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[note du webmaster: une fois de plus, on observera les tendances très
pro-sectaires de Henri Tincq.
Que ça ne choque pas Tincq qu'un mouvement supposé religieux
vicve essentiellement d'un commerce fructueux de colifichets - nommé simonie dans la chrétienté,
que ça ne le choque pas que ce mouvement soit dirigiste et ultra-politisé, c'est quand-même
étonnant. Oublierait-il ici qu'on cause "religion" - enfin religion supposée...]
LE MONDE 4/5.06.00
20.55 France 2
ENVOYÉ SPÉCIAL. Un reportage sur la secte japonaise qui n'évite malheureusement
pas les pièges et les amalgames
COMMENT éviter les poncifs pour traiter des sectes à la télévision? La question se
pose à nouveau après la diffusion de Soka-Gakkai, la secte du XXIe siècle, reportage de Jacques
Cardoze et Yves Junqua, dont le défaut est de traiter d'abord de son implantation en... France, où
elle est très divisée et en perte de vitesse. Il est impossible de comprendre l'origine, la puissance,
la réputation sulfureuse de la Soka-Gakkaï (S-G), sans commencer par parler de la société
japonaise et du schisme récent - à peine mentionné - au sein de la branche bouddhique Nichiren
shoshu, du nom d'un moine réformateur du XIIIe siècle.
Dieu sait si, pour cette organisation paramilitaire et prosélyte, impliquée dans nombre de scandales
politico-boursiers du Japon, il est facile de cultiver l'indignation. Or ce reportage accumule les amalgames. Les
prières mécaniquement répétées et les réunions dans un banal appartement
parisien relèvent-elles forcément, comme on le sous-entend, de la manipulation mentale ? Les ventes
de livres, de bibelots, de stages... de la grande escroquerie?
Tous les spécialistes des " nouveaux mouvements religieux " - juristes, universitaires, sociologues,
représentants des confessions minoritaires (protestants) - appellent à la prudence dans l'usage du
terme " secte ", dans le recueil des témoignages d'anciens adeptes (respectables, mais évidemment
partiels et subjectifs), dans le maniement des statistiques. Cette émission n'évite aucun de ces
pièges.
Elle prend pour argent comptant un rapport parlementaire contesté qui assimile les cercles ésotériques
les plus inoffensifs à des groupes criminels. Elle traite la Soka-Gakkaï de secte dangereuse, alors
qu'en Italie elle passe pour un groupe folklorique ou respectable, à l'image de sa vedette, Roberto Baggio,
le joueur du calcio. Elle ne conteste pas le chiffre fantaisiste de 10 000 pratiquants en France, avancé
par les amateurs d'épouvantail, et ne s'informe qu'auprès d'anciens " adeptes " et du psychiatre
Jean-Marie Abgrall, qui a fait de la lutte anti-sectes son fonds de commerce. Aucun des scientifiques qui travaillent
depuis longtemps sur de tels groupes, comme Louis Hourmant pour la S-G, n'a été sollicité
ou cité.
Sans doute cette organisation au prosélytisme ardent, au culte délirant de la personnalité
- le portrait de Daisaku Ikeda est le meilleur moment de l'émission - justifie-t-elle nombre d'alarmes.
Mais le sujet des sectes est trop sérieux pour le laisser entre les seules mains des manipulateurs de vertige
irrationnel et d'émotion télévisuelle.
Henri Tincq
Dimanche 4-Lundi 5 juin 2000
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