Breme, Allemagne
28 juillet 2000
taz Bremen Nr. 6204
Les scientologues de Brême déménagent
Un pas de plus hors de la scène publique? Ou s'agit-il simplement d'une diminution des adeptes?
Non, l'ancien logement de la mission de scientologie de Brême, la "Nobelvilla" sur Osterdeich,
n'a pas de rapport avec les chiffres des adeptes. C'est en tout cas ce qu'explique le président Jan Labes,
de la mission scientologue de Brême, SA. "Il y a huit ans, nous n'avons simplement rien trouvé
d'autre". Osterdeich 27 était alors l'unique solution d'urgence, dont la moindre cause n'était
pas la décision de diminuer le loyer de moitié - de 30000 à 15000 marks. Un beau geste du
propriétaire, lui-même scientologue brêmois. L'espace important fourni semble toutefois nettement
supérieur actuellement aux besoins, dans cette demeure classée de plus de 120 ans. Trop peu de gens
dans la cité hanséatique. Scientologie Brême devait déménager.
"Ils ne se servaient plus de l'ensemble", pense l'agent immobilier Günther Diekamp, qui offre la
propriété pour 3,2 millions de marks. "Peut-être la mission ne s'est-elle pas développée
comme ils pensaient", a justement expliqué Diekamp. Le président Labes voit les choses un peu
différemment: "Pour que les choses fonctionnent bien avec ce bâtiment, il nous aurait fallu négliger
notre vraie tâche; c'est la raison essentielle du déménagement." Les ennuis financiers,
admis lors d'un procès devant le tribunal de la cité le 25 février 1997, ont probablement
aussi joué un rôle. (Lors de ce procès, l'organisation avait reçu l'ordre de se constituer
en entreprise commerciale et il lui avait été interdit de faire de la publicité dans certaines
parties de la cité). Finalement, 15000 marks [+ de 50000 F] de location mensuelle sont une grosse somme
pour une association supposée ne pas faire de bénéfices.
Les 700 mètres carrés du nouvel espace au 36 Stolzenauer Strasse à Hastedt conviendraient-ils
mieux du fait qu'ils seraient moins voyants en ville? L'organisation, plus que jamais sous surveillance de la sécurité
du conseil constitutionnel de Brême préfèrerait-elle attirer moins l'attention en filant vers
un quartier plus tranquille? Le département du sénat qui s'intéresse aux sectes et aux psycho-groupes
peut le concevoir. "Aux endroits où la scientologie entretient ses plus importants groupes, comme Münich
et Hambourg, on parle depuis des années d'une fuite massive des adeptes. Cela conduit à une réorganisation
de l'intérieur, que l'on constate aussi à Brême. La première étape pourrait être
de disparaître dans l'image de la ville." nous a dit une source non nommée.
Le président Labes réfute vivement la possibilité que ce déménagement soit une
conséquence du procès du 25 février 1997 qui a interdit aux scientologues la publicité
dans certains quartiers. "Nous faisons exactement comme avant: nous aidons les gens qui le désirent
à parvenir à la perfection spirituelle." Il dit ne rien avoir entendu quant à une diminution
de fréquentation dans d'autres villes. "Pour moi, ce ne sont que rumeurs." Il dit en tout cas
qu'à Brême, le chiffre se maintient à "quelques centaines de membres", mais refuse
de préciser davantage.
[en termes réels, on peut estimer par conséquent le chiffre à
10 %, soit quelques dizaines de membres, ndt]
Gregor Kessler