(New York, le 20 juin 2000) -- Des centaines de milliers d'enfants d'agriculteurs travaillent dans des conditions
dangeureuses et lamentables aux Etats-Unis, a signalé aujourd'hui un rapport de Human Rights, rapport disponible
à: http://www.hrw.org/reports/2000/frmwrkr/ ) .
Le groupe international de défense des droits a découvert que les enfants des cultivateurs travaillaient
douze à quatorze heures par jour, risquaient l'empoisonnement par les pesticides, des malaises dûs
à la chaleur, des blessures morales et une incapacité à affronter la vie. La grande majorité
de ces enfants d'agriculteurs est d'origine latino-américaine.
Les lois régissant le travail des mineurs en agriculture sont nettement moins strictes que celles dans d'autres
secteurs de l'économie, dit Human Rights Watch, et permettent que les enfants travaillent plus tôt,
pendant plus longtemps, et dans des conditions plus risquées que dans d'autres secteurs.
"Le travail à la ferme est le le travail le plus dangereux de ceux qui sont tolérés dans
ce pays", disait Lois Whitman, Directeur exécutif de la Division des Droits des Enfants chez Human
Rights Watch. "Les lois américaines devraient être modifiées afin de protèger la
sécurité, la santé et l'éducation de tous les enfants."
La loi fédérale de 1938 régissant ce type de travail exempte spécifiquement les jeunes
ouvriers agricoles d'un âge minimal et d'un nombre maximal d'heures de travail. Au niveau des états,
dix-huit d'entre eux n'ont pas d'âge minimal pour le travail à la ferme, et dans certains autres il
peut descendre à 9 ou 10 ans.
Le rapport, "Fingers to the Bone: l'echec des US à protèger les enfants agriculteurs",
s'est particulièrement interessé aux enfants de treize à seize ans. Certains d'entre-eux ont
dit à Human Rights qu'ils pouvaient travailler jusqu'à 70 ou 80 heures par semaine. Souvent, leur
journée de travail commence avant l'aube.
"Fingers to the Bone" a résumé une quantité d'entretiens avec des enfants cultivateurs
et des avocats de cultivateurs, il en ressort que:
Les jeunes cultivateurs sont systématiquement exposés à de dangereux pesticides, souffrent
de maladies de peau, maux de tête, vertiges, nausées et vomissements. A long terme, les conséquences
de l'empoisonnement par les pesticides entraînent cancers, dommages au cerveau, problêmes d'apprentissage
et de mémoire.
Beaucoup de jeunes agriculteurs sont forcés de travailler sans pouvoir se rendre aux toilettes, à
des lavabos pour se laver, ne disposent pas d'eau potable, trois exigences sanitaires essentielles. L'absence de
possibilité de se laver les mains contribue à l'empoisonnement par les pesticides et aux infections
bactériennes, ceci, ajouté au manque d'eau potable peut mener à la déshydratation et
à des maladies dûes à la chaleur. Les enfants travaillent souvent alors que la température
atteint 100° F (38° C).
Les enfants travaillant en agriculture souffrent de quantité de blessures au couteau et également
provoquées par des machines plus lourdes. Les enfants cultivateurs représentent 8 % des travailleurs
mineurs, mais souffrent de 40 % de l'ensemble des accidents du travail chez les enfants.
Les longues heures de travail nuisent à l'éducation des enfants qui travaillent aux champs. Aux USA,
statistiquement seulement 55 % d'entre-eux finissent le lycée. Parmi les douzaines qui ont été
interviewés par Human Rights, presque tous avaient abandonné l'école pendant une période
importante.
Les jeunes agriculteurs sont souvent trompés sur le salaire qui leur est du, et beaucoup d'entre eux
ne touchent pas le salaire minimal. Certains de ceux interviewés par Human Rights ont fait part de salaires
ne dépassant pas 2 dollars l'heure. Alors qu'actuellement, le minimum fédéral se situe à
5,15 dollars. [on notera que le salaire minimal français est supérieur à celui dun pays
le plus riche du monde, ndt]
Human Rights Watch a demandé au Congrés d'amender la loi sur le travail aux US afin d'en finir avec
la discrimination envers les enfants travaillant à la ferme. Il s'agit de la loi appelée "Acte
sur les Normes de Travail (FLSA)", qui exempte spécifiquement les jeunes travailleurs agricoles de
l'âge et du temps de travail minimum qui protége les autres enfants. Dans d'autres travaux, le FSLA
interdit l'emploi d'enfants de moins de quatorze ans et limite le temps de travail des enfants de moins de 16 ans
à 3 heures par jour, lorsqu'ils sont en période scolaire. De plus le FLSA permet aux enfants de 16
à 17 ans de travailler dans des conditions dangereuses en agriculture, alors que cet âge est relevé
à 18 ans dans tous les autres secteurs.
"Un enfant de douze ans peut travailler un nombre illimité d'heures dans une ferme, mais cela lui est
interdit dans un Fast-food", disait Lee Tucker, conseiller de Human Rights Watch et auteur de ce rapport.
"Il n'y a pas de raison valable d'avoir une norme à double vitesse".
L'année dernière, les US furent parmi les premiers pays à ratifier un nouveau traité
au sujet des pires formes de travail chez les enfants. Le Congrés a récemment refusé des profits
commerciaux aux pays en voie de développement qui n'observaient pas les clauses du nouveau traité.
Mais les USA eux-même, ne les appliquent pas, signale Human Rights.
Human Rights Watch a demandé au Département du Travail de combattre davantage et de façon
plus vigoureuse les violations des lois existant déjà, y-compris celles traitant du salaire minimum
et a demandé à l'Agence de Protection de l'Environnement de mieux protéger les enfants face
à l'exposition aux pesticides. L'Administration de la Sécurité dans le Travail et de la Santé,
devrait étendre l'imposition aux règles sanitaires, a dit Human Rights Watch, et tous les états
devraient porter à au moins 14 ans l'âge minimal du travail agricole.
Les témoignages de "Fingers to the Bone" sont accessibles à: http://www.hrw.org/campaigns/crp/farmchild/testimonies.htm
Je signale par ailleurs que l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) vient de remettre son rapport sur
la qualité du système sanitaire des pays du monde.
La France a récolté la Première Place. Les Etats-Unis, pays d'extrèmes, sont à
la ... 37e place.