J'AI ENCORE DES CAUCHEMARS 



 

Par Kurtis Kruger, journaliste au Times St Petersburg
10 Novembre 1991

Information : Beth Erlich est l'une des filles de Dennis Erlich, l'un des animateurs les plus virulents du forum "alt.religion.scientology"
http://www.whyaretheydead.net/krasel/aff_de1.html


C'est à onze ans que Beth Erlich signa son premier contrat.

Beth ne le comprenait pas tellement bien.  Mais son père le lui avait dit "si elle signait ce contrat, elle aiderait les autres à sauver le monde."

"Bien sûr, je pensais qu'il fallait que je sauve le monde."

La gamine venait tout juste de donner sa vie à la scientologie.

Le contrat est un document courant dont la durée inhabituelle ne met pas la puce à l'oreille des membre d'une église qui croit  en la réincarnation.

Les années suivantes, elle a grandi à Clearwater, en scientologue fidèle. Jeune adolescente, elle travaillait jusqu'à 22h3O presque chaque jour, même les jours d'école. Elle ne se plaignait pas qu'il n'y ait que du riz et des haricots à manger, où que les cafards envahissent les chambres.

Cela fait huit ans que Beth n'a pas revu Clearwater. Elle a quitté l'église.

Mais les cauchemars n'ont pas cessé.

Même maintenant, elle continue à revoir l'Hotel Fort Harrisson dans des rèves répétitifs. Son ancien gardien paraît. Une pression l'envahit.

"Je n'en sors pas, a-t'elle dit récemment; je n'arrive pas à quitter ce bâtiment, ça m'impressionne toujours."

"Je n'ai pas réussi à laisser ça, dit-elle; j'ai toujours ces cauchemars."

Beth et sa soeur Kristi ont grandi à l'église de scientologie. Une expérience marquante qui, par des détails ou des choses importantes, les a séparées l'une de l'autre et de leurs parents. Les critiques de la scientologie disent que leur histoire n'est pas rare. Dans une église exigeant une dévotion absolue, ils disent que la famille et les enfants sont secondaires. L'histoire de Beth et de Kristi, c'est celle de nombreux enfants scientologues.

Les deux soeurs patageaient une chambre à Los Angeles et allaient à l'école en vélo.

Elles s'étaient surnommées "Or" et "Argent", car elles étaient à peine différentes.

Beth était la brune, Kristi la blonde. Elles avaient 9 ans et 8 ans. Même leurs cadeaux de Noël étaient semblables, mais de couleur différente.

Quand les gens parlaient à Beth, ils me parlaient aussi, se souvient Kristi. On était une, en fait: Beth-et-Kristi.

Pas pour longtemps, hélas.

Les parents de Beth et Kristi, tous deux scientologues, avaient divorcé début des années 70. Les filles vivaient chez leur mère en Californie - elle nous a montré une photo des filles dans une des routines d'entraînement de l'église. (photo dans l'article)

Leur père, Dennis Erlich, était parti s'engager sur le staff au QG spirituel de l'église à Clearwater. Il y était "Officier en Chef des Repèchages" - une position qu'il décrit désormais comme "Ingénieur en Chef du Contrôle Qualité de l'Usine de Lavage de Cerveaux".

Ce travail lui semblait alors crucial; mais les filles manquaient à leur père. Lors de visites à Los Angeles, il leur demandait de revenir avec lui. Finalement, Beth a accepté.

Elle y est partie en 1978, et Kristi lui a immédiatement manqué. Elles s'échangèrent tout de suite des courriers; elles avaient 8 et 9 ans.

Beth s'aperçut très vite que sa vie avait énormément changé.

Elle vivait avec son père et sa nouvelle femme dans une pièce "de la taille d'un wc" à l'Hôtel Fort Harrison, le plus grand des bâtiments appartenant à la scientologie à Clearwater.

Ca ne dura pas. On l'amena avec 20 autres travailleuses de l'église dans une autre chambre; la pièce était grande mais encombrée de matelas et d'armoires.

Puis elle changea de bâtiment pour aller vivre au Quality Inn, un autre hôtel acheté par les scientologues. Dennis Erlich dit que c'est courant de voir enfants et parents séparés. C'est comme ça, dit-il.

Il arrivait que Beth rentre et qu'on ait déménagé ses affaires sans la prévenir: "Ca arrivait que je rentre après 22h30, et que je découvre qu'on m'avait remplacée", dit-elle. Elle croit qu'on l'a changée de place une vingtaine de fois. On déménageait les gosses pour faire de la place aux adultes.

Pendant la journée, Beth allait dans une école tenue par les scientologues. Elle décrit ça comme un système où on choisit ce qu'on veut faire et où on le fait à son rythme.
 
En classe de CM1, on l'envoya à l'école publique primaire d'Oak Grove.

"Nous étions nulles en classe, dit-elle; c'est tout ce dont je me souviens;  je me sentais mal!"

Mais il y a au moins quelque chose qu'elle appréciait à l'école publique: la nourriture.

"A l'époque, j'avais l'habitude de manger des haricots avec quelque chose ou du riz avec quelque chose, comme plat principal."

"Par comparaison avec la bouffe du Quality Inn qu'on sert aux staffs scientologues, les petits-déjeûners et les repas de l'école étaient des merveilles" dit-elle.

"C'était le paradis, des vrais repas! incroyable!"



Pourquoi des gens laissent-ils leurs enfants dans de telles conditions?

Les scientologues, en particulier les staffs, croient fermement qu'ils sauvent la planète, disent les anciens membres. Tout ce qui se passe à côté de ce but grandiose est secondaire.

"La scientologie passe dabord, et tout le reste est "hors-but", disait Vicky Aznaran, ancienne Officier de haut rang dans l'église de scientologie ayant porté plainte contre la secte; si les parents passent du temps avec leurs enfants, on les méprise:  ce n'est pas socialement acceptable."
Haworth répondait: "C'est vrai, les parents - ceux qui sont staffs de l'église - travaillent énormément du fait de leur dévotion aux buts de l'église, mais ils ont mis au point un système qui fournit un environnement sain aux familles, même s'ils y passent peu de temps."


Dennis Erlich était heureux d'avoir sa fille avec lui, et fier.

Il se considérait un parent supérieur. Il avait amené Beth à Clearwater, où elle pouvait faire de grandes choses. Car elle aidait le staff de l'église à délivrer de l'entraînement et du conseil scientologue aux gens.

L'idée de lui faire préparer l'université ou un métier ne lui est jamais venue.

"Je ne voulais pas que ma fille fasse partie de la société courante, dit-il; je voulais qu'elle devienne comme moi, vous savez, un auditeur, ou un officier de repéchage, quelque chose du même genre."

Beth acceptait ce rôle. Elle a pris des cours de scientologie, et à onze ans, elle a signé un contrat d'un milliard d'années pour joindre la Sea Org. La Sea Org, l'organisation Maritime, c'est ce groupe de staffs très dévoués qui remplissent les tâches spirituelles et matérielles de la scientologie.

Les membres Sea Org travaillent en général 12 heures au moins chaque jour, six jours par semaine, et touchent dans les 600 F par mois. L'église leur fournit nourriture et lit.

Beth allait encore à l'école dans la journée. Mais le soir, elle travaillait comme employée des dossiers ou à d'autres tâches, souvent près de son père, au Fort Harrison. Elle avait aussi obtenu de suivre des cours de scientologie.

L'école secintologue ne donnait jamais de travail à faire le soir."On savait, quand on sortait, qu'on partait au travail." Voici sa description d'un horaire typique:

Dimanche: de 10 heures du matin à 22 h 30.
Lundi au vendredi: depuis la sortie de l'école jusqu'à 22h30.

Samedi: l'après-midi jusqu'à 22h30 une semaine, temps libre la semaine suivante.

Cela donne plus de 50 heures par semaine pendant les classes; en été, c'était parfosi vacances, dit Beth. D'autres enfants faisaient les mêmes horaires, dit-elle; on n'avait pas le temps de s'asseoir et de jouer.

Pendant les quelques jours sans rien à faire, elle aimait bien être avec son père; ils dormaient tard, mangeaient leurs plats préférés, allaient à la plage ou au cinéma.

Beth reçut aussi de l'audition - c'est lorsque l'on est sur 'l'électromètre' - un appareil genre détecteur de mensonges - et qu'on doit répondre à des questions sur les choses qui vous gènent.

L'avenir semblait tout tracé.

"J'ai grandi en pensant que j'allais devenir quelqu'un dans l'église, dit-elle; je n'irais pas à l'université, ni apprendre un métier."

Malgré sa fierté, Dennis Erlich était soucieux; il savait que l'environnement de l'église de scientologie était coriace - que des gens passaient leur vie à se hurler dessus, et que des gens importants pouvaient se faire dégrader dans la honte, sur un coup de tête.

Il décida donc de l'endurcir. Une fois, elle l'avait irrité; il a carrément cessé de lui adresser la parole des semaines durant. Il ne lui a pas dit un mot, même le jour de son anniversaire. 



Le parent scientologue idéal ne cajole pas son enfant. En fait, nombre d'anciens membres de la secte croient que les enfants "sont des adultes dans de petits corps" à qui on devrait pas dire quoi faire.

"Pour être une bon scientologue", disait l'ex-scientologue Adeline Dodd-Bova, il vous faut rendre votre enfant responsable de lui-même. Je n'ai pas à dire à mon fils de 5 ans de manger s'il a faim; il sait. Je n'ai pas à lui faire à manger, il sait où trouver de la nourriture.

La littérature sciento sur les enfants est sujette à diverses interprétations - comme tous les travaux de Hubbard.

Ce passage de "Comment vivre avec les enfants", signé Hubbard, pourrait venir du Dr Spock: "Un bon adulte stable ayant amour et tolérance en son coeur représente pratiquement tout ce qu'un enfant peut désirer".

D'autres passages ressemblent davantage à la remarque d'Adeline Dodd-Bova: " Toute loi s'appliquant au comportement des hommes et femmes s'applique aussi aux enfants"; ou bien "Quand vous donnez quelque chose à un enfant, c'est à lui; donc, s'il arrache la tête des poupées, déchire ses vètements, ou casse ses jouets, ça ne vous regarde pas." 



Alors que Beth travaillait cloîtrée dans le monde scientologique, les lettres de Kristi lui fournissaient un lien ténu avec l'extérieur; elles racontaient à Beth quel était le groupe de musique en vogue, ou quelle expression argotique était "in".

Mais les lettres de Kristi ne suffisaient pas: Beth souffrait de moments de déprime, car sa soeur et sa maman lui manquaient.

Cela créait des conflits en elle.

"J'avais l'impression que je devais être à l'église parce que c'était la bonne chose à faire, mais la gamine en moi disait qu'elle aurait bien aimé être avec maman."

Elle aurait bien voulu que sa maman lui dise de rester à Los Angeles; ça lui aurait rendu la vie plus facile.
 
Mais la maman ne disait rien.

Les membres de la famille disent que ça n'aurait pas convenu.

"Cela n'allait pas avec la sciento, dit Beth."

Une part de maman disait "Beth est un être à part entière, elle doit décider par elle-même"; et l'autre part disait "Attends donc, tu es sa maman, tu veux qu'elle soit avec toi; et d'une certaine façon, cela aurait suffit  à faire que Bethy reste là... mais ce qui restait de scientologue en la mère ne lui permettait d'exprimer ses sentiments à ce sujet.

Beth n'apprit que bien plus tard ce que pensait sa maman.

"Elle passait son temps à pleurer quand Beth était partie", dit Kristi.

Kristi a dit que sa maman ne voulait pas faire de commentaire pour l'article.

On laissait Beth partir chez elle quelques fois dans l'année.

A chque fois qu'elle revenait chez elle, c'était comme "les amants réunis", se souvient Kristi; quand Beth était là, on était tous soudés à elle"

Puis venait la déprime.

Au bout de quelques jours, j'étais horrifiée à la pensée de repartir, dit Beth.

"Je me souviens qu'ils me disaient : 'tu es là, tu es bien, pas la peine de penser à plus tard, ou de croire que tu nous perdras..."

"Et ça ne voulait rien dire: j'étais une handicapée de la tête."

Un été, les choses s'éclaircirent.

Quand Beth eût 13 ans, et Kristi 12, on prépara une visite de Kristi à Clearwater.

Beth était en extase.

Tout comme Kristi dailleurs - avant qu'elle ne visita la pièce qu'elle partagerait avec Beth pendant son séjour  au Quality Inn.

"Oh nom d'un chien, je ne pouvais croire qu'elle vive là-dedans: il y avait des punaises partout; on craignait qu'elles nous montent dessus, sur le visage ou ailleurs, pendant qu'on dormait", dit Kristi.

Un soir, pendant que Beth travaillait, Kristi et quelques autres enfants allèrent à la plage de Clearwater. Un officier de police vint leur dire qu'il était trop tard et appela les officiels scientologues.

La décision fut expresse: Kristi repartit en Californie sur le champ.

Beth trouva sa soeur en larmes à l'hôtel Fort Harrison; une fois de plus, Beth était déchirée, elle avait besoin de Kristi, mais si elle l'accompagnait à l'aéroport, ce serait comme si elle l'excusait de son erreur; elle n'y alla pas. "Pour moi, y aller et lui montrer de la sympathie, c'aurait été faillir."

Kristi fut renvoyée sans même un baiser de son père.

"J'ai pleuré pendant tout le voyage, dit Kristi. Je me sentais avilie, comme si j'avais commis le pire des crimes de mon existence, et je ne pouvais même pas demander qu'on m'excuse ou réparer les dégâts. Ce fut vraiment horrible."

Quand Beth eût 15 ans, elle devint plus dure. Elle avait souffert de tant d'émotions bouleversantes qu'elle finit par ne plus rien sentir.

Elle fut donc tout à fait neutre en recevant une nouvelle pourtant terrible:

Son père avait des ennuis. L'église l'avait déclaré "personne suppressive" - ennemi de la scientologie - parce qu'il avait demandé quelques améliorations pour la vie des staffs et qu'il avait refusé d'être dégradé.

"J'étais dans la confusion, dit Beth; l'organisation vers laquelle mon père m'avait poussée le rejetait."

Mais, tandis qu'il quittait la secte, Dennis Erlich croyait encore en les doctrines scientologues. Tout comme son ex-femme, il ne voulait pas forcer Beth, 14 ans,  à quitter Clearwater. Il lui dit de décider par elle-même.

Elle resta.

Dennis Erlich dit "qu'elle avait davantage d'attachement à la secte qu'envers son propre père - et je peux dire que c'était le résultat de mes actions. Pour elle, j'étais moins un père qu'un chef de la secte."

Beth dit que l'église désigna un type et une fille pour lui servir de gardiens, et elle resta à Clearwater, à des milliers de kilomètres de ses pères et mères, et de sa soeur.



Ray Emmons est ancien officier de police de Clearwater, spécialisé dans les affaires scientologiques, parfois questionné par des gens qui voulaient quitter l'église. Il dit avoir été surpris du nombre de scientologues désireux d'abandonner leur famille. "Femmes et Maris se séparant, ou enfants séparés de leurs parents," dit-il.

"Dans la majorité des cas, ce furent les parents qui partirent, dégoûtés de la scientologie, alors que les enfants y restaient; les parents partaient en laissant leurs enfants." 



Moins d'un an plus tard, Beth décidait à son tour de partir.

Elle était dans la confusion. Elle avait dit à ses chefs qu'elle voulait revenir en Californie.

En 1983, elle demanda une permission, que ses chefs acceptèrent . On organisa son voyage vers chez son père, au Colorado.

Mais le jour du départ, l'officier d'éthique du Fort Harrsion la fit appeler; (l'officier d'éthique, c'est la personne qui s'occuppe des gens qui ne respectent pas les règles scientologues). Son gardien était là. Il l'accusa de vouloir partir pour de bon. "C'était ignoble, dit Beth".

Trois heures avant le voyage, ils étaient encore à discuter de ça. "Je sentais qu'ils ne voulaient pas vraiment que je parte," dit Beth.

Finalement, elle dit à son gardien "Bon, je vais y aller, maintenant."

Elle prit un bus sciento pour aller du Fort Harrison au Quality Inn faire ses bagages. Un autre bus devait l'emmener à l'aéroport de Tampa. Elle attendait devant le Quality Inn, et le bus ne venait pas. La pluie commença à tomber. Une heure avant le départ, toujours aucun bus scientologique.

"J'étais complètement surexcitée, je ne savais que faire".

D'autres scientologues vinrent, disant qu'ils allaient aussi à l'aéroport. Elle leur demanda si elle pouvait les accompagner; dans la voiture, l'un d'eux lui dit "Est-ce que tu as l'autorisation de partir, au moins?"

Elle avait l'autorisation, mais les officiers d'éthique lui avaient parlé de telle manière qu'elle avait l'impression de ne pas l'avoir.

"J'avais l'impression de m'évader, dit-elle; je m'évadais de cette pression, de ces gens qui me culpabilisaient parce que je voulais partir; je n'avais personne de mon côté, personne pour m'aider."

Elle prit l'avion de Tampa au Colorado. Elle revint ensuite chez sa mère et sa soeur à Los Angeles.

Peu après, toute la famille Erlich avait quitté la secte.

Pour Kristi et sa mère, la rupture eût lieu parce que l'école - qui entretenait des scientologues - se disputa avec l'église.

Kristi entra dans une école publique de Glendale. "Ce fut un tel choc pour moi... toutes mes notes descendirent , ça ne m'intéressait plus; j'ai abandonné en première car je n'arrivais pas à m'y faire," dit-elle.

Après son départ:  "Je n'avais plus ces 'données stables' auxquelles me raccrocher".

L'une de ces idées fixes étaient l'insistance de l'église pour un monde sans drogues.

"J'ai fini par traîner dans les rues, pendant une certaine période; je pris des tas de drogues à ce moment-là. Ce n'est qu'ainsi que je me sentais bien."

Elle raconte qu'elle se rendit compte qu'elle était  comme enlisée; elle obtint quelques séances de conseil et se débrouilla mieux. A 23 ans, Kristi est à l'université.

Dennis Erlich, 44 ans, regrette d'avoir amené sa famille en scientologie. Il dirige maintenant une petite affaire à Los Angeles. Et côté sciento, il publie un journal "The inFormer" (l'informateur) pour les anciens scientologues.

"Je ne crois pas que quiconque puisse comprendre le remords que je ressens d'avoir exépdié mes gosses dans ce monde aliénant, pervers, et répressif. Je prie pour que cette histoire serve d'avertissement : "LA SCIENTOLOGIE EST DANGEREUSE POUR LA SANTE MENTALE ET PHYSIQUE DE VOS ENFANTS!"

Il est bourré de remords, dit Beth. Il dit toujours à quel point il se sent mal de l'avoir fait.

A 24 ans,  Beth est mariée et vit en Californie. Elle dit avoir réussi avec les honneurs un examen universitaire en design.

Lorsqu'elle a quitté Clearwater en 1983, elle s'est rapidement rendu compte qu'elle ne remettrait jamais les pieds en scientologie. Mais certaines des doctrines sciento sont dures à laisser tomber. La scientologie hait la psychiatrie, et il a fallu des années avant que Beth ne se décidât à demander de l'aide pour faire taire les douleurs qui la poursuivent depuis  son enfance inhabituelle.

Elle dit que ça a été très dur de bâtir une relation réelle avec son père, mais qu'elle essaie.

"Ce n'est pas comme quand on a une vie normale. Je ne crois pas que ça le deviendra jamais. C'est un moment qui a compté énormément."


Note de Dennis Erlich : Mes filles ont eu bien du courage de participer à cet article. Elles se débrouillent bien, maintenant.


Note du traducteur: mes propres enfants sont entrés en scientologie avec leurs père et mère à 11 ans. Heureusement pour eux, nous avons manqué de peu de devenir des scientologues totalement fanatisés. Leur mère a toujours refusé de voir se transformer notre maison en centre sciento à 1000 pour cent; nos chambres ont servi de salle de cours, la photocopieuse était derrière notre lit, l'atelier transformé en sauna, mais le bâtiment suivant que nous avons acheté nous laissait de la place. Quand mon aîné a commencé à économiser sur son tout petit salaire de scientologue (à 60 heures la semaine)  pour s'offrir une moto à 17 ans,; mais il a fallu qu'il emploie tout et plus de cet effort pour payer des services scientologiques.  ailleurs que dans notre groupe.

Puis ils ont décidé, vers 16 ou 17 ans, de partir à la Sea Org et de signer leur contrat d'un milliard d'années; mais les mensonges proférés quant aux conditions de vie leur ont fait faire rapidement demi-tour; nous ne les avions pas assez bien endoctrinés, sans doute!

Mais des années plus, ils n'ont toujours pas oublié leur adolescence volée et gâchée.
Et mon frère, que nous avons amené en scientologie, y a déjà gâché plus de 20 ans. Il vous dira bien entendu le contraire, et paraît heureux. La vérité, c'est qu'il est  sous contrôle total du système.

J'espère le voir sortir de cette pétaudière démente un jour.

Roger Gonnet

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