© St. Petersburg Times
11 février 2003
L'une des priorités de politique interne du président Bush consiste à distraire
des impôts des services sociaux laïques pour les reverser à des organisations d'origine religieuse.
Il s'est servi de ses pouvoirs à l'exécutif pour créer un office spécifique
dans sept agences fédérales, destiné à encourager et promouvoir un flux financier fédéral
en direction d'organisations religieuses travaillant dans le domaine social, la désintoxication des toxicomanes
ou autres programmes sociaux. Bush a écarté les questions que ceci pose quant à l'implication
de l'Etat dans la religion.
Le dernière avancée de l'administration, c'est une décision de permettre
aux organisations religieuses l'usage de fonds fédéraux pour rénover des locaux cultuels,
pour autant que la structure en serait utilisée pour des services sociaux. L'administration annonce qu'il
s'agit simplement d'équilibrer ce domaine d'activité en permettant aux organisations affiliées
à des religions d'obtenir les mêmes avantages du gouvernement que ceux auxquels les autres groupes
ont droit. Mais ce que le président paraît avoir oublié, c'est que le Premier Amendement**
interdit au gouvernement d'utiliser ses droits d'imposition pour supporter la religion.
Le Président a montré peu d'empressement à considérer ce principe.
Il veut manifestement que le gouvernement finance la religion à un dégré qu'on n'a jamais
observé aux USA depuis la naissance de l'Union. L'an passé, il a défié la volonté
du Congrès et unilatéralement accordé aux programmes basés sur des croyances le droit
de choisir leurs employés sur la base de leur religion, tout en pouvant continuer malgré cela à
concourir pour l'obtention de ces fonds fédéraux.
La dernière proposition de financement de l'administration offrira ouvertement des fonds
du Ministère de la Construction et du Développement Urbain à des groupes religieux, pour des
projets immobiliers de construction ou d'amélioration. L'an passé, les finances de ce ministère
étaient de l'ordre de 7,7 milliards de dollars.
Sur ordre de Bush, les organisations religieuses peuvent demander ces fonds pour acquérir,
construire ou rénover des bâtiments, même si le gros de la structure sert à des fins
religieuses. Ces locaux à double usage recevraient l'argent des impôts à proportion de la structure
dont l'usage serait social. Les Officiels donnent l'exemple d'une église opérant une unité
de conseils dans le sous-sol. Le coût de cette part de l'édifice pourrait être payé par
le gouvernement.
Comment le gouvernement s'assurera-t'il que les espaces créés au moyen de l'argent
des impôts ne servira pas à des activités religieuses? Le Député Barney Frank,
Démocrate, Massachussets, a demandé illico: "Est-ce que'on va créer
un Inspecteur général qui pourra mettre des gens en examen sous prétexte qu'ils ont célébré
la Bar-Mitzvah?"
Et qui recevra les fonds? Est-ce que les scientologues, les Hare Krishnahs et les Wiccans auront
droit aux mêmes finances que les églises principales? Ou bien le gouvernement trouvera-t'il un moyen
d'aider des groupes défavorisés en leur payant des constructions?
La clause "religion" du Premier Amendement a été mise en place afin de
protéger la religion d'une implication excessive et donc, d'un contrôle exercé par l'état.
En acceptant de l'argent fédéral pour construire des bâtiments en partie religieux, en partie
"étatiques", la communauté religieuse invitera Cesar à porter des jugements qui
ne devraient pas lui incomber.
C'est là une extension troublante de ce qui est déjà fort suspect sur le
plan de la Constitution. Si le Congrès ne s'en occupe pas, les tribunaux devraient s'y atteler.
**Premier Amendement de la Constitution US, clause religieuse:
Le Congrès ne fera aucune loi respectant un établissement de religion, ou prohibant
l'exercice d'une religion; ...