nouvelle école ou science du mental, la plus avancée existant au monde ". Cette seule définition vous " apprend " que la Dianétique est à l