Toledo Blade
June 4, 2001
original: http://www.toledoblade.com:80/apps/pbcs.dll/artikkel
Tu n'attendras
pas de salut de la Cour Suprême, s'il s'agit d'afficher les
Dix Commandements sur la place publique. En refusant d'écouter
les arguments opposés au fait qu'un tribunal avait interdit
d'apposer les Dix Commandements sur une propriété de
la ville d'Elkhart en Indiana, la Cour Suprême a maintenu cette
décision. Oserions-nous dire: Dieu merci.
On ne doit pas jouer avec la frontière entre l'église
et l'état sous pretexte de laïcité. Les Dix Commandements,
expliqua John Paul Stevens en défendant la décision
du tribunal inférieur de refuser d'intervenir dans le procès
en Indiana, expriment clairement une préférence religieuse
dans le salut "Je suis le Seigneur ton Dieu".
D'autres croyances honorent d'autres Dieux et épousent des
doctrines différentes. Est-ce que chaque tribunal ou chaque
mairie qui possède un monument où sont inscrits les
Dix Commandements serait d'accord pour donner un endroit égal
à l'Eglise de Scientologie ou aux croyants du Bouddhisme?
L'héritage judéo-chrétien des Dix Commandements
en tant que guide pour une vie vertueuse est en effet très
largement impliqué dans la vie américaine. Mais il s'agit
de traditions basées sur la foi et cette foi n'est pas embrassée
de façon universelle. Par conséquent, le fait d'afficher
les Dix Commandements comme un principe révéré
aboutirait à élever une croyance au-dessus des autres.
Et cela reviendrait à faire fi d'un "commandement"
très présent dans les convictions de tous les citoyens,
c'est-à-dire que "le Congrès ne fera aucune loi
qui respecte l'établissement d'une religion ou qui empêche
le libre exercice de la religion..." - un passage du Premier
Amendement de la Constitution US. C'est la seule chose qui se trouve
entre les américains et la création d'une religion d'état.
On ne peut sous-estimer l'importance de cet élément
dans une nation libre.
Pour l'instant, le monument des Dix Commandements, ainsi que nombre d'autres, se trouve dans le coin Sud-Est de
la pelouse du jardin du tribunal. L'Union pour les Libertés Civiles Américaines ne peut évidemment
mener tous les cas existants devant les tribunaux et les officiels ne vont pas faire ôter ces monuments de
leur propre décision.
Mais il se peut bien que ce ne soit plus qu'une affaire de temps avant que quelqu'un ne conteste la constitutionnalité
de ces vieilles inscriptions. La Cour Suprême souligne que ces choses devraient se trouver dans les églises.