Washington Post
Original anglais:
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A38744-2001Jul9.html
Par Joseph A. Bosco
Les leaders communistes chinois ont fini par trouver un modèle appréciable parmi les pays
occidentaux: la France, grâce à sa nouvelle loi anti-sectes qui transforme la manipulation mentale
en crime. Tung Chee-hwa de Hong Kong a signalé qu'il étudie le précédent français
en vue d'un usage éventuel à l'encontre du mouvement Falun Gong "qui a plus ou moins les caractéristiques
d'une secte nuisible" - et il tient à les surveiller de près. Les autorités chinoises
s'en sont déjà prises au groupe et à d'autres praticiens religieux ou spirituels qui résistent
au contrôle de la pensée du gouvernement.
[les USA abritent le chef du Falun Gong. Pourquoi? Et pourquoi ce mouvement supposé
spirituel semble-t'il politisé? Quels autres mouvements se plaignent?]
Les officiels chinois débattent triomphalement des universitaitres américains en utilisant en
partie la loi française pour justifier de la position chinoise très critiquée quant aux droits
de l'homme. Ils se réjouissent de faire observer que l'assemblée nationale française a voté
à l'unanimité en faveur de la loi, et bénéficié d'un large support populaire.
[données à vérifier: qui en Chine, à part Tung Chee-hwa
de Hong Kong, utiliserait la loi française et ridiculiserait les "universitaires américains"?
Quels "universitaires" seraient visés?
Se souvenir par ailleurs que l'auteur de l'article est censé enseigner ou avoir
enseigné à un séminaire de Georgetown "School of Foreign Services" - ce qui ne signifie
pas qu'il y soit enseignant.]
De nombreux chefs religieux français ont rejoint les représentants de la communauté internationale
des droits de l'homme pour s'opposer à la loi. [Faux: seuls deux chefs importants
ont timidement écrit au Premier Ministre, et quelques chefs de sectes commerciales - scientologie en tête
- ont mené cette attaque de la loi française]. La loi permet de faire emprisonner quelqu'un
pendant trois ans pour des "actes de pression grave et répétée, ou l'usage de techniques
propres à altérer le mental d'une personne, la conduisant à commettre un acte nuisible ".
[Faux: voir le texte officiel http://www.antisectes.net/law2001-texte-officiel.htm au chapitre 6 Bis de la loi, largement déformé par l'auteur]. Des représentants
catholiques, protestants, musulmans ou juifs ont dit que cela pourrait résulter en excès judiciaires
ou menacer des religions établies. Le Département d'état sous Bush ou Clinton a fait écho
à ces sentiments, le congrès US exprimant unanimement de "graves préoccupations".
[faux: seuls quelques rares députés ont réagi, et non le département
d'état dans son ensemble]. Des groupes religieux majeurs ont payé une annonce en pleine
page de International Herald Tribune, afin de pousser le Premier Ministre Jospin à retirer la législation
[faux: les scientologues ont payé, et il s'agissait de protester contre le projet
de loi, et non contre la loi votée] et ils ont averti la France qu'on la comparerait à
la Chine en raison de son dédain pour les droits de l'homme [faux: c'est le président
de la scientologie ou un de ses amis qui a fait imprimer cette injure évidente]
La fédération internationale des droits de l'homme d'Helsinki a condamné le projet français
et prédit qu'il "éliminerait toute liberté d'association en France" [faux:
Aaron Rhodes, président de la fédération d'Helsinki, n'a pas écrit cela]. S'il en est ainsi, Paris exciterait en effet les pratiques de Pekin en matière de droits de
l'homme. Mais tous les appels à reconsidérer l'affaire sont tombés à l'eau. La députée
Catherine Picard, l'un des leaders des efforts législatifs, a parlé d'un suicide en masse
au cours des années 90, et expliqué: "Il nous faut donner des outils de répression aux
juges. La loi répond à l'évolution de la société et à l'importance grandissante
que les sectes y tiennent." Les officiels chinois qui s'en prennent aux Falun Gong, aux chrétiens,
Bouddhistes et musulmans n'auraient pu mieux l'exprimer. Le président Chirac a signé le décrèt
d'application de la loi.
Le lien français d'avec la campagne d'opposition aux droits de l'homme n'est pas nouveau: des efforts
parallèles des deux gouvernements ont réussi à éjecter le mois dernier les Etats-Unis
de la Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, en faveur de pays aussi peu supportables que le
Soudan ou la Sierra Leone [faux: les USA n'ont reçu que 28 voix sur 53, ce qui
montre que presque la moitié des votants ont estimé que leurs efforts pour les droits de l'homme
n'étaient pas du tout satisfaisants - et quant au Soudan et à la Sierra Leone, ils ont au minimum
un avantage considérable en matière de droits de l'homme: ils ne menacent pas le monde entier avec
leurs armements]
Paris a ouvertement et ironiquement critiqué le fait que les USA pratiquaient la peine de mort, faisant
observer que toute l'Europe l'avait abolie. Mais le plus gros pratiquant reste pourtant la Chine, dont le système
légal ne fournit aucune des garanties des lois américaines, françaises ou d'autres pays occidentaux
[Comparativement, la Chine exécute deux fois plus seulement que les Etats-Unis;
et quant au système de justice américain, il suffit de jeter un oeil sur les documents de Human Rights
Watch ou d'Amnesty International pour constater qu'il est loin d'offrir des garanties suffisantes. En részumé,
aux USA, on ne tue que de pauvres noirs, jamais de riches blancs]. De surcroît, la vente d'organes
humains de prisonniers chinois fraîchement exécutés soulève quelques doutes quant au
nombre croissant de peines de morts prononcées en Chine, même pour des délits sans violence.
Et puisque Pekin décrit toute une série de comportements comme des menaces à la sécurité
de l'état passibles de mort, ceux qui seaient coupables de "manipulation mentale" pourraient bientôt
se trouver face à la peine de mort au lieu de mourir dans les prisons par "suicide" ou "accident"
(le destin subi par des centaines de membres de Falun Gong jusque là). [délire:
s'il est probable que divers membres du Falun Gong se sont suicidés ou sont morts dans les prisons chinoises,
absolument aucubn élément ne permet de dire que des centaines de membres sont morts ou suicidés]
L'un des buts de l'engagement économique et diplomatique était d'intégrer la Chine dans
le système international, d'encourager son acceptation de normes humanitaires et d'élever régulièrement
leurs normes. Les relations entre Chine et occident existent, mais il semble qu'au moins en ce qui concerne les
crimes d'opinion, les normes françaises se soient abaissées afin de légitimer les standards
chinois. C'est très tragique pour la cause des droits de l'homme des deux pays, mais comme dirait
le président chinois, Vive la France.[ces deux passages italiques en français
dans le texte]
L'auteur enseigne un séminaire sur les sujet Chine-Taïwan dans le programe d'études de
la Georgetown's School of Foreign Service.
[C'est à dire, comme l'indique le document ci-dessous, que M. Bosco n'est pas
professeur dans cette école]
© 2001 The Washington Post Company
Quelques textes en anglais de l'auteur de l'article ci-dessus, à titre indicatif
Joseph Bosco
http://www.georgetown.edu/sfs/programs/asia/faculty.html#Joseph
Bosco
Mr. Bosco has practiced international law in Washington, D.C. for over twenty years after serving in the
federal government and Massachusetts state government. In 1998, he earned the master of laws degree in international
and comparative law from the Georgetown and has delivered presentations on the international law implications of
the 1996 missile crisis in the Taiwan Strait. He has addressed that subject before the Chinese Society on International
Law in Taipei, the Miller Center at the University of Virginia, and the Atlantic Council of the United States.
He is a senior fellow at the Atlantic Council and is active in the Asia-Pacific program there. He taught a course
on the United Nations in the Post-Cold War Era in Georgetown’s Continuing Education program prior to joining the
adjunct faculty in the School of Foreign Service where he teaches graduate seminars on International Law, Morality,
and Realpolitik and on China and Taiwan: Cross-Strait Conflict and Conundrum. His articles have been published
in a number of journals and newspapers, including The New York Times, The Washington Post, The Christian Science
Monitor, The Los Angeles Times, The Houston Chronicle, The Washington Times, Taipei Times, the Chinese Yearbook
of International Law and Affairs, and St. John’s Review. He has been interviewed by several publications and by
the Voice of America and Radio Free Asia.
Mr. Bosco served as one of the international observers of Taiwan’s presidential election last year. He has organized
several conferences at Georgetown on the China-Taiwan-U.S. relationships: Whither the “One China” Policy and the
Corollary Doctrine of “Strategic Ambiguity” (December 1999); The Future of China-U.S. Security Relations (December2000);
and The Military Balance Across the Taiwan Strait and U.S. Arms Sales to Taiwan (April 2001). He was among the
group of American academics who met with President Chen Shui-bian during his transit visit to the United States.
Mr. Bosco is currently conducting research on Taiwan’s status under international law and is organizing a fall
conference on China-U.S. relations prior to President Bush’s trip to China for the APEC meeting in October