Note du traducteur: l'interdiction de regarder Cruise en face est d'autant plus ridicule
que la secte enseigne, dès le premier exercice de son cours de communication, les scientologues à se regarder des heures durant dans les yeux, jusqu'à ce qu'ils
ne soient plus du tout gènés et qu'ils n'aient plus aucune réaction.
Je suis prèt à parier que Cruise crève de peur qu'on ne découvre
ses vices en le regardant ainsi. Sans doute les réserve-t'il aux petits malins des services secrets de la
secte, comme arme future de chantage à son encontre? Pas vraiment futé de sa part. (voir ici)
en anglais sur : http://www.suntimes.com/output/eb-feature/ebert16.html
Copyright Chicago Sun Times, 16/7/99
Les stars perdent de leur lustre aux mains de managers trop méfiants
ROGER EBERT SUN-TIMES
Les journalistes invités à interviewer Tom Cruise et Nicole Kidman la semaine dernière
reçurent un document étrange sur leur fax. C'était un "accord" de deux pages dépourvues
de blancs qu'on leur demandait de signer avant d'être admis en présence de la superstar. On exigeait
d'eux qu'ils acceptassent ce qui suit avant l'interview:
* Si "l'Artiste" l'exigeait, toute partie de l'entretien pourrait être effacée.
* Les "gaffes" ne seraient pas rapportées.
* L'entretien était valable cette seule fois et ne pourrait jamais reservir.
* L'entretien ne pourrait être utilisé pour promouvoir la publication sans que l'Artiste y ait consenti
(c'est à dire pas de page "Une" ou de "Demain, nous parlerons de..."
* L'interview ne donnerait pas une image négative ou péjorative de l'Artiste.
Et ainsi de suite au long des 12 paragraphes numérotés.
D'un point de vue légal, cet accord était étrange, la partie contractante n'étant pas
indiquée: il restait la place pour une seule signature, celle de l'intervieweur, le document ne spécifiant
aucune autre partie contractante: ce n'est plus un contrat, mais un serment de loyauté.
Je devais rencontrer Cruise à Los Angeles le lendemain de l'avant-première de "Eyes Wide
Shut", et j'ai évidemment informé les agents de presse que je ne signerai ce type de document
sous aucun prétexte. Autrement dit, tant pis pour l'interview avec Cruise. Mes patrons me soutenaient: la
politique du journal ne consiste pas à faire écrire nos articles par les agents des stars.
On eût tôt fait de me répondre: "Je n'étais même pas censé recevoir
ce document! - Il n'était destiné qu'aux entretiens télévisés, pas aux journaux".
C'est tout aussi bizarre, car le document contenait les termes "impression", "éditeur"
et "publication", mais pas la moindre mention de télévision.
Je suis allé à Los Angelès où j'ai eu un entretien correct avec Tom Cruise, franc
et bien disposé. Peut-être ignorait-il la cuisine derrière son dos? Il est désormais
au courant, car cet accord a soulevé une gentille tempète dans les médias sur les méthodes
nouvelles utilisées par les agents pour gérer l'image de leurs clients.
Chacun sait que peu de magazines "populo" ont accès au stars avant d'avoir accepté une
longue liste de conditions et que l'agent n'ait accepté le journaliste. Parfois même, ils demandent
un droit de regard sur les photos et les titres.
Les shows TV se nourrissent volontiers des frasques des stars. Signent-ils ce type d'accord? C'est leur secret.
Nous avons pas mal aperçu Cruise et Kidman ces derniers jours. Diane Sawyer de CNN n'a certainement pas
accepté ces conditions pour avoir Cruise et Kidman sur son plateau. Je pense.
Il fut un temps où aucun agent n'aurait osé présenter un document aussi absurde à
un journaliste qui se respecte. Ce temps n'est plus; de nos jours, la quantité de publications et les tirages
sont propulsés par les visages célèbres et leurs existences; nombreux seront ceux qui accepteront
de vendre leur âme pour entrer dans la danse. Si TVs et autres médias refusaient mordicus de jamais
signer ce type d'accord, la pratique s'éteindrait d'elle-même: les stars ont autant besoin de la publicité
des médias que les médias ont besoin d'elles. Si ça continue, c'est que certains ne sont que
trop heureux d'en passer par là.
Voici pas mal de temps, j'avais passé à sa villa de Malibu, quelques heures avec Lee Marvin -
fort arrosées de bières. Sa petite amie est arrivée. Un peu plus tard, c'est son chien qui
est arrivé, ramenant une petite culotte entre les dents, mais... pas celle de sa copine.
"Sale Chien!" s'est écrié Marvin.
C'est arrivé, je l'ai fait passer. Etait-ce un portrait négatif ou péjoratif de l'artiste?
Quelques années après, j'ai revu Marvin. "J'ai bien aimé l'histoire, m'a-t'il avoué.
Je me la raconte!"
Les acteurs étaient plus passionnants à cette époque, parce qu'on le leur permettait. Les
voilà transformés en bètes de course, soigneusement dressés et pansés, uniquement
autorisés à courir trois minutes d'affilée et sous la conduite d'un jockey approuvé.
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