BOSTON GLOBE, 31 mai 1983
Des membres ayant quitté la secte l'accusent de "sales coups" à Boston
Ben Bradlee Jr. / Globe Staff
Robert Dardano et Warren Friske furent des membres de la mission de Boston de l'église
de scientologie vers 1975. Ils disent avoir alors été recrutés pour se joindre à un
autre groupe de membres de l'église ayant pour objectif de perpétrer de sales coups contre des critiques
et autres ennemis de l'église dans la région.
Les activités du groupe comprenaient effraction, vol de documents, harrassement et fausses déclarations,
d'après les témoignages de Dardano en Floride l'année passée et ses affidavits ainsi
que ceux de Friske dans un procès à la Cour Supérieure de Suffolk et à la Cour de District
US de Boston.
Lors d'entretiens séparés avec le Globe, Dardano et Friske, tous deux assistants de l'avocat Michael
Flynn dans ses quelques trois douzaines de plaintes d'anciens scientologues américains contre la scientologie,
ont amplifié leurs témoignages. Ils expliquent que leurs efforts faisaient partie d'une campagne
nationale de l'église, destinée à obtenir des preuves incriminantes sur ses critiques, et
pour rassembler des renseignements au sujet des autorités judiciaires et des médias, considérés
comme menaçant l'église.
Les chefs de l'église de scientologie de Boston ont refusé d'être interviewés au sujet
des affirmations soulevées au cours de ces entretiens et documents.
Via son avocat Harvey A. Silverglate, l'église a écrit dans un courrier au Globe qu'elle enquète
pour vérifier la véracité des accusations de Dardano et Friske afin de déterminer si
elles sont exactes et quel rôle éventuel l'église aurait pu jouer dans leurs activités.
Mais Silverglate explique que jusque là, les recherches de l'église prouvent clairement que Dardano
et Frsike agissaient sans autorisation de l'église et en opposition à ses règles internes.
Silvergate a écrit que si les autorités enquètaient et confirmaient les allégations,
"l'église se tenait prète à coopérer avec elles pour faire respecter la loi".
Dardano habite Dorchester; il a 32 ans, fut membre de l'église de 1972 à 1975 et passa une partie
de cette période au Renseignement et aux "sales coups". Friske, membre de 1972 à 1982,
dit qu'il était chef de la sécurité intérieure de l'église de Boston, et qu'il
avait la responsabilité des dossiers les plus sensibles. Il a 35 ans maintenant et habite Lynn.
Les entretiens, témoignages sous serment et dépositions de Dardano et Friske ou d'autres pièces
impliquant aussi d'autres personnes impliquées en raison de l'église comprennent:
o cambriolage d'un psychiatre de Belmont en 75, pour voler les dossiers d'un de ses patients
ayant écrit un ouvrage fortement critique de la secte
o Vol de documents fin 74 dans un cabinet d'avocats de Boston, la firme Bingham, Dana et Gould, avocats du Boston
Globe, ceci pour parvenir à influer sur la préparation d'un article du magazine du dimanche au sujet
de l'église.
o Vol et destruction systématique d'ouvrages critiques de l'église dans des bibliothèques
de Nouvelle Angleterre.
o Infiltration d'un volontaire de l'église dans l'office de l'attorney general
[le ministre de la justice aux US, ndw] de l'état, afin de subtiliser les plaintes
sur la scientologie. Ils disaient que le volontaire avait aussi usé de sa position pour appeler d'autres
agences judiciaires du pays, afin qu'elles effacent des informations qu'elles possédaient sur l'église.
En outre, d'après des documents scioentologues et des entretiens avec Friske et Dardano, certains membres
de l'église étaient également impliqués dans une campagne destinée à
discréditer un membre de la Faculté de Médecine de Harvard, le psychiatre John Clark Jr, lequel
avait conduit de vastes études sur les sectes et fréquemment discuté contre la scientologie.
Bien que l'église de Boston ait refusé l'entretien du Globe, sa présidente, la Rde Maureen
Nagles, a dit dans un courrier au journal qu'elle "était absolument opposée à toute croyance
ou règle ancienne de l'église consistant à s'impliquer dans toute action illégale".
Se référant à Dardano et Friske, Nagles ajouta: "Ces deux-là ont omis de vous
dire ce que font les autres membres de l'église tandis qu'eux-mêmes accomplissaient leurs activités
illégales. L'activité courante des autres? conseiller les paroissiens, fournir des cours aux ministres
de l'église pour leur vie de chaque jour, et aider nombre de projets communautaires dans le monde."
L'essentiel des affirmations de Dardano fut communiqué à l'office de l'Attorney general en novembre 1980, après que Dardano ait donné
une déclaration à Flynn, l'avocat bostonien défenseur des intérêts des 32 personnes
attaquant la secte. Cependant, d'après Stephen Delinski, l'ex-patron de la division criminelle de l'office
de l'AG, l'agence a pris la décision de ne pas lancer le procès, en partie à cause du délai
de prescription presque atteint (six ans ici).
Delinski expliqua aussi qu'il croyait que Flynn se servait d'un procès possible contre les scientologues
afin d'aider son propre procès. "Je pense que ce n'était pas l'usage convenable du système
pénal, j'étais mal à l'aise, " a expliqué Delinski, revenu depuis au privé.
Flynn a nié ces intentions égoïstes et expliqué que l'attorney general est responsable
de la poursuite des crimes, quels qu'en soient les bénéficiaires ensuite.
Dardano a expliqué que c'est en 74-75 qu'il a exercé son rôle dans
les mauvais coups, juste avant de quitter l'église. Friske explqiue cependant qu'il était très
engagé dans une campagne de harcèlement contre Clark en 1981, et qu'une autre contre Flynn était
en cours lorsqu'il a quitté l'église l'an passé [en 1982].
D'après des documents de l'église saisis par le FBI et les déclarations
sous serment, les activités étaient coordonnées en une campagne engagée au niveau national
par l'église pour combattre les critiques de ses opérations. Alors que les affirmations de Dardano
et Friske touchent la région de Boston, neuf des hauts dignitaires de l'église, dont la femme de
Hubbard, ont signé en 1979 un document indiquant leurs activités criminelles, durant 4 ans vers le
milieu des années 70, activités entreprises à l'encontre de plusieurs agences fédérales
de Washington ayant enquèté sur l'église.
La "stipulation d'évidence"[voir définition
en fin de paragraphe] de 282 pages [texte de la stipulation en anglais ici] annonçait entre autres que
parmi les actes accomplis par les membres de l'église il y avait :"espionnage par micros dans la salle
de conférence de l'IRS de l'avocat conseil principal de l'IRS, effraction dans les bureaux de l'IRS, copie
illégale de documents confidentiels du ministère de la Justice, infiltration illégitime de
membres de l'église dans les bureaux du ministère de la justice à Washington. Les neuf accusés
furent condamnés pour divers délits, y compris conspiration destinée à l'obstruction
de la justice, mensonge devant un Grand Jury et vol de documents officiels du gouvernement.
*STIPULATION D'EVIDENCE: en droit américain, il s'agit d'un accord
entre avocats des parties opposées, réglant toute matière touchant au procès ou aux
procédures, et faisant partie de leur prérogatives juridictionnelles. C'est par ce processus de "stipulation"
que les avocats scientologie et anti-scientologie ont par exemple éliminé des "conspirateurs"
ayant de fait participé aux activités illégales de la secte contre Etats-Unis d'Amérique. Pour plus de détails sur ce mot technique, voir en anglais: http://dictionary.law.com/default2.asp
D'après la stipulation du Ministère de la Justice, les opérations washingtoniennes
furent télécommandées depuis le bureau Information [B 1] du Guardian Office [GO, devenu ensuite OSA, ndt] de l'église, qui supervise les décisions
pour l'église. Dans la hiérarchie de l'église, chacune des missions scientologues américaines
est sous les ordres des offices locaux du Guardian, qui coordonne leurs activités avec les QG nationaux
et mondiaux.
En relation avec son enquète sur l'église, le FBI a fait un raid sur les bureaux de Washington et
de Los Angelès en 1977. Parmi les milliers de documents saisis lors des deux raids, il y en avait un du
18 septembre 1973 expliquant les plans "services secrets" de l'église à la Mission de Boston.
Si ces documents ne devoilaient pas de plans de cambriolage, il appelle cependant à des "lieux futurs
d'actions de pénétration" à accomplir dans les agences suivantes: Office de l'attorney
general du Massachussetts, Chambre de Commerce générale de Boston, Gouverneur - office pour les services
humains, et United Fund.
Dans un témoignage sous serment, Dardano disait en 1974 être devenu membre de la "Branche Un"
du GO de Boston, chargée de rassembler les renseignements et de mener des opérations contre des ennemis
désignés de l'église.
Lors de sa première mission, il a dit durant l'entretien qu'il devait diriger un
effort de "collection de données connues [non-secrètes, ndt]" impliquant de superviser
une petite équipe de scientologues recueillant de l'information venant de sources publiques, à propos
de gens et d'agences opposés ou pouvant s'opposer à l'église.
Dardano a expliqué l'an dernier à Clearwater que vers fin 74, il fut nommé chef de la section
pour "recueillir les données cachées", à l'église de Boston. Dans son témoignage
sous serment, il a dit que son superviseur immédiat était William Foster, que lui-même et Foster
faisaient leurs rapports à Deac Finn, alors chef du B1 d GO de Boston. (C'est à Clearwater, Floride,
que se situent les QG de l'église - [ndw: c'était vrai
à l'époque, mais désormais, les QGs sont à Hemet et à LA, Californie, la Floride
et le bateau Freewinds étant des 'positions de repli'])
Lors de l'entretien au Globe et dans la déclaration sous serment, Dardano explique
que ses activités cachées étaient visées par ses superviseurs de l'église, Foster
et Finn, et que l'information et les documents obtenus étaient expédiés au QG national de
Los Angeles.
"Dardano ajoute dans sa déclaration sous serment :"toute l'information
recueillie, les fichiers volés, étaient polycopiés dans des rapports hebdomadaires expédiés
à ma connaissance à l'office du Gardien (GO) mondial dans le Sussex, en Angleterre. [ndt: la secte a acheté deux chateaux au sud de Londres, dans le Sussex)
L'une des actions secrètes , dit Dardano, consista à cambrioler le bureau du Dr Stanley Cath, psychiatre
de Belmont. Cath avait soigné Paulette Cooper, écrivain new-yorkaise ayant écrit "The
Scandal of Scientology" dès 1971, un ouvrage critique de l'église.
Dans son témoignage devant la commission de la cité de Clearwater, Dardano
a expliqué qu'il était l'un des quatre scientologues impliqués dans le cambriolage.
"Il suffisait d'aller jusqu'au cabinet. Certains sortirent du break, entrèrent
dans le cabinet; ils pouvaient passer au-dessus d'un petit mur et entrer, trouver le nom cherché, prendre
le dossier et sortir du bâtiment: pas grand-chose comme sécurité.
Dardano expliqua que l'on conserva les dossiers durant plusieurs semaines dans une maison
louée à Tewkbury, où lui-même et six autres agents du GO de Boston habitaient. Pendant
ce temps-là, les dossiers étaient copiés et "envoyés sur les lignes vers le haut"
au QG de la scientologie à Los Angeles. Ensuite, un autre cambriolage fur organisé au cabinet de
Cath, pour remettre le dossier en place.
D'après un document saisi par le FBI lors du raid de 1977 sur les locaux de l'église à LA
et Washington, un autre cambriolage du cabinet de Cath était prévu en 1976. Le projet, baptisé
"Projet Owl - projet hibou" disait que les dossiers
à prendre comprenaient d'autres matériaux sur Cooper et celui d'un "repenti" scientologue
ayant demandé à être remboursé de l'argent donné à l'église.
Lors d'un interview, le Dr Cath expliqua n'avoir pas eu besoin du dossier, puisqu'en 1975, il
ne traîtait plus Paulette Cooper. Il dit avoir appris le vol seulement lorsque Cooper l'appela et lui expliqua
que des portions de son dossier lui avaient été expédiées anonymement. Il annonça
qu'ensuite, il fut questionné par le FBI: "J'étais indigné, furieux, vraiment furieux",
dit-il. De son côté, Cooper a trois procès contre l'église encore en cours. L'un d'eux
a lieu devant le tribunal de district de Boston, et repose sur les déclarations de Friske et Dardano, ainsi
que sur des documents saisis par le FBI.
Dardano dit que sa première opération cachée pour le compte de l'église eut lieu en
fin 74, au sujet du cabinet Bingham, Dana et Gould, qui représente le Globe. Un journaliste du Globe travaillait
sur un article sur la scientologie pour le magazine Globe du dimanche.
Dardano a dit aux commissaires de Clearwater qu'un membre de l'église, David Grace,
fut en mesure de se faire embaucher comme homme de ménage dans le bâtiment bostonien où logeait
le cabinet d'avocats. Dardano témoigna du fait que chaque jour, Grace vérifiait les dossiers de James
A. Mc Hugh, le principal avocat de l'affaire, pour "interrompre la correspondance entre le Boston Globe et
le cabinet de l'avocat".
Dans un entretien récent avec le Globe, Dardano en dit davantage sur les activités de Grace.
."Il se contentait d'ouvrir le fichier, regardait sous "S", et il y avait "Scientologie".
Il dit ne plus se souvenir si Grace prenait le fichier ou s'il le copiait dans le bureau, mais il se souvient qu'il
le lisait. On n'a pas pu joindre Grace pour commentaires.
Faire embaucher un scientologue comme agent de nettoyage ou garde de sécurité
dans un local où un ennemi perçu de l'église travaille est l'une des tactiques favorites du
Renseignement, d'après les documents saisis à l'église et les entretiens.
Exemple: le document concernant le "projet hibou" proposait qu'un membre de l'église soit placé
comme agent de nettoyage ou gardien dans un bâtiment de la ville afin d'y "obtenir" les dossiers
de John M. Lynch, avocat bostonien repésentant à lépoque un repenti ex-scn désirant
obtenir le remboursement de plus de 30000 dollars donnés à l'église.
En outre, un scientologue bostonien fut engagé par une société
privée de sécurité assurant la garde du bâtiment du Globe, afin d'obtenir de l'information
sur un journaliste qui préparait un article sur l'église.
D'après Friske, une autre des opérations de l'église
de Boston vers la même époque consista à voler les livres anti-scientologie dans les bibliothèques
de Nouvelle -Angleterre. Dans sa déclaration sous serment passée pardevant l'avocat de l'église
Silverglate, Friske déclara que les vols de livres faisaient partie d'un programme national intitulé
"Opération Hydre" afin de purger le pays de la littérature donnant une mauvaise impression
de la scientologie.
Friske expliqua que des "piles" de livres volés étaient cachées
derrière une fausse cloison du QG bostonien de l'église, sis dans l'ancienne école des femmes
Chandler au 448 Beacon Street. En 1977, après le raid du FBI, Friske expliqua que sur ordre de ses supérieurs,
il détruisit les livres, ainsi que des quantités de dossiers sensibles détaillant les opérations
de l'église contre Paulette Cooper et contre d'autres, que l'on avait également cachés derrière
la fausse cloison.
Dans sa déposition auprès de Silverglate, Friske ajoute "Tous les gens du GO étaient
en alerte, et on ne voulait pas se faire prendre avec ces trucs, ... comme les gars .... de DC et de LA."
L'un des documents internes de l'église non signés [ndw:
c'est un fait: les agents des services secrets de la secte ne signent pas leurs ordres de leur nom] saisi par le FBI indique les procédures de sécurité des dossiers des sales coups
de Boston. Il explique que les documents doivent être détruits à la minute où démarre
le raid, ou lorsque l'organisation reçoit un avis de saisie; il explique que les déchirer ne suffit
pas, car on peut réassembler les morceaux. "Le feu, c'est généralement ce qu'il y a de
mieux et de plus pratique", explique le document, et il conseille aux staffs d'avoir à leur disposition
de petites poubelles en métal, de l'essence pour allumer et des allumettes.
Friske explique dans son affidavit qu'après le raid du FBI en 1977, l'église
entreprit diverses étapes destinées à désavouer son implication dans diverses activités
illégales. Un représentant du QG national de LA fut expédié pour diverses missions
dans le pays afin de recueillir des témoignages sous serment de la part des gens impliqués dans ces
activités, dit-il.
Friske explique qu'il a vu plusieurs des témoignages sous serment, et il a indiqué que des membres
de l'église avaient entrepris diverses opérations criminelles de leur propre chef, sans que l'église
le sache ou ne l'approuve, dit-il. "Tout cela était complètement fabriqué". Dardano
dit avoir "normalement" signé un tel témoignage destiné à protéger
l'église, mais Friske a dit ne pas en avoir signé. [ndw:
on se rappellera que cela peut aller plus loin. En France, trois personnes des services secrets de la secte furent
condamnées pour vol du courrier de l'expert auprès les tribunaux Abgrall, à Toulon. Comme
par hasard, hélas tragique en l'occurence, l'un d'eux, Rémy Petit, se suicida quelques jours avant
l'appel du procès.]
Lors de l'interview, Friske a dit avoir été impliqué dans des opérations destinées
à discréditer Clark, le psychiatre professeur de Harvard qui avait pris des positions publiques contre
les sectes. Clark avait aidé le Centre sur le Sectarisme Destructif [Center on Destructive Cultism] groupe
anti-sectaire sans but lucratif, disparu depuis, qui effectuait des recherches sur les sectes et conseillait les
gens impliqués dans des groupes genre scientologie, qu'il considérait destructifs. Clark convainquit
divers groupes et personnes de contribuer à ce groupe, qui obtint par exemple 6000 dollars de Gillette Corporation
et 1000 dollars du Globe, en 1981. Depuis, son groupe est devenu une partie de l'AFF, la "fondation américaine des familles".
D'après Friske, les scientologues ont pris des mesures extraordinaires pour tenter
d'obtenir le contenu des poubelles du centre de Clark, lorsqu'il était sur State Street à Boston.
"Nous avions mis une boite de coca avec des caillous au fond des sacs à poubelle du centre. Quand on
vidait les poubelles de cet étage-là, la boîte se trouvait dans l'un des sacs. On remuait l'ensemble
des sacs jusqu'à ce qu'on trouve le sac qui faisait un bruit de boite avec des caillous, et on piquait le
sac.
D'après Dalene Henshaw, directrice du centre de santé mentale Erich Lindemann,
un scientologue se faisant passer pour un messager expédié par la Faculté de médecine
de Harvard vola les dossiers personnels de Clark au Centre en août 81: Clark y avait travaillé de
70 à 73. Henshaw, dans une lettre du 31 mars 82 adressée à Clark, explique que plusieurs mois
après l'incident, un représentant de la scientologie vint la voir et admit le vol. Elle cita le scientologue,
qui lui racontait que "cette personne avait été expulsée depuis, et que ce type de tactiques
n'était "plus avalisée désormais". [c'est
pourtant exactement le même genre de mensonges que la secte continue à répandre. Exemple: "Nous ne pratiquons plus le Fair Game",
-- la doctrine du gibier de potence - mais l'on découvre que le véhicule d'Alain Vivien ou de Mathieu
Cossu a été saboté, que l'appartement de M. Vivien a été cambriolé, que
M. Gonnet et d'autres sont suivis par des enquèteurs qui se font pincer la main dans le sac, que quatre
scientologues lui lancent quatre procès en moins de deux mois.]
Les fruits de ces manoeuvres secrètes, ainsi qu'un vaste exposé du passé de Clark, furent
ensuite publiés dans une série de "rapports d'enquète" et expédiés
à l'Hopital Général de Harvard, Massachussetts (dont Clark est un associé), aux autorités
de la médecine, à diverses sociétés et aux médias.
Quand Friske quitta la scientologie en 1982, il explique dans l'un des entretiens que Clark était
sous surveillance constante de la part des scientologues. "Il est suivi partout où il va. Quand il
sort du pays, les missions outre-mer sont alertées pour prendre le relai. Des gens assistent à ses
conférences.
Clark a été poursuivi en justice à deux reprises par la scientologie, pour soi-disant conspiration
dans le but de priver les repentis de leurs droits civils, en leur conseillant des "déprogrammations".
L'une des poursuites a été rejetée, l'autre est encore en cours.
"Ce n'est guère un plaisir que d'être pris pour cible par une organisation
milliardaire comme la scientologie", a dit Clark. "Ils ont tous les atouts, je n'en ai presque pas. Ils
peuvent faire ce qu'ils veulent. Ils ont tous les avocats."
L'appareil de Renseignement de l'église de Boston a aussi servi à lutter
contre les membres de l'église. En sa fonction de chef de la sécurité interne de l'église
à Boston, Friske a expliqué lors d'une déposition l'an passé que lui-même et
d'autres membres du "Guardian Office" [devenu OSA depuis, ndw] faisaient régulièrement "parler" les dossiers de confession supposés confidentiels
d'autres scientologues ayant été poussés à confesser tous leurs péchés
passés, sous prétexte de la thérapie qu'ils recevaient.
Bien qu'on garantisse aux gens qui viennent à l'église que leurs dossiers seront confidentiels, Friske
dit que ces promesses sont systématiquement violées et que les dossiers sont vérifiés
pour trouver des preuves de crimes passés ou d'autres choses embarrassantes, que l'église utilise
pour faire chanter les gens qui voudraient s'en aller, ou qui auraient envie de porter plainte contre la scientologie.
[ndw: le procès de Lyon contre la secte, ainsi que les procès
Lisa Mc Pherson, démontrent que non contente d'user de ces chantages directs, la secte pousse aussi au suicide
"ceux qui nous quittent se suicident", et va jusqu'à diffamer ensuite ceux qu'elle a envoyés à la mort. J'ajoute pour conseil à ceux qui voudraient quand-même quitter la secte criminelle
qu'ils n'ont aucune crainte à avoir à se voir ainsi "salir": les dommages et intérêts
qu'ils pourraient alors obtenir contre ce chantage ignoble pourraient alors probablement atteindre des records].
D'après le témoignage de Dardano à Clearwater et les entretiens que nous
avons eus avec lui ou Friske, la scientologie a considéré avoir réussi un gros coup en plaçant
pendant plusieurs mois fin 74, début 75, le scientologue George Bristol au titre de bénévole
dans l'office de la division Consommateurs de l'attorney general de l'état. Son travail consistait à
prendre au fil les plaintes des consommateurs - et il lui arrivait d'avoir affaire à l'un d'eux ayant à
se plaindre de la scientologie.
"C'était vraiment difficile pour quelqu'un de Boston de se plaindre de l'église
et de faire aboutir la chose, " expliqua Dardano l'année passée lors du témoignage devant
Clearwater. "Toutes les bases étaient couvertes... s'ils appelaient l'office de l'Attorney General,
George Bristol y siégeait. Alors, ils entendaient un 'Parfait, Madame, nous allons nous en occuper.' - et
çà n'allait nulle part.
Lors des interviews, Dardano et Friske ont expliqué qu'en plus
d'éteindre ces feux de broussaille, Bristol se servait de cet emploi pour appeler d'autres offices d'Attorneys
Généraux [dans d'autres états US, ndw] et demander l'information en leur possession
sur la scientologie.
Ils dirent que Bristol recueillit ainsi des quantités de données
et écrivit nombre de rapports à la suite de cette activité. Apparamment trop satisfait par
sa réussite, il appela le Ministère de la justice à Washington en demandant ses dossiers sur
la scientologie. Mais sa 'couverture' s'évanouit lorsqu'un fonctionnaire du ministère le rappela
et lui demanda s'il était autorisé à demander cette information.
Thomas Kiley, premier assistant de Bellotti, a confirmé l'emploi tenu par Bristol comme bénévole
à la division des affaires de consommation. "J'ignore ce que des bénévoles firent en
1975, et personne ici ne se souvient de bénévoles appelant d'autres Attorneys généraux,
a dit Kiley - Quand nous prenons des bénévoles, nous savons que ces gens peuvent venir pour remplir
d'autres buts. Nous les confinons donc à des affaires peu sensibles et nous supervisons leurs tâches
d'aussi près que possible."
Dardano a ajouté, lors de l'entretien, que Bristol avait aussi joué le rôle d'un représentant
de l'office de l'Attorney general lors d'une réunion avec un groupe de parents de trois scientologues bostoniens,
dont la mère de Dardano elle-même, parents qui pensaient à poursuivre l'église. A nouveau,
il se fit passer pour un représentant de l'office de l'AG, lorsqu'il rencontra Mike Taibbi, reporter de
télévision qui travaillait à l'époque pour Channel 5 et envisageait de faire une émission
sur la scientologie, en partie basée sur l'histoire fournie par un des parents. Taibbi a confirmé.
On n'a pu joindre Bristol pour qu'il nous en parle.
Dardano a en outre témoigné à Clearwater du fait qu'une membre de l'église avait été
placée comme bénévole au "Better Business Bureau" de Boston, également pour
couper court aux plaintes engagées contre l'église. Leonard Sanders, président du BBB de Boston,
a bien confirmé que la dame avait travaillé pour le BBB à cette époque.
"Nous avions formé une conspiration contre le Boston Globe, contre le Minsitère
de la Justice de l'état (l'attorney général), le Better Business Bureau... et Paulette Cooper,
ajouta Dardano à Clearwater. Nous considérions absolument tout le monde
comme des ennemis de l'église."
LG