LISA MC PHERSON... LES MENSONGES CONTINUENT
St Petersburg Times, 9,10,11,16 Mai 1997
QUAND EST-ELLE MORTE?
(Puis: Deux versions d'un récit)(10 Mai 1997)
(Et: Réplique de la scientologie)(11 Mai 1997)
(puis: Rapports scientologues au coeur de l'enquète: 16 Mai 97)
(et : Le Procureur Mc Cabe au coeur d'un dossier délicat, 16 Mai 97)
Par Thomas C. Tobin
Trad: Roger Gonnet

CLEARWATER --

S'agissait-il d'une erreur honnète, d'un faux-pas? Ou bien de la vérité nue, sortant face à lla caméra?

Un Officiel du haut de la hiérachie scientologue a dit à un journaliste de la Télévision Allemande que l'adepte et membre du personnel scientologue Lisa Mc Pherson était morte dans une pièce de l'Hotel Fort Harrison à Clearwater. [Hotel qui abrite un des QGs de la secte]

A première vue, cette déclaration marque un tournant majeur dans les versions offertes jusqu'ici par la scientologie après le décès inexpliqué de Lisa Mc Pherson à l'age de 36 ans.

Ces paroles ont été dites en présence d'un des plus importants avocats de "l'église", qui a opiné, sous l'oeil des caméras.

Cette nouvelle affirmation signifierait que Lisa Mc Pherson était déjà morte lorsque d'autres scientologues l'ont chargée dans un break pour la conduire vers un hopital éloigné: version très divergente de ce qu'avaient prétendu les membres de l'église jusque là.

Mike Rinder, l'Officiel scientologue ayant fait cette remarque, a dit cette semaine qu'il y avait mauvaise interprétation. Il a ajouté que l'église n'avait pas varié dans ses déclarations.

Mais Ken Dandar, avocat représentant la famille Mc Pherson dans cette affaire, n'est pas daccord. Il croit que c'est par accident que la vérité a émergé.

Dandar, qui a visionné l'enregistrement de l'émission, dit, lors du procès intenté dans le Comté de Hillsborough, que c'est l'église de scientologie qui est responsable du décès de Mlle Mc Pherson.

En plus du procès, les autorités légales, locales et centrales, sont près d'achever une enquète majeure qui a commencé le 6 Décembre 1995, jour du décès de Lisa Mc Pherson. Le porte-parole de la Police de Clearwater Wayne Shaylor a dit que les enquèteurs avaient visionné cette émission, mais a refusé de commenter davantage.

Le Médecin Légiste Joan Wood a dit que Mc Pherson était morte d'une thrombose due à un repos alité accompagné de déshydratation sévère. Elle dit aussi que Mc Pherson était inconsciente depuis plus de deux jours, et qu'elle n'avait pas eu de boissons depuis cinq à dix jours.

Jusque là, les officiels de l'église avaient insisté sur le fait que Lisa Mc Pherson était morte après avoir quitté l'hotel.  Ils ont dit qu'elle s'était soudain sentie malade au Fort Harrison, retraite scientologue où elle a passé  dix-sept jours après une crise psychologique.

L'église a également dit que Mc Pherson parlait aux gens qui s'occupaient d'elle et qu'elle était capable de marcher lorsqu'ils l'ont emmenée en voiture au service d'urgence de Port Richey, à 40 kms de là, où un médecin scientologue attendait son arrivée.

Selon les rapports de l'hopital, les scientologues l'ayant amenée ont dit "qu'elle avait cessé de respirer juste en arrivant à l'hopital".

Lorsqu'on leur a demandé pourquoi des soins n'avaient pas été recherchés auparavant,  et pourquoi ne pas l'avoir amenée dans un hopital plus proche, les officiels ont dit qu'aucune de ces personnes ne savait qu'il y avait urgence.

L'interview télévisé allemand fut mené par les journalistes Mona Botros et Egmont Koch.

Lors d'un des passages consacrés au cas Mc Pherson, Rinder a dit "Tout ce sujet n'est qu'un évènement sordide et scandaleux qui nourrit les médias de la mort tragique d'une femme décédée dans une chambre d'hotel."

En réalisant les implications de cette affirmation, Botros demanda: "Dans une chambre d'hotel?"
Elliot Abelson, avocat principal de l'église, a fait "hum, hmm", indiquant que la question avait une réponse positive.
Rinder est le grand patron des Affaires Spéciales de l'église, responsable des affaire légales et des relations publiques.

"Si vous combinez cette affirmation avec les rapports de l'hopital de New Port Richey, cela vous mène à l'implacable solution que voici : ils essayaient de cacher le décès à l'hotel, a dit Dandar, avocat de la famille Mc Pherson.

Dans une déclaration au Times de cette semaine, Rinder a tenté de clarifier sa remarque: "Ce que nous voulions faire savoir à une audience Allemande peu familiarisée avec l'affaire, c'est que le seul lien entre l'église et Mc Pherson, c'est son séjour dans une chambre d'hotel de l'église; si cela s'était produit dans une autre chambre d'hotel ou dans une autre église, ce serait passé inaperçu des médias. Cela ne change pas les faits au sujet de ce décès.

Koch, que nous avons eu au téléphone jeudi en Allemagne, a dit que l'église n'avait pas cherché, après l'émission,  à nier les commentaires de Rinder. "De notre côté, a-t'il ajouté" nous sommes bien certains de ce qu'ils voulaient dire."

En Floride, il est illégal "de ne pas déclarer un décès au médecin, ou de manquer de le faire sciemment; c'est de plus illégal de remuer un cadavre ou d'en modifier la position, ou de changer l'emplacement des objets proches, dans l'intention de modifier les preuves entourant les circonstances du décès."  Il s'agit d'un délit de premier degré.

La scientologie est une organisation mondiale dont les quartiers généraux spirituels sont à Clearwater. Bien que l'église ait été sujette à controverse depuis sa fondation dans les années 50, elle a dû faire face en Allemagne à des critiques et sanctions particulièrement dures au cours des dernières années.

Durant l'émission de télévision récente, Abelson a accusé les journalistes d'être des agents du gouvernement allemand.

L'émission est passée le 7 Mai; le Times en a eu copie cette semaine. L'entretien avec Rinder et Abelson a eu lieu au Centre des Célébrités de Los Angelès, bâtiment de l'église offrant de belles facilités pour les acteurs et autres artistes.

Les journalistes allemands ont par ailleurs abordé plusieurs autres aspects "sombres" de la scientologie. L'ensemble contient des scènes montrant des représentants de l'église de scientologie filant le personnel de la télévision dans des voitures et des breaks, et faisant le pied de grue en face de l'hôtel où ils étaient descendus.

Dans sa déclaration, Rinder a dit que l'église "entreprenait une action légale contre les mensonges qui ont été dits alors".

[Commentaires du traducteur: on retrouve les mensonges, les demi-vérités de la secte, par exemple: il est tout à fait évident à tous les anciens scientologues critiques de la secte que Lisa Mc Pherson aurait quitté la secte si elle avait été libre de le faire, et qu'elle n'est pas décédée dans une chambre, mais dans les 'prisons' des soubassements de Fort Harrisson.
On voit aussi les menaces continuelles d'une organisation criminelle qui se croit absolument tout permis, y compris de maltraîter ceux-là même qui lui donnent la parole... La Scientologie a tué Mc Pherson, volontairement ou pas, tout comme elle a tué Patrice Vic en France - le procès de Lyon arrive en Appel en Juin.
J'ajoute qu'à mon sens, la secte a changé sa version mensongère pour une autre version mensongère pour deux raisons: soit l'un des témoins de l'affaire a craqué ou est en passe de craquer, soit ils croient naïvement avoir trouvé une autre défense meilleure, du genre: "Vous voyez, Mc Pherson, on ne l'a pas dérangée dans sa chambre d'hôtel, comme ça se passerait dans n'importe quel autre hôtel"-- la différence, c'est que nul hotel n'a autant de règles spéciales que celui de la sciento, et que nul ne peut rester sans surveillance au Fort Harrison, surtout pas un membre du staff sciento.]
 
 

Copyright (c)1997 St Petersburg Times et R. Gonnet


DEUX VERSIONS D'UN MEME CONTE
(Times de St Petersburg, 10 Mai 1997)
Par: Editorial
La version des circonstances entourant la mort d'un des membres de "l'église" de scientologie pose encore davantage de questions qu'elle n'en peut répondre. Les supérieurs scientologues ne peuvent même plus conserver leurs propres versions en ordre sans miner un peu plus leur propre crédibilité. Tout ceci ne fait qu'augmenter la pression de le Procureur général du Comté de Pinellas, Bernie Mc Cabe, afin de découvrir la vérité sur le décès de Lisa Mc Pherson.

Les officiels scientologues dirent-ils la vérité en insistant sur le fait que Lisa Mc Pherson était capable de marcher en quittant l'Hotel Fort Harrison à Clearwater, pour être emmenée en voiture dans un hopital? Ou bien dirent-ils vrai en se plaignant, lors d'une émission de la télévision allemande, "que les médias faisaient leur beurre de la tragédie de ce décès d'une femme dans une chambre d'hotel?"

La première explication fournie et souvent répétée par la scientologie fut une version des évènements provoquant la mort de Lisa Mc Pherson en Décembre 1995. La seconde paraît être une réponse spontanée, réaffirmée lors d'une  question de vérification. La tentative scientologue de clarifier l'affirmation écrite du Times en prétendant que la version n'a pas changé et que la déclaration télévisée n'a pas révélé la vérité par inadvertance n'est vraiment pas convaincante.

Certaines des plaintes de la scientologie paraissent plus plausibles si Mc Pherson est morte à l'hôtel. Par exemple, si une jeune femme de 36 ans était déjà morte, il n'y avait pas d'obligation urgente empèchant de l'emmener à 40 kms de là à l'hopital du Comté de Pasco, pour la faire examiner par un médecin scientologue ne l'ayant jamais vue auparavant.

L'église de scientologie possède un passé étendu et bien documenté au sujet du harcèlement qu'elle fait subir à ses critiques, et des menaces qu'elle fait peser envers quiconque émet un doute quant à ses actions. Les officiels scientologues planaient autour des parents de Mc Pherson lors des funérailles, insistant sur le fait qu'elle aurait désiré subir la crémation. Ils ont accusé la Police de Clearwater de harrassement et ont violemment critiqué les conclusions post-mortem du Médecin Légiste Joan Woods, du Comté de Pinellas Pasco. Répondant à une question d'un des journalistes allemands, le porte-parole scientologique Mike Rinder a dit "Si votre accusation signifie que quelqu'un a fait quelque chose pour la tuer, mettez le passage à la télévision, et je vous poursuivrai jusqu'à la fin des temps, car c'est un mensonge total et absolu."

Mc Cabe doit désormais peser le pour et le contre pour savoir s'il existe assez de preuves permettant d'engager des poursuites criminelles. Cette décision ne serait pas facile en n'importe quelles circonstances. Le corps a été passé au crématoire et aucun témoin public ne s'est avancé. Faire face à la scientologie ne fait qu'empirer la question.

Mais Mc Cabe a le devoir de prendre sa décision en se fondant sur les preuves fournies par une longue enquète impliquant le Departement d'Imposition de la Loi de Floride. Il ne devrait pas être influencé par les tactiques d'intimidation de l'église de scientologie. Il ne devrait pas y avoir de traîtement spécial, et Mc Cabe devrait user des normes habituelles pour prendre la décision de porter l'affaire en justice criminelle.

Lisa mérite au moins cela.

Copyright (c)1997 St Petersburg Times et R. Gonnet



REPLIQUE DE LA SCIENTOLOGIE
(extraits)
(St Petersburg Times, 11 Mai 1997)
Ceci concerne les accusations affirmant que L. Ron Hubbard était sous le coup d'une enquète pour fraude fiscale et qu'il avait transféré des millions de dollars de l'église sur des comptes outre-mer.

"On a prouvé depuis des années que ces affirmations outrageuses sont fausses... il s'agissait d'une campagne de harcèlement provenant d'agents pourris de la Division d'Enquètes Criminelle de L'IRS de Los Angeles [IRS: le fisc américain]  vers le milieu des années 80... cette enquète s'est entièrement achevée en faveur de l'église et de M. Hubbard lorsque le Ministère de la Justice a rejeté en totalité le rapport final de la Division d'Enquètes Criminelles de l'IRS, puisqu'il n'y avait aucune preuve de délits.

"L'activité illicite de la clique menant les agents mal intentionnés la Division de l'IRS dans cette enquète au sinistres visées envers l'église et M. Hubbard a fait l'objet d'entretiens auprès du Congrès en 1989. L'enquète a découvert que leur conduite avait été ce qui s'était vue de pire au sein de l'Agence Fiscale.

"De plus, durant les années 91 et 93, l'église a fait l'objet de l'enquète la plus serrée de toute organisation cherchant à obtenir le statut non lucratif , de la part de l'agence fiscale. Nul caillou qui ne fut retourné, y compris les allégations soulevées par l'enquète judiciaire pour le procès contre le Time, et y compris les finances de Hubbard: tout ceci fut abandonné peu à peu, car sans fondements.

"L'IRS... a accordé l'exemption totale de taxation à l'église, rétroactivement, depuis 1981 jusqu'à nos jours - cinq ans avant que M. Hubbard ne meure, la période couvrant spécifiquement le moment où ces accusations injurieuses furent faites.

"M. Hubbard a régulièrement rempli ses déclarations d'impôts et a fréquemment reçu des remboursements de trop-perçu de l'IRS. M. Hubbard a par ailleurs légué ses biens à l'église - ceci contredisant tout à fait les allégations grossières qui furent dites."

A propos du procès contre les 11 scientologues en 1980:

"Il est important de noter que l'activité illégale impliquait des actions dirigées contre l'IRS, et que c'est l'IRS qui, en 1993, a complètement accepté de reconnaître l'église comme étant de nature religieuse et charitable, à qui elle a accordé une exemption d'impôts complète et rétroactive...

"La raison à cette décision? l'IRS a constaté que c'est l'actuelle direction de l'église qui avait jeté dehors la poignée d'individus qui, travaillant dans un service autonome, avaient mené ou dirigé ces activités illégales dans les années 70. La Direction actuelle de l'église a de plus refondu la structure de façon à ce que semblables faits ne puissent se reproduire."

A propos de l'affaire et du procès contre le Magazine TIME:(Voir article du Time Magazine)

"Alors que la poursuite de l'église a été abandonnée sur la base d'un Jugement Sommaire fondé sur la Doctrine 'New York Times contre Sullivan', le juge a ensuite invité les parties à un entretien et une discussion pour savoir si le procès devait être continué sur la base des mensonges de l'article plutôt que sur les dommages possibles pour diffamation. Nous sommes encore en train de soupeser nos options légales.
 
"Il est particulièrement intéressant de noter que le Jugement Sommaire fut accordé sur une base purement technico-légale et NON PAS sur la base de vérité des allégations de l'article... De plus, la fausseté des allégations de l'histoire fut démontrée par les conclusions de l'IRS en 1993, comme indiqué plus haut.

"... Tout le fondement même de l'article du Time, depuis le titre jusqu'au paragraphe final, a trait aux mêmes bases que l'IRS dut évaluer, de par la loi - et l'IRS a spécifiquement confirmé que nul, dans l'église, ne profitait des revenus perçus par l'église.

"... En effet, l'article du Time est un monument d'irresponsabilité journalistique. Il est significatif de constater les différences d'approche entre l'IRS et le TIME magazine, par le fait que le journaliste du TIME n'a JAMAIS présenté ses allégations à un représentant de l'église lors de la préparation de l'article.

"En plus du procès intenté par l'église, le scientologue Michaël Baybak poursuit aussi le Time, les forçant à un arrangement. Le Time a publié une rétractation de ses dires au sujet de Baybak, dans son numéro du 11 Novembre 1996.

"...de plus, je pense que l'article du Time est l'une des causes spécieuses ayant provoqué les évènements de Tilden. Si les dires de l'article avaient été légitimes, quelqu'un serait allé trop loin pour véritablement enquèter, il aurait appris ces faits et c'en aurait été fini de la discussion."

A propos du cas contre le Washington Post:

"...ce cas fut une petite branche d'un procès bien plus important contre un individu, qui avait utilisé illégallement les matériaux protégés par copyright appartenant à l'église.... l'individu en question a posté des extraits des Ecrits Sacrés de l'église sur Internet, sans changements aucuns. En réalisant qu'il agissait illégallement, l'individu a tenté alors de mettre de l'ordre dans ses "documents brûlants" en les expédiant à un ami du Washington Post.

"La ténacité et la persistance à défendre nos droits peuvent être mal interprétées dans ces conditions, mais c'est ce qui en sort finalement qui importe. Les églises de scientologie sont connues pour défendre leurs droits et ceux d'autres personnes; elles ont établi nombre de précédents importants pour restaurer les droits civils, humains et religieux de par le monde."

(Six lignes non traduites mettant en cause des dissensions locales apparues avant que les scientos n'arrivent à Clearwater?)

Copyright (c)1997 St Petersburg Times.

[J'ajouterai quelques commentaires: l'ensemble des déclarations de la secte est faux ou truqué, comme d'habitude; la secte a perdu son procès contre Time Magazine, en dépit de la cohorte d'avocats payés par ses 'fonds religieux'; une grande partie des affidavits présents sur mon site internet prouve à la fois la vénalité de la secte, sa criminalité, ses magouilles, et dévoile son habituelle manie dans l'attaque de ses 'ennemis'. La plupart de ces témoignages émanent justement du procès contre le Time Magazine.

Notez bien entre autres les menaces directes et violentes envers la télévision allemande.]
 
 

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RAPPORTS SCIENTOLOGUES AU COEUR DE L'ENQUETE

Par Thomas C. Tobin, Reporter du Times - St Petersburg Times, 16 Mai 1997

CLEARWATER -- Les membres de l'Eglise de Scientologie ont pris des notes quotidiennes au sujet d'une femme décédée au bout de 17 jours de retraite à l'église, ces rapports sont désormais entre les mains des officiels chargés du respect de la loi qui doivent décider des poursuites envers les représentants de l'église.
L'attorney général (procureur)du Comté de Pinellas Pasco, Bernie Mc Cabe, a annoncé jeudi que ces rapports joueraient un "rôle significatif" dans l'enquète criminelle menée par son Bureau, par la Police de Clearwater, et par le Département du Respect de la Loi de Floride.
Le Procureur d'Etat

La décision à prendre concernant les poursuites criminelles reste du ressort du procureur Bernie Mc Cabe.  

 

L'église a transmis certains dossiers il y a quelques semaines en réaction à l'assignation faite par l'Office de Bernie Mc Cabe, et les enquèteurs s'attendent à en obtenir d'autres au cours des jours à venir, l'enquète s'approchant de sa conclusion. "Nous pensons que ce que nous avons obtenu n'est pas complet", a dit le porte-parole de la Police de Clearwater, William Shelor.

Mc Cabe, tout comme Shelor, ont refusé de spécifier ce qu'on trouvait dans ces rapports; le Times de St Petersburg n'a pu en obtenir copie.

L'avocat de la scientologie, Laura Vaughan, a refusé de décrire le contenu des rapports, mais a dit qu'ils ne contenaient pas d'information médicale sur Mc Pherson.

La simple existence de ces rapports répand une lumière nouvelle sur l'expérience de Lisa Mc Pherson à l'hotel Fort Harrison de la scientologie, dans la basse-ville de Clearwater.  Les officiels ont décrit cette période de dix-sept jours un peu comme un vulgaire séjour au cours duquel Mc Pherson aurait cherché repos et relaxation dans un hôtel ordinaire. En effet, un officiel de l'église a récemment affirmé que son décès aurait pu avoir lieu dans n'importe quel hôtel.

Le Fort Harrison est le pion central avancé de la présence envahissante de la scientologie dans la basse-ville de Clearwater; il sert de quartier général spirituel à l'organisation. Les scientologues du monde entier y viennent pour recevoir le conseil.

Mc Pherson, 36 ans, était scientologue depuis 18 ans lorsqu'elle est décédée d'un thrombus en Décembre 1995.

Elle était rentrée au Fort Harrison après intervention des scientologues auprès de l'Hopital Morton Plant, où elle avait été mise en observation après un accident sans gravité, au cours duquel elle s'était déshabillée. Les scientologues venus la chercher ont affirmé qu'ils prendraient soin d'elle 24 h sur 24.

17 jours plus tard, des membres de l'église emmenaient Mc Pherson vers un hopital distant du Comté de Pasco, ou un des médecins, un scientologue, constatait son décès.

Le Médecin Légiste Joan Wood concluait que la mort de Mc Pherson était dûe à un "repos alité et déshydratation grave". Elle a dit que Mc Pherson avait passé plusieurs jours sans boissons et qu'elle était inconsciente depuis un jour ou deux avant sa mort.

Les officiels scientologues ont vivement discuté la plupart des conclusions de Wood, suggérant que Mc Pherson avait pu mourir d'une infection à staphylocoques.

Dans les précédents rapports sur ce cas, les officiels de l'église ont dit qu'on ssoignait bien Mc Pherson à l'hotel Fort Harrison, qu'ils décrivent comme hotel quatre étoiles.

Ils ont dit que sa chambre était nettoyée chaque jour, que des amis venaient la voir et l'aider. Ilms ont dit qu'elle n'a pas reçu de soins médicaux professionnels et que sa mort était un malheureux évènement survenu dans la propriété scientologue.

Le caractère bénin et accidentel qu'on donnait à l'affaire à ses débuts a beaucoup changé lorsqu'un avocat de l'église a révélé que Mc Pherson avait été isolée, qu'elle avait frappé des poings les murs de sa chambre vers le milieu de son séjour et qu'elle était devenue "auto-destructrice".

Le caractère indiqué par l'église a de nouveau varié ces derniers jours. Dans deux courriers au St Petersburg Times, l'officiel scientologue Mike Rinder a écrit que "Mc Pherson  avait simplement fait un séjour à l'hotel" et que "si cela s'était produit dans n'importe quel autre hôtel, ou pour quelqu'un d'une autre religion, ça n'aurait pas fait la Une de la presse."

Vaughan, l'avocate scientologue, a refusé de commenter la façon dont les rapports scientologues concorderaient  avec les rapports précédents de l'église sur le séjour de Mc Pherson. "Nous pensons que le moment est inappropriépour expliquer ceci à la Presse.", a-t'elle dit.

Mais un avocat de Tampa qui représente la famille de Mc Pherson dans un procès civil contre l'église dit que les rapports sont "le témoignage vital" du cas. L'église en a donné des copies, mais seulement après un accord de les garder secrets durant les phases précédant le procès, a dit Kennan Dandar.

En termes généraux, il les a cependant décrits de la façon suivante: "Ils parlent d' un traîtement pseudo-médical de Lisa Mc Pherson, et ce traîtement s'est achevé par sa mort, car il impliquait de ne pas effectuer de traîtement médical professionnel d'urgence indispensable, pourtant si évident que n'importe qui aurait su qu'il fallait appeler le SAMU.

Vaughan a répondu: "C'est absolument faux. Il n'y a aucun rapport d'un quelconque traîtement médical, à nul endroit du dossier."
 

(c)1997 St Petersburg Times

Le Procureur Mc Cabe au coeur d'un dossier délicat
Par Thomas C. Tobin, reporter au St Petersburg Times, 16 Mai 1997
Puisque l'enquète concernant le décès d'une scientologue de la région s'approche d'une conclusion, le Procureur d'état du Comté de Pinellas-Pasco, Bernie Mc Cabe, se retrouve au coeur même de la tourmente.

Mc Cabe a adopté le profil bas depuis que la Police de Clearwater a commencé à enquèter sur la mort de Lisa Mc Pherson en Décembre 1995, mais il lui incombe de décider s'il y lieu de retenir l'inculpation criminelle.

Bien qu'amener le cas devant un Grand Jury soit possible légalement et pourrait mettre Mc Cabe à l'abri des critiques, Mc Cabe dit qu'il "n'a jamais considéré" cette possibilité. "J'ignore à quoi ceci servirait".

Si Mc Cabe donne inculpation de charges criminelles pour le décès de Mc Pherson, ce cas serait unique parmi les quelques 30000 cas qui sont traîtés chaque année par son office. En tant qu'adversaire potentiel, l'église de scientologie est un adversaire bien financé, une organisation internationale combattive et désireuse de dépenser ses ressources considérables auprès d'avocats et d'enquèteurs privés.

Depuis que le cas Mc Pherson a été rendu public en Décembre dernier, l'église a porté plainte contre le Médecin Légiste Joan Wood, a critiqué violemment la Police de Clearwater dans une publication scientologue, a rassemblé une équipe d'experts médicuax, engagé des avocats pour discuter avec la police et avec les médias, et menacé de procès les organisations de presse traîtant du cas.

Le Fondateur de la scientologie, L. Ron Hubbard, a écrit ceci pour les staffs de l'église: "Ne vous soumettez jamais à une enquète sur nous. Rendez-la dure, toujours dure pour les attaquants."

Selon une partie du guide pour les médias qu'a publiée la scientologie, "Fausses Idées sur la Scientologie", l'église "a quelquefois été impliquée dans des procès" pour "défendre sa dépendance par rapport au premier Amendement" [liberté de religion, ndt] et ses droits civils". Le guide dit que l'église s'est arrangée pour faire profiter toutes les religions de ces décisions de Justice.

Dans des rapports soumis à l'IRS, l'église a indiqué des revenus supérieurs à 74 millions de dollars, rien que pour Clearwater, en 1992, et en a expédié 24,3 millions au QG de Los Angeles. Les comptes dévoilent que des millions se dépensent chaque année en factures d' affaires légales.

"S'il existe preuve de crime, on ignore vraiment le niveau de richesse de l'organisation qui peut y être impliquée." , a dit l'ex-procureur des Etats-Unis Bob Merkle, qui a travaillé avec le procureur local Mc Cabe, et possède maintenant un cabinet privé.

"Il n'y a qu'un certain nombre de choses que l'argent puisse acheter", a dit Merkle. L'église de scientologie possède manifestement de fortes ressources ici, et dans le monde.... ce n'est pas rare pour un procureur de rencontrer ces circonstances".

Mc Cabe, 49 ans, sortait tout juste de la Faculté de droit de Stetson quand il a rejoint l'office d'attorney d'Etat en 1972. Hormis deux ans durant lesquels il  a pratiqué chez lui à Mount Dora, il y a passé là toute sa carrière.

Ayant grimpé jusqu'à devenir Maître Assistant de l'Attorney d'Etat James T. Russell, Mc Cabe fut ensuite élu pour lui succéder en 1992.

L'Office de Mc Cabe emploie une centaine d'avocats, pour un budget annuel de 17,3 millions de dollars. Il dit qu'il s'agit en fait "de la plus grande association d'avocats de la côte Ouest de Floride".

Ces derniers mois, il a lui-même traîté plusieurs cas difficiles, dont un jeune motocycliste noir tué par un officier blanc de la Police de St Petersburg - ce qui avait déclenché deux nuits d'émeutes - ainsi que les procès de l'ex-juge du Comté James Berfield et celui du Maire de Belleair Shore, Bob Clayton.

Le cas scientologue a donné lieu "à une enquète difficile, en raison de la façon dont il s'est produit et a été découvert", a dit Mc Cabe avant-hier.

Parmi les obstacles à franchir, "les problèmes émanant d'un environnement contrôlé" au Fort Harrison, et "l'absence de témoins indépendants". En outre, les témoins potentiels internes de l'église ont été éparpillés vers plusieurs pays, ce qui pose de gros problèmes logistiques", ajouta Mc Cabe.

Mais la réputation d'aggressivité légale de la scientologie n'est pas un facteur essentiel de ses décisions, nous a confié Mc Cabe.

"Je ne le considère pas ceci comme problématique pour l'instant - j'ai la peau épaisse", a dit Mc Cabe.
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