En dehors du fait acquis et évident que les nombreuses sectes basées sur la Bible revue et corrigée
ou agrémentée par leurs soins sont en réalité opposées au christianisme proprement
dit;
- en dehors du fait que celles qui ne sont pas d'obédience chrétienne sont nécessairement
opposées au christianisme et à toutes les autres religions, sans exception;
- en dehors du fait que les sectes prétendent toutes sans exception détenir la vérité,
et veulent donc nécessairement la peau des religions établies (religions dont les "crimes de
jeunesse", pourrait-on dire, ont généralement disparu au XXIe siècle),
les grandes religions feraient bien de se méfier de deux autres phénomènes:
Le premier concerne la commercialisation de la religion, phénomène de plus en plus sensible, et particulièrement
évident aux Etats-Unis, où les "églises" sont des entités recourant de plus
en plus à la publicité, et même, à des trucs d'attrappe-gogos (jolies photos d'un couple
de pasteurs sexy vantant leur église *du Miracle*, promettant vraiment des miracles dans leur pub). photo
en bas de la page
Cette commercialisation est pire qu'on ne le penserait, car elle a déjà eu pour résultat d'obtenir
une véritable officialisation du fait que des soi-disant religions ont été déclarées
des commerces par jurisprudence , ou que des pays aussi neutres et "religieux" que la Suisse parlent
du "grand marché des religions" dans un texte majeur du Conseil National.
Et c'est là que se situe le troisième danger qui menace les grandes croyances: toutes ces équipes
disparates de bricoleurs de la "religion" sont en train de grignoter le système légal pour
tenter d'obtenir des avantages normalement réservés à des entreprises nettement plus spirituelles
et caritatives.
Les religions bénéficient souvent, dans nos pays tout du moins, de quelques avantages fiscaux et
légaux. Ce sont ces mêmes avantages que les gourous des soi-disant nouvelles religions veulent obtenir,
mais ce n'est pas pour la gloire de Dieu, cela se voit.
Alors, voici ce qui risque fort de se passer en cas d'alliance contre-nature entre ces groupements de fanatiques
de tout bord et les religions établies:
1/ la vaste expérience publicitaire et promotionnelle des sectes s'en prend déjà **avec succès**
à la "clientèle" des religions, qui n'ont guère que leur foi à mettre en
exergue, contre les promesses (jamais tenues) de "vie épanouie" faites par les sectes.
2/ les quelques avantages encore accordés aux religions sur le plan d'impôts ou de prise en charge
des frais risquent de leur être retirés, car si les électeurs admettent à la rigueur
qu'une partie de leurs impôts paie pour des religions, aucun [hormis les membres de sectes] n'est prèt
à accepter qu'on reverse ses impôts à des mouvements douteux.
Il risque donc fort d'arriver que la pression des électeurs ne contraigne les états **laïcs**
par définition à faire sauter les avantages encore en place, non seulement pour les sectes qui ne
les méritent en aucun cas, mais aussi, pour les religions, dont une partie des activités, manifestement
caritative ou éducative, mérite bel et bien de tels privilèges.
3/ Enfin, il existe un troisième argument à empècher ces unions contre-nature: les grandes
religions ont un aspect spiritualiste plus ou moins évident; il n'en va pas de même pour les sectes,
dont les buts essentiels sont dans presque tous les cas "pouvoir et argent", ou "pouvoir" tout
court, ou "argent" tout court.
Elles n'ont donc pas de mal à trouver des gogos prèts à prendre "l'habit sectaire",
car elles offrent souvent des moyens d'existence - au moins en apparence. Et rares sont celles qui imposent le
célibat à leurs pasteurs, autre handicap supporté par certaines religions majeures.
On peut donc prédire qu'à défaut de réactions intelligentes et de prises de positions
théologiques et morales contre les sectes, les grandes religions se fichent la tête dans la gueule
du loup, de tous côtés, sous de faux prétextes de "tolérance" et de "spiritualité",
alors que ces sectes n'ont ni tolérance, ni spiritualité, dans la majorité des cas. [Je ne
rentre pas ici dans les détails, on sait que certaines sectes sont acceptables/tolérables pour l'essentiel:
mais on n'entend guère parler d'elles]
En conclusion, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, et l'on ne prend pas les vessies pour des
peaux de lapin sans risques.