http://www.sptimes.com/News/112499/TampaBay/Scientology_prompts_r.shtml

La scientologie obtient une révision du cas Mc Pherson

THOMAS C. TOBIN


© St. Petersburg Times, 24 novembre 1999



CLEARWATER


Le médecin légiste en chef du Comté de Pinellas-Pasco, le Dr Joan Wood, a accepté de reconsidérer ses conclusions quant au décès de la scientologue Lisa Mc Pherson en 1995.

Les avocats de l'église de scientologie ont apporté au Dr Wood des preuves nouvelles qui - disent-ils - font douter de l'opinion formée par Mme Wood à l'origine de la mort de Lisa Mc Pherson, c'est à dire, que celle-ci était décédée par déshydratation grave lorsqu'elle était traîtée par les employés scientologues.

Les preuves scientologiques comprennent des déclarations sous serment des employés du laboratoire impliqué dans les premières analyses du fluide oculaire, une substance de type gelée claire, que les légistes utilisent pour connaître la condition d'un corps au moment du décès. Il y aurait aussi des informations de nature scientifique démontrant, selon l'église, que le décès de Mc Pherson n'avait pas de rapport avec la déshydratation.

Wood a annoncé qu'elle reverrait les matériaux et accepté de travailler de concert avec un toxicologue payé par l'église pour tester un second échantillon des fluides oculaires de Lisa Mc Pherson, de la valeur d'environ 20 % d'une cuillèrée à café, qui se trouve dans le laboratoire du Dr Woods depuis l'autopsie.

Le test pourrait avoir lieu au début de la semaine qui vient dans un labo proche de Philadelphie. Un expert, membre du personnel de Wood, y assistera, avec l'aide du Dr Frederic Rieders, toxicologue déjà connu pour avoir participé à la défense lors du procès contre O.J. Simpson.

"Nous recherchons la vérité", a dit Wood. "Si les chiffres sont inexacts, il nous faut le découvrir. Je pense que cela vaut mieux, pour eux comme pour nous."

Les faits dévoilés par le légiste sont un des éléments clé dans deux procès contre la scientologie. Trois ans après le décès de Lisa Mc Pherson, le bureau de l'avocat général du Comté de Pinellas-Pasco a incriminé l'église sur la base de : abus commis envers un adulte handicapé, et pratique illégale de la médecine. L'église doit faire face à des poursuites civiles pour homicide de la part de la famille Mc Pherson.

Doug Crow, procureur principal des poursuites criminelles contre la scientologie, s'est refusé à tout commentaire.

L'un des avocats de la scientologie, Lee Fugate, dit que si Wood modifie ses conclusions orignelles, "cela peut changer tout le terrain de jeu". Wood avait d'abord indiqué que la cause de ce décès était "indéterminée". Il est possible qu'elle annonce maintenant que la mort était accidentelle.

La révision est exigée par les règlements appliqués par le Dr Wood, règles qui contraignent un légiste "à reexaminer les éléments principaux si de nouvelles preuves crédibles sont présentées, quelle qu'en soit la source."

Les résultats du premier test du liquide oculaire en janvier 1996 ont donné des mesures extrèmes pour le sodium et autres substances du corps de Mc Pherson. Ce n'est pas le personnel de Wood qui avait mené les analyses, mais un laboratoire extérieur.

Ces chiffres avaient poussé Wood a déclarer publiquement que Mc Pherson était probablement inconsciente depuis 48 heures et qu'elle n'avait probablement pas eu de boissons depuis une dizaine de jours. Mc Pherson a passé 17 jours aux soins de ses collègues scientologues à l'hotel Fort Harrison, en bas de la ville de Clearwater.

Wood avait dit aux journalistes qu'elle était morte lentement, ce qui contredisait les avocats scientologues, prétendant qu'elle était morte soudain, d'une infection staphilococcique.

Les avocats scientologues avaient violemment réagi aux déclarations du Dr Wood, la traîtant de "menteuse haïssable". L'église a aussi poursuivi Wood en justice pour tenter d'obtenir ses dossiers sur ce cas.

Depuis qu'elle a eu ces résultats, voici plus de deux ans, l'église a prétendu que les résultats de ces tests étaient si élevés qu'ils n'étaient pas crédibles.

Les avocats de l'église disent aussi que les échantillons auraient été mal préparés, que les analyses auraient été mal faites et que les résultats contredisent les autres observations de l'autopsie.

Trad: roger gonnet