Environ un tiers des gens à qui on a montré une fausse publicité décrivant une visite
à Disneyland racontent ensuite comment ils ont rencontré et serré la main de Bugs Bunny, disent
qu'ils s'en souviennent ou affirment que cela leur est bien arrivé.
D'après les chercheurs sur la mémoire, Jacquie Pickrell et Elizabeth Loftus de l'Université
de Washington, le scénario décrit par l'annonce ne s'est jamais produit puisque Bugs Bunny est un
personnage de dessin animé de la Warner Bros que l'on ne risque pas de croiser dans une propriété
de Walt Disney. Pickrell tiendra deux conférences à ce sujet lors de l'intervention annuelle de l'APS,
la Société Américaine de Psychologie, le dimanche 17 juin à Toronto et lors d'une séance
annexe de la Société de Recherches Appliquées sur la Mémoire et la Cognition à
Kingston, Ontario, le mercredi.
"La chose la plus effrayante qui ressort de cette étude c'est qu'elle démontre à quel
point il est facile de créer de faux souvenirs" a expliqué Pickrell, étudiant en doctorat
de psychologie à l'Université de Washington.
"Il n'y a pas que des gens à qui un thérapeute peut implanter un faux souvenir ou bien ceux
qui sont témoins d'un accident et dont la mémoire défaille qui peuvent avoir de faux souvenirs.
La mémoire est très vulnérable et très malléable. Les gens ne sont pas toujours
conscients des choix qu'ils font. Cette étude met en évidence le pouvoir des évocations subtiles
sur les souvenirs."
Cette recherche est la suite de l'étude non-publiée effectuée par Loftus, professeur de psychologie
à l'Université de Washington, honorée par L'APS cette semaine, ainsi que Kathryn Braun, lauréate
du Prix William James Fellow, prix attribué pour la recherche en psychologie. Kathryn Braun est une universitaire
de l'Harvard Business School. Rhiannon Ellis, ancien étudiant de l'Université de Washington, actuellement
thésard à l'Université de Pittsburgh est co-lauréat. Dans l'étude originale,
16 % des gens exposés à cette annonce de Disneyland étaient persuadés qu'ils avaient
effectivement rencontré le célèbre lapin.
Au cours de cette nouvelle recherche, Pickrell et Loftus ont divisé 120 sujets en quatre groupes. On
a dit à ces personnes qu'ils allaient devoir évaluer une annonce publicitaire, remplir plusieurs
questionnaires et répondre à différentes questions à propos d'un voyage à Disneyland.
Le premier groupe a lu la pub générique de Disneyland, où aucun des personnages de dessins
animés n'était mentionné. Le second groupe a lu le même document et fut exposé
à la vue d'une figurine en carton de Bugs Bunny de 1.2m de haut, placée dans la pièce où
se réalisait l'expérience. Aucune mention de Bugs Bunny dans la pub en question. Le troisième
groupe, qu'on appellera groupe Bugs, fut soumis à la lecture de la fausse publicité de Disneyland
où il était question de Bugs Bunny. Le quatrième groupe, lut non seulement la fausse annonce
mais fut soumis à la vision du lapin en carton.
30% du groupe Bugs Bunny déclaraient qu'ils se souvenaient ou affirmaient qu'ils avaient rencontré
Bugs Bunny lors de leur visite à Disneyland et 40% des personnes du groupe quatre dirent de même.
"'Se souvenir' signifie que ces personnes se rappelaient vraiment avoir rencontré et serré
la main de Bugs Bunny" a expliqué Pickrell. 'Savoir' signifie qu'elles n'en ont pas un réel
souvenir mais qu'elles sont certaines que cela est réellement arrivé, de la même façon
qu'elles n'ont pas le souvenir d'avoir eu le cordon ombilical coupé à la naissance mais qu'elles
savent que cela est vraiment arrivé.
"Le fait de créer un faux souvenir est un processus. Quelqu'un disant 'Je sais que ça pourrait
être arrivé' en est à la première étape de la création d'un souvenir.
Si vous croyez vraiment avoir eu Bugs Bunny en face de vous, vous avez un souvenir".
De plus Pickrell a expliqué qu'il y avait un problême quant aux conséquences des faux souvenirs,
qu'on pourrait appeler l'effet de vague. Les gens qui ont participé à l'expérience et qui
ont lu la fausse annonce risquaient davantage de parler de Bugs Bunny en l'assimilant à d'autres détails
non suggérés, par exemple voir Bugs Bunny et Mickey Mouse ensemble ou voir Bugs Bunny dans la "Grande
Parade Electrique".
"Nous sommes très interessés par la façon dont les gens créent leurs références
autobiographiques ou leurs souvenirs. Il serait possible d'altérer leurs propres souvenirs par ce procédé"
a-t-elle expliqué. La publicité faisant appel à la nostalgie opère de façon
similaire. Hallmark, McDonald's et Disney utilisent très efficacement la "publicité nostalgique"
qui permet de modifier la façon d'acheter des clients. Vous pouvez ne pas avoir été complètement
enchanté la dernière fois que vous êtes allé à Disneyland ou à McDonald's,
mais les publicités peuvent faire appel à certains souvenirs pouvant alors vous persuader et créer
l'impression que vous avez en fait passé un moment merveilleux. Si les annonces publicitaires peuvent faire
croire aux gens qu'ils ont eu une expérience qu'ils n'ont jamais vécu, alors c'est vraiment puissant.
"Le fait est que notre étude prouve que c'est l'annonce bidon fait la différence. Ce n'est pas
parce que vous lisez une bande dessinée de Bugs Bunny ou que vous en entendez parler, que vous allez vous
mettre à croire que vous l'avez rencontré. C'est l'annonce qui le provoque".
Note: Cet article a été tiré d'une publication de l'Université de Washington à
l'attention des journalistes et du public. Si vous désirez en citer des parties, vous voudrez bien créditer
l'Université de Washington en tant que source originale. Vous pouvez y inclure le lien ci-dessous:
http://www.sciencedaily.com/releases/2001/06/010612065657.htm
Sten-Arne Zerpe (Suède, ingénieur) explique une des expériences qu'il a effectuée
par rapport à l'audition scientologique et l'électromètre
J'ai fait pas mal d'expérimentations à l'électromètre, et je vais vous en raconter
une qui ne manque pas d'intérêt. Il ne s'agit que de l'un des tests intéressants et effarants
que l'on peut pratiquer avec l'électromètre. Voici:
J'ai demandé à l'un de mes amis d'écrire un conte complètement dingo, plus ce serait
crétin, mieux ce serait. Il fallait qu'il fasse comme s'il s'agissait de quelque chose qui pouvait être
personnellement arrivé à quelqu'un. Ensuite, il m'a passé son histoire.
Je l'ai alors lue complètement et soigneusement, elle était amusante; il s'agissait d'avoir été
capitaine d'un navire de l'espace et d'une série de détails assez vilains, tout à fait le
genre Space Opera, guerre des étoiles etc. C'était bien sûr pure science fiction, mais au moins,
on était sûr que ça ne pouvait venir de mes souvenirs, et que je n'en étais pas l'auteur.
Quand j'ai fini de la lire et de bien la comprendre, que je l'ai bien intégrée, si l'on peut dire,
on a pris l'électromètre. Je me suis fait "auditer sur cet "incident" et bang! l'électromètre
a produit des séries de réactions bien nettes, qui sont devenues de plus en plus nettes au fur et
à mesure qu'on repassait l'histoire- comme ça se pratique en audition - et au bout de quelques passages,
l'histoire semblait vraiment faire partie de mes propres souvenirs. On a arrèté la "séance"
d'audition à ce moment-là, il n'y avait bien sûr aucune raison de continuer comme si on allait
partir à la pèche d'un "phénomène final". Nous nous sommes en quelque
sorte prouvé que l'audition pouvait transformer un faux souvenir en un vrai souvenir. J'ai
encore présent à l'esprit, intellectuellement parlant, que ce souvenir est une fiction inventée
par mon ami, mais je m'en souviens par ailleurs comme s'il était vivace, et comme si c'était vraiment
moi qui l'avais vécu. Je ne peux pas vraiment faire la différence entre celui-là et d'autres
souvenirs vraiment réels; dans ma mémoire, il est comme les autres .
D'autres peuvent refaire cette expérience pour confirmer que c'est ce qui a lieu durant l'audition. Faites
écrire un truc à quelqu'un d'autre, lisez-le jusqu'à ce que vous ayiez bien compris et intégré
l'histoire, puis auditez-le à l'électromètre. Sachez que cette histoire fera ensuite partie
de votre existence, donc, si ça ne vous gène pas d'avoir ça, faites l'expérience.
Vous pouvez donc comprendre désormais pourquoi je suis fortement convaincu que l'audition crée de
faux souvenirs et que l'audition est une forme de contrôle mental. Hubabrd le savait très bien et
ne s'en est servi que pour les contrôler. J'imagine que les lecteurs peuvent dès lors comprendre pourquoi
je m'attaque si vivement à la scientologie dans le monde.
Phénomène final: les évènements prédéterminés qui indiqueraient
qu'un procédé d'audition scientologique est achevé - il s'agit en principe d'un genre de prise
de conscience, ou du fait que le procédé ne fournit plus de réactions, etc.
Réponse à Sten Arne venant d'une autre critique de la secte, Monica Pignotti, (USA, psychologue,
spécialisée dans l'aide aux vicitmes de sectes, ancienne scientologue)
"Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Il m'est arrivé quelque chose de très semblable
par l'expérience que j'ai de l'audition scientologique, voici plus de 25 ans. J'en suis sorti et réalise
maintenant au niveau conscient combien ces histoires de vies passées étaient irréelles. Je
me rends cependant compte que nombre d'entre elles sont encore présentes en moi comme s'il s'agissait de
souvenirs tels que les décrit Sten Arne. J'ai récemment vu un film avec Anne Frank, avec des scènes
dures au camp de concentration. Quand j'avais été auditée, j'ai "revécu"
ces hirtoires d'holocauste et de mort dans un camp de concentration. Cela me vint comme un "incident antérieur
similaire" au fait que j'étais furieuse d'avoir été envoyée au camp de concentration
privé de la scientologie, le RPF. Quand j'ai revu le film avec Anne Frank, ça m'est revenu comme
si j'étais moi, dans ces camps de concentration nazi. Je me suis rendu compte que cela me revenait de mes
auditions passées - où j'avais cru être morte au camp.C'est toujours présent, mais je
sais consciemment que je n'ai pas vécu ces choses.
Cependant, je ne suis pas tout à fait d'accord avec Sten Arne, sur le fait qu'on ne puisse faire la différence
entre les faux et les vrais souvenirs; il sait en fait que c'est un faux par différentiation à un
niveau ou un autre, sans quoi il ne pourrait le dire, un peu comme les scientologues qui savent qu'ils ont vécu
telle histoire durant leur audition .../...
Point intéressant: mon expérience de la chose digffère de celle de Sten du fait que j'ai reconnu
depuis un moment que ces images étaient virtuelles et ne représentaient pas des choses qui m'étaient
arrivées, et qu'ainsi, je pouvais m'en débarrasser et ne plus les avoir. Cela pourrait venir d'une
différence d'aptitude à croire en ce qu'on peut contrôler ou non. M'étant rendue compte
que ce n'étaient pas de vrais souvenirs, je pouvais les faire disparaître, et n'avoir plus rien à
ramener. Je ne pense pas que l'on ait ces souvenirs à jamais imprimés en soi."
Le webmaster Roger Gonnet (France), auteur, critique de la secte scientologie, répondant aux deux
participants:
Mon avis diffère un peu. Je crois tout simplement que l'on n'oublie pas certaines choses, mais qu'on
en oublie d'autres, en raison de l'importance qu'elles ont pour soi. Ainsi, on constate souvent que les amnésiques
savent toujours parler comme ils le faisaient auparavant, mais qu'ils ont parfois oublié qui vous êtes,
quand-bien même vous seriez leur frère ou leur nièce. Compte tenu de l'importance de l'expérience
menée par Sten-Arne, rien d'étonnant donc à ce qu'il s'en souvienne très clairement,
alors qu'il a peut-être oublié une partie des "souvenirs" qu'il a "vus" en scientologie..
Rien de surprenant non plus pour moi à ce qu'on ne puisse faire directement - d'un coup - de différence
entre les faux et les vrais souvenirs, c'est à dire, si on ne les remet pas dans leur contexte d'origine
(par exemple, l'audition, ou les questions qu'on vous posait quand vous témoigniez d'un fait, etc).
J'ai vécu récemment - suite à un passage en coma (une douzaine de jours) et à l'administration
de composés morphiniques à cette occasion, de faux et des vrais souvenirs (les faux souvenirs correspondant
ici à des délires sous drogues, un genre très particulier de rèves, tandis que les
"vrais" sont des faits observés alors que j'étais dans le coma), mais je peux trouver maintenant
un "moyen" de vérifier quels sont ceux qui sont dus au "délire de la maladie"
ou ceux qui ont eu vraiment lieu, même si je suis parfois obligé de poser des questions pour vérifier
de simples détails; dans ce "cas extrème" du coma sous hallucinogènes que j'ai vécu,
il pourrait m'être impossible de déterminer quel souvenir vient du délire ou quel souvenir
est fondé sur le réel, pour la période écoulée; seule la logique générale
me le permet. Ajoutons que je n'avais plus de confusions entre les deux à peropos des sujets importants
ou majeurs arrivés durant cette période, au bout d'environ un mois. Le plus surprenant est qu'en
réalité, les souvenirs basés sur la réalité sont simplement "présents"
ici, sans logique particulière, tandis que ceux qui partaient de ce délire morphinique ont une "logique
interne" bien spécifique.
(Mais cela dit, je suis tout à fait incapable de me souvenir de certains détails de mon coma;
contrairement à ce que prétendent Hubbard et la scientologie, on n'a aucune chance de se souvenir
de tout ce qu'on a vécu, même dans cette vie-ci, et en particulier au cours de périodes
comateuses; toutefois, on se souvient bel et bien de certains éléments vécus sous coma: la
différence est de taille. La mémoire eidétique dont parle le gourou n'a donc jamais
eu la moindre réalité pour qui que ce soit.)
D'autres éléments posent aussi quelque problème de taille à qui étudie la
mémoire ou les "vies antérieures" - entre autres, pourquoi les "sensations d'avoir
déjà vécu çà" ou "d'être déjà passé
par là". Il est probable en fait que ces impressions - même très fortes - ne sont
que des réminiscences de choses dont bien des détails différeraient.
I'll reply to Monica and Sten Arne here, since I've another specific thing to relate re memories,
false memories etc.
My opinion differs a bit; I believe that one does not forget some things because of their relative importance for
self, while some less important (or too old) can be forgotten. One can see by instance people suffering of amnesias,
but never forgetting how to speak their mother language. Sten-Arne's experiences had an importance for him, so,
he'll probably never forget the concept itself -even if he could forget some details. Same, he can have forgotten
some of its "past-lives" audited while he was a scientologist.
Nothing surprising either that making the differentiation between a false and a true memory could be difficult
at first - at least as long as one does not replace them in their original context, like "I remembered this
when my auditor or counsellor or a cop asked me".
I've recently lived a very special experience, since I went in coma for 12 days when ill, and was drugged with
morphinic compounds then. I got then two sort of memories; the first ones were really based on reality, while the
second ones were born from my own delirium under drugs. That's a very special sort of memories, but I'm nevertheless
able to separe the false ones from the true ones, far less numerous indeed, and less precise sometimes. Sometimes
I've had to ask questions to those present to be able to separate the 2 categories. Only the general logic present
can allow this. The most amusing thing about that is that the delirious ones are those containing some sort of
logic, while the false ones are simply "there to be observed". Indeed, the whole delirium had a "story,
a form of logic" in it.
[this said, and contrary to Hubbard's and scientology allegations, I've lots of memories from this coma, but nothing
like an **eidetic memory** of what happened in it]