CLEARWATER,
Lisa Mc Pherson devint "psychotique"
et "excessivement perturbée" durant son séjour de 17 jours
en retraite à l'église de scientologie; elle eut souvent
besoin d'aide pour se laver, s'habiller, manger et s'entretenir.
Mc Pherson, 36 ans, se serait même souillée et aurait dû "quelquefois" être maintenue par ses collègues afin d'entraver sa violence.
Ces détails et quelques autres émergent depuis peu de divers dossiers du tribunal rendus récemment publics, à l'occasion d'une plainte déposée par la famille Mc Pherson, qui croit que l'église est responsable de sa mort.
Ces rapports fournissent un saisissant tableau des derniers jours de Mc Pherson à l'Hotel Fort Harrison où on l'avait emmenée pour récupérer après quelques émotions.
Les premiers temps, les officiels de l'église décrivaient comme "repos et relaxation" son séjour au 4 étoiles Fort Harrison.
Laura Vaughan, avocate de l'église, a indiqué mardi que les problèmes de Mc Pherson venaient de son état mental. Du fait que la scientologie est opposée à la psychiatrie, ils ont décidé de s'occuper d'elle.
"On ne peut pas leur demander d'emmener quelqu'un chez un psychiatre", a dit Vaughan, "je crois que ça violerait le premier amendement que leur demander ça".
Avant d'être amenée au Fort Harrison, les auxilliaires médicaux avaient amené Mc Pherson à l'Hopital Morton Plant après un accident mineur. Ses coréligionnaires sont intervenus auprès de l'hopital, disant que la religion de Mc Pherson s'opposait à la psychiatrie, et qu'ils s'occuperaieint d'elle.
Bien qu'entrée au Fort Harrison en bonne santé, Mc Pherson mourut 17 jours plus tard d'une thrombose. Selon le médecin légiste, son corps, 49 kg, portait des traces de coups et d'abrasions.
Parmi les deux documents dévoilés mardi, une liste des membres du personnel scientologue qui auraient été volontaires pour s'occuper d'elle à divers moments, dans la chmabre 174 du Fort Harrison. On y trouve deux staffs libraires, un officier des salaires, quatre membres du bureau de liaison médicale, un secrétaire, un employé de classement, deux gardes de sécurité, un assistant dentiste, un chapelain, un directeur du personnel et divers autres officiels de l'église.
Un des staffs scientos travaillaient en comptabilité, disent les documents. Comme nombre de paroissiens, Lisa Mc Pherson avait un compte à l'église. Elle a payé des dizaines de milliers de dollars de service dans l'année, indiquent ses documents personnels.
Les documents indiquent aussi que le Médecin Scientologue, le Dr David Minkoff, fut consulté durant le séjour de Mc Pherson, et qu'il avait prescrit quelques sédatifs légers pour qu'elle puisse dormir. C'est lui qui la déclara morte le 5 Décembre 1995 à l'Hopital de New Port Richey où ses amis l'avaient emmenée dans un break de l'église, à 40 kms du QG scientologue.
Les documents parlent aussi de l'assistant dentaire qui a vu Mc Pherson à deux reprises et lui a administré des médicaments.
Ils soutiennent aussi le fait que Mc Pherson n'aurait pas été enfermée dans sa chambre ou forcée à y demeurer, mais qu'elle était isolée, mais "pas comme on a l'habitude de comprendre ce terme".
Le document montre qu'on lui donnait par ailleurs des vitamines, des minéraux et des remèdes à base de plante.
Les staffs de l'église qui étaient avec elle avaient pour instructions de prendre soin d'elle d'après les écrits de l'église, incluant un bulletin de 1950 écrit par Hubbard sur la façon de manier les psychotiques; à cette époque, Hubbard venait tout juste d'écrire "la Danétique, science moderne de la santé mentale", base des enseignements scientologiques. Il lancerait la sciento quatre ans plus tard.
Dans "Manier les Psychotiques", Hubbard dit de ne pas craindre la psychose, et dit qu'on peut la guérir. Il dit à ceux qui doivent s'occuper de psychotiques de "ne pas faire les maîtres", de "ne jamais punir", il ajoute "qu'il vaut mieux user de persuasion aimable".
La persistance serait également utile: "Gardez le moral, même si la personne est très violente" "N'abandonnez jamais: on peut faire quelque chose."
Il se peut que les gens qui ont donné des sédatifs à Mc Pherson n'aient pas suivi les instructions d'Hubbard de ne pas utiliser ce type de médication. "La Dianétique éveille les gens, ce n'est pas pour les endormir."
S'ajoutent aussi à ces rapports divers témoignages sous serment enregistrés dans l'affaire judiciaire Mc Pherson; ils aident à mieux comprendre ce qui s'est passé durant le séjour de Mc Pherson au Fort Harrison.
Le Médecin qui a fait l'autopsie a témoigné en Mai avoir constaté des signes de déshydratation manifestes sur le visage de Mc Pherson.
Le Dr Robert M. Davis a dit que les os entourant les yeux étaient "proéminents", tout comme les os des joues et de la mâchoire; il a également témoigné que les joues et les yeux étaient enfoncés, et la peau "collante".
Ailleurs dans le témoignage, l'avocat de l'église, Sandy Weinberg, dit attendre la preuve que Mc Pherson "était très perturbée mentalement, qu'elle se griffait, se mordait elle-même, qu'elle balançait des affaires, qu'elle frappait, se tapait dans les murs et faisait d'autres gestes désordonnés.
Il la décrit donc comme "psychotique".
Alors qu'il posait ces questions à Davis, Weinberg suggéra aussi que Mc Pherson subissait un "régime de protéines et d'eau, et autres du genre". Plus tard, Weinberg a refusé d'en dire davantage.
Les enquèteurs ont dit que Mc Pherson pesait 49 Kg lors de l'autopsie, mais refusé de révéler combien elle pesait en entrant au Fort Harrison. Bonita Portolano, l'auxilliaire médicale qui emmena Mc Pherson au Morton Plant Hospital après ce léger accident au cour duquel elle s'était déshabillée, pense que Mc Pherson pesait environ 70 Kg et en a ainsi témoigné en justice.
Pressée par un avocat de l'église, elle a dit que 70 Kgs était une estimation; mais elle a aussi indqiué qu'elle avait passé une demi-heure avec Lisa Mc Pherson entièrement nue, et l'a décrite comme une femme "bien formée", "voluptueuse", et "montrant quelque excès de poids".
Une tante, qui a eu les affaires de Lisa, dit qu'elle a trouvé les habits en taille 42, sauf un en taille 38, la pointure des chaussures étant 40-41, tandis que les sous-vètements étaient en 36.
Mc Pherson mesurait 5'9'', soit 1,78 m ou 1,79.
L'église de scientologie proteste envers la dénomination utilisée dans le rapport d'autopsie pour décrire le corps de Mc Pherson - "habitudes nutritionelles moyennes"; ils disent aussi que les photos de Mc Pherson montrent qu'elle ne pesait pas ce qu'indiqueraient ses habits.
Weinberg a dit ""Elle pesait
moins que ça".
Dans un témoignage récent, le médecin qui a examiné le cadavre de Mc Pherson pour le compte du Bureau du Médecin Légiste n'a pas étayé plusieurs conclusions de son patron quant aux causes suspectes du décès - négligence grave.
Le Médecin Légiste Joan Wood a publié un rapport d'autopsie disant que Lisa était morte d'un thrombus dans le poumon gauche, consécutif à repos alité excessif et déshydratation sévère.
Wood a ensuite indiqué aux journalistes que Mc Pherson avait pu passer 5 à 10 jours sans liquides, et qu'elle était inconsciente depuis 24 à 48 heures, et enfin, que les marques rouges étaient probablement des morsures de cafards.
Ces conclusions sont au coeur d'une enquète criminelle que mène la police de Clearwater, le Département de Maintien de l'Ordre de Floride et l'Office du Procureur Général du Comté de Pinellas Pasco.
Ces conclusions se fondent sur les résultats des tests et autres données dans l'autopsie du Dr Robert D. Davis, médecin Légiste associé ayant depuis quitté l'office de Wood. Dans un témoignage de huit heures, Davis dit ceci:
-Qu'il ne peut vraiment affirmer combien de temps Mc Pherson a passé sans liquides
- qu'il ne peut dire combien de temps Mc Pherson a été inconsciente, et ne connaît personne qui puisse le dire;
- que les chiffres de labo étaient tellement anormaux qu'il s'est demandé s'ils étaient justes.
- qu'il n'a pas trouvé de preuve du fait que Mc Pherson ait eu un repos alité excessif et n'a pas été consulté par Wood avant qu'elle n'ait achevé son rapport d'autopsie.
- Les marques rouges auraient aussi bien pu être des abrasions que des morsures de cafards.
Wood n'a pas changé son opinion quant à la mort de Mc Pherson; elle s'est refusée à commenter davantage.
Entretemps, les avocats scientologues se réjouissent du témoignage de Davis.
"Il ne va en rien dans le sens des conclusions du Dr Wood, en rien! a dit Sandy Weinberg, l'une des nombreuses avocates locales représentant l'église. Le Dr Davis soulève pas mal de doutes sur l'aspect médical du cas, ce qui compte vraiment, vu qu'il n'est pas de nos témoins et n'a aucun relation aevc l'église de scientologie.
Davis a quitté l'Office de Wood, après que plusieurs collègues et membres du public se soient souvent plaint du fait qu'il était peu coopératif , et brutal. Quand il a pratiqué l'autopsie, Davis avait un accord avec Wood: son emploi s'achevait en Mai 1996. Il est désormais médecin légiste associé à Daytona Beach.
Nous n'avons pu joindre le Procureur Mc Cabe du Comte de Pinellas Pasco pour obtenir son point de vue.
Dans un entretien récent, Weinberg et les autres avocats de l'église ont indiqué qu'ils chercheraient à combattre la validité des tests de laboratoire faits dans son office, et qu'ils tenteraient de prouver qu'elle a des opinions anti-scientologue pouvant modifier ses décisions en pareil cas.
Leur tâche consistera à éclipser et tenter d'expliquer la séquence des évènements ayant provoqué les soupçons des autorités et de la famille Mc Pherson: Lisa était en bonne santé en entrant au Fort Harrison, et morte 17 jours plus tard.
Ken Dandar, l'avocat de Tampa qui représente la famille Mc Pherson indique que plusieurs points du témoignage de Davis soutiennent la théorie de Wood. Dandar dit qu'il n'est pas en désaccord avec Wood, mais n'a pas autant de compétences pour parvenir aux mêmes conclusions.
Il indique aussi que Davis doute des tests de laboratoire, mais n'a rien pour pouvoir les infirmer catégoriquement.
Le test douteux est celui des fluides oculaires, un indice fiable de l'état du corps lors du décès. Les tests indiquaient un taux extrèmement élevé de sodium et d'autres substances, montrant qu'elle était sévèrement déshydratée.
Weinberg dit que les experts médicaux de l'église les croient inexacts parce que vraiment excessifs. Elle se demande aussi pourquoi les fluides de Mc Pherson sont restés deux mois à l'office de Wood avant d'être expédiés au labo, et suggère qu'ils ont pu être contaminés.
Cette tentative de l'église de saper la preuve des fluides oculaires est une base de sa défense envers les accusations portées contre elle.
Si ces résultats de labo sont corrects, ils pourraient signifier que l'insuffisance d'humidité dans le corps aurait pu provoquer l'épaississement sanguin jusqu'au thrombus mortel.
Mais si ces tests sur les fluides ocualires sont écartés, nous avons seulement une jeune femme décédée d'une thrombose au poumon gauche.
Les avocats scientologues argueront que ces choses se froment sans prévenir. Ils diront que les caillots peuvent provenir de blessures mal soignées, comme celles que portait le corps de Lisa, et diront que les thrombus auraient même pu tuer des gens en hopitaux.
Les avocats entendent aussi se servir du témoignage de Davis pour suggérer que Wood serait de parti-pris contre la scientologie.
Davis a dit que Wood lui avait dit qu'elle avait acheté sa maison à un scientologue et qu'elle avait l'intention d'y amener un expert pour recherche de micros etc, après le décès de Mc Pherson; elle suggérait à Davis de faire de même.
Weinberg a dit "Ca, ça en dit long."
Dandar dit que les avocats scientologues interprètent le témoignage de Davis comme ça les arrange.
"Ils vont essayer d'utiliser
les mêmes tactiques qu'O.J. SIMPSON - mais, heureusement, nous ne
sommes pas à Hollywood, ici."
| Clearwater. Quatorze
jours après être entrée dans une retraite de l'église
de scientologie en bonne santé physique, Lisa Mc Pherson était
si faible qu'elle ne pouvait plus se lever, selon les notes de l'église
rendues publiques mercredi.
Pourtant, les staffs de l'église ont continué à s'occuper d'elle trois jours durant, dans une chambre du Fort Harrison. Les adeptes scientologues méprisant les soins psychiatriques traditionnels, ils espéraient voir Mc Pherson, 36 ans, s'extraire seule de sa crise. Les notes montrent que pendant deux semaines d'affilée, les staffs avaient essayé - en y réussissant mal - à donner à Mc Pherson des protéines liquides, d'autres liquides, de la nourriture , des vitamines, des sédatifs et autres remèdes phytothérapeutiques. Elle leur résistait souvent en les frappant, les giflant, leur hurlant après, en les jetant à terre, leur donnant des coups de poing, en cassant des choses et en recrachant la nourriture. L'un d'eux a essayé quatre heures durant de lui faire avaler trois capsules phytothérapeutiques mélangées à des bananes et des protéines liquides. Elle a fini par lui pincer le nez en espérant la faire avaler. A deux jours de la fin, un staff écrit "elle a du mal, même à avaler une gorgée d'eau". Une staff de l'église fut si perturbée qu'elle s'était assise dans un coin, et a pleuré un long moment. En dépit de ces problèmes, les membres de la secte qui se sont occupés de Mc Pherson - divers officiers médicaux, employés aux écritures, libraires, gardiens et administrateurs - ne l'emmenèrent pas dans un hopital avant le 17e jour de son séjour. Ce jour là, les notes indiquent que la peau de Mc Pherson avait pris une teinte cireuse. Sa respiration fut laborieuse et râclante durant les trois quarts d'heure de son transfert à l'hopital de New Port Richey, où les attendait aux Urgences le médecin scientologue David I. Minkoff, qui n'a pu que constater sa mort en la voyant. Minkoff avait aussi une question à poser à Janis Johnson, l'officier médical de l'église qui avait surveillé l'essentiel des soins prodigués à Mc Pherson et l'avait emmenée en break à l'hopital. "Pourquoi ne lui avait-on pas amené Mc Pherson plus tôt?" Johnson, médecin diplômé et staff de l'église de scientologie depuis 1994, n'a pas d'autorisation d'exercer en Floride ; c'est elle qui surveillait Mc Pherson durant son séjour au Fort Harrison et se faisait communiquer les rapports par les autres staffs. Elle a répondu à Minkoff: "Jusque là, elle n'avait pas eu l'air aussi mal". Les notes font partie d'un procès intenté par la famille Mc Pherson envers l'église qu'elle accuse d'être responsable de sa mort. Elles jouent aussi leur rôle au Tribunal du Comté de Pinellas, où le Procureur et la Police veulent déterminer si le décès fut causé par "négligence criminelle ou toute autre conduite criminelle". Cette semaine, l'Office de l'Avocat général du Comté de Pinellas Pasco avait menacé l'église de poursuites si elle ne fournissait pas ce qu'il considère comme les documents clé : les rapports sur les dernières heures de Lisa Mc Pherson à l'hôtel. Bien qu'elle y soit restée jusqu'au 5 Décembre 1995, des rapports ont été établis jour après jour et même parfois heure après heure, mais ils s'interrompent le 2 Décembre. Kennan Dandar, l'avocat de Tampa engagé par la famille Mc Pherson, dit que les rapports communiqués à ce jour sont déjà accablants pour l'église. "Les rapports suivants, qu'ils retiennent, le seront-ils encore bien plus?", demande Dandar. Laura Vaughan, l'une des nombreuses avocates représentant l'église a dit que les officiels de l'église ne cachent rien. Elle dit qu'on a cherché les rapports à Los Angeles, à Clearwater et à Dallas, et qu'on n'arrive pas à les trouver. Vaughan dit que les rapports déjà communiqués montrent bien les détails des derniers instants de Lisa Mc Pherson, tout comme les ont décrit les entretiens des staffs avec les policiers. Mc Pherson fut emmenée au Fort Harrison le 18 NOvembre 1995, après intervention de plusieurs scientologues auprès de l'Hopital Morton Plant , où des auxilliaires médicaux l'avaient entraînée après qu'elle se soit dévétue dans la rue après un petit accident de voiture. Vaughan dit que les rapports dévoilés montrent bien que les scientologues ont "fait tout ce qu'ils pouvaient" pour nourrir Mc Pherson et s'assurer qu'elle ne se blesse pas elle-même; ils disent qu'ils auraient pu s'occuper d'elle ailleurs, peut-être chez quelqu'un, mais qu'ils ont choisi le Fort Harrison. La scientologie est le plus violent critique de la profession psychiatrique, en grande partie parce que les psychiatres usent de psychotropes envers leurs patients pour les ramener sous contrôle. Les scientologues croient pour leur part que "l'on peut ressortir de son état psychotique", a dit Vaughan: "Ils disent avoir eu quelques réussites". Elle dit qu'ils ont pensé que les problèmes de Lisa Mc Pherson étaient d'origine mentale et non physique. Mais la question clé reste, dans son cas, que les problèmes physiques ont fini par présenter plus de risque que les difficultés mentales. Selon le Médecin Légiste
du Comté de Pinellas Pasco, le Dr Joan Wood, Mc Pherson est morte
d'une thrombose coronarienne provoquée par déshydratation
grave et repos alité. Wood a ajouté que Mc Pherson était
restée sans liquides durant les 5 à 10 jours précédant
sa mort et qu'elle était inconsciente depuis 24 à 48 heures.
Mais les avocats de l'église ergotent sur le fait que le caillot mortel peut s'être formé spontanément, et qu'aucun des staffs ne pouvait le prévoir. Ils disent que les rapports dont on vient de prendre connaissance prouvent que Wood a tort dans ses conclusions. Selon les experts interviewés cette semaine, Mc Pherson aurait été tout autrement soignée si elle avait été en hopital ou dans un service psychiatrique. Les médecins ont plusieurs méthodes pour s'occuper de patients violents qui refusent de se nourrir, a dit le Dr David Sheenan, professeur de psychiatrie à l'Université de Floride du Sud, ainsi que le Dr Anthony Reading, Maître de Chaire du département de Pyschiatrie de l'Université. Ces méthodes peuvent consister à nourrir le patient par tubes intraveineux ou intra stomacaux; les patients psychotiques les acceptent souvent sans difficultés. On leur met parfois des entraves afin de les empècher d'arracher les tubes nourriciers, tout en laissant aux patients violents une certaine liberté de mouvements. Soigner ces personnes incluerait aussi des traîtements pharmaceutiques réduisant les symptômes qui les empèchent de se nourrir. Sheehan a dit "On essaie jamais de nourrir quelqu'un de force", comme l'a fait l'une des scientologues chargées de nourrir Mc Pherson en lui pinçant le nez. Vaughan a dit que cette méthode datait de Mathusalem, et que bien des parents l'utilisaient pour nourrir leurs enfants. Elle a ajouté que "les scientologues faisaient ce qu'ils pouvaient pour nourrir une personne extrèmement perturbée mentalement. Mais Sheehan, pour sa part, indique que cette méthode peut expédier de la nourriture dans les poumons et provoquer la mort. Avant les médicaments propres à traîter les comportements psychotiques, on avait bien des difficultés à nourrir les patients psychotiques, d'où le nombre de patients sous-nourris qui en mouraient parfois, ont dit les médecins. Dans des cas du type Mc Pherson, où les personnes prenant soin d'elles n'ont reçu aucune formation médicale, "il y a un moment où les choses dépassent leurs capacités à se débrouiller," ajouta Sheenan. "Bien sûr, elles ne voulaient pas lui faire de mal; elles faisaient de leur mieux, mais n' avaient pas les capacités requises." Copyright (c)1997
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COMMENTAIRES:
Nous avons ici un ensemble de présomptions qui partent d'une théorie très largement discutable de mon point de vue. Le postulat de l'auteur - qui suit celui des médecins, lesquels admettent à leur tour sans discussion celui des scientologues ayant émis les rapports et laissé mourir Lisa Mc Pherson, ce qui les rend excessivement suspects d'autant qu'ils cachent encore des données - ce serait la psychose de Lisa Mc Pherson. Remontons dans le temps de quelques 17 jours, voire un peu plus. Nous sommes en présence d'une jeune femme pétant la forme, si je peux me permettre, qui exprime à l'une de ses amies son désir de revenir dans sa région natale - probablement en quittant la secte: le fait qu'elle ne veuille pas en parler par téléphone à son amie va dans ce sens. Lisa Mc Pherson est une belle grande femme souriante, aimant vivre, gagnant quelques 600000F annuels, et dépensant une moitié de cette somme en scientologie, où elle paraît avoir atteint l'état de "Clair" - une des étapes très convoitées de la "voie". A priori, cet état s'est avéré une grande déception pour Lisa, ce qu' on peut comprendre lorsqu'on y est passé, et que l'on s'aperçoit que les promesses extraordinaires d'Hubbard ne sont que leurres vous amenant à acheter les niveaux supérieurs secrets de la secte, qui vous feront encore dépenser plus d'un million de Francs. Le temps que l'on met pour s'apercevoir du piège varie grandement en fonction des individus, certains s'en rendent vaguement compte dans les jours suivants - et se font piéger quand même dans la vente pyramidale pratiquée à la dure dans la secte; d'autres, comme ce fut probablement le cas de Lisa Mc Pherson - une fonceuse, de toute évidence - peuvent ruer très rapidement dans les brancards. Dans cet état de tensions opposées (ses amis sont probablement opposés à ses vues, et les vendeurs tentent de lui refiler leur daube), Lisa provoque, probablement involontairement, un léger accident de la route; cet incident suffit à lui donner une solution bâtarde pour sortir du piège scientologue, car l'accident n'est qu'une preuve de plus, s'il en faut, de l'absence des résultats promis par la secte (un clair est une sorte de surhomme parfaitement capable d'éviter tous les ennuis, or, elle vient d'avoir un accident). Elle va donc se faire interner chez les ennemis de la secte, et se déshabille sur les lieux même du carambolage pour attirer l'attention. La police l'embarque à l'hopital, mais les scientologues ont tôt fait de convaincre les médecins de la relâcher "pour raisons religieuses", tandis qu'elle se trouve incapable de leur résisiter, puisqu'elle a subi des années durant le lavage de cerveau pratiqué par le groupe - qui veut entre autres que la psychiatrie et la médecine soient dangereuses. Commence son calvaire. Entrée à l'hôtel Fort Harrison, elle est presque certainement sequestrée contre son gré - non pas dans une chambre 174, mais dans les soubassements, où elle pourra hurler tant qu'elle le veut sans gèner le public scientologue qui pourrait s'en émouvoir; que lui reste-t'il comme solution? Probablement commence-t'elle par chercher la discussion, mais les scientologues ont ordre de ne plus parler du tout avec elle: ça fait partie du 'maniement des psychotiques'; ils cherchent donc simplement à la "nourrir" jusqu'à ce qu'elle soit "plus calme" et "accessible aux raisonnements avec un auditeur scientologue" chargé de lui appliquer les étapes ineptes du processus dit "Rundown d'Introspection". Mais elle ne l'entend pas ainsi; elle croit alors que les scientologues seront forcés de la relâcher si elle ne s'alimente pas, et qu'elle ne boit rien. Ce n'est à mon avis pas du tout là un raisonnement psychotique: il est en effet déjà arrivé par le passé que l'église relâche des personnes qui refusaient toute activité et tout ordre de leur part. L'ennui, c'est que la scientologie est déjà trop engagée: Lisa les menace directement de porter plainte pour sequestration illégale, car elle a toute sa tête... et cela représente une énorme brèche dans le système de sécurité de l'édifice sectaire; ils connaissent son caractère entier, et ne veulent donc pas la laisser sortir tant qu'ils n'auront pas réussi à réformer ses idées anti-scientologues. La machine à broyer les "ennemis" est en action. Hubbard jugeait que la psychose était très simple à définir: c'est lorsque la personne poursuit des buts malfaisants. Quoi de plus malfaisant, pour eux, que quelqu'un qui voudrait faire du tort à la secte? Rien. On la juge donc psychotique. Les choses s'enlisent dès lors dans une bagarre contre une Lisa bien décidée à ne pas se laisser emprisonner, bataillant ongles et dents contre toute chose que la secte lui demande (manger, boire, etc). Le pugilat est vraisemblablement sauvage, les coups pleuvent, mais elle s'affaiblit de plus en plus; il est fort possible qu'elle ait été attachée sur son lit; les traces de coups qu'elle se porte et qu'elle leur porte ou les abrasions cutanées sont de plusieurs périodes. Plus le temps passe, moins elle peut se défendre, mais sa volonté mentale, elle, ne faiblit pas. Les scientologues continuent donc à juger qu'elle est folle. Elle ne l'est pas: c'est simplement qu'elle sait ce qu'elle veut. A titre anecdotique, vers la fin de ma participation au mouvement, mon "chef des missions" au niveau européen avait cru que c'est par 'manque d'intelligence' que je refusais de changer d'avis sur des points litigieux : il m'avait fait passer un test de Q.I. pour tenter de m'évincer - mal lui en a pris. Le mécanisme est le même: si quelqu'un n'est pas de l'avis scientologique orthodoxe, c'est un fou, ou un imbécile, ou quelqu'un qui n'a pas les "bonnes informations". Lisa était dans ce cas, de leur point de vue imbécile et borné de sectaires orthodoxes et fanatisés. Quant aux FAITS eux-mêmes tels que les présentent les scientologues, on peut observer ce qui suit: A/ comme dans le cas du suicide de Patrice Vic, le lyonnais qui s'est défénestré de n'avoir pu acheter tout ce que la secte voulait lui vendre pour "qu'il se sente mieux dans sa peau", les dossiers - ou une partie des dossiers - disparaissent, la secte ne les retrouve plus! Un grand classique! L'avocat ment - c'est son métier - et les témoins scientologues sont FORCES de mentir aussi sous peine d'être déclarés suppressifs (ce qui équivaut à l'excommunication chrétienne). B/ Vaughan prétend qu'ils "ont fait tout ce qu'ils ont pu," et le médecin extérieur suit cette idée... FAUX! On peut être pratiquement certain qu'en dépit de leur lavage de cerveau, une partie des gens qui ont eu affaire à Lisa Mc Pherson durant ces 17 jours avait conscience qu'il aurait été préférable de relâcher Lisa, et que des propositions ont été faite par ceux-là dans ce sens, propositions rejetées par OSA, les "affaires spéciales" de la secte. C/ Compte tenu des mensonges innombrables déjà proférés par les avocats - Abelson en particulier a menti à plusieurs reprises, rien de ce que dit la secte n'est réellement exact. D/ Il y a plusieurs mois déjà, j'avais passé un message sur le groupe "alt.religion.scientology", immédiatement après avoir lu le tout début de l'histoire Mc Pherson, en disant qu'elle s'était en fait laissée mourir dans le but de sortir de son emprisonnement. C'était compter sans l'opiniâtre imbécillité criminelle des scientologues de "haut niveau" - en particulier, les fanatiques d'OSA. Je leur souhaite à tous de payer pour leur manque d'humanité, pour leur absence de clairvoyance, et surtout, pour ne pas avoir appris encore que l'on ne devrait pas haïr les "ennemis" au point de les laisser mourir ou de les tuer. La scientologie est un système totalitaire partisan de la peine de mort. Nombre de traces et de preuves existent, y compris de la main même d'Hubbard. Roger Gonnet, ex OT VII-NOTs |