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Friday March 30 1:44 PM ET
By Deborah Zabarenko
http://dailynews.yahoo.com/htx/nm/20010330/pl/bush_grumbling_dc_1.html
WASHINGTON (Reuters) - Les conservateurs qui furent parmi les plus solides appuis de Bush lors de la campagne d'élections
présidentielles ne sont plus aussi fervents et estiment que sa direction tient plus du conseil d'administration
que du Bureau Ovale.
"Il y a des grognements sur les bords, c'est ainsi que je résumerai la situation," expliquait
Marshall Wittman, du Projet de réforme Conservatrice basé à Hudson, Indiana.
Wittman ajoutait lors de l'entretien téléphonique: "Cette grogne ne représente peut-être
que les divisions au sein des conservateurs."
Pour Wittman, qui surveille la direction prise par le conservatisme, la Maison Blanche de Bush est "implacablement
corporatiste" plutôt que conservatrice par idéologie. Cela convient à certains conservateurs,
mais déplaît à d'autres, dit-il, ajoutant qu'il pense que cela porurait atténuer l'identité
des conservateurs.
Les plaintes des conservateurs ont peut-être démarré par un vaste rejet de l'initiative de
"services sociaux" par le président de la coalition chrétienne, Pat Robertson, rejet qu'on
a pu lire dans le Wall Street Journal voici peu.
"Si le gouvernement fournit des fonds à des milliers d'institutions basées
sur des croyances mais que, grâce à une définition torturée de la séparation
de l'église et de l'état, il demande en retour à ces institutions d'abandonner leurs activités
spécifiques religieuses, non seulement leur efficacité peut s'en trouver perdue, mais aussi leur
vraie raison d'être," écrivit Robertson.
Il s'inquiéta aussi du fait que l'argent de l'état qui serait accessible aux catholiques, aux protestants
et aux juifs ne risque d'aller également aux scientologues, aux dévôts de Krishna ou aux Moonistes.
DOUTES AU SUJET D'UN PLAN BASE SUR LA CROYANCE
Le porte-parole de la coalition chrétienne, Jason Campbell, accusa réception au souci de Robertson
quant à ce plan, mais indiqua que son groupe était plutôt satisfait des deux premiers mois
de Bush.
Campbell a applaudi la nomination de l'ancien sénateur conservateur John Ashcroft
au poste d'attorney général, réinstallant ce qu'il qualifie de "règle globale
de muselage" qui empèche les groupes de planning familial de mentionner l'avortement, ainsi que le
rejet du rôle traditionnel des associations américaines du Barreau (à se faire nommer à
des postes judiciaires?? traduction incertaine, ndt)
La réforme des finances semble autre chose: "On ne sait comment le projet de réforme Mc Cain-Feingold
va passer etcomment le président l'acceptera, " expliqua Campbelle au téléphone.
Cleata Mitchell, qui sert comme Conseiller dans le projet pour imposer la loi électorale au sein de l'union
conservatrice (ACU), a dit être satisfaite des positions de Bush, y compris la réforme des finances,
mais a admis que l'idéal n'était pas suffisant.
Quand on lui demanda ce qu'elle pensait de la déclaration de Bush disant qu'il ne
mettrait pas forcément son véto à des propositions du domaine des finances, Mitchell a dit
"En analyse finale, est-ce que je serais certaine que Bush va empècher toute proposition anticonstitutionnelle
de passer à l'état de Loi? Oui, mais politiquement parlant, je pense ne pouvoir m'y attendre."
Un rapport émis par l'ACU sur le sujet de la réforme des finances électorales
dit "il s'agit d'une bataille idéologique lancée par des gens ayant une politique libérale
publique, qui voient le changement des règles de financement électorales comme un moyen d'appuyer
leurs objectifs de politique libérale."
Bush a fait campagne en "conservateur compatissant", attirant des soutiens des factions les plus conservatrices
par son message qui comprenait des diminution d'impôts, plus d'argent d'état et moins de contrôle
fédéral pour les écoles publiques, un plan pour passer des fonds fédéraux à
des agences de fondement religieux, et un ton délibérément anti-avortement.
Certains conservateurs, dont le vice-président de l'institut d'Hudson et l'officier en chef Curt Smith,
disent se méfier du fait que les annonces précoces de Bush au sujet des impôts et des réformes
éducatives ne pèsent sur ces projets.
Ayant observé le ton civil adopté dans son discours politique, Smith a dit qu'il espérait
que le président républicain serait "résolu sans être rude".
(c) Politis, 15/3/2001
La pioche et la Bible
Une association apporte de l'aide aux victimes du tremblement de terre au Salvador. Le hic, c'est que ce
groupe évangéliste ne manque pas de faire assaut de prosélytisme.
Au Salvador, un groupe d'évangélistes américains, the Samaritan's Purse (littéralement
" la bourse des Samaritains "), venu apporter de l'aide aux victimes des récents tremblements
de terre, suscite bien des critiques dans le pays et aux États-Unis. Financés à hauteur de
257 000 dollars par l'agence américaine pour le développement (USAID, United States Agency for international
Development, les " Samaritains " ont depuis longtemps franchi la ligne qui sépare l'assistance
humanitaire désintéressée du prosélytisme religieux. Dans les villages où ils
interviennent, avant de donner à la population le matériel acheminé pour construire des habitations
de fortune, les évangélistes passent de longs moments en prières collectives et à la
distribution de tracts encourageant les Salvadoriens à reconnaître Jésus-Christ comme leur
sauveur. Dans un pays où la ferveur religieuse est vive, ce n'est pas tant le message des évangélistes
qui inquiète les Salvadoriens, mais plutôt les conflits qui pourraient naître dans une région
où les catholiques et les sectes évangélistes s'opposent de longue date. Évidemment,
les représentants de la Samaritan's Purse se défendent de conditionner leur aide à la conversion
des populations assistées ou même à des croyances religieuses particulières, et insistent
sur le fait que l'association fonctionne sur des fonds propres qu'ils sont en droit d'utiliser comme bon leur semble.
En 2000, l'apport financier de l'USAID représenterait moins de 3 % de leur budget.
Mais cela est suffisant pour ennuyer l'Agence américaine, qui se voit reprocher de financer des activistes
religieux au moment où le président Bush a justement promis d'apporter un soutien matériel
aux groupes religieux impliqués dans l'assistance sociale. Ce qui gène Washington, c'est le manque
de distinction entre l'usage fait de l'argent du gouvemement fédéral et la nature profondément
religieuse des associations qu'il finance. Officiellement, la charte de l'USAID stipule qu'elle ne peut financer
des programmes d'aide à caractère religieux ou évangéliste. Mais the Samaritan's Purse
assure ne pas violer les règlements et enregistrerait même de bons résultats sur le terrain.
Le Dr Paul Chiles, directeur du Samaritan's Purse au Salvador, s'est défendu de tout prosélytisme
"agressif" en rappelant que la nature de ses activités était préalablement connue
et acceptée par le gouvernement américain. Le président de l'association Franklin Graham semble
d'ailleurs proche de Georges W. Bush, puisqu'il a conduit l'office religieux lors de l'investiture du nouveau Président
américain. " Nous sommes d'abord une organisation chrétienne et ensuite une organisation de
secours. Nous ne saurions séparer les deux " s'est-il expliqué. " Nous pensons sincèrement
que Jésus-Christ nous a envoyés porter de l'aide à ces gens. " Le groupe a déjà
construit 3000 habitations d'urgence. Selon le New York Times, la " bourse des Samaritains " se féliciterait
même de la conversion de 150 Salvadoriens dans un village où ils ont apporté leur aide. Pour
certains entrepreneurs américains conservateurs-protestants, relayés sur le terrain par des groupes
missionnaires, les situations d'urgence sont autant d'occasions d'infiltrer les communautés reculées
d'Amérique latine et de leur inculquer en même temps que l'Évangile, les bienfaits du libéralisme
économique.
KARIM BOURTEL
De nombreuses ONG sans objet religieux opèrent encore au Salvador, qui a connu à nouveau
de sérieux tremblements de terre, le mois dernier. Parmi elles, Handicap International (14, av. Berthelot,
69007 Lyon, 04 76 69 79 79), Médecins du monde (62, rue Marcadet, 75018 Paris, 01 44 92 15 15) et Médecins
sans frontières (8, rue Saint-Sabin, 75011 Paris, 01 40 21 29 29), qui dépeint sur son site la situation
actuelle dans le pays : www.paris.msf.org
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