Tampa Tribune,
Rick Barry
CLEARWATER - Il y a eu une trève en ville- une trève délicate- entre les habitants et le
gorille de 2 tonnes qui a atterri là voici 25 ans et commencé à refaire à sa façon
les jouets Tonka pour satisfaire ses besoins grandissants. Les chasseurs de combat ont survolé la zône
quelques temps, de petites bandes de soldats ont tenté de le ligoter, de le ralentir et d'examiner sa tanière
pour deviner ses intentions - peut-être ses faiblesses. Mais il n'a cessé de grandir depuis. Et de
devenir plus fort, pendant qu'il grandissait. Et ses besoins n'ont cessé de croître, sa force aussi.
Et il continue, presque sans surveillance.
A l'exception de quelques coups de dents et de quelques fléchettes de temps à autre, on a généralement
laissé l'animal tranquille, il paraissait plus docile. Les habitants continuèrent leur train-train-
en ne s'occupant plus guère- enfin, l'anxiété demeurait - de sa massive présence .
Mais voilà qu'un mainate bruyant, si pas imposant, construit son nid juste dans la cour de la bête.
Et amène avec lui une demi-douzaine d'autres mainates, sans compter une arme qui pourrait bien gèner
la bëte.
Avant de pénétrer plus loin dans la parabole, expliquons à ceux qui ne connaissent pas
assez Clearwater et y sont arrivés après que Lisa Marie Presley [scientologue elle aussi,ndt] en
soit repartie, que la bête, c'est l'église de scientologie, propriétaire de 37 biens différents
en ville valant plus de 250 millions de F , selon un expert.
L'expert Smith dit que 140 millions sont exemptés d'impôts, car ils seraient exclusivement utilisés
pour des fins religieuses. Le reste paie les taxes.
En payant un peu moins de 2,5 millions d'impôts annuels, l'église est parmi les 5 plus gros contribuables
de Clearwater.
Ah, mais on a un nouveau payeur de taxes: un certain Robert Minton, du New Hampshire, de Boston et de Londres.
Il achète résidence et un bâtiment proche des quartiers généraux de la scientologie,
où il installe le Trust Lisa Mc Pherson, Inc.
La signature est pour le premier janvier. Ce jour-là, les choses vont devenir vraiment intéressantes
dans les parages.
Toujours prèt à calmer les esprits, le manager de la Ville, Mike Roberto, dit qu'il sera heureux
de rencontrer Minton et de l'incorporer à son plan "Une Ville, Un avenir."
Minton va fournir on groupe de tête, composé de six personnes dont quatre sont d'anciens scientologues
de très haut niveau, pour conseiller les membres de l'église et leurs familles désirant entamer
des "interventions", "afin de les en faire sortir".
Et la fondation va commencer à glaner des infos pour les initiés scientologues qui arrivent à
Clearwater et y sont cloîtrés, dit-il, afin de leur faire comprendre ce qui se passe dans leur église
- surtout, ce qu'en pensent les critiques
Il tentera aussi de publier les pratiques de la scientologie - férocement conservées comme "secrets
de commerce", afin que les néophites sachent où ils vont mettre les pieds, émotionnellement
et financièrement.
Il fournira tous les fonds de lui-même, au moins dans les débuts. Si la famille Mc Pherson gagne
son procès contre l'église, les fonds seront partagés avec le Trust, dit-il. Il a déjà
dépensé près de 18 millions de F à lutter contre la scientologie, et en dépensera
davantage contre une organisation dont il pense qu'elle détruit les vies de ses adeptes, ainsi que les critiques,
leurs amis et leurs familles.
Minton jure ne pas être là pour détruire la scientologie. Il concède qu'il ne le
pourrait pas, même s'il voulait. "Mais s'ils tiennent à être traîtés comme
une église, qu'ils agissent comme elles."
Les scientologues lui hurlaient dessus lorsqu'il est arrivé le mois dernier: "Eh, qu'est-ce que
tu fous dans NOTRE ville ? "
Bon, "si c'est la ville des scientologues, nous a-t'il dit, alors, on va la libérer."
trad: roger gonnet