Note du traducteur: comme vous pourrez le constater à la lecture de ce texte, ces mêmes personnages
qui nient l'existence de techniques de lavage de cerveau au sein des sectes vous en font subir une des formes:
la désinformation et le mensonge. Ce texte pourrait aussi être intitulé: "trahisons universitaires".
Trad: Roger Gonnet
Ce domaine n'est pas évident: chercheurs et universitaires de sociologie et
psychologie y tiennent des positions diverses à propos des manipulations mentales de ces "Nouveaux
Mouvements Religieux". [NMR sera ensuite utilisé]
Certains nient en bloc, d'autres prétendent le contraire, et d'autres encore
naviguent entre les deux positions, tantôt plus d'un côté, tantôt plus de l'autre.
Ces différends dépendent de bon nombre d'éléments dont
le plus sensible est l'orientation théorique de l'universitaire - psychologue ou sociologue - qui ne peut
éviter d'avoir ses propres opinions. Lorsque comme ici, la recherche est loin d'être achevée,
la dépendance des chercheurs par rapport à leurs opinions est plus grande encore. Il est nécessaire
d'approfondir l'étude du phénomène afin de passer au delà des effets controversés
de ces matières.
Ce qui nuit le plus à l'équilibre de cette recherche dans les domaines
psychologiques et sociologiques de la religion est la division regrettable des universitaires en deux camps adverses.
Certains se comportent soit comme des tribunaux symboliques où les NMR sont jugés, soit comme
des tribunaux où juger de la liberté religieuse. Dans ces tribunaux hypothétiques, les universitaires
jouent leur rôle d'avocats de la défense ou d'avocats généraux plutôt que de faire
leur travail qui consisterait à enquèter et émettre des hypothèses destinées
à être vérifiées par l'expérimentation.
Lorsque nous avons commencé à observer les positions pour tenter de comprendre
la situation actuelle de la recherche dans ce domaine des théories sur le contrôle mental appliqué
aux NMR, nous tombâmes par hasard sur certains énoncés prétendant que l'affaire était
déjà entendue et qu'aucune recherche n'était plus utile.
Considérant la nature complexe du sujet, ces textes eurent beaucoup d'effet sur nous,
du fait qu'ils émanaient d'universitaires connus comme "experts" du domaine de NMR en Italie.
C'est ainsi que nous apprîmes que le "dernier mot" avait été
proféré par l'une des plus prestigieuses associations professionnelles du monde: l'Association
Psychologique Américaine (A.P.A.), possédant quelques 150000 membres et réprésentant
toute la profession. Cette déclaration était supposée avoir été faite en mai
1987.
Voici ce que M. Massimo Introvigne, apologiste des sectes bien connu [ayant entre autres
témoigné au procès de la scientologie à Lyon] avait à dire dans un article du
2 janvier 1997 au titre de "Ma il cattolico non va a la setta...": "en 1987, l'APA avait officiellement
déclaré que les 'théories de lavage de cerveau' des première et seconde générations
appliquées au NMR, n'étaient pas scientifiques et que les tribunaux US les avaient toujours rejetées
depuis..." [les auteurs rappellent en divers autres endroits où ces mêmes assertions sont
apparues par le même auteur: dans le texte contrant la rapport parlementaire belge sur les sectes; lors d'une
conférence au Club National de la Presse donnée le 1er janvier 1997; dans la présentation
d'une conférence donnée à San Francisco le 23 Novembre 1997. Par ailleurs, un second membre
du CESNUR , Pier Luigi Zuccatelli, a rapporté la même chose dans "Il Messagero di San Antonio"
de Février 97, sous le titre: "Scientologie, Religion et Gnosticisme", où l'auteur
affirmait que "le crime de plagio ( "persuasion indue") n'existait plus, et que la seule idée
de le faire revivre était à peine imaginable".
Lors d'un programme radio nommé "lavori in corso" du 9 décembre 97,
Introvigne dit très exactement: "Je ne pense pas qu'on doive parler ici de "piagio" (influence
indue) que notre Cour Constitutionnelle a déclarée inexistante en 1981, ni de lavage de cerveau,
que l'APA a également déclarée inexistante en 1987". Dans ce cas précis, il
clame que l'APA est arrivée à une conclusion définitive selon laquelle non seulement les théories
de lavage de cerveau manquent d'élements lui assurant une valeur scientifique, mais que de surcroît,
ces théories ont trait à un phénomène inexistant.
Lors de sa dernière performance, le" professeur" a dit, durant la 7e édition
tranmise par Telenova et teletransalpina, que les mots "sectes" et "lavage de cerveau"
ou "contrôle mental" sont typiques de mouvements anti-sectaires, supposés les employer comme
bâtons pour frapper les minorités religieuses, et uniquement destinés à exprimer l'intolérance
religieuse.
Nous pourrions ainsi continuer fort longtemps avec des citations et exemples de conférences ou programmes
où diverses affirmations de ce type furent faites.
La position des "experts" italiens est partagée par d'autres universitaires italiens ou étrangers.
Il s'agit d'un courant psychologique et sociologique opposant différents points de vue, et incluant d'autres
universitaires qui ne nient pas l'existence de formes de conditionnement au sein de certains mouvements religieux,
à des degrés divers et au moyen de méthodes différentes, selon les cas. Ce qui fait
accepter au lecteur ou au spectateur ces théories n'est autre que la représentativité
énorme dont dispose une association aussi sérieuse que l'APA: c'est normal de penser que si elle
s'est prononcée sur le sujet en le déclarant non scientifique, le sujet n'est pas sérieux
et doit être rejeté.
Le bon sens et l'expérience de ce domaine nous ont cependant conduits à émettre quelques
doutes quant à ces certitudes absolues, surtout acquises dans un domaine aussi complexe et controversé
que peut l'être la psychologie, au sein duquel certaines certitudes sont réellement délicates,
si bien que nous nous sommes demandés ce qu'avait bien pu dire le fameux document de l'APA.
Nous avons donc entamé une longue et délicate recherche d'un document qui aurait dû être
accessible à tout à chacun, en particulier à ceux qui le citent sur leur propre site Web.
Nous avons donc explicitement demandé au CESNUR (qui prétend disposer d'une bilbliothèque
de 10000 ouvrages), une copie du document. Inexplicablement, ils nous ont réexpédiés vers
l'homologue américain d'Introvigne, Gordon Melton; nous l'avons contacté à de nombreuses reprises
par courrier électronique, mais il n'a jamais expédié le document en dépit de sa promesse
de nous le faxer.
Nous avons alors décidé de nous adresser à la source du papier en question, et contacté
par e-mail plusieurs membres de l'APA, dont des chefs de départements, en demandant une copie du document.
On nous a dit qu'il n'était pas aisé à trouver. Nous avons été étonnés
de constater que ces gens ne puissent le localiser, alors qu'il s'agissait d'un document certes mineur, mais tellement
important du fait qu'il décidait de l'avenir d'un sujet scientifique. Rendons grâce à
l'aide admirable apportée par les membres et cadres de l'association, qui nous ont expédié
une masse de bibliographie sur le "contrôle mental" au sein des NMR.
Cette assistance, jointe à l'aide reçue du Dr Langone de l'A.F.F (Fondation Familiale Américaine)
et du Dr B. Zablocki, qui a publié un article dans Nova Religio, sur "la Mise à l'index d'un
Concept et l'histoire étrange de la conjecture sur le Lavage de Cerveau en sociologie des religions",
nous ont permis d'améliorer nos connaissances du sujet et de clarifier plusieurs aspects laissés
dans l'ombre.
En premier lieu, il faut connaître l'historique d'un tel document pour pouvoir en saisir
la portée. La Cour Suprème des USA avait demandé à l'APA de prendre position sur la
question de la fiabilité scientifique des théories portant sur le "contrôle mental"
appliqué aux NMR.
C'est ainsi que le Professeur Margaret Singer fut nommée par l'APA en 1984 présidente
de la DIMPAC, c'est à dire "Force de Travail sur les Méthodes trompeuses et indirectes de Persuasion
et de Contrôle", afin d'enquèter sur cette question et quelques autres.
Ce comité d'étude nommé par l'APA prépara un rapport qui fut bel et bien rejeté
par un mémorandum le 11 mai 1987 par le Bureau de Responsabilité Sociale et Ethique de la Psychologie"
(BSERP) - lequel n'existe plus.
Nous avons pu finalement dénicher ce rapport sur Internet au bout de deux mois, via
fax venant des USA. Nous pouvons dès lors éclaircir certains points essentiels:
La réalité différe donc largement de ce qu'on nous avait dit:
l'APA n'a jamais tranché officiellement et clairement sur ces théories de contrôle appliquées
au domaine des NMR. Elle a pris une position d'attente en rejetant la position des deux camps oposés, l'information
ne suffit pas, la recherche et les hypothèses de recherche scientifiques ne sont pas assez validées,
si bien qu'aucune réponse scientifique n'est donnée sur cette question.
Le plus triste de l'histoire est que l'APA a clairement demandé aux théoriciens
du "contrôle mental" de signaler qu'elle ne partageait pas d'opinions. Mais ils ne pensaient pas
que ce court mémo , relativement inimportant, pourrait être manipulé par d'autres, c'est à
dire par ceux qui rejettent à priori l'existence de la manipulation mentale au sein des Nouveaux
Mouvements religieux. Ceux-ci en ont fait un fanion de ralliement en ne citant qu'une partie d'un document qui,
bien que peu important - méritait d'être intégralement cité. Toute personne se
considérant un expert documenté de ce domaine devrait être conscience de ce fait.
Cependant, l'information n'est plus désormais l'apanage de rares "universitaires".
Grand merci à la Presse écrite, et à Internet désormais, l'info est sortie des fourrés
impénétrables et voyage désormais dans le monde entier en un temps négligeable. Cette
information signifie la fin de la chape de complicité silencieuse envers les sectes et la révélation
de nombre de leurs "secrets".
Dans le domaine scientifique, merci aussi à l'e-mail, aux listes de mailing
etc: l'age du monopole de l'information est désormais dépassé, l'info est accessible à
tous, une fois la barrière des langues surmontée.
Aujourd'hui, la motivation, la patience et la volonté permettront "d'enquèter"
- comme nous le fîmes - sur toute sorte de sujets.
Dans notre "village virtuel", ce ne sera plus la "parole d'un expert",
mais les documents qui feront la différence!
ALBERTO AMITRANI et RAFFAELLA DI MARZIO
Copyright © 1998 -
la reproduction partielle ou complète est interdite sans le consentement des auteurs.
SITE DES AUTEURS (italien et anglais):
http://www.geocities.com/Athens/Olympus/8393/index.html
American
Psychological
Association
11 mai1987
MEMORANDUM
A : Members of the Task Force on Deceptive and Indirect Methods of
Persuasion and Control (DIMPAC)
DE: Board of Social and Ethical Responsibility for Psychology (BSERP)
SUJET : Final Report of the Task Force
Le BSERP remercie la force de travail sur les méthodes trompeuses et indirectes de persuasion et de
contrôle pour leur tâche, mais n'est pas en mesure d'accepter le rapport qu'elle a présenté.
En général, le rapport manque de rigueur scientifique et de l'approche critique impartiale nécessaire
à l'obtention d'un imprimatur de l'APA.
Le rapport fut soigneusement examiné par deux experts extérieurs et deux membres du Conseil.
Ils se sont indépendemment prononcés sur des déficiences significatives du rapport. Leurs
rapports sont joints pour information.
Le Conseil demande aux membres de la Force de Travail de ne pas utiliser leur nomination par
l'APA pour induire à croire que le BSERP ou l'APA supportent ou approuvent les positions prises dans
le rapport. Le BSERP demande à la Force de Travail de ne pas publier ou distribuer le rapport sans indiquer
qu'il était inacceptable pour le Conseil.
Finalement, après bien des réflexions, le BSERP ne croit pas disposer d'informations suffisantes
pour le guider vers une prise de position sur ce sujet.
Le Conseil apprécie la difficulté qu'il avait à produire un rapport pour un domaine
aussi complexe et controversé, et remercie de nouveau les membres de la Force de Travail pour leurs efforts.
(Pièces jointes)
4200 Seventeenth St. N.W.
Washington, D.C. 20036
(202) 955-7600
Voici nos commentaires à propos de l'article du 22 Avril 1998 de CESNUR, intitulé "Carta
canta e villan dorme".
Tout d'abord, les "accusations graves" mentionnées dans
l'article (italien) n'ont pas trait aux opinions de M. Introvigne, de P. Zoccatelli ou Gordon Melton
- ce dernier n'étant mentionné qu'en raison de sa promesse non tenue (ses mails des 4 Janvier et
8 Février) de nous expédier le fax contenant le document ci-dessus au sujet du "contrôle
mental". Si ces auteurs nient l'existence de "contrôle mental" au sein des NMR, ils sont libres
de le faire, et chacun est libre d'exprimer et promouvoir son point de vue. [Nota: si vous désirez savoir
ce que le traducteur pense de CESNUR - INTROVIGNE...]
Quant à avoir mis le mot "experts" entre guillemets, nous n'avions pas l'intention de blesser
et demandons à être excusés pour ce malentendu. [note
du traducteur: en ce qui me concerne, je tiens à réaffirmer que je ne fais aucun cas de blesser ou
vexer des gens qui défendent les sectes de façon malhonnète, en ignorant délibérément
la moitié des témoignages vécus d'anciens de ces "NMR" et je me refuse par ailleurs
totalement à accepter l'idée que certains de ces mouvements aient quoi que ce soit de religieux:
mon ouvrage "LA SECTE - Secte armée pour la guerre" paru en novembre 98 ajoutera cent preuves
de l'inexistence de caractères réellement religieux en scientologie en tout cas]. Nous nous sommes servis de ces guillemets en raison de l'interprétation du mémo
du comité DIMPAC précité, car les auteurs que nous citions ne se sont pas comportés
en experts puisqu'ils ont naïvement agi - quelqu'un finira toujours par contrôler les sources - des
experts usent de l'ensemble d'une source qu'ils citent.
Lorsque l'auteur "anonyme" de l'article CESNUR en cause parle "de vulgaires attaques personnelles"
durant un programme radio, nous ignorons de quoi il parle - s'il s'agit par exemple de Radio Maria le 23 Mars 98,
auquel Raffaela di Marzio participa aussi, nous suggérons que CESNUR écoute un peu mieux l'enregistrement,
car Di Marzio n'y a mené aucune attaque personnelle. Nous ignorons aussi ce qu'il nomme des "incivilités
écrites" ou qui sont les "gens souffrant de problèmes psychologiques personnels" -
s'il s'agit de nous, nous complimentons ici l'auteur anonyme: il a manifestement découvert une nouvelle
technique de diagnostic à distance des difficultés psychologiques!) . Peut-être l'auteur a-t'il
confondu, en relisant, les expressions "ennuyeux à mourir", ""épigones [philosophes
de seconde génération] improvisés": ces attaques personnelles vulgaires n'étaient
pas de notre fait, mais de l'auteur anonyme!
Ce n'est pas à nous de répondre à l'affirmation que "le CESNUR a évité
jusque là de s'en prendre au GRIS" (Groupe de recherche et d'information sur les sectes) et "les
gens de l'environnement du GRIS glissent peu à peu en direction de positions anti-sectaires".
Par ailleurs, l'allégation disant que "nous aurions désormais obtenu notre permis de conduire
anti-sectes" (qu'il voudrait nous reprendre) confirme ce que nous disions dans notre article: l'atmosphère
aggressive et intolérante d'un certaine "monde académique" en la matière n'aide
certes pas à parvenir à une recherche équilibrée. Dans ces conditions, sans même
avoir parlé du sujet du contrôle mental et en nous référant seulement au contenu d'un
document précis, nous avons été étiquetés anti-sectaires primaires. Quiconque
le prétendant fait montre d'un faible esprit d'observation et croit obligatoire de s'en prendre ad persona
à ceux qui soutiennent que de telles techniques de manipulation mentale peuvent exister dans certains groupes.
Ces techniques peuvent faire du tort psychologiquement, mentalement et matériellement à des gens.
Les gens qui pensent ceci croient impossible de réconcilier le fait que la notion de manipulation mentale
puisse exister dans certains groupes avec la notion de tolérance religieuse: ce n'est pas notre avis. Nous
avons le plus grand respect pour la liberté religieuse et sommes croyants. Cela n'inclut pas que nous tolérions
aussi les violations des droits de l'homme au sein de certaines organisations se disant religieuses. Nous ne pouvons
ignorer ce fait et sommes en devoir de le dénoncer. Si nous ne le faisions pas, nous serions complices et
coupables d'omission grave.
L'accusation de glissement vers un sectarisme primaire est-elle basée sur quelque objection précise
et documentée? Non.
Nous sommes heureux de l'usage qui fut fait du terme "épigones", mot signifiant 'descendants
et adeptes" qui provient des sept héros qui assiégèrent Thèbes, au sein de la
mythologie grecque. Après la mort de leurs pères, ils repartirent à l'attaque et détruisirent
la cité. Nous acceptons donc cette définition sans pour autant y inclure le mot "assaut".
Nous ne sommes contre personne et n'avons l'intention de conquérir aucune ville: nos positions sont en toute
circonstance favorables à l'être humain, et non ennemies de quiconque.
Nous ne reviendrons pas non plus sur la référence hors contexte au texte du Dr. Zablocki "la
Mise à l'index d'un Concept et l'histoire étrange de la conjecture sur le Lavage de Cerveau en sociologie
des religions" auquel l'auteur anonyme attribue n'importe quoi, sans pour autant respecter les idées
de l'auteur. Le Professeur Zablocki n'a aucun besoin de défenseurs: nous lui laissons le soin de se
parer contre toute interprétation abusive. Philip Lucas, l'éditeur général de Nova
Religio, Université de Stetson, est quelqu'un de sensé et respectueux du débat scientifique;
il espère, nous a-t'il dit, que sa revue deviendra un lieu de dialogue plus constructif entre les positions
opposées.
Nous ne sommes néanmoins pas convaincus que le Prof. Zablocki soit l'un des quatre universitaires sur
mille en matière de sciences sociales des religions qui soutienne l'idée du lavage de cerveau..."
D'où sort cette donnée?
Le CESNUR aurait-il publié un document où chaque spécialiste de ce domaine aurait été
prié d'exprimer ses opinions d'auteur à ce sujet?
Quoi qu'il en soit, divers universitaires sérieux étudient ce domaine de la réforme de
la pensée au sein des NMR: que quelqu'un cherche à nier la virulence présente dans ce domaine
signifie seulement qu'il cherche à en éviter la discussion. C'est une chose que dire "je ne
suis pas d'accord avec vous" et une autre que prétendre "vos idées n'existent pas, vous
non plus". Il apparaît que l'auteur anonyme considère comme seuls "vrais universitaires"
ceux qui appartiennent à son clan de pensée: c'est simplement irréaliste. Des preuves peuvent
être découvertes sur le fait que divers psychologues, psychiatres, sociologues ne sont ni entièrement
opposés, ni entièrement convaincus de l'existence des manipulations mentales au sein des NMR: qu'ils
soient donc invités à discuter du sujet ensemble où à écrire dans des publications
scientifiques - par exemple celles de l'APA.
Nous ne sommes donc pas prèts à avaliser la déclaration du fait que "la thèse
de lavage de cerveau appliquée aux NMR est un mythe..." Peut-être est-ce vrai dans certains cas,
mais nul ne peut l'affirmer péremptoirement en prétendant représenter tous les psychologues
ou universitaires du monde entier.
Nous sommes conscients du fait que la théorie du lavage de cerveau telle que formulée à
l'origine ne peut s'appliquer aux NMR. La contrainte physique ne peut être comparée aux contraintes
psychologiques et aucune accusation générale d'usage de telles techniques ne devrait être jetée
au visage de ces groupes [le traducteur ne partage pas tout à fait cette opinion: il est incontestable
que les méthodes de certaines sectes dépassent notoirement la seule contrainte psychologique et qu'elles
ont été prouvées, en particulier dans ce document du Pr. Stephen A.Kent
-Prendre aussi les autres fichiers 2 et 3].
Nous connaissons la théorie modérée du Professeur Zablocki et la trouvons intéressante
, de la même manière que nous apprécions les théories des Prof. Margaret SINGER et R.
OFSHE, bien qu'elles semblent partiellement affectées par la virulence présente dans le sujet lors
de la date de présentation. Quant à l'absence supposée de valeur des théories modérées
de M. Zablocki, nous conseillons au lecteur de se procurer la revue Nova Religion...
Mais revenons à l'objet principal: l'article CESNUR rejette l'accusation d'avoir mal cité le mémo
de la DIMPAC; puisqu'une telle affirmation ne peut être soutenue sans se référer au mémo
lui-même, finalement accessible sur le site GRIS, et ensuite sur celui de la CESNUR, l'auteur anonyme a préféré
changer de sujet et déraper. Si un étudiant ne respecte pas le sujet de la composition qu'on lui
demande, il obtient une mauvaise note. Nous croyons que le CESNUR est hors-sujet dans cet article. L'auteur ne
répond en fait à aucune de nos objections documentées, car il n'aurait pu dire qu'une seule
chose: "vous avez raison".
Comment échappe-t'il derrière son rideau de fumée?
Il amène quelques phrases de tribunaux américains: "...Malheureusement pour Amitrani &
Di Marzio, la signification de ce document de l'APA a été jugée en Cour de justice américaine".
C'est faux! comment un tribunal pourrait-il être le lieu où juger de faits scientifiques ou pas? Nous
pourrions dès lors fermer les universités et nous adressser aux tribunaux pour savoir quelles sont
les derniers faits scientifiques acceptables. Pourquoi établir des centres de recherches? Les tribunaux
seraient bien moins coûteux. Notre correspondant anonyme confond manifestement science et jurisprudence.
Nous connaissions les cas Molko et Fishmann. Nous ne les avons pas mentionnés puisqu'ils n'ont rien à
voir avec le coeur de l'affaire. Mais puisque l'auteur anonyme en parle, clarifions certains points. Il est
exact que cette affaire "a chaudement discuté du mémorandum de l'APA et de sa prise générale
de position en 1987." C'est un fait que la barre avait été très haut placée et
que le problème avait été "analysé des mois durant". Mais cela ne change
en rien ce que nous avons dit, bien au contraire. Le mémo indique simplement que les théories en
question ne sont pas scientifiques. Quel besoin de discuter des mois sur le mémo lui-même? Toutes
ces difficultés sont nées du seul fait que le mémo n'était pas un document tranchant
la question du contrôle mental et la laissant donc ouverte aux spéculations et recherches.
Le cas Fishman doit être replacé dans son contexte; le juge Jensen a dû exprimer son opinion
sur la possibilité d'accepter un témoignage de deux universitaires disant "qu'il n'avait pas
été responsable de ses actes au moment de l'action".
Ce verdict n'implique pas de validation ou invalidation des théories scientifiques en jeu. Pour en donner
une image plus complète, citons la phrase n'apparaissant pas lors de la citation :" Bien que les dossiers
de la Cour soient emplis de déclarations, affidavits, et lettres de psychologues ou sociologues réputés
concourant à faire admettre les théories de contrôle mental des Dr Singer et Ofshe, le gouvernement
a soumis un nombre équivalent de déclarations, affidavits et lettres de psychologues et sociologues
réputés qui s'opposent à la même théorie".
Le juge continue ensuite en parlant de l'APA et finit en disant: "Au mieux, l'évidence montre que psychologues,
psychiatres et sociologues ne sont pas d'accord sur le fait qu'il existe un consensus quant aux thèses de
Singer et Ofshe. La Cour exclut dès lors les témoignages proférés."
En présence d'une telle situation, le Juge Jensen ne pouvait qu'agir à la façon du Roi
Salomon.
Le juge Mosk de la Cour Suprème de Californie dit aussi, dans l'affaire "Molko & Leal contre
Spirit Association", qu'après avoir noté que certains témoignages d'universitaires étaient
favorables et d'autres opposés à la théorie de "contrôle mental", il n'était
pas nécessaire de résoudre cette controverse. En d'autres termes, le juge était conscient
que sa tâche ne consistait pas à juger de la correction scientifique d'une position, mais seulement
de remettre son verdict dans cette affaire.
La décision du Juge Jensen dans le cas Fishman fut prise dans une atmosphère de grande incertitude.
Il a donné son verdict parce que d'autres facteurs étaient à prendre en compte. Nous ne qualifierions
certes pas de "paquet de menteurs" les témoins experts ni le juge de "juge" entre guillemets.
Ces gens ont fait leur tâche et nous savons que des jugements sont parfois renversés ou que des innocents
peuvent être condamnés, souvent en raison de fautes inintentionnelles. Les juges ne sont pas Dieu:
acceptons leur faillibilité, comme pour tout autre être humain.
Ces phrases ne changent pas notre point de vue. Mais l'auteur de l'article anonyme de CESNUR ne nous sortira
plus du jeu en se contentant de citer de grands noms en référence. Même en s'exprimant en latin,
il ne pourrait modifier ce que nous disons du Memo.
Les mêmes mots du juge indiquent aussi l'atmosphère des procès en question : ce n'était
pas des plus serein. La fait qu'aussi bien l'APA que l'ASA aient d'abord présenté la lettre AMICUS
(niant complètement l'existence de contrôle mental) à la Cour Suprème, puis qu'ils
l'aient retirée, montre nettement que ce document ne reflétait pas les opinions de tous les
universitaires des deux organisations. On dirait plutôt une manoeuvre (comme celle de notre auteur anonyme)
destinée à clore le dossier au plus vite.
Signe positif du retour à un débat plus sain et vers une certaine bonne volonté d'aller
de l'avant dans ce dossier, une décision de la SSSR (Société pour l'étude scientifique
de la religion) lue lors d'une réunion de novembre 1990: "L'association considère que
la recherche est insuffisante en l'état pour autoriser des scientifiques responsables de parvenir à
atteindre un consensus sur la nature et les effets de la coercition et du contrôle non physiques. Elle affirme
donc qu'on ne doit pas automatiquement faire équivaloir les techniques impliquées dans le processus
coercitif non physique avec celles impliquant le physique. Après cette revue des connaissances actuelles,
une recherche supplémentaire est nécessaire pour aboutir à un consensus universitaire à
ce propos."
Dernière observation : dans notre réponse, nous aurions préféré répondre
à des gens réels au lieu de répondre à un anonyme: nous sommes des gens réels.
Cela aurait été plus respectueux pour des gens qui ,"même s'ils ne sont pas de experts
célèbres dans le monde entier", sont quand-même des êtres humains et ont des compétences
pour répondre dans ce genre de domaine. Il n'est pas nécessaire d'être Goliath pour parvenir
à ses buts; cela peut même s'avérer désastreux...
Si cette discussion a dégénéré, (seul point de l'article CESNUR sur lequel nous
serions d'accord) qu'on ne nous l'attribue pas. Nous suggérons respectueusement que dans l'avenir les compétences
soient utilisées non plus à des discussions stériles, mais à construire.
Ceci nous permettra de travailler davantage avec les gens, qui demeurent la raison ultime de nos soucis et activités.
Que l'auteur anonyme de CESNUR use donc de son énergie pour un dialogue meilleur et plus serein, même
en face de positions différant de la sienne.
ALBERTO AMITRANI e RAFFAELLA DI MARZIO
VOIR AUSSI LES DEUX TEXTES QUE VOICI SUR LES AFFILIATIONS DU CESNUR ET LES MALHONNETETES DE M. INTROVIGNE.