On l'amena à l'hopital voisin pour examen psychiatrique, mais plusieurs scientologues débarquèrent en expliquant que leur religion refusait les soins psychiatriques. Mlle Mc Pherson demanda à partir, et quitta l'hopital aux soins des scientologues, en dépit l'avis médical défavorable.
Dix sept jours plus tard, ayant été sous bonne garde 24 heures sur 24 dans un hôtel scientologue de la ville basse de Clearwater, Mlle Pherson mourut. Selon la version de l'église, elle avait recraché sa nourriture, s'était tapée dans les murs de sa chambre et avait souffert d'hallucinations. Le médecin légiste du Comté déclara que Mlle Mc Pherson avait été privée de boisson depuis cinq à dix jours et qu'un caillot dans l'artère pulmonaire gauche avait eu raison d'elle en raison de la déshydratation.
Les officiels de l'église ont nié toute responsabilité face à son décès et disputé les rapports du Légiste. Mais l'image de la jeune femme d'affaires en grande forme glissant vers la démence et mourant au sein des bâtiments de l'église de scientologie a fortement ranimé la suspicion vis à vis de cette sereine retraite communautaire, paraissant être, depuis vingt ans, l'improbable quartier général spirituel de la plus controversée des églises au monde.
Depuis qu'elle s'y est installée en 1975, la Scientologie a acheté pour 32 millions de dollars de biens immobiliers, pour la plupart dans la ville basse, et l'on croise ses quelques 1000 membres portant leur uniforme pseudo-naval à tous les coins de rue. Ses croyants possèdent des dizaines de sociétés et des dévôts du monde entier viennent chaque année y prendre des cours supérieurs de scientologie.
Malgré ses efforts pour joindre les habitudes d'ici et là, l'église de scientologie n'a jamais tout à fait réussi à vaincre la méfiance et la crainte qu'elle engendra en raison de son débarquement clandestin à Clearwater voici plus de vingt ans. Ce n'est qu'après cette entrée en catimini qu'on s'était rendu compte que la scientologie avait un plan préparé pour prendre le contrôle de la cité et faire taire tous ceux qui se mettraient en travers de ses vues. Bien que le plan ait échoué à l'heure qu'il est, la suspiscion a atteint de tels degrés qu'un officier de renseignements a été nommé par la police pour encadrer l'organisation, et que des inspecteurs achèvent une enquète commencée voici deux ans sur la mort troublante de Mlle Mc Pherson.
En même temps que l'examen de la vie et du décès bizarres de Mlle Mc Pherson éclairent les relations entre cette ville de Floride et l'église, que l'étude des documents internes et autres fournis en raison d'une plainte déposée par la famille de Lisa Mc Pherson, on découvre une mine d'informations sur le monde d'une Scientologue, pénétrant tous les aspects de sa vie, son travail, ses amis, ses relations familiales et même le choix de vacances, influencés par son appartenance religieuse.
Les exigences financières de l'église sur ses membres sont également présentes en parralèle avec la décision incroyable du Fisc américain (IRS) d' accorder l'exemption d'impôts en 1993 à la scientologie.
Mlle Mc Pherson travaillait dans une entreprise appartenant à d'autres scientologues et dépensait une telle proportion de ses revenus en cours à l'église qu'elle avait été contrainte d'emprunter à son patron de quoi règler ses études doctrinaires; elle pouvait déduire ces paiments de ses revenus, mais dès qu'elle obtenait un remboursement fiscal de ce trop-perçu, il se trouvait immédiatement reversé à ses emloyeurs pour règler de nouveaux cours.
Dès qu'elle obtint cette exemption, l'église en profita pour persuader ses membres à augmenter leurs contributions en profitant de la déduction fiscale.
Depuis 25 ans, l'IRS (le fisc américain) considérait la scientologie comme entreprise commerciale et refusait de lui accorder l'exemption d'impôts qu'obtiennent les églises; ces refus étaient systématiquement maintenus lors des diverses décisions judiciaires. L'agence fiscale a pourtant changé d'avis après une campagne entreprise par la scientologie, avec procès, usage de détectives privés, et après que le patron de la scientologie ait rencontré le Haut Commissaire de l'IRS.
Les critiques du monde entier disent que la pression financière
est l'un de motifs qui leur fait décrire la scientologie comme une
secte et une machine à fric uniquement destinée à
piéger les crédules qui paient ensuite d'importantes sommes
pour entreprendre des séances de conseil. C'est aussi la raison
primordiale pour laquelle le gouvernement allemand a refusé de la
reconnaître comme une religion.
Au delà des problèmes d'argent, le décès de Mlle Mc Pherson soulève des questions quant au maniement de traîtements médicaux ou psychiatriques par l'église - en particulier en cas d'échec - maniements entrepris pour des raisons philosophiques et ayant contribué à sa mort.
Les officiels scientologues annoncent de leur côté que ce décès était accidentel et provoqué par une occlusion artérielle; ils accusèrent les services de police de vendetta à leur encontre et prétendent qu'ils n'auraient pas enquèté si la défunte n'avait été scientologue.
Selon les mêmes tactiques, ils ont affronté les gouvernements de par le monde, disent que les attaques cachées des critiques sont désormais dépassées et que la scientologie désire seulement agir en bon voisin. Ils citent alors une liste de projets civiques allant du sponsoring d'une troupe de boy-scouts à l'organisation d'un carnaval dont les fonds iraient aux défavorisés.
"Notre but est d'être en mesure de travailler pour la communauté dans des activités communautaires, afin d'aider la ville et les gens de la communauté à mieux survivre., dit Ben Shaw, directeur des Affaires Extérieures de la scientologie. "Je crois que nous avons beaucoup fait dans cette direction, avec l'aide de bien des gens".
Certains n'en sont pas pour autant convaincus, et les détails sordides entourant la mort de Lisa Mc Pherson ont nourri leurs craintes.
"Le décès de Lisa Mc Pherson renforce la
véracité de ce que nous avons entendu depuis 20 ans, et je
n'ai rien pu voir qui puisse me faire changer d'avis", a dit le Maire de
Clearwater, Rita Garvey, qui vient de remporter sa quatrième élection
contre un opposant assisté par les scientologues. "Ils ont le droit
d'être ici, mais je ne peux l'accepter. Je me refuse à les
rencontrer."
Du fait de la décision de l'IRS, Mlle Mc Pherson pouvait déduire ces honoraires au titre de de donations caritatives. En 1994, 55767 dollars de versements lui valurent 17500 $ de trop-perçus remboursés, somme qu'elle reversa pour des cours à l'église, ainsi qu'en attestent les documents du procès de la famille contre la scientologie.
Les officiels scientologues disent qu'il est également possible de progresser dans l'église sans faire de dons, et haussent les épaules à l'idée qu'il y ait quoi que ce soit d'anormal dans les donations de Mlle Mc Pherson.
"Il s'agissait d'une jeune femme de 36 ans, scientologue depuis 13 ans, en mesure de décider de ses dons", indique Laura Vaughan, l'une des 20 avocates engagées par l'église à la défense du cas Mc Pherson dans la poursuite judiciaire engagée par sa famille. "Certaines personnes donnent de sacrées sommes à leur église."
Les relations entre Mlle Mc Pherson et l'église dépassaient amplement les simples dons. Comme bien des scientologues, elle en avait fait toute son existence.
Représentante dans une petite affaire appartenant à des scientologues et fonctionnant selon les théories de gestion d'Hubbard, le fondateur de l'église, nombre des ses amis et collègues de travail étaient également scientologues si bien que lorsqu'elle n'atteignait pas ses cibles de production, elle se soumettait aux techniques scientologues censées résoudre les problèmes de travail.
Ayant adopté les vies antérieures -une croyance de l'église - Mlle Mc Pherson avait signé un "contrat d'un milliard d'années" à l'Organisation Maritime (Sea Org), confraternité des membres de l'élite scientologique. Bien qu'elle ait ensuite abandonné, elle était restée dévote. Lorsque sa vie commença à mal tourner, elle délaissa les traîtements médicaux conventionnels et chercha refuge en scientologie.
Stephen A. Kent, sociologue à l'Université d'Alberta ayant étudié l'organisation,, qualifie les relations des membres très engagés en scientologie comme totalitaires . "Cela leur fournit tout, depuis les occupations jusqu'au but ultime de leur existence, en passant par la distraction et les systèmes juridiques."
C'est en 1982 que Mlle Mc Pherson a joint l'église de scientologie à Dallas, où elle habitait alors. Onze ans après, elle déménageait à Clearwater, rejoignant là les pélerins d'une ville qu'Hubbard, pour des raisons non élucidées, avait choisi pour sa Mecque.
Le patron de Mc Pherson - AMC Publishing - avait aussi déménagé à Clearwater pour se rapprocher de la scientologie. AMC vend du matériel promotionnel aux compagnies d'assurance, et constitue l'une des douzaines d'entreprises faisant partie du World Institute of Scientology Enterprises (WISE - Institut Mondial des Entreprises Scientologues). Ses sociétés membres opèrent d'après les théories de management Hubbardiennes et paient 10% de leurs C.A. à l'église.
Elles suivent en général les méthodes disciplinaires et autres de la scientologie, et l'on y encourage les employés à suivre des cours de scientologie.
La Scientologie se décrit comme l'une des nouvelles églises majeures du XXe siècle et se vante d'avoir huit millions d'adeptes dans le monde: les critiques disent que leur nombre est très inférieur. Bien que les quartiers généraux de l'église soient logés à Los Angeles et Clearwater, l'église maintient des missions dans nombre de pays étrangers, dont l'Angleterre et l'Allemagne. Hubbard, le fondateur, disait que les gens étaient esprits immortels ayant déjà vécu quantité de vies et ayant accumulé des souvenirs traumatiques qui les empècheraient d'atteindre leur potentiel réel.
Les adeptes croient que ces barrières peuvent être éliminées par divers cours de conseil connus sous le nom d'auditions. La plupart de ces cours impliquent des questionnaires détaillés sur leur existence et leurs rapports avec la scientologie; ils sont donnés par des "ministres" de l'église qui traquent les réactions sur un détecteur de mensonge nommé "électromètre, ou e-meter". Après des années de cours, le résultat serait un "clair", c'est à dire un individu "clarifié" de ses ennuis.
Mlle Mc Pherson a commencé par bien réussir à Clearwater. Elle écrivit à l'un de ses oncles en 1994 que tout allait bien et qu'elle atteignait des objectifs très durs à son poste. Elle réussit si bien qu'elle gagna 136812 dollars.( environ 850000 F)
Sur le plan personnel, elle répara ses relations depuis longtemps rompues avec sa mère Fannie, lors d'un voyage à Dallas. Dans un enregistrement vidéo du 31 Décembre 94, Mlle Mc Pherson rit et bavarde avec des cousins avec un accent texan traînant, en préparant la soirée du Nouvel An.
"Fannie venait de décider qu'il fallait qu'elle ignore la Scientologie si elle voulait avoir des liens avec sa fille, et tout s'était bien passé", raconte Dell Liebreich, une tante de Lisa, en fouillant dans un carton d'affaires de sa nièce chez elle, à Yantis, pas loin de Dallas."
Malgré son salaire, Lisa Mc Pherson vivait sur un petit pied. Elle partageait un appartement de 4000 F de loyer avec une camarade et n'achetait guère de bijoux ou de vêtements. Mais sans faire la moindre économie au détriment de la scientologie.
Les relevés de compte de l'église rendus
à sa famille dévoilent 33767 dollars versé en 1994
et 41924 en 95.
Elle passa deux jours à récupérer à l'Hotel Fort Harrison à Clearwater, retraite principale de la scientologie. Elle versa bien moins d'argent à la scientologie, mais un mois plus tard, elle reprenait le rythme habituel des versements.
Pourtant, ses commissions de vente demeuraient faibles et elle emprunta à ses patrons pour règler des cours. Les relevés d'AMC Publishing montrent qu'elle avait emprunté 33000 dollars en 1995, et qu'elle reversait ces sommes à l'église.
Il semble qu'elle avait suffisamment bien récupéré en Septembre pour atteindre le statut si envié de "Clair". Les photos prises à cette occasion nous la montrent rayonnante; elle écrivit des lettres de remerciements passionés aux scientologues.
Mais fin Octobre, elle appelait sa mère au téléphone, les montagnes russes ayant remis ça,; elle lui avoua que ça n'allait pas au travail, a dit sa tante.
Quinze jours plus tard, c'est Kelly Davis, une amie d'enfance Dallasienne, à qui elle confiait qu'elle rentrerait chez elle à Dallas au plus tard en Décembre pour y rester ; lors de sa déposition sous serment, Mme Davis indique qu'elle pensait que cela signifiait l'abandon de l'église.
Mme Liebreich, sa tante, pense aussi que Mc Pherson envisageait de quitter la scientologie. Les avocats scientologues disent que non. Plutôt que préparer son retour à Dallas pour Noël, les avocats disent qu'ele avait fait des réservations pour un voyage à bord du navire "Freewinds" (Vents Libres) que possède l'église.
Elle n'alla ni sur le bateau, ni chez elle.
Le soir du 18 Novembre 1995, alors qu'elle pilotait sa
Jeep à Clearwater, elle rentra dans un bateau tiré par une
voiture qui s'était arrètée à cause d'un autre
accident. Les dommages étaient sans gravité et les auxilliaires
médicaux qui la trouvèrent virent qu'elle n'était
pas blessée.
Elle ôta ses vètements et commença
à marcher dans la rue. L'un des auxilliares, Bonita Ann Portolano,
la poussa à monter en ambulance. Elle raconte que Mlle Mc Pherson
murmurait qu'il lui fallait un corps pour vivre et qu'elle s'était
déshabillée parce qu'elle avait besoin d'aide.
Lors d'une déposition postérieure, Mme Portolano estima qu'elle pesait dans les 70 Kg. "C'était une femme épanouie, voluptueuse", commentait-t'elle.
Une fois Mlle Mc Pherson arrivée à l'hopital voisin, sept scientologues, dont plusieurs officiers supérieurs, arrivèrent : elle refusa les traîtements psychiatriques et dit qu'elle ne se ferait pas de mal; on la laissa partir sous la garde de ses coréligionnaires.
Bien que les scientologues acceptent les traîtements médicaux, Mlle Mc Pherson suivait les préceptes de l'église qui rejettent la psychiatrie. L'église dit que les psychiatres sont payés par le gouvernement pour dénoncer l'escroquerie que serait la scientologie; cette déclaration fut faite dès 1954 par Hubbard, ex- écrivain de science-fiction.
En 1969, l'église créait la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme, censée "dénoncer et éradiquer les abus de droits de l'homme par la psychiatrie". En Janvier 1974, Hubbard écrivait un document sous le titre de "Procédure d'introspection", destinée à traîter les gens qui souffrent de crises psychotiques. Il annonçait que cette technique "était probablement à mettre au rang des déouvertes majeures du XXe siècle", et qu'elle en finirait avec la psychiatrie.
La première étape consiste à mettre
la personne en quarantaine pour la protéger et protéger autrui.
Nul n'a le droit de lui parler ni de l'écouter., sinon pour lui
délivrer des leçons supposées localiser et corriger
les ennuis ayant amené la crise.
Mais les 33 pages de notes manuscrites disent tout autre chose. On en prit connaissance cet été, sur ordre du juge chargé de la succession de Lisa.
Les membres de la scientologie ayant surveillé Mc Pherson 24 heures sur 24 ont tout noté; ces observations décrivent quelqu'un dont l'état mental se détériore rapidement et dont la santé vacille bien avant qu'elle ne meure.
Deux jours après être entrée à l'hôtel, Mc Pherson recrache sa nourriture et vomit. Le quatrième jour, elle est couleur cendre et fiévreuse. On la décrit souvent comme violente: elle frappe les visiteurs et les murs.
Elle se souille et hallucine, disant qu'elle est en fait Hubbard. Une note indique qu'elle essaie de sortir de la chambre, mais les avocats de l'église disent qu'on ne l'en a pas empèchée. L'un des avocats - Mme Vaughan - dit plutôt qu'elle était inapte à s'occuper d'elle-même.
Parmi ceux qui ont pris soin de Lisa Mc Pherson, on découvre le Dr Janis Johnson, membre du bureau médical de l'église. Le Dr Johnosn n'est pas habilité à pratiquer en Floride; elle a contresigné un ordre restrictif à ses pratiques alors qu'elle était praticienne, en 1993, en Arizona, ceci après que deux hopitaux aient découvert qu'elle utilisait pour elle des médicaments délivrés sous prescription.
Le 1 Décembre 1995, le Dr Johnson administrait une prescription de médication destinée aux troubles du sommeil et laissait une prescription pour que Mc Pherson reçoive deux litres de liquide à son réveil.
Kennan Dandar, avocat de la succession Mc Pherson, signale que deux litres font une bonne quantité et que cela indique que la patiente avait besoin de soins médicaux immédiats.
"Ils auraient immédiatement dû l'emmener à l'hopital", dit Dandar; "mais au lieu d'y aller, ils l'ont gardée jusqu'à la mort."
Les notes des 2 et 3 décembre disent que Mc Pherson avait pris quelque boisson et qu'elle était parfois cohérente. Les officiels scientologues affirment ne pouvoir trouver les notes concernant les deux derniers jours.
Le 5 Décembre au matin, la condition de Mlle Mc Pherson était si piètre que le Dr Johnson appela à une assistance externe.
Les dossiers disent qu'elle appela vers 19 heures à un scientologue qui travaille à l'Hopital de New Port Richey, à trois quarts d'heures de Clearwater. Le Dr Johnson et un autre membre du personnel emmenèrent Mlle Mc Pherson vers cet hopital, négligeant quatre autres unités hospitalières au passage.
Quand ils y parvinrent, Mlle Mc Pherson n'avait plus de pouls, ainsi que le démontrent les dossiers de l'hopital. Elle fut déclarée morte au bout de 20 minutes d'efforts de réanimation.
"Elle était tout simplement maigre, sale, et pas soignée," a dit l'infirmière des urgences faisant partie de l'équipe de réanimation.
S'agissant d'un décès impromptu, une autopsie fut demandée; on sut que Mlle Mc Pherson pesait alors 53 Kgs pour près d'un mètre quatre-vingts; elle portait des traces de morsureset des bleus sur les mains et les bras. On sut ensuite qu'une thrombose dans l'artère pulmonaire gauche - un caillot - avait provoqué sa mort.
Un repos alité et une grave déshydratation
provoquent des caillots, dit l'autopsie. Une enquète de police fut
alors normalement ouverte.
Elle ajouta que Mlle Mc Pherson était inconsciente depuis 24 à 48 heures, et que les morsures des avant-bras pouvaient être dues à des cafards. "C'est le cas de déshydratation le plus sévère que j'aie jamais rencontré", confiait-elle.
L'église a loué les services de ses propres experts médicaux. Ses principaux avocats dans l'affaire criminelle, Mes Vaughan et Lee Fugate, ont répondu, lors d'un interview, que ces experts n'étaient pas d'accord avec le Dr Wood; ils ont refusé toutefois de les identifier.
Ils ont également signalé que le pathologiste du Comté qui avait accompli l'autopsie n'était pas d'accord avec le Dr Wood et que les avocats contestaient les estimations de poids faites par les auxilliaires médicaux (lorsque Mlle Mc Pherson pesait environ 70 Kg, au lendemain de l'accident).
"Un scientologue peut refuser le traîtement psychiatrique et se faire guérir selon ses propres croyances religieuses", dit Me Vaughan; "et bien que ce ne soit guère compréhensible par quelqu'un qui n'est pas scientologue, ceci est partie intégrante de sa foi, de ses habitudes. Une fois les témoignages compétents exposés, il ne restera ici qu'une jeune femme morte accidentellement d'embolie pulmonaire."
La famille Mc Pherson a déposé plainte en Février pour mort suspecte, de la part de la succession Mc Pherson. La plainte énonce ceci: Mlle Mc Pherson était détenue contre sa volonté et elle est morte après être entrée en coma.
C'est vers cette période que la Police de Clearwater a accéléré l'enquète. Au cours des dix derniers mois, les inspecteurs ont interviewé des douzaines de scientologues et d'experts extérieurs à l'église.
Les officiels de l'église ont décliné toute discussion quant à leurs propres découvertes; leurs résultats seront probablement transmis au Juge d'Instruction ce mois-ci.
Le Procureur d'Etat Bernie Mc Cabe, procureur général du Comté, décidera s'il y a lieu d'entreprendre des poursuites criminelles. Avant de rendre sa décision, Mc Cabe a annoncé, lors d'un entretien, qu'il entreprendrait à titre inhabituel de faire présenter aux avocats scientologues les résultats de leurs investigations, incluant les analyses de plusieurs spécialistes de médecine post-mortem.
"Arrive-t'il souvent que des avocats présentent leurs preuves avant que des charges ne soient confirmées? Non, a-t'il dit; mais rater l'occasion de se faire présenter des évidences de la défense avant de prendre une telle décision serait stupide."
Au Texas, Dell Liebreich attend impatiemment la décision de Mc Cabe.
C'est elle qui a repris le procès, la maman de Lisa Mc Pherson étant décédée d'un cancer en cours d'année. Ken Dandar, son avocat, lui dit que la décision de poursuites criminelles ou pas n'affectera pas le procès civil, mais Madame Liebreich aimrait que des gens soient tenus pour responsables du décès de sa nièce. "Ils l'ont tuée, et nous ne tenons pas à ce que cela se reproduise avec une autre, " a-t'elle déclaré.
(Voir ici la réponse de l'avocat elliot abelson, seïde des troupes scientologues)