Le monde, 19 septembre 2001. Par Yves Eudes et Géraldine Faes
Depuis le début de 2001, un organisme baptisé " STC Publications" (apparemment sans lien
avec les éditeurs d'ouvrages scientifiques britannique et américain du même nom) possède
un portail Internet de propagande islamiste en langue française baptisé Stcom. Il est officiellement
administré par Smaïn Bedrouni, domicilié à Sardent, dans la Creuse, mais hébergé
aux Etats-Unis sur le serveur d'un grand prestataire commercial. En quelques mois, Stcom s'est imposé comme
l'un
des sites de référence pour les partisans francophones du Djihad. Comme tous les sites d'actualité,
il consacre désormais sa page d'accueil aux attentats du 11 septembre. Il publie une lettre de condoléances
adressée au président des Etats-Unis par des organisations musulmanes françaises, mais, par
ailleurs, un éditorial impute la responsabilité des attaques aux services secrets américains
et israéliens, "désireux de reprendre le contrôle de la production d'héroïne
en Afghanistan".
Comme auparavant, le portail donne aussi accès à six sites militants consacrés à l'Afghanistan,
la Tchétchénie, les Philippines, l'Indonésie, le Cachemire et la Palestine, tous illustrés
de photos d'atrocités commises par les ennemis de l'islam.
Sur le site afghan, qui se félicite de la disparition du commandant Massoud, on peut voir une interview
en vidéo d'Oussama Ben Laden, antérieure à la destruction du World Trade Center. Sur le site
tchétchène, le leader Chamil Bassaev "exprime ses condoléances pour la perte des citoyens
et des familles américaines", mais attribue la responsabilité des attentats à la Russie....
En juillet, l'association française J'accuse, créée pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme
sur Internet, avait signalé l'existence de Stcom au parquet de Paris. Selon Marc Knobel, président
de J'accuse, le parquet a ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade
des affaires sanitaires et des libertés publiques, qui devait prochainement entendre Smaïn Bedrouni.
Cependant, l'audition pourrait s'avérer difficile : contacté par téléphone, le propriétaire
du magasin loué par M. Bedrouni à Sardent affirme ne pas avoir vu son locataire depuis plusieurs
mois. Au lendemain des attentats, J'accuse a rappelé aux médias l'existence de Stcom. Depuis le 13
septembre, le site est accessible par intermittence, et semble connaître des problèmes techniques.
Le 16, sa propriété a été officiellement transférée à un certain
M. Blatrier, résidant à Londres. En revanche, il est toujours
hébergé sur les serveurs de la même société américaine.
[nota: Bedrouni est lié à Erick Dietrich, défenseur des sectes. Voir ce nom.]
Sur le site de Raël,
> http://www.subversions.com/french/pages/bnews.html# le triste sieur Dietrich a toujours droit à sa
page d'interview avec un soi-disant RG. Rappelons que Dietrich est étroitement lié à une mouvance
islamique extrémiste qui prône l'action terroriste et soutient des propos antisémites plus
que virulents, disons même ignobles.
> [...]
(extrait d'un message 3BA9FC50.4359028C@netcourrier.com internet sur le newsgroup fr.soc.sectes, le 19 septembre
2001; l'URL vérifiée donnait en effet ce lien Dietrich/FLIP-Bedrouni)
Explications: Dietrich est un des ténors de L'Omnium des Libertés dont
la tâche essentielle consiste à défendre les sectes et attaquer (souvent en les diffamant)
leurs critiques.
Par ailleurs, Xavier Martin-Dupont signale que Bedrouni a repassé son nom de domaine à un anglais
supposé; voici les coordonnées:
Registrant:
>STC (STCOM3-DOM)
> Mr. BLATRIER
> 150 Blisterne Avenue
> LONDON, UK E 17- 3 QT
> UK
>
> Domain Name: STCOM.NET
>
> Administrative Contact, Technical Contact, Billing Contact:
> BLATRIER, MR (EFHBOZQVWI) sifoullah@HOTMAIL.COM
> STC Publications
> 150 Blisterne Avenue
> LONDON, UK UK E 17- 3 QT
> UK
> 07788616574
Le Figaro:
Interpellation dans l'affaire du site fondamentaliste.
Le responsable présumé du site internet "stcom.net" qui fait "l'apologie du terrorisme"
et "encourage les attentats suicides" a été arrêté mercredi matin à
Guéret (creuse). Smaïn Bedrouni, interpellé par des policiers à la demande du juge parisien
Jean-Pal Valat, apparaît comme le "contact administratif" de ce site français hébergé
aux Etat-Unins. C'est du moins son nom qui est mentionné
lorsque l'on fait des recherches sur Internet. Une information judiciaire avait été ouverte lundi
e confiée au juge Valat pour "apologie de crime d'atteinte volontaire à la vie". L'enquête
a été confiée à la brigade d'enquête sur les infractions aux technologie de l'information
(Befti). C'est elle qui a procédé à l'arrestation et à la mise en garde à vue
à Guéret de Smaïn Bedrouni.
Cette interpellation intervient alors que stcom.net semble défintivement inaccessible aux internautes. Une
première interruption s'est produite vendredi matin. Mais dès le débutr de l'après
midi le site était à nouveau accessible. Techniquement les autorités françaises ne
peuvent empêcher la diffusion en France de ce site hébergé aux Etats-Unis. Outre Atlantique
en vertu du premier amendement de la Constitution américaine sur la libre-expression de telles informations
peuvent être diffusée librement .
Selon le quotidien libération "Stcom.net" a été rendu inaccessible sours l'"action"
d'un "hackers".
"Je suis soulagé que ce portail soit inaccessible" explique Marc Knobel confondateur de "j'accuse",
la jeune assocaition antiraciste qui a révélé l'existence de ce portail. Mais je ne soutiens
toutefois pas des méthodes qui consistent à se faire justice soi-même."
Existe-t-il des liens entre ce portail fondamentaliste et les récents attentats qui ont touché les
Etats Unis ? Il est trop tot pour le dire. Mais en Allemagne, selon le journal ZDnet, un internaute aurait piraté
le 15 septembre la base de donnée du site allemand fondamentaliste Quoqaz.de. Et selon le
Spiegel qui a étudié cette listr, un des e-mails pourrait correspondre à celui des étudiants
qui sont soupçonnés d'avoir participé à la préparation des attentats.
Pour la petite histoire, la traduction française de ce site (quoqaz.fr) était accessible par le biais
du portail "stcom.net"
J.F.
Le Figaro édition du 20 Septembre 2001.
- traduction originale de Joe Cisar en anglais, retraduit en français -
Cinq ans avant les scrupules de Travolta envers la France, après que les US aient accordé l'exemption
d'impôt à la scientologie, les Scientologues faisaient les yeux doux aux machines de guerre moisies
de Khadafi]
Scientologues et fondamentalistes islamistes ont secrètement oeuvré ensemble depuis des années.
La mésalliance est terrifante quant aux visions du monde.
Berlin, Germany, vers le 15 octobre 1997
La manif devant l'Eglise du Mémorial berlinois avait des airs de démonstration pacifico-communiste
et de campagne d'élections à l'américaine. Des milliers de scientologues souriants faisaient
un lâcher de ballons colorés en exhibant des banderoles sur lesquelles on lisait "Fin de la tolérance
en Allemagne" et "La liberté fait l'amitié".
La secte avait fait s'envoler ses adhérents d'un peu partout au monde pour protester contre la prétendue
persécution en Allemagne. Quand Sabine Weber, porte-parole du groupe, prit la parole, les applaudissements
crépitèrent à l'accueil d'un groupe sympathique qui, à première vue, n'a point
de points communs avec l'association-façon-psycho made in USA: il s'agissait des musulmans résidant
en Allemagne. D'après Weber, "Ils ressentent les choses comme nous"
Cette accueil cordial inattendu avait de bonnes racines: depuis des années, les scientologues allemands
avaient tissé des liens étroits avec les fondamentalistes islamistes - pas tant pour leurs expressions
analogues d'âmes pieuses, certes, que pour défendre de forts intérêts communs.
Dès le début des années 90, les scientologues activaient leur organisation de façade
"Mouvement pour la Paix en Europe". Sous les auspices de cette association, la fonctionnaire sciento
Rosy Mundl entrait en contact avec le Milli Goerues, branche allemande du parti turc fondamentaliste Refah.
Milly Goerues est classé catégorie "extrémiste" par la Sécurité
Constitutionnelle allemande. Le chef du parti désire un état islamiste divin.
Mundl devint très vite une abonnée des QGs islamistes de Merheimer Strasse à Cologne-Nippes.
Elle se disait "très soucieuse" de "la suppression des musulmans" en Allemagne, engageant
dès lors Milli Goerues dans une alliance contre la république Fédérale. Signe de reconnaissance:
"Nous naviguons dans la même galère".
L'impression commune qu'ils étaient persécutés par le gouvernement, journalistes et autres
puissances infernales, ainsi que la prédisposition à une forte discipline des groupes, qui ne sont
pas pour autant liés par leur vision du monde - les firent se rapprocher. Ils se découvrirent une
communauté de vues sur au moins un point: les islamistes avaient fort envie d'apprendre comment les scientologues
s'y prenaient en matière d'affaires immobilières.
La scientologue Beate Topfer de Cologne, dont le mari est dans la construction, organisa pour les novices entrepreneurs
de Milli Goerues un séminaire au QG de leur groupe. "Elle enseigna aux hommes d'affaire les rudiments
des affaires", raconte l'ex-secrétaire général de Milli Goerues, Hassan Oezdogan. Les
islamistes manièrent le contact sciento "comme une relation au niveau international" - gardée
secrète.
C'est en 1994 que les parties en vinrent à fonder une société en commun: Oezdegan et Topfer
fondèrent la BAVG ["Beratungen, Anlagen, Verwaltungs- und Grundstücksverwertungs GmbH"
] - Consultants en Immobilier, Agencement, gestion et estimation]
La BAVG acquit l'hotel Restaurant "Zum Forellenwirt" à Overath-Klef près de Cologne.
L'auberge, 105 chambres, fut rénovée en centre de conférences communes. En janvier 95, Toepfer
et Oezdogan envoyèrent des invitations pour l'inauguration de l'idylle - entourée de fermes et forêts.
Le projet d'investissement s'avéra un fiasco: les banques ne pensaient pas donner de crédits à
la BAVG. Les paiements cessèrent quelques mois plus tard, l'ancien propriétaire reprenant son bien
après escarmouche devant les tribunaux.
L'approche idéologique ne marcha pas non plus comme espéré par la scientologie: à
la demande de Mundl, Oezdogan accompagna une délégation du "mouvement européen pour la
paix" dans l'ancienne république d'Azerbaïdjan. Si les scientologues furent accueillis au titre
"d'assistance humanitaire", Oezdogan se vit catalogué "interprète".
Le pire de la mésalliance se produisit lors d'un voyage des islamistes et des scientologues pour ...
célébrer la Révolution Lybienne en septembre 1994.
Les "amis de la Paix" durent demeurer stoïques sur l'estrade de Tripoli des heures durant, à
regarder défiler les chars. Oezdogan se souvient: "Ces tanks puaient terriblement".
Après la parade miliatire vint la réception de Khadafi, hors de Tripoli, en présence de
milliers de bédouins. Les visiteurs d'Allemagne n'eurent qu'une faible idée de la leçon politique:
on avait omis de traduire le discours du chef d'état khadafien.
Le contact scientologue avec les lybiens ne dura pas: le leader révolutionnaire - connu pour ses amitiés
sporadiquement variables avec d'excentriques et extrémistes du monde entier - eût tôt fait de
perdre tout intérêt en les sectaires.
Quant aux islamistes, obéissant aux instructions supérieures, ils prirent la poudre d'escampette:
le secrétaire général de Milly Goerues, Mehmet Erbakan, neveu du président turc et
ex-ministre, fit savoir à ses collègues directeurs son "peu d'enthousiasme" envers la sciento-connection.
Erkaban, pragmatique, en vint à la conclusion "que tout cela n'avait vraiment pas d'intérêt,
qu'il n'en sortait rien."
Oezdogan, qui avait été jusque là dogmatique, trouva en définitive une excuse philosophique
pour rompre les contacts avec la secte: "Ils n'avaient rien à faire de la religion, ce n'étaient
que le monde qui les motivaient". Oezdogan déclare devant ses associés: "La vision planétaire
de l'auto-proclamée "église" de scientologie était incompatible avec l'Islam, qui
prèche un "ordre équitable", qui refuse l'intérêt sur des prèts, et
exige qu'on s'occuppe des pauvres". Par opposition, déclare-t'il, la scientologie n'est qu'une idéologie
américaine adoratrice de l'argent".
L'organisation se fait aussi défendre par un certain Professeur André Dessart, de Namur (Belgique).
Celui-ci a fondé des associations aux noms pompeux et milite pour le pro-sectarisme. Mais il fut aussi
lié aux palestiniens et au Colonel Khadafi.