SCIENTOLOGIE - DIANETIQUE:

LA SECTE
Chronique d'une " religion " commerciale à Irresponsabilité illimitée

Roger GONNET - un "  ex-dignitaire  "
avertissement: il existe depuis novembre 1998 une version papier de cet ouvrage, sensiblement différente de celle-ci. On peut la commander à l'éditeur

<http://www.antisectes.net/alban-cde.htm>


LIEN VERS TABLE DES MATIERES


DOS DE COUVERTURE

Cet essai sur la secte la plus dangereuse et l'une des plus riches au monde, la Scientologie-Dianétique - en Europe, 95 milliards de centimes ont défilé sur un seul des comptes centraux de l'affaire en 3 ans, représentant en principe la " dîme " versée par les succursales de la secte, vraisemblablement en Europe. Soit un C.A.de l'ordre de 1 milliard de francs en trois ans, pour quelque 20 000 personnes qui auront donc versé chacune environ 16500 F chaque année.

L'auteur, un repenti qui fut l'un des piliers du mouvement en France, dévoile ici avec force détails les procédés, les inepties, les trucages et les escroqueries dont se rendent chaque jour coupables des gens comme vous et moi, des gens dont la plupart sont de bonne foi lorsqu'ils commettent les exactions recommandées par le système. Il a contribué à de nombreux articles et émissions dans les médias, et aidé les associations de lutte anti-sectaire.

Un compte-rendu glaçant, qui vous fera vivre la secte de l'intérieur et comprendre pourquoi toute personne peut devenir la proie de tels groupes, car si la scientologie " S.A. " est le plus pervers et l'un des plus convaincants, bien d'autres ne peuvent pas davantage clamer leur innocence ni leur religiosité de façade, bien d'autres n'en veulent qu'au portefeuille de l'adepte, voire à s'approprier son existence entière.

Si quelques journalistes français ont déjà forcé certaines des portes de l'horreur quotidienne des manipulations, aucun n'a eu la chance (relative) de rester huit années dans les sphères dirigeantes du mouvement, ni d'accéder aux mécanismes les plus secrets.

A partir de ce vécu, en se servant des références les plus simples de la secte, Roger GONNET démonte ici pour votre stupéfaction l'hydre commerciale Sciento-Dianétique. Nous vous recommandons de parcourir la table des matières, édifiante en soi.


AVERTISSEMENT : JE N'AI PAS ENCORE EU LE TEMPS DE REVISER CE LIVRE POUR LA SIXIEME FOIS, C'EST A DIRE DEPUIS JANVIER 1997 ; CERTAINS PASSAGES QUI SE TROUVENT DANS L'ŒUVRE FINALE NE SONT DONC PAS INCLUS DANS CELLE-CI PUISQUE J'AI RETOUCHE QUELQUES PASSAGES DEPUIS JANVIER.

VOUS TROUVEREZ LES CHAPITRES ENCORE PLUS A JOUR PARFOIS sur mon site Internet à
http://wwwperso.hol.fr/~rgonnet


Derniers faits tragiques attribués à des sectes:

Au Canada, secte sataniste: 39 suicidés, en 1997.
Au Temple du Soleil, une jeune femme assassine un nourrisson que le chef de secte avait déclaré être l'Antéchrist.

5 suicides et 48 assassinats ont suivi.

Hubbard, gourou de Scientologie-Dianétique SARL, déclare dans le " niveau OT VIII ", en termes Hubbardiens, que le Christ serait l' Antéchrist - voir  " Le Grand Décervelage ".

Au Japon, 11 morts et 5000 blessés dans le métro de Tokyo; le chef de secte Aoum ne voulait pas être entendu par la Police.

La secte Waco (Texas) : " suicide " collectif - 85 tués - durant l'assaut des troupes américaines.

Secte au Guyana : 923 " suicidés ".

Il y a beaucoup d'autres exemples.

Pourrait-on voir l'équivalent en Scientologie Dianétique? J'en ai longtemps douté ; ce n'est plus du tout le cas. Faites-vous votre opinion au moyen des quelques faits qui suivent!

Ce n'est pas non plus le hasard qui fait que la Scientologie soit citée nommément trente fois sur les cent quarante quatre citations nominatives du volumineux 'rapport sur les sectes' publié sous le n° 2468 par l'Assemblée Nationale, paru en 1996. Ce chiffre, loin devant les quelques 200 autres sectes françaises montre à quel point ce groupe est dangereux et relativement puissant. La Scientologie-Dianétique se glisse, comme vous le verrez, dans la plupart des mauvais coups, en particulier :

Espionnage, infiltration des agences d'état, secrets défense

Tarifs prohibitifs

Procès innombrables

Suicides, blessures, peut-être même d'autres tentatives...

Tricheries avec le fisc, l' URSSAF, et les lois en général

Tentatives hégémoniques

Déguisements pour échapper aux poursuites

Embrigadement d'enfants

Escroquerie, tromperie et abus de confiance

Non-assistance à personnes en danger, décès, homicides involontaires

Médecine illégale

Déstabilisation mentale des adeptes

Fanatisme


Table des matières 

                                                    1:  Derniers faits tragiques attribués à des sectes: 2AVIS AUX SCIENTOLOGUES 8Introduction 9MOTIVATIONS 10Affaires en cours 13Scientologie et internet 14L'apparence 15Auto-dénonciation 16Autres dénonciations 17QUELQUES REFLEXIONS 17ENTREZ, ENTREZ, ENTREZ ! 20Ils veulent votre ruine 21Test pour le moins criticable 23Le "test au hasard" 25Degré de progression et leur durée 27PEDAGOGIE 28Réactions face aux critiques des débutants 321974 35Cracher au bassinet. 35HUBBARD, Lafayette Ronald 37Titres de Hubbard - culte de la personnalité 37Hubbard n'a même pas inventé les noms de la secte 38Hubbard et le pouvoir 40Assassins professionnels, chantage 40Suicide du fils d'Hubbard 41L'ECRIVAIN PROLIXE 42On annule d'avance ce qui sera écrit ! 43Il répondait à 100000 lettres par an? 44Hymne d'Asie : les corollaires... Dieu 45Sexisme et élitisme 45Hubbard = Dieu (adorez-moi) 45SCIENTOLOGIE: RELIGION OU PHILOSOPHIE RELIGIEUSE? 46Pape, cardinaux et évèques scientologues 46La secte affirme...être une secte 48Les scientos s'engagent "légalement" à votre place 48Les sacrements: l'extrème ponction 49Secret des confessionaux? Méfiance, méfiance. 50La délation 50La croix scientologue 51En revenant, tel le Christ, Hubbard aura sa part du gateau-sciento 51Les bénéfices 52Police Internationale des Finances 53Le martyr 55Autres éléments: les sociétés possédant l'association "sans but lucratif" 56TECHNOLOGIE = Argent . Corollaire: PROPRIETAIRE=Hubbard 57PIETE TARIFEE AU PRIX FORT 57Remboursements promis devenant impossibles à obtenir 58L'inflation façon sciento: 121 % par an, ou 230 %? 59La paie du staff: parfois des graines, mais pas de tampax, ou rien 59Méthodes et apparences "légales" pour faire religion 60EMPRUNTONS LE PONT - OBSERVONS 62Public payant = staff plus ou moins gratuit; les commissions d'affaires 62Toujours plus fort: Public payant = staff gratuit = staff payant (déserteurs?) 63Premiers pas : premières promesses non tenues ou impossibles 64On n'écoute pas les critiques anti-sciento 64Aptitudes imaginaires 65Le sciento vole-t'il dans l'espace? 67Les bonnes raisons des promesses jamais tenues 67Déçu 68Plus grave encore : la scientologie incapacitante 68Explication : la recherche des "quelques instants magiques" 69Pièges de mystères 70LA LOI 71Capitaux illégaux dans les slips 71Abuser des députés, sénateurs, ministres... 72Inégalité de salaires 73Se faire éjecter de la secte 74Raid du F.B.I.: la femme d'Hubbard en prison 76Pas de limite à l'illégalité pour le compte de la secte 76Autres illégalités 77Calomnies envers les ennemis de la secte 77Hubbard? vous avez dit Hussard? 79Parano et mytho 80Inventer des ennemis et créer un gouvernement sciento 81La fatwa scientologaise 81Règlements sectaires annulés... sans l'être vraiment 82Fuir et se terrer 83Organisation façon KGB 84Pas de signature sur les documents engageant la responsabilité pénale 84Courrier des staffs et du public - détournement de courrier privé 85FAMILLE ET SCIENTOLOGIE 86Obsession (fanatisme) 88MENSONGES ET SECRETS: Tech du mystère 89Aperçu des bases "techniques" 89Qualités des "clairs": nulle 90Ratés et fuites 91Vies antérieures 92Dieu d'abord, le pape ensuite 92Etudes secrétes et dangereuses 93Le secret mortel 94Sorcellerie 95Scientologie peut-elle passer pour psychologie? 96L'ELECTROMETRE HUBBARD 97Test de l'électropsychomètre 97Détecteur de mensonges? 99Sciento supérieure à tout 100SCIENCE-TOLOGIE = GOGOLOGIE 102Lavage de cerveau? 103Radiations s'évaporant dans le sauna 103Fin du monde annoncée: un grand classique des gourous 103Etymologie et aberration 104Tests d'intelligence inintelligents 104Logiques Hubbardiennes et illogismes 105Science mécaniste peu spiritualiste 106Escroquerie intellectuelle 106L'Amour d'Hubbard pour l'humanité 108Allons-y, broyons la tête des bébés, noyons-les au crésyl 109Critiques de l'être humain: dur, dur d'être ainsi jugé. 109Autoportraits Hubbardiens? 110 Faux témoignages 111'Comment faire en sorte que la scientologie continue à fonctionner': les sciento-bogues 113Crimes, crimes capitaux: les journalistes au bûcher! 114Hubbard sorcier 114Les enfers de la justice sectaire 115CE QUI N'EST PAS ECRIT N'EST PAS VRAI. 119Soyez bien propre, [et recevez vos patients aux WCs] 120La sciento mauvaise payeuse 121Provoquer l'auto-culpabilisation 122MANIEMENT DU FRIC, DES STATISTIQUES & GESTION ABSURDE DU PERSONNEL 123Dépenses publicitaires colossales 123Obligation règlementaire de produire davantage de jeudi en jeudi 124Aucune excuse n'est admissible à la baisse de production 124Politique des staffs: trafiquer les chiffres des comptes pour éviter les sanctions 125Sciento = société commerciale; valeur ajoutée des "services" 126Souvent, ne rien donner en échange 126Analyse de situations (gestion par analyse)- police des finances sciento 130Livre à ...80 000 Francs 131Les comptes d'épargne patiente - Hubbard, proprio de la secte 131GUERNICA 133MEPRIS POUR LES NON-SCIENTOLOGUES 136La sciento franchisée par Sigmund Freudet sponsorisée par la défense américaine 136Pas de progrès en sciento? Vous êtes un criminel, mon vieux. 138Elitisme suivi de critique desdits élites 139Vantardises & "Relations publiques" de la secte. 141Combien d'adeptes dans le monde? Leur ubiquité... 141Moins de 100 000 actifs pour le monde entier, staffs inclus 141Combien de "clairs" dans le monde? 143Combien d'orgs de sciento? 143"Récompenses" et titres de gloire: faux et usage de faux 143Bouddha, Mahomet, le Christ, Léonard de Vinci... 144Mascarade de charité 144Les stars et la secte 145Pro Nixon, ou pro-Kennedy: trucages par enquètes de notoriété 146Références positives invérifiables: publicité mensongère. 146MEDECINE SCIENTOLOGUE - Remède à tout faire 148Pilules miracle 148Bien en suer cinq heures par jour 149Overdoses manifestement dangereuses à échéance 150Secte, psy et Prozac 152COMMENT NOUS EN SOMMES SORTIS 154Tribunal nocturne, sans avocat, siégeant dans votre dos. 155Tu divorces ou tu n'es plus chef 155L'AVENIR ? 157Hubbard n'a inventé que la tech à libérer le Hubbard. 157Les adeptes payés pour empècher d'anciens adeptes de nuire 159Que faire face à la secte? 160AMUSONS-NOUS UN PEU : LE DIALOGUE SCIENTOLOGUE... 162Rions encore : marques déposées 162Autre sujet d'amusement: le niveau de conscience de la secte 163J'allais oublier l'ami Pavlov! RIONS MOINS: EXTRAIT DU LIVRE LA Fable: SUICIDES et MORTS EN Scientologie 164Annexe 165REMERCIEMENTS 16PARAVENTS DES SECTES 172TEST OCA "AU HASARD" 172SiGLE SCIENTO-SIDA: 173

AVIS AUX SCIENTOLOGUES

Avant de commencer à critiquer l'auteur, comme vous avez coutume de critiquer tout ennemi de la Scientologie, car vous croyez (en toute bonne foi) qu'ils sont tous ennemis de l'humanité, donnez-vous au moins la peine de lire une autre version que celle qui est toujours présentée comme officielle par les cadres de " l'église "; je vous garantis que vous y découvrirez un bon nombre de faits et de réalités que vous ignorez. Emanant d'un ancien patron, d'un OT VII.

Bien sûr, il y a des opinions et des critiques: n'auriez vous jamais eu à en faire ?

Ne vous êtes-vous jamais posé de questions sur telle ou telle pratique ?

La " tech standard " vous a-t'elle toujours apporté satisfaction ? Les aptitudes des " OTs " vous semblent-elles conformes aux déclarations que vous avez entendu?

Etant OT VII, NED pour OT, ancien fondateur de mission, puis d'org Classe IV, ayant parfois influé mondialement sur des actions de la scientologie, j'ai moi aussi cru ce qu'on me disait sur les ennuis de la secte, sur Ron, sur les ennemis... jusqu'au moment où, huit longues années passées dans le groupe, je signale à Ron lui-même, par les voies habituelles, que des choses très anormales se passaient en haut lieu, à la Direction centrale.

C'est alors que l'enfer de l'exclusion, enfer que vous pouvez imaginer, s'est déchaîné contre moi.

Vous saurez plus loin pourquoi et comment. Je suis tout à fait satisfait, en fin de compte, d'être sorti; dehors, la vie n'est pas divisée entre l'horrible et le misérable - en tous cas, pas plus que dedans; si les défauts diffèrent, l'hypocrisie n'est pas pire, au contraire. Les règles sont plus claires.

J'ai réfléchi depuis. Cela fait douze ans. Voilà le résultat.

Si je crois avoir mieux compris Hubbard que la moyenne, ce n'est pas par prétention à une intelligence particulière, mais plutôt à cause de certains traits de caractère que nous avions en commun: cela m'a permis de pénétrer son univers. Ce ne sont pas des tendances positives: j'ai un goût du pouvoir, que je me refuse à exercer, non par crainte des résultats que je pourrais obtenir, mais par décision: je crois que la liberté individuelle est le moteur de l'humanité; j'ai aussi le goût de l'argent, mais pas celui d'en faire sur le dos des autres, de m'enrichir de leur travail : appliquer les systèmes de rétribution scientologue ne m'a pas plu: trop de différences entre les chefs et les nouveaux. Comme Hubbard, je ne déteste pas la vantardise, mais j'essaie de la contrôler et je n'aimerais pas ne pouvoir me regarder dans la glace en raison d'escroqueries à l'image que je voudrais montrer! Mégalo, oui, mais pas au point que cela passe avant tout, ni au point de désirer écraser mon entourage; j'aime avoir raison, mais j'admets facilement avoir tort, ce qui ne lui est presque jamais arrivé; je suis colérique comme il l'était, la paranoïa en moins. J'abandonne facilement un point de vue quand il s'avère désastreux: là, je diffère beaucoup de lui, vous aussi.

Je ne serais pas surpris que vous partagiez quelques-unes de mes conclusions. Je ne crois pas que vous pouvez tomber malade, comme l'explique la technique PTS/SP, ni même que vous pouvez perdre vos gains: il est aussi question de cela plus loin.

Peut-être, si vous partez un jour, ou si le manque d'argent ne vous permet plus de continuer aussi loin que vous l'auriez aimé, peut-être aurez-vous à franchir le pas de la réflexion; peut-être voudrez-vous alors en savoir davantage; et vous vous souviendrez peut-être alors, je l'espère, de quelques passages de ce livre, à moins qu'il ne vous suffise dès à présent, l'ayant lu, à faire le pas décisif, auquel vous avez certainement déjà pensé plus d'une fois, surtout si vous êtes là depuis des mois ou des années.

Si vous vous trouvez encore en Scientologie, c'est que vous croyez aujourd'hui que les anomalies que vous avez déjà constatées ne valent pas de partir; j'ai pensé comme vous des années durant, m'abstenant de toute critique en dehors de lignes de la secte; puis j'ai regardé d'un autre oeil les " out-points ", les bienfaits, les changements multiples auxquels j'avais assisté en si peu d'années, les " déclarations de suppressif " de personnages mythiques comme David Mayo, C/S Classe XII International, bras droit technique de Ron, ou Captain Bill (Bill Frank), ou Diana Hubbard, ou le suicide de Quentin Hubbard, etc.

La réalité dépassait mon imagination la plus critique. Je tente de la faire partager. Peut-être la forme et la présentation de quelques passages, ou mes " irrévérences  et mes irrespects " vis à vis d'Hubbard vous choqueront-ils: ce livre est fait pour ceux qui ne sont pas en sciento, mais qui pourraient en entendre parler, et pour tous ceux qui abordent des sectes.

Enfin, vous ne trouverez pas que des critiques: on peut reconnaître des bienfaits à certains moments, sans quoi, qui y passerait plus d'une semaine ?

Vous pouvez aussi supposer que je sois bel et bien un suppressif - de ça aussi, on peut douter. Un historique des raisons de ce texte vous le dira.

Ou encore, vous pourriez supposer que j'ai accumulé de tels malentendus avec la tech ou l'admin que j'ai dû m'en aller... tachez de trouver lesquels! Pour exemple, j'ai traduit, en plus de mes autres postes, le livre " Dianetics to Day ", revu ensuite par un auditeur franco-américain parfaitement bilingue, qui n'a trouvé que deux petits faux sens sur 1060 pages; ou encore, le cours de 'New Era Dn Auditor ',traduit en deux mois, révisé par un C/S Class VII pour le bon à tirer scientologue : pas d'erreurs constatées. Pour moi, il n'est plus question de malentendus, mais d'interprétations divergentes faites à la lumière d'un changement de point de vue: au lieu de me situer en technicien à l'intérieur, j'ai regardé la sciento du dehors, en gardant mes compétences techniques rafraîchies par une relecture de nombreux textes.

Bonne lecture. Je suis persuadé de votre bonne foi: pesez maintenant la mienne. Je fournis même une solution permettant d'espérer que ce qui est bon ou efficace en scn puisse servir. Mais autrement..

L'auteur, Roger Gonnet


Introduction

J'ai décidé de ne pas trop encombrer cet essai vécu sur la secte scientologue dianétique avec les références diverses à des procès et démélés de justice : elles existent , bien entendu. Je n'ai pas non plus cité toutes les sources de renseignements internes ou externes à la secte, là aussi, tout est vérifiable, ou déjà connu, parfois édité auprès du grand public, bien souvent après d'interminables procès de la secte visant à supprimer des pans entiers de l'oeuvre en cours d'édition, sous le prétexte fallacieux des droits à " copyright " pour les quelques citations des ouvrages de leur gourou.

Sauf exception pour les hauts personnages de l'affaire, je ne cite pas les noms des patients ou des étudiants, ni de la plupart des membres du personnel, beaucoup ont quitté la secte et ne sont pas fiers, on le comprend, d'y être passés. Il ne faut pas non plus qu'ils se reconnaissent trop aisément, car cela peut leur créer une culpabilisation inutile. Ils en ont bien assez bavé comme cela.

Ce livre a pour ambition de vous faire pénétrer au coeur de l'essentiel. La sophistication de cette secte particulière, qui possède strictement tous les vices répertoriés lors des diverses études et essais consacrés à des sectes, devrait permettre de déduire les caractéristiques de toutes les autres sectes actuelles, sectes dites " sectes coercitives " dans l'étude du Dr Jean-Marie Abgrall.

Aux dernières nouvelles, la secte a d'ailleurs été condamnée à Toulon, pour avoir cambriolé le courrier de cet expert auprès les tribunaux, et pour tentatives d'intimidation.

Elle est en procès à Paris... et ailleurs; et l'on en parle dans tous les médias ; ce n'est pas la première fois, puisque Hubbard a été condamné, avec trois autres dirigeants, pour escroquerie, en 1980. Elle a aussi subi bien d'autres avatars, en France et dans d'autres pays.

Sachant par expérience les motivations essentielles qui servent de ligne de conduite obligatoire dans la secte (pouvoir, argent, défense des intérêts et suivi des règlements du fondateur), on peut déterminer les choix d'action qu'elle prendra, dans telle ou telle circonstance. La preuve existe : elle se trouve dans les dossiers codés du service secret de la secte, l'Office des Affaires Spéciales (O.S.A.), répartis en divers points du globe, et dont les sièges sont en trois endroits. Divers éléments ont déjà été trouvés par le F.B.I.

Je ne peux prétendre tout savoir sur le sujet, c'est impossible, mais cet ouvrage rassemble beaucoup plus d'informations que ses prédécesseurs; l'expérience et les études des autres l'ont enrichi de nombre de phénomènes que j'ignorais encore. J'ai d'ailleurs observé, au fur et à mesure des lectures de critiques ou témoignages provenant d'autres ex-scientologues, que nous arrivions tous au même croisement de points de vue, bien que n'ayant absolument pas fréquenté les mêmes organisations aux mêmes époques : les témoignages datant de la fin des années 50 ressemblent dans les grandes lignes à ceux des années 90 ; ils se recoupent du Canada à la France et à l'Afrique du Sud ; et plus les personnages qui les ont émis étaient anciens dans la secte, plus ils étaient proches du sommet, plus ils sont durs, catégoriques et démonstrateurs des mêmes choses : la secte est menée par des criminels, et son gourou était un criminel, au sens français du terme, comme aux autres sens que le mot dénote dans d'autres langues.


MOTIVATIONS

Nous trouvons donc en tout premier lieu une inclination générale de toute l'humanité à obtenir pouvoir après pouvoir, ce désir ne cessant qu' à la mort. (Thomas Hobbe, Leviathan, 1651)

On peut s'étonner que des philosophies nébuleuses, abstraites, absconses comme peut paraître celle que professe la Scientologie-Dianétique, trouvent encore des clients pour cracher au bassinet ainsi que des quasi bénévoles pour l'éxécution des basses oeuvres.

Les motivations réelles de ces " clients " ou de ces bénévoles, cachées ou visibles, fournissent quelques explications plausibles et réalistes du phénomène particulier, ambivalent, qui conduit une partie de la race humaine à pénétrer les arcanes de tels groupements et à s'y intéresser quelques temps. Toujours trop longtemps. Elles sont en exergue de cet essai, afin de permettre à ceux qui ont déjà été tentés par ce type de recherches, de voir le genre de raisons qui poussent les adeptes, au début du moins.

L'approche spécifique de la Scientologie - Dianétique, reine des sectes, conduit tout individu à :

1 - penser qu'il ferait bien d'améliorer son existence - car cela ne peut aller que de mal en pis, lui fait-on comprendre, et

2 - réalisant alors que sa vie lui échappe en partie, car il n'a pas les armes nécessaires pour lutter convenablement contre les intentions d'autres personnes, s'opposant parfois aux siennes, l'individu désirera effectivement " vivre plus heureux ", ce qui, comme le souligne si bien le scénario du " Déclin de l'Empire Américain ", conduit généralement à une impasse.

Si ce désir de bonheur personnel ne peut évidemment pas être critiqué, faire de sa recherche un but essentiel aboutira nécessairement à une forme d'égoïsme et d'égocentrisme mèlés à ce désir de pouvoir diffus en chacun de nous. L'intelligence d'Hubbard consistait à mettre rapidement au premier plan non pas la recherche individuelle de ce bonheur, mais l'outil capable, selon lui de nous rendre - suprême pouvoir - aptes à amener le bonheur aux autres ; sous-entendu, à leur retirer ce bonheur s'ils ne collaient pas aux destinées et aux desseins de la Sciento-Diénatroc. Vous trouverez ici et là quelques mauvais calembours révélateurs de ce que l'on peut penser de l'affaire.

Mon observation de quelques unes des formes les plus courantes prises par cette recherche chez un certain nombre de ceux que j'ai connus dans la secte paraît relativement édifiante. Je tiens à préciser, compte tenu de la confidentialité, que j'ai brouillé les cartes, et qu'il s'agit aussi bien de Lyonnais que de Parisiens ou d'étrangers.

Individu A : sa moitié la cocufie régulièrement. Le couple va donc cahin-caha, seulement soudé encore par les nécessités d'éducation, les habitudes et les biens communs. Elle cherche donc à se rapprocher de lui en obtenant la fidélité. S'achève en faisant lit à part, quelques années-sciento plus tard.

Individu B : ne voudrait à aucun prix passer à côté d'explications au mal-être qu'il ressent ; dépressif qui s'ignore, comme le sont la plupart des dépressifs, les bonnes raisons que donne le gourou dans son premier ouvrage (Dianétique, Science Moderne de la Santé Mentale, renommé Dianétique, la puissance de la Pensée sur le corps) sauront le convaincre après quelques rencontres avec des membres compétents de la secte, qu'il peut par miracle obtenir succès auprès du sexe opposé, argent, travail et ne plus avoir de problèmes criards, le tout pour quelques milliers de francs - ou dizaines de milliers - à cette époque lointaine.

Individu C : Jeune étudiant, ou employé, rejetant son éducation et ses parents ; cherche une explication au monde qui l'entoure, ainsi que des moyens de le changer ; ce besoin de comprendre et la chaleur apparente des membres, leur accueil, le piègent dans le personnel en quelques jours.

Individu D : Universitaire comblée, terriblement repliée sur elle-même ; intellectuelle complète, voudrait savoir en fait pourquoi elle fait peur aux uns et aux autres, si elle leur demande quoi que ce soit de personnel ; sa recherche de pouvoir est tout à fait transparente, en dépit de son retrait. Cessera tout à fait de mordre aux Hubbardismes quand elle aura vent des 'niveaux secrets' de la secte, enfin consciente de la vanité des explications.

Individu E : Timidité excessive, maladive ; ne peut voir que ses bouts de chaussures ; le cours de communication lui donne une assurance nouvelle, jointe à un culot de dragueuse qu'on ne lui aurait pas soupçonné. Finira par se faire jeter dehors de l'organisation sciento européenne l'ayant embauchée, en dépit de sa bonne volonté à nettoyer les chiottes... au sens propre.

Individu F : Dragueur impénitent ; le discours et les descriptions habiles de ceux qui l'ont disséminé lui laissent entrevoir davantage encore de succès et de possibles perversions partagées; profite des exercices de communication d'Hubbard qui lui " donnent le droit de dire ou faire n'importe quoi " pour peloter, puis pincer les fesses de sa co-étudiante, dès le premier jour : celle-ci, également convaincue de la justesse des raisons du gourou, se laissera faire, sans plaisir aucun... Le dragueur laissera tomber quelques mois plus tard, en emmenant toutefois quelques copies de " matériaux secrets ".

Individu G : son absence de culture et d'éducation ne l'ont pas empèché de grimper l'échelle sociale ; directeur de quelque chose, il n'aime que le pouvoir. Les raisonnements Hubbardiens finiront par le faire douter de sa propre intelligence, si bien qu'il quittera la secte, ne supportant pas de n'être pas le maître à bord, lui qui voulait révolutionner l'affaire.

Individu H : Jeune homme en lutte perpétuelle avec son père ; marié par opposition à celui-ci, veut à tout prix démontrer à son géniteur qu'il a raison. Il en mourra, littérallement, car la secte n'a pu que renforcer cette obsession en provoquant chez lui une hypertrophie de l'égo. Ne s'est cependant pas suicidé, comme l'avait fait M. Vic; on peut cependant affirmer que sa mort, bien qu'accidentelle, n'est pas sans rapport avec la secte.

Individu I : Célibataire, entretenant une relation avec une personne mariée qui ne veut pas divorcer : cherche une méthode pour décrocher. Y parvient, mais la sciento se transforme ensuite en gros problème dans son existence : qu'importe, cet hyperactif aime les problèmes !

Individu J : Traîné par une amie-maîtresse, bien plus jeune que lui, se moque bien de la sciento; pas mal d'argent de provenance indiscernable ; a filé à l'anglaise dès qu'il a été question de son activité pendant la guerre et de ses fonds.

Individu K : un autre, amené par une " copine " qui l'avait dragué la veille (une scientologue très 'limite', même en tant que Scientologue) ; celui-ci comptait probablement séduire la fille en faisant ce qu'elle demandait (même raison que le J); il était poursuivi par la justice pour divers viols de mineurs et mineures, et, lors de mon interrogatoire assez serré - il me déplaisait énormément, vous comprenez pourquoi je voulais à tout prix m'en débarrasser - il se vantait de pouvoir échapper aux peines de prison ferme, puisque, disait-il, il était enfant de l'assistance publique.

Couple L : ceux-là n'avaient qu'un problème : elle était homosexuelle bien plus qu'hétéro ; comment faire fonctionner le couple ? En faisant accepter cette homosexualité au mari ? En trouvant une troisième ? La secte leur promet une solution heureuse pour chacun. On peut toujours promettre, et les gens attendre, attendre...

Couple M : pas de relation sexuelle entre eux. Elle, dans son enfance, avait eu des parents du genre " l'horreur " pour un enfant. Comment pouvait-il parvenir à la " décider " ?

Individu N : Excès de culpabilisation - persuadé que son absence de VRP a causé la chute de sa femme dans les escaliers et les ennuis de santé consécutifs, cherche à 'rattrapper son erreur' des années durant, en cherchant à devenir auditeur pour 'effacer l'engramme de sa femme'... qui n'a jamais voulu entendre parler de la secte. Beaucoup de temps perdu pour elle comme pour lui.

Individu O : il s'agit plutôt d'un ensemble de personnes du même type, courant en sciento : des filles ayant coiffé Ste Catherine... depuis parfois très longtemps, travaillant, ayant des sous, pas d'ami ni de mari. On devine la suite. Ca se termine en général assez mal pour elles ; elles repartent sans ami ni mari, délaissées, avec éventuellement des dettes. Il existe leurs équivalents masculins. Le manque de relation amoureuse est l'un des ressorts essentiels sur quoi la scientomarieuse joue.

Individu P: Accident grave de moto ; fou de vitesse, sa femme en est morte. Psychiâtrie, culpabilisation ; on comprend. Brillant ingénieur, il saisit très rapidement, en passant dans les orgs " supérieures " de SD, qu'on le mène en bateau, et se fait rembourser sur le champ, alors qu'il était prèt, après un long voyage et un gros chèque, à se faire " auditer " tout de suite : mais " on " (l'Office des affaires spéciales, chargé de la sécurité) voulait à tout prix le faire attendre, au cas où il aurait créé des ennuis venant de son " passé psychiâtrique " - il avait eu une cure de sommeil et des séances de psychanalyse.

Individu R : Doté d'une épouse atteinte de la maladie d'Alzheimer, cherche une réponse dans la secte, puisque la médecine ne peut pas grand-chose. Pas de réponse, là non plus. Tout juste un peu de patience en plus, vu l'effort consenti...

Individu S : médecin ; curieuse, elle veut développer son côté naturopathe. Pourquoi pas ? L'ennui vient du manque de sérieux des recherches du gourou ; elle ne fait pas long feu. J'en ai connu quatre ou six exemplaires, ici et là. Peut-être même l'un d'eux, fort drôle au demeurant, trouvait-il dans la secte un bon complément de clientèle sans concurrents, avant d'augmenter ses confortables revenus en vendant du parfum, des appartements ou des tableaux de maître, en sus de sa clientèle avide de certificats de bonne santé pour faire un procédé spécial de sciento ? Cet aspect ressemble à ce qu'on trouve chez plusieurs artistes de second ordre présents en sciento, qui y trouvent parfois une audience ou de la clientèle.

Individu T: Cherche exclusivement un moyen de récupérer l'objet de ses pensées, laquelle l'a plaqué depuis longtemps. N'y parviendra pas.

Individu U : Gros lent, se croyant artiste, avide d'avoir raison à tout prix et en toutes circonstances ; les écrits du champion poids lourds Hubbard, autosacré en 1911, lui servent en toutes circonstances de bouclier défensif et d'arme d'attaque. Indécrottable. Ce genre reste en général scientologue fort longtemps, car il a une forte tendance à " citer tout Hubbard par coeur. " Ca fait de l'effet, en sciento, même si ça ne sert à rien.

Individu V : Druggie aux 'lourdes'. Fonce sur tout ce qui bouge. Ayant retrouvé une forme de décence, ne craignant plus les decentes de flics, devient super-flic dans la secte. Antipathique dès le premier regard. Profite du gâteau et des cerises qui sont dessus, qu'il se fait servir par sous-fifres obéissantes et obséquieusement dressées au quatre-étoiles SD, la 'mecque' de l'intégrisme scientomachiavélique. Voyage beaucoup aux frais de l'affaire, dans divers autres quatre-étoiles, où il donne des conférences et reçoit peut-être quelques suffragettes.

Individu W : A peu près le même, sans les expériences de drogue. Tendance fortement sadique. Vous le reconnaîtrez plus loin. Intelligence tournée vers le pouvoir, exclusivement. Trahira tôt ou tard, si sa part de gâteau se rétrécit. Se venge, mais j'ignore de quoi, à moins que ce ne soit par précaution, qu'il cherche à écarter des remplaçants potentiels ? A beaucoup lutté, en fait, contre des gens bien plus haut placés que lui, mais moins tordus : ils ont perdu.

Individu X : N'a probablement pas couché avec Hubbard, mais lui a beaucoup plu, certainement. Dispose désormais des pleins pouvoirs et des comptes. Imbuvable et odieux ne qualifient que faiblement ce type. Il s'agit effectivement d'une brute sanguinaire, qui se trouve d'ailleurs entouré de cadavres. C'aurait pu être n'importe quel officier nazi plaisant à Hitler. A peu près la même sale gueule et le même type d'uniforme. Les mêmes buts, n'en doutez pas : suprématie de la 'race' scientaryenne, gouvernement planétaire puis extra-planétaire. Je ne suis pas absolument certain qu'il soit suffisamment stupide pour savoir qu'il n'en a pas les moyens ! Un pur produit de la civilisation scientoque, dans laquelle il a vécu dès l'enfance.

Savez-vous qu'un spot télévisé fait hurler ces jours-ci nos amis d'outre-Manche, c'est celui de la SD : on y voit quelques charmants acteurs disant " Confiance ". Tous disent la même chose. Confiance. Ca ne m'en inspire aucune. Là-bas, les scientologues étrangers ont été bannis des années durant ; il ne fallait pas déclarer son appartenance à la secte aux services d'immigration, en 1976 : les scientos étaient interdits depuis des années. Ils y ont quand-même leurs châteaux, et leur troisième QG - au cas où ceux des Etats-Unis et celui qui flotte, le bateau Freewinds, seraient arraisonnés. Preuve que la justice humaine est plus tolérante qu'elle ne devrait envers ce groupe.

Individu Y : A épousé l'individu Z. Ce qui lui a valu cinq ans de prison par une cour de justice américaine - détails plus loin.

Individu Z : pouvoir de conviction extrèmement développé, style Hitler. Schizophrène. Parano. Mytho. Obsédé de pouvoir, d'argent, de reconnaissance de soi. Terrorisé à l'idée de faire face à ses résultats réels, s'est caché une bonne partie de sa vie. A fondé la Dianétique-Scientologie. Nom et prénoms : Hubbard, Lafayette, Ronald. Décédé et incinéré - même ses cendres ne pourront être l'objet d'étude. Détails ci-après.

Affaires en cours

N'oublions pas l'actuel procès de la secte à Lyon, procès déclenché par le suicide de M. Vic, manipulé par un homme d'affaires brutal et avide, à l'image de son grand gourou, patron d'une mission de scientologie lyonnaise. Je vais ici me risquer à quelques petites déductions tout à fait évidentes, sur ce Mazier, lorsqu'il a eu tous les ennuis qui l'ont conduit dans la secte. L'ayant vu dans divers journaux télévisés, il vous sauterait aux yeux que ce " brave homme " ne regrette probablement en rien ce qui est arrivé aux victimes; il affiche une morgue digne d'un patron scientologue ; un regard dur et sûr de soi, mais à y regarder d'un peu plus près, vous pourriez voir cependant poindre la terreur au fond des yeux ; si vous connaissiez déjà les méthodes de la secte, vous sauriez qu'il n'a pas dû beaucoup s'amuser depuis que la justice a pointé son museau dans l'affaire lyonnaise, car " on " l'a certainement disipliné au delà du croyable ; à coup sûr, il a " été mis en condition de confusion ", peut-être même " déclaré suppressif " (réhabilité ensuite, la secte ayant encore besoin de lui pour le procès), très probablement " condamné au R.P.F. et au RPF des RPF ", un type de purgatoire SScienferlogique durant lequel on vous en fait baver, on vous humilie, on vous casse, on vous mate, on vous broie dans la machinerie, on vous 'lave le cerveau '. Ils ont peut-être aussi quelques moyens de chantage à son encontre. C'est ainsi que ce personnage, ce Mazier, dont les destinées de la secte dépendaient en France, se trouvait au devant de la scène, à défendre les couleurs du maître disparu, contre celles de la veuve de Monsieur Vic, dont le seul " tort " est de n'avoir pas pu prendre 30000  F de crédits supplémentaires, et de n'avoir pas accepté les yeux fermés les prétentions de Mazier, ou l'explosion de son couple au profit de la secte.

Mazier n'est pas le premier scientologue à avoir un mort sur la conscience... mais les responsabilités sont si diffuses au sein de sciento-défroque, tant que vous obéissez aux cinq cent mille et un commandements hubbardiens, que vous ne pourriez que très difficilement vous croire vraiment responsable. Responsable, au sein de cette pseudo-religion ? Celle-la même qui ose parler Inquisition, qui ose parler Intolérance, qui ose parler morale et éthique, lors du procès actuel, quand bien-même, comme je m'acharnerai à le montrer au cours de cet ouvrage, elle se moque bien de ce qui peut arriver à qui que ce soit, si c'est dans son intérêt, à elle... Plus intolérant que cette secte-là, moins éthique au sens fort du mot, moins moral, vous voulez rire ? Il s'agit bel et bien d'un ramassis de criminels dont la plupart s'ignorent, croyant bien faire quand on fait pour la secte. Même un des fils d'Hubbard, qui l'a aidé dix ans durant, n'a pas hésité à révéler à la télé que son père n'aurait pas vu d'inconvénient à faire fructifier l'or gagné dans le trafic de drogues... c'est du récent, ça date de quelques jours seulement. Ce même fils, Ronald De Wolf, anciennement Ronald Hubbard, né en Mai 1934 à Encinatas en Californie, a témoigné longuement contre son père devant la justice.

Au long des chapitres qui suivent, vous pourrez déduire les malversations, les copinages, les affaires de sexe, les machineries d'argent qui sont monnaie courante en sciento ; vous saurez comment elles ont été rendues possibles ; vous verrez peut-être aussi en quoi elles rappellent les pires affaires politiques, les Profumo, les scandales financiers, les assassinats et les guerres. Et ça, venant d'un mouvement soi-disant pacifiste, soi-disant anti-raciste, soi-disant égalitaire, soi-disant apolitique, soi-disant charitable et humaniste, soi-disant sans but lucratif, soi-disant ...?

J'ai ajouté quelques passages en italiques à " la Reine des Sectes, le 22 Novembre 1996, quelques jours avant l'édition, puisque le scientillogisme dianétique vient d'être condamné dans le retentissant procès de Lyon; le principal accusé, Mazier, dont ces quelques lignes vous ont appris l'existence, obtint trois ans de prison dont moitié ferme... les juges ont frappé plus lourdement que les réquisitions du Procureur, montrant bien par là, et pour la seconde fois en France, que la qualification des faits d'escroquerie et d'homicide involontaire avait amplement été retenue et démontrée.

Scientologie et internet

Nous avons tous entendu parler de l'Internet, cette merveille qui permet de communiquer d'un bout à l'autre de la planète par le biais d'ordinateurs branchés sur une ligne téléphonique.

M'y étant branché depuis quelques jours, j'ai découvert, s'il en fallait encore, une preuve de plus du commercialisme de la secte : cela s'appelle " Scientology and the Internet ", c'est donc une page accessible provenant du bureau de presse de la secte, cela prétend disposer d'un " copyright ".

Après diverses affirmations prétendant prouver que les " Internautes " qui écrivent du mal sur la secte sont tous des criminels du Klu Klux Klan et autres niaiseries tout aussi fausses qu' aimables, la scientologie-dianétique abat son arme fatale : " Ces messages anti-scientologues obscènes, sous le couvert de " critiques " sont également un moyen de dévier l'attention réelle poursuivie : la violation des droits de l'église concernant le copyright et les secrets commerciaux (trade secrets dans le texte, soulignement ajouté). Mais qui donc voudrait de tels secrets qu'ils n'osent, eux, dévoiler, si ce n'est justement pour abattre la secte ? Et de quoi parle-t'on ? D'inquisition religieuse, ou bien de faits bassement commerciaux? 


L'apparence

Hypocrite : Personne qui professe des vertus qu'elle ne respecte pas, gagnant ainsi l'avantage d'avoir l'air d'être ce qu'elle méprise en réalité. (Ambrose Bierce, Le Dictionnaire du Démon, 1907)

La foi est tout au plus une escroquerie nécessaire (Charles Churchill, Gotham, 1764)

Sectes : groupes visant par des manoeuvres de déstabilisation psychologiques à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l'esprit critique, une rupture avec les références communément admises (éthiques, scientifiques, civiques, éducatives), et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l'éducation, les institutions démocratiques. Ces groupes utilisent des masques philosophiques, religieux ou thérapêutiques pour dissimuler des objectifs de pouvoir, d'emprise et d'exploitation des adeptes. (Les sectes en France, rapport de la Commission d'enquête sur les sectes de l'Assemblée Nationale, 1996)

L'apparence , autrement dit , LA FORME, est le principal cheval de bataille de la Scientologie/Dianétique, aussi bien dans ses rapports avec ses adeptes, son " staff " (le personnel), qu'avec la société qui l'entoure, ou envers ses ennemis.

Que vous pénétriez l'univers de façade de cette nébuleuse habile, vous voilà face à des gens charmants, dévoués, souvent d'apparence agréable, de communication facile, de bonne composition, généralement logés dans d'agréables bâtiments, exposant des tableaux complexes sur la progression de l'homo sapiens vers une forme plus sophistiquée d'être humain, déballant des monceaux de livres divers, dont de véritables encyclopédies sur la SD, ainsi que des appareils électroniques de mesure de l'état mental (le célèbre électromètre des scientologues), des ordinateurs pour corriger des tests de personnalité ou d'intelligence, ou même, émettre vos factures de service ou d'achat de matériaux que vous pouvez prendre par dizaines, et pour des sommes énormes.

Tout pour la forme. Il y a un fond, on peut dire " des fonds ", derrière tout cela, et qu'en fonction de la manière de les observer, les scientos sont caméléonesques et changent de couleur comme l'animal, selon les surfaces où ils se posent, c'est à dire en fonction des gens et des moments.

J'espère démontrer ici qu'il est tout à fait possible d'interpréter dès le départ les bizarreries qu'on rencontre dans la secte ; et dénoncer les fonds cachés derrière les formes : l'arbuste cache la forêt. On peut " traduire " les intentions par l'observation des grands sujets qui se présentent à soi lors d'une étude de la secte. Je tâcherai de prouver que tout scientologue court après des niveaux de progression futurs, qu'il recherche des progrès futurs, parce qu'il entend des gens qui lui content d'éventuels progrès, ou qu'il en a fait quelques-uns: il court après des chimères, car on en attrape ici et là. Il espère aussi, forcé par la politique du groupe, en prendre d'autres dans ses filets.

On peut se demander pourquoi il m'a fallu treize ans avant d'écrire ce livre ; pourquoi aussi peu d'anciens ont pris la plume pour dénoncer les pratiques qu'ils ont eu tout loisir d'observer et d'étudier des années durant, parfois des décennies ; pourquoi il y en a eu si peu pour combattre le système SD en justice ; pourquoi, malgré des centaines de procès, presque toujours perdus, la nébuleuse SD tient toujours : cela fera l'objet d'explications, dont voici la première :

Auto-dénonciation

Pour vous éviter le mal de vous faire aimablement " renseigner sur l'auteur " du " torchon bourré de mensonges" qui suit  par la secte, je vais me dénoncer à sa façon scientologue, c'est à dire, appliquer contre moi ce qu'ils ne manqueront pas de faire, consistant en calomnie automatisée et systématique de leur part ; ces critiques qui leur vaudront des procès en diffamation s'ils osent.

Je suis bien entendu un criminel patenté, doté de tous les vices, ayant comme unique idée fixe et unique obsession la mort de l'humanité, (moi vivant, tous les autres morts) ; en attendant d'obtenir ce résultat difficile, je me contente d'être un assassin récidiviste, un criminel crapuleux, drogué et sidéen ; on peut trouver dans mes jardins (anglais?) une honnête quantité de cadavres de mes victimes, surtout, bien évidemment, à la suite d'horribles affaires sexuelles de la plus grande perversité ; bref, Sade, le divin marquis, n'est qu'un enfant de choeur par rapport à moi.

Je vis sur le compte des banques que je braque du matin au soir, à moins que je ne dévalise de petites vieilles très gentilles ou que j'escroque mes amis et voisins. Je passe ma vie dans le passé, je prêche le diable, je suis extrémiste de droite ET de gauche, communiste, royaliste et anarchiste, terroriste en chef; je hais les gens, je ne suis pas simplement raciste, je les hais tous et pour comble d'horreur, j'exerce tous les métiers que la secte dit détester : en particulier, je suis journaliste, spécialisé dans le soutien aux esclavagistes et prêchant contre la liberté de religion - enfin, essentiellement de la pseudo-religion scientorogue ; politicien (véreux, bien sûr - il va de soi que tous les non-scientologues sont véreux), psychiatre opérant des tas d'électrochocs sur quantité de patients parfaitement sains d'esprit, (je dois dire que j'en profite pour faire mon beurre aussi sur des opérations de décervelage physique, car je mange volontiers de la cervelle humaine pour me rajeunir lors de mon pacte avec les puissances maléfiques - il y en a bien qui mangent de la cervelle de vache folle...) ; je suis aussi médecin, très allopathe et psychopathe; dealer de haut niveau, bref, j'ai voué ma vie à la destruction pure et simple de tout ce qui bouge et qui respire, et quand ça ne respire plus, je me paie les tombes pour les dévaliser, voire pour assouvir des instincts que je vous laisse deviner sur les cadavres. Pour compléter ce superbe tableau du parfait petit anti-scientologue, il va de soi que je suis membre de la CIA, du FBI, d'Interpol, de la Police locale, de l'A.D.F.I., de l'A.P.A., de l'A.M.A., de l'O.M.S., de divers gouvernements, surtout les pires, de tous ces groupes voués à l'extermination de la race humaine (sauf moi bien sûr), tous ces groupes étant soi-disant haïs et combattus par la secte, car elle en profite volontiers quand elle peut.

J'ai été " déclaré suppressif ", en quelque sorte excommunié de la secte, voici treize ou quatorze ans, par un de ses dirigeants, le très honnête et vénérable " Ministre du culte " Jean-Michel Wargniez, qui, grâce à cette magnifique action sur laquelle je reviendrai, et grâce à d'autres actions de même acabit, a fini par devenir un très haut dignitaire de la Scientologie-Dianétique. Vraisemblablement, il a quand-même dû en baver.

(Paragraphe vide, où vous rajouterez tout ce que vous pensez être plus abominable encore que les aveux que je viens de vous révéler sans la moindre honte et sans le moindre sentiment de responsabilité pour les actes abominables qui s'y attachent...)

Bref, je n'ai jamais bien fait, jamais eu envie de bien faire, et n'ai aucunement l'intention que cela change. Ceci explique pourquoi j'écris en m'opposant au " meilleur groupe que l'humanité ait jamais connu ", " aux gens les plus décents de cet univers ", " à l'élite de la planète, les 1 pour 10000 des 1 pour 10000  ", etc. toutes qualifications que s'attribuent les scientologues.

Autres dénonciations

Il va de soi que mon éditeur, tous ses employés, tous les médias qui parleront de cet ouvrage, tous les amis qui m'ont aidé ou soutenu, tous les lecteurs ayant le moindre point d'accord avec quoi que ce soit que j'écrive contre la secte Scientologie/Dianétique font partie du même lot de criminels que moi. Tant pis pour vous ! On vous aura prévenus. Quant aux lecteurs de ces inepties sans l'ombre d'une preuve, ils exposent leur incroyable sottise à tenter de comprendre quoi que ce soit du charabia truffé de mensonges qui suit.

Ajoutons à cette liste, le 22.11.96, Monsieur le Président du Tribunal Correctionnel de Lyon Patrick Lifschutz, ses assesseurs Christine Bartoloméi et Jacques Baillet, ainsi que Mr Georges Fenech, qui fut le premier magistrat instructeur de l'affaire, et sont désormais membres de plein droit, du " Club des Suppressifs " déclarés par la secte, ayant condamné le président lyonnais de Scientologie S.A.I.I.(voir couverture) à 500 000 F d'amende, trois ans de prison dont 18 mois fermes, cinq ans d'interdiction des droits civiques, civils et de famille, ainsi qu'à exclusion des marchés publics. Les autres protagonistes, dont un couple d' amis d'hier, amis que je considère toujours tels bien qu'ils soient supposés me haïr, se sont vu infliger des peines allant de huit mois à deux ans avec sursis, assorties d'amendes de 10 à 20 000F. Des dommages de 800 000 F ont été alloués aux victimes.

Le magistrat de la 13e chambre correctionnelle de Paris avait eu droit aux mêmes " éloges " quand, en 1979, il condamnait le fondateur L. Ron Hubbard à quatre ans ferme. Tous les gens du fisc qui ont ponctionné 48 millions d'arriérés à la secte aussi.

Mettre en doute quoi que ce soit des hauts faits et des superbes techniques de l'hyper-religion de l'âge de l'espace et du troisième millénaire est déjà un " crime capital ", " un acte suppressif ", pour user de leurs mots définitifs.


QUELQUES REFLEXIONS

Pourquoi " la Secte Armée pour la Guerre  "?

Nombre de titres auraient très bien fait l'affaire; parmi eux, on pourrait trouver :

" La Reine des sectes ", qui fut longtemps le premier titre de cet essai, avant que je ne découvre les armements en sa possession et ses camps de concentration.

" La puissance et la gloire " (Celles du gourou)

" Que faire quand vous n'êtes pas paumé, mais qu'on vous le dit? "

" Science à proscrire "

" O Combien de marins... " (puisqu'il y a tous les uniformes et les bateaux, pour vous y emmener )

" Pour qui sont ces scientos qui sifflent sur nos têtes? "

" Mythe et scientologie "

" Vade retro, scientonas! "

" Magic'sciento et les 46 ans du mensonge "

" Scientologie rime avec escroquerie, Dianétique, avec fric. "

" Les dessous d'une très sale affaire : la scientologie/dianétique "

" Le XXIe siècle pourrait être scientologue, si on les laissait faire "

" Scientologie/Dianétique : Un lourd héritage de religions? "

" Gonfle-toi vers la nuit, O homme, les yeux des scientos, jusqu'au vide ont guetté, au loin, avidement...tes chèques et ton argent", et j'en passe.


  MORTS ET SUICIDES ETRANGES JALONNENT LA VOIE SCIENTOLOGIQUE


EXTRAIT DU LIVRE "LA FABLE"
auteur anonyme
distribution libre
trad: Roger Gonnet
 


Voir la dernière version de ce texte: http://www.antisectes.net/suicides.htm  

La Secte armée pour la guerre, reine des sectes, c'est le résultat de ce que j'ai vu en action: cette secte-là cherche à récupérer et à aider les autres mouvements du même genre; elle s'inscrit partout, envoie des missionnaires aider d'autres groupements ayant des ennuis comparables : elle les trahira à la première occasion, mais s'en servira pour obtenir de l'aide dans des manifestations, des courriers, des procès, dans la presse, etc. Elle cherche à dominer, là aussi, car elle dispose d'un réseau de renseignements et d'actions sans comparaison aucune avec les autres mouvements du même type.

En fondant des sections spéciales de liaison avec les autres sectes, en cherchant à les fédérer alors qu'elle dispose de gros moyens " d'intelligence service ", on peut supposer le risque potentiel. Comme vampire à fric, elle est plus forte que la majorité; comme crédibilité aussi, car elle ne fait pas d'appel direct à la foi. La multiplicité des points de vue affichée par Ron Hubbard, son fondateur, est bien supérieure à ce qu'on trouve ailleurs, leur crédibilité relative aussi. J'en déduis qu'elle est beaucoup plus dangereuse que les autres, ayant bien plus d'arguments d'apparence logique et bien plus d'écrits dont l'analyse passe souvent les premiers caps de critique d'un néophyte, même relativement averti, même, par exemple, diplômé de psychologie, psychiâtrie, même psychanalysé, ou médecin, etc.

Armée de sa longue patience et de son entêtement hors du commun, elle a plus d'impact final que les autres mouvements chez ses adeptes actuels, comme chez les anciens: presque aucun ne dira la vérité des faits, car il existe un certain équilibre entre le bien apparent qu'elle pourrait faire et les dommages internes qu'elle cause réellement, et plus : elle terrorise en fait tous ses membres dès les premières semaines. Ceci ne la rend pas neutre pour autant; ses buts sont toujours les mêmes: pouvoir total, argent. Il est difficile de rencontrer d'anciens scientologues prêts à l'attaquer, sauf sous paravent de la justice, généralement afin de récupérer les centaines de milliers de F payés à ne rien obtenir . Elle a même réussi à piéger les journalistes, ce qui ne serait qu'à moitié grave, mais aussi les instances et agences d'état, qui n'osent, dans leur ensemble, pas s'attaquer à sa prétention d'être une religion: la plupart d'entre eux croient " ne pas tomber dans le piège " en s'attaquant seulement à ce qui est répréhensible juridiquement, comme les escroqueries ou chantages, mais pendant ce temps, elle parvient à être nommée " Eglise " de Scientologie dans les médias... sans les guillements nécessaires en pareil cas. Grosse erreur de mon point de vue, car il y a longtemps qu'on en aurait fini, non de la scientomanie, mais de ses apparences trompeuses: à mon sens, elle ne s'occuperait plus que de ce qu'elle sait à peine faire: fournir, comme la psy, quelques moments heureux à ses clients, en payant ses taxes, et en laissant de côté ses visées de gouvernement planétaire ; peut-être aurait-elle disparu.

En 20 ans, dont huit dedans et treize ou quatorze dehors, où je fréquente encore bon nombre d'amis anciens adeptes comme nous, j'ai eu tout loisir de me faire une opinion et de vérifier les écrits de base.

Voici le résultat.

Les études humaines, (philosophie, psychologie et religion) sont les domaines les plus sujets à controverse qui soient: quelques uns des phénomènes dont je parle ici ne feront pas exception. Il m'a fallu diminuer le nombre de citations d'Hubbard pour ne pas rendre l'ouvrage trop indigeste: le sujet l'est déjà bien assez, et cela évite aussi qu'ils intentent des procès en violation de copyright, même s'ils sont perdus d'avance, compte-tenu de la loi française. Au contraire, par déformation personnelle peut-être (j'ai pratiqué comme conseil d'entreprises) j'ai souvent cité des chiffres ne pouvant prêter à discussion afin de mettre certains défauts en pleine lumière. Les estimations sont parfois un peu fausses, mais les bases précises sont dans les livres de la secte, pas dans les miens: cela n'influe sûrement pas beaucoup sur les déductions que ces chiffres permettront, ni sur leur ordre de grandeur.

Quelques parallèles sont établis entre la scientologie et d'autres mouvements : je n'ai pas vécu à l'intérieur de ces derniers, si bien que mon opinion ne reflète que les avis de la presse, de la télévision ou d'anciens adeptes rencontrés à l'A.D.F.I, cette association dévouée à faire sortir de ces groupes tous ceux qui n'en veulent plus, tous ceux qui ont compris ou pourraient comprendre avec un peu d'aide éclairée. Et à éviter que d'autres personnes n'en subissent les effets néfastes


ENTREZ, ENTREZ, ENTREZ !

" Le fanatisme consiste à redoubler d'efforts lorsque vous avez oublié votre but. " (George Santayana, La Vie de Raison, 1905)

Une grande rue dans une grande ville. Une réunion d'amis, avec votre copain ou votre copine, un ami, une relation de travail. Une cousine, un oncle, votre frère, la voisine dans le train ou l'avion. Une petite annonce pour du boulot. Une conférence au titre alléchant. N'importe qui, n'importe où, n'importe quand, vous pourrez vous trouver face à face avec l'hydre aux cent têtes. Pour ces suspects, il n'existe que des 'prospects', des gens en mesure d'être convaincus. Ils hésiteront seulement face à des clochards, de vrais fauchés, des flics - et encore . Vous êtes probablement de leurs cibles favorites à disséminer, à convaincre, mais, s'il est plein aux as, ils pourraient aussi s'en prendre à un cul-de-jatte aveugle, sourd et muet (s'ils savaient comment lui parler).

Quelqu'un vous aborde, vous distribue un tract pour une conférence gratuite ou pour un " test de personnalité " tout aussi gratuit. Ou vous parle de vous ou de lui. Ou profite de votre désarroi momentané à un arrêt de bus ou dans une station de métro, pour lier connaissance.

Vous êtes d'ores et déjà dans de bonnes mains, celles d'un scientologue qui va sauver la planète, en commençant par vous, par votre temps et votre argent. Non, il ne tendra pas la main pour avoir une aumône, c'est lui que vous allez prier, malgré les apparences. Celui ou celle qui vous fait face est habile, charmeur, sait de quoi il ou elle parle. " Ils " sont généralement bien habillés. Ce n'est pas à ça qu'on les reconnaît, ce serait plutôt à cette impression de confiance en eux, de présence, à leur regard qui vous fixera sans gène.

Ils sont jeunes, mais pas tous, loin de là. Si vous avez l'impression d'avoir une touche, n'y croyez pas trop avec eux: ils ne font pas dans le poisson dragueur, comme les " Enfants de dieu ", même s'il leur arrive de mimer le flirt possible, qui débouchera peut-être, mais plus tard... quand vous en serez aussi.

Vous saisissez la balle au bond, le feuillet d'invitation à la conférence, quelque part en ville; ils vous en disent tout de suite le plus grand bien de la secte puisque vous vous êtes arrêté. Soit vous vous dites en fouillant vos poches, rentré chez vous, que ce test gratuit est bonne aubaine, puisque justement vous aimeriez mieux vous connaître, ou mieux vous débrouiller dans la vie, ou être 'mieux dans votre peau ; ces choses sont écrites sur les invites de la secte, à la suite de longues enquètes pour connaître ce qui vous remuerait. Et vous y allez, souvent empli d'espoir.

Si c'est à la conférence gratuite, deux ou trois personnes sympathiques prennent l'assistance à témoin de leurs laïus. On vous parlera de communication, ou d'engrammes (cette méthode dianétique qui expliquerait toutes les anomalies de tout être humain depuis 1950), on vous parlera des défauts de la société, des problèmes psychologiques que chacun rencontre. Ce sera plus ou moins clair, selon le conférencier. Puis on prendra votre adresse, votre téléphone - si ça n'a pas été fait d'entrée de jeu - on tentera de vous vendre un livre pas trop cher, genre 'Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps', tout en vous invitant le lendemain matin de préférence, ou le soir même, à venir passer le test gratuit.

Si c'est un " bon pour test gratuit " qui vous a été distribué, vous aurez donc sauté cette étape conférence. Si c'est une connaissance ou une toute nouvelle rencontre qui vous a abordé, elle sera peut-être forcée de " déballer le morceau " plus directement, en obtenant de vous des aveux démontrant vos difficultés dans la vie, ou sur la façon dont vous aimeriez parvenir à arranger un peu les choses, dans le travail, dans le ménage, avec les enfants, les voisins, l'argent, la politique - que sais-je ? Tout sujet sur lequel vous montrez un peu de faiblesse suffit pour donner une indication des voies qu'il faudra emprunter pour vous amener à commander un livre - ils en ont souvent sur eux - ou à vous faire glisser dans l'entrée d'un groupe quelconque de Sciento-Dianétique.

Vous finissez généralement cette première étape attablé devant un bureau dans un endroit plus ou moins agréable, ce peut être une jolie maison de campagne avec un petit panneau 'Centre de Dianétique', ou une plaque de cuivre avec le nom d'un quidam, ou une imposante pancarte 'Eglise de Scientologie', la scientologie étant une 'philosophie religieuse appliquée' (association sans but lucratif Loi de 1901), tout çeci très visible dès l'entrée; je crois que les synagogues, les mosquées et les temples devraient aussi afficher ce type de pancartes bien en évidence. C'est bien pour l'image religieuse sans but lucratif.

C'est n'importe où, par n'importe quelle voie, et n'importe quand. C'est la nébuleuse SD (la Scientologie Dianétique) ; vous êtes dedans.

Si vous êtes méfiant, défiant, ou que vous êtes tombé sur un membre néophyte sachant mal son " catéchisme ", son ABC de disséminateur, vous risquez encore de ne pas tout avaler, d'autant que dès le début, on a tendance à ne pas faire dans la dentelle. Vous pourriez entendre parler de vies antérieures, de lévitation, de vie en dehors du corps, toutes choses qui pourraient vous refroidir; mais habituellement, ce n'est pas ce qui vous attend.

Ils veulent votre ruine

Plus fréquemment, vous remplissez une feuille de réponses du genre " oui - non - peut-être " à deux cents questions, plus ou moins similaires à celles qu'on pourrait imaginer chez un psy. C'est le 'test d'aptitudes O.C.A.'; derrière ces initiales : 'Analyse d'aptitudes d'Oxford', mais Oxford, la célèbre université, n'a rien à voir dans ce test, qu'Hubbard appela d'ailleurs en premier lieu 'A.P.A.', analyse américaine d'aptitudes, quand le test était donné aux américains. Mais après avoir transféré son Quartier Général dans le château du Maharadjah de Jaïpur, au coeur d'un joli parc du Sussex, à une demi-heure de Londres, il fallait se mettre au goût anglais; Oxford faisait très joli, non? Vous voilà donc en train de répondre aux deux cents questions qu'aucun spécialiste des tests n'a jamais testé avant de l'adopter:

" Etes-vous considéré parfois comme un rabat-joie ? "

" Considérez-vous le bien de tous plutôt que vos avantages personnels ? "

" Etes-vous perturbé par l'idée de perte de dignité ? "

" Considérez-vous que le système des prisons sans barreaux est voué à l'échec? "

" Vous tracassez-vous souvent à cause de votre infériorité ? "

" La vie vous semble-t'elle un peu vague et pas réelle ? "

" Jetez-vous votre argent par les fenêtres ? "

et 193 autres de même espèce.

La personne qui surveillait les tests sort votre profil en dix points de son micro ordinateur quelques minutes après que vous ayez fini. Vous avez droit à sa mine probablement mi-satisfaite, mi-ennuyée (elle se met à votre place). Ca n'est généralement pas brillant. Voir le croquis explicatif à la fin de 'la Secte armée pour la guerre'.

Soit elle vous l'interprète, soit elle vous met entre les mains d'un spécialiste. A ce niveau, vous n'attendrez en général pas longtemps, on ne voudrait pas vous perdre, pensez donc, vu l'état dans lequel on vous voit, vous pourriez vous jeter sous le métro ou sauter par la fenêtre - celle par laquelle vous avez justement l'habitude de peut-être jeter votre argent. Ici, rassurez-vous, la fenêtre Sciento-Dianétique est là pour le recevoir.

On vous montre la courbe du test.

Voici ce que ça donne presque systématiquement :

3 premières lignes, (stable, heureux, calme), vous êtes probablement dans le rouge ou dans le noir, entre moins quarante et moins cent. Pas génial, quoi.

3 lignes suivantes, (Egalité d'humeur, actif, capable), vous risquez que ça soit au-dessus de zéro contrairement au reste, voire presque en haut du test.

Responsable, à la ligne G du test, vous ? peu probable: vous risquez plutôt d'être tout à fait en bas.

Enfin, les trois derniers points, affinité avec les autres (qu'ils nomment raisonnement logique, on ne sait pourquoi), communication et accord, seront tout juste moyens ou très en dessous de la ligne.

Ca, c'est pour la moyenne des gens qui répondde bonne foi; il y a bien sûr toute sorte d'exceptions. Si vous êtes très en forme, que votre patron vous a augmenté de 40 % la veille, que vous venez de rencontrer l'homme ou la femme de votre vie, et que vous sortez d'un cinéma où l'on jouait un film génial et amusant, votre graphique risque d'être beaucoup plus haut que celui que j'ai décrit. Mais l'effet test risque plutôt de vous faire baisser que grimper, car qui ne se remet pas en cause, sinon les fous, les imbéciles (et les scientologues)?

L'interprète des tests vous prend en confidence, et commence à vous expliquer chaque ligne, en guettant l'air que vous avez pendant qu'il parle: vous, c'est ces lignes, ce graphique perturbant qui vous obnubilent, pas le fait qu'il vous regarde. Mais lui, il observe vos " indicateurs ", l'air que vous avez, les paroles que vous dites, l'impression générale qu'il ressent par rapport à vos réactions; avez-vous l'air d'accord avec tel ou tel point ? C'est là qu'il vous enfoncera les clous, qu'il tirera à boulets rouges.

Il tente d'obtenir votre accord sur chacun des points du test, s'intéressant à vous démontrer que si vous êtes, par exemple, très actif et très irresponsable, vous créerez des ennuis sans fin dans votre entourage; ou bien, si vous êtes en bas dans vos rapports avec les autres (les trois derniers points), vous devez avoir des tas de problème en ménage, avec vos parents, avec vos amis.

Bref, il vous met le nez dedans, et tente de vous orienter vers la " ruine ", vers la chose qui vous perturbe le plus dans votre façon d'être et de faire dans l' existence. Vous, très introverti, vous vous sentez probablement de plus en plus mal, jusqu'au moment où, par un jeu savant de questions et réponses, il a découvert ce qui semblait le plus net des défauts qui vous empoisonnent, l'épine bien sensible qui pourrait être la plus perturbatrice chez vous.

Il cherche le défaut de la cuirasse le plus évident pour vous ce jour-là - ça pourrait aussi bien être un défaut différent, un autre jour.

Peut-être avez-vous eu droit aussi à un second test minuté, le test de Q.I., qui permet à l'évaluateur de jauger votre quotient intellectuel. Si par malheur vous n'êtes pas très rapide, votre Q.I. n'est probablement pas très élevé non plus, sur cette version. De plus, la feuille des réponses comportent des niveaux dépassant 200, alors que le test hubbard ne monte pas au delà de 155...

On profitera de cette intelligence que vous auriez espérée meilleure, même si elle est déjà très bonne, pour vous montrer comment, faible ou élevée, elle vous nuit par comparaison avec le reste des points négatifs du test.

Et si d'aventure vous avez un très bon test, tous les points bien au-dessus de la ligne, cela sera interprété très négativement, car ils 'savent' que cela n'existe pas chez les gens du dehors, ceux qui n'ont pas fait de sciento; on explique alors gentiment à la personne qu'elle est comme son test : dans les nuages! Et qu'il serait grand temps qu'elle revienne sur terre voir ce qui s'y passe vraiment, car tout est loin d'être aussi brillant qu'elle le suppose.

Si votre test est bon, mais pas très, il leur reste encore de quoi vous convaincre: vous, vous êtes bien, ça se voit, mais les autres, il faut les aider, et vous n'avez pas la grandissime technologie laser de haute précision mise au point par le Fondateur, (oui, le gros dont il y a la photo là, et puis là aussi).

Le résultat est invariable: vous avez grand besoin de cette technique pour guérir de ce qui ruine votre vie, et cela se trouve ici, c'est pas cher et ça peut rapporter gros. Dire que c'est facile ? Ah non! ils ne commettront probablement pas cette erreur. Cette ruine, cette énormité qui vous gâche la vie, il faut y faire quelque chose, tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard, et vous pourriez par exemple commencer ce soir, si vous pouvez vous libérer de tous vos engagements, vous comprenez, c'est tellement important... la caisse est par ici, on va vous mener au bureau du Chargé des Inscriptions, un personnage-clé en Sciento. C'est lui qui a la charge de vous vendre ce premier 'conseil spirituel', c'est à dire au choix, un cours de communication de quelques vingt ou trente heures, ou une petite intensive d'essai de 5 heures, pour un prix pas trop élevé. En général, aux 500 à 1500F que vous devez débourser, se rajoutent quelques dizaines de francs pour les 'matériaux du cours' ou un 'livre pour expliquer ce qui se passe pendant les auditions'.

A 20F ou 200 F de l'heure, pour quelques heures seulement, ma foi... vous dites souvent oui. On verra ce qui se passe plus loin.

Quant au test d'Oxford, en voici quelques petites critiques. Ce test comporte 10 lignes de chacune 200 points - il va de moins cent à plus cent. Mais ce que vous ne voyez pas, c'est le trafic auquel se livre l'ordinateur en calculant votre graphique. Ce trafic est ignoré des testeurs scientologues.

Voici quelques aperçus :

(passage technique que je conseille de sauter jusqu'à sa conclusion, sauf pour les intéressés)

Question n° 1: (" Faites-vous des remarques ou portez-vous des accusations sans réfléchir que vous regrettez ensuite? "). La réponse oui donne 2 points, la réponse plus ou moins donne 4 points, la réponse non en donne 6. Ces points seront comptabilisés dans le total d'une des 10 lignes du test. Les 20 questions correspondant à cette ligne (pour cette question, c'est 'stable/instable') sont réparties à divers endroits du questionnaire.

En totalisant les points obtenus pour les 20 questions de chaque ligne, on obtient un chiffre d'écart maxi-mini; pour cet exemple-ci, un écart possible de 60 points qu'il faut alors retraduire pour placer le niveau final de cette aptitude.

Les barèmes sont différents pour chaque ligne - certaines n'ont que 50 points d'amplitude (d'écart), d'autres 71. Ces points sont convertis au moyen d'une grille pour savoir le résultat de chaque ligne. Désolé des chiffres, je n'ai pas de moyen d'être vérifiable autrement qu'en les utilisant.

Prenons la ligne A, stable/instable. La machine connaît le tarif: on peut avoir entre 50 mini et 110 maxi (60 graduations entre le mini et le maxi); à zéro, on a la ligne "  instable "  à moins 100. A 1 graduation , même tarif. A 2,(ou 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) vous marquez toujours le bas de la page, le moins 100, bien que 15 % de vos réponses soient positives, le test ne vous a crédité d'aucun point positif. Votre test devrait indiquer environ moins 70, mais il indique toujours moins 100.

A 19 sur 60, vous êtes toujours très très bas, car cela correspond à moins 90 sur cette ligne-là: pourtant, vous avez près de 25 % de réponses positives, mais ça n'a pas monté de 25 pour cent sur la ligne correspondante, car sinon votre position serait à moins 50 au lieu de moins 90. Avant d'atteindre la ligne centrale, il vous aura fallu 60 % de " bonnes " réponses, et non pas 50 %, comme on pourrait le supposer. Il faut beaucoup plus de bonnes réponses sur cette ligne pour parvenir à être noté " moyen ".

Dans la ligne B, c'est pire : il faut 77% de bon pour arriver à la moyenne, au zéro, ni négatif, ni positif.

La ligne C, il faut 65% de bon pour parvenir au zéro; il ne reste que 35 % de réponses au-dessus.

La ligne D : 50 %. Tiens, les lignes D, E, F, sont souvent, dès le premier test, au-dessus de la moyenne; l'ordinateur de correction le sait. Ce sont justement ces lignes où le trucage est inverse des autres, nous verrons pourquoi.

Ligne E et F : curieux, cette fois il suffit de 33 et 26 % de bonnes réponses, et non pas 50 %, pour vous amener au-dessus de la ligne médiane.

Par contre, il faut 74% de bons scores en G, 80 % en H, 65 % en I, et 72 % en J, avant de passer dans la partie positive.

Conclusion: le score moyen pour arriver au zéro du milieu, c'est 60 % de bonnes réponses, et non pas 50 %; ce qui ne serait pas encore bien fameux, puisque à ce taux-là, vous n'auriez toujours pas atteint la zone vraiment positive, au-dessus des zônes hachurées de la feuille de correction. Comme l'explique ce qui précède, le test vous montre essentiellement des déséquilibres entre le bon (actif, efficace), et le mauvais (presque tout le reste). Ce n'est donc pas une surprise si la plupart de ceux qu'on teste pour la première fois ont droit à des tests ressemblant à ma première description - seulement 3 lignes au-dessus de la moyenne, le reste en-dessous.

Le " test au hasard "

Plus comique : Hubbard a dessiné ce genre de résultats dans le manuel des évaluateurs de test: ces trois points plus ou moins en haut avec les sept autres en bas, il appelle ça 'le test au hasard', prétendant que la personne aurait répondu 'au hasard', qu'elle est irresponsable et vit en dehors de la réalité. Par contre, on ne peut dire qu'il ait conçu ses grilles de correction de tests au hasard!

Voilà donc une preuve de test trafiqué montrant ce que l'on sait déjà en sciento: tous ceux qui n'ont pas reçu les " services " sont mauvais, pas bien malins, ils ont toutes sortes d'ennuis; la secte pense par contre que vous avez de l'argent, même si vous n'avez pas un traître sou, elle croit que vous pouvez en obtenir, par des tas de moyens, comme des prêts de famille, de banque, en vendant votre guitare, votre collection de papillons, que sais-je?

Mieux vaut que vous puissiez vous débrouiller pour vider très vite une partie de vos économies, en tout cas.

Sinon, l'interprète des tests vous l'a bien expliqué: vos défauts n'iront qu'en s'aggravant; un jour il sera peut-être trop tard!

Sans que vous vous en rendiez compte, on utilise sur vous une tech d'Hubbard consistant à démontrer à quel point vous allez de mal en pis, et donc, à vous offrir l'aide que vous allez désormais demander: ayant pris conscience du fait que votre existence court à la ruine, vous êtes prêt à demander de l'aide. Resterait bien sûr à démontrer qu'on vous en apportera, mais ça, c'est une autre histoire. Vous êtes généralement fin prêt pour signer le plus petit chèque que vous aurez à émettre en Sciento-Donne-le-fric. A moins qu'on ne vous rate dans les premiers jours, ce qui arrive fort heureusement un nombre incalculable de fois, même avec les " services d'introduction " pourtant faciles et amusants. Croyez bien qu'il vaut mieux perdre vos 500 ou 1000 F dès à présent: ensuite, vos chemises ne suffiraient jamais, si vous ne payez pas l'impôt sur les Grandes Fortunes.

Muni de votre facture (invoice  sera plus souvent utilisé par les scientologues : c'est tellement plus clair de parler ce scientologais que le français), vous partez vers le cours, rencontrant en route un personnage étrange qui vous passe à l'électromètre et au questionnaire de sécurité, ça, c'est au cas où vous seriez un martien venu démolir la tirelire de Ron Hubbard ou dire du mal du propriétaire, ou à moins que vous ne soyez journaliste, assassin, membre de la police, du fisc etc. On risque alors de ne pas vous rendre votre argent, mais de vous demander de " faire une pétition " pour être accepté en salle de cours.

Vous avez pu prendre aussi une voie d'entrée sans les tests - vous pouvez être certain (e) de les retrouver assez vite. Un ami ou un parent a pu 'chercher votre ruine' directement, après vous avoir fait miroiter à quel point il se sentait mieux dans sa peau grâce à magic-sciento. Au début, ce n'est pas tout à fait inexact.

Dans la plupart des cas que j'ai connus, la première chose qui saute aux yeux: moins de timidité, plus d'élocution, plus de facilité à aborder des sujets divers. La Sciento-diénateste a une forte tendance à développer ce que la psychologie nomme hypertrophie de l'ego - quelque chose du genre 't'as les chevilles qui enflent!' - ce ne serait pas forcément néfaste si ça ne s'accompagnait pas de données fantaisistes, mêlées à d'autres données plus vraisemblables ou vraies. La secte ne pourrait évidemment pas marcher si tout était idiot: on ne peut cataloguer la masse des scientologues comme imbécile ou illettrée, ils ne le sont pas plus que les autres. La barrière des études par écrit a vite fait de repousser la plupart de ceux qui ne sont pas trop intellectuels, pour ne laisser qu'un pourcentage élevé d'adeptes de niveau social et culturel 'convenable': 91% seraient issus de la classe moyenne ou supérieure.

Pour l'instant, vous avez mis les pieds dans la machine à rajouter des points sur les graphiques (que vous verrez un peu partout), dont vous apprendrez vite à vous servir, car chacun en remplit, même les 'étudiants', (c'est ainsi que l'on vous nomme désormais ; dès que vous avez payé, vous devenez un étudiant ou un préclair pour la secte).

Si c'est quelqu'un que vous ne connaissiez pas du tout qui vous parle de sciento en dehors des organisations de la secte, vous serez moins facilement crédule en l'absence des éléments visibles, tests, ordinateurs, bureaux, livres etc. Je ne me souviens pas avoir vu grand monde " arriver en direct ", décidé avant d'entrer, dans l'affaire Sciento. Nous avons eu, une fois, un gars qui avait trouvé le livre de Hubbard abandonné dans un hôtel; il l'avait lu toute une nuit, puis était venu. Très inhabituel. On voit aussi certaines personnes venir par curiosité envers le phénomène des " vies antérieures ".

Les bouquins d'Hubbard sont plutôt de ceux qu'on abandonne. Même avec l' aval d'un ami ou d'un parent, les néologismes et les abstractions complexes, les exemples étranges et la terminologie pseudo-technique ne se laissent pas faire, les invraisemblances non plus.

Lors de la première prise de contact, il arrive que vous ayez déjà entendu le nom 'scientologie' ou peut-être 'dianétique': c'est la raison pour laquelle je les accole souvent ici, qu'on ne vienne pas dire 'dianétique' alors que la secte scientologie est derrière; elle a des tas d'autres visages encore. Si quelqu'un vous parle scientologie, peut-être vous reviendra-t' il qu'il existe une secte de ce nom, votre interlocuteur s'empressant de vous faire savoir que la Scientologie n'est pas une secte, mais une religion au sens le plus ancien du terme, sens que M. Hubbard a inventé pour les besoins de la cause.

Il a inventé l'équation religion = étude de la sagesse. En réalité, Cicéron attribuait l'étymologie du terme à 'relegere', qui signifie relire, certains auteurs postérieurs ayant indiqué relegare, relier. (Source : dictionnaire Oxford en 21 volumes). Il ne s'agit ni dans un cas, ni dans l'autre, d'étude de la sagesse, dont les racines ne correspondent pas à cela (Sophia en grec, sapius en bas latin, donnant sapiens, qui signifia d'abord 'instruit'). Les définitions fantaisistes d'Hubbard se trouvent page 344 du 'dictionnaire technique de dianétique et de scientologie'.

Il ajoute ensuite que la philosophie religieuse concernerait aussi la relation esprit -corps ... Déduisons par conséquent que la médecine est aussi une affaire religieuse, ainsi que la psychologie.

Nous sommes au premier " service " scientologue. Peut-être un petit rush en salle d'audition pour de la 'dianétique selon le Livre Un'. Là, des fois ça marche, des fois pas; le service est trop complexe quand on n'a rien lu auparavant sur le sujet: on y mord ou pas; c'est imprévisible; plus vous en aurez entendu parler avant d'entrer en séance, plus le système aura joué, plus vraisemblable sera le résultat. Ne vous attendez guère à des miracles promis, on a le temps, en sciento, tant que les portefeuilles s'ouvrent.

Cette insistance sur le temps, l'argent et la religiosité prétendue est lourde: c'est ce que vous retrouvez tout le long du Pont des niveaux de conscience menant à la 'liberté totale sur les " huit dynamiques ", à la puissance totale', et du niveau de conscience 'peur d'empirer' où les tests vous ont placé (et vous laisseront à jamais, croyez-le ou ne le croyez pas) jusqu' au niveau de conscience " puissance totale sur les huit dynamiques ". Tout l'impressionnant jargon est là pour vous appâter.

Degré de progression et leur durée

Dans le " Journal de Ron n° 35 ", on trouve six degrés de progression et leur durée en Sciento-Dianétique :

 1. Etat allant de la situation d'un nouvel adepte au fait de prendre conscience que la Scientologie marche et qu'on devrait continuer à en faire.

2. Concept suivant: l'adepte n' empirera plus, grâce à l'audition.

3. Ensuite, les grades inférieurs et leurs progrès. Le moindre de ces progrès étant décrit par les personnes comme dépassant de loin tout progrès jamais accompli avant etc.

4. La zone s'achevant à l'explosion finale de gloire et de liberté qu'est l'état de Clair.

5. Les niveaux précédant les niveaux OTs mêmes, qui mènent à la liberté personnelle, chacun apportant des résultats spectaculaires.

6. Les véritables niveaux d'OT, qui commencent maintenant avec le nouvel OT 8 et continuent vers le haut. "

Et d'ajouter, en gros, que les niveaux 1 à 6 sont de plus en plus longs, les uns après les autres. Que le niveau 6, en particulier, va demander un très long parcours, que ça ne va pas prendre une minute. (Quand on sait déjà ce que prennent les autres...).Car c'est ce qu'est votre futur, ajoute Hubbard, l'éternité. "

Est-ce indispensable d'ajouter qu'il faut s'attendre au pire ?


PEDAGOGIE

"  C'est surtout le savant qui veut savoir; l'ignorant préfère enseigner. "(Edouard le Berquier)

S'il est quelque part un sujet majeur en Sciento-Damné-frique, c'est l'éducation, la pédagogie, tout ceci étant regroupé sous le nom " Tech d'étude ".

C'est grâce à lui que les plus malins se font coincer dès le départ dans les rajouts et les trucages du gourou venant négligemment s'ajouter à quelques bonnes données.

En effet, nul n'est censé enseigner la scientologie ni la dianétique; il y a bien eu par le passé des titres de 'professeur' (un de ceux que j'avais le droit de porter!) ou de 'docteur en scientologie', voire de docteur ès 'divinité', ne reculons devant rien, mais il y a longtemps que le Hubbard a concocté quelque chose qui tient, comme beaucoup de ses oeuvres, du meilleur (c'est ce qu'on laisse voir au public payant) et du pire, ce qui explique un diagnostic de schizophrénie.

Exceptionnellement, très exceptionnellement, on se sert de l'apprentissage par cœur, dans les grandes occasions; lorsqu'il faut ab-so-lu-ment retenir toutes les données capitales d'une loi hubbardienne, ou pour l'épate " religieuse ", quand les pseudo-ministres doivent savoir ânonner leur 'credo' pour faire vrai religieux.

De temps à autre, on fait l'école chinoise. Les' petits' répètent in extenso ce qu'a dit le maître. Ceci sert surtout aux staffs, lors des réunions du matin; ce n'est pas au goût du public qui se demande parfois à quoi ils jouent, quand on les entend pratiquer ce très vieux système de B.A.-BA.

Ce n'est pas ça, la tech d'étude L'idée de base réelle et absolue, c'est définir, définir, définir, définir.

Il existe neuf catégories de " clarification des mots " ou " éclaircissement des mots " qui se pratiquent en supplément de la méthode la plus ordinaire (celle que l'on pratique seul avec ses dictionnaires). Ces neuf autres méthodes se pratiquent à deux, avec ou sans l'électromètre servant à la vérification des résultats.

On ajoute à l'affaire un certain nombre de petites pièces en bois, ou de boutons de culottes, ou de micro-personnages, ou n'importe quel autre petit objet: cela servira à des démonstrations, des " démos "; et enfin, une table assez lisse, genre mélaminé, avec des paquets de pâte à modeler réutilisable et des paquets de petits bouts de carton coupés en petits morceaux ressemblant à des flèches. Ca, ce sera pour les " démos en pâte à modeler ".

Toute la méthode est là, tous les outils y sont. Des dictionnaires, de petits objets, de la pâte à modeler, manque le 'superviseur de cours' . Manquent aussi les étudiants.

Et les matériaux de cours eux-mêmes, qu'il s'agisse d'un cours de physique nucléaire, de la façon de calculer l'âge du commodore, ou de simples cours de scientologie.

A son premier contact avec la secte, la personne sera obligatoirement déroutée. De petites tables de camping ou autres tables pliantes supportent en général deux personnes face à face; des étagères pleines de classeurs rouges, verts ou bleus et de livres de Hubbard font presque le tour de la pièce, ou se trouvent dans une pièce contiguë; pas de tableau, pas de prof.

La table avec ses personnages en pâte à modeler, et ses étiquettes ; certains étudiants assis face à face, s'interpellent par des " Est-ce que les poissons nagent ? ", d'autres s'injurient à qui mieux - mieux, mais selon des critères préétablis; d'autres encore assis face à face, un électromètre entre eux et, un peu partout, des dictionnaires de toute sorte et de tous formats.

Ajoutons la grande photo de LRH, surveillant ses 'ouailles', ses 'fidèles'.

Ca, c'est si l'on arrive en cours de route, après le début des cours. Si on arrive avant, les étudiants attendent patiemment l'heure exacte; le superviseur crie à ce moment quelque chose comme " tout le monde est là ? ", et commence à donner des instructions " Touchez votre table de travail! ", " Touchez un dictionnaire ! ", " Touchez la manche du voisin! ", " Touchez le mur de gauche! ", pendant quelques minutes; chaque étudiant exécute tous ces commandements déroutants avec entrain; le superviseur s'arrête et dit " Start ", Commencez, pour les puristes.

Et c'est parti.

Vous, si vous êtes nouveau, on va vous renseigner, vous mettre au parfum sur ce qu'il faudra faire. Vous serez tutoyé d'emblée. On vous donne une espèce de liste, à moins qu'elle ne se trouve déjà dans les matériaux du cours que vous venez d'acheter, et on vous explique qu'il s'agit d'une 'feuille de contrôle' (Chez eux, ils disent habituellement une 'checksheet, prononcez ça comme vous voulez ) comportant la liste des éléments à étudier dans l'ordre, théoriques et pratiques, jusqu'à réussite de chacun. La feuille peut en comporter 500 ou plus, dans quelques longs cours.

Habituellement, beaucoup plus de jeunes que d'adultes rassis; plus de nouveaux que d'anciens.

Et on vous explique que vous devez commencer par le premier élément, dont la théorie se trouve page 1 et 2 de votre manuel, par exemple. Quand vous aurez compris cette partie, vous appelez le superviseur, ou vous demandez à un autre étudiant qu'il vous 'vérifie' sur votre compréhension de la théorie que vous aurez lue.

Après quelques instants à rêvasser en regardant quelque peu surpris ce qui vous entoure, ces gens qui se harcèlent en se demandant si les poissons nagent ou si les oiseaux volent, ou ceux-là, qui se récitent des réparties tirées d'Alice au Pays des Merveilles, vous avez vaguement la sensation d'être au milieu d'une équipe de fadas innocents; mais à part la bizarrerie, tout le monde a l'air de savoir ce qu'il fait et pourquoi il le fait. Pensant " on verra bien ", vous plongez dans le cours qu'on vous a prescrit, et vous lisez tranquillement les deux ou trois premières pages du manuel, celles qui sont notées sur votre premier élément de la feuille de contrôle. Deux minutes plus tard, le superviseur du cours arrive près de vous, et vous demande comment ça va, si tout est clair. Comme vous lui répondez oui, il vous demande si vous êtes prêt à être 'vérifié' sur la partie que vous venez de lire. Là, étonnement :

" En sciento, Hubbard a constaté que si les gens ne comprenaient pas bien les mots qu'ils lisent, ils ne comprennent pas non plus convenablement le sujet qu'ils étudient. "

" Aussi, continue le superviseur, je vais te demander d'abord la définition de certains mots qui se trouvent dans le texte que tu viens d'étudier, et tu dois me donner cette définition très vite, dans tes propres termes; après, je te demanderai de faire une phrase avec le mot , pour montrer que tu sais la définition, mais qu'en plus, tu sais te servir de ce mot. "

" Si ta réponse met trop longtemps ou si tu te trompes dans la réponse, ou si tu ne sais pas utiliser le mot dans une phrase, je te renverrai aux dictionnaires, tu liras et comprendras la définition, puis tu te feras des phrases pour toi-même, puis tu retourneras au texte que tu as étudié, tu le reliras, et quand tu seras sûr d'avoir bien compris, tu me rappelles pour la vérification. "

Je vous passe ici les termes qui auront déjà été utilisés par le superviseur, le jargon scientofranglais de mise partout, la marque de fabrique.

Le superviseur demande donc à l'étudiant, par exemple: 'quelle est la définition du mot 'scientologie'.

C'est déjà le piège ! L'étudiant n'a encore aucune idée qu'il s'y trouve, si bien qu'il risque fort de traîner sur la réponse, ou de ne donner qu'un faible aperçu de compréhension. C'est tout à fait normal, le superviseur le sait et ne sera probablement pas trop rigide, les deux premiers jours, sur le temps mis à répondre; toutefois, la phrase montrant que vous pouvez vous servir du mot sera peut-être plus longue à venir, et vous risquez donc d'être recalé. Qu'à cela ne tienne, il vous montre la définition sur le glossaire du manuel de cours, ou sur un mur de la salle de cours, ou dans un dictionnaire abrégé de sciento.

Vous commencez à lire et à utiliser pour vous le mot dans des phrases que vous vous créez. Puis vous relisez votre texte, et rappelez le superviseur dès qu'il est libre. Il vous redemandera forcément la même définition pour commencer. Si ça marche bien cette fois, il vous demande quelques autres mots, quelques autres phrases avec ces mots, puis, vous posera quelques questions simples d'apparence sur le texte incriminé.

Pour l'anecdote, admettons que le texte contienne le mot 'instar', dans la locution 'à l'instar de'. On peut vous demander la définition d'instar. J'ai choisi ce mot qui fait partie des quelques uns dont j'avais une idée diamétralement opposée à la réalité, c'est à dire que je croyais qu'il signifiait 'à l'inverse de', alors qu'il signifie 'à l'exemple de, à la manière de'. Si j'ai lu " A l'instar de Hubbard, Roger Gonnet écrit des sottises, " je comprends mal mon texte car j'applique une définition fantaisiste, contraire ici à celle du dictionnaire, c'est vrai; je vais croire qu'Hubbard n'écrit pas de sottises, alors que Gonnet en écrit. Une fois le mot 'instar' correctement redéfini, je vais comprendre que Gonnet écrit des sottises, à l'exemple d'Hubbard.

Les superviseurs de cours connaissent très bien leur partition; non seulement ils connaissent ces textes à fond, pour les avoir vérifiés chez des dizaines de gens, mais ils savent aussi quels sont les pièges essentiels, les mots-clés, les points capitaux à comprendre avant de continuer. Vous n'avez aucune chance, fussiez-vous agrégé de lettres, écrivain, professeur à la Sorbonne, de passer au travers des mailles; ils en trouveront, des mots pas assez bien compris à leur goût. Même dans vos domaines de prédilection, ils sauront vous démontrer que certains termes sont mal compris par vous. J'avoue même avoir mis une certaine fierté, sans sadisme, mais avec mon bel instinct de supériorité, à coincer des médecins sur des termes médicaux ou paramédicaux, pour le sport et la démonstration.

La plupart des gamins de seize ans qui ont quelques mois de cette gymnastique de supervision savent faire aussi. Vous allez donc rapidement vous faire coincer par une définition pas tout à fait assez rapide, ou mal utilisée dans une phrase, etc.

C'est absolu. Aucune personne n'a jamais fait le plus petit cours de début sans se trouver face à l'évidence: il y a des mots dont on ne peut donner une définition parfaite et rapide, ou utiliser rapidement dans une phrase.

Première remarque: cette méthode est relativement correcte et permet indubitablement une compréhension plus en profondeur. Elle fait de la vitesse de réaction un élément trop important peut-être. Mais comme elle fait appel à une gymnastique de l'esprit à laquelle la grande majorité n'est pas accoutumée au départ, il est assez normal que les gens trébuchent, même sur des définitions qu'ils comprennent et connaissent. On ne met pas ce nouveau mécanisme en place si l'on n'est pas dès le départ un grand maniaque des dictionnaires en tout genre. La méthode et les quelques malentendus qu'on vous trouverait, soyez-en sûr, vous impressionneraient.

Avouons qu'en principe, les superviseurs cherchent à vous aider à avancer; c'est aussi leur intérêt de vous voir achever le cours avec un niveau de satisfaction, sinon, c'est eux qui sont disciplinés par la secte. Mais ça ne les empêche pas de demander toujours un peu plus que ce que l'étudiant est en mesure de fournir.

Nous avons eu des cultivateurs âgés: je ne leur ai pas demandé le même niveau de compréhension et de rapidité qu'aux profs de Fac. Dans les deux cas, le cours s'achevait nécessairement avec des différences. C'est normal.

Deuxième constatation, le niveau d'études ne fait rien aux résultats; le prof de Fac peut ne ressentir presque aucun progrès en lui, le paysan si, ou le contraire: ces cours dépendent plus d'un état d'esprit que d'une quelconque culture ou du nombre de termes qu'on y trouvera. Les exercices donnent plus à réfléchir et plus de résultats que la seule théorie. Les théoriciens intellectuels iront peut-être plus vers la théorie, les gens pratiques seront peut-être plus intéressés par les exercices, mais rien ne permet de le savoir d'avance.

Vous n'avez en fait qu'un seul professeur: L. Ron Hubbard, assisté par le superviseur qui vérifie votre compréhension dans les strictes limites de techniques de clarification de mots et de vérification de compréhension, assisté, lors des exercices, de tout autre étudiant de n'importe quel cours présent en même temps que vous. On demande fréquemment à un autre étudiant de vous faire pratiquer tel ou tel exercice. Le superviseur vous les fait parfois travailler lui-même. Tout le monde est à la fois étudiant et moniteur, c'est à dire celui qui aide un autre dans un quelconque exercice, qu'il s'agisse des TRs - (les Ti-ERRZ), ou qu'il s'agisse d'électrométrie, ou tout autre domaine. Celui qui vous aide a généralement fait le cours, ou quelque chose de comparable; ou c'est simplement un de ceux qui ont entamé le même cours en même temps que vous.

Dans le cours de TRs, qui s'occupe de communication, vous aurez à faire face à cet étudiant tenant le rôle de moniteur, puis à le regarder dans les yeux, des heures durant, sans rien faire ni rien dire; puis vous parviendrez au harcèlement, durant lequel toute sorte d'injures peuvent vous être proférées, ou durant lequel on vous racontera des histoires salaces afin de vous désarçonner: c'est le but recherché du harcèlement.

A chaque réaction, sourire, grimace, à chaque mouvement ou clignement d'yeux, vous êtes repris et l'exercice recommence au même point, jusqu'à un progrès; une charmante fille ou un beau minet mime une cour éhontée, vous propose la botte, vous touche les genoux ou ailleurs, s'approche de vous à 2 cm, d'un air langoureux, ou vous traîte de connard, d'impuissant, de raciste (ou de sale arabe),etc. Toute réaction de votre part fait l'objet d'un " Raté! " . Quand ce qui vous faisait réagir est achevé, on passe à autre chose, jusqu'à ce que vous sentiez que vous êtes capable de mieux faire face aux harcèlements qu'en commençant.

Ca, c'est le " TR zéro avec harcèlement ". Vous en verrez d'autres. Bien fait, ça donne de bons résultats, mais rarement stables. Globalement positif; mais il y a le mais! Pendant tout le cours, vous aurez eu à définir des mots nouveaux, faisant partie des théories de la secte, c'est l'endoctrinement habile, très habile, qui se pratique sans qu'on s'en aperçoive.

D'abord, il vous faut définir quantité de mots venant des dictionnaires de scientologie, avec les perversions de vocables courants redéfinis par Hubbard; avec les mots d'Hubbard, présentant forcément les choses à l'avantage de l'affaire. Ces redéfinitions ne sont pas l'apanage de la sciento : on en trouve dans toutes les sectes.

Si l'on trouve 'dianétique', il s'agit évidemment " d'une nouvelle école ou science du mental, la plus avancée existant au monde ". Cette seule définition vous " apprend " que la Dianétique est à la fois école; qu'elle est science, ce qui sous-entend une longue expérience et un raisonnement scientifique - en fait les raisonnements d'Hubbard sont pragmatiques et empiriques, jamais vraiment scientifiques - vous apprenez qu'on s'y occupe du mental (et là, vous définissez mental à la façon sciento); en outre, cette école-science est " la plus avancée existant au monde. "

Réactions face aux critiques des débutants

Etant précisément dans ladite école, en train d'apprendre cette science nouvelle, vous auriez mauvaise grâce à commencer la critique de ce qu'on vous apprend, puisqu'on vous y apprend quelque chose qui semble correspondre avec cette définition, et que nul autre étudiant ne protesterait de concert avec vous, s'il vous venait l'idée de critiquer ou de demander des preuves. Si vous vous posez la question " qu'est-ce qui me prouve ", ou que vous la posez au superviseur, vous vous entendrez répondre par : " Dans cette définition, est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas bien compris ? " ou encore " Bon, quelle est la définition de science ? "; si vous insistiez après avoir démontré que tout est bien clair dans le terme 'dianétique', peut-être vous répondrait-on que vous allez pouvoir vous assurer par vous-même qu'il s'agit bien de l'école la plus avancée du mental, etc., etc.

C'est assez pervers, non? Vous apprenez quelque chose , mais par le biais de cette chose-même, qui affirme sans prouver, par l'intermédiaire de ses propres définitions pompées dans ses propres dictionnaires! Quoi de plus indubitable que les dictionnaires? Rien, évidemment. Les dicos, ça dit vrai, même sur la définition de Dieu ou de dianétique!

Pour être tout à fait juste, toute science s'apprend par cette science-même ; la différence réside dans la forme utilisée en sciento : pas d'explications orales, mais des dictionnaires imposants ; l'on ne vous laisse pas continuer au-delà d'un passage que vous n'auriez pas compris ou pas accepté ; enfin, on vous évite toute possibilité critique en détournant votre attention des critiques justifiées par le biais des mots malentendus, de la section disciplinaire, voire par des confessions ou la vente de " techniques supplémentaires pour désembourber les étudiants coincés ".

Quand vous avez mordu dans la pomme de votre relative ignorance, vous allez avaler les pépins, les noyaux ou les os du système qui vous a justement appris à quel point vous pouviez apprendre.

Vous êtes psychologiquement affaibli par l'ignorance, en train d'apprendre quelque chose; vous prenez ! Vous prenez tout ! Vous apprenez ! Pas le temps de se poser d'autres questions sur ces affirmations en forme de définitions: le superviseur ou un moniteur sont là pour vous faire fuir en avant, pas en arrière. Comme l'essentiel de ce que vous aurez le loisir d'observer semble correspondre à ce que vous lisez, au moins dans les grandes lignes, vous ne discutez pas, vous buvez la science nouvelle; vous gobez le fait que ce soit une science, environnée de mystérieuses actions auxquelles vous assistez et qui ne vous sont pas encore familières.

De temps en temps, vous faites des exercices pratiques, qui vont bien dans le sens de ce que disait leur théorie; généralement, au début, ces exercices sont plutôt agréables, les gens qui vous les font faire sont patients, vous ne restez pas au fond de la classe à rêvasser sans que quelqu'un vienne s'occuper très vite de vos difficultés, tout ça paraît excellent; ça change d'une école ordinaire ; pas de cris ni de grincements.

C'est génial pour deux raisons essentielles, la bonne, et la moins bonne. Comprendre ce qu'on lit, pouvoir l'appliquer ensuite, c'est génial. Prendre tout ce qui va avec pour argent comptant, c'est bien moins brillant.

Si vous apprenez la géographie ou une science neutre par cette méthode, ou la médecine, vous comprendrez probablement mieux que par une méthode traditionnelle, et plus vite.

Si c'est le nazisme, la sciento, ou les applications de la bombe H, vous saisirez aussi, mais vous avalerez probablement presque tout ce qui va avec, que ce soit vrai ou faux, bénin, agréable ou dangereusement perverti.

N'ayant toutefois pas vraiment le temps de tout examiner, ce n'est que beaucoup, beaucoup plus tard que peuvent se présenter les écueils. Ayant d'abord admis les principes et définitions les plus fondamentales mais aussi les plus perverses, vous ne verrez pas ces écueils au début; vous aurez l'impression qu'Hubbard vous présente systématiquement d'impressionnantes vérités absolues.

Voilà où se trouve le " génie " du gars. Je ne suis pas du tout certain qu'il l'ait fait exprès; en réalité, il a développé cette tech d'étude après avoir constaté, en véritable pragmatique, que ses conférences n'étaient pas forcément bien comprises par tous, que les cours donnés par ses " professeurs " ne rencontraient pas toujours le succès escompté, qu'il y avait des déformations en tous genres dans les applications, que les professeurs de sciento de l'époque déformaient ce qu'il écrivait. La cause? Chacun voyait la sciento à son cadran.

Comment remédier à ces diverses compréhensions? Plus du tout d'intermédiaires entre ses écrits et ses élèves, plus d'explications orales. C'est en 1964 qu'il s'attaque au problème. Une série de conférences sur la façon d'étudier. En 70, il double avec une nouvelle vague de bulletins fixant une fois pour toutes le principe des études en tout lieu scientologue.

N'ayant plus personne pour " déformer sa technologie ", remplaçant les professeurs par des dictionnaires en tous genres, lui, dont le vocabulaire était très étendu, " permettait " à tous d'acquérir à la fois du vocabulaire courant, non-scientologue, mais aussi les données précises et l'opinion qu'il voulait transmettre quant à la tech sciento-dianétique. L'essai était marqué. Ca marche à la fois dans le bon sens et dans le mauvais. Pratiqué ainsi, ça possède encore un autre avantage: pas de discussions possibles sur la valeur de la technique hubbardienne, car les superviseurs se contentent de questionner les étudiants sur le sens des mots et le sens général du texte: il n'est jamais question de juger la valeur du texte hubbardien.

Définir une chose ne prouve pas du tout que la chose soit comme le dit la définition. Rien de nouveau ici, ce n'est qu'un rappel des réalités: même les dictionnaires définissent des phénomènes inexistants, ou n'existant que dans un schéma bien particulier, tout à fait restreint à quelque invention théorique, ou de pure vantardise, dans le cas scientorobotique.

La tech d'étude marche, mais pas pour tout le monde, pas dans tous les cas, pas pour toutes les matières, et pas de la même façon. Sa généralisation est impossible. Je crois d'ailleurs qu'il n'existera jamais de technique humaine généralisable à toute l'humanité, qu'il s'agisse d'enseignement ou d'autres approches de l'être humain. Nous sommes trop différents, nos cultures sont trop variées, nos expériences aussi, nos sensibilités et nos goûts plus encore.

Si par exemple vous êtes arrivé ici dans ce livre, vous l'avez fait malgré quelques mots que je n'ai pas expliqués, qui sortent de la secte; de ces mots hautement ésotériques dont les définitions sont imbuvables, même pour un sciento. Ca ne vous empêche pas de comprendre probablement l'essentiel, la base de la démonstration, les quelques anecdotes importantes. Il n'y a pas de raison de définir absolument tout ce qu'on étudie ou ce qu'on lit.

Chaque outil s'utilise à bon escient. On peut certainement démolir un blockhaus avec un marteau et un burin. Ce sera long. On peut prendre une tronçonneuse à disques, ce sera déjà plus rapide, ou ajouter quelques bâtons de dynamite, des scrapers et des engins de chantier, et là, ça marchera sans y passer sa vie.

Hubbard est allé encore bien plus loin que les simples dicos. D'abord, avec ces neuf méthodes de 'clarification des mots,' dont certaines sont incomparablement longues, fastidieuses, parfois aussi coûteuses. Si vous voulez avoir droit au titre " d'étudiant rapide et super-lettré ", en sciento bien sûr, il vous faut avaler tout le dictionnaire. Dans une autre méthode de clarification, vous payerez de l'audition spéciale de 'Méthode Un', au cours de laquelle on tentera de vous extraire tous les mots malentendus que vous auriez pu rencontrer dans tous les ouvrages et sujets étudiés, et dans toutes les langues que vous auriez pratiquées, grec, hébreu, latin, allemand etc. Inimaginable, ce qu'il faut comme genre de documentation pour quelqu'un d'éclectique : ce sont des tonnes de dictionnaires, et des années de travail sur des matières aussi diverses que l'algèbre, la plantation de l'hellébore, la rectification en mécanique, le français, la psychologie, le sexe, les vaches, que sais-je encore?

Heureusement, cette technique est très relative; les phénomènes atteints ne correspondent pas vraiment au décrassage de toutes vos zones d'ombre dans vos études et lectures, bien qu'Hubbard dise le contraire; ne comptez pas devenir un génie chimiste ou un théologien distingué par cette voie; les résultats sont très en deçà des affirmations de la méthode.

Comme toujours ; on vous vend souvent du vent.

1974

" Autobiographie : moyen sans rival pour dire la vérité sur les autres " (Philippe Guedela, supers et supermens, 1921)

Lorsque nous connûmes la sciento en 1974, (passons sur les détails qui me menèrent à l'achat du premier bouquin d'Hubbard après de longues tergiversations,) ma femme (licenciée ès lettres), moi (conseil d'entreprises) et nos enfants de dix et onze ans habitions la campagne beaujolaise.

Le livre ?

Il nous parut passionnant ! Nos références, bien que relativement solides déjà, étaient bien trop faibles pour tout voir.

Malgré la faiblesse ou l'absence de références sérieuses à d'autres chercheurs, et bien que se recommandant de mouvance freudienne, sans plus, ce qui pourrait vous rendre sceptique quant au sérieux d'une oeuvre supposée scientifique (la Dianétique, Science Moderne de la Santé Mentale), malgré le caractère parfois étrange de certaines affirmations, ou leur présentation péremptoire, on pouvait tout à fait imaginer une logique réelle dans la démonstration écrite de LRH, fondateur du système SD.

On pouvait et l'on peut encore se mettre à croire que tous les phénomènes décrits dans l'ouvrage existent bel et bien, et que les outils pratiques qu'il expose, annonçant des résultats garantis, existent et fonctionnent comme Hubbard les décrit. Pourquoi pas, après tout, puisqu'il prétend des années d'études préalables, des expériences avec de grands élèves freudiens ou autres, et qu'il y a une logique interne au raisonnement tenu ? Une bonne majorité de gens sont prêts à croire des théories comme le complexe d'Oedipe, pour lequel je n'ai pas grande admiration, ou peuvent croire que la chimie serait en mesure de résoudre toutes les maladies. Pourquoi, dès lors, le système des 'engrammes' mis au point et testé par un écrivain apparemment bardé de diplômes, qui semble savoir de quoi il parle, ne serait-il pas tout aussi valable que ce que vous avez entendu dire jusque là, dans le domaine de l'homme et de son devenir ? Pour peu que vous soyez un post-soixante-huitard se croyant éclairé, que vos désirs de mieux vivre passent facilement de la pensée à l'action, il ne vous reste qu'à tenter la chose, et voir où elle mène.

Peut-être manque-t'il une étape ici ? C'est celle que nous avons suivi après la lecture de " la Dianétique, Science Moderne de la Santé Mentale ": Le livre Un a donné naissance à un calendrier Hubbardien: en 1996, nous sommes en " A.D. 46 ", c'est à dire, 46 ans après l'édition de ce livre...

Cracher au bassinet.

Déjà relancés par l'organisation de Paris qui nous l'avait envoyé, nous voulions néanmoins en savoir davantage sur le sujet. En dehors des relations de famille, qui pratiquait ? Comment ? C'est alors que nous avons entendu parler des nouveautés, car bien entendu le premier ouvrage était très largement caduc, si l'on peut dire, puisque l'on pouvait obtenir, vingt-cinq ans plus tard, des séances beaucoup plus efficaces, nous a-t'on fait savoir, grâce aux nouveaux auditeurs, aux nouvelles techniques, au nouvel électromètre Hubbard, aux nouveaux cours, et toutes autres nouveautés telles que les niveaux supérieurs " OT " (prononcez : Oti), qui étaient présentés comme niveaux secrets d'extraordinaire puissance.

Bon. Oui mais : encore fallait-il s'adresser aux bons techniciens (appelés ici des " auditeurs, des gens qui écoutent "). Nous ne savions pas trop que faire. Parmi les amis de nos parents, il y avait le premier scientologue de France, le plus ancien, le plus élevé en grade et en expérience, bref, une perle rare de la SD à qui je me suis adressé: pourquoi ne pas avoir le meilleur, puisque les prix sont les mêmes partout et qu'on peut choisir, au début du moins.

Je me suis donc retrouvé, carnet de chèques en mains, chez l'ancien " Directeur des Qualifications pour le Monde Entier " - un terme ronflant désignant un des spécialistes sciento et son poste : cet auditeur ne s'est toutefois pas du tout vanté de tous ses expériences et titres en m'accueillant; il était beaucoup plus habile que la moyenne. Il s'est contenté de me faire immédiatement passer l'étape du test de personnalité, et de me l'interpréter, puis de me faire faire quelques exercices de communication, de discuter un peu avec moi, et de me fixer d'autres rendez-vous pour la suite du parcours du néophyte qui veut en savoir plus. Chez lui, belle ambiance feutrée, bourgeoise, bel immeuble Vichyssois, belles moquettes, accueil professionnel mais pas du tout surexcité, bref ; comme si on allait voir le psychologue ou le psychanalyste. Prix comparables aussi à l'époque, à la différence qu'il fallait payer 25 heures à la fois et d'avance, mais après tout, ce n'était que moyennement choquant, puisqu'il y avait là une façon de travailler tout à fait nouvelle, tout à fait séduisante dans ses apparences, donc, nécessairement différente de ce que nous connaissions.

Le carnet de chèques avait marché une première fois. Ca ne serait pas la dernière.


HUBBARD, Lafayette Ronald

"  Dans le monde, la vérité ne fait pas autant de bien que les apparences de vérité ne font de mal " (la Rochefoucauld, Maximes, 1665)

Le personnage central du mythe Scientologie-Dianétique est évidemment LRH, Ron pour les intimes. Se considèrent comme tels tous les scientologues ayant quelques semaines de pratique. Là-bas, tout le monde l'appelle rapidement Ron.

Mon propos ne sera pas de refaire son procès, d'autres s'en sont très bien chargés, mais de faire le procès des intentions de l'individu, puisqu'elles sont déjà très perceptibles dans ses oeuvres: lui-même et ses séides en donnent une toute autre interprétation. Si d'autres ont écrit sur Hubbard ou sur la SD, ils l'ont fait d'un point de vue externe au mouvement, à l'exception de Julia Darcondo, en France; malgré la grande perspicacité et le courage dont ils ont tous fait preuve (voir la bibliographie en fin d'ouvrage), la plupart n'ont pas eu à subir le groupe et ses règlements, à voir ce que ça donne d'y croire, de le défendre plus dur que leur propre vie; ils ne l'ont perçu que par leurs rencontres avec ceux qui étaient passés par là. Je vais donc regarder le personnage d'un tout autre point de vue, d'autant que je sais ce qu'il m'en coûte d'écrire, tant les contraintes subies par le passé peuvent encore aujourd'hui m'influencer au point qu'un réel effort m'est encore nécessaire.

Hubbard est né en 1911, mort en 1986, ayant à peine atteint la moyenne normale d'âge de sa population de référence, en dépit de ses millions de dollars, des auditions scientologiques du meilleur auditeur scientologue de l'époque, malgré les dizaines d'assistants ou de charmantes jeunes filles qui l'ont aidé dans ses tâches au cours de sa vie. Il est mort relativement jeune et très diminué.

Dans son oeuvre, dont je me servirai, on trouve tout sur lui ; déformé, bien sûr, au point d'avoir été rectifié par voie de Justice, en Angleterre.

Titres de Hubbard - culte de la personnalité

Synonymes ou titres qu'il s'est attribué :

Le Fondateur

LRH

Ron

La Source

Le Commodore

Amiral

Metteyya (la réincarnation de Bouddha) - il ne s'en est servi qu'une fois ou deux, d'où il s'est naturellement déclaré digne d'adoration (voir chapitre suivant, Hymne d'Asie)

On a vite fait de voir, en SD, que la lettre la plus utilisée de l'alphabet est le H. Celle-ci, vous la retrouvez absolument partout ; il est impossible, par exemple, de trouver une seule page du dictionnaire administratif de Sciento sans plusieurs H pour Hubbard, exception faite des pages de listes des églises de Scientologie dans le monde.

Par exemple, pages 266 et 267, il s'y trouve 82 fois. Imaginez un auteur écrivant son nom ou toute abréviation de son patronyme 41 fois par page... il est le seul. Déduisez-en ce que vous penseriez de trouver ceci dans un dictionnaire permettant d'interpréter seulement une partie de ses oeuvres.

Dans toute organisation de SD au monde, vous trouverez au moins un portrait de lui, en général, il y en a dans chaque pièce ou presque ; vous y trouverez aussi un " bureau " qui lui est strictement réservé ( j'ignore s'ils lui en gardent encore, maintenant que ses cendres voguent quelque part dans le Pacifique). Ce bureau est en général une des plus belles pièces de toute organisation de Scientologie ; un mobilier particulier y est recommandé, pour ne pas dire obligatoire ; il doit contenir toutes les oeuvres de Hubbard (que les responsables de l'organisation doivent payer le prix fort: ce prix s'obtient en multipliant les coûts de production par 5, plus deux fois le prix de transport jusqu'à l'organisation la plus lointaine dans le monde: voir page 113 du " Modern Management Technology Defined ", auquel je me référerai souvent sous l'abréviation de 'dictionnaire administratif ' ou 'dictionnaire de gestion', pour vous éviter la lourde traduction " La Technologie Moderne de Gestion Définie ". Vous trouvez aussi, dans le bureau Hubbard, des cigarettes Cool - il fumait comme un sapeur - des stylos plume de plusieurs couleurs, des dessus de bureau et autres accessoires en cuir, et divers autres ustensiles luxueux, prédéfinis par une longue liste émanant de son Bureau des Communication pour le Monde Entier.

Dans mon organisation, un de ses quelques cent bureaux était en réalité notre salon, car j'avais obstinément refusé de consacrer une pièce exclusive, ayant auparavant observé qu'il n'était jamais venu ailleurs qu'à Saint Hill, Angleterre, ou à Flag, U.S.A. et quelques autres organisations américaines. Néanmoins, son bureau lyonnais faisait 36 m2, deux fenêtres plein sud, boiseries Louis XIV, mobilier de noyer, cheminée de marbre, T.V., magnétoscope... Nous n'avions théoriquement pas le droit de nous en servir . Il n'en reste pas moins que les pontes de son bureau de communications pour l'Europe (au Danemark) m'avaient à l'époque chauffé les oreilles et la plume en m'exaspérant pendant des semaines pour que j'élabore ce bureau de Ron, obligatoire selon les sacro-saints " Règlements " de la secte, auxquels personne ne peut valablement se soustraire en aucune circonstance. Les règlements sont bien sûr établis par Ron. J'avais fini par céder, et avec une grosse mise en scène - on ne fait pas dans le détail, là-bas, nous avions inauguré le bureau de LRH en grande pompe. Les photos couleur de l'endroit montraient bien qu'on n' avait pas lésiné sur les moyens, si bien que les " petits officiers en tenue d'opérette ", comme les nomma un ancien, n'eurent plus rien à me reprocher à ce sujet : celui-là étaient un des plus grands et des plus beaux existant à l'époque.

A part ça, il n'existe pas de culte de la personnalité du chef dans la secte, et l'on vous dira que c'est bien normal de montrer des photos ou des bureaux du Fondateur-Créateur-Inventeur-Bienfaiteur-Directeur.

Hubbard n'a même pas inventé les noms de la secte

La Source. Pourquoi pas ? En tenant le même raisonnement, nous sommes tous des sources, sans aucune exception. Source de quoi, c'est autre chose ; lui-même se définit comme Source de la Dianétique et de la Scientologie, et même ça, c'est faux : le terme 'dianoetics' est déjà employé en 1677 par Gale, (Gentiles II); quant au terme Scientologie, on le trouve en Allemagne en 1937, il est d' un docteur A. Nordenholz , dans un traité du nom de " Science de la structure et de la validité de la connaissance ". On peut dès lors se demander comment Hubbard a réussi à faire enregistrer au titre d'une marque commerciale ces deux mots-là, puisqu'ils existaient bien avant qu'il ne les attribue à son génie. Espérons qu'il se trouvera aux U.S.A quelqu'un qui soulèvera ce lièvre et pourra faire sauter le verrou mis par Hubbard à l'usage de ses " Marques déposées ". Cela donnerait une leçon de droit à la secte. Elle a une forte tendance ou outrepasser ses droits, se croyant de droit...divin.

Le Commodore ? Pourquoi pas le Commandatore, mêmes origines, mais pas le même combat. L'Amiral, mais de quelle escadre ? Si Hubbard se nomma Amiral, ses supérieurs de l'US Navy n'allèrent pas au-delà de Lieutenant durant la seconde guerre mondiale, et encore, ils ne le laissèrent pas trop couler de bateaux : à peine avait-il pris son premier poste à bord d'un petit aviso qu'il balançait à la mer des grenades, à quelques lieues des côtes, afin " de couler tous ces navires japonais qui étaient en train d'envahir la côte Ouest des USA ", si bien que les vrais commodores de la vraie marine l'envoyèrent ailleurs - où il ne fut pas mieux vu. La seconde fois qu'on lui confia un commandement, il estima probablement que c'était réellement dangereux, puisqu'il se porta pâle et qu'on ne le revit à bord d'un bateau de guerre que lors de la déclaration de guerre de la sciento contre la planète, et même contre tout l'univers.
" Un homme préférerait lire cent mensonges à son propos qu'une seule des vérités qu'il n'aimerait pas qu'on sache " (Samuel Johnson, la vie de Samuel Johnson, par Boswell, 1791)

Par contre, ses midinettes (les terrifiantes et virulentes 'messagères 'de LRH), et ses proches l'appelèrent " le Vieux " ; ça fait peut-être son poids, pour ce type de pacha ?

Si certains doutent que l'on puisse s'attribuer de tels noms sans être tué par le ridicule, c'est que le ridicule ne tue pas du tout. Pourquoi ne s'est-il pas clairement dénommé " Dieu ", avec tout ce que ça comporte, et toute son expérience remontant à des milliards et des trillions d'années ? Après tout, il y avait autant droit que nous, qui sommes tous " de nature divine " comme le disent si bien la plupart des religions monothéistes . Présumons qu'il préférait être la source et le fondateur que le créateur. On le comprend mieux maintenant, connaissant mieux sa création.

Parmi les autres caractéristiques qu'il s'attribua, en dehors de la SD, on peut trouver les titres de pilote, alors qu'il n'a piloté que des planeurs; ceux d'explorateur, (qui n'a rien exploré, sauf des porte-monnaie) ; celui de Docteur en philosophie Honoris Causa, titre qu'il a acheté dans une de ces pseudo-universités américaines " Cedar's University " (ne s'agirait-il pas de la O'Cedar's University ?), qui vend les diplômes bien cirés et reluisants sans études préalables.

Il s'est aussi prétendu grand photographe, mais en dehors des orgs de scientologie, on ne trouve aucune de ses oeuvres ; scénariste distingué, sans production visible sur nos écrans ; par contre, c'était certainement un écrivain doué en matière de fausse science-fiction, car la SD, c'est une fameuse fiction qui en a trompé plus d'un, et pas des plus stupides. Quant à sa vraie fiction, j'ai tenté d'en lire : je ne dirai pas mauvais, ni médiocre, mais ça ne dépasse jamais la moyenne; pourtant, il a le sens de la formule qui claque, mais dans ses dernières oeuvres, les plus élaborées du genre, vers la fin de sa vie, son héros ressemble passablement à l'idée qu'il aurait aimé transmettre de lui dans sa jeunesse, et ça fait un peu 'superman parmi les débiles mentaux', à moins que ce ne soit Goldoschtrumpf parmi les S.S. psychologues?

Le personnage est complexe, insaisissable, vit au milieu de mythes et de réalités, passe des uns aux autres si facilement et avec tant d'aplomb que même quand vous connaissez son revers, vous ne pouvez vous empêcher d'admirer sa faconde, son culot, ses mensonges éhontés étalés sur toute sa vie, ses vies antérieures, son futur, ses parents, ses titres de gloire imaginaires ; il se faisait craindre, comme Hitler, par ses coups de gueule quand il se sentait coincé ou trahi (toujours à tort, puisqu'il a fondé le système le plus loyal à ses vues qu'un dictateur puisse imaginer). C'était bel et bien un Orateur de talent.

On ne peut même pas lui dénier une forme de génie, qui fait qu'encore aujourd'hui, dix ans après sa mort, ses adeptes sont prêts à tout pour défendre son image de marque (bien ternie désormais), ou que d'innombrables déçus du système sont encore si envoûtés par certaines des vérités ou des pseudo-vérités qu'il a énoncées à sa façon, que pas un ne s'attaque à dire tout ce qu'il sait.

Il faut du génie pour en arriver là, dans un monde où les nouvelles vont vite, où des politiques ayant à leur solde quantité de journaux et moyens de pression ne peuvent éviter d'être lynchés dans les sondages lorsqu'ils disent un mot de travers. Hubbard, lui, pouvait tout se permettre, même devant ses collaborateurs de la première heure, il osait les mettre dans des situations extrêmement humiliantes : s'il s'en trouvait un pour se rebiffer, il s'en trouvait aussi cent pour (réellement) jeter le rebelle par dessus bord.

Hubbard et le pouvoir

Quelques hommes seulement sont dotés de ce talent ; en général, on les retrouve sur la scène politique, coupant des mains de voleurs et exposant le supplice et le supplicié à la Télévision ; ou massacrant des foules pour leur plaisir et leur pouvoir. Hubbard a bien tenté la politique par la voie du copinage, en essayant d'avoir des rendez-vous avec des pontes ou des chefs d'état : s'il est arrivé parfois à rencontrer quelques sous-fifres, il n ' est jamais rien sorti de ces entretiens. Dieu merci ! nous avons déjà bien assez de doctrinaires totalitaires, même dans des pays démocratiques, pour nous encombrer d'un groupement carrément fanatisé détenant toutes les rênes du pouvoir, comme cela se produit dans le système Scientologique. Pas la peine d'avoir des rééditions du patron des " enfants de Dieu' " qui s'acoquina un temps avec Khadafi.

Assassins professionnels, chantage

Il faut avoir lu le texte lyrique d'Hubbard sur le pouvoir pour bien peser le goût qu'il en avait : sur quelques dix mille mots, en partant de l'histoire déformée du " Libertador " de l'Amérique latine , le célèbre Simon Bolívar, sa manie de puissance s'étale indécemment. En sciento, on ne veut pas croire - du moins face au public - qu'il transposait précisément ce qu'il pensait :

" Quand vous quittez le pouvoir, payez toutes vos obligations rubis sur l'ongle, donnez entièrement la puissance à tous vos amis, et partez les poches pleines d'artillerie et d'armes de chantage potentiel envers tous vos anciens rivaux, de fonds illimités sur votre compte, et d'adresses d'assassins professionnels. " (lettre de règlements, du 12/2/67) ; ou encore : " Celui qui a le pouvoir n'a pas à savoir toutes les mauvaises nouvelles : s'il est vraiment puissant, il ne vous demandera pas toutes les cinq minutes ce que font tous ces cadavres empilés devant la porte ; et si vous êtes malin, vous ne laisserez jamais penser que c'est LUI qui les a trucidés; cela vous affaiblirait autant que lui.  " (Même référence)

Ce qui me semble le plus surprenant, après ces vingt années de réflexions et de discussions à son sujet, c'est constater à quel point il se comprenait au point d'être capable d'extraire de cette connaissance de ses vices les plus profonds, une technique supposée arracher ces mêmes vices chez les autres.

Quand il volait dans la caisse au grand jour, au vu et au su de quelques rares initiés, il prétendait ne rien gagner grâce à la Sciento, mais mettait au point un tas d'interrogatoires susceptibles de débusquer les fraudeurs dans son groupe; quand il épinglait de rarissimes traîtres, c'est pour s'être auparavant bien observé, et avoir démonté les mécanismes plus ou moins apparents survenant après la trahison. Quand il s'intéressait tant aux histoires de fesse du personnel ou des adeptes 'payants' (par exemple, en demandant de sa douce voix 'Vous aimez bien les chiens, n'est-ce pas ?' à une jeune fille) c'est qu'il avait été bigame (marié à deux femmes en même temps); ce qui ne l'empêcha pas de prendre une troisième épouse, fidèle, admirable (et folle en même temps, de suivre un personnage de cette espèce) : la grande majorité des scientologues ignore encore aujourd'hui ses femmes, ses quelques maîtresses, les sept enfants qu'il eut avec ses trois femmes, le suicide de son fils Quentin, alors qu'il était très haut placé en Scientologie avec son père.

Suicide du fils d'Hubbard

Ils ignorent aussi la forme que prit le " désespoir " de Hubbard à cette occasion: " Le petit con, avoir osé me faire ça, à moi ! " - Voilà l'épitaphe qu'on put entendre lorsque Hubbard apprit le suicide de son fils : croyez bien qu'on n' a pas eu cette version, en bas dans les orgs ; on nous a appris la triste nouvelle, pas l'épitaphe du père. (la secte tenta de faire passer ce suicide pour un assassinat de Quentin Hubbard par le FBI ou la CIA!)

Ca, c'est Hubbard, profession gourou ? Bof, pas la peine de lui rajouter un titre de gloire, fut-ce en forme d'épitaphe.


L'ECRIVAIN PROLIXE

" Si c'est du poisson que vous voulez leur vendre, vendez-leur du gros poisson. C'est la clé du succès. " (Jack Solomons, 1950)
" Si ceux qui écrivent de la fiction ne s'y étaient pas adonnés, ils auraient pu faire de fameux menteurs. " (Hemingway, Cette semaine, 1959)

L'écrivain Hubbard, écrit-on dans la secte, en serait à 589 ouvrages. Plus de 25 millions de mots écrits.

Ma concierge, qui a 75 ans, prononce environ 6000 mots par jour depuis l'âge de 20 ans. Quand on éditera tout ce qu'elle a dit, ça fera plus de 120 millions de mots. C'est bien mieux, non ?

Si en plus, Hubbard réécrit plusieurs fois à plusieurs endroits et à plusieurs dates les mêmes choses, ça améliore encore son record.

Je ne me moque pas : c'est un résumé de la méthode de l'écrivain Hubbard pour une bonne partie de ses oeuvres. En voici des exemples :

Dictionnaire d'administration de sciento ; lettre A : 430 entrées. Sur les 430, 150 ne sont pas du tout d'Hubbard, mais de ses sbires. Les 280 restantes ne comprennent pas la moindre définition qui ne soit extraite d'un bulletin ou d'une conférence. Il s'agit, ainsi que le dit une page de garde, d'un dictionnaire compilé par le 'bureau des communications de LRH'. Hubbard n'a pas écrit un traître mot pour ce dictionnaire : tout a été fait dans ses services d'assistance; ce n'est même pas forcément lui qui a eu l'idée. Les 150 citations ajoutées et le travail de compilation reçoivent pourtant la signature du chef et lui valent tous les droits d'auteur.

Dans les entrées restantes, une bonne part concerne des mots courants auxquels ses propres définitions n'ajoutent rien du tout , on trouve même des définitions qui ne sont que des marques commerciales externes (Agfa-Gevafax, par exemple).

Que reste-t'il de l'oeuvre originale de l'écrivain Hubbard dans ce dictionnaire? Rien. Lorsque Monsieur Robert ou Monsieur Larousse font un dictionnaire, il est signé d'eux en tant qu'éditeurs, mais les auteurs sont cités et toucheront éventuellement une part des droits d'auteur, ou seront payés pendant les recherches. C'est le procédé normal. Quand Hubbard écrit un dico, il ne fait rien, ce sont les autres qui le citent et citent d'autres gens, Hubbard passe tout seul à la caisse en tant qu'auteur et en tant qu'éditeur, via l'organisation des Publications qui lui est cent pour cent acquise.

Et on ajoute à son crédit de production les centaines de milliers de mots issus en réalité d'autres oeuvres du grand homme ou d'oeuvres sans aucun rapport avec lui.

Autres baudruches éditoriales:

Index de ses lettres de règlements: pas un mot n'est de sa plume ou de son travail. Ce n'est pas le seul exemple. Cet ouvrage dépasse 330 pages grand format.

Autre genre : le texte " Responsabilité des leaders ", (l'énorme machine à pouvoir hubbardienne), se trouve dans les " volumes verts " n°0 et N°7; il est réédité avec deux corrections de frappe dans le volume rouge (bulletins techniques) n° 12. A chaque fois, cela fait 11 pages grand format, plus de 8000 mots. Rien qu'avec ce texte, il fait ses 16000 mots de tricherie.

Mais ça fait de la royalty ! De la royalty royale! d'autant qu'il fixe lui-même les tarifs prohibitifs de ses oeuvres, et qu'on ne les trouve pas ailleurs.

Ce même volume rouge, le N° 12, comprend plus de 500 pages portant sur 118 sujets. Il faut attendre la page 200 avant de trouver le premier bulletin qui ne soit pas une simple réédition (avec parfois de vraies corrections et quelques nouveautés) d'un bulletin ou d'un texte antérieur. Plus de 50 rééditions sur 118 bulletins. Certains sont même réédités sans modification aucune, sauf quelques références strictement inutiles. Je serais prêt à parier qu'ils finiront par rééditer les mêmes bulletins quand certaines de ces références-là auront changé ! Si on prend le premier bulletin, 13 mots seulement ont été révisés. Sur l'ensemble du volume, une dizaine de bulletins portent la mention " a été  aidé par... ", c'est à dire qu'il s'est contenté de signer, peut-être même sans relire, ce que d'autres ont écrit.

La même année que l'année d'édition d'un volume rouge ou vert, certains de ces bulletins édités seront également publiés dans d'autres volumes ou " paquets d'étude ".

On peut raisonnablement dire que la moitié au moins du volume rouge n°12 n'est pas neuve du tout. Soit une différence à son passif d'environ 200 000 mots. Ceci se multiplie par 17 volumes rouges - certains sont quand même davantage de sa plume que celui pris en exemple. Rajoutons 10 ou 12 volumes verts du même format.

La très large majorité de son " oeuvre gigantesque " a subi de semblables combines, permettant de le faire paraître géant de l'écriture, un Victor Hugo, un Dumas, un Lope de Vega. Il a beaucoup écrit, d'accord, c'était bel et bien un écrivain. Mais 589 ouvrages ! Si on compte des ouvrages comme " un résumé de la scientologie à l'usage des scientifiques ", qui comporte 10 pages, et moins de 3000 mots (4 pages dactylographiées particulièrement absconses et ne dénotant aucun esprit réellement scientifique) ou encore les " volumes bleus ", transcriptions exactes des 2000 et quelques conférences d'une heure chacune, (transcriptions qu'il n'a même pas payé de sa poche), ça finit par faire beaucoup d'écrits pour lesquels il n ' a rien écrit du tout.

Ils rééditent actuellement sous un autre titre ces même livres de conférences, sous prétexte d'erreurs.

J'aimerais savoir où en est la gravure sur titane pur (si, si! sur titane pur) de son oeuvre, supposée être enterrée dans un abri antiatomique d'un désert américain, gardée nuit et jour par des sbires en arme...

De temps à autre, dans les lectures, on bute aussi sur d'incroyables bulletins; par exemple, " un bulletin d'annulation de bulletins destructifs ". Il y donne mille raisons qui annulent ces anciens bulletins, la première étant que M. Hubbard ne les avait pas tous écrits lui-même, paraît-il; mais ils ont été utilisés pendant quatre à huit ans comme références absolues. Est-ce à dire que le public payant de la secte a reçu de la mauvaise tech qui sera remboursée ou qu'on pourra refaire gratis les étapes ratées ? Y-aurait-il vraiment des bulletins destructifs écrits de la main du maître ? Le maître admettrait-il une fois s'être trompé ? On doit sûrement avoir remédié à ce bulletin destructif signé Hubbard, s'attaquant à des bulletins destructifs signés Hubbard. Notons d'ailleurs que nul ne peut être certain de la provenance desdits bulletins, car une partie a été transmise oralement qur des cassettes enregistrées, surtout à la triste fin de son existence.

On annule d'avance ce qui sera écrit !

Voyons le cas de sa fille Diana; en 1980, nommée patronne de la division 'relations publiques' pour le monde entier. Il lui prend l'excellente idée de sortir des lettres de règlements portant la mention " cette lettre de règlements annule et remplace toute autre lettre de règlements portant sur le même sujet, dans le passé [passe encore], le présent [pourquoi pourrait-il y en avoir d'autres en même temps ?] et dans le futur. "

Evidemment, il fallait y penser: elle avait dû décider d'avoir le poste à Papa - porté disparu à l'époque - mais il y avait d'autres plaisantins qui le voulaient aussi. C'est que ça rapporte, ce truc-là. Annuler d'avance ce qui n'était pas encore écrit, faudra y penser.

Y doit y avoir un machin spécial, ça doit pouvoir se trouver dans la tech de Papa. Désolé d'être un peu vache envers toi, Diana Hubbard, mais tu aurais pu comprendre, à voir ton père agir ainsi, que certaines limites ne pourraient plus être dépassées.

Encore que je ne sois même pas absolument sûr que ces bulletins n'étaient pas des faux lâchés par le gang à Miscavige. Pardon, je devrais dire, le gang à Maître Miscavige, Notaire, Capitaine, Président du Board of Administration; au fait, à quand les étoiles d' Amiral, dis-moi, David? Quand seras-tu aussi gros que ton papa spirituel Gollubard? - c'est sérieux, cette fois, ce centre technologique religieux notarié, avec ses cohortes d'avocats et de ténors du barreau d'église notariée. Au moins jusqu'au prochain virage - déjà interdite en Allemagne, déjà condamnée au moins quatre fois en France... et ce nouveau procès en cours... Et ces sociétés commerciales sous le contrôle de la nébuleuse scientologie, ça aussi, c'est bien.

Il répondait à 100000 lettres par an?

Et le courrier Hubbardien? En 1981, nous apprîmes qu'Hubbard avait reçu plus de 100 000 lettres émanant de ses " amis ", auxquelles " il " répondit, en vertu de ce qui s'appelle " ordre de standing n°1 ": des boites aux lettres se trouvaient dans chaque groupe de Sciento-dianétique, pour lui écrire.  " Il " répondait à tout courrier reçu.

Encore un trucage! 300 lettres par jour, même à raison de 4 lignes par réponse, ça donne 12 000 mots chaque jour. Même Lope de Vega n'y arriverait pas. C'est son secrétariat qui répondait, lui-même ne lisant pas même son courrier: Des lettres comme certains de mes propres rapports auraient demandé trop de temps, pour être étudiées à fond dans leurs implications. Voyant la signature (contrefaite, selon toute probabilité) de Ron au bas de ses réponses, ses adorateurs étaient heureux : le Maître leur prêtait attention, leur donnait importance.

Cette personnalisation remplissait son objet de standing à la Gloire du Grand homme, dans l'esprit des GoGos.

En 1982, j'ai eu la surprise de recevoir une lettre " de Ron " alors que je ne lui avais pas écrit depuis quelques temps, un " original ", en quelque sorte; comme par hasard, ce courrier m'est parvenu pour mon anniversaire; sans me le souhaiter, toutefois.

Le trucage ici, c'est que quelques mois auparavant, j'avais dû fournir à l'organisation des 'communicateurs de LRH' une liste des staffs de Lyon avec leur date de naissance. On peut déduire la suite du traitement de cette liste. Beaucoup d'argent et d'énergie pour paraître s'occuper des gens, tout comme chez Yves Rocher ou à la Redoute, qui aiment savoir vos dates de naissance pour se rappeler à votre bon vouloir acheter, par l'envoi de petits cadeaux pour votre anniversaire...

Après ce type d'effets publicitaires, on pouvait lire que Ron pensait être " l'homme qui avait le plus d'amis sur terre "... Aurait-il compté ses ennemis déclarés accumulés que la balance se serait probablement bien mal inclinée pour lui, j'en ai peur.

Hymne d'Asie : les corollaires... Dieu

Il y a aussi le livre " Hymn of Asia ": 1024 vers en prose de Ron de 4 mots en moyenne; soit 4000 mots; mais l'ensemble fait 150 pages ; c'est relié, ça coûte très cher. Le standing, là aussi. A ce train, quand vous avez la clientèle inféodée, vous pouvez sortir un livre par jour. Ces vers-là sont... véreux, miteux, prétentieux, anti-poétiques, anti-musicaux et insupportables de fatuité; de surcroît, ils sont sexistes et élitistes.

Sexistes? voici un extrait: " Placez la femme à vos côtés - et laissez-la étudier - laissez-la parler - mais ne le faites pas si cela dérange vos habitudes ou votre tranquillité - Soyez juge en cela,- mais laissez-la lire ici " rvy11.htm#antisex .

Une autre, indiquée par Robert Vaughn Young, ancien directeur général de la secte (Patron de la CSI avant Miscavige).

" L'intensité de l'attitude anti-sexe d'Hubbard, et particulièrement sa mysoginie, n'est connue que de rares scientologues. En 1981, j'eus accès aux papiers les plus intimes d'Hubbard - des années durant, pour but de bibliographie - et pus lire ses lettres à ses parents, ses femmes, ses maîtresses, ses associés d'affaires. Il y en avait des milliers, la plupart sous forme de copies carbonées de l'original et de sa main ; des centaines de milliers de pages, détaillant ses vues sur l'existence, ses femmes, amis, sa famille et le sexe. Une bonne part était des années 30 à 40, et jusqu'en 1970 ; certains documents étaient des diatribes contre les femmes, couverts en marge de dessins à l'encre rouge représentant des sexes féminins. Il y décrivait aussi ce qu'il voulait leur faire, incluant viols et violences. Inutile d'ajouter que cela était classé X et sadique. Ce fut mon initiation quant aux aspects noirs des vues d'Hubbard. "

Elitistes ? je cite: " Obéissez à vos maîtres - car ce sont gens raisonnables - obéissez à vos chefs politiques - car ils ont la force... " pas possible !

Peut-être: vu leur force de conviction et leur entraînement " à la dure " pour ne pas se laisser distraire, je crois vraisemblable que les scientos aient contribué au cynisme actuel en affaires et en politique, car ils parlent, ils parlent, ils parlent.

Hubbard = Dieu (adorez-moi)

Et pour comble, voici: " Je vous pardonne vos nombreux échecs - envers le seigneur Bouddha - je vous remercie pour vos actes et - votre espoir. - Je vous félicite pour votre assiduité - et votre adoration. " ( dans le texte, 'worship' qui s'emploie indifféremment au sens de culte, ou adoration, les deux mots corroborant l'élévation du rang d'hubbard au rang de Bouddha-Dieu, Hubbard oblige).

Connaissant ses buts de pouvoir et d'argent, il devait se trouver bien déçu de n'avoir qu'un demi-milliard de dollars à sa mort, ne lui appartenant même pas en propre, alors que Stephen King gagnait déjà, en propre et sans procès, 200 millions de dollars chaque année. En 5 ans, il en faisait davantage qu'Hubbard en cinquante, avec bien moins d'ennuis, pas plus d'imagination, et malgré un personnel considérable. King peut même se permettre de payer des impôts, lui, et n'a pas besoin d'une " église Kingienne " pour laver ses chaussettes: il peut s'offrir des femmes de ménage.


SCIENTOLOGIE : RELIGION OU PHILOSOPHIE RELIGIEUSE ?

" Rien n'est plus dangereux qu'une idée, lorsqu'un homme n'a qu'elle . " (Alain, 1938)

Un des sujets bateau de la secte consiste à se déclarer religion, ce qu'elle n'est pas, en dépit de toutes les preuves truquées qu'elle apporte et malgré quelques décisions de justice, ou plutôt, des décisions secrètes émanant du fisc américain, l'IRS: nul n'a pu venir à bout de l'entêtement des scientologues à défendre cet aspect religieux auquel ils ne croient pas eux-mêmes, et dont ils se fichent de toute manière complètement, Hubbard inclus, dès lors qu'on ne leur demande pas des taxes et des impôts.

La justice et la constitution américaines sont ainsi faites qu'il suffit que quelqu'un apporte quelques éléments apparemment objectifs tels que sacrements ou croix, pour qu'elles balancent le judiciaire plateau côté religion plutôt que côté commerce. Judiciaire n'est pas impérativement judicieux ou juste.

Pape, cardinaux et évèques scientologues

Très habile manoeuvrière, la secte a toujours travaillé dans le sens déterminé par Hubbard, qui n'a même pas été gêné, passé un temps, de nommer un " pape ", des " Cardinaux " et des " Evêques " scientologues, oubliant que cette terminologie était d'essence tout à fait chrétienne, alors que lui-même n'a jamais tenté de mêler évangile et Sciento, si ce n'est pour critiquer l'évangile. Voir à ce propos la définition du 'grand Dieu Throgmagog' néologisme façon Hubbard, qui dit ceci: " Le Grand Dieu Throgmagog  n'existe pas. Il est partout à la fois. Il est dans l'eau qu'on boit. Si nous disons que c'est le Grand Dieu Throgmagog qui l'a fait, ça sous-entend que nous ne pourrons le faire disparaître. Cela bouleverse beaucoup les gens, puisqu'ils ne peuvent remonter à la causalité. Les choses continuent donc, puisque c'est le Grand Dieu Throgmagog qui les a créées. "

Transparente, non, sa métaphore ? Pourquoi diable Hubbard affirme-t'il ailleurs que la sciento serait 'non-confessionnelle', non 'déminationnelle', si ce n'est pour dire que sa création religion n'en étant pas une, les cathos ou les juifs ou les autres peuvent bien y venir dépenser leurs fonds irréligieux, tout en se moquant de leurs croyances?

Dans son ouvrage " le Grand Décervelage ", Bernard Fillaire dévoile le bulletin d'introduction au niveau secret " OT VIII ", que je n'ai pas p arcouru : il n'existait pas à l'époque. Hubbard y déclarerait que le Christ était homosexuel et voué à la destruction de l'humanité. J'imagine que vous l'apprenez!

Comme l'explique clairement Russell Miller, si les débuts de cette 'science' ont été brillants aux Etats-Unis, au point de faire un mini raz-de-marée de nouveaux auditeurs partant fonder des groupes un peu partout, il n'en restait pas moins que l'ensemble était fragile et que la position devait être consolidée, d'autant que le fisc est gourmand : la deuxième étape consista à créer 'l'église', à transformer l'essai. Ce qui fut fait dès 1952, après qu'il ait coulé la première fondation dianétique, qu'un ami riche lui avait maintenue à flots des mois durant, Hubbard croquant les bénéfices qu'elle ne fit donc pas. C'étaient simplement des sociétés strictement commerciales, alors.

Ne reste ensuite qu'à mettre au point des éléments, nombreux et complexes, qui permettront d'établir une image religieuse : il ne manquerait qu'une seule condition nécessaire pour que n'importe laquelle des sciences (Psycho, psychanalyse, psychiatrie, médecine) passe très bien le test 'religieux', cette condition serait d'acquérir puis défendre cette image contre vents et marées, et en dépit de toutes les attaques. Pour la médecine, par exemple, il faudrait une longue campagne de presse comportant l'accord de la base des médecins (de leur Ordre) ; cette base, une fois soudée, démontrerait avec force arguments forcément spécieux que la médecine est une vraie religion, arguments tout aussi inattaquables que ceux des scientologues, puisqu'on pénètre dans le domaine le plus subjectif qui soit en abordant le thème religieux.

Soyons heureux de constater l'intelligence de l'état français, qui vient de faire des rappels de plus de 9 et 48 Millions de F à la secte pour ses activités commerciales, ou celle des allemands qui l'ont forcée à se transformer en affaire commerciale.

Regardons-y de plus près pour la SD. Que fait-elle ou que prétend-elle faire, grosso-modo : par la Dianétique, elle améliorerait vos aptitudes en tout genre, y compris physiques : C'est tout à fait le domaine de l'enseignement, de la psychologie, et de la médecine. La Scientologie prétend améliorer les mêmes choses, en termes plus difficiles à saisir pour les non-initiés. Elle parle d'aptitudes de " thétan opérant " (les OTs dont il a déjà été question.). De quoi s'agit-il? Vraiment simple en fait : il s'agit uniquement d'une flopée de capacités définies précisément, dans le genre " aptitude à communiquer librement avec n'importe qui et sur n'importe quel sujet. " Ceci fait également partie du domaine de  la formation psychologique, ou de divers cours et stages de formation en entreprise (genre Carnegie). Et ces capacités, dont il existe d'innombrables échelons aux définitions devenant de plus en plus ésotériques au fur et à mesure de votre avancée sur le " Pont " de Hubbard, (ce fameux Pont qui ferait penser qu'on vous fait passer de " la rive esclavage " de la rivière à la " rive liberté totale sur tous les plans", que la psychologie nomme pan-déterminisme), ces capacités engagent toutes divers plans allant de l'intelligence à l'aptitude physique : ce ne sont que des vocables que l'on trouve dans les domaines éducatifs ou psy ou médicaux, sans la moindre exception; ils ont cependant souvent été rebaptisés, afin d'éviter que cela ne devienne trop visible.

Bien sûr, la Scientologie voudra se retrancher derrière les aptitudes des niveaux secrets, mais c'est pire encore car on y trouve des intitulés comme " J'atteste être seul dans mon propre univers ", ce qu'il faut traduire par " je suis seul dans ma tête et dans mon corps ", ou bien encore: je suis débarrassé de mes parasites. Ca vous laisse peut-être perplexe : ces niveaux seront abordés un peu plus en détail.

Mais comment expliquer qu'ils aient réussi à faire passer l'image religieuse, même si ça agace les " révérends " scientologues de s'habiller en col Mao sur chemise et pantalons noirs, arborant une croix à caractère chrétien ? Ils l'ont fait passer uniquement par la forme, jamais par le fond.

Installons donc quelques croix fantaisistes dans les cabinets des psychologues ou des médecins, puis rajoutons - en cas de visite du fisc ou de la justice - des cornettes sur les têtes féminines et des tonsures aux hommes; transformons les questionnaires professionnels en soi-disant 'confessions', marquons " dossier de confessionnal " sur les dossiers des patients. Pour faire plus vrai, allons-y d'une " chapelle " sur une porte, avec un " autel " dans la pièce et quelques bancs, plantons dans le décor le psychologue ou le toubib armé d'un goupillon et bénissant la foule, puis quelques cérémonies genre mariage, enterrement, baptême, et le tour est joué : ne reste plus qu'à défendre la nouvelle religion contre les ennemis innombrables du fisc, de la justice, contre les convertis qui l'attaquent, et à convertir quelques vrais prêtres ou pasteurs venant d'autres religions qui déclareront psychologie ou médecine comme religions du 20e siècle. Vu le flou de la situation, le peu de gens admis à parler de la nouvelle religion (on s'arrange alors pour n'avoir devant les tribunaux que des valeurs sûres du mouvement, valeurs qui auront tôt fait de disparaître), les tribunaux ne pouvant que déclarer, au vu de la masse des " preuves ", que la psychologie ou la médecine est une religion, quand bien même il se presserait aux portes du tribunal un million de clients furieux qui y ont passé des années et qui savent bien qu'il n'en est rien.

La secte affirme...être une secte

Ils sont même allés bien loin, au point de se déclarer eux-mêmes une secte ! En 81/83, la nouvelle direction générale de " l'Eglise de Scientologie, Internationale ", guidée par l'imbécile criminel et sadique qui la dirige, a fait signer à tous les dirigeants des organisations du monde entier un document liant ces associations légalement indépendantes selon les lois de leurs pays d'origine, à la base mère, la " CSI " ci-dessus. Ce document interne signé CSI, dénomme la CSI une secte, et les écrits dont elle se sert sont appelés écrits sectaires (sectarian writings ou sectarian texts), ni plus, ni moins. La Scientologie se dénomme elle-même secte et sectaire ; en même temps, elle s'en défend (à l'extérieur) en disant que ce n'est pas ça, et qu'il faut prendre le sens de secte comme venant du latin 'sequi', qui signifie suivre.

Autant dire qu'à l'époque, j'ai protesté violemment face à ce contrat incroyable, dans lequel j'acceptais que la direction mondiale qualifie notre association de secte. J'acceptais aussi quelques autres illégalités plus graves. Ils nous avaient littéralement assassinés de coups de téléphone, de missions envoyées en express de Paris, d'explications vaseuses, au point de me décider quelques jours plus tard à écrire à Hubbard par six voies différentes pour lui dire de se mêler un peu de ça, et lui signaler que la Sciento était désormais aux mains d'une fameuse équipe de " suppressifs " et de malades mentaux, tant les termes de ce contrat interne étaient imbéciles sur le plan légal :

Les scientos s'engagent " légalement " à votre place

Par exemple, nous, Président et Vice-présidente de l'association de Scientologie de Lyon, nous devions nous engager pour le passé, le présent et le futur, à ce qu'aucun des membres du personnel, aucun des membres adeptes passés, présents ou futurs, ne porte jamais plainte en justice contre la CSI ni contre L. Ron Hubbard ou aucun membre de sa famille.

Ca revenait à vous dire que vous pourriez vous engager légalement à la place de toute personne, même si vous ne la connaissez pas, et sur un sujet et des principes dont cette personne ignore tout. Carrément débile, disons le mot, il n'est pas trop fort. J'ai eu des ennuis terribles ensuite pour avoir osé protester.

Religion voudrait dire " qui relie ", c'est dans ce sens que les scientologues l'expliquent au public intéressé, pour ne pas l'effaroucher : j'ai tenu l'argument des heures sur ce sujet, et je suis même allé plus loin, comme faire redéfinir le mot 'Dieu' à un athée qui n'avalait pas cette pilule d'apparence religieuse (un recteur de faculté): comme une des définitions du dictionnaire Robert dit 'créateur de toutes choses', il ne lui restait rien à faire pour parer à l'existence supposée de Dieu, puisque les choses existent bel et bien et qu'on peut admettre que, quelle que soit la nature du créateur, si la définition dit que c'est Dieu, on obtient un Dieu devenu en quelque sorte " athéique ".

Bien sûr, que Dieu, pris dans ce sens-là, existe, c'est dans le dico ; et la question n'a pas à être posée.

Toutefois, Hubbard se garde bien d'en donner définition dans ses dictionnaires : voici une sorte de preuve par défaut de l'inexistence du caractère religieux de son mouvement. La " huitième dynamique ", qui serait " la tendance à la survie au travers ou en direction de l'infini,  dans le sens d'être suprême, " donnerait à penser qu'on s'occupe quand-même de lui ; toutefois, aucune forme de prière n'existe qui fasse véritablement appel à cet être suprême, comme cela se pratique ailleurs. Ceci est d'autant plus vrai qu'il n'existe pas, dans les définitions sciento, de réelle divergence conceptuelle entre la 7e et la 8e dynamique. Autant dire que la huitième, c'est la septième. Pourquoi l'a-t'il ajoutée, cetrte huitième? Pour grimper au-dessus de l'état de Dieu?

La SD, c'est du genre aide-toi, le gourou t'aidera. Tout au plus donne-t'il à gober aux gogos un " Credo, " un " je crois " s'avérant une simple forme revisitée façon gourou de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Dans cette version scientologue, on parle un peu de Dieu, mais il y reste passablement théorique, et de plus, on pourrait prouver que ce fameux Credo n'est pas suivi par les Scientologues.

Les preuves du caractère laïc abondent

Dans les " services " soi-disant confessionnels délivrés (au prix fort) par la secte, on trouve:

des cours de vente,

des cours de vente à la dure,

des cours pour être capable de " faire en sorte que la Scientologie continue à fonctionner ",

des cours de management,

des cours sur la logique Hubbard (série sur les données),

des cours de marketing (séries sur le marketing) ;

des cours sur la publicité (séries sur le Positionnement commercial, ou Positioning, en anglais) ;

des cours de " clarification de mots ",

de pédagogie (appelée alors technique d'étude),

de grammaire,

des cours sur l'éthique,

des cours sur les fondements de l'art,

sur le métier de cadre;

sur les Relations Publiques,

sur l'usage des vitamines et du sauna au cours de la procédure de " Purification " du corps ;

Comme vous le constatez, il s'agit essentiellement de sujet de haute religiosité, qu'on ne trouve pas dans des écoles laïques ordinaires. Il me paraît évident que tout ceci devrait être taxé comme non-confessionnel, en admettant que le seul cours plus 'religieux', celui de " ministre du culte ", puisse faire exception, et encore! sous condition qu'il soit au service d'une religion...

On peut aussi apprendre une espèce de maniement des vertèbres, ou des cours sur les tests psychologiques.

Les sacrements : l'extrème ponction

Certes, vous feriez très vite connaissance avec le principal d'entre les sacrements à l'intérieur de la fameuse 'religion' : c'est le premier, mais aussi le dernier qu'ils vous administreraient sans l'ombre d'une hésitation : j'ai nommé l'extrême ponction, de votre portefeuille ... A part ce sacrement, il paraît que vous pouvez faire " baptiser " vos enfants (en anglais, christen), alors qu'on ne trouve aucune trace d'un quelconque christ ici ; vous pourriez demander à recevoir un mariage ou des funérailles, mais ne comptez pas y trouver vos amis qui ne seraient pas scientologues. Comme j'ai été 'ordonné' 'ministre de l'église de scientologie' (à ce propos, l'actuel porte-parole de la secte a répondu qu'il fallait trois ou quatre mois d'études pour devenir un pasteur scientologue... mais les 'études théologiques' ne m'ont pris que huit jours à peine), je peux dire que je ne vois pas très bien le rapport existant entre ces cérémonies et celles qu'on trouve ailleurs, à part la forme extérieure et le nom.

Secret des confessionaux ? Méfiance, méfiance.

Quant à la confession, on touche au comble. Sous prétexte d'aide spirituelle, on vous extrait des " péchés ", dénommés ici des " overts " ou " actes néfastes ", soigneusement enregistrés par écrit, voire par vidéo, éventuellement écrits de votre propre main, et dont ils gardent trace: on ne sait jamais . Dans son excellent livre " Scientology, religion Inc. " (Scientologie, Religion, S.A.), Stewart Lamont, journaliste spécialisé dans les affaires religieuses à la BBC, montre qu'il est arrivé que la secte se serve de confessions (protégées en principe du secret confessionnel), pour tenter de gagner des procès en justice contre des adeptes : ceci a pesé lourd dans les condamnations subies par neuf des dirigeants essentiels aux Etats-Unis. De plus, le temps passé sur cette part spécifique d'extraction des péchés ne dépasse pas 3 ou 5 % du temps total. Ce pourrait être la seule part 'religieuse' de l'affaire, si elle ne servait de temps à autre à des punitions sévérissimes entreprises à partir de vos aveux, voire des délations des autres: la sévérité des punitions varie surtout en fonction de leur importance vis à vis de la secte; on se ficherait bien que vous ayez fait exploser 1500 personnes chez Interpol!

L'ordre signé de la main même de Mary Sue Hubbard porte le numéro G0 121669 MSH (Ordre du Gardien pour le Monde entier, Mary Sue Hubbard), demande très clairement d'utiliser tous les moyens à la disposition de la sciento, y compris les dossiers de " confessions " et de discipline afin de trouver toutes preuves contre un scientologue devenu ennemi.

Je ne peux pas dire que la partie 'exactions' de la confession, qui fut appelée et s'appelle toujours aussi audition, soit obligatoirement destinée à vous faire chanter, mais enfin, cela se produit. Je n'aurais jamais trempé dans une combine de ce genre, et les services secrets de la Scn ne m'ont jamais demandé de le faire : cei n'a lieu qu'aux niveaux les plus élevés de la hiérachie ; il valait mieux pour eux: colérique, j'aurais bien pu aller leur casser la baraque.

De toute façon, s'il m'est effectivement arrivé d'avoir connaissance de crimes ou de meurtres ou autres délits graves punissables par la loi, (j'ai rencontré un parricide) je ne les ai jamais enregistrés en clair, afin d'éviter toute ingérence, non de la part de la secte, dont je ne connaissais pas la duplicité à cette époque, mais pour m'opposer à des recherches extérieures qui auraient pu être diligentées contre des membres de l'association de Lyon.

Il est certain que des consignes tout à fait contraires à ce type de cachotterie ont été données aux actuels " officiers d'éthique " ou aux "  auditeurs ", si l'on en juge par la multiplication des vérifications de sécurité dont ce mouvement ' religieux' s'entoure. On pourrait facilement comprendre que des synagogues ou des mosquées ou autres temples de zones sensibles fassent fouiller les visiteurs pour éviter des agressions, mais que la Sciento vous colle d'emblée devant son détecteur de mensonges (preuves ensuite) si vous voulez lui acheter 500  F de cours d'introduction - à ce prix on a le meilleur de tous les services qu'on y trouve, bien souvent - c'est quand-même révélateur d'un état d'esprit beaucoup plus policier que religieux, quelles que soient les justifications de cette pratique. Elle ne sert d'ailleurs à rien ou presque, car la majorité de ceux qui la pratiquent ne savent même pas lire convenablement l'électromètre-détecteur : on a vu un journaliste ( une sale race... pour Hubbard) passer sans le moindre problème en répondant tout faux du début à la fin, et sous une fausse identité pour les besoins de la cause. Révélateur de la valeur accordable à ces pratiques dignes du NKVD ou du KGB.

La délation

Depuis 1982, on ne pénètre dans les niveaux supérieurs (à partir du Grade V et au-dessus) qu'après avoir montré patte blanche au cours d'interrogatoires de sécurité qui ne sont pas de la rigolade: non seulement il vous faut déballer tout ce que vous savez sur vos propres exactions ou inactions néfastes du point de vue scientologique, mais aussi passer à la délation de toute remarque désobligeante, même faite pour rire, que vous auriez pu entendre à n'importe quel moment, de la part de qui que ce soit: tout cela sera enregistré et " manié " par les 'officiers d'éthique' auprès des " coupables " éventuels de ces plaisanteries ou de ces exactions.

Peu révélateur de faits religieux. S vous connaissez la confession catho, faites le parallèle : vous auriez par exemple droit à la prière après le baptême, puis, pour faire votre communion, il vous faudrait dénoncer vos propres péchés, ce qui passe encore, mais aussi ceux des autres... et le curé ferait des enquêtes et punirait les coupables, parfois très sévèrement.

Tout cela part de l'idée paranoïaque que toute personne est ennemie en puissance. Encore un fait bien reconnaissable dans toutes religions.
" Toutes les religions sont fondées sur la peur d'un grand nombre de gens et l'habileté d'un petit nombre. "(Stendhal)" Puisque les masses sont inconstantes, emplies de désirs illégitimes, passionnées mais se moquant des conséquences, on doit leur inculquer la crainte pour les gouverner. " (Polybius, 125 av. J.C.)" En matière de religion il est très facile de tromper l'homme, et très ardu de le détromper ". (Pierre Bayle, dictionnaire, 1697)Enfin : "  Toutes religions sont d'anciens monuments élevés à la superstition, à l'ignorance, à la peur, à la férocité ; toutes religions nouvelles ne sont qu'anciennes folies régénérées. " (Baron d'Holbach, 1772)

La croix scientologue

C'est aussi un symbole en contradiction avec les faits : il s'agit fondamentalement d'une croix catholique espagnole du 15e siècle, adoptée par Hubbard, stylisée ensuite.

Pourquoi une croix en Sciento, alors qu'être sciento, c'est déjà porter sa croix?

Une fois ôté le vernis de l'apparence, on trouve exclusivement un système parapsychologique, paramédical, para-psychiâtrique. Ce système n'est pas para-bancaire para-commercial ou para-politique, mais vraiment commercial, bancaire, et politique.

Le tribunal lyonnais ne s'y est pas plus trompé en 96 que la justice parisienne en 1980.

Trouve t'on des calculs de prix de revient, de profit net, de profit brut, rendement, coûts, dans chaque religion ? Trouve-t'on des  factures sans paiement immédiat que l'on fait signer au personnel payé 600 F/mois pour plus de 300 heures de travail, lorsqu'on lui distribue des 'services' qui ne sont que de la formation destinée à lui apprendre à travailler en Sciento, mais qu'on lui fera payer s'il part avant d'avoir rempli ses cinq ans ou son milliard d'années de contrat de membre du personnel ? Voilà le système. Quand je pense que j'ai appliqué ça ! Incroyable.

Comme Hubbard l'annonce dans son 'code de l'honneur', que je l'honneur de ne plus suivre : " 15e précepte: soyez vrai envers vos propres buts ". Ayant abondamment démontré que ses buts étaient pouvoir et argent, par n'importe quelle voie (dicit son dernier et meilleur auditeur), il s'en est tenu à ses buts.

En revenant, tel le Christ, Hubbard aura sa part du gateau-sciento

Supposant que tourner son système en système religieux lui permettrait d'échapper à l'impôt et de cacher soigneusement les chiffres réels et les voies par lesquelles lui parvenait l'argent scientologue, il a fondé son église et vraisemblablement mis au point un moyen pseudo-légal par lequel, une fois réincarné, il  pourrait revenir réclamer ses biens et devenir le grand homme politique pourri qu'il a l'intention de devenir. Ses biens ? Tous les capitaux scientologues, de facto, puisqu'il ne s'est jamais trouvé, depuis 1951, qui que ce soit pour contester sa suprématie dans la secte, et ses pouvoirs de chef spirituel et matériel. Je n'ai pas accès aux moyens qu'il aurait mis en place pour parvenir à ce but incroyable, mais cela existe forcément. Bien sûr, il n'y parviendra jamais, personne ne pourrait.

Même le Dalaï-Lama des Tibétains n'a pas cette aptitude à tout connaître de ses vies passées, à supposer qu'elles existent, et doit tout réapprendre chaque fois, en supposant que ce soit bien lui qui soit " réélu " de vies en vies, de réincarnation en réincarnation successive. (A ce sujet, je ne vois pas pourquoi le Dalaï-lama serait toujours du sexe masculin; si l'on se réincarne, pourquoi resterait-on toujours du même sexe?)

Les bénéfices

En annexant des termes tels que catéchisme, crédos, codes divers, Hubbard a réussi à faire avaler que la sciento est une religion, et que les " églises " de scientologie ne font aucun bénéfice. Rien n'est plus loin de la vérité. On estimait en 95 à plus d'un milliard de dollars la valeur des biens et des comptes bancaires de la Scientologie-Dianétique; rien qu'en 1982, Hubbard a palpé 42 millions de dollars, soit 37 milliards de centimes de l'époque. Comme il ne versait aucune rétribution à qui que ce soit et que c'est son 'organisation des messagers du commodore ' qui le nourrissait, le dorlotait, répondait à son courrier, lui lavait son linge et faisait toutes les besognes dans ses parages, que cette organisation de messagers appartenait légalement à " une organisation à but non lucratif" la secte, en fait, et non à Hubbard, on voit que la secte ne faisait peut-être pas de bénéfices, mais que ces 'bénéfices absents' allaient bien quelque part. Comparativement parlant, imaginez le pape touchant environ dix mille fois plus (mesuré au nombre des adeptes): il aurait alors 300 000 milliards de centimes par an. Très religieux. Supposez aussi qu'au lieu de sa garde rapprochée et des quelques personnes s'occupant de l'intendance et du courrier, le pape (ou l'Imam des musulmans) aient quelques dizaines de milliers de bonniches...

N'imaginez pas que la sauce ait changé depuis. Dans les dernières publications de la secte, on découvre qu'il est toujours question de délation mondiale demandée à tout scientologue actif par la direction générale; qu'il est beaucoup question d'impôts, de méthodes de publications, de droits d'auteur (10400 marques déposées, disent-ils), de récompenses pour 'standards minimums de marques déposées ', de violation de règlements, de rapports sur des falsificateurs, de chantage, de conduite sexuelle dépravée, de défaitisme, de menaces, d'oppression, de tribunaux et toutes ces choses que d'autres religions connaissent sûrement très bien, et que nous savons qu'elle même pratique.

Il est prouvé, en particulier par les affidavits d'anciens très hauts dirigeants qui ont fini par être écoeurés, comme Robert Vaughn Young et sa femme, comme André Tabayoyon, que la Scientomaléfique pratique le faux témoignage, le parjure et la félonie : on a même découvert des exercices spéciaux destinés à y entraîner des membres des services spéciaux.

La SD, c'est de loin le plus grand bluff pseudo-religieux de l'histoire; tout marche à coups d'épate, au moyen de faux et documents trafiqués; on n'hésite pas à faire avaliser des déclarations qu'on souffle à des gens qui sont parfois de bonne foi, mais terrorisés par ce qui leur arriverait en cas de désistement, et qui serviront ensuite en justice ; pas plus qu'on hésite à truquer, à photocopier des pièces et les déformer, faire croire, faire croire que, faire croire encore, et défendre les positions les plus indéfendables, au nom de " nous suivons L. Ron Hubbard - et désormais, son sale petit con teigneux de successeur. J'aurais tendance à dire, quant à moi, que moins je suis scientologue, plus je suis proche d'une foi religieuse. C'est indignant de voir à quel point on peut bafouer l'homme et la justice au nom de prétendues religions; qu'est-ce que ces scientos ont à voir avec des religieux comme les lamas tibétains, sinon leur extrême dénuement - d'ailleurs bien involontaire, pour la base - face à la foi? Quel énorme culot à se prétendre hautement spirituels alors qu'ils compulsent des dossiers de chantage comme le demande on ne peut plus clairement le gourou dans des règlements comme " le maniement de la Propagande noire " ou la règle du " gibier non protégé ".

Tout cela n'a aucune autre raison d'être en dehors du lien aux règles fiscales légales. Soyons sérieux, si des affaires 1000% commerciales comme Elf, Exxon, ou Dassault pouvaient faire croire qu'elles sont de buts et de nature hautement spirituels et religieux, croyez-vous qu'elles se gêneraient? Et pourtant, monter à l'assaut du ciel avec un zinc Dassault pourvu de carburants Elf, ne serait-ce pas se rapprocher du Seigneur tout-puissant ?

Je conseille donc vivement à Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de désigner une cour qui examinera les cas des quelques personnes suffisamment gonflées pour prétendre qu'en travaillant en tant que " Ministre des Eglises Dassault et Elf. ", elle sont religieusement au service des autres. Ca éviterait de la TVA, à ces entreprises, des déclarations d'impôts, et on paierait peut-être moins cher l'essence si les autres Compagnies n'arrivaient pas à faire de même.

Forts de cette image et des milliards de dollars économisés, ces sociétés-devenues-religions n'auraient plus qu'à noyauter toutes les couches de la société comme la SD le pratique.

Après quoi, elles pourraient elles aussi, appliquer les nouveaux barèmes d'inflation religieuse, soit, le litre de super à 1000,00 F en l'an 2000. Pas de sous, pas de super pour monter au ciel, c'est super, non? - Mad Max devenant réalité.

Votre avenir dépend de nous, tenez-vous-le pour dit. Si vous n'êtes pas sages, vous serez bientôt privés de La Religion.

Dans les preuves écrites par Hubbard, beaucoup de disparate: des formulaires comptables AC1 et AC2, des " sommes allouées ", des " profits nets, profits bruts ", des " chiffres d'affaire - la fameuse G.I., pour gross income "; des " officiers bancaires " de Flag; des divisions entières consacrées à la trésorerie; une " police internationale des finances ", un " contrôleur - c'était Mary Sue Hubbard, dont les tâches sont très religieuses (financières, budgétaires, audit financier, ) "; bon nombre " d'officiers banquiers internationaux "; " des royalties, pour Hubbard "; et je vous en passe 90 % au moins. La gestion des intérêts est si complexe qu'elle doit occuper au minimum 50 % du staff actuel.

Police Internationale des Finances

Quelques exemples sanglants des façons de faire des gens qui s'occupent des finances scientologues en disent long:

Tôt le matin, presque la nuit en sciento, je reçois un coup de fil des Etats-Unis; une voix brutale et guerrière m'annonce, fort accent américain - " International Finance Police ".

Cela se passait à l'époque où apparurent des " Comité des Chiens de Garde ", " Dictateur des Finances " et autres joyeusetés.

Ah ah. Bon, me dis-je. Les voilà donc au boulot! Je m'y attendais un jour ou l'autre, sachant par les bulletins officiels reçus chaque jour au courrier (j'avais jusque là refusé le télex, trop cher et trop rapide à mon sens vu l'importance très relative des idioties dont les séides des directions européennes ou mondiales m'abreuvaient jusqu'à plus soif), je n'avais pas souvent vraiment envie d'ouvrir le courrier venant du Danemark ou des Etats-Unis. Sachant donc que cette " Police Internationale des Finances " existait , en ayant une très mauvaise impression ad-hoc et adaptée aux circonstances, je me dis par conséquent " ah ah ", et je réponds:

" Oh noo, here it's Lyon organisation... " et je raccroche rapidement, attendant ironiquement la suite: ces abrutis, dont un certain Wendell Reynolds, c'était peut-être lui, allaient encore me taper de divers rapports obligatoires, et de diverses ponctions à envoyer par mandats télégraphiques internationaux, ce qui n'était pas une sinécure lorsque la France en était encore au contrôle des changes.

Quelques instants à rire dans ma barbe, sonnerie de nouveau. Le téléphone n'y est pour rien, je ne le casse pas.

" Here International Finance Police ", m'annonce une voix supérieurement agacée.

" Oh nooooo, here Lyon organisation...what do you want? We are no police at all . " Pof. Je raccroche.

Quelques instants plus tard, re-téléphone, re-Police Internationale des Finances, re- réponse idiote de ma part, comme si je n'avais pas compris que c'était lui, le grand gestapiste international des Polices Financiaro-sectaires en train de me casser les oreilles... Quatre fois, il a fallu qu'il essaie son numéro, avant de se décider à faire vraisemblablement un " rapport d'éthique circonstancié avec témoins " sur l'incroyable situation où se trouvait l'org de Lyon, avec cet hurluberlu qui répondait au téléphone, et qui ne devait pas dépasser une vache au niveau du quotient intellectuel, etc.

J'en ris encore. Moins drôle par contre est la situation d'un gars comme lui, qui croit faire de la religion et servir l'humanité par des systèmes policés et en prenant des tons carrément fascistes au téléphone avec des gens dont il ignore tout: il avait probablement dû recevoir un cours lui enseignant son poste comme " excessivement important ", au sein d'une direction mondiale " la plus phénoménalement capitale ", faisant partie du groupe planétaire dont " toute survie dépendait dans cet univers-ci et dans tous les autres univers jamais conçus ". Par conséquent, investi de sa fabuleuse supériorité sur un factotum téléphonique (j'étais le président) d'une org d'une ville d'Europe dont il ignorait même le nom, il faisait, marionnette élaborée dans les chaudrons du grand sorcier Hubbard, son exceptionnel devoir en m'appelant, investi de l'honneur extrême, de la puissance extrême, du pouvoir total, par L. Ron Hubbard, source, fondateur, etc. Son destin était écrit, il était, lui, en mesure d'imposer ses quatre volontés d' Hubbard à toute la planète, grâce à sa toute nouvelle-science-du-mental-hyper-super-géniale-que-jamais-l'humanité-n'en-verrait-plus-des-comme-ça, non, plus jamais, et donc, absolument rien ni personne - excepté ses propres supérieurs scientologues et Ron Hubbard, ne pouvait l' empêcher de parvenir à ses buts extra-planétaires. Reviens donc un peu sur terre, mon gars, que j'explique!

Dans le même genre de dialogues valant leur pesant de papier, c'est en plein milieu de la nuit que ma femme décroche le téléphone insistant. Une voix d'outre-Atlantique, cabossée par les exercices de communication qu'elle n'avait pas très bien pigés l'avant-veille, lui demande qui elle est.

Ayant répondu qu'elle était l'Officier Commandant l'org de Lyon, la voix lui signale qu'il ne reste que 24 heures au plus pour que l'org de Lyon expédie à Flag, en Floride donc, au moins deux personnes prêtes à payer leurs services là-bas; il fallait que ces deux personnes soient arrivées à Flag dans les 24 heures. Franche rigolade, d'autant que le pauvre a répété le même message impérieux mot pour mot, sept ou huit fois d'affilée, un vrai magnétophone, quelle que soit la manière dont on lui expliquât les impossibilités diverses et réelles que rencontrait son splendide projet d'amélioration de la race humaine par l'arrivée de deux personnes venant de Lyon à Tampa (Floride), en moins de 24 heures, bardées des billets de banque indispensables.

Aucun doute ne le perturbait, le pauvre: il savait qu'Hubbard enseigne, dans un exercice, à répéter la question " est-ce que les poissons nagent? " sans se laisser perturber, pour apprendre tôt ou tard que les poissons nageaient. Et donc, il savait aussi qu'il pouvait donner l'ordre au Commanding Officer de Lyon, ou au Président de la République du Sénégal ou de Chine, dans une langue pas forcément compréhensible, qu'on lui envoie deux personnes pour que les deux personnes arrivent dans les heures qui suivent.

Maintenant, je trouve ça édifiant. A l'époque, ayant l'habitude des nouveaux un peu abrutis souvent engagés depuis peu dans des orgs dites 'supérieures' je ne voyais pas le message d'arrière-plan: ces gars ou ces filles étaient complètement robotisés, ils pensaient comme des zombies, et ils étaient heureux comme ça. Sauf quand ils ouvraient les yeux.

Ils pensent vraiment qu'ils font de la spiritualité en faisant du business, en jouant leurs rôles mal compris, en posant leurs personnages sur des ronds de cuir marqués " sous-chef de la section des chargés d'inscription par téléphone de Flag, Quartier Général de la " Church " of Scientology, International , pour le Monde Entier, etc. " Peut-être même ont-ils moins de quatorze ans, ça se voit souvent, mais la messe qu'ils servent dans leurs surplis en forme d'habit d'officier n'a pas les mêmes orientations que d'autres mieux connues et plus crédibles en tant que religions, même si elles restent criticables.

Si on regarde la secte des 900 suicidés du Guyana, ou celle du Temple Solaire ou le Mandarom, qui est très télégénique et pas encore suicidé, on trouve aussi ce genre d'olibrius. Des escrocs d'envergure parfois mondiale. Avec presque le même discours : croyez, obéissez, payez, travaillez.

Ajoutons : et mourez. Nous verrons ça à propos du Grand Chef actuel, le néofaciste Misfaciste (Miscavige).

C'est ici (mourez pour ma gloire) qu'on trouverait le seul point de concordance avec une religion en formation: le fanatisme leur permettrait de se faire sauter la tête si la loi des événements le leur imposait; probablement s'en trouverait-il alors quand-même un bon nombre pour ne pas être trop d'accord pour abandonner la vie de leur plein gré. En verrait-on aussi pratiquer façon Temple Solaire le " suicide " organisé des autres? Je me le demande; peut-être suffirait-il à certains de lire les ordres indiscutables de Ron ou de son remplaçant Miscavige. Il y en a qui ont signé des contrats d'obéissance absolue.

Le martyr

Le martyr, ou la tentative de se faire passer pour martyrs, reste l'unique point de convergence visible entre ça et une religion comme on les connaît; le reste est bien trop politico-économique pour accepter cette mascarade; même les défilés organisés à tout rompre par quelques dizaines ou centaines d'adeptes peuvent être remis en cause quand on sait avec quel naturel ils se préparent. Et qui les paye: non pas la secte, elle se contente de les organiser selon des horaires et des fonctions précisées à tous ceux qui auront, par exemple, accepté d'aller au grand défilé de Portland, USA, où une sombre affaire de gros sous se tramait en justice.

Ces jours-ci, à Lyon, qu'entendait-on ? Le Président français de l'association, Marc Bromberg, dont le fils a été ce zombie cherchant Hubbard partout aux Etats-Unis, en train de répéter exactement les mêmes inepties invraisemblables qu'aux autres procès de la secte : " C'est l'Inquisition ! C'est un procès politique d'intolérance religieuse ! " Etc. Ce jeune homme a erré des mois durant à la recherche d'Hubbard, qu'il voulait absolument rencontrer; quand nous l'avons connu, ce gamin, rentré à la Sciento à 16 ans sur les traces de ses parents et grands-parents, intelligent et sympa, faisait la vaisselle jour et nuit dans les caves où mangent les staffs des orgs danoises, avec les rats. Il était devenu l'ombre de lui-même. J'espère qu'un jour son père a pris conscience de cela, et que lui-même s'est remis de ses recherches vaines du Saint-Graalhubbar ; en réalité, je crois plutôt, vu son état, qu'il était passé par le " RPF " quelques mois durant.

Autres éléments : les sociétés possédant l'association " sans but lucratif "

 Page 462 du dico d'administration: " Scientology Consultants, Inc : Nous avons désormais pour la première fois un lot complet de livres de Dianétique et Scientologie. Il s'agit en fait de sujets séparés, nous avons maintenant les matériaux et corporations qui les séparent. Nous allons conduire une vaste campagne radio dans le Middle West, sur la Dianétique seule.[ ] La Scientologie sera exclusivement l'affaire de l'association Internationale Hubbard de Scientologie , (HASI, devenue CSI de facto en 82). Ni littérature ni lettres ne doivent mêler les mots Dianétique et Scientologie, qu'il faut garder séparés.  La vérité fondamentale : la Dianétique est une thérapie mentale développée en dehors du domaine de savoir de la scientologie, comme l'a exprimé un Journal de Scientologie en 1952, mais position légale et pratique réelle de chacun doivent être séparés. D'un point de vue d'encadrement - management - ces organisations restent séparées, en raison du fait qu'elles sont toutes deux encadrées par Scn Consultants Inc, c'est à dire par une société de gestion. "

Il y a de bonnes chances pour que ce système soit encore d'actualité, via le " RTC " et la CSI dont il a déjà été question: les contrats, enregistrés probablement chez O.S.A. International, à Los-Angelès, et inconnus des agences du fisc américain.

Voici donc les faits: société de gestion encadrant les deux sujets si bien séparés qu'ils ne font plus qu'un de nos jours. Malgré la vigilance des compilateurs du dictionnaire pour le compte d'Hubbard, il ne leur a pas sauté aux yeux que la Dianétique soit un sujet mental et non religieux et que l'ensemble était géré par une société de gestion, dirigée devinez par qui? Les modifications structurelles apportées ensuite à ces ensembles compliqueront la situation et les définitions, pas les fondements. La Scientologie S.A. n'est pas tout à fait un mythe.

Page 446, même ouvrage: " Re-sign GI , c'est à dire, chiffre d'affaires de gens qui continuent:  Total recueilli dans la boutique ( italiques ajoutées) de gens qui signent pour des services complémentaires avant d'avoir quitté l'org. "  Ici, on paie la confession, puis le bon produit de l'organisation qu'Hubbard appelle ici la boutique, consiste à vous en revendre un paquet de plus avant même que vous n'ayez franchi le portail, à peine fini ledit service de ladite société de services.

Page 338: " L'argent est un symbole représentant la réussite quand vous en avez, l'échec s'il n'y en a pas, qui que ce soit qui vous dise le contraire. "

Page 276 : " Résumé des sources de chiffre d'affaires: votre officier bancaire remplit chaque semaine un rapport indiquant où vous vendez, et où vous ne vendez pas, ainsi que ce que vous vendez. "

" Le Gardien: [ ] on comprend mieux les caractéristiques du poste comme étant un 'fondé de pouvoir' ou même un 'unique propriétaire' ". Plus loin, explication du fait que ce Gardien peut, au sein de chaque association sans but lucratif - souvenons-nous qu'il s'agit d'associations loi 1901 en France - il peut agir comme fondé de pouvoir et peut agir comme 'unique propriétaire' quand il est question de propriété des fonds ou d'affaires d'intérêts. Pour mieux comprendre l'importance vitale de ce point, il faut savoir qu'il n'existait qu'un seul gardien pour le monde entier, c'était Mary Sue Hubbard, troisième épouse de Hubbard, et qu'elle ne déléguait ses pouvoirs qu'avec parcimonie aux 'assistants gardiens' de chaque organisation. Ces 'gardiens' avaient surtout comme activité de vérifier les clés...du coffre, cachées sous des textes disant que le bureau du Gardien était là pour 'défendre la technologie' de Hubbard. En équa tion, cela donne :


TECHNOLOGIE = Argent . Corollaire : PROPRIETAIRE=Hubbard

Page 404, un chef d'oeuvre: 'l'engramme des prix', autrement dit, le fait que des adeptes trouvent la note salée:

" Voilà une chose fantastique, j'ai découvert l'engramme des organisations avant même de leur donner leur nouvel organigramme. Heureusement, sans quoi on pouvait devenir insolvables. Quelques suppressifs ... répandent le bruit que c'est trop cher chez nous, ce qui crée des ennuis entre les orgs et le public. Tout cela a fini par faire croire aux cadres que le public refusait de payer. ... il s'ensuit un complexe de culpabilité de la plupart des organisations... ". En résumé, les prix sont normaux, ceux qui disent le contraire sont des ennemis de l'humanité, cette humanité dont l'avenir ne dépend que de nous, scientologues.

Page 551, " un affairiste: personne souvent de nature douteuse, très habile et retorse en affaires, faisant généralement pas mal de fois la culbute en peu de temps, mais à son avantage. " De qui est-il question ?

Ceux qui auront la patience peuvent tenter de comprendre la liste des points particulièrement forts de ce même dictionnaire scientologue.

Une soigneuse révision des circuits internes d'imbrication des différentes sociétés et organisations sciento à démontré qu'au delà de 5000 $ unitaire, c'est Hubbard qui prenait toute décision dans le monde : c'est ça, un propriétaire.

PIETE TARIFEE AU PRIX FORT" Les plus jolis mots d'anglais sont 'chèque inclus' "(Dorothy Parker)

Nous ne quittons pas du tout la démonstration du caractère commercial et antireligieux, oui, je dis bien anti-religieux de l'affaire en abordant celui des chiffres et des finances.

Que faut-il pour parvenir au dernier échelon actuel du " pont " de Hubbard? N'essayez surtout pas de demander un devis dans une organisation quelconque : ils ignorent vraiment combien ça coûte.

Lorsque nous avons abordé la nébuleuse affaire en 1974, devenir clair coûtait environ 60 000 F (actualisés 96).Cela, pour quelqu'un qui avait la chance relative de tomber sur des auditeurs corrects dans une ORG " convenable " - il y en avait fort peu à l'époque. Pour quelqu'un d'autre, la chanson pouvait monter de plusieurs octaves, par exemple, 900 heures à 66 F plus quelques autres procédés et cours, soit plus de 120  000 F. Après quoi, il fallait encore environ 60 000 F (au cours 1996) pour devenir un " OT VII ", le plus haut niveau disponible alors, plus les frais d'hôtellerie - scientologue en général.

J'ai volontairement évité les détails précis des sommes à débourser, car le total est constitué de centaines de " produits " vendus par la secte, et peut varier considérablement ; connaissant cependant bien les méthodes et les moyennes utilisées, j'ai pu extrapoler à partir de tarifs 1991 - ils évitent d'en éditer depuis quelques temps - un total vraisemblable moyen.

Somme de la plaisanterie en 1975, converti en francs d'aujourd'hui : 200 000 F. Et ce n'était pas cher ! Une honnête moyenne, non, pour un aussi remarquable produit (produit : un nouveau terme religieux partout utilisé en scientologie, surtout dans le domaine des gros sous.)

Nous sommes désormais très, très, très loin au-delà . Des tarifs comme 34000 F les 12h30 sont appliqués au Danemark, soit , en étant bon prince: et en incluant les nombreux mois d'hôtellerie à Flag, environ 2 millions de F pour l'ensemble, remises par quantités incluses dans mon calcul, (rassurez-vous, on vous fait des remises, mais il faut tout payer d'avance).

Il arrive aussi, comme pour l'affaire

Remboursements promis devenant impossibles à obtenir

Ils s'arrangeront de plus pour essayer de vous faire signer une décharge quant aux droits de remboursements futurs, en vous la faisant éventuellement notarier ( à vos frais), sous des prétextes tels que 'a pris du haschisch une fois à seize ans', ou 'a eu des pensées de suicide', ou bien 'est passé prendre une consultation psychiatrique' - c'est péché mortel, dans la secte! - ou toute autre raison qu'ils pourront vous convaincre d'avaler pour empêcher une demande future de remboursement, lorsque vous aurez compris, mais un peu tard, sur quel genre de bateau on vous embarque.

Si par hasard il advient qu'après deux ou cinq ans de privations, vous ayez par exemple dépensé 1 000 000 F en sciento, et qu'enfin, les yeux ouverts, vous désiriez obtenir le remboursement, ils vous sortent un règlement de dessous les fagots, montrant que d'une part vous avez signé une acceptation de ne jamais attaquer la secte, même pour obtenir un remboursement suite à insatisfaction ; ils vous montrent aussi une autre règle que vous étiez supposé connaître, disant qu'aucune demande de remboursement n'est acceptée plus de trois mois après la fin d'un service sciento, si bien qu'ils ne vous rembourseraient que le dernier service reçu - et encore, à 87,5 % seulement, et après avoir passé des journées à attendre qu'on vous " manie " dans une org ! Pour résumer, la seule solution pour obtenir réellement les sommes réclamées, c'est la justice, avocat, plainte auprès des tribunaux, ou la télévision. Ils n'aiment pas ces publicités-là.

Même au tarif de 66 F à 80 F. de l'heure, nous n'avons, dans notre 'église' scientologique, jamais refusé de rembourser intégralement ce qui nous était réclamé à la suite d'une insatisfaction des adeptes; ça ne représentait d'ailleurs que moins d'un pour cent des sommes encaissées à l'org de Lyon, nettement meilleure et plus humaine que la moyenne des autres.

Larry Wollersheim, un des meilleurs marchands de Scientologie de la planète vers 1980 a du faire des procès interminables pour être dédommagé, au sens propre du terme, puisque la secte avait réussi en supplément de ne pas l'avoir remboursé, à couler son entreprise en répandant des bruits infamants sur son compte, et en empêchant ses débiteurs, (pour la plupart des scientologues), de payer les dettes qu'ils avaient envers lui: il a d'abord eu 180 millions de dommages et intérêts, puis, en appel, 15 millions (1,5 milliard de centimes) pour les dégâts de la SD à son encontre. En 199-, il attend toujours qu'on le paye, car le criminel qui la dirige a tout combiné pour échapper même aux saisies des huissiers, en déménageant le siège social au sein d'un minuscule cabinet d'avocats vendus à l'affaire depuis toujours (Moxon et cie).

Il n'est pas le seul.

Quant à nous, qui n'avons versé qu'environ 100 000F dont nous voulons le remboursement, au titre d'escroquerie pure et simple, cet argent ne représentant qu'une part de ce que nous avons payé, mais 100 % des sommes payées à Saint Hill (Angleterre) et à Copenhague, nous n'avons reçu que deux réponses sibyllines sans le moindre centime, bien qu'ayant réclamé depuis douze ans, à un grand nombre de reprises. N'ayant pas voulu leur faire de procès ni passer par aucune des étapes qu'ils voudraient nous imposer pour cette 'petite' somme, je leur réclame le coût actualisé à leur nouveau tarif de tous les services assimilables à escroquerie, soit environ 650 000F. Sans parler des frais de voyage, d'hôtel, de restauration, de pertes de salaires, qui finiraient par atteindre 150 000F de nos jours, à leur vitesse de croisière, le praetium doloris (prix de la douleur) soit un million de francs. C'est secondaire, malgré la somme. Sachant qu'ils ont tout fait pour ne pas nous rembourser et qu'ils y ont mis un maximum de mauvaise foi, sachant aussi que je les ai avertis abondamment que j'écrirai un ouvrage sur l'affaire sciento s'ils ne payaient pas,- il y avait fort longtemps que je servais les buts anti-sectes - mais sachant aussi d'avance qu'ils ne paieraient pas tant que la justice ne s'occupait pas de leurs affaires, et puisqu'ils ne croyaient pas que j'écrirai bel et bien cet ouvrage, j'ai en quelque sorte poussé la secte à me laisser écrire ! Ils ont eu vingt ou trente courriers pour y réfléchir... Je préfère, quant à moi, dire ce que je pense d'eux pour aider quelques personnes à n'y jamais aller, et la justice à les confondre, que les quelques sommes qu'ils me doivent néanmoins.

L'inflation façon sciento : 121 % par an, ou 230 % ?

Selon Hubbard, il fallait rattraper en 1977 les années où la SD n'avait pas augmenté assez ses tarifs ? Le taux d'inflation jugé par le chef était de 10 % par mois, d'un mois sur l'autre, soit: 230 pour cent par an, 12 fois plus cher en trois ans. Pas étonnant qu'on parvienne aux 4512F de l'heure, voire mieux (Dans la Procédure d'introspection dont nous entendrons reparler, on atteint HUIT MILLE F de l'heure). Il est là aussi courant de constater qu'au Vatican ou à Jérusalem, ou à la Mecque, le taux d'inflation est de 230% par an, c'est un taux religieusement conservé depuis des milliers d'années, tout le monde le sait. Pourquoi la 'religion' scientologue ne ferait-elle pas de même ? Si le Vatican copiait la méthode, les messes vaudraient plus de 5 milliards de francs, à 230% par an sur 2000 ans.

Et tout cela, pour de simples confessions ? Je me demande combien aurait dû demander le curé d'Ars, qu'Hubbard a eu le culot de comparer à lui plus ou moins habilement dans une de ses conférences.

Pas le même tarif. Pas la même idée de la 'religion' non plus à coup sûr. Je ne prends pas ici parti pour le catholicisme ou le christianisme: mes opinions seraient vaguement voltairiennes en la matière. Mais quand-même!

Ceci, pour des moyennes de peut-être 1200F/mois (taux1995 dans bonne organisation), pour environ 300 heures de boulot, voire 400: c'est arrivé plus souvent qu'on ne pense. Cela, 363 jours par an (dans une org comme Lyon), 365,25 jours par an dans les 'orgs standard', celles qui suivent la bonne tech de Ron: il faut travailler vite, vite, vite pour sauver la planète (traduire : pour faire du fric).

La paie du staff : parfois des graines, mais pas de tampax, ou rien

J'ai vu des filles de 22 ans travaillant ainsi à Copenhague dans le service des publications de Monsieur Hubbard, ne pas recevoir assez d'argent de poche pour se payer leurs tampax chaque mois - elles étaient nourries, logées, enfin, je veux dire mal nourries, mal logées, mais la paie... A Lyon, ça payait mieux, mais surtout, on logeait les membres du personnel pour deux fois rien, (mais pas très bien...) ; ils trouvaient des commodités gratuites, et travaillaient moins et dans une ambiance plus sympa. Mais ça n'était franchement pas encore la joie , ni pour eux, ni pour nous. Et ça, c'est l'application des règlements sur les salaires scientologues. Exemple: si le salarié se voit assigner une 'condition de trahison', selon des normes qui se produisent souvent, on ne le paie pas tant qu'il n'a pas 'remonté' cette soi-disant trahison; or, il n'a pas trahi en réalité; il n'a fait que quelque bévue gênante, ou a été trop lent ou paresseux deux semaines d'affilée.

Il m'est arrivé, une seule fois, d'appliquer ça à la lettre contre un ami membre du personnel, j'en étais malade, de le voir arriver quand-même au boulot tous les matins dans sa guimbarde dont il assumait quand-même les frais, avec une absence de salaire qui pouvait s'éterniser aussi longtemps qu'on laissait faire. Il était là, les joues creuses, mais ne protestant même pas, jusqu'à ce que je décide de l'en sortir sans raison scientologique, tant ce gars faisait ce qu'il pouvait, mais sans voir ce qui ne collait pas... il aurait du filer, ou casser la vaisselle, mais non; il restait là, se laissant masochistement appliquer une 'technique d'éthique scientologique' à laquelle il croyait, qui ne lui semblait même pas injuste. C'est l'horreur du système religieux des intégristes: croire vous amène à tout. A n'importe quoi. J'insiste: on en devient con.

Vous leur mettez une croix scientologue, un tchador, ou une cornette, puis vous les emprisonnez à vie, taillables et corvéables à merci; ajoutez-leur des armes pour qu'ils aillent en plus se faire tuer afin d'assouvir vos instincts de pouvoir, ils feront taliban, plus tard.

Il avait bien compris comment on régénère d'anciennes folies, le chef.

Et puis vous 'leur donnez des graines'. 

Comment la secte a-t'elle réussi le tour de magie de devenir aux yeux de la loi américaine, et par suite, d'autres pays, une 'religion' ? Voici certaines méthodes qu'elle a utilisées:

Méthodes et apparences " légales " pour faire religion

On prend un point faible quelque part; exemple, M. Richard Joseph Engle, en 1969; il est " ministre " de " l'Eglise " de Scientologie. Il ne veut pas faire son service militaire: vous en appelez à une petite cour de Justice officielle, par exemple le district sud de l'état d'Indiana, et vous vous arrangez pour que les pièces aient l'air convainquantes; vous défendez convenablement la cause: au paragraphe 4 des attendus du jugement, vous obtenez " Il semblerait que le système de sélection militaire devrait reconnaître l'église de scientologie comme une organisation religieuse, même s'il ne le fait pas encore actuellement. " Peut-être ce juge était-il sous la coupe scientologique ou aveuglé par quelque fausse pièce, ou par l'air très comme-il-faut du jeune homme et des pièces présentées.

Le tour est joué: une cour de justice fera une sorte de jurisprudence; la constitution appliquera l'amendement religieux aux Etats-Unis, et d'autres pays suivront.

Vous pouvez faire davantage: vous prenez un procès perdu par la secte, durant lequel Hubbard et trois hauts dirigeants français sont condamnés (Hubbard a pris 4 ans ferme en 79); vous transformez juste un peu un passage des attendus du jugement disant " même en considérant la Scientologie comme religion... " en un message triomphal " LA SCIENTO RECONNUE COMME RELIGION PAR LA JUSTICE FRANCAISE... et vous ajoutez à cela : même l'église catholique n'a jamais été reconnue comme religion par un tribunal en France! ' C'est une première, ça fera jurisprudence, nous sommes la seule religion reconnue par la justice française. " J'imagine que le tribunal ne s'attendait pas à une pareille conclusion de la part des sectaires dont il venait de condamner le grand patron, en fuite et jamais représenté bien sûr. Ni à pareille concision dans le résumé des 86 pages d'attendus du jugement. Et nous qui étions prêts à l'abriter dans nos saints murs et à défendre chèrement sa précieuse liberté!

On peut aussi se servir de prêtres ou pasteurs des grandes croyances pour avaliser le système: Louis Michel BROLLES, que j'ai contacté personnellement à plusieurs reprises, servait ainsi les buts de la secte à Lyon, en vendant les " produits " qu'elle " délivre ". Il vient de lui en coûter seize mois de prison avec sursis et 20 000F d'amende. J'imagine qu'il aurait mieux fait de défroquer de la secte avant, et de renseigner la justice immanente...

Ou encore, passer des accords secrets avec le fisc américain : quelqu'un s'occupe en ce moment de les dévoiler aux Etats-Unis.


EMPRUNTONS LE "PONT" - OBSERVONS

" Il existe trois chemins menant à la ruine: les femmes, le jeu et les techniciens. Le plus agréable, ce sont les femmes, le plus rapide, le jeu, le plus sûr, les techniciens. " (Georges Pompidou, 1968)

Ce n'est pas facile, de rendre le sujet digeste; il ne l'est pas, et je ne crois pas y réussir!

Tout nouvel adepte va se trouver devant cet grand tableau divisé en deux parties , droite et gauche, séparées par une sorte de grande flèche qui grimpe. A droite, c'est ce que l'on reçoit, ce sont les procédés de sciento et de dianétique - vous observerez que des niveaux de Dianétique se trouvent un peu partout parmi ceux de Sciento. A gauche de la grande flèche, ce sont les cours essentiels donnant des aptitudes à délivrer ou donner les procédés notés à droite. Au milieu, ce sont des 'états de conscience' supposés : tout ce qui est bon commence avec la sciento: tout individu n'en ayant pas fait est en-dessous de tout.

Première observation; que vous donniez ou receviez ces " services ", c'est payant.

A ce tableau de base s'ajouteraient une flopée inimaginable d'autres services qui ne font pas partie de cette première ossature, mais qui risquent fort d'être imposés pour une raison quelconque, au cours des évolutions de chacun, ou qu'on arrivera à vous vendre à l'occasion d'une réunion spéciale, un " événement ", disent-ils, monsieur le commissaire.

Quand vous ferez vos cours, on vous enverra en repêchage, à 140 $/heure; ou, si vous n'êtes pas " manié " par le repêchage, vous irez en éthique, la section moralisante et souvent punitive, qui n'est pas gratuite: 200 dollars/h, la moralité et vos progrès sont à ce prix.

J'ai personnellement dû passer quelques 60 heures en repêchage, peut-être autant en éthique, cela ferait 20 000 $ de nos jours, et ça peut être bien pire. A l'époque, ces sections étaient gratuites, mais ça n'a pas duré. Il n'y a qu'avant d'être entré que c'est gratuit, la Sciento-Dianéfrique. (A propos de ce enième calembour, j'allais oublier de vous dire qu'Hubbard n'appréciait pas du tout l'humour: il a écrit un bulletin dans lequel les " plaisantins et détracteurs " sont catalogués " suppressifs " : quand on plaisante dans la secte, on est suppressif, au moins depuis les années 80, car avant, Hubbard plaisantait ; est-ce quand il était vraiment suppressif ?)

Si, au lieu de rester simple adepte, quelqu'un se trouve peu argenté, dès que ses premières et secondes économies sont dépensées, il ne lui reste rien des quelques milliers de Francs qu'il avait devant lui, qu'il se rassure, tout n'est pas perdu! On aura tôt fait de lui proposer deux choses:

Public payant = staff plus ou moins gratuit; les commissions d'affaires

Premièrement, devenir un FSM, un " staff externe à l'organisation ". De toute manière, toute nouvelle recrue payante devient forcément FSM, on tente de la transformer en rabatteur/racoleur/vendeur/VRP de la secte, pour bien montrer qu'il ne suffit pas de payer en dollars, mais qu'il faut payer de sa personne pour " mériter d'avoir la sciento ".

Quand vous devenez FSM, on vous demande de payer ce cours qui vous enseigne comment vendre de la sciento, comment montrer aux gens qu'ils sont ruinés au sens figuré (et ne tarderont pas à l'être au sens propre).

Vous obtenez éventuellement des récompenses: dans certains pays, on vous les paie en argent, dans d'autres, on vous crédite des services normalement payants sur votre " compte " scientologue. C'est à dire que si vous amenez quelqu'un qui prend 100 000F de services, vous touchez en général 10 % de 'commission FSM', de commission commerciale. C'est un procédé classique de toute affaire strictement de négoce: le rabatteur d'affaires touche 5 à 10 % du montant HT de l'affaire. En sciento, c'est 10 à 15%.

Il faudrait que je demande au curé de la paroisse s'il reverse 10 % de la quête des mariages ou des enterrements à la famille concernée sur ce que versent ceux qui assistent à la cérémonie?

Fiscalement parlant, au moins pour la France, ces sommes doivent être déclarées et ne l'étaient pas. Détournement classique des lois et codes. Celui qui touche ces 10%, en argent ou en services, devrait déclarer ces sommes ou ces services dans ses revenus, sinon c'est du troc interdit par la loi : il est imposable, pourtant le fisc ne s'en est jamais mêlé, bien que la déclaration de commissions commerciales soit obligatoire. Il n'existe aucune espèce de différence entre la vente de scientologie par l'effet boule de neige et la vente d'Amway ou d' Herbalife. Mêmes pénalités en cas de non-déclaration du revenu versé, que ce soit en services ou en argent. Ces systèmes (Amway, Herbalife) sont souvent 'représentés' par des scientologues en mal d'argent - c'est qu'il en faut, pour le péage de ce Pont-là.

Deuxièmement, devenir staff dans l'organisation de SD. Les staffs signent donc un contrat d'emploi à durée minimale de 2 ans et demi, maximale d' un milliard d'années. On leur explique qu'après quelques semaines d'activité, ils n'auront plus le moindre doute et sauront qu'ils sont des êtres spirituels " à durée indéterminée ".

Toujours plus fort : Public payant = staff gratuit = staff payant (déserteurs ?)

Ces contrats n'ont pas la moindre valeur légale, bien entendu, mais ils permettent à la secte, quand un staff rompt les amarres avant d'avoir achevé son contrat de 2½, 5 ans ou d'un milliard d'années, ou si on le fiche dehors pour prétendue incompétence, de lui réclamer le paiement de toutes les sommes que la sciento lui aura débité au cours de son travail. A chaque fois qu'un staff s'inscrit sur un cours interne (qui correspondrait ailleurs qu'en scn à un cours de formation continue pris en charge par l'employeur), il signe une facture sans débit immédiat.

J'ai vu passer les dettes de certains, par exemple des gens de Flag USA, qui étaient partis ou mis dehors: après avoir passé dix ou quinze ans à bosser comme des esclaves pour une moyenne de 25 $/semaine, ils devaient ensuite des sommes énormes à la secte: par exemple, cent cinquante mille dollars. Pendant toutes ces années, on les avait pressurés à fond, ils n'avaient droit à aucune retraite, mais ils devaient dix ou vingt fois plus que ce qu'ils avaient gagné durant leurs années d'esclavage.

Preuve : page 225, dictionnaire d'administration: "  Freeloader income, c'est à dire: chiffre d'affaires payé par les déserteurs ", qui explique qu'on collecte les sommes dues par des déserteurs de la secte: celles-ci sont calculées d'après les 'factures sans paiement immédiat' que tout membre du personnel signe au fur et à mesure que la secte lui délivre le service. (Référence: volume administratif n° 2, page 241, factures sans débit immédiat).

Et vous n'avez droit à aucun congé réellement payé; au contraire, il y a pas mal de moyens de vous supprimer vos jours de sortie, vos quelques journées par an de congé non payé, bref, les rares moments où vous pourriez vous reposer.

Donc, travaillez bien, ça vous coûte cher; plus longtemps vous travaillez, plus lourde sera la note à la sortie, car vous sortirez un jour, à moins de devenir un des grands patrons-esclavagistes, tout en haut de la pyramide, ou si vous arriviez à vous coucher dans le lit qui convient, car cela existe forcément.

On comprend un peu que le ministère des armées contraigne des gens recevant une formation excessivement coûteuse, comme les pilotes, aient une somme assez symbolique (de l'ordre de 30000 F) à payer s'ils cassent le contrat, mais en sciento, la somme n'est pas du tout symbolique. Heureusement, seuls les déserteurs qui n'ont pas encore compris la leçon paient tout ou partie de leur dette, sinon la secte aurait dix milliards de dollars au lieu d'un seul.

Ca finirait par faire des scientodollars, comme il y a des narcodollars et des pétrodollars. Et ça leur servirait sûrement à l'action politique...

Le gars ou la fille s'engage donc dans une des voies décrites comme menant à l'éternité, au pouvoir sur toutes les dynamiques .

Premiers pas : premières promesses non tenues ou impossibles

Dans le premier cours, la communication, les TRs, vous aurez vraisemblablement mieux appris à communiquer et vous aurez probablement gagné de la confiance en vous, si ça a marché : estimation moyenne : une fois sur deux , quand le superviseur est bon, quand l'organisation est bien.

Il vous restera à faire, refaire, re-re-faire, des dizaines, des centaines ou des milliers de fois ces quelques exercices pour qu'ils gardent une quelconque efficacité, sinon ils deviennent rapidement irréels. On vous ouvre là une bonne porte, reste à transformer l'essai: au piano, on ne joue pas Liszt juste après la sonate à Elise.

Pour allonger cette métaphore, ce cours de communication comporte une extension Lisztienne, le cours de TRs " professionnels ". Là encore, faut-il voir plus loin: à la fin de ce cours, vous attesterez, vous témoignerez à la façon scientologue, avoir atteint les aptitudes suivantes: " Une personne ayant la présence sociale et la présence de séance d'un auditeur professionnel, cette présence pouvant être résumée en: 'un être capable de manier n'importe qui au moyen de la seule communication et dont la communication pourra parfaitement endurer n'importe quelle séance d'audition ou n'importe quelle situation sociale, quelles qu'en soient les difficultés. " Vous avez bien lu. Si vous extrapolez cette aptitude, cela signifie que vous pouvez tout à tout, dans n'importe quelle condition, rien qu'avec votre entraînement, qui est loin d'être au sommet de l'échelle! Il ne vaut d'ailleurs que 2000 dollars environ.

Rien qu'avec ça, vous savez déjà tout faire, vous pouvez endurer toute situation sociale et 'manier' - un terme très apprécié des scientos, qui veut bel et bien dire manier, manipuler -. Evidemment, je n'ai jamais rencontré qui que ce soit en sciento ayant véritablement atteint ces aptitudes.

Tout au plus y croit-on en surface, quand on en a bien bavé à la fin de ce cours, qui demande pas mal de temps et qui n'est pas évident.

Et au moment où on y croit et où on parvient à faire croire au superviseur du cours qu'on y est, on atteste cette fameuse capacité. Truquage pur et simple.

On n'écoute pas les critiques anti-sciento

Mon frère, à qui j'ai donné ses premiers cours il y a 20 ans, préfère obéir aux règles ineptes de la secte où il baigne encore, et ne jamais me parler, ni même lire mes lettres, plutôt que d'endurer de communiquer avec moi, alors qu'il a dû faire ce cours depuis 17 ou 18 ans! Il ne peut même pas me parler. Il ne pourrait supporter la vérité des faits. Il est pourtant supposé pouvoir endurer cette situation, il l'a signé, attesté. Il m'a quand-même salué pour la première fois depuis dix ans, à l'occasion d'une visite chez mes parents, alors que sa femme, technicienne avertie de la secte, s'est cachée avec son gamin quand j'arrivais... j'ai la peste anti-sciento, et ça, Hubbard avait sûrement compris que c'est très contagieux.

Quant aux autres adeptes ou staffs, ils n'ont même pas le droit de lire des livres contre la secte, des fois que... ils n'écoutent pas les " ragots ", et se retranchent derrière des règles diverses, des codes. Exemple: "  code de l'honneur: ne donnez ou recevez de communication que si vous le désirez. " C'est pratique de trouver des moyens hubbardiens d'échapper à ce qui vous ennuie le plus, alors que vos nouvelles 'aptitudes' devaient vous permettre de faire le contraire et de manier ces situations embarrassantes pour vous. En vérité, Hubbard et ses séides savent très bien que la lecture des ouvrages anti-scientologues peut souvent convaincre les adeptes de filer à l'anglaise. C'est de ça qu'il avait peur, lorsqu'il édictait des règlements s'opposant à toute critique, à toute discussion.

Aptitudes imaginaires

Dans le niveau zéro d'audition, quantité de scientologues ont attesté " pouvoir communiquer librement avec n'importe qui sur n'importe quel sujet; pouvoir laisser d'autres communiquer avec eux, et laisser d'autres communiquer librement entre eux ". Il n'y en a pas un qui soit capable au niveau zéro, de communiquer librement avec qui que ce soit sans plaquer rapidement toute communication hostile à la sciento, ou sans se mettre en colère (ou en faisant semblant de se mettre en colère pour vous la faire fermer, votre grande gueule de " suppressif-ennemi-de-l'-humanité ").

C'est ça qu'ils appellent endurer ou accepter les communications librement? Il y a sûrement quelque chose qui m'échappe, à moins que ce ne soit à eux que ça ait échappé.

Autre aptitude attestée: niveau 1: Aptitude à reconnaître la source des problèmes et à les faire disparaître.

Vous n'en verrez jamais un qui n'ait au moins un problème d'argent. S'il s'agit d'une personne mariée ou vivant avec quelqu'un qui ne fait pas de sciento, vous verrez que le scientologue a des problèmes qu'il ne sait comment faire disparaître, si ce n'est en divorçant, ou en battant froid sa famille, ou en abandonnant femme et enfants.

Si c'est un staff, il a des problèmes continuels avec les autres, avec ses chefs, avec le fait qu'il ne reçoit presque jamais d'audition; il a des ennuis d'argent en permanence et se trouve parfois forcé de le voler à l'organisation où il travaille. Il y a d'autres problèmes plus graves encore.

Aptitude du niveau 3 : libéré des hostilités et souffrances de l'existence. Allez voir une organisation, et vous verrez des clairs (bien au-delà du niveau 3) qui pleurent, des Ots qui se lamentent de maladies, ou autres misères.. passons.

Le bouquet se trouve au niveau dont on vous rabâche les oreilles depuis le début : l'état de " CLEAR ", ou 'clair' en français. Le gars qui n'a plus d'engrammes, vous savez, ces instants de douleur et d'inconscience du passé enregistrés seconde après seconde, même lors de la mort ou du coma. Ce clair est décrit avec une abondance de mots extraordinaire, dans toutes sortes d'ouvrages.

Quelques unes des définitions Hubbard : " une personne apte à être cause - [par conséquent, à créer des effets] - à volonté et consciemment sur la matière, l'énergie, l'espace et le temps en ce qui concerne sa propre survie ".

" Une personne sans aberrations. Elle est rationnelle, puisqu'elle peut former les meilleures solutions possibles à partir des données dont elle dispose, et de son propre point de vue. Elle parvient à un plaisir maximal pour l'organisme, dans le présent et dans l'avenir, ainsi que sur les sujets concernant les autres dynamiques (couple, famille, groupes dont elle fait partie, humanité) etc. "

Ailleurs, le clair est doté d'attributs exceptionnels "  Quotient intellectuel supérieur à 135 ". Ou encore, il devient une bête étrange, aux yeux de la scientologie elle-même "  le cannibale rendu clair " dont Hubbard dit : "  Un cannibale rendu clair est un cannibale rendu clair " - je suppose qu'il sait de qui il parle. Et puis les sous-groupes: " le clair théta clair, capable de créer son propre univers... de manier des objets matériels sans se servir d'un corps... n'a pas besoin de corps... " etc.

On trouve aussi des définitions incompréhensibles avant d'avoir fait les niveaux OT, car elles impliquent, scientologiquement parlant, qu'on connaisse l'existence à l'intérieur de nous, d'autres mentaux que le nôtre: compliqué, non? Admettons que vous ayez une partie du mental avec ces fameux moments de douleur et inconscience nommés engrammes. Mettons que la sciento vous aide à les faire sauter, à les effacer. Vous n'auriez plus de mental dit 'mental réactif'... mais sur la suite des niveaux, vous apprenez qu'il y a toujours des tas de genres de mentaux réactifs, qui ne sont d'ailleurs même pas vraiment des 'mentaux', mais bel et bien des êtres vivants leur propre vie en notre for intérieur et continuant d'agir sur nous. Le développement de ce volet se trouve dans le chapitre consacré aux niveaux supérieurs.

On trouve aussi les " clairs d'un seul coup ", c'est à dire des gens à qui on dit simplement " Soyez un mètre derrière votre tête. " Ce qui suffirait à faire des 'clairs', dotés toutefois de fort peu d'aptitudes, comme le dit Hubbard dans le même chapitre de " Dianétique 55 ".

On peut aussi voir le clair " R2-45 ", c'est à dire une personne qui quitte le corps après avoir reçu la balle crachée par un calibre 45. Hubbard a d'ailleurs conseillé ce traîtement envers des " traîtres " à la secte.

Ajoutant ailleurs que de toutes manières, les auditeurs sont supérieurs aux clairs, votre compréhension de la nature profonde de l'état mythique de clair risque de vous faire suffoquer parmi les solutions ouvertes, ne se ressemblant pas entre elles, tantôt très techniques, tantôt ésotériques.

IL N'A JAMAIS EXISTE DE CLAIRS TELS QU'HUBBARD LES DECRIT. CES ETATS SONT IMPOSSIBLES ET LA SIMPLE OBSERVATION SUFFIT COMME PREUVE.

L'état de clair est une belle description à facettes multiples d'un être débarrassé de diverses tares innées (vies antérieures) ou acquises (exactions et engrammes de la vie présente). Mais il n'en existe pas, ou, s'il en existe, ils ne durent que l'espace d'un instant. Leurs réactions à l'électromètre ne varient pas d'un pouce entre avant et après avoir été " mis au clair ". Il existe certainement des 'clairs l'espace d'un instant', ou des clairs quelques instants, ou des gens très en forme après des auditions, qui peuvent à ce moment garantir qu'ils ont atteint cet état 'merveilleux' ; état qui ne dure ni ne tient, comme vous le constaterez si vous discutez avec eux. Clairs, eux ? Il suffit de les écouter, bien souvent, pour voir la contre-pub, l'anti-vérité, la preuve par " c'est avec du neuf qu'on fait du fric. "

Russell Miller cite le cas de Sonya Bianca, le premier clair au monde, qui ne put ni se rappeler ce qu'elle avait mangé quelques années avant - c'est difficile - ni ce qui était écrit page 122 de la Dianétique, qu'elle connaissait fort bien. C'était la première démonstration du bluff sur les clairs et leur mémoire parfaite - et il s'agissait pourtant d'une physicienne, pianiste de surcroît. J'ai vu des clairs d'un Q.I. bien inférieur à la moyenne, ayant si peu de jugeote qu'il y avait de quoi craindre le pire à leur confier la moindre tâche; des clairs menteurs, voleurs, etc. Hubbard a d'ailleurs mis au point une justice scientologue qui ne leur reconnaît aucune espèce d'avantages. Il suffit que la secte décide brutalement de les 'déclarer suppressifs' pour que les clairs perdent leur état de clair immédiatement (leurs certificats sciento sont annulés). Les OTs n'ont pas plus de réalité.

Quelques personnes encore mariées à la secte, voire 'maquées' à cette 'église' pourront dire le contraire, faites-le leur démontrer dans les faits!

Le sciento vole-t'il dans l'espace?

Revenons aux aptitudes fantastiques de transport dans l'espace, qu'on est censé rencontrer, ou au poids de la personne qui varierait sur la balance lorsqu'elle " pense " d'une certaine façon. Autant dire que c'est aussi ridicule que le " vol " des disciples de la méditation transcendantale - auriez-vous déjà vu ça ? Ils sont accroupis sur leurs genoux croisés, sur des matelas de sport, et s'élancent musculairement à 10 ou 20 cm du sol. Il s'agit bel et bien d'un mouvement physiquement provoqué. Que penser alors des aptitudes de haut vol de Sergueï Boubka, le champion du monde de saut à la perche, qui saute à plus de 6 mètres ? Les scientologues ne se donneront même pas cette peine, il n'est pas sûr qu'ils mangent assez bien pour faire le saut de 10 ou 20 cm des méditants de la secte de la Nouvelle Acropole, (secte presque aussi mal renommée que la sciento.) Si vous leur demandez de prouver ces talents, ils vous répondent que la scn, c'est sérieux, qu'ils ne sont pas des phénomènes de foire.

Mais je n'ai pas honte de dire que j'ai essayé, tout au début, de me faire peser plus ou moins lourd sur une balance, par la 'puissance de ma pensée'. Pas moyen. Après çà, je n'ai pas réessayé, non pas que ça ne me tentât pas de temps à autre, mais je trouvais mieux à faire, même si c'était moins spectaculaire. Par exemple, j'espérais bien arrêter de fumer du tabac grâce aux diverses étapes de la procédure sur les drogues de Dianétique, ou par les voies des niveaux supérieurs.

Sachez qu'aucun sciento n'a relevé le défi assorti d'une récompense de 750000 dollars, lancé par une association canadienne de libres-penseurs critiques... qui auraient aimé qu'on leur fasse la démonstration de tels pouvoirs ; pourtant, 750 000 dollars canadiens, ça fait de quoi payer pas mal de scientologie.

Les bonnes raisons des promesses jamais tenues

Ce fut peine perdue pour moi, cet espoir d'arrèter la cigarette; Hubbard fumait d'ailleurs comme un sapeur et ne s'en est jamais débarrassé. J'espérais aussi ne plus me ronger les ongles - avouez que ce n'est pas idéal pour un cadre ! - peine perdue. Ce n'est pas tant que je cherchais absolument ces résultats particuliers, mais puisqu'il semblait certain qu'ils étaient à la portée de la méthode, je ne voyais pas pourquoi je ne les obtiendrais pas. Zéro résultat sur ces deux points. Savez-vous quelle a été la réponse cachée dans un texte d'Hubbard? " Un critère caché, c'est à dire quelque chose que la personne ne dit pas, mais qui lui sert à juger ses progrès d'audition. " et plus loin: " Les suppressifs ont des critères cachés "! L'anomalie ici, c'est que je ne cachais pas du tout mon désir de ne plus fumer, et que j'en ai parlé du début des auditions jusqu'à OT VII. Ca ne m'a pas empêché de me croire suppressif, puisque ce critère de progrès que j'attendais ne se produisait jamais.

Une de nos vieilles dames patientes, à 71 ans, ne pouvait plus marcher convenablement, et encore moins se pencher vers l'avant. Très invalide. Elle s'est remise à cueillir des framboises en quelques semaines. Miracle non, certes pas plus miraculeux qu'à Lourdes en tous cas. Probablement l'esprit humain suffit-il pour dominer la matière. Mais dans quelles circonstances exactes ? Ce n'est en tous cas pas celles d'Hubbard. Obtenir des résultats sur l'homme est à la portée de tous les placebos connus, dans 50 % des cas; la sciento n'obtient certainement pas 50% de bons résultats, et en obtient beaucoup plus de 50% de mauvais, si on y reste un peu longtemps (ce qui ne signifie pas qu'il ne reste rien de positif: on y apprend à se méfier des pièges philosophiques , " religieux ", ou autres pièges humains; c'est positif!).

Déçu

Il faut y croire, je sais à quel point j'y ai adhéré. Et à quel point je suis déçu des buts réels de l'affaire, de sa stabilité dans le temps, de la permanence des résultats. Ce n'est pas par hasard qu'Hubbard a mis au point un règlement interdisant les remboursements de services au-delà de trois mois après ces services...

D'autres qui n'ont pas réfléchi de la même manière ni avec la même hargne peuvent penser le contraire: et alors? Sur un même sujet, des quantités d'avis diffèrent. Je me borne à constater que si quelques-uns disent que certains des progrès effectués n'ont pas disparu, la très grande majorité a quand-même abandonné le système et n'a plus du tout confiance en Hubbard, et moins encore en ses sbires post-mortem.

Exception faite pour un illusionniste scientologue, ne comptez sur personne pour vous démontrer aucune des aptitudes de clair, même s'il s'agit de gens qui en sont à OT VIII. Il n'existe personne; pas même un clair qui n'ait pas été malade ou au moins bien enrhumé dans l'année qui suive son attestation de 'mise au clair', ou qui ait eu quelques difficultés bien ordinaires. Des gens comme Yvonne Jentsch, l'épouse décédée du Président de la Church of Scientology, International, ainsi qu'une autre de nos connaissances, sont morts d'un cancer après ou durant OT III. Le Président actuel pour la secte en France en connaît très bien au moins un cas.

Plus grave encore : la scientologie incapacitante

D'autres Ots III perdent des aptitudes, ou deviennent obèses pendant le niveau, ou maigrissent énormément; j'ai connu un médecin viennois que NED pour Ots a paralysé (hémiplégie). Si ce n'est pas le procédé qui l'a paralysé, il est sorti paralysé des séances. J'ignore s'il s'est rétabli.

Chaque scientologue constate ces choses quand il est là depuis longtemps. Le mécanisme qui occulte chez chacun l'aptitude à observer exactement ce qui se voit si bien n'est pas aisé à comprendre. Vous êtes là, vous n'êtes pas devenu clair ni OT, vous en connaissez qui le deviennent ou le sont depuis fort longtemps, et vous vous contentez d'ignorer froidement que ce n'est pas du tout ça, l'idée que vous aviez d'un clair. Parfois, quelqu'un demandait 'Est-ce que c'est bien normal, de faire ceci ou cela en étant clair, de piquer des colères en étant OT VII, d'avoir des accidents de voiture, de se brûler avec les casseroles, d'être au chômage, etc.?' Les réponses officielles ne variaient guère :

" Tu sais, quand on est OT, tout n'est pas encore fini...  d'ailleurs, Ron l'a dit, est-ce que tu as lu le texte sur...ceci ... ou cela...? "

Face à cette réaction, aucun scientologue ne tient: si Ron l'a dit, vous comprenez, c'est que c'est vrai; c'est qu'à force d'avancer dans la voie extraordinaire de la liberté, il a vraiment découvert d'autres étapes. C'est de la funèbre fumisterie fumeuse, c'est ça, ce dont il s'agit. Il a toujours menti sur tous les sujets d'importance, le Hubbard. Et toujours avec les mêmes idées fixes en tête.

Pourtant, il y a bel et bien des aptitudes qui reviennent ou que l'on découvre avec la technologie. Parmi les erreurs courantes qu'impriment des enquêteurs sur la secte, se trouve au premier plan le fait de ne pas pouvoir reconnaître qu'il se passe des choses qu'on ne comprend pas, et qu'il existe des résultats. Les contestations d'aptitudes précises et définitivement acquises que je viens de citer sont exactes. Il reste pourtant : des aptitudes momentanément réelles pour la personne, et quelques rares miracles pour chaque personne parcourant plus ou moins longtemps la scn ; des cancers terminaux disparaissent sans traîtement aussi, en dehors de toute scientologie.

Explication : la recherche des  "quelques instants  magiques"

Il reste à tous ceux qui ont fait une longue route, quelques instants à marquer d'une pierre blanche, durant lesquels nous avons vécu une émotion très particulière, des moments inoubliables: c'est ce qui fait la force de la secte ; c'est pareil ailleurs, mais on ne vous le fait pas écrire, et il vous en coûte moins... Une fois que vous avez vu ça chez vous ou chez une de vos connaissances, vous savez qu'il y a quelque chose là, dont vous croyez comprendre les raisons, puisque Hubbard les a expliquées dans toutes ces conférences, ces livres, ces journaux, ces encyclopédies, dictionnaires, photos, ces témoignages soigneusement recueillis que les orgs s'empressent d'afficher dans chaque salle: tout se passe comme si chacun, loin d'être lassé du mirage, voulait continuer à s'en repaître et à le faire vivre un peu plus, à le rendre encore un peu plus mythique. Le temps se passe à rechercher ces moments spéciaux, aussi rares que chers. C'est vrai que ce rêve est beau... pensez donc ! une planète sans démence, sans criminels et sans guerres! Quel paradis si tous les hommes s'entendaient à merveille, qu'ils avaient chacun un peu de pouvoir, un peu de moyens permettant de rendre les autres heureux en étant eux-mêmes satisfaits dans leurs besoins et leurs aspirations.

Quelle magnifique idée, Hubbard! C'était simple, si simple, qu'il suffisait de faire comme les autres religions l'ont fait avant lui, il suffisait de savoir faire passer l'extraordinaire message de paix dans tout l'univers - une splendide fiction qui a déjà si bien fonctionné par le passé, et qui pourrait continuer à fonctionner, même après les guerres nucléaires, même après 'la fin du monde', puisque les êtres spirituels libérés par la merveilleuse technologie pourraient revivre sans problèmes, sans bouleversements, avec ou sans corps, dans n'importe quelle condition succédant aux catastrophes ! Cette fiction a toujours été suivie de massacres envers les infidèles ; l'aurions-nous oublié, en dépit de tous les exemples de l'actualité immédiate ?

L'être humain a tant besoin de croire à une résurrection, qu'elle existe ou non, il a tant le désir de devenir lui-même sans être gêné par ses 'mauvais penchants' et ses mauvais instincts, que si on lui présente tout cuits, sur un plateau d'argent, tous les moyens techniques (très 20e siècle, la tech), dans de belles organisations pleines de graphiques montrant comme ça grimpe, de librairies entières du même auteur, d'autres gens sympathiques et satisfaits d'apparence, bref, l'image de la réussite, il risque d'y mordre. Il y a bien eu des cathédrales, avec leur forme de technologie et de croyance, leur affaires d'argent... Pourquoi la fin du millénaire ne pourrait-elle accoucher d'une merveille? Les gens aiment et attachent beaucoup d'importance aux fins de millénaires, même si le millénaire n'est pas pareil chez les chinois, en Israël ou chez les occidentaux. Et de grands esprits ont prononcé des phrases célèbres (Malraux: le 21e siècle sera spiritualiste ou ne sera pas). Alors, la nouvelle 'religion' est-elle arrivée, en se pressant?

C'est simplement ce que l'on pense, quand on n'a pas assez fait le tour, pas assez RE&shy;GAR&shy;DE ce qui se passe DANS LES FAITS. C'est vraiment simplissime: dites que ça marche; et si vous êtes assez compliqué, ça va pouvoir marcher ; de temps en temps. Hubbard ne le cache pas, puisqu'il explique à quel point il faut parfois compliquer le sujet avant que ses éléments fondamentaux soient compris. Ajoutons: compris tels qu'il veut vous les fait comprendre.

Pièges de mystères

Pas plus qu'il ne cache une 'découverte' qu'il aurait faite: les êtres spirituels (les hommes, tout bonnement) sont très attirés par le mystère. " Un thétan - l'esprit humain - est un sandwich de mystère... " Pourquoi sinon aurait-il fait tout ce vacarme avec les niveaux supérieurs, les affaires de volcans, le 'mur du feu', les 'phénomènes OT', et tous ses laïus laissant entendre que plus on allait loin dans la SD, plus on découvrait soi-même les choses fabuleuses qu'il avait mises au point ?

Pendant qu'ils regardent toutes ces choses, les scientologues en oublient de vérifier si ce qu'on leur dit est vrai, réel pour eux. Ils oublient qu'un des premiers textes à lire dit " Ce qui est vrai pour vous, c'est ce que vous observez vous-même. ". Ils rêvent à demain, aux aptitudes futures, aux promesses d'avenir meilleur, aux mystères que ne leur racontent pas les anciens ou ceux qui 'ont 'attesté être clairs', aux mystères interdits.

Ce qui les intéresse n'est pas là, aujourd'hui, ils veulent beaucoup plus; comme tout le monde, ils veulent davantage, plus fort, plus puissant, plus incroyable, plus, plus, plus!


LA LOI

" La nécessité n'a pas de loi. " (Cromwell)
" Une des plus fortes illusions de ce monde réside en la croyance que les injustices puissent disparaître par les lois. " (Thomas B. Reed)
" Je me fiche de ce que dit la loi: dites-moi seulement qui est juge. (Roy Cohn, 1988, cité par Nicholas Von Hoffmann)
mais aussi :" La définition fondamentale de gouverner: cela revient à fournir les protections indispensables dans un pays afin d'y pouvoir faire du commerce. " (Hubbard, page 235 Dictionnaire de management)

Enfonçons-nous dans le système.

Tout ce qui permet d'exercer la sciento, le commerce scientologue, les affaires scientologues, de poursuivre les buts scientologues est licite du point de vue d'un scientologue déluré. S'il se méfie, dans ses débuts, de ne pas dépasser trop visiblement les bornes légales d'un pays, ce n'est que contraint et forcé qu'il suivra ces lois, dès qu'il aura atteint un certain niveau (variable selon les gens) de foi en Hubbard et ses séides. Et encore ne le fera-t'il qu'après avoir épuisé avec la pire mauvaise foi toutes les ressources de la justice qu'il prétend dominer !

Tout ce qui permettra de ne pas payer de taxes, d'URSSAF, de garder un maximum pour soi et pour le groupe, d'accumuler une fortune pour le compte de l'affaire, tout cela est très bien vu; les 'services secrets' de la scientologie, nommés actuellement 'O.S.A.', c'est à dire Bureau des affaires spéciales, (anciennement G.O., c'est à dire bureau du gardien) ne s'occupent pas du tout que vous soyez profondément illégal tant que vous ne vous faites pas prendre par la justice et le fisc nationaux.

Pendant le contrôle des changes français, il nous fallait sortir pas mal d'argent de notre groupe afin qu'il parvienne au service mondial des Franchises. De 100 à 5000 Fr chaque semaine devaient ainsi quitter le pays, afin de payer nos 10 % hebdomadaires. C'était légalement interdit d'envoyer plus de 1500 F par mois. Notre banque refusait de tels transferts s'il n'y avait pas une raison acceptée de la Banque de France.

Allions-nous nous laisser piéger dans ces 'règles idiotes' d'un 'gouvernement suppressif' (la secte était alors poursuivie en justice). Certes non!

Où donc se trouvaient les trous entre les mailles du filet? Voilà la vraie question.

Des trous, il y en avait plus d'un. Tout d'abord, si les banques étaient sérieuses, regardant à laisser filer des fonds sans contrepartie d'importations en douane ou sans factures pour services reçus à l'étranger, les postes françaises étaient forcées d'appliquer plus simplement les barrières: on avait le droit, tant qu'on ne se faisait pas rappeler à l'ordre, d'envoyer chaque semaine autant de mandats postaux qu'on voulait, d'un montant maximum de 1500 F unitaire. Ce fut simple d'aller remplir deux, trois, quatre ou cinq mandats internationaux pour faire le compte de ce que l'on devait en " droits de Franchise ".

Capitaux illégaux dans les slips

Quand il s'agissait de 10, 20 ou 40 000 F à exporter au Danemark pour payer des cours, on planquait le liquide dans les slips et les soutiens-gorge. On passait simplement des dizaines de mille en pure fraude. A Paris, ils se sont fait prendre dans une sombre affaire d'exportations illégales via les îles bancaires de Jersey, celles là même où l'on trouve des narcodollars blanchis. Ils ne m'ont pas dit la fin de l'histoire: tout ce que je sais, c'est que la pauvre scientologue 'loyale' qui s'est fait prendre dans ce trafic a été désagréablement remerciée par la secte... elle n'avait qu'à pas se faire prendre: elle n'avait bien sûr pas d'ordres écrits prouvant une quelconque culpabilité de la sciento ou de ses dirigeants. La secte se retranche derrière des 'règlements internes montrant qu'il est interdit de commettre des illégalités, même si l'ordre a été donné par elle - oralement bien sûr.

Compte tenu des chiffres d'affaires réalisés durant ces années, j'ai ainsi exporté ou aidé à exporter illégalement plus de 500 000 F.

En tout bien et tout honneur de scientologue, bien sûr. Comment les orgs supérieures auraient-elles pu vivre sans notre argent ?

Une des responsables des services secrets de Paris m'a confié le mode opératoire du système: si la loi n'est pas favorable à ce qu'on fait, on la fait changer. Enfin, on essaie, et en attendant...

Abuser des députés, sénateurs, ministres...

C'est ainsi que les scientos sont parmi les seuls à pratiquer, en Europe, le lobbying des députations, dans les instances européennes ou nationales ou régionales; j'ai dû tenter de convaincre les députés locaux, alors que ce n'était pas mon problème, mais il fallait, n'est-ce - pas ? C'est la 'Grande Manip' façon SD; François de Closets décrit très longuement ce qu'est une grande manip dans son ouvrage du même titre.

Les scientologues parisiens se sont aussi fait piéger, il y a quelques années, dans les fausses déclarations de leurs adeptes auprès des banques. Si vous voulez des prèts, les banques vous demandent des garanties et un minimum de ressources afin d'essayer de vous éviter le surendettement et d'éviter les impayés. Pour simplifier ce règlement jugé inepte par la secte, ils faisaient remplir des dossiers de prêts dans plusieurs banques, sans déclarer ce qui était déjà en route ailleurs; leurs adeptes obtenaient alors beaucoup plus que ce qu'ils auraient dû - et certainement, bien plus que ce qu'ils pouvaient raisonnablement espérer rembourser.

Qu'à cela ne tienne: on peut parier sans aucune possibilité de perdre qu'ils ont refait le coup, autrement, pour d'autres personnes, dès qu'on a oublié cette affaire.

Autre exemple de mes magouilles fiscales de l'époque, toutes au bénéfice de la sciento et au détriment des organismes sociaux et des staffs, pourtant des amis, tous. Nous n'avions même pas en ce temps-là, l'excuse d'être sans but lucratif, puisque j'étais encore inscrit comme conseil, puis comme 'ministre du culte': cela nous a permis de ne payer aucune charge sociale pendant cinq ans - on trouvera ça de retraites en moins à la fin. Du coup, je ne demandais rien du tout aux allocations familiales pour mes enfants (sinon, ils y avaient droit), et nos frais médicaux étaient à notre entière charge: de l'inconscience complète quand on sait ce que coûte la journée d'hôpital. C'est cette inconscience et la chance qui ont dû nous protéger, protéger nos staffs.

Pas un sou ainsi durement économisé sur nos obligations légales n'a servi à autre chose qu'à la secte.

Plus tard, nous nous sommes mis en 'association loi de 1901', en règle avec l'apparence; en attendant, nous distribuions des paies (maigres, très maigres, même si elles furent bien supérieures à celles que l'on trouvait à l'org de Paris), à nos amis et assistants, pleinement en accord avec eux.

Mais avant cela, c'était sans fiche de paie, au noir, sans déclaration d'ASSEDIC ou d'URSSAF, sans rien quoi... Le patron sciento lyonnais Mazier, qui est en prison, payait quelques sous à ses staffs en leur versant des " indemnités de déplacement " ou quelque chose d'approchant, ce qui évitait bien sûr de payer les charges sociales, congés payés ou taxes sur salaires. On peut parier aussi que les témoignages reçus par la justice lors du procès sont tous truqués par leurs auteurs, ou opposés à la vérité.

Et nous avions une autre méthode pour nous-mêmes: lorsque, arrivés à vraiment bien faire marcher l'organisation Classe IV de Lyon, créée à partir de notre 'Mission' d'avant, déclarée alors sans but lucratif en Préfecture, nous méritions - scientologiquement parlant - de bonnes paies; on faisait des fiches de paie correspondant à nos besoins, à ce qu'on prenait en caisse; si nous avions, ma femme et moi, " gagné " 30000 F à nous deux en un mois, mais que 5400 suffisaient à nos besoins modérés, nous déclarions 5400 F de salaires; je payais les charges sociales sur cette base de 5400; la déclaration de fin d'année était de 5400, et tout le reste demeurait bien tapi dans les comptes de l'association sans but lucratif, pour payer de la sciento au Danemark ou aux USA.

Inégalité de salaires

Nos staffs ne " méritaient " pas d'aussi bons salaires que nous, si bien qu'ils ne laissaient généralement rien traîner sur les comptes de l'association. Précisons que je me servais des règles de sciento pour établir les sommes versées chaque jeudi; ces règles, nommées 'plan proportionnel des salaires', aboutissent à un partage très inégal de la masse salariale, pas dans les proportions atteintes par le P.D.G. de Disney par rapport à ses employés, certes, mais quand-même, on gagnait bien souvent dix ou vingt fois plus que les derniers rentrés. Nous, on n'était pas malheureux, on aurait même pu avoir un bon salaire réel sans tricher avec les règles internes ni externes à la secte. On peut être sûr que les grands chefs des orgs parisiennes ont une très bonne paie ; peut-être pas déclarée complètement, mais...

Tant que ça passait en frais de l'association (cours religieux pris à l'étranger), pas de charges sociales, pas de déclaration de revenus correspondants.

En fait, les salaires se transformaient comme tout le reste en bonne monnaie scientologaise.

Pire encore: vers la fin du périple, en 82, les instances supérieures de la sciento me trouvant fort peu à leur goût, mon bagout les effrayant, m'ont jeté hors de l'organisation lyonnaise dont je continuais cependant à gérer les affaires. Persuadé que tous ces malades de la direction mondiale de la secte allaient s'évanouir en fumée, et moi, retrouver mon poste, nous décidâmes que je ne perdrais pas mon précieux temps de bon et loyal scientologue à attendre qu'on constate ma bonne foi. Toujours très à la pointe en matière de traductions, j'avais décidé de faire mieux et plus fort: aider toute la francophonie en donnant mes traductions, meilleures que celles de l'organisation de publications hubbard, à tous ceux qui en avaient besoin, (Lyon pour commencer.)

J'achetais alors la machine de traitement de textes la plus sophistiquée et professionnelle qui soit, avec son 'modem' d'envois des documents par téléphone - une page toutes les 8 secondes -(les fax et Minitels n'existaient pas encore) avec l'argent de nos salaires qui n'avait pas encore trouvé le chemin du Danemark. Plus de 50 000 F de 1996. C'étaient nos salaires! La facture de la machine, c'était au nom de l'association ! Bien évidemment, quand ils ont réussi à nous extirper de la secte, quelques mois plus tard, par des biais archi-illégaux, autant dire que nous n'avons pas touché un sou de ce sacrifice. Nous n'avions même pas droit à un franc d'ASSEDIC par mois, puisque j'étais considéré par les ASSEDIC comme un 'gérant majoritaire' et non comme un président bénévole - mais ça, ce n'était pas la faute de la secte, c'était la mienne, je n'avais qu'à faire comme tout le monde, au lieu de me croire au-dessus des lois et des us et coutumes.

Voilà l'histoire du départ de la sciento; elle se trouve dans le chapitre 'les lois et la secte', voici pourquoi.

Après avoir reçu l'excommunication des instances mondiales qui préféraient me voir mort plutôt que si vif, ce fut le tour de ma femme. Elle était un " officier commandant " respecté de tous jusque là, brillant vendeur de sciento, bon auditeur, bon officier commandant, bonne technicienne du système, bon 'OT VII'. Avec une organisation qui avait passé d'un million à près de 4 millions de rentrées (francs actualisés) l'année suivante, on se croyait à l'abri de tout!

Un beau jour débarquèrent quatre abrutis pour en finir avec ce qu'ils estimaient notre pouvoir et notre arrogance. Vêtus de leurs uniformes d'opérette, avec parmi eux une avocate scientologue parfaitement incompétente - je l'avais vue à l'oeuvre avant ça - ils arrivèrent un beau matin, déclarant à ma femme seule, puisque j'étais déjà supposé persona non grata, qu'il fallait qu'elle parte. Croyez-le ou non, mais on les a aidés! Aidés!

Ils se sont arrangés pour faire croire que nous n'étions plus en accord avec les crédos de la prétendue église; pour faire signer je ne sais quel document à nos principaux sociétaires de l'association, et à nous déclarer exclus du mouvement; j'étais tellement obnubilé par leur bêtise que je n'ai pas essayé d'empêcher quoi que ce soit, pensant toujours trouver justice au niveau supérieur, à l'organisation administrative européenne.

Il aurait suffi, à l'époque, que nous levions le petit doigt pour faire l'unanimité autour de nous, contre toute la secte, Hubbard mis à part: il ne nous serait pas encore venu à l'esprit de le critiquer réellement et complètement.

Il ne se passait pas de semaine sans que je ne reçoive des documents déclarant que la propre fille de Hubbard, ou David Mayo, son bras droit, n'étaient que des bandits pédérastes ou voleurs, escrocs, psychotiques et cie. Il nous aurait vraiment suffi de discuter cinq minutes avec ces membres du personnel qui nous connaissaient bien et savaient nos buts de scientologues, pour retourner la crêpe et nos crêpes noirs de veufs de l'église des suppressifs. (E.S.I., ça signifiait sûrement alors: Eglise des Suppressifs, Internationale)- rappelons que 'suppressif' est la pire injure de Ron envers un soi-disant traître à l'humanité, mais surtout, un soi-disant traître à la sciento. (En anglais, c'est pareil : CSI = Church of Suppressives, International)

Mais ma femme en avait fait son deuil; elle avait bien le droit d'avoir la paix à propos de toutes ces âneries, d'avoir cinq minutes dans sa vie à passer à autre chose qu'à prouver qu'ils se trompaient lourdement - c'était vrai - et que nous étions loyaux envers la secte, envers Hubbard, envers la tech d'Hubbard; les paroles et les actes d'Hubbard.

Nous avons donc tout accepté, y compris de leur laisser les carnets de chèques bien remplis (500 000 F actuels de réserves inemployées), incluant des réserves de nos salaires, le matériel (imprimantes ronéos, offsets, machines à stencils, photocopieuse, magnétophones, magnétoscopes à enregistrer les séances d'audition, énorme sauna, sans oublier environ 350 000 F de livres, électromètres et cours d'Hubbard.)

Et nous sommes partis 'manier la situation au Danemark', alors que nous avions déjà fait l'objet de plusieurs enquêtes sur place, que des comptables scientos étaient déjà venus pratiquer des audits - tous parfaits - sur nos comptes; que nous étions très respectés par la secte.

Quinze jours après - j'expliquerai ces quinze jours d'enfer - nous sommes de retour un soir chez nous.

Spectacle.

Se faire éjecter de la secte

Quelques rares staffs déménagent notre matériel; ils embarquent nos plantes vertes, c'est tout ce qui reste en vue. Le reste a été emmené en catimini dans un bâtiment trois fois moins grand, loué à prix d'or dans un sale quartier de Lyon (en face : café où s'est pratiqué le dealing de drogues).

Des matelas (qui nous appartiennent, pas à l'association) sont partis; plus rien. L'aquarium et le sauna seuls sont encore là: un machin de 500 Kg, ça ne s'enlève pas facilement, il faut un habitué pour ne pas faire crever les poissons! C'est plus facile d'emmener les plantes qui n'appartiennent pas à l'association. Un sauna de 4x 2,1 x 2,1 avec un poêle de 13 kW/h, ça ne s'envole pas comme un matelas, sur le toit d'une voiture. Ma femme, en débarquant, n'a que le temps de faire vider les plantes, ses plantes, avant qu'elles ne soient parties à Lyon pour y crever dans un local plutôt sinistre, inauguré le lendemain par un sbire idiot qui savait très bien le fin mot de l'affaire - mais ne pouvait parler ; lui il n'avait guère plus de 20 ans et la secte allait lui imposer de " régulariser son union " avec une femme de 25 ans son aînée, pour la galerie.

Des 50 pièces relativement confortables et aménagées que comprenait l'org, ne restent que nos propres meubles; nos amis et ex-amis n'ont pas osé tout emmener, ils avaient encore un brin d'honnêteté non-scientologue; ils savaient très bien à quoi s'en tenir. Certains autres avaient déjà compris et tiré un trait sur l'affaire, démissionnant de leurs postes.

Evidemment, il nous restait les dettes! Les dettes qu'aurait dû payer l'association, car nous risquions tous nos biens pour loger l'affaire scn. Et tous les travaux effectués ou en cours. Cinquante radiateurs, une chaudière énorme, une installation d'eau, tout cela nous restait à payer. L'hiver et la cuve à fuel quasi vide. Plus de travail pour nous, nos fils et une bru. Pas de revenus, pas de salaires. L'équivalent de 15 000 F actuels par mois de prêts à rembourser pour ne pas voir s'envoler le bâtiment mis à disposition de la secte sans autre contrepartie de sa part que les frais engagés, que nous n'aurions pu payer, tous nos capitaux étant dépensés pour payer la partie comptant - la moitié du prix. Et des taxes bien sûr. Et 10 000 F de note de téléphone à notre nom, mais pas de notre fait.

Nous aurions pu contre-attaquer légalement. Il fallait encore y croire. Nous, on attendait seulement que ça s'arrête. Pas vraiment calmes, vaguement écoeurés, injustement blessés pour des erreurs jamais commises, mais typiques: croire en la sciento, ça, c'est l'erreur. Elle vous aura au tournant. Elle ne poursuit pas le but annoncé haut et clair, ne s'en donne pas les moyens, et travaille la plupart du temps contre ces buts qu'elle annonce haut et fort.

Nous n'avons pas attaqué en justice. Cela ne se faisait pas. Nos vengeances furent très infantiles, mais nous ont bien amusés; on s'est remonté le moral en se moquant d'eux au téléphone.

Des tas de crétins de la direction européenne n'avaient pas mis leurs agendas téléphoniques à jour: ils continuèrent à faire notre numéro des mois durant, pour appeler l'association qui avait filé en ville. On a vraiment ri, à leur indiquer qu'on était des officiers d'Interpol, ou du FBI, ou des généraux de gendarmerie en mission, en train d'arrêter tous les scientologues présents. Ou à leur dire que l'Officier commandant l'org était encore au bistrot à 11 heures du matin ou du soir, ou fumait un joint dans un coin. Ils ne savaient que faire, la plupart ne s'apercevant même pas de la supercherie.

Cette 'avocate' citée plus haut, une certaine Brigitte Bouvier, avait donc réussi à convaincre nos amis que nous étions traîtres à la bonne cause, qu'il fallait nous mettre sous séquestre et sur la touche, en attendant que nous reprenions nos esprits..

Elle avait amené un horrible roquet, aussi malotru qu'elle, du genre tel-maître-tel-chien, qui venait chercher la guerre au toutou fétiche de l'org, notre vieux Boudin. Son horreur de roquet miteux se perchait sur les canapés réservés au public, devant l'aquarium, alors qu'on en interdisait l'accès à Boudin... mais Maître Bouvier n'avait cure des observations qu'on faisait à ce sujet; elle n'avait en tête que l'idée de récupérer l'association pour le compte exclusif des fanas pour lesquels elle suait sang et eau.

Et pour qui elle perdait tout procès intenté ! Bien que je ne le regrette pas aujourd'hui, j'aurais dû monter au créneau et refuser tout accord, juste histoire de voir ce que donnait le manu-militari dont ils usent parfois.

Raid du F.B.I. : la femme d'Hubbard en prison

Autre exemple des règles et lois humaines en relation avec les règlements de droit divin de SD. Lorsque nous apprîmes, en 1979, que le FBI avait fait un énorme raid sur le centre mondial de Los-Angelès, où se logeait alors le service secret sciento, on nous précisa bien ce qu'il fallait en penser:  le FBI, actionné par l'association médicale américaine et l'association psychiatrique américaine (AMA et APA), ainsi que par Interpol (une émanation 100 % nazie, d'après eux, tous propulsés par la FDA (Administration des médicaments américaine) et par l'Organisation Mondiale de la Santé, avait tout cassé à Los-Angelès, dans l'ancien hôpital des Cèdres qui logeait le bureau des affaires spéciales scientologues.

Tous ces gens-là - FBI etc. - n'étant que crapules, n'avaient rien trouvé, rien pu prouver...

Pas de limite à l'illégalité pour le compte de la secte

Mis à part quelques faits, qu'on oubliait de nous raconter :

- des complots contre la sûreté intérieure des Etats-Unis

- de l'espionnage dans divers services fiscaux, sociaux et autres,

- l'usage de faux en écritures publiques et privées

- le cambriolage de divers organes fédéraux, au moyen de passes et de fausses cartes d'identité,

- le chantage exercé ou prévu auprès d'officiels de premier plan (le maire de Tampa, où loge le Q.G. actuel)

En tout, vingt-huit chefs d'accusation à l'encontre des neuf très hauts dignitaires de la secte, décidément plus irréligieuse et illégale que jamais. Mary Sue Hubbard allait être condamnée à 5 ans ferme. Les huit autres, de 1 à 5 ans ferme. Hubbard était caché, très bien caché, toujours en fuite. Il ne risquait pourtant pas encore l'extradition vers la France qui l'attendait pour quatre années de séjour chauffé, nourri, logé (chauffé, nourri et logé comme à la sea-org, à quelque chose près, mais avec moins de travail à faire, et de quoi acheter ses cigarettes.)

Par suite d'arrangements spéciaux dont la justice américaine a le secret, les chefs d'accusation avaient été répartis entre les accusés, qui risquaient dès lors bien moins que le total possible - Mary Sue Hubbard encourait plus de 50 ans de prison.

Le discours officiel édulcoré par les services spéciaux sciento, c'était que Madame Hubbard avait eu 5 ans de peine de principe qu'elle passerait à aider des 'services sociaux' des Etats-Unis.

Il disait à quel point le procès avait été truqué, à quel point les peines n'étaient que de principe, qu'il fallait un exemple " parce que le lobby psychiatrique et les médecins auraient été déshonorés. "

Il n'était bien sûr pas question des complots, des cambriolages, des falsifications de documents, des vols, des preuves fabriquées contre les ennemis.

Je ne crois pas qu'il y ait de limites à ce qu'un scientologue très engagé, surtout en haut de la pyramide, soit en mesure de risquer, à quel point il soit capable de mentir pour défendre le bout de maigre auquel il s'accroche. Mordicus. Les dernières publications le montrent: ce ne sont que justifications des anomalies grossières et vantardises transparentes, pour qui veut bien regarder et vérifier. Ils ont beau écrire " les mains propres font une vie heureuse ", ils ne l'appliquent certes pas.

Comment Hubbard s'est-il arrangé pour échapper au fisc américain pour ses propres impôts? Je l'ignore; Miller et Stewart Lamont (Scientologie, religion S.A.) indiquent chacun les millions de dollars en billets entre l'association centrale et Hubbard. Mais comment ?

Il est certain que tout lui appartenait. Les sociétés écrans louant le bateau, les sociétés d'édition, les affaires cinématographiques et photographiques, l'édition des livres, bandes, cassettes, disques, les sociétés louant les bâtiments. Par quelles voies? Certainement par des voies bien impénétrables, comme toutes voies du Seigneur.

Autres illégalités

Quelle légalité peut-on trouver par ailleurs à vous prendre vos documents d'identité quand vous arrivez au Danemark? Ils l'ont fait pendant des années, je présume qu'ils le font encore envers les staffs, pour éviter qu'ils ne puissent passer les frontières après avoir filé à l'anglaise. Ou à vous laisser si peu de liquide que vous ne puissiez même pas prendre le train pour rentrer chez vous si vous en avez un peu trop subi ou beaucoup trop vu ? Ne vous inquiétez pas, staffs d'Europe ou d'ailleurs: allez au premier Consulat venu, on vous y aidera, même si vous ne pouvez prouver votre identité. Portez plainte.

Quelle loi permet de ne payer que 10 ou 20 heures par mois à des gens qui en ont travaillé 300 ? Ou même 450 heures, je l'ai vu! Quelle loi autorise à ne pas verser les salaires avec une fiche de paie, mais à vous les verser sous forme " d'indemnités de déplacement" ou toute autre déformation de la réalité permettant de ne pas payer toutes les charges sociales sur ces salaires? (affaire Mazier, Lyon, ou moi, à Lyon aussi)

L'org de Saint-Etienne a été condamnée par les prud'hommes à rattraper des salaires, indemnités de congés payés et charges sociales non versées. Le fondateur du deuxième groupe de sciento lyonnais, faisait passer tous les fonds des adhérents sur ses comptes bancaires privés, plus d'un million de F. Probablement très bien coté à la direction mondiale, car son 'affaire' marchait. Peut-être cet ancien agent d'assurances ignorait-il que les fonds d'une association sans but lucratif ne devaient en aucun cas servir des buts aussi lucratifs que les siens? Il n'empêche que la secte l'a laissé faire - peut-être même encouragé - des années durant, et qu'elle a pris sa défense auprès des tribunaux.

La loi toujours: comment s'arrange-t'on pour dénicher des trucs bien saignants à raconter sur des personnages? Je vous l'ai dit, on va jusqu'à fabriquer des preuves, on organise par exemple un faux accident de voiture contre M. Casares, maire de Tampa (Floride), on prend des photos, on l'incite à prendre la fuite par des arguments spécieux... pour le démolir. Je suppose qu'actuellement, ils paient des dessous-de-tables à des élus: c'est leur style.

Ou bien, on fouille dans les dossiers des patients, ces fameux dossiers de confession, dans leurs dossiers d'éthique, dans les dénonciations dont ils ont pu faire l'objet de la part d'autres personnes, et on s'en sert d'arme de chantage potentiel (j'ai cité ailleurs la règle du pouvoir appuyant cette hypothèse).

Calomnies envers les ennemis de la secte

Ou bien l'on invente des faits honteux: c'est le 'maniement de la propagande noire', qui consiste avant tout à détruire la réputation de l'ennemi (d'où mon auto-dénonciation au début de l'ouvrage)

S'il s'agit d'un avocat de la partie opposante, on déniche tous les ragots possibles, on tente de les répandre dans le quartier. Ca s'appelle légalement de la calomnie, mais il suffit de ne pas se faire prendre.

S'il s'agit d'un juge, on introduit contre lui une " requête en suspicion légitime ", une de ces armes juridiques dont les scientologues seuls ont le secret: cela revient à tenter de prouver que le juge a une idée fixe de culpabilité sur la chose, avant d'en connaître les tenants et aboutissants, et qu'il ne s'apprête donc pas à faire son travail de juge de façon noble et indépendante. Là, ils n'osent quand-même généralement pas faire passer le juge pour un pédé ou un voleur, c'est trop risqué pour eux, mais soyez absolument certains que ce genre de bruit court au sein de la secte.

Si c'est un quidam qui s'occupe un peu trop de leurs affaires, ils vont coller des tracts infâmants sur le compte de la personne, partout dans son quartier, espérant par là discréditer si complètement l'individu qu'il n'osera plus se montrer. Tout tient dans ces quelques mots d'Hubbard: tout ennemi potentiel ou réel de la scn est un malade mental criminel; il suffit de découvrir tous ses crimes cachés contre l'humanité. Si on n'en découvre pas, on en invente. Les scientologues croient dur comme fer que leurs ennemis sont des criminels. Le Docteur Abgrall en fait l'expérience depuis deux ans, car on l'a cité comme expert psychiatre auprès des tribunaux, dans le procès de la secte qui se déroule à Marseille : les trois scientologues responsables du vol de son courrier et des manoeuvres d'intimidation viennent d'être condamnés à Toulon.

Quant à moi, ils ont usé d'une intimidation inepte par voie d'huissier (un truc juridique encore plus inconnu) après avoir constaté certaines de mes activités...j'ai bien ri.

J'ai vu dernièrement une de mes amies, banlieusarde lyonnaise honorablement connue, conseillère municipale de sa ville, faire l'objet de ce genre d'attaque. Un individu scientologue qu'elle connaît bien est venu afficher sur les pare-brises du village son mécontentement contre elle. Pensez donc ! Cette " criminelle " ayant mille meurtres, au moins, à son actif, elle aussi ayant mille et un cadavres dans son jardin, est accusée d'intolérance religieuse et autres délits et crimes par la secte, dont le plus grave est d'être très active depuis des années contre les sectes, puisqu' elle n' est rien moins qu'un des personnages clés de l'A.D.F.I. en France, " l'épouvantable mouvement de criminels " (assimilables aux nazis) qui tente de ramener des jeunes à la raison. Ces gens dont l'intolérance religieuse ne serait due qu'à de mauvaises intentions et actions soigneusement cachées. Manque de chance pour le poseur de ces bombes littéraires, il s'est fait coller un P.V. par le garde-champètre du lieu, et s'est un peu fait insulter, peut-être bien, sait-on jamais, avec tous ces gardes-champètres amis de criminelles terribles, on ne sait pas où l'on met les pieds, par les temps qui courent. Le scientologue court encore, attendant ce procès d'intolérance religieuse au XXe siècle qui pourrait faire de lui un martyr de la plus grande cause jamais défendue au cours de l'histoire.

Au fait, je ne mets pas souvent de majuscules, à " Scientologie ". Je suis sûr que ce n'est pas un nom bien, un nom propre, un nom BCBG. Faut pas de majuscules à ces choses-là. Est-ce qu'eux en mettent à "psychologie"? Bien sûr, je pourrais aussi n'en point parler, ça serait encore plus propre, mais que voulez-vous, j'attends les bulletins déclarant à quel point je suis un abominable, dans mon village et ceux des alentours, rien que pour exploser de rire une bonne fois. La vie n'est pas toujours drôle.

Petit résumé des dernières remarques : la sciento ne craint ni les calomnies et les inventions assez retorses contre l'ennemi, ni les mensonges sur ses ennemis, ni le ridicule. Et elle n'est toujours pas morte. Impressionnant, n'est-il-point?

Hubbard? vous avez dit Hussard?

Toujours dans l'affaire légale, le commerce scientologue entretient encore quelques belles horreurs dignes de figurer au livre des records. Il est assez difficile de coincer la machine huilée par Hubbard-le-mécano, Hubbard-le-Hussard-lourd (ça existe, page 257 et page 313 du dico d'administration, il y a une casquette de monsieur Hubbard en hussard-lourd, c'est quand il se fâchait et voulait casser de l'ennemi).

Bien sûr, avec une si belle affaire à défendre!


ETHIQUE " RELIGIEUSE " DE LA SECTE 
" A toutes les époques, des hypocrites, appelés des prêtres, ont couronné des voleurs, dénommés rois. " (Robert Ingersoll)
" Le despotisme n'est nulle part autant en sécurité que sous l'effigie et l'emblème de la liberté. " (Walter Savage Landor)
" La présence éthique se compose en partie de symbole, en partie de force, de 'nous sommes maintenant censés... ', et d'endurance. Notre endurance affirme notre invincibilité. Nous sommes toujours là, nous ne pouvons être détruits. Cela rend fous les suppressifs. Grâce à l'organisation maritime - la Sea org - nous semblons avoir des ressources illimitées et une influence sans frontière. " (L. Ron Hubbard, page 180 dictionnaire d'administration)

Pour parvenir à ce résultat d'invincibilité apparente, Ron s'est donné les moyens qu'il a crus nécessaires à son but. Parmi eux, au premier rang, le livre de la guerre de Sun-Tsu. C'est Larry Wollersheim, ce brillant ex-scientologue que la secte a tenté de détruire autant qu'elle l'a pu, qui a reçu de la Justice américaine ses 15 millions de F de dommages et intérêts pour les ignominies pratiquées contre lui, qui leva ce lièvre.

L'O.S.A. scientologue, anciennement nommé 'Gardian office', le bureau du gardien, c'est l'endroit fameux de l'église, où se conçoivent les mises en applications du livre de la guerre de Sun-Tsu. De ce livre, vous n'entendez jamais parler avant d'arriver dans l'antre sacré des 'élites' de la machine de guerre. Là-bas, tout est secret, top-secret, confidentiel, ultra-confidentiel, vital. C'est là qu'a frappé le FBI aux States; c'est là qu'il a découvert les belles choses qui ont envoyé la femme de Ron et ses acolytes en prison.

C'est là qu'on recoupe les dossiers brûlants, ceux dont on pourrait tirer quelque chose pour obtenir tel ou tel avantage. C'est là que se traitent les taupes qui montent jusqu'au coeur de la République - voir à ce propos le livre de Serge Faubert, " une secte au coeur de la République "; c'est là qu'on bâtit les capitaux de demain. D'après des recoupements, on peut ajouter à cette liste la présence d'une député pro-scientologue au sein de la... Commission chargée de l'étude des sectes en France. Encore une taupe maniée par l'O.S.A. Cette élite est cependant composée de gens qu'on pourrait croire idiots congénitaux, qui sont prêts à toutes les compromissions, toutes les bassesses, qui cherchent à y entraîner un maximum de gens, mais en usant généralement d'arguments acceptables au-dehors. Ces idiots congénitaux n'en ont pas l'air du tout, et n'en ont habituellement pas les discours. Les leurs paraissent sensés aussi longtemps que vous adhérez.

Parano et mytho

La congénitalité de leur dangereuse sottise n'est que le résultat de leur parenté avec la paranoïa hubbardienne, paranoïa qui lui fit déclarer, avant même qu'il n'entamât sa conquête du monde par la Dianétique, diverses inimitiés réelles ou imaginaires - (des indigènes de Shanghai paresseux, puants et mal lavés, bien réels, aux gamins rossés pour défendre des petits), en particulier ce gamin qu'il aurait si bien rossé qu'il lui aurait brisé quatre phalanges de la main droite, au cours d'une bagarre tout à fait inexistante.

Dès l'enfance, son caractère imaginatif, et pour tout dire mythomane, plus exact, vindicatif, apparaîtra. Quand enfin il aura réussi à gagner convenablement son existence avec la sortie de la Dianétique, cet antagonisme et cette imagination feront des ravages.

Extraordinaire, qu'Hubbard ait appris dès le début de ses ennuis avec ses collaborateurs et amis qu'il ne lui fallait jamais faire machine arrière lors d'une dispute.

Extraordinaire, qu'il ait immédiatement compris et entièrement mis en pratique une attaque sauvage de tout agresseur, réel ou supposé.

Extraordinaire, qu'il ait su d'emblée que la plupart des hommes n'aient pas habituellement un instinct guerrier tel qu'ils ne lâchent prise assez vite, s'il leur semble que le jeu n'en vaut plus la chandelle - ou qu'il n'est pas sensé de discuter avec un insensé.

Inventer des ennemis et créer un gouvernement sciento

Extraordinaire aussi, qu'il ait su que tout collaborateur et ami n'était qu'un ennemi potentiel dès qu'il s'apercevait qu'Hubbard cachait bien son jeu: il lui fallut dès les débuts ruser, biaiser, cacher ses propres actions et motivations derrière un rideau de fumée salutaire, au risque de tout compliquer: il savait aussi qu'il pourrait encore rattraper une situation dangereuse plus tard, usant de mêmes méthodes. La secte n'a pas varié d'un iota de nos jours, elle continue d'afficher une semblable indélicatesse vis à vis de son personnel, vis à vis de son public, et vis à vis de tous.

Dans son existence scientologue, nous n'avons connu que deux exemples où il ait fait machine arrière. Il a donc mis au point cette armée de nuit et brouillard qui attaque les ennemis réels ou pas dans l'ombre de sa seigneurie toute-puissante, pensant ainsi venir à bout de toute résistance entravant ses buts de pouvoir, de scientocratie (Voir dico d'administration, scientocratie est un néologisme signifiant 'gouvernement du peuple par les thétans' - entendez bien sûr par les scientologues: cela date des années 53-59). Imaginons ce que les scientocrasseux feront au moyen de la scientocrasse.

Dans les années 60, le gouvernement néo-zélandais enquêtait sur la secte, déjà présente outre la ligne d'Equateur. Dans sa chasse aux sorcières, Hubbard avait décrété que toute personne qui perdait ses 'gains' en audition était liée à quelqu'un d'antagoniste à la SD. Pratique vraiment très commode, qui autorisait les préclairs-patients du système à savoir que s'ils " perdaient leurs gains " spirituels ou cessaient de progresser vers la liberté totale, ce n'était pas de leur faute, mais de celle d'une de leurs relations - parfois plusieurs - s'opposant à leur 'église'. Par conséquent, Hubbard avait mis fin à ces relations familiales ou amicales en expliquant aux victimes de ces ennemis de la scientologie qu'ils devaient rompre toute relation. Divorces ou brouilles familiales s'ensuivirent. Le gouvernement, furieux de tels troubles et de la déstabilisation future de toute la société, mit son grain de sel et le " règlement sur la déconnexion " mis au point par Hubbard dut être annulé " par suite des mauvaises relations publiques ainsi provoquées ". Sachant qu'il était allé trop loin, il avait fait machine arrière. Connaissant l'individu, je mettrais ma main au feu que c'est l'insistance de Mary Sue Hubbard, beaucoup plus attachée aux valeurs familiales que son mari, qui l'obligea à cette volte face.

On trouve d'ailleurs, dans le règlement d'annulation de la déconnexion, un petit paragraphe qui en dit long :

" depuis [que nous avons abandonné la pratique de déconnexion familiale] nous avons eu plus d'ennuis que jamais ". Pauvre victime, va.

La fatwa scientologaise

Un deuxième règlement hubbardien fut aussi annulé, provoquant trop de remous dans le relations publiques de la secte. Il s'agit de la célèbre affaire du gibier non-protégé. Hubbard dénomme de la sorte les gens qui ayant passé par ses techniques, deviennent antagonistes. Aussi longtemps qu'ils sont 'en bonne entente' avec les règles de la sciento, la secte est supposée les protéger - ce qu'elle ne fait d'ailleurs pas, si elle trouve une échappatoire qui lui profite; mais dès que quelqu'un s'en va fâché, il peut devenir 'gibier non protégé' pour la secte, 'Fair game' en jargon scientologais.

Il a aussi fallu faire machine arrière, car il devenait difficile d'expliquer aux gouvernants d'un pays, ou même au public ou aux journalistes la présence d'ordres 'religieux' enjoignant des représailles contre d'anciens convaincus. Il s'agissait ni plus ni moins de la fatwa qu'on rencontre ailleurs qu'en sciento, et qui n'a bonne réputation qu'au sein des intégristes d'autres mouvements. Officiellement, Hubbard annula cette lettre de règlements terrible. Officieusement, on peut être tout à fait certain que la pratique n'a pas disparu des méthodes du Bureau des Affaires Spéciales. Si les risques de se faire prendre en train de barbouiller les murs du voisinage d'injures ou d'appels au sexe suivis du numéro de téléphone de l'ennemi ne sont pas trop élevés, il est probable que le spécialiste de ce service secret ne se gêne pas pour pratiquer ou faire pratiquer des attaques 'nuit et brouillard'. Tout cela se trouve dans les techniques guerrières de Sun Tsu. (Voir à ce propos les attaques subies en France par Julia Darcondo, ou le vol du courrier du Dr Abgrall.)

Ce règlement bien religieux permettait de s'en prendre physiquement à la personne ainsi désignée à la vindicte de la secte, de lui prendre ses possessions ou de les détruire. Souvenons-nous des guerres d'épuration du christianisme, qui n'a pas fait mieux, ou d'autres, qui font de même en ces temps de Jihad. Sans être toutefois en mesure de pratiquer l'autodafé des oeuvres littéraires d'un ennemi, la secte fait aussi tout ce qui est en son pouvoir pour aboutir à ce résultat, chaque fois qu'elle trouve un biais législatif. Elle risque fort d'essayer contre ce livre, si elle parvient à trouver la virgule qui manque au bon endroit, et qui pourrait servir de preuve d'une affirmation mensongère: cela m'empêche de dire la totalité de mes opinions sur ses pratiques, qui sont nettement plus sévères que ce que j'en écris.

Larry Wollersheim a senti passer les boulets quand il a quitté la sciento, essentiellement à cause de l'application de cette loi du gibier non protégé envers sa personne et ses biens.

L'actuel petit fasciste prétentieux David Miscavige, (il suffit de voir ses photos et ses titres de gloire pour s'en convaincre) qui guide la sciento est assez bon à cet exercice: lorsqu'il prit le pouvoir, un patron de mission d'alors m'a confié qu'il avait giflé (en pleine salle fermée et gardée par des séides armés), un des plus grands patrons de Franchises scientologues au monde, devant plus de 500 personnes. J'avais, quant à moi, refusé à de gaspiller 10 000 F dans un voyage quasi obligatoire aux Etats-Unis pour assister à la prise de pouvoir en question. Cette soirée a été consacrée à faire écrire les péchés des participants. Ayant déjà assisté à ces esbroufes scientologamines pratiquées dans d'immenses salles louées pour l'affaire, au cours desquelles on vous annonçait toujours des 'percées phénoménales' de la tech, avec quelques dizaines de marchands de la secte tentant de vous en vendre un maximum, je réservais les fonds de l'association à des fins plus utiles, au moins en apparence. Au cours de ces soirées, on entendait aussi les intervenants, tous plus 'OTs' les uns que les autres, professer leurs progrès spectaculaires, les exceptionnels résultats obtenus par la secte au cours de l'année écoulée - quand bien même on savait qu'il y avait justement eu des procès perdus, des désaffections innombrables ou des gens irrécupérables pour la suite de la conquête de la planète et des autres univers.

Règlements sectaires annulés... sans l'être vraiment

Ils peuvent rétorquer que ces affirmations ne tiennent pas, puisque le gourou a annulé et remplacé d'innombrables lettres de règlements internes ou de Bulletins professionnels. C'est absolument faux. Ces bulletins sont toujours remplacés par des 'améliorations' ou pour y ajouter quelque détail; mais jamais pour les faire disparaître. Je n'ai vu qu'un procédé, en 1982, dont on m'ait demandé de faire disparaître l'original, car, disait l'ordre, ce procédé n'était pas réellement de L. Ron Hubbard, bien que la signature du bulletin dise le contraire. Je leur laisse le bénéfice du doute pour cet unique exemple ; sachez qu'il s'agissait d'une percée phénoménale de la tech qui tenait en quelques lignes... de vent.

Partout ailleurs, Hubbard ne va jamais en arrière : toujours en avant. La meilleure défense est toujours l'attaque.

Fuir et se terrer

L'invincibilité, très relative, a pour appuis essentiels l'attaque et la ténacité. Il a toujours prévu des lieux d'où la secte pourrait continuer à parler, des lieux où il ne serait guère possible de l'atteindre. C'est à ça que servit l'organisation maritime: fuir, là-bas fuir. Avoir un point de repli ou plusieurs, organisés longtemps à l'avance, au cas où.

Lorsqu'en 1978 la sciento eut le retentissant procès pour escroquerie en France, les points de fuite furent activés. Juges et policiers qui auront affaire à la secte peuvent peut-être tirer profit de ce qui suit; je n'entends pas ici leur apprendre la justice, mais une partie des procédures complexes en vigueur dans la secte en cas d'attaque:

Dès que l'on sut que l'association française de l'Eglise de Scientologie pouvait être dissoute par le Conseil d' Etat ou la Préfecture pour les divers troubles de l'ordre public, pfftt! le service spécial fit disparaître cette association. Un autre personnage, dans le même temps, déclarait en préfecture de Paris une nouvelle association, l'association pour l'Etude de la Nouvelle Foi. Comme le titra si bien le Monde: " On prend les mêmes et on recommence. " En un rien de temps, tout le système attaqué légalement avait disparu pour faire place à son sosie rebaptisé. La pratique avait déjà marché en Australie dans des conditions similaires d'attaque gouvernementale : pourquoi ne pas se resservir des mêmes tuyaux en France? Ce moyen pourrait même servir très facilement à mettre en faillite une organisation fêlée pour la faire renaître un peu plus loin, débarrassée de ses dettes. Cela se fait parfois ailleurs, car la loi française ne permet presque aucune action, les saisies de bien, en particulier, sont très difficiles contre une association loi de 1901, si bien que d'aucuns ne se sont pas gênés pour ponctionner de gros salaires et revenus dans ces structures pratiques, pour faire ensuite disparaître ces structures, laissant leurs créditeurs sur le carreau, dettes impayées irrécouvrables. (Voir les affaires à Nice et à Grenoble, ou l'A.R.C, pour ne citer qu'elles - entre nous, le gourou de l'A.R.C., il ressemble à Hubbard, même physiquement et il a osé revenir sur les antennes voici quelques mois...)

Si la SD n'a pas osé pratiquer ce moyen facile de ne plus payer ses fournisseurs, c'est que la ficelle est trop grosse, que tous les débutants auraient fini par le savoir, faisant perdre à la secte le bénéfice ainsi fait. Il n'est d'ailleurs pas certain que la récente mise en redressement judiciaire décidée par les tribunaux parisiens et le Conseil d'Etat ne soit pas un coup monté pour échapper aux dettes (48 millions) de sciento Paris, bien qu'on en impute la faute...au fisc.

Deuxième solution également pratiquée lors du procès parisien en 1978-79: tous les dossiers des services secrets ont disparu dans diverses caches, parmi lesquelles les appartements privés des staffs des services secrets, d'autres locaux privés contre lesquels la justice ne peut rien; probablement tout cabinet d'avocat scientologue sert actuellement à planquer des documents très compromettants qu'il serait très difficile à la Justice, si elle le désire, de faire sortir de cette planque légalement privilégiée. Tout scientologue peut être requis par la secte pour cacher quelque chose chez lui; vraisemblablement sera-t'il contraint de loger aussi le spécialiste des services secrets qui amènerait ces documents, au cas où il viendrait à l'idée du scientologue d'y jeter un oeil indiscret et de cracher le morceau comme cela eût lieu aux US.

Organisation façon KGB

Si la justice veut être efficace lors d'une perquisition, elle se devra donc de surveiller longtemps à l'avance les lignes téléphoniques, les entrées et sorties des chefs connus des services 'OSA', les très anciens membres de la secte, même s'ils ne sont pas staffs; il lui faudra dénicher où loge tout ce beau monde, où il a coutume d'aller: les services secrets sont peut-être à deux rues de là, dans un appartement 'privé' loué pour la circonstance, équipé de tous les gadgets de services secrets, portes blindées et autres. Il faudra aussi surveiller toutes les issues arrière, par les toits, les caves etc. de tous les bâtiments essentiels, et, quelques secondes avant de pénétrer tous ces saints des saints, d'en franchir les portes, il faudra aussi couper toutes les communications téléphoniques avec l'extérieur, toutes les lignes des téléphones cellulaires, toutes les lignes télex, qu'elles soient ou pas au nom de l'association, toutes les lignes électriques. Il leur faudra être très nombreux à se précipiter sans une seconde de retard sur tout ce qui ressemble à un moyen de communication, entre autres les ordinateurs, téléphones etc., dans toutes les pièces, surtout celles qui sont fermées par des serrures de sécurité, dans les caves, les greniers, les appentis, sur les toits, et ne pas oublier que l'entrée de certaines pièces peut " avoir l'air " d'être celle d'appartements privés; qu'il peut aussi exister des portes dérobées derrière des armoires - il y en avait une au G.O. de Paris: il ne faut surtout jamais oublier que ces gens sont dressés dans une continuelle paranoïa de leurs secrets à défendre, qu'ils marchent à la façon des héros de romans d'espionnage ou de guerre des étoiles.

En effet, à peine la personne présente en réception, ou toute autre personne présente, aura-t'elle aperçu le haut d'un képi ou un document officiel, elle donnera l'alerte générale, et dans les instants qui suivront, tous les points sensibles seront alertés et plieront bagage. Actuellement, les disquettes d'ordinateur et autres médias informatiques permettent de faire passer des millions d'informations vitales - et codées - en un rien de temps.

Si l'on veut donc constater toutes les voies de pénétration utilisées par la secte, tous les moyens délictueux ou criminels qu'elle utilise pour distiller son goût totalitaire de pouvoir, il faut tout coincer en même temps dans les orgs (essentiellement) : on chasse ici un gibier de potence à un milliard de dollars.

N'avalez pas toutes les comédies auxquelles vous aurez à assister, comme la fille enceinte qui aurait justement à accoucher dans la seconde, partant le faux ou vrai ventre plein de documents avec le premier taxi possible: accompagnez donc cette pseudo-parturiente jusqu'à la clinique avec un médecin assermenté qui récupérera le résultat de l'accouchement! Et ne vous gènez pas pour pénétrer les " confessionaux " de la secte: aucun patient ne mourra d'être une fois de plus dérangé pendant une " séance ".

Ou cet autre, pris d'un malaise qui l'emmène tout naturellement dans des toilettes à planque ou à double sortie, ou à téléphone secret, que sais-je ce qu'ils sont capables d'imaginer, tout doit être contrôlé; ils ont subi des exercices d'alerte valant bien ceux des pompiers de Paris. Ils ont, eux aussi, intérêt à éteindre le feu avant qu'il ne prenne, et ils auront toujours le feu aux fesses: on leur enseigne à ne jamais prendre une minute de retard pour quoi que ce soit.

Pas de signature sur les documents engageant la responsabilité pénale

Ce n'est pas non plus par hasard que l'essentiel des documents gênants n'est revêtu d'aucune signature lisible, d'aucun nom d'émetteur. Lorsque le service 'législation' des services spéciaux a mis en route les procédés illégaux (actes para-médicaux appliqués par des gens incompétents de la secte) du 'procédé de purification', tout venait par enveloppes ordinaires, sur papier ordinaire, sans signature, sans cachet. La seule identification possible était en jargon, dans le genre " Leg Off GO ", ce qui ne signifie pas 'lève la jambe et go', mais 'Officier chargé de la section légale du bureau du Gardien' - les affaires secrètes en 79. On ne discute pas les ordres, même s'ils sont sibyllins, tant qu'on sait qu'il s'agit bel et bien d'ordres émanant des affaires spéciales. On exécute, parfois on suggère une modification ou l'autre, mais on accepte.

Sinon, ils vous broient. Vous en avez pour des semaines et des mois à vous remettre de leurs méthodes dignes de Beria, fondateur du KGB. Sous d'aimables dehors de petites mignonnes ou de minets, ces fanatiques sont décidés à obtenir coûte que coûte ce qui a été décidé en haut lieu. S'il le faut, on vous envoie des séries de missionnaires très haut placés, depuis les Etats-Unis. Et je peux témoigner qu'ils sont plutôt insistants.

Et l'avocat, ou les avocats repérés comme scientologues, devraient être fouillés comme les autres, sans quoi la perquisition risque fort de ne pas apporter de fleuve pour faire tourner le moulin de la justice: tout aura disparu avant même que celle-ci ne s'en aperçoive.

Quelques détails du dernier procès: Danielle Gounord et Jean-Paul Chapellet, hauts responsables parisiens versés dans les services secrets, n'ont pu être condamnés directement par la justice lyonnaise, malgré les évidences de lien entre leurs activités parisiennes de porte-parole et de responsable des services secrets et l'affaire de Lyon. Je suis prèt à parier qu'ils seront condamnés à Paris, tôt ou tard - à moins qu'ils ne se décident enfin à dévoiler ce qu'ils savent, ce qui pourrait bien faire mettre l'essentiel des dirigeants français sous les verrous, et faire remonter les pénalités plus haut dans la hiérachie planétaire.

Courrier des staffs et du public - détournement de courrier privé

La paranoïa atteignait d'autres sommets encore dans la règle d'ouverture du courrier reçu dans les orgs: tout ce courrier doit obligatoirement n'être confié qu'à une seule personne autorisée, qui ouvre tout, y compris le courrier des étudiants ou du staff (règle du 3 Août 56). Ce règlement doit son existence à la possibilité qu'il y ait du liquide dans le courrier ! Hubbard ajoute même que l'ouverture du courrier personnel décourage les staffs de recevoir leur courrier à l'adresse du " business ". Il est revenu sur cette décision d'ouvrir le courrier personnel dix ans plus tard. Je suis sûr que l'équipe de gangsters actuels qui dirige a repris ce règlement partout où la loi le lui permet sans risquer d'attaques légales pour viol de correspondance privée. A Paris comme à St Hill et au Danemark, du courrier vieux de plusieurs mois traînait sans jamais être réexpédié à son destinataire par la secte.

Savez-vous ce qu'Hubbard écrit sur la justice et les lois dans le livret " Chemin du bonheur " ? " L'état et le gouvernement ont tendance à agir comme une machine non-pensante existant et fonctionnant sur la base de lois et de codes. Ils sont conçus pour traquer l'illégalité par la voie des moyens dont ils disposent. En tant que tels, ils peuvent constituer un ennemi implacable, inflexible, vis à vis des actes illégaux. Face aux lois et aux codes pénaux, la simple notion de bien et de mal ne compte pas: seule importe la loi.  " C'est en 1981 qu'il écrivait ça, après les condamnations des patrons scientologues. Le bien et le mal, c'est nous; la loi, c'est le mal!


FAMILLE ET SCIENTOLOGIE

Une 'bonne famille' est celle qui fut meilleure. (Cleveland Amory, Qui a tué la société, 1960)

Dans ma propre famille, les tactiques hubbardiennes de défense des intérêts scientologues ne furent pas brillantes dans leur résultat: j'étais alors du mauvais côté de la barrière; j'ai aidé ceux qui voulaient obtenir un avantage personnel en se basant sur les techniques d'Hubbard, sous prétexte qu'ils étaient scientologues comme moi. Le résultat fut simplement catastrophique, certaines plaies ne sont pas fermées encore, seize ou vingt ans après. Ceux qui ont appliqué ces procédés infamants à des gens qui n'avaient pour seul défaut que n'être point scientologues et défendre les intérêts familiaux aux dépens d'intérêts scientologues, moi inclus, ne sont pas fiers d'avoir suivi les enseignements conduisant à de pareils pataquès contraires à toute cordialité et à tout esprit de famille unie.

Je me suis même fâché contre mes propres parents, refusant de les voir des mois durant; pendant ce temps, ils attendaient simplement que je trouve par moi-même de quoi il retournait. C'est là une des rares fois où j'ai vu mon père adopter la patience comme ligne directrice : ce n'est pas habituel chez lui. Il lui en a fallu. Et il leur a fallu, à tous les deux, plus d'amour parental pour laisser courir nos idioties qu'à nous, qui pensions être dans notre bon droit de scientologues de génie, pour dire tant de bêtises contre eux afin de défendre la secte. Il leur en faut encore, avec mon frère, sa femme et leurs nourrissons, tous " enfermés là-bas ".

Une autre fois, nous avons fait tout ce que nous pouvions pour intervenir contre les parents d'un staff majeur, sympa et intelligent, un architecte diplômé que nous avions convaincu d'être des nôtres à 8 ou 1200F par mois, ça n'a pas marché. Ses parents étaient capables de nous faire face; nous avons eu beau les prendre en privé, leur faire une conférence privée dans notre salon aux boiseries Louis XIV, ils ne furent pas dupes, et surent convaincre leur fils que la façade se voulait peut-être merveilleuse, mais l'arrière-cour contenait des cadavres. L'affaire s'est bien terminée pour lui, mais combien de marins, combien de capitaines sont ainsi bloqués à la Sea org, sans familles pour les aider à en sortir? J'ai beaucoup admiré, en réalité, de trouver enfin un antagoniste qui ne s'en laissât pas conter.

Tout est prétexte à casser les liens familiaux, les liens d'amitié, que ce soit entre scientologues ou entre un non-scientologue et un scientologue. Suivant les préludes, il y a des bouleversements ou pas, mais l'aboutissement est presque toujours le même: ruptures, c'est toujours le NON-scientologue qui se montre le plus raisonnable et le plus humain, lors du déroulement; mais lui aussi risque de se lasser. Même les règlements annulés par Hubbard sont encore en activité dans la secte, sous une forme pernicieuse, car elle peut prétendre ne pas les appliquer, puisqu'ils sont " annulés " par le gourou; ils sont annulés dans les écrits, dans les formes, pas dans les faits, ni dans le fond : il existe en effet une lettre de règles exprimant que toutes les techniques 'anciennes' sont toujours valables.

Nous nous souvenons très bien d'une de nos 'clientes' en 1978; un professeur d'art, épouse d'un médecin, mère de trois filles, équilibrée malgré quelques difficultés maritales (qui n'en vit pas?) Nous n'avions pas encore reçu la bénédiction pour délivrer certains services à Lyon; nous avons donc envoyé cette personne à l'org de Paris, pour qu'elle reçoive la suite du programme. Elle en est revenue quelques jours plus tard en larmes, bouleversée au-delà du croyable, car à peine avait-elle achevé ce qu'elle était venu faire à Paris que deux 'chargés d'inscriptions' lui bondissaient dessus pour vendre d'autres services parisiens 'bien mieux délivrés qu'à Lyon', qu'il fallait qu'elle prît de suite, etc. etc. Elle a fini, des heures plus tard, à leur prendre cinquante francs de leur sauce pour avoir la paix. Entre-temps, ils s'étaient servis de tous les arguments, en particulier qu'elle n'avait peut-être pas vraiment eu de bons progrès avec le service qu'elle venait d'avoir et qu'elle avait attesté... mais ne voulant pas prendre d'autre service à Paris, cela cachait quelque chose, lui disait-on. Ils omettaient seulement d'ajouter que leur vente sauvage n'avait d'autre but que de faire grimper leurs mauvaises statistiques de la semaine : s'ils ne lui avaient pas vendu quelque chose, ils allaient se retrouver tous deux disciplinés par la secte! Ca, elle aurait pu le comprendre; le reste? des faux-semblants, des mensonges et des bouleversements pour la seule forme de la statistique de production de la journée ou de la semaine, affichée sur le mur de leur bureau.

Quand nous l'avons récupérée, il fallut réparer les dégâts évidents causés par ces massacres de vente-à-la-dure. Pas du tout évident de leur trouver la moindre excuse, il n'y a que l'explication du poste et de leurs statistiques de poste qui pouvait éclaircir la situation, et quelques explications sur les mauvaises dispositions globales de Paris à cette époque, avec les procès etc.

J'ai reçu, depuis mon départ, nombre de parents de scientologues ou leurs beaux-parents, s'inquiétant des mauvaises tournures prises dans l'entente d'un ménage  mixte - sciento avec non - sciento. Ca s'achève par des divorces dans la plupart des cas, surtout lorsqu'il y a trois francs six sous à piocher dans la caisse par le scientologue. Les enfants? Tant pis. La femme ou le mari? c'est une pute ou un salaud, de toute façon, un suppressif, quelqu'un qui est ennemi, puisqu'il ne veut pas de scientologie-dianétique.

Qu'a donc fait Hubbard en pareil cas? Quand il voulut divorcer de Sarah, il écrivit au FBI qu'elle avait été agent des nazis durant la guerre, agent-double et communiste après, qu'elle lui avait volé des documents capitaux pour les vendre aux russes. Or, il était bigame, puisqu'il s'était remarié en cachette entre-temps. Le FBI a classé sans suites; mention 'semble dérangé' sur le rapport concernant Hubbard. (Cité par Russell Miller)

"Un Scientologue : quelqu'un qui n'est pas une victime. " (LRH).

C'est ce qu'affichait la salle de cours à Lyon. C'est dans les textes.

D'accord pour ne pas être victime, sciento ou non. Mais de là à se ranger dans l'équipe des coupeurs de têtes, de ceux qui plantent " des têtes sur des pieux " (LRH), de ceux qui sont du côté du manche mais jamais de la cognée, de ceux qui préfèrent bourreau à victime, qui préfèrent cannibaliser les autres qu'être gênés dans leurs mouvements et leurs intentions ténébreuses, ah non. Il y a un pas. Il m'est arrivé trop souvent de le franchir. Pour le bien de la secte, pas pour le mien ou le nôtre, ni celui de la famille ou des amis. Sous des dehors de défense du couple et de l'amour, on trouve sous la SD un substrat de divorces et de séparations sans précédent; malgré des règlements anti-sexuels annoncés, les particularités de certaines techniques créent des divorces à la pelle, d'autant plus aisément qu'un seul époux sera scientologue. On aura vite fait de lui faire indirectement découvrir que son conjoint n'en valait pas la peine et qu'il pourra bien s'arranger avec les gosses et sans pension alimentaire. D'après une enquête de leurs propres services, un tiers des scientologues sont mariés, et 11% divorcés - un pourcentage de divorces équivalent à la population moyenne, même dans leurs chiffres: où sont donc les belles relations de couple? Constatons aussi la forte proportion de soi-disant célibataires.

J'ai surtout vu des divorcés ou des séparés, quand j'y étais: dans bien des cas, ils s'étaient mariés dans la secte; l'un des deux la quittant, se trouvait contraint de divorcer par l'autre. Il faudrait une statistique sur les gens ayant plus de cinq ans de sciento, pour savoir combien la secte a brisé de ménages, une seconde statistique démontrant la quantité de ménages mixtes (Scientologue avec non-scientologue) brisés par la secte.

Ce qui ne signifie pas qu'elle n'ait jamais réparé de couples, le cas se produit aussi. L'important serait de savoir combien lui doivent leur séparation, combien leur " réparation " conjugale.

Obsession (fanatisme)

La sciento, c'est une arrière-pensée, c'est ce qu'on a toujours en tête, quand on y est. Ca ne vous quitte jamais. C'est complètement obsédant. Si on l'oublie cinq minutes au cinéma ou en dormant, ça vous revient aussi vite que ça s'était estompé. On ne fait que ça, de peur sans doute de faire autre chose qui serait une " exaction " contre l'humanité. C'est probablement pour ça aussi qu'en la quittant et en commençant à comprendre ce qui se cachait derrière, on a vraiment la sensation d'avoir utilisé la sciento contre l'humanité, non pas pour elle.

Je ne suis pas pour autant devenu Saint R. Gonnet sous prétexte que j'ai quitté la sciento. N'allez pas lire autre chose que ce que vous pouvez voir; si j'avais été si bien avant, je n'en aurais jamais fait, probablement. Je n'étais pas plus saint avant que maintenant. Un ami, ex-scientologue, OT VII comme moi, ingénieur, me demandait tout à l'heure ce que j'avais gardé des bienfaits supposés de la sciento. Belle question : une certaine méfiance vis à vis de ceux qui professent un peu trop fort ce que l'on doit penser de la vie, de la philosophie, des hommes, de dieu, etc. C'est ma réponse. Ce qui ne m'empêche pas, à titre de contradiction intérieure, d'être en train d'écrire ce que je pense de la secte; la différence étant que je ne fais rien de particulier en plus pour vendre mes convictions; que j'espère oeuvrer plutôt dans le sens de la liberté que dans celui de l'esclavage, et que je ne risque pas plus de fonder une secte qu' un mouvement politique ou philosophique; mais il ne s'agit que d'une déclaration d'intentions.


MENSONGES ET SECRETS : Tech du mystère

" Plus le mensonge est énorme, plus il risque d'être cru. " (Adolf Hitler, Mein Kampf)

" Je n'ai rencontré personne ayant un sens moral submergeant qui ne soit simultanément privé de coeur, cruel, vindicatif, bête comme l'oie et manquant tout à fait d'humanité. Les gens moraux, ceux à qui l'on donne cet épithète, ne sont que des animaux. Je préfère cinquante vices peu naturels à cette unique vertu sans naturel. " (Oscar Wilde)

" Lorsque celui qui écoute ne comprend pas celui qui lui parle, que celui qui parle ne sait pas ce qu'il veut signifier, il s'agit de philosophie. " (Voltaire, Candide)

AVERTISSEMENT AU LECTEUR : le sujet est indigeste pour ceux qui n'ont pas reçu de préparation !

Les niveaux secrets, les découvertes fondamentales d'Hubbard, l'état de clair, la Dianétique de l'Ere Nouvelle pour les OTs, les " implants électroniques d'OT II " et le Mur du Feu (OT III) sont les pierres angulaires de la " technicité remarquable " atteinte par Hubbard dans l'unique but de pousser les gens plus loin sur le pont. Il n'a pas fait mystère de son but et des moyens qu'il comptait utiliser pour parvenir à garder les rares individus qu'il parvenait à convaincre grâce à son premier livre. Le mystère est bien présent.

Aperçu des bases " techniques "

Dans ce livre, la Dianétique, science moderne de la santé mentale, rebaptisé après sa mort 'la puissance de l'esprit sur le corps', Hubbard exprime la théorie que voici, en 470 pages.

L'homme subit des violences physiques, accompagnées d'inconscience partielle ou totale. Par exemple, il a un accident de voiture; il se cogne la tête, tombe dans le coma.

Il peut se trouver en compagnie d'une personne qui meurt dans l'accident, si bien qu'il éprouve la perte d'un être cher.

Enfin, il peut, quelque temps plus tard, rencontrer dans sa vie des circonstances lui rappelant inconsciemment l'accident subi; disons qu'il voit des voitures.

La première étape, douleur + inconscience, a été nommée engramme.

La seconde étape, perte d'un être cher, ou toute autre perte, qu'il s'agisse d'un objet cassé, d'un animal domestique, d'une situation etc. - s'appelle en Dianétique un secondaire. Secondaire = perte.

La troisième étape, celle durant laquelle on se " souvient " inconsciemment de l'un ou l'autre des incidents (engrammes ou secondaires) précédents, a été nommée un " verrou, ou lock ".

Hubbard explique que l'être humain enregistre tous les moments de son existence à raison de 25 images par seconde, y compris les moments d'inconscience. Il pense que tout ce qui est perceptible durant ces moments d'inconscience, et tout ce qui est vécu de façon générale par un être humain, toutes les perceptions sans aucune exception, sont enregistrées sur une sorte de mémoire non physique sans autre support que la personne elle-même: selon lui, il ne manque jamais rien à cette mémoire, nommée soit " piste du temps ", soit " bank des engrammes ", ou mental réactif. Cette mémoire inconsciente selon lui, contiendrait absolument toutes les images d'un passé infini, puisque les premières images " datées " par ses soins ont 4 quadrillions d'années, et qu'elles ont été précédées d'images d' univers antérieurs à cela !

Il prédit que si on fait retrouver à une personne le contenu de son passé inconscient, qu'on lui fait 'revivre' ou 'se souvenir comme si c'était dans le temps présent', ou 'revivifier' le contenu inconscient du " mental ", dont il précise bien qu'il ne s'agit pas du cerveau, la personne va devenir ou redevenir quasi parfaite : c'est l'état de clair ; la personne serait " clarifiée " des engrammes et leurs satellites, les verrous et les secondaires.

Pourquoi, si le mental n'est pas au moins en partie dans le cerveau, refuse - t'on en sciento toute personne ayant subi le moindre dégât de ce côté-là ?

Quand la personne aurait retrouvé le contenu de son passé tel qu'il a existé, cela suffirait à faire disparaître toute trace mentale et donc, tout ennui, toute " aberration " venant du passé.

Si, à la suite de l'exemple de l'accident de voiture, la personne a mal à la tête, c'est parce que le contenu complet de l'engramme de cet accident se déplace en quelque sorte " dans le présent ", remettant en route les douleurs, les émotions négatives et toutes les autres choses présentes dans l'engramme, inconscience incluse. La personne se trouvant " en partie " dans le présent, cette réactivation du contenu passé désagréable de l' accident est moins forte que si la personne se trouve au moment même de l'accident, mais ce retour inconscient du passé suffirait à réactiver divers éléments, plus ou moins fortement.

Toujours dans cet exemple, si la technique hubbardienne vous force à vous souvenir 'consciemment' du contenu de l'incident, vous allez 'effacer' l'engramme et tout ce qui s'y trouve lié; vous allez faire passer ce moment inconscient dans votre mémoire consciente, passer du " mental réactif " ou " réactionnel " au " mental analytique ".

L'inconscience ayant disparu, vous n'aurez plus de retour inconscient de douleurs et autres aberrations, du fait que vous verrez la situation telle qu'elle a été.

Je vous passe les innombrables détails sur lesquels l'auteur s'arrête, expliquant grâce à son principe que toutes les anomalies humaines, toutes les " aberrations " de comportement, toutes les maladies somatiques, toutes les difficultés rencontrées dans l'existence qui proviendraient de ces trois choses: les engrammes en premier lieu, les verrous et secondaires ensuite. Si on les fait revivre à la personne, elle perdrait par la même occasion toutes ses aberrations, tous ses ennuis somatiques, toutes ses tares physiques.

Qualités des " clairs " : nulle

Résumons : la personne devient claire, débarrassée à jamais de toute difficulté, son Q.I. grimpe considérablement, il est supérieur à 135 chez les clairs, etc.

L'ennui, c'est que ça n'existe pas. L'ennui, c'est qu'il se contredit dans les grandes lignes comme dans les détails, dans toute la suite de son " programme. " L'ennui, c'est qu'aucun clair ayant fait tout le chemin prévu et l'ayant attesté n'a jamais reçu de tests externes montrant sa parfaite mémoire et son absence d'erreurs de raisonnement, fut-ce seulement vis-à-vis de lui-même. Les 'clairs' sont bons en calcul ou pas bons; ils ont de la mémoire, enfin, ils en ont plus ou moins - pas forcément plus qu'avant de devenir clairs;- j'en ai personnellement bien moins qu'avant, et ceci, depuis la sciento - ils ont de l'orthographe ou pas - cela aussi prouve une mauvaise mémoire; ils sont en bonne santé ou pas; ils font des idioties les concernant eux-mêmes ou pas; ils s'entendent bien avec les autres ou pas.

On pourrait faire ces mêmes remarques à propos de toute aptitude prétendue : les clairs meurent aussi du cancer, ont des rhumes, sont parfois colériques, parfois assez stupides face à des problèmes très simples; ils fument ou non, ils ont une bonne communication, mais j'en connais qui ont d'énormes problèmes à ce sujet; ils ont des rhumatismes comme tout le monde - parfois moins que la moyenne, mais je n'ai pas de statistiques pour en être certain - ils boivent de l'alcool - ou n'en boivent pas, prennent ou non des médicaments: Hubbard en a pris aussi, et les réclamait à cor et à cris, quand il se croyait proche de la mort. Les clairs portent portent des lunettes ou non. Ils sont homosexuels ou pas. (Ceux que je connaissais pour l'être avant d'être clairs le sont encore après). Non pas que j'estime cela comme une aberration majeure, ou comme une aberration tout court: chacun voit midi à son horloge, dans ce domaine. En tout état de cause, les clairs ne diffèrent objectivement en rien de ceux qui ne le sont pas.

Il doit donc exister quelque problème dans les explications du premier livre d'Hubbard. Certaines des données doivent être inexactes ou perverties ou impossibles à mettre en application sans commettre d'erreurs. Qu'à cela ne tienne! Ayant eu à constater le ridicule de la situation des clairs qu'il avait inventés avec sa technique extraordinaire et plus puissante que tout ce qui avait existé auparavant dans le domaine humain, sa première solution consista à filer ailleurs, une fois la supercherie dévoilée en public, et à la faire avaler telle quelle à d'autres gens. Il s'en trouve toujours qui obtiendront des résultats placébo. Peu importe si la première fondation dianétique perd la moitié des gens durant les deux premières séances d'audition; peu importe qu'il n'en reste qu'un quart une semaine plus tard: il en reste assez pour en auditer d'autres ensuite. Quelques satisfaits en ramèneront d'autres.

Peu importe que ces fuites devant la dianétique soient dues aux 'erreurs d'audition': à cette époque, il n'y a personne pour surveiller ces auditions ni ces auditeurs. Chacun fait un peu ce qu'il croit avoir compris.

Peu importe si c'est la tech exacte d'Hubbard ou celle d'un de ses acolytes qui donne des résultats, du moment qu'il y a des résultats, dans quelques cas.

Que l'organisation soit déficiente au point d'être acculée à la faillite ne gêne pas Hubbard. Contrairement aux procédés de psychologie qui demandent des années et des années d'études difficiles, la tech d'Hubbard peut s'appliquer dès que vous avez compris quelques phénomènes essentiels et quelques termes principaux, que vous avez fait quelques exercices d'application - pas obligatoires. J'ai eu de petits résultats avec ma femme sans cela - dès que vous en avez une idée vague, vous pouvez foncer : on n'est pas à court de préclairs et de patients potentiels sur cette planète.On va les chercher dans la rue, il y en a partout. Et tant pis si on en rate la majorité, ou s'ils décampent dare - dare.

Qu'Hubbard soit attaqué par ses créditeurs ne le dérange pas; il s'en va faire sa tache d'huile ailleurs. Il fuit.

Il a même le culot monstrueux d'attaquer en justice celui qui l'a le plus soutenu financièrement.

Ratés et fuites

Que les démonstrations piteuses de clairs prétendus fassent rire la salle, que les journalistes se déchaînent contre son système, peu importe. Soyons pratiques et pragmatiques: les impostures qui ont fonctionné et rapporté ici peuvent fonctionner et rapporter ailleurs. Wichita, Phoenix, Elisabeth, Washington, Afrique du Sud (c'est bien, là-bas, ils n'aiment pas plus les " blacks " qu'Hubbard, surtout que ces " andouilles de négros " africains du sud n'ont pas un sou à mettre dans sa sciento) - Nouvelle-Zélande - Australie, zut, il n'y a personne dans l'Antarctique, le rideau de fer n'est pas ouvert, Moscou n'est pas à ma portée.

On laisse des ardoises. Des déçus. Peu importe, suffit de continuer, on parvient de temps à autre à cartonner.

Vies antérieures

Ne déduisez pas de ce qui suit des certitudes de ma part quant à l'existence ou inexistence de vies postérieures ou antérieures: c'est de l'usage qu'en a fait le gourou qu'il est question.

Puisque le clair dianétique a été un fiasco, n'admettons pas nous être leurrés, et encore moins avoir leurré les autres. Il y a mieux à faire. Il y a du potentiel, nom d'un chien, tous ces milliards de types débiles qui avalent tout ! Bon, sortons les discours sur les vies antérieures : il y a quelques hurluberlus qui ont revécu ça en audition à Phœnix ou à Wichita. On va mettre çà dans 'Science de la Survie ', qu'il écrit en 1951; on va faire passer ça en douceur, en petits caractères, que les gens ne soient pas trop choqués; il va sûrement s'en trouver à qui ça plaira, ces vies antérieures, des gens curieux de tout. Et ça pourra servir, on ne sait jamais. C'est bien, cette histoire sur les vies antérieures, il y a justement une mode du Tibet, ces temps-ci, de l'orientalisme, du judo, du yoga, faisons leur du Kama-Scientogras...

C'est parti.

Le clair Dianétique et ses illusions s'envolent vers des lieux plus éthérés. Hubbard démontre brillamment qu'il lui reste du bagout, de la ressource, que son imagination n'est pas tombée à plat. Il s'envole dans les vies antérieures, poursuivi de ses quelques fidèles (au début, quelques uns étaient célèbres, mais pas plus ni moins que de nos jours), et dans sa nouvelle 'percée magnifique' dans le domaine humain. La Scientologie, qui s'adresse à l'être spirituel, devient la science capable de fabriquer le clair des rêves de l'humanité tout entière.

Aucune importance, qu'on n'ait pas eu tout à fait des clairs avec la Dianétique. La Scientofolie y pourvoira. Dieu-fait-Hubbard y pourvoira. Les clairs suivants sont plus chers et plus longs à obtenir au tarif. Echaudé par l'affaire des débuts, Hubbard invente coup sur coup des niveaux O, 1, 2, 3; puis des grades intérieurs aux niveaux, 1, 2, 3, 4, V, pourquoi pas VA, VI, qui parviendraient enfin à l'état de clair.

Dieu d'abord, le pape ensuite

Dans un superbe ronflement de tambours, le premier auditeur a avoir " transformé Hubbard en clair " est nommé Pape de la Scientologie. Stewart Lamont l'a rencontré, l'ex- pape, au fond d'un petit appartement londonien, buvant autant que les papes de la chrétienté d'il y a huit siècles, mais moins riche, bien moins riche. Un Pape à la Hubbard, ça n'a pas les moyens, on ne leur paie pas de retraite, même anticipée. Hubbard a les moyens. Hubbard reste le vrai Pape-Dieu, c'est lui qui a nommé l'autre, lui, il reste le nominateur des Papes, l'infaillible, le tout-puissant.

Je n'essaie même plus de discuter sur les fondements technologiques précis de l'affaire: à quoi bon! Il y a trente-six mille bonnes possibilités psychologiques pour aider un être humain, aussi longtemps que vous l'écoutez sans vous en faire et sans l'interrompre avec des jugements. On peut donc penser que le simple fait d'écouter, de poser des questions, n'importe quelles questions, dont la personne comprenne le contenu, peut aider une personne à y voir clair.

Vous serait-il déjà arrivé, simplement en bavardant amicalement, de découvrir que certaines choses s'éclaircissent simplement parce que vous êtes en communication ? Ca ne lui a pas échappé. Un des procédés les plus répandus là-bas s'appelle la 'communication réciproque'. Il s'agit d'un bavardage dirigé sur un sujet détecté par électromètre, avec des incursions en direction du passé. C'est à la manière de psychologues, à la différence des incursions dans le passé. Au lieu de laisser indéfiniment le garçon ou la fille raconter le même 'incident', on le/la ramène un peu plus loin dans le passé, vers des incidents d'enfance ou de vies antérieures supposées ou réelles. (Je ne me prononce pas bien que j'ai une idée précise et concordante.).

Ca marche souvent, quand les auditeurs savent lire un électromètre, une 'aiguille libre' qui leur indique que ça va à peu près ou assez bien chez le patient. Mais oui, sinon comment voulez-vous qu'Hubbard réussisse à convaincre! Il y a des choses qui marchent.

Mais pas l'affaire du clair scientologue. Toujours relativement incapable de démontrer ses prodigieux changements intérieurs, ce clair-là. Mais toujours vénéré par ceux qui viennent d'arriver et qui feront le bataillon de clairs bidons de demain. Ce clair supposé, ça ne marche pas? Qu'à cela ne tienne, nos nouvelles découvertes exceptionnello-xtraordinaires-néo-nouvelles ont montré qu'il y avait mieux que le clair: il fallait mieux; il y a le Thétan Opérant, " l'OT ", le niveau où l'on devient " cause sur la vie, cause sur toutes les dynamiques, cause sur Dieu - huitième dynamique -, OT oblige "!

Ma femme, plus de quinze de nos connaissances intimes et moi sommes des OTs. Je n'en ai même pas vu un seul, moi inclus, qui sache déplacer la moindre fraction d'allumette sur la table sans y toucher ou souffler dessus avec ses moyens physiques; je n'en ai pas encore vu un seul qui puisse faire obéir son chien (c'est pourtant obéissant, ces bêtes-là), du premier coup et à chaque fois (chiens et allumettes se trouvent dans la catégorie sixième dynamique d'Hubbard); je n'en ai pas vu un seul qui se débrouille vraiment bien dans ses problèmes de travail (troisième dynamique), ou dont la famille soit parfaite (deuxième dynamique), ou pire encore, qui ne tombe pas parfois malade comme tout le monde. Les niveaux OTs, c'est de l'escroquerie pure et dure. C'est vraiment fort, comme...

En quelques paragraphes, ce que l'on y trouve d'ultra-secret confidentiel, dangereux pour toute personne qui le lit mais n'est pas préparée - rassurez-vous, personne n'est mort depuis que ces 'études secrètes' ont été dévoilées à plusieurs dizaines de reprises, par Paulette Cooper aux Etats-Unis, ensuite en Hollande, par moi ou d'autres en France etc.

Etudes secrétes et dangereuses

Le danger de ces matériaux secrets se trouve donc surtout dans l'idée que s'en font les scientologues eux-mêmes. Il y en a qui sont effectivement tombés malades, autosuggestion oblige. Et soit dit entre nous, il semblerait bien que l'équipe actuelle ait trafiqué les bulletins d'Hubbard sur les niveaux OT, car certains m'en ont fait une description assez différente de ce que j'ai étudié à l'époque !

Je passe les 'powers' (Niveaux de la puissance) du grade 5 et 5A; on y " localise une source ". Vous. Et durant ce niveau, vous portez un brassard interdisant qu'on vous parle, ce pourrait " être dangereux pour votre équilibre " !

La routine n°6 des mots terminaux n'est pas sans intérêt. Larry Wollersheim, dans son rapport notarié contre la secte, pense que c'est une façon comme un autre d'induire une forme d'obéissance chez les membres; je n'en suis pas si sûr, ou, plus exactement, je crois que tout procédé finit par induire une obéissance due aux convictions intimes se renforçant. On peut quand-même penser qu'avec ses idées tordues, Hubbard ait cherché à obtenir de tels résultats. Qu'il y ait partiellement réussi saute aux yeux, mais je n'irai pas jusqu'à attribuer ces réussites aux matériaux secrets de la routine n° 6, ni des niveaux suivants, mise au clair et OT. C'est trop ésotérique, trop verbal, comme système. Comme l'essentiel du matériau écrit par Lafayette Hubbard, ça sent le froid, le mental, l'intellect.

Je ne me souviens guère de la mise au clair, n'ayant pas eu à m'en appliquer les matériaux, mais seulement à les étudier avant de me faire auditer sur OT I, niveau tout à fait innocent qui pourrait être tout aussi bien transformé en un quelconque exercice: on apprend à mieux placer son intention dans des gens qu'on rencontre dans la rue, cela demande une heure ou deux pour acquérir la certitude qu'on a souvent déjà bien avant, à savoir que l'on peut être, par exemple, remarqué par quelqu'un qui ne vous voit pas et qui se retourne quand vous le regardez. On essaie, sur OT I, d'aller un peu plus loin. J'ai dit " tout à fait innocent " quant à " placer son intention dans les autres " ? Pas tant que ça. L'idée fait froid dans le dos ; elle sent la magie blanche, le contrôle de la pensée d'autrui à distance, mais je doute que beaucoup de scientologues s'en soient rendus compte en le faisant.

OT II n'est pas du tout du même tonneau. Il s'agit de parcourir des séries de mots, souvent opposés, se trouvant soi-disant dans des " engrammes électroniques " subis il y a pas mal de millions d'années. Exemple : aimer-haïr, ou 'amour-haine'; il y en a des listes incroyablement longues, des dizaines de pages, et tout ce niveau se parcourt en s'auditant soi-même, et en notant les réactions de l'électromètre. Il y a aussi des objets pleins ou creux, choses ésotériques. C'est le niveau le plus fatigant qui soit, on doit parcourir dix fois toutes ces listes incroyables d'antithèses et d'autres bizarreries, sans en attendre quoi que ce soit d'autre que des réactions de l'électromètre, accompagnées parfois d'une prise de conscience plus ou moins nette, souvent sans rapport avec les mots lus pour soi. L'ennui profond. Faut vraiment y croire pour espérer en tirer quelque chose. C'est à partir de ce niveau que j'ai enfin compris que c'était MOI qui faisais réagir l'électromètre parce que j'attendais que l'électromètre réagisse comme le disait Hubbard: je créais suffisamment de charge pour qu'elle devienne mesurable.

C'est possible que toutes ces significations qu'on lit, relit, et re-relit aient finalement un effet de piège sur ceux qui les parcourent des semaines durant. A part cet ennui immense qui finissait par m'envahir chaque jour, je n'ai pas ressenti de conditionnement à ce niveau; d'autres peuvent penser le contraire : je ne suis pas " dans leur tête " pour voir le résultat.

Le secret mortel

Le fin du fin, c'est le mur du feu, OT III, nommé aussi " Incident II ". La couverture de la Dianétique ainsi que bon nombre des publications de la secte montrent un volcan, lié à ce mur du feu. Voici le secret des secrets :

Il y a 75 millions d'années, un traître nommé Xénu aurait capturé tous les gens des planètes environnant les 26 étoiles de la galaxie, les auraient congelés, et transportés par vaisseaux interplanétaires dans des stations d'empaquetage, puis aurait envoyé ces 'paquets de thétans' dans des zones volcaniques de la terre, alors nommée Teegeeack. Ensuite, il aurait fait sauter des bombes thermonucléaires dans les cratères des volcans. Puis il aurait bombardé tous ces gens empaquetés entre eux, au moyen " d'implants électroniques " contenant toutes sortes d'images et de significations, qui seraient actuellement reproduits sur terre: cela contenait des images de trains, bateaux etc.

Nous, êtres humains, serions non pas des entités uniques, des gens 'simples' en quelque sorte, mais des gens abritant une foule de milliers et milliers de ces thétans, ces êtres empaquetés ensemble. Sur OT III, on est censé 'auditer télépathiquement' tous les " thétans de corps " qu'on ressent. Ces 'thétans de corps' seraient la cause de nos maux, de nos aberrations, etc. Il faut tous les envoyer paître ailleurs, après les avoir réveillés, les avoir audités en leur faisant passer cette affaire de bombe H et ce qui va avec; si cela ne suffit pas, on envoie les  " thétans de corps " quatre quadrillions d'années plus tôt dans leur mémoire, et là, on leur fait 'repasser' un autre incident, qui ne contient pas de bombe H ou d'implants: il s'agit d'une sorte d'image datant donc de quatre quadrillions d'années, (oui, oui!), où l'on assiste à l'arrivée d'anges, d'un carrosse, avec trompettes. Il nomme cette historiette " l'incident Un ".

Hubbard a d'ailleurs publié le 30/7/80 un bulletin technique NON CONFIDENTIEL cherchant à " restimuler " OTIII le mur du feu chez les scientologues; ce bulletin , intitulé " la nature de l'être ", dit mot pour mot qu'un être humain n'est pas un être unique; que ce n'est pas une unité d'être simple; qu'il y a les entités, etc.

Si les thétans de corps ne veulent toujours pas décrocher de nous, on les envoie dans un ou plusieurs " univers antérieurs " à ces quatre quadrillions d'années.

Nous avons passé des semaines à faire ça, à auditer des thétans de corps; je connais des personnes qui ont audité ces affaires-là durant des années et des années, à raison de deux ou trois mois par an, soit environ 6000 heures rien qu'à essayer d'arriver au bout.

Quand j'ai cru y être parvenu, au bout de 200 heures environ, j'ai attesté en toute bonne foi: c'est dire l'état mental dans lequel on se trouve. Mais je n'ai pas pardonné à Hubbard, qui insiste tout au long des études scientologiques sur la nécessité d'être absolument sûr d'attester quand on a fini un niveau, de nous faire faire à tous, sans exception, le niveau OT III amplifié... car que fait-on sur OT III amplifié ? On continue à auditer tous les thétans de corps qu'on a oubliés sur OT III, quand bien même on aurait attesté la veille ne plus en avoir et " être seul dans son univers ".

Autrement dit, même si on y croit, Hubbard vous fait 'attester faussement' ce niveau, pour apprendre aux nouveaux frais émoulus du parcours démentiel qu'ils n'ont qu'à continuer, que ce n'est pas du tout fini comme ils l'ont attesté.

Et que croyez-vous faire sur les niveaux NED pour OT, c'est à dire OT IV à OT VII? On recommence à auditer des thétans de corps, sur une variante qui coûte beaucoup plus cher, car si l'on s'audite soi-même pendant des centaines d'heures ou plus sur OT III, c'est un auditeur très coûteux qui vous reprend sur OT IV et V...On ne sait brusquement plus s'auditer ou auditer ces 'thétans de corps'; c'est l'autre auditeur qui vous donne les commandements d'audition, à 4500 F de l'heure. Ca fait cher, vu les milliers et milliers de ces choses que l'on croit devoir faire sauter.

Sorcellerie

Si l'on y réfléchit, ces histoires de thétans collés à vous sont de la sorcellerie, mais la sorcellerie a une certaine base de réalités, de mon point de vue. Je ne crois pas aux thétans de corps, à OT III et ces fantaisies, mais j'ai par contre observé que les idées qui nous viennent peuvent être les nôtres - ou venir de quelque autre source vivante. Les idées, les pensées, dit déjà Balzac (considéré fréquemment comme un grand initié chez divers mouvements ésotériques) dans " La Peau de Chagrin ", peuvent parfois se comporter comme s'il s'agissait d'entités séparées de leur concepteur, de leur 'créateur', de nous.

S'il n'est donc pas forcément idiot d'imaginer de faire le tri dans ce qu'on garde et ce qu'on jette sur le plan de ces idées-devenues-entités, ça n'a a toutefois guère de rapports avec les schémas science-fictifs d'Hubbard. Mais ça rapporterait bien moins de tenter de se séparer d'idées-entités que de se faire " glaner ces thétans de corps " à 6500 F de l'heure!

Et puis, on ne pourrait pas en faire des images de volcan, appeler ça le mur du feu, et le faire auditer à coups de millions; les adeptes ne comprendraient pas pourquoi garder tout ça secret dans les coffres blindés des 'organisations avancées' ou de Flag, la 'Mecque de haute technologie', comme ils l'appellent. Ca ne ferait pas sérieux, après ces centaines d'engrammes, ces vies antérieures, ces innombrables procédés d'ultra-technologie, d'aboutir à quelque chose d'aussi simpliste!

Pourquoi faire simple et vraisemblable, si les gens avalent le compliqué et dérisoirement fumeux pour bien plus cher ?

Hubbard a monté son coup d'OT III depuis fort longtemps. Dans ses conférences des années 50-51, actuellement en cours d'édition dans d'énormes pavés reliés en bleu et très très chers, Hubbard parlait déjà d'entités, de problèmes de 'valences' (des personnalités imitées inconsciemment par l'individu). Qu'il en soit arrivé à ce point OT III, " très guerres - des - titans " au lieu de guerre des thétans, ça n'a rien d'étonnant; son premier métier était la science-fiction, dont il fut un des précurseurs.

Comme Dali, il avait le sens des lancements; chaque nouveauté était pré-programmée des années ou des mois durant; quelques bribes étaient lâchées dans le cercle des initiés qui voyaient là une étape supplémentaire au génie reconnu... et une étape en moins à leur compte en banque. Mais ils ne lâchaient pas tous. On n'en voyait par contre beaucoup d'occupés à chercher le soutien d'une mourante vie.

Scientologie peut-elle passer pour psychologie?

En résumant les étapes de ce pont jusqu'à OT VII, on trouve au début une forme praticable de psychologie appliquée. Ensuite, on glisse lentement dans les lubies, puis les folies hubbardiennes. Il faudrait probablement tout remettre à plat des premiers pas techniques, c'est ce que font nombre des anciens auditeurs de la secte qui ont 'trahi' Hubbard en utilisant certaines de ses données, et en faisant sauter nombre de fantaisies. Leurs avis sont très partagés sur cette redéfinition des étapes à utiliser, à modifier ou à supprimer.

Comparons ce qui se passe chez ces dissidents à ce que l'on constate chez les psychologues: ces derniers n'utilisent pas tous les mêmes outils: un penchant tout à fait compréhensible les incite à se servir de ce qu'ils ressentent mieux pour le patient, de ce qu'ils comprennent le mieux, qui leur semble meilleur ou plus pratique, ou à prendre ce qui a bien marché pour eux-mêmes. Quand nous discutons de ce qui nous a plu ou déplu dans la longue route, les uns ont préféré le niveau zéro, d'autres le un et le trois, d'autres le quatre. Ne sont presque jamais cités comme 'bons moments' les niveaux supérieurs secrets. Ils sont au contraire souvent la cible de l'essentiel des critiques, mis à part les manies disciplinaires de la secte, qui n'ont jamais laissé de bons souvenirs.

Les niveaux secrets ? Ah non alors. Et dans quel but? Rien de réellement spirituel dans tout cela, pas plus qu'en psychanalyse ou ailleurs. Bien sûr, il y a l'électromètre. Mais.


L'ELECTROMETRE HUBBARD

" L'électromètre est un artifice religieux développé à l'usage exclusif des Ministres ordonnés et des étudiants en théologie qu'on entraîne à s'en servir lors du ministère de l'Eglise. Il n'est pas destiné à être utilisé pour diagnostiquer ou soigner des maladies physiques, ni pour leur traitement ou leur prévention; l'Eglise l'interdit. Il ne fait rien en lui-même et ne doit en aucun cas servir à des fins scientifiques ou médicales , etc., etc. " (manuel de propriétaire de l'électromètre, et divers autres documents de scientologie-dianétique)

C'est donc un artifice religieux qui ne fait rien? J'ai traduit exprès le terme anglais d'artefact, généralement employé comme " produit artificiel ", ou " produit de l'art ", par artifice, dont le sens n'est pas autre. En la jouant façon magnanime, admettons que " l'art " ait produit cet objet " religieux "; mais il ne fait rien par lui-même et ne peut servir aux prévention, diagnostic ou traitement de maladies, il n'a rien de scientifique ni de médical ? Il est d'ailleurs interdit aux psychologues et autres analystes ou médecins de s'en servir, dit la garantie; elle prétend même que cet usage serait prohibé par la loi américaine. Là, j'ai des doutes. Vous pouvez acheter l'appareil, mais vous n'auriez le droit de vous en servir que de manière " ecclésiastique "? De quel droit américain s'agirait-il donc ? Un droit de semi-propriété, une façon de nouveauté scientologue ? La secte se projette au-delà, bien au-delà des lois.

N'allez pas croire non plus que cet appareil ne serve à rien, même s'il ne fait rien. Voici une autre définition: " Instrument électronique destiné à mesurer l'état mental et ses changements chez les gens, aidant à la précision et à la rapidité de l'audition. ". Une autre : " cet appareil réagit avant que la donnée ne parvienne au niveau conscient du patient. " (Dictionnaire technique de SD).

Si vous n'en avez pas vu, sachez qu'il s'agit d'une boîte en bois avec un cadran et 5 manettes ou boutons, pour le modèle " Mark V ", et d'un boîtier plastique avec un cadran, deux ou trois compteurs, 2 manettes et trois boutons, pour les modèles plus récents, " Mark VI et Mark VII. "

Dedans, quelques circuits électroniques très simples, une batterie d'emploi, le tout fourni dans un attaché-case plastique, pour le prix d'un ordinateur de bureau très très puissant.

L'électromètre fonctionne en partie dans les conditions définies par Hubbard. Ces conditions sont complexes à comprendre, je ne m'y étendrai pas trop. Avec beaucoup de veine et de très bons techniciens, il n' y a pas trop d'erreurs d'électrométrie. Ces conditions sont rarement réunies; les scientos accumulent souvent les erreurs les plus grossières qui s'ajoutent aux diverses choses qu'Hubbard a mal définies ou mal analysées.

On se sert bien ailleurs de détecteurs divers - électro-encéphalographes, détecteurs d'ondes alpha, détecteurs de mensonges, scanners, de rayonnements nucléaires, d'échos magnétiques, de dopplers, pourquoi pas d'un électromètre ?

Test de l'électropsychomètre
Si vous faites le célèbre
" test du pincement " avec l'appareil, il marche souvent. Cela consiste à faire prendre les boites servant d'électrodes à une personne, à pincer cette personne en regardant l'électromètre: - il se produit un mouvement de l'aiguille vers la droite de l'écran, au moment du pincement; il peut même s'en produire avant le pincement, si vous avez fait peur à la personne, et un deuxième mouvement lors du pincement. Ensuite, on demande à la personne de repenser au moment où on l'a pincée: un mouvement du même genre se reproduit souvent sur le cadran.

Sur quoi se base-t'il ? Il s'agit d'un ohmmètre assez sensible, réglable de 1000 ohms environ à 1 million d'ohms, à peu près. Lorsque quelqu'un a de la " charge mentale ", cette charge fait augmenter ou diminuer la résistance moyenne du corps de la personne, c'est à dire que sa résistance peut passer de 2500 ohms à 3000, puis 3500, par exemple. Lorsqu'on demande à quelqu'un de penser à une chose désagréable, il peut se produire une chute de la résistance du corps, ou une augmentation de cette résistance, selon les cas. Les graduations en ohms (résistance au passage d'un courant) ne sont pas indiquées, ce sont des chiffres de 1 à 6 qui les remplacent.

Hubbard déclare que la résistance du corps humain est de 5000 ohms pour le cadavre féminin, 12500 pour l'homme. C' est faux. Les scientologues n'ont ils jamais observé qu'il n'y avait pratiquement pas d'écart des réglages entre les hommes et les femmes qu'ils auditent ? N'ont-ils pas observé qu'Hubbard n'a jamais différencié, par sexe, la zone convenable des 'aiguilles libres' sur les cadrans ? J'ai personnellement observé une résistance moyenne en ohm supérieure chez les femmes ; c'est toujours chez des hommes que j'ai rencontré les résistances très basses (inférieures à 2500 ohms), ce qui contredit Hubbard - il est vrai que je n'ai guère eu plus de 800 cas à voir. La résistance est à peu près la même pour les deux sexes; il y a cependant de grandes différences individuelles. Certains ont une résistance aux environs de 3500 ohms, d'autres sont à 4000 - il s'agit là de taux moyens, qui sont susceptibles de beaucoup varier en fonction des 'charges' contactées tout au long de sa vie par la personne. La colère aurait tendance à augmenter la résistance, le chagrin, à la diminuer ou à l'augmenter, selon les cas.

Si la personne est en forme, on constate que l'aiguille se ballade tranquillement sur le cadran, de droite et de gauche, sans faire de mouvements précis ni brutaux. En sciento, on dit que cette 'aiguille flotte'.

Hubbard a décrit ce mouvement particulier de façon absurde dans un bulletin technique, mais malgré les protestations parfaitement justifiées, il n'a jamais remédié à sa propre description incorrecte.

Ce n'est pas le pire. On se sert de l'outil pour déterminer ce qui ne va pas, ce qu'il faudrait peut-être auditer, etc. Par exemple, durant la procédure sur les drogues, l'auditeur note toutes les réactions de l'aiguille pendant que vous dites les noms des médicaments, drogues et alcools que vous avez pris au cours de votre existence.

Ceux qui donnent une réaction particulière sont audités. Ceux qui n'en donnent pas ne le sont pas.

Quand on estime avoir fini l'audition de tous les médicaments ou drogues qui avaient réagi, on relit sa liste à la personne, pour noter s'il y a d'autres réactions.

Cela fait, on audite ce qui a réagi, puis on relit, jusqu'à ce que rien ne réagisse; cette procédure peut demander cent ou trois cents heures chez certains. Ensuite, on la fait achever et attester à la personne, même si elle fume ou si elle a encore des tendances à boire ou autres anomalies, ou si ces tendances lui reviennent quinze jours plus tard. Il peut rester des charges démentielles sur des produits qui ne seront pas audités, du fait qu'ils n'ont pas produit la réaction attendue, ou du fait que la réaction n'a pas été perçue.

Ce simple exemple montre que l'appareil ou ses usagers, ou la tech ont des défauts, malgré l'entraînement réellement important subi pour apprendre à s'en servir. Quand une organisation se vante, comme Flag, le QG, d'obtenir 100 % de séances réussies, ce n'est jamais vrai. Flag étant en haut de la pyramide, Flag se permet toutes les vantardises et tous les mensonges. Flag est d'ailleurs attaqué pour escroquerie et reçoit des demandes de remboursements comme toutes les orgs de sciento en reçoivent. Flag ment, et Flag doit avoir quelque mal à respirer, parmi tous ses mensonges.

Dans n'importe quelle org de scientologie, on voit des gens sortir de séance avec le sourire... ou faisant la tête. Prétendre à 100 % de réussites revient à prétendre que la scientologie marche toujours et pour tous. Je serais curieux de savoir pourquoi la grande majorité des gens fuit au bout de quelques jours ou de quelques mois... si ça marche si bien.

Pourquoi donc faudrait-il aussi trente-six moyens pour remettre les praticiens de la technique dans le droit chemin s'il n'y avait pas tant de bonnes ou de mauvaises raisons de s'en écarter ou de ne pouvoir l'appliquer ?

Pourquoi faut-il des gens qui passent leur vie en sciento à faire ce qu'on appelle des " sommaires d'erreurs de dossiers ", durant lesquels ils se trompent parfois eux-mêmes en vérifiant les erreurs éventuelles commises par d'autres auparavant ? Pourquoi y aurait-il parfois plusieurs sommaires d'erreurs dans le même dossier et pour les mêmes périodes du dossier ? Tout cela étant débité en supplément sur le compte du patient...

Malgré la relative normalisation des méthodes, il y a gros à parier sur les bêtises qui se perpétuent chaque jour et pour chaque patient. Pis encore, il manque à ces spécialistes 'hautement compétents' certains aspects essentiels du dossier qui sont coincés par d'autres services tout-puissants en scientologie: services disciplinaires, dont les actions, souvent très lourdes, ont de grandes répercussions sur les gens.

Il manque aussi dans le dossier les bouleversements créés de toutes pièces par la secte, lorsqu'elle veut pousser quelqu'un à abandonner un métier qui le passionne, ou lorsqu'il lui faut vendre sa maison pour payer les services. Tout cela ne se trouve pas du tout noté...

Nous avions parmi les membres du personnel de Lyon, un pilote de jet, moniteur de pilotage militaire. Croyez-vous que c'est de gaieté de coeur qu'on abandonne son zinc? Rien n'indiquait les états d'âme qu'il avait traversés pour signer son contrat de scientologue à vie. Que pouvait faire un spécialiste face à une bizarrerie de dossier qui n'indiquait pas ce type de bouleversement ?

Bien entendu, on pouvait tomber juste en le connaissant, ou en discutant, mais pas en restant caché dans des 'tours d'ivoire', comme Hubbard appelle l'antre fermé où agissent ces spécialistesde la correction des séances.

Electromètre ou pas, efficace ou pas, cela finissait par n'importer pas non plus! Que voulez-vous arriver à faire avec des gens qui n'ont pas de quoi s'offrir de quoi manger, qui finissent parfois par prendre les rares auditions qu'ils reçoivent d'auditeurs plus ou moins compétents comme les seuls moments où se reposer dans leurs semaines de 110 heures ?

Détecteur de mensonges ?

Globalement, l'électromètre n'est pas du tout religieux, c'est un simple détecteur de charges, qu'Hubbard a tenté sans succès d'utiliser comme détecteur de vérité ou de mensonges (voir la définition de " Réaction au Mensonge ", page 305 dictionnaire d'administration, pour ceux que ça intéresserait).

On n'a jamais réussi ce test de vérité très complètement. La très large majorité des scientologues a pris l'électromètre ou l'auditeur qui lisait l'appareil en flagrant délit d'absurdité, que ce soit pour des mensonges volontaires ou pour d'autres causes plus nobles.

Certains des actuels gérants de l'affaire se servent de l'électromètre à plusieurs, en ajoutant des lumières dans les yeux du 'prévenu' pour tenter de lui extirper des " exactions ". Or, en l'absence d'un minimum de confiance, on bloque intégralement le " mécanisme " humain permettant une (relative) confiance dans l'appareil. Des gens qui auraient en principe une réaction d'aiguille n'en ont pas sous le stress de ces interrogatoires policiers: leur aiguille se contentera d'un schéma plutôt mauvais, n'indiquant rien d'autre qu'une accumulation de charge, de peine, de chagrin, de méfiance. Même Hubbard parle de ce phénomène plus ou moins clairement, ce qui n'empêche pas les petits chefs actuels de faire leur saucenazie au beurre d'électromètre policier.

Le mécanisme ne donne pas la moindre réaction chez certains. Nous avons connu plusieurs personnes qui n'avaient aucune espèce de réaction d'aucune sorte en aucun cas, pincements ou pas, et ce, à la plus forte sensibilité de réglage de l'appareil. Ces gens avaient soit pris des drogues par le passé, soit n'étaient jamais touchés intérieurement ni par la communication, ni par la douleur. Soit il y avait une autre raison entravant les circulations électroniques qui ont lieu dans le corps humain (donnée médicale, non scientologue). Si ces circulations normales n'avaient pas lieu, ou à trop petite échelle, l'appareil ne lisait strictement rien, empêchant ainsi le déroulement prévu des séances d'audition. Ce n'est pas très courant dans la population scientologue, mais cela arrive.

Ajoutons que toutes sortes de phénomènes d'origine physique perturbent aussi largement toute lecture convenable; parmi ceux-ci, la nourriture, les vêtements serrants, le froid, le chaud, la peau sèche, la peau moite, les chaussures, et quantités d'autres qu'Hubbard a partiellement répertoriées. Toutefois, le maniement de l'appareil en devient assez aléatoire, et les résultats d'audition encore plus, le nombre des erreurs possibles étant énorme.

La terreur de se tromper s'ajoute à ces diverses difficultés chez tous les auditeurs débutants, et leur fait avaler pour des réactions réelles diverses pressions que le patient exerce sur la boîte. J'ai mal lu, dans mes débuts, un décrochage partiel des fils des électrodes qui a provoqué un mouvement sauvage de l'aiguille, noté comme tel sur le rapport. Cette erreur a propulsé cette personne dans une série de programmes spéciaux d'audition, très longs et coûteux, et parfaitement inutiles, des années après ! J'avais pourtant confiance en mon maniement de l'outil...

La direction de la recherche sur l'appareil manque de rigueur; quelle que soit la bonne volonté des étudiants auditeurs, qu'on ne peut contester, la technique qui l'assiste est loin d'être parfaite. Qu'Hubbard ait asséné une prétention de perfection absolue à toutes ses techniques et développement successifs n'est que vantardise d'un balourd.

Sciento supérieure à tout

Comme la SD se prétend bien supérieure à toute autre technique humaine et qu'elle est fort loin de répondre à l'attente légitime que les adeptes se sont formés à son propos, cette 'technologie du mental' devient beaucoup plus néfaste que toute autre technologie douce du même style en cas d'erreurs, car l'insistance mise à sa perfection supposée a tendance à augmenter ce nombre d'erreurs, irréparables dans certains cas, menant les gens au désespoir et parfois au suicide. Plus une théorie paraît 'formidable', plus on en attend de résultats, plus les déceptions peuvent frapper dur.

Quoi de plus désolant pour quelqu'un qu'avoir tout mis, espoir, temps et argent, dans un seul panier percé ? Plus d'un ne pourra s'en remettre.

Si au moins la secte avait la pudeur d'informer honnêtement qu'elle n'a pas toujours les résultats escomptés, ou que ces résultats peuvent être si longs et difficiles et coûteux que le patient n'a aucune chance de parvenir à les atteindre... si tant est qu'ils puissent l'être. Si elle prenait sa part de responsabilité lorsque de telles erreurs sont commises... pas du tout; si on vous rate des séances, on vous les fait bien sûr payer, ce qui est courant aussi chez le psychanalyste (lui ne promet rien), mais en sciento, on vous y ajoute le coût de " réparations " de séances, pouvant s'éterniser.

Le défaut majeur que je reprocherais à l'appareil, et je ne suis pas le seul - c'est d'être carrément faux en certaines circonstances; en particulier, je me suis audité environ 500 heures moi-même, sur des matériaux d'OT II, III, III amplifié, sur OT VII solo ensuite (après avoir lâché la secte, je me suis fait quelques séances qui ont 'marché' comme avant). Sur OT II et III, toutes les réactions étaient fabriquées par moi, par le simple fait qu'il devait y avoir des réactions sur OT II ou III, puisque " Ron le disait " : effet placebo-confiance.

J'y croyais, donc, j'avais des réactions correspondant aux chiffres normaux, de la taille courante etc. Aucun superviseur de cas Classe XII (le top summum des spécialistes) ne m'a contesté quoi que ce soit: ils recevaient mon dossier tous les soirs, me le rendaient supervisé sans commentaires ou anomalies relevées, le lendemain matin. Je présume que je faisais comme tout le monde; par contre, je sais maintenant que je n'ai pas eu ces réactions pour les mauvaises raisons avancées par Hubbard, mais parce qu'il suffit de croire. Plus d'un OT pense de même.

Quant au terme confession qu'utilise la secte pour améliorer son image 'religieuse', c'est une blague?

Confesser des fautes commises, ce qui se fait à certains moments, c'est très loin d'être la majorité du temps; si on y passe plus de 5% de ses auditions, quelque chose ne colle vraiment pas ! On ne se confesse pas, en audition; on se fait auditer pour aller mieux, se sentir mieux dans sa peau (leurs catalogues publicitaires), pour " devenir capable de faire n'importe quoi " (même source), devenir plus intelligent -, etc.

En résumé, l'électromètre n'est pas le pire point de sciento, et il s'en faut de beaucoup. Qu'on le prenne pour ce qu'il n'est pas, c'est plus grave. Qu'il serve à l'humanité, oui, possible s'il s'agit de gens un peu désintéressés; mais dans la secte, c'est avant tout un outil à vendre. Très cher, dans les 40 000F. Pour en analyser scientifiquement les tenants et les aboutissants, il ne suffit pas d'y croire: il faut tester, encore tester. Hubbard l'a fait sur des plants de tomates sur lesquels il aurait détecté les réactions à l'approche d'un sécateur; j'ai également essayé, mais rien vu ! Peut-être ne voulais-je pas assez de mal à ces pauvres tomates? D'autres disent y avoir réussi, mais je n'ai pas assisté à leurs expériences et je ne risque pas de témoigner tant que je ne l'ai pas vu ; les connaissant, je les soupçonne de mensonge au premier degré. Mais qui d'autre l'a vraiment testé scientifiquement ?

Cette expérience champêtre avait-elle pour objet de confesser des tomates avec cet artifice religieux ?

Ce n'est pas un gag, Hubbard a élaboré ces théories dans des conférences.

Dernier point: Hubbard n'a pas inventé l'électromètre: celui-ci est dû à Volney Mathison. Mieux: le propre fils d'Hubbard a  avoué qu'il l'avait obtenu "comme tout ce qu'il obtenait: par escroquerie" (sic).


SCIENCE-TOLOGIE = GOGOLOGIE

" On dit qu'une science a des développements utiles lorsqu'elle tend à accentuer les inégalités existant dans la répartition des richesses, ou qu'elle promeut plus directement la destruction de la vie humaine. " (Godfrey Hardy, Excuses d'un mathématicien, 1941)

De l'électronique hubbardienne à la science qu'il a manifestée, il n'y a qu'un pas vite franchi.

Nous n'avons plus d'illusions sur ses études d'ingénieur au George Washington College, dans les premiers cours de physique nucléaire, ces inventions ont été tranchées par de mauvaises notes et un abandon rapide des études scientifiques par LRH.

Il a dû essayer d'y comprendre quelque chose, mais ne semble pas plus doué par la suite, car on découvre dans une des conférences de la 'casquette de l'étudiant', ce cours sur la pédagogie, qu'il attribue une " loi de physique totalement fausse ", dit-il, à Albert Einstein. N'étant pas moi-même trop versé sur ces questions, je ne l'avais pas remarquée; je trouvais simplement bizarre qu'Einstein ait pu dire une balourdise aussi énorme.

Hubbard dit en effet qu'Einstein n'est guère malin d'avoir prétendu que " la vitesse de la lumière était une constante. " Ce qui signifierait que la lumière circule partout à la même vitesse. Il existe bien une loi d'Einstein, mais plus précise : " la vitesse de la lumière est une constante dans le vide. " Hubbard a dû oublier - sa mémoire n'était pas celle d'un clair - le reste de la loi sur cette fameuse vitesse de la lumière. Ayant un vide de mémoire, il a oublié le vide dont il est question dans la loi d'Einstein.

Il fit plus fort : il déduisit de cette fausse loi qu'Einstein était idiot de ne pas avoir observé que la lumière passant au travers d'un prisme, donc décomposée, ne sortait visiblement pas aux mêmes vitesses.

Eut-il été un peu plus loin dans son raisonnement mal démarré, (mais il n'avait guère l'habitude du raisonnement scientifique), qu'il se serait aperçu aussi que la vitesse de la lumière est nulle... au travers d'un corps opaque.

Peut-être cette constatation l'aurait-elle amené à repenser la loi Einstenienne en quelque chose du genre " La vitesse de la lumière est variable selon les circonstances; elle oscille entre 0 et 299000 Km et des poussières à la seconde ". Là, il aurait mérité dix sur dix. On aurait pu en faire une Hubbardissade.

Quand je lui ai écrit pour tenter de lui faire réviser la bande enregistrée contenant l'erreur, pas de réponse ! Probablement ce type de lettres se " perdait ".

Il dit aussi: enregistrement d'images à raison de 25 à la seconde dans le mental :

S'il avait regardé un néon, qui vibre à 50 ou 60 images par secondes, il aurait vu ces vibrations successives: cela prouve qu'entre la supposée apparition et disparition de la lumière du néon, la personne percevrait les vibrations plus vite qu'elle ne serait en mesure de les enregistrer. L'oeil peut enregistrer encore bien plus vite les changements : des éclairs lumineux extrêmement courts peuvent être perçus comme différents, même s'ils se succèdent plusieurs fois en moins d'un 25e de seconde, à condition qu'il y ait extinction entre les éclairs - voyez les stroboscopes.

Pour les gens 'normaux', la mémoire est loin d'être l'enregistrement parfait qu'il décrit: 'les magasins de mémoire courants sont potentiellement " réadressables " par la personne'; aucune chance que ce soit prouvé un jour. Si certaines personnes ont des mémoires (conscientes ou pas) hors du commun, aucune ne peut assurément se souvenir de tout ce qu'elle a vu, entendu, vécu, pensé, jour et nuit, depuis sa naissance dans cette vie-ci; à plus forte raison encore s'il s'agit d'hypothétiques vies antérieures, dont nous savons qu'elles ne sont pas impossibles, mais qu'aucun n'a pu décrire avec suffisamment de précision pour affirmer avec preuves en main son nom, son matricule, son adresse, et d'autres précisions permettant l'identification exacte d'une identité antérieure complète. J'insiste sur identité antérieure complète. D'autres solutions qui peuvent mieux expliquer les divers phénomènes " vies antérieures " que l'on rencontre dans les auditions sciento ou dans d'autres circonstances.

Si vous demandez à quelqu'un qui a déjà pas mal reçu d'auditions et pas mal " voyagé dans les vies antérieures ", vous vous apercevrez que dans la grande majorité des cas, cette personne n'est même pas certaine de savoir qui elle était lors des souvenirs, des retours qu'elle a 'revécus' en séance. Il arrive qu'on ne sache pas si on est le bourreau, la victime, ou un spectateur, en visionnant ou revisitant ces images mentales, ni même, pour bien des gens, s'il ne s'agirait pas d'illusions.

Lavage de cerveau ?

Ce n'est encore qu'à l'état d'invention hubbardienne et n'a reçu aucun aval de tests. Nous sommes assez nombreux, semble-t'il, à avoir eu des ennuis de mémoire pendant les auditions, surtout lors des niveaux supérieurs. Serait-ce une preuve de 'lavage de cerveau' ? Je ne le pense pas. (Si je dis que la Sciento lave le cerveau, je leur fais un compliment immérité, car ils seraient capables d'interpréter cela littéralement, en prétendant que j'avais le cerveau sale avant, et que c'est donc une bonne chose!) La Scientologie n'est même pas en mesure d'obtenir ce résultat, non qu'elle ne fasse rien d'assimilable, avec toutes ces données invérifiables et /ou inexactes qu'elle enfourne chez les individus, mais je ne peux pas aller au-delà du terme 'effets hypnotiques à la longue' ou autres effets inexpliqués, (par exemple, dûs aux liens d'amitié tissés dans les moments durs).

Radiations s'évaporant dans le sauna

Lors de la sortie de la 'procédure de purification' au cours de laquelle la personne avale de grandes quantités de vitamines ou de provitamines en faisant 5 heures de sauna par jour, au moins 8 jours d'affilée, Hubbard a inventé de nouvelles lois médico-physiques, prétendant que les radiations avaient un effet cumulatif . Ce serait vrai pour certaines, mais pas pour toutes. Les U.V. s'accumulent s'il y en a une surdose, sans quoi le corps s'en débarrasse; les radiations du spectre visible ne s'accumulent pas, ou très peu; seules sont concernées les gammas et autres. Ensuite, 'la niacine' et le sauna feraient sauter les effets cumulatifs des radiations. Il ignorait même probablement que la niacine - l'acide nicotinique - a un effet vasodilatateur si important sur l'organisme qu'on peut devenir violet quand on en prend. Probablement cette coloration due à l'élargissement des vaisseaux sanguins périphériques lui a-t'elle fait déduire une action sur des effets cumulatifs des radiations... Mettons que le sang lui est monté à la tête.

Plus loin, dans ce même procédé, il annonce que par conséquent, son purif permettra aux scientologues de survivre en cas de guerre nucléaire. Pourquoi n'est-il pas allé se faire irradier un bon coup dans une centrale atomique, s'il tenait à prouver l'exceptionnelle efficacité de son principe?

Fin du monde annoncée : un grand classique des gourous

Encore scientifique : il annonça la fin du monde par nucléarisation, dans une lettre aux scientologues, dans les cinq ans qui suivaient. Il leur fallait donc faire vite pour se délivrer des engrammes etc. s'ils ne voulaient pas se retrouver à l'état de cailloux, mais redevenir des " thétans surpuissants ". Ca, c'était il y a trente et un ans. Je crois qu'il s'est déjà trompé d'au moins 26 sur l'immanence d'une guerre nucléaire.

Le mieux de l'histoire, c'est que l'organisation des publications scn a réédité ce texte vers 1979, sans le dater. Comme j'ignorais partiellement d'où il sortait, j'ai enquêté et retrouvé l'original, vieux de 15 ans, qu'un abruti avide de sensations fortes avait remis au goût du jour, en ne sachant pas que cette arme était à double tranchant - ou est-ce à double explosion pour son auteur ?

Cette crainte des guerres futures n'est pas l'apanage d'Hubbard: quand vous voyez l' impensable qui guidait la secte du Mandarom - il est en préventive à l'heure qu'il est - en expliquant à ses fidèles d'un air illuminé le nombre de milliards d'atlantes et de lémuriens qu'il a vaincus cette nuit-là, vous comprenez à quoi servent les gourous : à protéger leurs gagne-pain. Vous, en somme. En sommes rondelettes, peut-être? Heureusement qu'on les a pour mener leur armée dévouée à la victoire, ces généraux et amiraux; ou pour la suicider si besoin.

Etymologie et aberration

Dans la Dianétique, Hubbard définit le terme aberration comme provenant de la science optique. Où a-t'il trouvé cette étymologie scientifiquement inexacte ? Cela vient de ab-errare, en latin. Se tromper, errer. Il ne s'agit peut-être, pour certains, que d'un problème de lunettes? Il est vrai qu'il n'aimait pas en porter, ça nuisait à son prestige de non-aberré. Peut-être aurait-il mieux fait d'observer de plus près son dictionnaire, ce jour-là, il se serait moins... aberré.

Derrière cette erreur s'en cachent cent mille autres : combien de scientologues lisant les racines du mot aberration dans un dictionnaire ordinaire ont remarqué l'erreur du chef? Même chose pour 'Homo novus' verbalisé en 'homo novis' latin d'arrière-cuisine par Hubbard. Cela ne les a pas empêchés de reproduire les erreurs par écrit dans le dico technique d'Hubbard. Pas futés.

On retrouve ce même raisonnement très déficient scientifiquement à propos des résistances électriques des corps masculins ou féminins, déjà abordés au chapitre électromètre.

Test d'intelligence inintelligents

On les trouve à propos des tests de Quotient intellectuel jamais testés eux-mêmes. Si vous avez eu le test de Q.I., que la sciento prétend améliorer... On définit en principe l'intelligence comme un facteur de compréhension des phénomènes, ou comme la faculté de raisonner. Il se trouve, dans les tests fantaisistes que la scientologie fait passer, trois erreurs fondamentales.

Premièrement, la vitesse et la justesse des raisonnements sont sans rapport. Vous pouvez très bien raisonner juste tout en le faisant très lentement, ou raisonner comme un piquet à vaches, avec des sifflements d'avion à réaction. Dès lors que l'on tient compte du paramètre de la vitesse d'exécution d'un test presque autant que de la justesse, le test est faussé. Avouons que les tests de Q.I. de psychologie commettent presque tous cette erreur de point de vue: on aurait aussi tendance à confondre en partie vitesse de résolution des problèmes et intelligence. Des génies peuvent être lents; des gens follement rapides ne sont pas nécessairement bons juges des situations. On sait que des Flaubert n'écrivaient peut-être pas des encyclopédies, mais ils étaient géniaux.

Le test vous demande évidemment d'aller vite et de répondre juste; toutefois, vous n'aurez pas le temps de le finir si vous êtes moyennement rapide, donc, toutes les réponses manquantes seront comptées mauvaises, si bien que même si vous avez tout bon, vous serez peut-être loin du maximum. Que la vitesse compte est un peu normal à condition qu'elle ne soit qu'un second critère de jugement.

Deuxièmement, le test n'a jamais été testé lui-même, en tout cas, il n'a jamais fait l'objet d'une étude permettant de jauger à quel niveau se situait la moyenne de population, le point 100 de quotient intellectuel qui correspondrait à cette moyenne.

Troisièmement, tous les tests psychologiques de ce genre doivent comporter une variable en fonction du sexe, de l'âge, et du niveau d'études. Ce n'est pas le cas dans le test Hubbard. Il comporte beaucoup de questions arithmétiques et de questions de vocabulaire: des universitaires matheux auront toutes les chances d'avoir un Q.I. soi-disant supérieur à des élèves de primaire qui les vaudraient peut-être si la correction tenait compte de ces paramètres.

Le Q.I. 100 ne signifie pas la même chose chez les américains que chez les français, d'autant que toute traduction d'un test le modifie: il n'a jamais été réétalonné pour la francophonie, et n'a vraisemblablement jamais été étalonné en Angleterre ou aux U.S.A. Les autres pays non-anglophones n'auront probablement pas été mieux lotis, car le niveau de traduction moyen dans la secte, surtout au début de sa conquête d'un pays, me paraît si faible qu'il existe même des risques élevés de non-sens et faux-sens s'ajoutant à l'absence d'étalonnage pour la population concernée.

Ajoutons que de tels tests doivent être réétalonnés dans le temps pour savoir où situer la moyenne de la population, car les études et les facteurs éducatifs modifient les moyennes de réponses. Cela n'a pas été fait ni ici, ni dans les pays anglo-saxons depuis plus de trente ans.

Pire encore, il n'existe que deux versions du test, avec deux jeux de questions; quand vous les avez rencontrées toutes deux, la première version par exemple le 15 Janvier, la seconde version le 20, et qu'on vous redonne la première version à faire le 3 Mars après une " intensive d'audition " ou un " cours ", vous vous souviendrez des réponses aux questions que vous avez déjà résolues une ou deux fois (ou plus) et à chaque fois, vous raisonnerez mieux et plus facilement sur le sujet.

Vous aurez donc apparemment un meilleur Q.I., même si ce n'est pas tout à fait vrai: on attribuera à la Sciento cette montée d'intelligence qui n'est due qu'à cette répétition des questionnaires.

Je pense même avoir trouvé lors des vérifications effectuées en 1975 qu' il y avait une erreur ou deux, c'est à dire que l'on comptait bon quand c'était mauvais, et l'inverse. Il se peut que ce soit corrigé actuellement, mais connaissant la pérennité des habitudes dans la secte, et le manque d'observation critique de ses adhérents quand il s'agit des paroles du Maître, j'en doute.

Plus amusant encore: ce test ne juge en aucune façon de l'intelligence telle que l'a définie Hubbard lui-même!

Il dit " Intelligence : aptitude à juger de l'importance et de la non-importance des choses ": à quelle question du test pourrait-on attribuer un rapport quelconque avec cette définition? Les questions concernent surtout du vocabulaire et des problèmes genre arithmétique ou logique. Pas des problèmes d'importances relatives, ni des problèmes de la vie.

Logiques Hubbardiennes et illogismes

Quant à la logique, elle a fait l'objet d'un ensemble dénommé " la série sur les Données " d'environ 80 000 mots, qui fait état des découvertes qu'il étale déjà en partie longtemps avant. Dans le dico technique, on trouve entre autres (page 236) sa plus belle invention en la matière:

" La logique primitive était à une seule valeur. On assumait que tout était le produit d'une volonté divine [ ] L'essentiel de la logique était destiné à obtenir de la propitiation de la part des dieux. Aristote a conçu la logique à deux valeurs: une chose était vraie ou fausse. [ ]Actuellement, les ingénieurs se servent d'un genre de logique à trois valeurs, juste, faux, peut-être. De cette logique à trois valeurs nous - les dianéticiens - sautons à une logique ayant une infinité de valeurs. "

Plusieurs observations. Si l'on rapproche le mot 'valeur' de 'logique à une valeur' ça ne va pas du tout. S'il n'y a qu'une valeur, par définition, il n'y a pas de valeur. La notion même de valeur contient la notion de relativité/pluralité. Bon; ça supprime son observation sur la logique à une valeur. Ensuite, il attribue une forme carrément schématique, à la logique aristotélicienne. Le grand maître n'avait pas tout à fait le cerveau noir-blanc d'Hubbard! Est-ce qu'Hubbard aurait par hasard eu une logique à une seule valeur, la sienne?

Les ingénieurs se serviraient, selon lui, d'une logique à trois valeurs, 'oui, non, peut-être'? Comment? Je n'ai entendu parler d'un tel système que par lui; il n'a jamais dû apprendre les fractions de nombres ou les calculs les plus élémentaires. Alors, quand il s'attribue une logique à une infinité de valeur, je vous laisse juges de l'infinité de sa propre valeur.

Ailleurs, dans un livret intitulé " axiomes et logiques ", dont la plupart sont trop impénétrables pour intéresser le lecteur, on trouve aussi quelques bricoles d'intérêt sur le Dr Hubbard: " Logique 17 : les domaines qui contiennent le plus d'opinions autoritaires dans leurs données sont ceux qui contiennent le moins de lois naturelles. " Sir Lapalisse, I suppose. Le plus drôle, c'est l'application directe de la chose à la sciento! Elle contient tant d'opinions d'autorité qu'elle contient donc un minimum de lois naturelles.

Science mécaniste peu spiritualiste

Ou encore : "  Logique 23 : le mental humain est un servomécanisme destiné à toutes mathématiques qu'il fabrique ou qu'il utilise. - Postulat : le mental humain et ses inventions sont en mesure de résoudre tous problèmes pouvant être sentis, mesurés ou expérimentés, directement ou indirectement. Corollaire: le mental humain peut résoudre le problème posé par le mental humain.  " 

Déjà, l'histoire du servomoteur me semble parfaitement mécaniste, chez un spiritualiste, non? Ensuite, pour une logique, c'est une logique supputative, pas du tout prouvée par le moindre raisonnement; elle ne comporte pas de logique proprement dite; il s'agit d'un simple postulat: il y a une fameuse différence entre un postulat hypothétique et une logique. Le corollaire reste là pour dire aux gens " Ah! vous voyez! hein, le mental humain, tout ce qu'il saura faire? surtout le mien ".

Après les 24 logiques, Hubbard fabrique 194 axiomes complexes, particulièrement ténébreux pour les non-initiés, au cours desquels il redit plusieurs fois la même chose sous diverses formes, sans s'en rendre compte. Or, un axiome se définit par " vérité probable mais indémontrable ". Ou, s'il a fait exprès de dire plusieurs fois les mêmes choses, il les a compliquées à l'envi.

Escroquerie intellectuelle

Ces " axiomes " ne sont souvent que vulgaires définitions de termes inventés par Hubbard, termes qui auraient pu être exprimés en mots courants. C'est de l'escroquerie intellectuelle automatisée. Ca fait vendre des bouquins, et les axiomes et logiques, ça vous classe un vrai scientifique; personne n'en a jamais autant inventé que lui. Les rigolos à logiques à deux valeurs ne se sont pas hasardés dans les mêmes zones de 'hasardité' qu'Hubbard, c'est sûr. (Hasardité est un des termes qu'il affectionne énormément dans ces axiomes; c'est 'randomity' qu'il utilise en anglais).

Là aussi, on trouve parfois UNE bonne chose, comme la définition d'intelligence: " l'aptitude à juger de l'importance et de la non-importance des choses. " On peut dire ça, encore que le jugement ne suffit pas du tout à mener une vie intelligente: il faudrait ajouter l'aptitude à agir convenablement en fonction de ce jugement pour être certain des résultats, mais n'allons pas trop loin dans la critique.

On retrouve bien là les extraordinaires talents de conteur d'Hubbard, joints à une exceptionnelle propension à filer la langue en une autre langue, à redéfinir à sa façon ce que d'autres avaient écrit longtemps avant lui; puis, leur ayant emprunté au passage de quoi travailler, à réécrire de sa plume d'innombrables plagiats.

Ce qui reste de son esprit scientifique, pour moi, c'est quand-même une étonnante aptitude à classer certaines choses, à leur donner un certain ordre et une certaine apparence de logique; il y a aussi les idioties, mais même elles arrivent à passer dans le cadre de cette forme de logique-là. Pas scientifique, à coup sûr, mais ne manquant pas de bonnes ou mauvaises intuitions, d'intuition véritable.


L'Amour d'Hubbard pour l'humanité

" Le cynique n'est pas simplement celui qui tire d'amères leçons du passé, il est également déçu prématurément par l'avenir. " (Ambrose Bierce, Le dictionnaire du diable, 1911)

En lisant le 'livre Un', Dianétique, science moderne de la santé mentale, on ne trouve nulle part de traces d'une forme de péché, d'actes nuisibles ou d'autres exactions commises par le patient, qui soit d'intérêt quelconque pour l'audition et l'amélioration de l'état physique, mental, ou spirituel. Cette méthode 1950 laissait au contraire entendre que seuls des moments de douleur et d'inconscience subis par la personne étaient en mesure de lui causer des préjudices ou infirmités ou maladies permanentes, au propre comme au figuré.

Par bien des aspects, l'analyse d'Hubbard s'approchait de certaines conclusions freudiennes: des moments de douleurs hubbardiens, les engrammes, valaient relativement les chocs ou autres perturbations intéressant le psychiatre viennois; si les méthodes d'attaque différaient grandement, ni l'un ni l'autre ne s'intéressait tellement à ce qu'avait fait l'individu lui-même à d'autres personnes; leur culpabilisation était présentée comme une résultante de ce qu'ils avaient subi, plutôt que de ce qu'ils avaient fait ou voulu faire, néfaste ou pas, du point de vue de l'analyste comme du point de vue de son patient. Une notable neutralité des points de vue était de mise.

Plus généralement, on peut dire que les psychiatres de début du siècle ne portaient pas tellement de jugements de valeur sur leurs patients; la tendance était plutôt à qualifier l'acte en tant qu'acte qu'à chercher à isoler le patient en tant que psychotique ou névrosé: ce sont plutôt les actes qui qualifiaient l'état de la personne, qui pouvait être jugée 'normale' en dehors des actes pour lesquels on l'examinait. Cette remarque, non pas pour me situer côté psychiatrie de l'époque, qui ne me semble pas tellement brillant, mais pour faire ressortir des différences éventuelles avec les fondements Hubbardiens.

On sentait pourtant chez Hubbard la venue de quelques points de jugement de valeur quant aux actes; il s'est tellement étendu sur les histoires d'incidents (engrammes) prénataux du foetus dans le ventre de la mère, tellement étendu sur les affaires de foetus transpercés par des aiguilles de faiseuses d'ange, ou d'autres scènes coïtales des parents, les jugeant très sévèrement comme une des causes fréquentes et principales d'engrammes, qu'on peut y voir une attitude tout à fait moralisatrice naissant chez lui. Ou qu'on peut en déduire une auto-critique inconsciente.

A le lire, on pourrait croire qu'une part non négligeable des préclairs audités dans les fondations dianétiques des années 50-51, ou précédant la sortie du livre Un, période pour laquelle nous ignorons encore qui et combien de patients ont dû en subir les tests, si tests il y a eu, on pourrait donc croire qu'Hubbard ait rencontré un nombre important de patients que leurs parents avaient tenté d' avorter, ou dont les parents avaient le coït vraiment brutal durant la grossesse.

Or, ceux qu'il aurait pu auditer étaient nés d'avant-guerre, période à laquelle les Etats-Unis n'étaient pas de moeurs particulièrement libres, ni si intéressés à n'avoir pas d'enfants; comment Hubbard aurait-il eu tant de résultats non-avortés de tentatives d'avortement ? Cela semble l'avoir marqué pour une raison quelconque. Le nombre de tentatives paraît très improbable. Russell Miller ne trouve pas de trace des essais effectués par Hubbard avant la sortie du Livre Un, en Mai 1950.

Allons-y, broyons la tête des bébés, noyons-les au crésyl

Cet épisode des avortements reste l'essentiel de la moralisation pure de cette oeuvre; on trouve bien quelques jugements généraux servant d'exemples d'aberrations qu' on préfèrerait ne pas avoir, mais l'impression générale sur la morale exposée reste assez calme, en dehors des avortements et coïts brutaux contre quoi il s'emporte. Citons entre autres dans Dianétique: " il faut pratiquement broyer la tête du bébé, lui passer sur le corps avec un rouleau-compresseur, le couper en deux avec un couteau rouillé, le faire bouillir dans le crésyl pendant que des gens détraqués lui hurlent les choses les plus horribles et les moins mentionnables. " - cette description fait pendant aux tentatives d'avortement présumables, prétendant illustrer ce qu'il faut faire à un bébé avant de le faire sauter ou de lui causer de gros troubles. Je me demande comment faire bouillir un chaudron de crésyl dans le ventre de la mère.

Nous ne changeons pas tout à fait de registre avec 'Science de la Survie' (Science of Survival, dont les initiales sont S.O.S.), paru en principe en 1951. (Je me contenterai de cette date purement théorique, car il ne reste pas trace des éditions - tout à fait limitées ?- de ce livre à l'époque; je n'ai pu avoir accès qu'à sa version 1964, dont les textes sont vraisemblablement assez différents de ceux du début. Ces précisions comptent pourtant, car ce qu'écrivit Hubbard sous ce titre peut très bien avoir subi des variations énormes entre ces dates; il avait pour habitude de reprendre des manuscrits en y ajoutant ou retranchant des passages parfois importants; je ne sais donc pas à quel point la date de 1951 peut être prise comme point de départ de la tentative moralisatrice générale.

Critiques de l'être humain : dur, dur d'être ainsi jugé.

Là, finies, les amabilités relatives. Hubbard a mis au point un 'système d'évaluation', une grande 'charte', un long tableau de plus de 600 cases séparé en deux parties de chacune 25 colonnes, autorisant d'un coup d'oeil un jugement du niveau émotionnel d'une personne, dans la version que j'ai. Ce " tableau Hubbard d'Evaluation Humaine et de Procédure Dianétique ", (que nous fûmes les premiers à traduire sur grand format); accompagne un pavé de 120 000 mots essentiellement axés sur les jugements de valeur à porter sur des individus, en fonction du 'ton émotionnel' qui serait le leur, selon des critères complexes.

La base elle-même manque de rigueur, car les échelles d'émotion sont arbitraires en fonction de ses goûts ou de ses dégoûts: il se sert d'émotions comme l'enthousiasme, l'ennui, l'hostilité, l'apathie, qu'il classe dans un ordre de valeur plus ou moins important, qui ne m'a jamais semblé rigoureusement exact, auquel il a rajouté ensuite divers autres niveaux 'mort du corps' 'sexe' 'nourriture' 'sacrifice' et une trentaine d'autres assez mystérieux - même pour les grands initiés.

Des graduations chiffrées s'étalent dans deux colonnes, l'une donne " 0 ", pendant que l'autre donne " moins 3 " pour un même degré d'échelle; ça, c'est en bas. En haut des mêmes colonnes, l'une donne " 100 à 1000 ", tandis que l'autre indique " 4,0 à 40,0 ", soit respectivement 333 fois plus et 400 fois plus en haut qu'en bas .(Voir annexe)

Ce chiffrage est arbitraire, il suppose une valeur (vitale) 333 fois à 400 fois plus grande pour les gens qui sont émotionnellement élevés que pour ceux qui sont très bas. Nous sommes très près de l'inégalité de l'être humain.

Malgré soi, le scientologue qui avale ces valeurs aura tendance à croire à l'élite qu'il devient, par rapport à tous ces mauvaises gens !

C'est encore une façon de dire que les gens sont mauvais, puisque seuls peuvent arriver en haut ceux qui sont damnéspetitschiens-scientorogues.

L'intitulé des colonnes de classement mises face à chaque tonalité émotionnelle devient plus révélateur, et le contenu des cases plus encore. Au niveau apathie/mort simulée, l'être n'aurait par exemple aucun moment de plaisir; jusqu'au niveau colère, il est catalogué dans les 'cas psychotiques'; à hostilité ou ennui, Hubbard le classe parmi les névrotiques.

Dans la colonne comportement et physiologie, le niveau O.1, apathie/mort simulée, est qualifié de " vivant en tant qu'organisme "; à 0.5,(chagrin) il est " capable d'action assez incontrôlée ". A la colère, (1.5), il serait " capable d'action destructrice ". A l'ennui, soit 2.5,- ce qui correspond à un niveau positif, selon lui, l'être serait " relativement inactif mais capable d'action ". Tous ces niveaux reçoivent pourtant ces appellations psychiatriques ou névrotiques. Tous ces gens reçoivent aussi des qualificatifs très durs quant à leur comportement vis à vis de l'axe vérité/mensonge, courage/lâcheté, parfois en pleine contradiction avec d'autres colonnes correspondant au même niveau de tonalité émotionnelle.

Lire ce tableau ressemble passablement à lire son horoscope général: on a tendance à y chercher les caractéristiques que l'on se connaît pour savoir si on est conforme à sa date de naissance. Si on lit les classifications jungiennes de caractères, on cherche où se situer. La grande différence entre ce tableau et les horoscopes ou les classes de Jung, c'est la dureté des jugements.

Je n'analyserai pas le reste, ça n'a aucune utilité, car ça ne fonctionne pas du tout comme ça. Estimer psychotiques des humains qui sont plus ou moins pleurnichards de nature (en résumé de ce qu'il annonce sur les gens dont le ton émotionnel serait le chagrin), ou estimer psychotique la masse des gens qui n'aiment pas tout le monde et qu'il aura tôt classés dans la catégorie émotionnelle de la haine, me semble s'avancer sur des terrains dont il connaît mieux les aspects négatifs que les aspects positifs. Sur les 600 cases, seules 150, soit un quart, sont positives. C'est dans celles-ci que seront bien sûr les clients dianépayeurs.

Ici comme pour le test de personnalité, on cherche à vous enfoncer plus qu'à vous flatter. La démarche est la même.

Hubbard ayant ailleurs jugé la moyenne émotionnelle de l'humanité comme très basse, il affirme ici ce qu'il en pense: c'est de la haine de sa part, cette idée que chacun est psychotique ou presque, clairs dianétiques mis à part, évidemment.

Je me demande comment je ne m'en suis pas aperçu, d'autant que c'est sur cet amer morceau que je me suis fait mes premières dents de traducteur.

Ces particularités du jugement tout à fait défavorable et manquant de toute forme de nuance auraient dû me sauter aux yeux.

Probablement ce niveau des jugements me rabaissait-il dans certaines colonnes, culpabilisant ou diminuant ce que je pouvais avoir comme bonne opinion de moi, ce qui me rendit inapte à la conclusion qui s'imposait. Ce serait en effet facile de critiquer ce qui vous critique indirectement ou qui vous rabaisse: si vous avez confiance dans celui qui émet la critique, votre tendance naturelle vous incitera à garder vos propres critiques à son encontre.

Ce tableau montre donc à mon sens une humanité bien pire qu'elle ne l'est, ce qui ne signifie pas qu'elle ne puisse aller mieux .

Autoportraits Hubbardiens ?

Plus significatives de son état d'esprit sont les innombrables pages consacrées à un niveau bien particulier de l'échelle des tons émotionnels, le niveau 1.1, c'est à dire 'l'hostilité cachée'. A lui tout seul, ce ton émotionnel est plus décrit et plus insulté que tous les autres réunis, alors que le tableau n'est pas déjà pas brillant ailleurs. Hubbard s'acharne sur des gens qui seraient selon lui la plaie de l'humanité. Quand vous entendez une insulte façon SD, il s'agit soit de " suppressif " ou de " personnalité antisociale ", soit, plus fréquemment, de " one-one ", c'est à dire de 1,1, niveau de l' hostilité cachée. Toute personne qui n'annonce pas franc jeu ses couleurs et qui ne semble pas pour autant être d'accord avec la scientologie sera cataloguée one-one, particulièrement s'il s'agit de quelqu'un de souriant. " Le one-one est vicieux, malfaisant, il a des tendances à la promiscuité sexuelle, il est sadique, menteur, pervers, sournois, voleur ", etc. Ce n'est là qu'un résumé très pâlot de toutes les images qu'en fait Hubbard.

Quelques extraits: " la personne peut annoncer son amour pour les autres et son intérêt colossal face à leur bien-être; simultanément, elle travaille consciemment ou non à détruire et démolir la vie et la réputation de certains, ainsi que leur propriété. ' (page 56) - ou bien : 'à 1.1, on trouve la personne cinglée la plus dangereuse de toute la société, celle qui fera probablement le plus de dommages. La nature cachée de cette folie est telle qu'il n'y a aucune chance qu'un organisme s'en rende compte. Il n'y a aucun concept d'honneur, de décence ou d'éthique à ce niveau, seuls demeurent une pensée autodestructrice de sa propre valeur et le désir de faire du tort aux autres.'(p. 88)

Lorsqu'on sait à quel point Hubbard a roulé ses meilleurs assistants, ses aides les plus fidèles, ses amis les plus sûrs, ses femmes - y compris l'inestimable Mary Sue - ses enfants et tous les gens qu'il a dévalisés avec leur accord, on ne se demande plus qui il avait en tête, qui il décrivait. Un type qui s'aime si peu lui-même, qui est à ce point fourbe ne peut être qu'un one-one. Car ses dehors ne manquaient pas de charmes! Ailleurs, il s'auto-décrit sous certains traits de caractère de Simon Bolívar ; c'est : " il magnétisait les choses et les gens ": ça lui ressemble tout à fait.

Cette première incursion dans les jugements de valeur portés sur l'humanité ne fait qu'entamer - tant pis pour le pléonasme - la longue liste des critiques qu'il nous réserve.

" Science de la survie " démarre la longue quête d'Hubbard vers le pouvoir absolu qu'il escompte des bobards assènés aux spectateurs écrasés, si énormes qu'ils puissent sembler, si violent qu'Hubbard soit envers eux, qui le paient et suent sang et eau, fidèles, terriblement fidèles, terriblement aveuglés par l'homme qui leur conte à quel point ils sont mauvais. Il y a eu des précédents, quelques siècles en arrière ; il y en a encore, dans certains intégrismes.

Faux témoignages

J'ai eu la chance relative d'assister à une des réunions européennes comportant la star mondiale Jane Kember, le troisième personnage de la sciento, le " Gardien " de l'époque pour le monde entier, celle qu'Hubbard a laissé expédier en prison en même temps que sa propre femme Mary Sue et les sept autres. Cette femme exceptionnellement dévouée nous avait, au Palais des Congrès de Versailles, donné la version officielle - scientologiquement parlant - des problèmes de la secte au Royaume-Uni.

Une jeune femme aurait été embauchée vers 64 au centre mondial de St Hill, où logeait à la fois le Q.G. et Hubbard. C'est alors qu'auraient commencé les attaques (que nul n'a pu mener à fond) contre lui, mais qui l'ont certes rendu plus schizo que jamais.

Dans la version officielle, cette jeune femme sortait d'hôpital psychiatrique - encore! mais s'était fait embaucher 'comme simple garçon de courses apportant des documents d'un bureau à un autre.' Quelques jours plus tard, elle aurait 'piqué une crise de folie', ameutant ses parents et la justice anglaise, puis les médias 'toujours en quête de scandales', etc., etc.

A la suite de cette affaire, la scientologie aurait eu droit, à cause de " psychiatres ayant commandité cette affaire ", à d'innombrables articles dans tous les journaux, jusqu'à 500 dans la même journée, disait Jane Kember.

La réalité est obligatoirement, quand vous connaissez l'affaire de l'intérieur, sans le moindre rapport avec cette version d'ailleurs non-scientologue par définition Hubbardienne puisqu'un 'scientologue n'est pas une victime': essayer de faire passer un scientologue pour un martyr est évidemment un truc à ajouter à la liste des contradictions internes. J'ignore les faits exacts, les dossiers seront vraisemblablement inaccessibles et détruits, tout comme ceux de Mr Vic à Lyon. Ca ne peut simplement pas s'être passé comme ils le racontaient. Comment se fait-il d'autre part que cette belle déclaration ne se soit jamais appliquée à Hubbard, qui s'est déclaré victime et a agi en victime dès qu'il n'obtenait pas ce qu'il voulait ?

On serait probablement prêt à accepter n'importe quel cas dans la secte, drogué (un des très grands patrons actuels était au LSD quand il rencontra la sciento, m'a confié une des personnes ayant eu accès à son dossier) - cas psychiatrique, assassin, ou tout autre, dès lors que la personne paie de son argent ou de sa personne, et qu'elle a l'air d'en vouloir. J'ai connu plusieurs de ces cas, dont une dame ayant plusieurs années de psychiatrie, mais bon auditeur; un autre, débile léger; un troisième, avec casier judiciaire; d'autres encore. Auraient-ils vraiment voulu s'en sortir et les moyens pécuniaires de le faire, qu'on aurait trouvé le règlement les y autorisant, et obtenu de la direction mondiale l'accord définitif. Ce système s'appelait 'les cas à pétitions', des gens qui pour être acceptés devaient signer des abandons de possibilité de se faire rembourser, même s'ils s'apercevaient de l'escroquerie par la suite. On les faisait simplement traîner pas mal de temps avant de les prendre, histoire de voir s'ils étaient vraiment décidés. J'étais écoeuré de ces systèmes hypocrites, j'avais conscience de leur hypocrisie; n'ayant une nouvelle fois pas assez de recul pour y réfléchir complètement, je n'ai jamais osé les contourner: la secte rend lâche.

'Comment faire en sorte que la scientologie continue à fonctionner' : les sciento-bogues

" Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie que de n'être pas fou " (Blaise Pascal, Pensées)

Là, il annonce son programme mortellement sérieux en dix points précis;

- Avoir la technologie correcte (traduire : acheter mes oeuvres)

- Connaître la technologie (traduire : la mienne, l'étudier avec mes méthodes)

- Savoir qu'elle est correcte (traduisez: il n'y a que moi, ayez confiance)

- Enseigner correctement la technologie correcte (avec mes mots et mes techs)

- Appliquer la technologie (bien sûr, ça rapporte)

- S'assurer que la technologie est correctement appliquée (faire le flic de l'affaire)

- Détruire totalement toute technologie incorrecte (c'est qui le chef?)

- Bazarder toute application incorrecte (Tuez tous les psys !)

- Claquer la porte à toute possibilité de technologie incorrecte (je reste là, c'est sûr)

- Claquer la porte aux applications incorrectes. (cette fois, il n'y a plus que moi)

Ces points sont suivis de 5 pages du même niveau de violence, dans lesquels la démocratie, les suggestions venant de la base scientologue, l'humanité tout entière, les auditeurs, les superviseurs de cas, les étudiants scientologues, et tous les autres sont ravalés au rang de nuls et non avenus. L'avenir de l'humanité pour les trillions d'années à venir est là. Dans ce que j'écris. Moi, L. Ron Hubbard, Fondateur.

Ce texte est martelé dans chaque cours; tout étudiant sérieux l'a lu plus de vingt fois dans l'année; tous l'ont démontré pour chacun des dix points précités; mais pratiquement tous ont au moins un passage mal compris.

Pour l'anecdote, même si elle ne vaut pas lourd : des années durant, j'ai moi-même été vérifié sévèrement sur ce texte, j'ai vérifié d'autres gens, il m'a fallu un étudiant agrégé de maths pour faire crouler un passage mal compris. Hubbard dit en effet (en anglais) qu'à 20 pour cent mille d'un groupe, des gens rêveront une mauvaise technologie pour faire disparaître la bonne. Chacun a pensé qu'il s'agissait de 20 personnes sur 100 000, jusqu'à ce que cet étudiant me mette dans l'embarras avec des questions de plus en plus précises sur ce nombre bizarre, et que je découvre qu'en anglais existait une 'formule par défaut', peu usitée, signifiant 20 000 pour 100 000, soit 20 pour cent, donc, mille fois plus.

C'est l'histoire, qui montre une fois de plus à quel point les scientologues même se croyant malins se font avoir; d'autres cas existent. La fameuse org de Paris avec son chef technique sadique a jeté ses étudiants auditeurs en repèchage des mois durant, sur un bulletin bien précis. Quand le superviseur me l'a refait étudier une quatrième fois, j'en ai eu vraiment assez; comme je suspectais un charabia, j'ai pris l'original anglais pour le comparer malgré mes faibles notions de l'époque: il manquait des lignes entières, et des erreurs de traduction jonchaient le bulletin français.

Nul n'avait seulement imaginé que si tous les auditeurs se trompaient, quelque chose ne collait pas; le patron parisien (Marc Lizer) était américain , son épouse, chef superviseur, également bilingue; le sadique, bilingue aussi, et la moitié des gens qui voyaient tous les jours cette bètise leur passer sous les yeux ne faisaient qu'appliquer la tech, laquelle tech ne prévoit absolument pas le cas d'erreurs de ronéo ou de traduction. Et ceci, sur le bulletin le plus utilisé de tout ce cours.

Désolé d'avoir dû vous imposer cette petite partie du texte d'Hubbard sur le fonctionnement en batterie lourde de la scientomagie; texte majeur d'une série disciplinaire impensable composées de codes, " devoirs " s'appliquant à des catégories définies de scientoloufoques.

Si ces divers 'devoirs' sont encore du côté positif; ils indiquent l'état d'esprit codificateur, tout le respect demandé à tous, mais ne chutent pas trop dans le gouffre de la terreur imposée.

Crimes, crimes capitaux : les journalistes au bûcher!

Plus tard arrivent les règlements de justice et d'éthique. Dans cette masse énorme, Hubbard établit une liste infinie comprenant des erreurs, des délits, des crimes et des crimes capitaux; pour faire bonne mesure, on rajoute les " actes suppressifs ", les définitions diverses des ennemis de la secte (suppressifs bien sûr, mais aussi les '" sources potentielles d'ennuis en abrégé : les 'PTS' ").

Parmi les " PTS " de diverses catégories sont rangés pêle-mêle les journalistes, hommes politiques, policiers, enquêteurs, les gens liés à des gens antagonistes à la sciento, les criminels à casier judiciaire prouvé, les gens ayant menacé d'attaquer la secte, les gens pensant que la secte est responsable de leur mauvais état (si, si), ceux qui ne sont pas audités de leur propre chef, mais pour faire plaisir à quelque autre scientologue; les gens voulant recevoir de l'audition pour 'voir si la sciento marche' (y-aurait-il du mal à ne pas être convaincu d'emblée de la véracité absolue du chef ? Mais oui.), les gens proclamant qu'il faudrait aider tel ou tel individu pour démontrer la valeur de la tech (et pourquoi pas, si ça marche ?); les gens qui ont l'esprit ouvert (c'est un défaut manifeste pour LRH), les gens qui ne croient pas qu'on puisse s'améliorer (en tous cas, difficilement, avec la sciento); ceux qui veulent participer à des débats judiciaires sur la secte (crime).

Toujours dans cette liste des 'PTS', les gens qui vont un jour bien, un jour mal; les gens qui ont été liés dans le passé à un être suppressif (dans n'importe quelle vie), les gens qui croient que tout le monde est suppressif pour eux, qui croient qu'on leur en veut, si vous voulez. En résumé, tout le monde est PTS ; vous pouvez d'ailleurs être certain que tous les adeptes passent par les " maniements PTS " un jour ou l'autre.

Si vous ajoutez à cela les autres types dont il ne veut pas entendre parler, c'est à dire les personnes antisociales (12 caractéristiques) et ceux qui n'ont pas les moyens financiers - sans compter tous ceux qui sont passés en psychiatrie, les psychologues et les autres, ça ne fait plus grand monde à faire entrer dans l'affaire.

Hubbard sorcier

Amusant: il dit de ne surtout pas partir à la " chasse aux sorcières " - je pense qu'en effet, il aurait mieux valu faire la chasse au grand sorcier. Car il a été un grand sorcier; il a bel et bien pratiqué la magie noire; il a " emprunté " sa deuxième femme au chef du mouvement américain de magie de Crowley (Ordo Templi Orientis), dont cette jeune femme était l'amie; il a aussi profité de l'ami en lui subtilisant dix mille dollars que l'autre a eu quelque mal à récupérer: ils avaient pris la mer sous forme d' achat d'un voilier à roucoulades.

Les enfers de la justice sectaire

Que donna cette avalanche sans fin de critiques acerbes, de règles dures, d'étapes de justice en tout genre, dont le fameux enfer scientologue nommé le 'RPF'? Rien de plus qu'avant, rien de meilleur; on alla jusqu'au RPF des RPF, l'enfer des enfers, réservé surtout aux plus nobles scientologues, ceux qui assistaient Hubbard de très près: se rapprocher des étoiles est toujours assez dangereux: ça brûle. Lui n'a pas brûlé ses vaisseaux, mais à voir les purges successives des meilleurs éléments parvenus tout au sommet de la pyramide, on devine qui a fait quoi derrière toutes ces vies bouleversées, qui a massacré ses 'ennemis', qui a hurlé que son 'cuisinier l'empoisonnait', qui a humilié, rabaissé, trahi, volé, menti. Et à qui il l'a fait.

Voici quelques niveaux de sa justice:

" 1. Observer quelque chose qui n'est pas optimal, en l'inspectant sans le mentionner.

2. Idem, mais le faire observer à la personne.

3. Demander des informations via le personnel de la section éthique. [Déjà, au point 3, on en est aux enquêtes et délations].

9. Faire un rapport éthique sur la personne.

12. Publier un interrogatoire sur une personne, montrant les omissions et actes nuisibles à l'éthique. [Vous voyez qu'ici il parle bien déjà de publier les confessions sous forme d'interrogatoires. Jamais vous ne croiriez possible que ce soit appliqué, même à l'extérieur de la secte.]

18. Sentence devant une cour d'éthique.

20. Suspension ou blâme suspensif.

22. Une commission d'enquête est ordonnée.

31. Publier les découvertes de la Commission d'enquête.

36. Expulsion de la scientologie. "

Accessoirement à ces règlements sortaient dans les zones techniques un bon nombre de nouveaux procédés 'fantastiques merveilleux percées géniales' basés sur un principe nouveau. Il ne s'agissait plus, comme dans les techniques de la dianétique des années 50, de se contenter d'auditer ce qui était arrivé aux patients, en complète contradiction avec le premier ouvrage : il fallait désormais aller chercher leurs propres exactions en tout genre: Hubbard découvrait que les engrammes reçus ne suffisaient plus à tout à expliquer des aberrations humaines: il fallait que les engrammes imposés à d'autres y passent aussi, c'est à dire les moments de douleur et d'inconscience provoqués chez d'autres.

Cela ne suffisant pas non plus, il fallait que tout 'péché' (nommés overts, ou actes néfastes, nuisibles) et toute chose cachée par la personne soit également dévoilée en audition (les choses dont on n'est pas fier seront dénommées des 'retenues' ou des 'retenues manquées').

Tous ces péchés, ces exactions, sont simplement les actes ou l'absence d'actes quand la personne aurait dû les faire, qui lui pèsent sur la conscience. Ces actes sont théoriquement 'dirigés contre la survie du plus grand nombre de dynamiques ", mais dans la réalité, on s'intéresse à tous ceux dont la personne n'est pas fière, tous ceux qu'elle ne pourrait avouer volontiers sans honte, et particulièrement, ceux qui sont très discréditables, même s'il ne s'agit que de simples pensées (non plus des actions) que la personne n'aimerait pas dire.

A Johannesburg, Hubbard met au point le célèbre procédé " Jo'Burg " qui va faire merveille, c'est le premier du genre : nous sommes le 7 Avril 1961. Il allait bien servir, mais s'apercevant qu'il n'avait ni le personnel capable de le pratiquer, ni le temps de le faire pratiquer, et que les résultats n'étaient pas toujours bien reluisants pour l'image, il le transformera en procédé d'audition, ça, au moins, ça paie!


LES QUESTIONNAIRES D'ETHIQUE - LES INVESTIGATIONS 
" Produit néfaste : quelque chose de mauvais qui ne sera pas accepté ni échangé, ne pourra être commercialisé, et impliquant davantage de risques qu'il n'a de valeur. " (LRH, page 377 dico d'admin).

S'il y a une chose qui a bien bouleversé la secte, c'est l'ensemble du système commencé en 61. Le " Jo'Burg ", questionnaire de 96 questions dans sa version 1975, c'est la première étape. On se méfie de tous depuis longtemps, mais c'est surtout dans la secte que les 'vrais ennemis' se trouvent... Hubbard a relativement raison, car ceux qui n'en ont pas entendu parler s'en moquent autant que ceux qui n'y ont pas encore mis les pieds. On pourrait donc dire que les seuls ennemis sont dedans ou sont sortis en ayant compris de quoi il retournait. Je ne dévoile pas ici ce qu'ils pourraient en réalité en faire de bien plus sympathique, car je ne tiens pas à prolonger leur existence en tant que secte! Et je sais qu'ils n'y penseront jamais.

Les seuls amis sont aussi ceux de la secte qui s'esquintent à faire de leur mieux, à suivre les caprices et les nouvelles technologies toujours plus grandioses dans leurs résultats promis mais jamais fournis - ou si peu.

On va donc nettoyer la mémoire de chacun des membres, lui en extraire le maximum, lui faire dérouler tout ce qu'il pourrait cacher; tout ce qui pourrait peut-être servir aussi.

Dans les 96 questions, voici un petit choix: commençons par celles qui servent en principe à établir la réaction individuelle du menteur sur l'électromètre: " Suis-je un éléphant ? " demandera l'auditeur, ou " Est-ce que tu as jamais bu de l'eau ? " ou: " Est-ce que tu es dans la lune ? ". Espérant obtenir des réactions, les auditeurs risquent d'avoir quelques problèmes, car ils auront autant de réactions d'indignation ou de surprise que de réactions de mensonge ou de vérité, et bien malin (mais pas né) celui qui serait en mesure de faire le tri entre les diverses possibilités.

Ensuite, on attaque le gros gibier :

" Est-ce que c'est ton vrai nom que tu m'as donné ? "

" Es-tu ici pour un but différent de celui que tu prétends ? "

" As-tu jamais volé ?  - escroqué? - cambriolé etc. "

" As-tu tué, bombardé, kidnappé, trahi pour de l'argent etc."

" As-tu exercé comme journaliste ? "

" As-tu couché avec quelqu'un d'une autre race ? "

" As-tu peur de la police ? "

" Qu'est-ce que le communisme ? "

" As-tu des connaissances communistes ? "

" As-tu commis l'adultère - la sodomie - l'homosexualité - as-tu des perversions etc. "

mais surtout, le bouquet final :

" As-tu commis des actes nuisibles envers la sciento, la dianétique, L. Ron Hubbard, Mary Sue Hubbard, un scientologue, des orgs de sciento etc." et:

" As-tu jamais eu des pensées peu charitables envers - la sciento, la dianétique, etc. "

On retrouve les principales raisons motivant ces questionnaires policiers; loin de pratiquer la confession telle que nous la connaissons ailleurs, nous tombons en plein dans les fantaisies politiques de Messieurs les communistes staliniens ou maoïstes; on ne s'intéresse à vos péchés que dans un but on ne peut plus transparent, sans rapport avec de quelconques bénéfices à en tirer de votre côté. Comme ce système donne malgré tout de bons résultats chez des gens qui sont quand même honnêtes et assez terrorisés à l'idée de faire le moindre tort à la SD sacrée, ils l'acceptent assez volontiers.

Ca ne suffira pas à Hubbard, qui va le répéter quasiment à chaque séance d'audition - dans une version très raccourcie - avant que le préclair ait droit au plat de résistance pour lequel il paie; Hubbard en fera diverses lois d'audition qu'il appelle les " rudiments de séance ", durant lesquels on ne se contente pas de sonder si vous allez bien et si votre dernière dispute éventuelle ne vous perturbe pas trop, mais aussi, si vous n'auriez pas par hasard fait quelque chose que vous n'aimeriez pas que l'on sache. Compliquant encore un peu, il annonce que lorsqu'on a nettoyé ces 'péchés commis contre quelqu'un', il n'est plus possible d'avoir des ressentiments ou critiques envers cette même personne. Si vous continuez à être très gentil envers Hitler, vous n'en penserez jamais de mal...

Il a inversé complètement la dianétique, où ce genre de chose n'intéressait pas l'auditeur: maintenant, il n'y aurait presque que ces péchés qui compteraient et pourraient rendre une personne aberrante.

Ce n'est plus ce qu'on vous a fait de mal, c'est ce que vous avez fait. La volte-face n'a pas son pareil.

Pour faire bon poids à cet alourdissement des heures d'audition, on ajoute encore deux autres possibilités à vos aberrations: on vous demande aussi " ce que d'autres ont fait à d'autres " et " ce que vous vous êtes fait à vous-même. "

Nous avons pris ce train en route, il y avait déjà les trois wagons supplémentaires accrochés à la locomotive des débuts. Ca faisait quatre types d'engrammes au lieu d'un seul.

Comme ceci n'était pas assez pour assurer des résultats stables, nouvelle fuite en avant par la mise en place des systèmes d'éthique. Là, on vous ajoute des confessions écrites, datées, signées, avec les noms et les matricules de vos éventuels complices - si vous avez " couché ailleurs que dans le bon lit au bon moment et avec la bonne personne ", on vous demande d'écrire à quel moment, comment, avec qui.

J'ai eu à subir ce type de maniement éthique: Ayant repris pour la quatrième fois une démonstration parfaitement correcte à la demande d'un superviseur borné qui ne voyait pas ce que j'avais montré sous trois autres formes également claires, je piquais une petite colère et envoyais quelque pâte à modeler par terre.

Hop, en éthique! Là, j'étais encore assez jeune dans l'histoire, l'officier d'éthique me donne d'abord à étudier une bonne masse de données bien salées sur l'éthique, les gens suppressifs, les psychotiques, les sources d'ennuis, les robotiques zombies, les antisociaux, enfin, tout ce qu'il fallait pour me mettre dans le bain de l'auto-culpabilisation suite à cet " acte destructif " (la pâte à modeler qui avait valsé en raison de l'imbécillité de la soeur du superviseur en chef qui la refusait sans raison valable, et sans explication permettant de nous mettre d'accord).

Après plusieurs vérifications sévères sur ma compréhension desdits bulletins et règlements internes, ce qui nous avait amenés très tard dans la soirée, je rentre chez moi avant l'étape suivante : la confession par écrit.

Ayant déjà pas mal été audité, il m'a semblé que je n'avais rien à dire ou presque. Quelques moments plus tard, j'avais achevé l'écrit, mais l'examinateur refusa de me laisser passer; à vingt ans, le pauvre travaillait 16 heures par jour pour 100 F la semaine, il avait des cernes jusqu'à mi-joue, il avait besoin de lunettes et ne connaissait probablement pas grand chose aux électromètres. Toutefois, je fus refusé, probablement du fait de mon aspect épuisé et de mon anxiété d'en finir et reprendre mes " études ". Et je repris donc la plume. Une fois. Deux. Cinq ou six fois ou sept etc., remettant sur le tapis des choses que je croyais naïvement 'nettoyées', pour les avoir déjà dites en audition. Rien n'y fit! De plus en plus fébrile, vraiment malade, je finis par protester poliment que je n'avais plus rien à dire depuis une éternité, que ça n'allait plus du tout, et l'examinateur fut ôté du circuit: on me laissa tranquille, reprendre les cours avec ma fièvre.

Je repris le train le lendemain soir avec 41,2° de température. Il a fallu me sortir des vapes et faire tomber mes 41,2. Ca n'a pas été facile. A ce propos, savez-vous qu'à l'occasion on se sert en sciento d'un processus sûrement religieux pour faire chuter la fièvre (il marche parfois); il en existe un autre également 'religieux' pour remettre des vertèbres à leur place (il marche rarement si l'on a bien mal).

Je n'ai jamais pardonné ce 'maniement' stupide, alors que tout était parfaitement clair dès le début, et que c'est au superviseur qu'il aurait peut-être fallu s'en prendre; mais Paris n'aimait déjà pas trop l'éventuelle concurrence provinciale que nous allions représenter, ni les coups de gueule justifiés ou non. Ce n'est pas du tout aux gens qui ont appliqué les procédés que je peux en vouloir, ils n'ont fait que ce qui était écrit par Hubbard, même s'ils l'ont mal fait, les risques d'erreurs graves étaient bien trop nombreux. Dans la secte on marche au son de la règle d'or entre toutes les règles d'or :

CE QUI N'EST PAS ECRIT N'EST PAS VRAI.

(Entendez par là: ce qui n'est pas écrit ou dicté par L. Ron Hubbard).

Quelques semaines plus tard, pour des raisons plus sérieuses, c'est moi qui ai tenté ce maniement auprès d'un étudiant de Lyon. Une catastrophe d'un autre genre en a résulté: lui ne s'est pas laissé tomber malade - il ne lui serait d'ailleurs rien arrivé de tel, car j'avais quand même compris une partie de la leçon; et nous savions nous servir des électromètres; mais comme la méthode lui déplaisait, il a plié bagages et est allé voir une autre organisation susceptible de le faire travailler dans une ambiance moins policière.

Nous avons eu un choc bien plus sévère quelques années après: notre fils aîné de 19 ans, à l'époque directeur de l'entraînement de l'org lyonnaise, est 'tombé' de douze mètres de haut après s'être fait secouer les puces à la façon sciento, mais sans confession, pourtant! L'horreur rétrospective, au point que j'avais failli oublier de mentionner cette tragédie qui s'est heureusement bien terminée: il a quitté la secte peu après. J'ignore si d'autres 'officiers d'éthique' ont vécu ce que j'ai ressenti alors; ce n'est pas la joie. En cause dans ces 'maniements': l'hyper-culpabilisation. Pour un rien. Une personne a passé des heures à se reprocher de mettre ses comédons sur la tablette de lavabo, vous imaginez la gravité du crime ? Le système peut faire basculer quelqu'un de solide dans la terreur et la démence. La scientosanie vivait en bonne partie des effets de la terreur des cycles d'éthique qu'on y subissait pour un rien, ou pour de mauvaises raisons.

La paranoïa hubbardienne était de plus en plus nette : il fallait vraiment mettre les troupes au pas; on se rapprochait de l'organisation militaro-policière en vigueur actuellement.

La justice fit son entrée, avec un long échelonnement des punitions applicables à chacun pour un oui ou pour un mais; même le public payant, les préclairs, devenaient criminels potentiels et faisaient souvent l'objet de maniements éthiques plus ou moins importants; on se contentait néanmoins de leur faire un peu la morale en leur montrant les bulletins du chef, dans le genre 'les préclairs qui ne sont pas éthiques ne font pas de progrès'; ou bien 'les préclairs qui perdent leurs gains se servent de la scientologie pour donner tort à leur entourage', ou encore " les mains propres font une vie heureuse " - genre slogan d'un parti politique connu, non ?

Dans les derniers procédés édités en 81, on a " la procédure du Bonheur ", un très joli nom pour une entreprise plus moralisatrice que jamais; en premier lieu, on vous assène une brochure de 46 pages serrées à étudier, pleine de préceptes hautement moralisateurs, 'accordez votre soutien à un gouvernement conçu pour toute la population et qui oeuvre pour elle'; ou bien 'améliorez votre environnement', ou encore 'donnez le bon exemple' et bien d'autres préceptes très peu liés à ce que la scientologie pratique dans la réalité.

Soyez bien propre, [et recevez vos patients aux WCs]

Il faut être bien propre sur soi, se laver, dit la brochure; mais à Paris, j'ai audité une patiente dans l'entrée des WCs bouchés depuis des semaines, en plein orage, la personne étant coincée sous les gros compteurs et disjoncteurs électriques qui n'arrêtaient pas de claquer! Et j'avais essayé de déboucher et nettoyer au mieux ces cabinets à la turque du vieil hôtel minable de la secte, deux heures durant avant de prendre cette personne en séance. Débouchage sans succès, car cela faisait un mois que c'était bouché. Un mois, avec 100 à 150 personnes défilant dans l'org chaque jour : le plan de dépenses ne permettait pas de remédier à cette extra-merde.

Plusieurs autres ont dû auditer un préclair dans une minuscule salle de bains; le préclair était obligé de passer dans la baignoire pour aller s'asseoir dans un demi-mètre carré, et l'auditeur, de raccourcir de moitié son stylobille pour qu'il puisse passer sous la tablette de lavabo. Hubbard ne conseille-t'il pas les beaux locaux en ordre et nets ?

Une autre fois, j'ai dû auditer un préclair la nuit, sans lumières, pendant deux heures - j'écrivais à tâtons et j'essayais de lire quand même l'électromètre à la lueur des lampes de la rue: Hubbard dit de bien entretenir les objets qui vous appartiennent. Cela se passait à l'organisation de Copenhague, la Mecque européenne de la secte - j'imùagine qu'ils avaient payé leur électricité un peu trop tard dans la soirée?

J'avais visité une fois le local des staffs de la direction européenne, également à Copenhague; on m'avait montré la pièce réservée aux enfants du staff. Celle-là était chauffée (les fins d'automne danois, ce n'est guère chaud). Mais horreur, horreur des horreurs, il y avait une dizaine de gamins et gamines en bas âge ou nourrissons logés dans 15 ou 16 m2, avec pour unique espace disponible de petits couloirs de trente centimètres entre des lits et berceaux disparates, pas de fenêtre donnant une quelconque lumière à 11 heures du matin, une seule ampoule minable au plafond, et le pire, c'est que ça puait les draps sales, le caca de bébé, l'urine et les vomissements. Et les mères de ces enfants acceptaient ce traitement ? Je croyais qu'Hubbard avait écrit dans le manuel du bonheur d'aimer et d'aider les enfants.

A une autre période, à Copenhague, des staffs n'avaient carrément pas droit au chauffage en plein hiver; il faisait 2°C dans les chambres. Des chambres où les lits gigognes s'empilaient parfois sur cinq hauteurs... et sans autres armoires où ranger leur linge que celles qu'ils s'achetaient, ou qu'ils rachetaient à ceux qui avaient besoin d'argent. Hubbard dit pourtant de s'épanouir et de prospérer. Un jour, un incendie a failli règler ce problème, définitivement : un de mes fils l'a vécu.

Cherchez à vivre dans la vérité, ne dites pas de mensonges pour faire du tort, ne faites pas de faux témoignages, dit-il. C'est de la frime, de la poudre aux yeux, il a passé son existence à le faire pratiquer à très grande échelle directement par tout son état-major, et indirectement, par tout scientologue un peu convaincu - on peut parier que les responsables parisiens qui ont échappé à la prison dans le procès lyonnais le doivent à leurs faux témoignages. Il est obligatoire qu'ils sachent exactement ce qui s'est passé.

Ne causez pas de tort à une personne de bonne volonté ? Mais que font ces scientologues qui s'en prennent à des mères de familles de l'A.D.F.I. dont l'unique but est de réparer les liens familiaux détruits sur ordre des sectes?

Sauvegardez et améliorez votre environnement. L'org de Paris a subi un petit incendie qui avait détruit une partie de la toiture et quelques meubles. Les pompiers ayant fait leur travail, restait à faire effectuer les réparations, pour sauvegarder l'environnement. Soit parce que ce n'était pas assuré du tout, ou qu'ils n'avaient pas payé leur loyer, ils ont laissé le trou bâché des semaines durant; les matelas et meubles brûlés sont restés juste en face de la porte de l'org, rue Ste Geneviève, pendant plus de deux mois!

Soyez compétent; dit-il.

Là, c'est comble. Quelle compétence, en dehors des ordres et des belles paroles?

Et aussi, soyez digne de confiance. Okay, bien! bon! ben oh! on va voir, hein. Et vous, M. Hubbard?

En résumé, c'est encore " faites-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais ". A 100%. Sa moralité, c'est de n'en pas avoir, et de faire tout ce qu'il veut; tout pour moi, rien pour les autres. Car pendant que cette misérable org de Paris ne pouvait boucher sa toiture ou déboucher ses toilettes, il y rentrait des millions, qui n'allaient sûrement pas dans la poche des staffs.

La sciento mauvaise payeuse

Pas non plus dans celles des fournisseurs, car la règle consiste à payer ses dettes le plus tard possible, pour une org. C'est écrit, donc c'est vrai. Je me suis toujours refusé à appliquer ce genre de gestion à Lyon, je trouvais ridicule de laisser l'argent inutilisé sur des comptes, alors que nos fournisseurs nous servaient normalement et à temps: à quoi bon payer tous les fournisseurs extérieurs à la secte à 150 jours alors que les " fournisseurs sciento " (c'est à dire les orgs supérieures et les services administratifs) sont parfois payés trois ans avant le service qu'ils vous vendent?

Leurs services à eux, il nous fallait les régler à l'avance, même quand nous étions dans le réseau sciento à 100%. La loi, c'est nous qui devons la faire, si elle ne nous convient pas, il nous faut la changer, la contourner: une attitude tout à fait cynique et odieuse du gourou.

L'éthique scientologue n'a aucune espèce de rapport avec une survie maximale de l'humanité. Aucune. Seule compte la toute-puissance de la secte.

Nous avons appris que la secte du Temple Solaire, celle dont les 57 membres majeurs se sont suicidés et ont été suicidés, donnait peut-être dans les affaires de blanchiment d'argent sale: d'étranges transactions immobilières croisées entre ses membres auraient permis de substantielles plus-values dont le but semble bien établi, à en croire les journaux. Malgré la répugnance d'une large majorité de scientologues de la base vis à vis des affaires de drogues, je ne pourrais pas être étonné d'apprendre un jour qu'un bon nombre de millions de dollars abrités par les coffres du Q.G. ou des caisses noires soient de provenance douteuse. J'ai déjà parlé des aveux du fils ainé d'Hubbard à ce sujet. Quand on aime à ce point l'or, qu'on se moque à ce point des lois, que l'on traite ainsi ceux qui vous aident, tout peut arriver. La Sciento avait des comptes en Suisse et au Luxembourg, quand j'y étais. Pourquoi faire, à votre avis? Qui y avait accès? Il est arrivé à l'un de nos fils de porter 240 000 dollars en liquide à la banque, recette de la semaine de l'organisation danoise... Maintenant qu'il sait, il lui viendrait presque des regrets de ne pas les avoir " empruntés " à la secte, une fois pour toute, en règlement de ce qu'elle n'a pas payé.

Ma femme dut aussi subir les rigueurs de la section éthique scientologue lors de la publication dans la presse des condamnations de Hubbard à la prison pour escroquerie. Le père d'une de nos " clientes ", gendarme retraité, fit effectuer une enquête judiciaire auprès de notre groupe. Deux gendarmes corrects vinrent nous voir, nous les renseignâmes tout à fait à leur convenance, et c'est tout... sinon que la gendarmerie scientologue (les services secrets du Bureau du Gardien parisien) se fâcha contre nous; nous fûmes traduits devant les services spéciaux qui nous disciplinèrent tous deux... alors qu'eux-mêmes venaient de perdre le procès parisien, ce fut nous qu'on envoya laver les plafonds, les murs et les WCs de l'org de Paris, sous le prétexte que nous avions " créé " un risque.

Il s'en est fallu de peu que nous ne quittions la secte ces jours-là; l'injustice et la mauvaise foi nous révoltaient. Puis nous avons une fois encore rallongé notre bail, considérant que si eux étaient stupides, nous ne l'étions pas. Hélas, trois fois hélas... notre stupidité fut de rester.

Provoquer l'auto-culpabilisation

En résumé, le système provoque chez les individus une énorme auto-culpabilisation: que vous fassiez de la sciento, vous croirez ne jamais en faire assez, ni le faire convenablement. Si par hasard il vous arrive de vous 'sentir bien avec la sciento', vous risquez fort de vous culpabiliser au même moment parce que vous ne vous occupez pas assez de vous, de vos parents, et des amis, ou de l'humanité. Vous vous culpabilisez toujours d'une façon ou d'une autre.

Passons à plus gai: le maniement du nerf de la guerre par ces " spécialistes ".


MANIEMENT DU FRIC, DES STATISTIQUES & GESTION ABSURDE DU PERSONNEL

" Il n'est de forteresse si puissante que l'argent ne puisse prendre. "(Ciceron)
" Pour mon argent, j'aurais plus confiance en celui à qui manquent les deux mains qu'en celui qui annoncerait les plus honnêtes intentions " (Samuel Johnson, la vie de Samuel Johnson, par J.Boswell, 1791)
" La partie la plus sensible d'un individu n'est pas sa peau, mais son portefeuille. " (Hitler, Adolf)

Malgré ses énormes rentrées, quoique irrégulières, la SD donne l'impression générale de pauvreté relative.

Puisqu'elle passe énormément de temps et de peine à se procurer de l'argent, qu'elle en mendie à tout bout de champ et en toute occasion, que ses tarifs sont extraordinairement élevés - en fait, l'audition coûte plus cher de l'heure que la plupart des meilleurs chirurgiens ne tarifient leurs opérations - le public scientologue est naturellement amené à supposer deux choses. La première, c'est que la secte engrange ses lingots quelque part, au bénéfice de quelques uns. La seconde, c'est qu'elle souffre de frais énormes de fonctionnement et ne recule devant aucun sacrifice pour faire passer son image de religion etc.

Dépenses publicitaires colossales

Il y a une troisième vérité, car les deux autres sont aussi des réalités. Elle est simple: on trouve ici la pire ladrerie, l'avarice la plus noire, la plus totale pingrerie, les méthodes de contrôle les plus coûteuses mêlées aux gaspillages les plus éhontés. Qu'un staff suive exactement les règlements amènera immédiatement des gaspillages dans son service et dans tout son environnement. Ceci est particulièrement vrai des dépenses liées à la promotion et à la vente: peu importent combien elles coûtent. Peu importent les volumes extraordinaires des dépenses liées à ces postes; peu importent les milliards qui passent dans ce tonneau des danaïdes que sont les promos et les actes de vente scientolochers.

Peu importent les sommes fabuleuses dépensées en des procès perdus d'avance dans presque tous les cas: cela fait partie de l'image. Peu importe l'argent: il suffit de le faire rentrer. La loi hubbardienne est simple et claire: plus vous sortez de pub, plus il rentre d'argent. " Faites un tas d'argent. Dépensez-en moins que vous n'en faites. Accumulez petit sou par petit sou [devrais-je traduire par : GROS sous par GROS sou?] ce dont vous pourriez vous servir, mais ne vous en servez jamais " - Page 40 Volume 3, finances).Du moins, c'est ce qu'il croit. Bien sûr, quelques économies de bouts de chandelle sont faites ça et là, mais l'image, l'image de l'affaire, a tous les droits. Mais rien n'est fait convenablement ; tout est parano.

Tout le monde surveille tout le monde et fait des rapports sur tout le monde, au cas où. (Page 31, volume admin. n°3). Tout le monde comptabilise tout, au centime près, à la minute près, au nombre des livres près, au nombre de 'corps pénétrant dans la boutique', au nombre de points de cours faits par les étudiants ce jour-là; au nombre d'heures d'audition délivrées, au nombre de gens qui ont assisté à une conférence gratuite, au nombre de lettres manuscrites que le chargé d'inscriptions par courrier a envoyées: la liste des nombres calculés est interminable.

Des années durant, je passais mon jeudi dans la plus grande fébrilité à récolter quelques cent cinquante indices chiffrés et répertoriés qu'il fallait transmettre à 14 heures à la direction danoise, ou anglaise, avec copies à une autre direction danoise, et à deux directions mondiales américaines et encore une copie ailleurs, j'ai oublié: six exemplaires. Chaque staff, quand nous étions une quinzaine, avait cinq ou vingt-cinq graphiques plaqués dans son espace de travail.

Derrière cette énorme machine qui se met en route immuablement dans tout groupe scientologue, chaque mercredi soir, sans aucune exception, fut-ce le jour de l'an ou celui de la Saint Ron Hubbard, gît le cadavre inanimé, débile et inutile de la secte: les statistiques de production.

LRH a décrété que toute statistique représentant une quelconque production de la part d'un quelconque pékin d'un quelconque service, fut-ce la photocopie d'une feuille, devait être notée.

Obligation règlementaire de produire davantage de jeudi en jeudi

Seconde loi immuable: chaque statistique doit impérativement monter de semaine en semaine.

Aucune descente de stat n'est jamais autorisée ni même tolérée. Si vous avez fait 50000 hier, il faut au moins 50500 aujourd'hui. Sinon, crac, vous vous retrouvez en 'condition basse', en 'danger', en 'non-existence' et autres termes peu amènes indiquant qu'il va vous arriver des bricoles; pour commencer, votre paie sera encore diminuée, voire nulle; et sans préjudice d'autres gros gros ennuis, si ça dure trop longtemps ou que ça descend vraiment plus bas.

Première absurdité: en Janvier, les gens ont moins d'argent qu'en Décembre, où une honnête majorité touche des primes. Ces clients éventuels dépensent donc plus à certaines périodes qu'à d'autres, quoi que vous fassiez :ça se répète d'année en année. Et vous avez aussi les procès, les articles anti-sectes, les émissions de télé, toujours négatives; à chaque fois, c'est une claque à la rentrée de monnaie, c'est autant de temps perdu pour récupérer les nouveaux - ou les perdre malgré des journées à essayer de les faire revenir.

Tout cela compte pour du beurre. Hubbard s'en moquait, l'actuelle direction aussi. C'est écrit, donc c'est vrai. Le commodore a dit : " Rationaliser une statistique : il s'agit d'un terme péjoratif signifiant: trouver des excuses à une statistique en baisse.' " (Dico d'admin, page 436).

Aucune excuse n'est admissible à la baisse de production

Si vous êtes staff, étudiant, auditeur, patron d'organisation, pas question de vous en tirer avec des excuses du genre de celles que j'ai citées, vacances ou autres articles et émissions de télé, livres anti-sciento ou quoi que ce soit; vous êtes bon pour aller en éthique, en supplément du reste. Ils n'ont jamais été aptes à observer que des orgs comme Lyon, qui se refusaient à tout utiliser du système, à de rares exceptions, avaient une bien plus grande vitesse d'expansion que les autres, celles qui suivaient Hubbard à la lettre. Pour être en mesure d'observer, il faut enlever les peaux de saucisson-hubbard.

Si vous arrosez les plantes, il faudra les arroser plus encore demain, tant pis s'il pleut. C'est ce que ça signifie.

Bien sûr, dans cet exemple de plantes, je suis de mauvaise foi: il est vraisemblable que la stat du jardinier se mesurerait en réalité au nombre et au poids de tomates récoltées et emballées ; on oublierait probablement d'inclure que ces tomates doivent être belles, mures, et pas malades, et qu'il ne s'agit pas d'arracher les futurs plants pour le bénéfice de la seule semaine où la stat monte; donc, on fait tout un trafic dans les statistiques.

Comme je n'aimais pas du tout les faux chiffres - un restant de ma dernière profession de conseil d'entreprise - les stats de notre organisation étaient vraies, j'avais mes propres méthodes pour les vérifier avant de les transmettre; cela évitait aussi les difficultés à comprendre ce qui se passait vraiment à tel ou tel endroit du groupe, et permettait de gérer sans à-coups. On a même réussi, une fois où tout marchait très bien, à offrir à tous les staffs une journée de voyage, de promenades et de restaurant: tout à fait contraire à l'esprit scientomartyrique.

Mais les orgs de Paris, Copenhague ou Flag , quelle poudre aux yeux, quelle escroquerie à la stat-qui-monte-qui-monte... ça ne concerne pas tous les staffs, une partie sont honnêtes malgré les risques d'être disciplinés à tort.

Cette obligation de faire monter les statistiques donne un autre effet pervers. Hubbard déclare que le moral dépend de la production. C'est un peu vrai qu'on se sent bien quand on a fait du bon travail. Mais si le travail ou l'oeuvre qu'on exécute ne correspond pas à ce que l'on trouve agréable, ou qu'il s'agisse d'un travail de forcené (casser les cailloux de Tataouine), il est certain que le moral sera au plus bas, même si on en a cassé dix tonnes de plus que la veille.

En Scientobourrage, la production mesurée par les statistiques ne correspond pas toujours à un travail effectif. Supposons que vous vendez les livres de la secte. Un acheteur décidé d'avance vous en prend pour dix mille F ce jour-là. La semaine suivante, vous avez vous même convaincu cinquante personnes à prendre 5000 F de livres en tout, vous serez bien plus fier d'avoir vendu ces livres et surmonté les barrages des acheteurs que lors de la vente facile des 10000 F précédents. Votre statistique ne mesurera pas cette progression, vous serez discipliné par la secte, alors que votre production est beaucoup plus réelle. Peut-être même vaudrait-il mieux ne vendre qu'un seul livre à un acheteur susceptible d'acheter des cours et services, plutôt qu'à cinquante qui ne les liront pas. Si vous saviez combien d'anciens membres possèdent chez eux des électromètres et d'énormes quantités de livres n'ayant jamais servi, bien souvent des collections entières, en anglais, chez des gens qui ne le parlent pas: on a su les leur vendre...

Politique des staffs : trafiquer les chiffres des comptes pour éviter les sanctions

Voici pourquoi les comptes de notre organisation n'étaient jamais justes par rapport à ceux de Paris. Je versais par exemple 5000 F pour des cours dans les comptes parisiens. Quinze jours plus tard, il y avait 3500, alors que personne n'avait pris ces cours payés. Puis, une semaine après, ça revenait à 5000. Ou bien, ils m'envoyaient un paquet de bouquins que je n'avais pas commandés. Ou me débitaient autre chose que j'ignorais la plupart du temps, car ils le remettaient en général sur mon compte. Le trucage complet, pour le bienfait des stats. Il a fallu trois ans et le fait que ce soit mon propre frère qui tint les comptes à Paris, pour arriver à redresser la barre d'après mes propres données comptables: ils s'étaient trop embrouillés dans les leurs pour y comprendre quoi que ce soit. Mon frère m'a avoué avoir envoyé un plein carton de rapports sur ces manipulations de chiffres, mais en pure perte. On a la mauvaise habitude de ne pas s'occuper de ce qui marche en apparence; si bien que les staffs présentant de beaux graphiques tous faux ne sont pas ennuyés tant qu'on ne les prend pas la main dans le sac.

Un autre des marchands de soupe de l'org de Paris avait des résultats tout à fait excellents, si bons qu'elle avait été nommée " Kha-Khan ", l'inattaquable, la personne non-disciplinable par définition de Hubbard. Quand ses stats ont dégringolé à la suite de diverses erreurs de cette org, elle a eu beau être Kha-khan, elle s'est faite écraser comme n'importe qui, alors qu'elle avait vendu pour des millions de francs, peut-être des dizaines de millions, des années durant. Dans son cas, peu probable qu'elle ait truqué des chiffres: elle n'avait pas cet état d'esprit; on l'a simplement remerciée à la manière habituelle... injures et injustice.

A Copenhague, idem. Trafic.

A St Hill, je ne sais pas si les stats se trafiquaient, mais le système ne valait pas mieux: nous sommes allés en 1976 nous faire auditer sur les " grades 5 et 5A ". Nous avions bien sûr tout payé, on était prêts, nos enfants nous accompagnaient et jouaient dans le parc du château, en attendant qu'on ait fini nos histoires. Nous sommes restés quinze jours, tous les frais à notre charge, sans recevoir la moindre séance de grades 5 et 5A. Nous sommes repartis légèrement fâchés, voyez-vous ?

Sciento = société commerciale; valeur ajoutée des " services "

Environ 55 pour cent des sommes considérables entrant dans notre association de Lyon finissaient dans les comptes d'autres organisations. Deux causes à cela:

    1. Les cours techniques nécessitent des matériaux; dont l'essentiel est fourni par les organisations supérieures ou par la société des publications; ceci représente actuellement au moins 15 % du chiffre d'affaires.
    2. Les organisations " inférieures ", celles qui racolent le public de base, doivent faire face à des dépenses de formation énormes, car la rotation du personnel est très importante, (les organisations " supérieures " racolent le personnel déjà formé en dessous), la quantité de cours de formation est colossale, et enfin, ces cours changent sans arrêt; nombre d'entre eux ne pouvant être reçus que dans les organisations centrales (nommées FOLO Europe, AOSH EU & AF, AOSH Royaume Uni). Très coûteux, ces cours pompent environ 40 % des recettes. On voit donc que le régime de la multinationale scientologue fonctionne à plein sur les sociétés scientodraguistes de base, et que l'affaire fonctionne en quasi autarcie.

L'essentiel de ces bénéfices n'est pas redistribué au personnel, nous l'avons déjà vu.

On peut donc considérer que 60 à 70% des sommes entrant dans les caisses restent dans l'affaire au niveau mondial: un taux de rendement (valeur ajoutée) colossal pour l'ensemble du groupe.

Contrairement à la législation sur les sociétés, qui n'autoriserait pas une société dont le capital est détenu par une autre à faire des affaires " hors concurrence " (à prix anormalement élevés) avec cette autre, la SD fait tout le contraire: aucune concurrence possible, elle est seule à délivrer ces formations, qui ont l'apparence de frais extérieurs, sur le plan comptable, alors qu'il s 'agit de charges obligatoires, de dividendes, dûs aux sociétés propriétaires.

Pour défendre l'intérêt des dirigeants de ces affaires de base et les maintenir, c'est le système subtil du plan de paie sciento (voir 'la loi'), qui calcule non seulement la paie des uns et des autres en fonction de leur travail et de leur production, mais aussi de leur niveau de formation - seuls les anciens ont les gros postes et beaucoup de formation; si bien qu'ils peuvent " mériter " 10, 20, ou 50 fois plus, et que moins contrôlés, ils pourraient plus facilement tricher! Enfin, étant dans les sphères dirigeantes, il est improbable que leur base les gène beaucoup pour l'emploi des sommes entrant dans l'organisation.

Souvent, ne rien donner en échange

Ils ne se contentent pas de faire rentrer l'argent: ils ne donnent rien en échange, quand ça les arrange. L'argent a été ensuite viré d' Angleterre au Danemark, ils ne nous l'ont pas volé, mais il a fallu des mois, et nous avions perdu la plupart de nos vacances à essayer d'obtenir ce qui était convenu. Quant aux vacances des fistons, il y en a un qui avait passé au travers des toitures de papier mâché de cette org-château-de-la-Sainte-Colline, et qui était tombé quatre mètres en-dessous, dans une poubelle, et que nous avons encore trouvé moyen de gronder. L'autre ne s'était pas vraiment amusé, si ce n'est le matin, dans la sympathique pension de famille tenue par une scientologue agréable (elle arrondissait ainsi ses maigres fins de mois d'auditeur, sans quoi elle n'aurait pu vivre).

Dans le même genre, on peut toujours payer un peu moins que le plein tarif en achetant 'en gros', en paquets de services. Très très risqué, car si vous ne faites pas le service garanti, soit parce que vous avez abandonné la secte, soit parce que vous faites autre chose, on risque bien de ne rien vous rendre ; vous seriez surpris de connaître les sommes extraordinaires engrangées depuis des décennies, pour des gens qui n'ont jamais osé en demander le retour.(Hubbard stipule par exemple, à propos du cours Saint Hill, qu'il n'est pas question de rendre quoi que ce soit à une personne qui ne le finit pas, même si elle a tout payé; page 232 vol 3).

Plus tard, lorsque nous sommes partis du Danemark, on nous avait débité des services jamais pris, que nous n'avons jamais récupéré. Comptez ensuite quelques années ou décennies, si vous vous refusez de faire appel à la justice du pays, pour obtenir quoi que ce soit, à moins d'alerter la télé et la presse comme Claude J. le fit à Paris, en campant avec grève de la faim devant l'org...

Nous attendons encore, treize ans plus tard.

A Flag, il leur arrive de faire payer quelqu'un, de le faire attendre, pendant qu'il est forcé d'entamer ses crédits de cours pour payer les services hôteliers de Flag. Vous pouvez rester là plusieurs semaines sans qu'on s'occupe de vous, sauf pour vous faire dépenser votre crédit -pension.

Tout ça, ce n'est que faux chiffres, ça ne gaspille que du temps mais pas trop d'argent, car les staffs à 15 $ ne reviennent pas cher. Et l'hôtellerie religieuse doit pas mal rapporter.

C'est dans la masse des courriers et des appels téléphoniques qu'on trouve les gaspillages les plus effrénés. Tout scientologue ayant eu affaire à l'une des grandes orgs, même pour un livre, recevra d'elle des courriers innombrables, dont une large part sont rien moins que débiles. Vous allez avoir mardi une lettre du correspondancier de Paris disant " Cher Untel, j'espère que tout va bien et que tu avances à toute vitesse sur le pont™ de Ron, c'est formidable, n'est-ce pas? On t'attend ici pour l'évent du 4 Août ou du 35 Septembre. Signé; le correspondancier machin-chose " Le tout avec généralement quelques fautes d'orthographe. Le mercredi ou le jeudi, c'est le 'centre des célébrités', l'autre organisation parisienne, qui vous fait un laïus du même type, auquel elle joint un tract ou deux pour un autre 'évent' ou pour deux ou trois paquets de bouquins, ou une conférence. Le vendredi, vous trouvez à la boite un ou deux exemplaires de 'l'Auditor™' venant de Copenhague, le samedi il y en aura peut-être aussi un autre, en anglais cette fois, venant de Saint Hill™ Angleterre. Le lundi ou le mardi suivant, c'est Flag™ qui vous expédie 'Source™', ou 'Advance™', ou " KSW™ ", ou " Scientology™ News " de luxueuses brochures format géant, en quadrichromie pleines de belles photos, textes sur fonds or et argent, photos avantageuses du très joli petit salaud en bel uniforme d'opérette à boutons dorés qui dirige l'affaire (ou de son prédécesseur), avec des textes bourrés de superlatifs plus superlatifs que jamais. Il m'est arrivé d'en compter 126 sur un texte de 400 mots. Enfin, le mercredi, vous aurez peut-être un appel d'une de ces orgs vous demandant si vous êtes décidé pour le service suivant . Payant.

Si vous répondez oui par inadvertance, le " chargé d'inscriptions " risque bien de vous demander un rendez-vous immédiat; tout va bien si vous habitez Paris; mais j'en ai vu voyager la nuit, pointer leur nez à Dôle ou à Avignon le lendemain matin, le jeudi, jour des stats, pour faire signer un chèque de 2 ou 3000 F avant 14 heures.

Un coûteux voyage. On dépense dur, quand il s'agit de stats, mais à peu près rien quand il s'agit de produire.

A elle seule, la Secte armée pour la guerre vous expédie souvent autant de pub que tous les commerçants et grandes surfaces réunis, si vous vous trouvez sur ses 'Fichiers Centraux ", les 'CF' dont elle se sert pour ses relances.

Maintenant, il y en a qui répandent des panneaux publicitaires grand format dans le métro, à prix extra-fort, pour faire connaître la Dianétique™, livre Un. Qui sponsorisent des coureurs automobiles au Mans - une bonne méthode tout à fait religieuse; j'ignore pourquoi le Vatican ne prend pas les couleurs Ferrari sous sa coupe; d'autres couvrent leur ville de panneaux vantant les mérites du système, paient des annonces de conférences ou autres dans des revues ésotériques ou des journaux.

Ou font venir des gens depuis les U.S.A. pour leur expliquer à quel point la dernière née des trouvailles merveilleuses de M. Hubbard est super-hyper-tout.

Voici mon estimation: en théorie, nous dépensions déjà 14 % net sur la promo, en 82. Ceci ne comprenait pas les frais de timbre, de téléphone, de voyages, de conférences, de gens qui racolent dans la rue pour des tests, ni les prix des tests; ceci ne comprenait pas, à Lyon, la masse formidable dépensée au Q.G. chez les avocats dans de mauvais procès; ni les locations éventuelles d'hôtels etc. Ni les actions du service des affaires spéciales auprès des députés, ministres, présidents ou adjoints (Voir l'ouvrage une secte au coeur de la République), tout ça étant hors de prix.

Total des coûts de cette espèce: probablement au moins 50% des chiffres d'affaires totaux de la secte pour le monde entier. La preuve absolue, s'il en faut, que l'affaire est strictement commerciale. Ce n'est pas invention : Hubbard le dit dans le volume administratif n°3, page 36: " Pour obtenir du bénef, l'économie n'inclut pas l'économie sur les dépenses, lesquelles peuvent se convertir en surplus. On peut gaspiller 50% des rentrées d'une org pour parvenir à 10% de bénéfices. Dans certains cas, c'est la seule manière d'obtenir un surplus ". Pourquoi ? " Parce qu'une org essaiera toujours de dépenser plus qu'elle  ne gagne et que l'économie a pour but de l'en empêcher. " (page 35-36, volume 3). Gaspillage presque complet. Inaptes à voir leurs défauts essentiels (pas de vrai produit délivré au public) ajoutant des mensonges sur les mensonges, ayant une qualité d'accueil déplorable, aucune véritable compréhension des désirs des gens, sans compter l'image pseudo-religieuse, refusée par la majorité, qui se tait par crainte de discipline. Le coût de ces erreurs est exorbitant, que ce soit mesuré en termes humains (bouleversements énormes), en termes financiers (gaspillages démentiels qui feraient disparaître des PDGs et leurs entreprises), ou en termes légaux (ils perdent l'essentiel des vrais procès, ceux où ils sont attaqués pour escroquerie etc.)

Sous prétexte de gestion, de bonne technologie, chaque org se doit d'accepter des 'missions' émanant d'orgs supérieures, venues là semblerait-il, du moins c'est ce que dit l'ordre de mission, pour vous apprendre la vraie tech et rectifier toutes vos anomalies. J'en ai reçu plusieurs; une seule, (un comptable), a audité les comptes et les a remis dans les formes souhaitées par LRH - ça ne donnait rien de plus, c'était affaire de forme. Il m'avait même fait reprendre de l'argent qui nous appartenait mais dont la transaction m'avait échappé. Ces missions vous sont imposées, elles sont aux frais de votre groupe. Toutes celles que nous avons reçues à Lyon n'ont fait que saboter notre travail.

Un beau jour, deux missionnaires de très haut rang (adjoint du gardien pour le monde entier) viennent des Etats-Unis pour me faire modifier le nom de la société civile qui gérait le bâtiment de l'organisation. Nous avions appelé cette société civile, en hommage à Ron, " Les amis de L.R.H. ".

Pour une quelconque ténébreuse raison, il devenait urgentissime, d'après eux, que j'accepte le changement de nom de cette société civile, qui n'avait rien d'autre à faire qu'à gérer le bâtiment où logeaient l'org de Lyon et les staffs, et équilibrer ses comptes, c'est tout. Ils ont essayé pendant des heures et des heures de me prouver qu'il était capital de modifier ce nom, que le nom de LRH™ ne devait plus apparaître dans aucune société, que c'était une décision au niveau le plus élevé, etc., mais comme Ron lui-même ne l'avait pas écrit, j'ai refusé, prétextant qu'au contraire, c'était marque de sympathie que de nommer des sociétés par ses initiales. Devant leur insistance inimaginable et en dépit de la nullité de leurs arguments, j'ai consenti à envoyer une lettre aux Contributions Indirectes, précisant la néo-signification des lettres LRH: j'avais transformé ça en " La Route Heureuse. " Ca ne changeait rien. Rien du tout. Ca m'économisait 6 ou 800 F de droits d'inscription et de publicité légale, mais à eux, ça leur avait coûté deux allers-retours des USA, sans rime ni raison autre que leurs idées fixes. Là, ils n'ont pas osé nous racketter. Mais quand nous avons tourné le dos, la mission qui s'était emparée des rênes de Lyon a réussi à vider les 500 000 F actuels en quelques mois. Jamais cette org ne s'en est relevée: tant mieux. Et pourtant, mes amis qui avaient repris les rênes à notre suite ont fait tout ce qu'ils pouvaient, en obéissant bien aux ordres, en payant bien sûr les missionnaires à 1000 $ la journée.

C'est la gestion la plus absurde et la plus lourde qu'un esprit dérangé ait jamais inventée. Le seul avantage qu'elle aurait se situe dans son statut sans but-lucratif. Pourtant, si elle avait payé ses staffs au SMIC, mais qu'au lieu de les mettre à la porte pour un pet de travers ou pour rien, elle les ait formés, qu'elle ait pris un statut lucratif et payé ses taxes, qu'elle ait évité tout procès en remboursant sans discussion, elle aurait pu, avec sa technique réécrite, faire bien plus d'argent, puisque c'était le but d'Hubbard. Il était si certain d'avoir absolument raison en tout qu'il allait jusqu'à écrire des lettres de règlements sur la manière de faire les vitres et de laver ses voitures. Et ça lui donnait droit à des royalties, car on peut trouver ces 'lettres de règlements' dans les gros volumes verts de la secte.

Je serais curieux de savoir qui a vraiment écrit ce règlement-là, étant donné qu'il n'a jamais dû toucher un torchon de sa vie, ni lavé une de ses Jaguars.

Gestion encore: si un staff veut un stylobille, ou du papier ou n'importe quel petit accessoire, cela passe par un impensable système administratif de gestion des dépenses. Encore un que j'ai failli appliquer à Lyon. Mais mes méthodes administratives étaient sûrement mauvaises pour eux, alors que notre groupe, encore bien jeune - nous n'étions que quatre staffs alors, fut le premier d'Europe à avoir son propre sauna pour délivrer la " procédure de purification ". Y-a-t'il besoin qu'un gérant tombe dans la réunionnite avec trois chefs de service et douze employés pour savoir s'il a besoin d'une machine à écrire ou d'un instrument indispensable à la bonne marche de son entreprise? En Sciento, si. Et ces décisions prennent des heures chaque semaine. Et créent des pataquès entre les staffs. (Référence: Planning des finances, pages 48 à 50, volume d'admin n°3)

Pendant que nos clients faisaient leur procédure bien tranquilles entre eux, à 2 ,3 ou 4 dans un sauna propre et net de 6m2, avec la stéréo et les jus de fruits, ceux de l'org de Paris devaient aller au sauna public prendre des mycoses aux pieds, entassés parfois à douze dans une cabine de 4m2; quelques-uns durent stopper la procédure suite à de graves infections dues à cette promiscuité. Pourquoi n'avaient-ils pas de sauna ? Paris avait sûrement cent fois plus d'argent que nous, mais les procédures, les discussions pour accord, les atermoiements pour respecter les règles, ajoutées aux mauvaises statistiques des semaines précédentes les empêchèrent des mois durant de faire quoi que ce soit. Tout le monde voyait la catastrophe: allaient-ils accélérer pour autant ? Non : il fallait qu'ils se saignent pour payer leurs avocats et les missionnaires venus d'organisations supérieures.

Comme chaque règlement fortement arbitraire d'Hubbard, ceux qui concernent l'argent, la pub et les affaires de justice sont ineptes. Leurs effets pervers ou secondaires sont désastreux. Mais il sont acceptés en dépit de toute évidence de leur partielle imbécillité, à cause du pourcentage convenable qu'ils contiennent. Quand l'imbécillité devient trop énorme, il vaudrait mieux tout repenser.

Analyse de situations (gestion par analyse)- police des finances sciento

Avec toutes ces stats faussées, les services de contrôle de la direction européenne et du QG mondial prenaient des décisions, basées sur les analyses effectuées d'après la " série des données ", cet ensemble de règlements très indigestes censés vous apprendre la logique. Là encore, les définitions très ronflantes et les néologismes hubbardiens abondent. Si certains tiennent la route et pourraient servir, lorsqu'on les donne à utiliser à des gens n'ayant pas d'autre formation que la scientologie, il en sort des analyses invraisemblables de sottise et d'absurdité. Ces analyses étant ensuite balancées de très haut sur les pauvres organisations transies de terreur, celles-ci se doivent de les appliquer illico, avec les résultats qu'on peut deviner. Les chiffres étant faux, voire impossible en premier lieu, mal compris parfois par les 'analystes' (la secte les nomme pompeusement des évaluateurs), mal analysés selon certaines bases ineptes, que voudriez-vous qu'il en sorte?

Ces analyses ont pu donner des augmentations de 121 ou 230 % l'an, décider brusquement la création (1981) d'un directorat de sept grands patrons de la secte - j'en ai connu un personnellement ayant d'ailleurs abandonné le navire quelques semaines plus tard - elles ont pu décider de la formation de la fameuse 'police internationale des finances', aboutir aux chasses aux sorcières et aux épurations sanglantes de 1982, décider des cambriolages du fisc américain, des procès intentés n'importe quand et n'importe où... Ca, c'est une forme de logique qu'on peut aussi trouver chez les Pinochet, Khadafi, ou lorsqu'un ministre déclare n'avoir jamais entendu parler du naufrage du bateau de Greenpeace qu'il avait lui-même ordonné. La véritable cause de toutes ces décisions n'était jamais indiquée dans ces analyses " logiques ": c'est la terreur de M. Miscavige, notaire, président du Board of Administration of the Religious Technology Center, de se trouver face aux vrais scientologues de l'époque susceptibles de lui ôter son bout de gras: il fallait éliminer avec pertes et fracas tout ennemi potentiel, comme l'étaient Diana Hubbard, Mary Sue Hubbard, David Mayo, Bill Frank, et à moindre mesure, des gens comme nous, qui pouvions monter une partie d'un pays contre ce chenapan qui ira tôt ou tard en prison, à moins qu'il ne se suicide à l'aube de son Nuremberg, ou qu'il fuie avec la caisse en se faisant refaire son (sale) portrait?

Notez que certaines techniques de gestion très sophistiquées utilisées parfois ailleurs qu'en sciento aboutissent à des résultats aussi crétins; de grandes sociétés ont parfois construit d'énormes installations sur la foi de rapports d'experts en marketing ne contenant " que " 600 % de surestimation du marché potentiel que ces installations devaient couvrir... ou omettent des données politiques si capitales qu'il leur faudrait faire marche arrière dès la présentation de leur rapport; - voyez Bouygues, pro-Ballamou, depuis l'élection de Chirac.

La secte ne fait presque jamais marche arrière; les fonctions d'encadrement mondial sont bien trop éloignées et protégées des réalités vécues dans les strates inférieures , les chiffres leur sont bien trop hermétiques et faux, et leur mode de pensée trop fixé pour qu'une décision puisse être tout à fait valable.

Ils pourraient acheter une Rolls et lui faire poser un moteur de 2CV, ou lui appliquer des dessins de croix gammées sous prétexte que ce sigle est connu partout dans le monde, pour qu'on reconnaisse la leur de très loin. Je n'exagère absolument pas avec les dessins de croix gammées: le nouveau sigle de la sciento fait penser (volontairement?) à la représentation du VIRUS DU SIDA Pour paraître dangereuse, la secte a encadré ses habituels sigles d'un schéma tout à fait comparable à celui du SIDA. (Voir annexe) En France, on dirait d'eux qu'ils sont C.. comme des B... Je doute toutefois que la scientologite soit sexuellement transmissible, sans quoi ils auraient déjà réédité les méthodes des enfants de Dieu.

En 80, lorsque nous transformâmes notre franchise (mission, disent-ils désormais) de sciento en organisation classe IV, commencèrent à nous parvenir des paquets incroyables de splendides publicités en américain, à distribuer à notre clientèle francophone. Certains jours, 600 exemplaires 22x35 d'une pub en anglais pour une cassette enregistrée d'Hubbard, dont nous avions quelque chance de vendre peut-être un unique exemplaire, car la cassette aussi était en américain et pouvait coûter 600 F pour une heure de bla-bla...(il s'agissait réellement d'une conférence sur l'argent!). On pouvait aussi bien recevoir trois fois le même paquet de tracts inutiles, à trois jours d'intervalles. J'avais pesé, une semaine durant, le total de papier glacé ainsi balancé à 90 % au moins à la poubelle: plus de trois kilos. Plusieurs milliers de beaux papiers avec de belles couleurs, pour vendre des choses invendables. D'accord, il en faut un peu. Il ne leur est jamais venu à l'idée d'envoyer une simple affichette ou deux, qu'on aurait mise sur nos murs, et de vendre la cassette 60 F ou 90 F... c'est à dire tarifée convenablement, sans les coûts inutiles de la pub. Aucune vente ne pouvait honnêtement résulter de telles décisions.

Livre à ...80 000 Francs

Vers 1984- après notre départ - j'ai essayé de les rouler, car j'avais reçu une pub pour un exemplaire numéroté, relié cuir, en coffret bois, dédicacé soi-disant par Hubbard, de je ne sais quel livre. A plus de 80 000 F d'aujourd'hui - oui, plus de 50000 il y a dix ans - de la littérature religieuse ? Pour voir, j'ai contrefait légèrement mon nom, et expédié un bon de commande parfaitement illégal: un faux en écriture doté d'une déformation de mon nom. Il s'est trouvé un staff qui me connaissait au Danemark: ne pouvant par ailleurs absolument pas croire que qui que ce soit commande par courrier cet ouvrage à un tel prix, il ne l'a pas envoyé, sans quoi j'aurais essayé de m'en servir pour faire accélérer le remboursement de ce qu'ils nous doivent.

J'aurais aussi bien pu tomber sur un autre qui, enchanté de faire grimper ses stats de vente au-delà du plafond, l'aurait bel et bien expédié malgré l'absence de paiement. S'ils avaient envoyé le livre, ils auraient sûrement estimé que j'étais remboursé, du coup; ça les auraient trop bien arrangés de nous payer en monnaie de singe, une fois de plus.

Si au moins 50% du total des rentrées ne sert qu'à la publicité et à la commercialisation du produit, ne croyez pas pour autant que le reste est payé aux staffs. Les salaires ne doivent pas dépasser 14 % du total, charges comprises, ce qui équivaut aux 14 % de chiffre d'affaires de vente de livres et bandes magnétiques etc. (Formulaire AC1 page 159 vol 3 d'admin): cela signifie aussi que Hubbard faisait à lui tout seul autant de C.A. que la paie de tous les staffs du monde entier réunis, et ce, rien qu'au titre d' " auteur de livres. "
Les scientologues doivent à Steven Fishman et à l'imbécillité de ce système de livres "de collection" un de leurs principaux procès perdus: ils ont en effet usé de la crédulité de Steven Fishman pour lui faire commander 80000 dollars (500000F) de "cassettes reliées cuir" des "oeuvres de L. Ron Hubbard... qu'il a payé d'avance... mais qu'ils ont finalement décidé de ne pas lui livrer. Ils lui ont par ailleurs recommandé de tuer son psychiatre et de mettre fin à ses jours ensuite! Le résultat? un gigantesque procès aux Etats-Unis, procès dont vous profitez souvent sur mon site, car bon nombre des pièces récentes sortent tout droit des témoignages d'anciens hauts-pontes de la secte qui ont été scandalisés et ont décidé de témoigner en faveur de Fishman et de son psychologue-psychiatre, le Dr Uwe Geertz.

Les comptes d'épargne patiente - Hubbard, proprio de la secte

Si les staffs sont mal payés, voire pas du tout payés certaines semaines, il rentre quand même de la monnaie  qu'on accumule dans les comptes. Surtout dans les comptes d'Hubbard, lorsqu'il était là. C'est très nettement décrit dans un règlement de 1965, page 51 vol 3, dans lequel on s'aperçoit qu'il pompait les orgs par tous les moyens: en tant qu'individu propriétaire, en tant que 'membre du personnel', fondé de pouvoir, directeur, administrateur-propriétaire, directeur, conférencier, etc. Ces sommes continuent probablement à être versées sur le compte dont il espère disposer lors de sa 'réincarnation'.

A quoi est censé servir cet argent ? A faire des petits, bien sûr, mais aussi à préparer l'éventuelle période de vaches maigres prévue par Hubbard: en 82, il fallait déjà avoir dans les caisses de quoi tenir deux ans sans rien faire rentrer! Si cette éventualité s'était produite, je serais curieux de savoir ce qu'Hubbard avait prévu de donner à manger aux staffs et à titre de salaire, toutes les statistiques étant réduites à zéro! A tous coups, les staffs auraient dû aller faire le " prêtre scientouvrier " ou quelque travail extérieur, ou crever de faim, et l'argent serait resté dans les caisses, à part les quelques milliers de F nécessaires pour la conservation des locaux et les taxes mobilières ou foncières. On trouvait déjà trace de ce beau principe en 1966 sous le titre " Fonds de réserve ", ou 'fonds de gestion des risques' qu'il était franchement conseillé de calculer en incluant de surcroît les années antérieures, pour qu'il soit bien épais, jamais dépensé et fasse des petits.

Tous les règlements consacrés aux finances sont du même tonneau.


GUERNICA

" Bien sûr, l'homme moyen ne désire pas la guerre... mais après tout ce sont les chefs d'état qui déterminent la politique, il est toujours facile d'y mener les gens, que ce soit sous la démocratie, la dictature fasciste, la dictature communiste. Il suffit de leur dire qu'ils sont attaqués, de dénoncer le manque de patriotisme des pacifistes et d'exposer le pays au danger. Ca fonctionne partout. " (Hermann Göring)

Cette citation résume un des mécanismes les plus difficiles à mettre à jour dans les travaux d'Hubbard.

Comment s'assurer la pleine coopération dans un système aussi vicieux que le sien? Comment obtenir une complète soudure, une aliénation sans failles? Une technique, même parfaite - ce n'était pas du tout le cas - n'y aurait pas suffi. Le système moralisateur-éthique non plus; là aussi, trop de failles.

Par contre, trouver des ennemis au groupe, ça marche. Comment lui en trouver ? En les inventant. En les provoquant à devenir des ennemis.

A peine né, l'ensemble dianétique battait de l'aile, les exercices de gestion périlleux d'Hubbard l'ayant mis en grand risque d'être balayé. Armé de sa force de conviction, il se fait des amis célèbres, se fait aider financièrement, retombe sur ses pattes...et sur leur dos (voir Le Gourou Démasqué).

Ayant subi quelques attaques de certains journalistes, parfois aidés de psychiatres, après ses démonstrations ratées de 'clairs', c'est la contre-attaque immédiate. Tous ces gens qui diront quoi que ce soit de sincère mais désobligeant sur sa tech, son personnage, ou sur quoi que ce soit qui y soit lié, se verront étiqueter " ennemis "; mais il faut plus, toujours: il va chercher les coups, dès qu'il peut, se faisant caresser par quelques vrais religieux de diverses vraies églises qui se font avoir par l'exceptionnelle faconde du personnage, pendant qu'il attaque les bases de ces mêmes églises. S'il utilise les reconnaissances de quelques psychiatres de l'école antipsychiatrique, il en vilipende ou fait vilipender simultanément d'autres; se déclarant tout à la fois pour et contre tous et tout, selon les opportunités. Des juges seront ainsi insultés dans des journaux de la secte (Ethique et Liberté, entre autres) ou par distribution de tracts dans leur ville, mais on se servira d'une ligne d'un jugement anti-secte pour 'prouver' la religiosité du 'business'.

Rien n'échappe à sa tyrannie, à son dynamisme envahissant.

Je n'ai pas de goût prononcé pour la psychiatrie traditionnelle institutionnelle, lorsqu'elle n'obtient aucun bon résultat, mais il y a aussi des rémissions chez leurs patients. Là comme ailleurs, il y a les sincères et désintéressés, et d'autres...moins intéressants. Dans son livre sur la secte en France, Julia Darcondo dénonce les manoeuvres tentées par les 'affaires spéciales' afin de soulever le grand public contre la psychiatrie; il n'y a pas de quoi rire, je peux vous l'assurer.

Pour Hubbard, tout est mauvais, sauf la conférence arrachée par surprise à l'un ou l'autre de ces psychiatres ou médecins, ou la lettre qu'on pourrait croire positive, que l'on affichera comme reconnaissance officielle par la psychiatrie des pouvoirs exceptionnels de la tech.

Hubbard fait sans cesse référence aux terrifiants traitements imposés par tout psychiatre à tous ses patients: ces " assassins " passent leurs journées à l'électrochoc, à la lobotomie ou à d'autres méthodes peu ragoûtantes, dit-il. Il y en a qui le font: quelqu'un de mes proches a pratiqué 1600 électrochocs au cours de son existence, avouant qu'il ignorait s'il y avait un quelconque résultat! Il faisait ce qu'il pouvait, ce n'était pas un tortionnaire, mais un de ces psychiatres-neurologues des débuts du siècle. Son truc ne valait rien, il ne voyait pas beaucoup mieux les résultats des camisoles chimiques. C'était l'ignorance, l'ignorance dénuée de mauvaise intention, ce n'est déjà pas si mal, par rapport à la pseudo-science farcie de mauvaises intentions.

Hubbard se moque aussi de la médecine, au point qu'il soit presque interdit d'y avoir recours lorsqu'on est en sciento - même si l'on vous montre des textes disant le contraire - il n'est pas dit qu'on s'y porte plus mal qu'ailleurs, sauf quand on en meurt, comme ce jeune homme décédé durant une cure de désintoxication du centre Narconon (émanation scientogogue) proche de Dijon, que tout médecin aurait pu sauver.

A Lyon, nous avons eu un cas extrême d'une jeune femme ayant attrapé une maladie " bulleuse " - mortelle dans bien des cas, au sauna. Heureusement que nous ne l'avons pas laissé mourir à 70° en obéissant bêtement aux préceptes mortels du fondateur. C'est le caisson hyperbare et d'autres engins vraiment médicaux qui l'ont sauvée, pas la secte, encore que nous l'avons aidée un peu, psychologiquement. C'était quelqu'un de tout à fait honnête et qu'il fallait assister dans notre faible mesure en plus de ce que la médecine faisait pour elle; mais j'imagine assez les ennuis qu'on aurait récoltés en plus, si on avait cru Hubbard sur parole. (Voir le chapitre sur la médecine) ; on l'aimait bien, il fallait faire le maximum.

Serait-il arrivé qu'elle en meure, j'imagine que la secte aurait monté, sans notre accord, une affabulation de procès en hérésie mené par les psychiatres lors du procès contre nous qui n'aurait pas manqué d'en découler... je ne suis pas sûr que je me serais pardonné une telle catastrophe et que j'aurais admis de faire, même à l'époque, ce que la secte m'aurait recommandé pour SA défense.

Dans l'affidavit de André Tabayoyon, vous découvrirez par ailleurs que le terme GUERRE est convenable... la secte est puissamment armée pour la défense et l'attaque: en plus de deux abris anti-atomiques à quelques kilomètres l'un de l'autre, elle entretient une armée de gardiens armés, avec miradors, cloture hyper-aigüe électrifiée, motos, voitures, etc. La GUERRE. C'est ça, une secte armée pour la GUERRE.


MEPRIS POUR LES NON-SCIENTOLOGUES

La haine organisée fait l'unité. (John G. Chapman, Lignes sur la mort de Bismarck)Tout savoir n'est pas tout pardonner. C'est mépriser tout le monde.(Quentin Crisp, le Serviteur nu)

A part la psy, la médecine, Hubbard avait aussi comme ennemis préférentiels les journalistes, médias, T.V., les psychologues, le FBI, la CIA, Interpol, les gouvernements en général, n'y revenons plus. Tout le monde.

Savez-vous les termes hubbardiens pour 'non-scientologue' - je ne parle pas ici de non-scientologues ennemis, non, mais des neutres, des gens de partout. Il y a d'abord 'WOG'. Wog, un gentleman oriental de valeur, (un melon, version anglaise, mais aussi un insecte nuisible - dictionnaire argotique anglais). Et puis il y a 'RAW MEAT', c'est à dire 'Viande crue'. Des gens communs, vulgaires, comme tout-le-monde, dit-il; ou encore: " quelqu'un qui n'essaie même pas " [la scientologie, évidemment]. Zut! Encore un enfoiré qui ne paye pas.

Dans 'science de la survie', même message: il n'y a que des dianéticiens avancés dans les niveaux émotionnels élevés. Tout le reste ne vaut rien, c'est neuro ou psycho, c'est tout dans la mauvaise partie des divers tableaux descriptifs de l'humanité telle qu'il la voit, dont le plus grandiose est " La charte, le PONT. "

Côté technique, même combat. Non seulement il est tout à fait déconseillé de s'adresser à la médecine et à la psychiatrie sans autorisation expresse et vraiment indispensable, mais on vous défend en outre toute implication dans tout groupe pratiquant quoi que ce soit qui pourrait vous " nuire " comme le yoga, les croyances orientales, la gymnastique, la méditation, d'autres religions ou rites, des pratiques scientifiques, la sorcellerie, etc: tout ceci est interdit plus ou moins directement, au cas où ça viendrait perturber. A moins que ce ne soit au cas où ça marcherait, ce qui serait plus gênant encore pour la secte!

La sciento franchisée par Sigmund Freud et sponsorisée par la défense américaine

Pourtant, on trouve une affirmation incroyable pages 266 et 267 du dictionnaire administratif:

" Fondation Hubbard de recherche dianétique : [ ...] cette organisation tient la dianétique comme la seule méthode utilisable dont on puisse se servir pour des cas d'hystérie ou de dépression. L'autre est la Fondation freudienne américaine [ ] la seule agence de cette sorte à être autorisée à utiliser le nom et les travaux de Sigmund Freud. Aucune autre fondation freudienne n'a ce privilège ou n'a reçu de franchise de la part du vieux maître. Mais nous en avons reçu une de l'Institut Freudien de Vienne, ce qui fait de nous l'unique fondation freudienne légale. Cette organisation sait ce qu'est la suite de la grande oeuvre de Sigmund Freud, à savoir que la dianétique est la solution à la psychanalyse; elle le clame librement. La Fondation Hubbard de Recherche dianétique est par conséquent supportée par la Fondation Freudienne américaine, et par la société américaine de défense civile. "

Presque sans commentaires. Allez juste un peu voir ce qu'en dit ladite fondation freudienne, ou mieux, la fondation américaine (fantôme) de la défense civile, si toutefois elles existent ou ont jamais existé.

Quand j'ai compris qu'il fallait impérativement des ennemis pour maintenir ce groupe qui n'en avait pas au début, quelques déçus non remboursés mis à part, quel soulagement. Comment avions-nous pu prendre part à cette mascarade de Guernica, à ces pancartes trimballées dans les Champs-E de Lyon, (la rue de la République), avec leurs pancartes 'J'accuse', maquillés, vêtus de fracs et de hauts de forme, péchant plus de 5000 signatures sur de mauvaises pétitions, (pétitions dont François de Closets montre bien le détournement dès qu'elles sont signées) ?

Sûr, qu'elles étaient détournées, mais nous, nous les faisions signer sans aucun problème: des scientos, ça a l'air sympa. C'est dangereux, cet air sympa.

Les ennemis réels de la secte sont bel et bien de plus en plus nombreux et organisés; les résultats effarants qu'elle obtient étant de plus en plus connus et répertoriés, elle a de plus en plus d'ennemis. Qui sont-ils? Des psy, des toubibs, des flics ? Mais non, pas du tout; les seuls vrais ennemis sont tous anti-scientologues par ancienne obédience au groupe; ce sont des gens qui ont enfin compris ce qui se trame derrière ces barreaux-là.

Presque tous les procès sciento sont intentés soit par la secte contre quelques rares journalistes qui n'ont pas été terrorisés, soit pour asseoir des 'marques déposées' ici et là, marques qu'on leur refuse souvent, soit par d'anciens qui se plaignent des traitements inhumains qu'elle leur a fait subir, on a vu l'affaire lyonnaise.

La règle qu'elle suit est facile en pareil cas: on pousse jusqu'à ce qu'on soit certain que la personne ne fera pas machine arrière et que son dossier est trop solide pour être gagné par la secte: à ce moment-là, elle signe un compromis pas trop désavantageux mais que la personne accepte néanmoins, bien contente d'être débarrassée, sauf si elle a plus de fierté que la signature n'en demande. Car la secte n'aime pas trop passer dans les journaux, les articles qui la disent condamnée ne font pas bon effet.

Si d'autres ennuis sont à craindre (remise en cause du caractère prétendument religieux, ou remise en cause de sa légalité vis à vis de pratiques paramédicales évidentes), la secte ira jusqu'au procès, avec les meilleurs avocats possibles, un dossier super-béton, enfin, un dossier apparemment bien ficelé, car une condamnation lui interdisant certaines pratiques la gênerait beaucoup.

Ca ne fonctionne jamais différemment; elle le sait; elle s'intéresse uniquement à la forme, jamais au fond. C'est en public, dans la rue, qu'on essaie de faire avaler qu'il y a un bon fond: là, on propulse quelques centaines de scientologues solides, avec des banderoles pour la liberté de religion ou autres folies tout aussi improbables, et l'on attend que l'effet 'tous ces croyants défendant leur religion' se produise. On paie dans de très grands journaux des pages entières d'annonces défendant apparemment les juifs et rappelant le génocide, mais ce ne sont que fariboles pour faire passer l'idée " Sciento = religion ": les juifs, la sciento s'en moque verticalement, je suis bien certain qu'elle serait la première à tenter de reprendre des épurations ethniques si elles lui devenaient utiles. Et ceci, en dépit du fait que certains scientos sont juifs ou n'importe quoi. Pourquoi voulez-vous qu'une religion défende tant son image à coup de centaines de procès et de millions de dollars, si elle est une religion pour commencer?

Parmi eux, il n'y en a aucun, aucun, qui n'ait lui-même protesté ou sévèrement questionné l'aspect religieux, à un moment ou un autre de son passé sciento; mais maintenant, ils défilent, font signer des pétitions. A leur frais, sur leurs vacances, sur le restant de leurs cagnottes. A pied, à cheval, en voiture, quitte à ne rien manger des jours durant.

" Scientologie überalles! " (La scientologie avant tout).

Ou, pour faire durer la paraphrase nazie, " Unmöglich ist nicht scientologist. "- Rien d'impossible à la Scientonozie.

J'avais été terriblement choqué lorsqu'une amie psychologue, à nos débuts, m'avait froidement annoncé qu'elle croyait ce système fasciste et nazi. J'aurais dû me méfier de ma propre réaction excessive, une réaction montrant en effet que j'étais hypersensibilisé, déjà, à quelques rapprochements que l'on pouvait faire avec ces doctrinaires totalitaires. Lorsqu'on vous assène ce type d'argument qualificatif, ou vous n'avez aucune réaction, car c'est très loin de la réalité, ou vous réagissez trop, parce que c'est justement trop près de ce que vous ressentez. Auquel cas, votre propre réponse sera plutôt violente, genre, " mais quelle c..., mais quelle nulle, mais quelle idiote! "

Les scientofacistes seraient bien capables de s'emparer de mon affirmation pour essayer de prouver que mon livre n'est que réaction excessive pour les mêmes raisons. En omettant les treize années de réflexion, les autres preuves, et les résultats des pratiques d'Hubbard.

Freud aurait ajouté - restons côté germain - 'c'est dangereux d'être sincère à moins d'être également stupide' ; Je lui laisse la paternité de sa constatation; il semble plutôt qu'avec la sciento, il faut être plus carré qu'eux, moins peureux et moins fourbe. Ils utilisent tant la violence verbale que faire moins serait risqué: aussi j'utilise leurs propres armes, sauf celles qui sont débiles et qui ne cessent de leur retomber dessus, c'est à dire la propagande noire: à quoi bon répandre des bobards contre la secte quand la vérité suffira?

C'est facile: si quelque patient vient à critiquer son auditeur ou la secte, ou LRH, ou toute autre personne en relation, Hubbard a l'arme qui tue: il fait " tirer les retenues manquées ". Il s'agit là d'actes " discréditables ", d'actes qui font honte à la personne et qui ne sont pas connus d'autres gens.

Si vous êtes convaincu de la valeur de cette découverte parce que vous avez confiance en la secte, vous trouverez alors quelque chose qui vous soulagera la conscience, et vous le direz ou l'écrirez, même si cette chose n'a pas le moindre rapport avec vos critiques fondées. Vous voilà calmé d'essayer de critiquer, on vous a détourné de votre observation, vous penserez à autre chose.

Mais les critiques fondées sont justement des critiques fondées, pas de la roupie de sansonnet, en scientàcritique comme partout ailleurs. Quand vous critiquez les prix ou les jugements idiots, c'est quelque chose de bien précis, de bien réel, qui mérite la critique, quels que soient les arguments de Sir Hubbard, et quelles que soient les exactions éventuelles que vous auriez pu commettre contre la sciento ou des scientologues.

Pas de progrès en sciento ? Vous êtes un criminel, mon vieux.

L'extraction des " retenues " amène généralement la paix, sauf, dira Hubbard, chez les vrais criminels, car il a encore une autre explication à la cantonade: quand ça n'a pas marché, en audition ou dans les cours, quand la personne n'a pas fait de progrès, c'est qu'elle est criminelle. Les criminels, d'après lui, n'ont aucun sens de responsabilité de leurs actes, si bien qu'ils ne peuvent en répondre ni s'améliorer, même quand on audite leurs exactions.

Sans rentrer dans les détails purement techniques de la secte, signalons au passage que cette forme de confession est pratiquée sur des débutants sciento, alors qu'Hubbard précise ailleurs que ces confessions " ne doivent avoir lieu qu'au niveau 2 d'audition, puisque les gens qui n'en sont pas là sont irresponsables de leurs propres actes ! ".

Elitisme suivi de critique desdits élites

Avec ça, vous êtes servi: la tech marche. Les scientologues qui s'en servent sont " dans le haut des 1 % du haut des 1% ": les gens les plus méritants de la planète. Si la tech ne marche pas chez vous, ce n'est qu'à vous qu'il faut vous en prendre. Vous êtes de fait un criminel, ou lié de près à un criminel.

Entre nous, Hubbard a aussi vilipendé ses auditeurs à mort, dans divers textes célèbres portant des titres évocateurs pour ces braves gens: " le mauvais auditeur ", " le dangereux auditeur ", etc.

Il n'y a pas de termes assez violents pour décrire l'abominable personne que vous êtes, auditeur ou pas: on vous les fait avaler mot à mot dans toutes sortes de bulletins verts ou rouges, qui font de vous " un tigre "; un  "cas qui fait des exactions ", " un suppressif ", " quelqu'un qui commet sans arrêt des actes nuisibles et qui les retient ensuite ", un  " broyeur de coeurs ", une " usine à cancans ", un " naufrageur, un cinglé sexuel, un pervers, un guerroyer, bref, un cas-ne-faisant-jamais-de-progrès. "

C'est ce qu'on vous déclare froidement, par écrit interposé. On vous annonce que vous êtes totalement bloqué dans un passé vieux de millions d'années - sûrement un traître du fameux Xenu, dans 'le mur du feu',( mais ça, ils l'ignorent: ce n'est que sur OT III qu'on le trouvera). Vous, aujourd'hui, dans le présent, il n'y a personne. C'est là-bas que vous êtes, dans le passé, et vous êtes de fait un suppressif.

Quand vous avez bien lu ces qualifications charmantes, on vous extrait vos actes néfastes. Vous avez alors oublié pourquoi vous protestiez contre l'absence complète d'un superviseur sur le cours que vous avez réglé; ou sur les résultats catastrophiques de vos auditions à 4500 l'heure. Vous oubliez même que vous aviez une bonne raison de râler. Vous n'en avez même plus envie, avec tous ces progrès que vont sûrement vous procurer ces 'confessions'.

Hubbard a génialement retourné la critique contre ses auteurs. Il n'est pas le seul, il arrive souvent de rouspéter contre une critique, justifiée ou pas. Lui, il a franchi un grand pas en élevant cette pratique au rang des obligations absolues: " Vous critiquez? maintenant, c'est vous qui allez vous critiquer vous-même: vous verrez, ça ira mieux après. " La tactique est bonne, quand on a besoin d'un troupeau de moutons dociles. Elle ne permet sûrement pas de profiter des critiques utiles ou justifiées; ni d'améliorer autre chose que les surfaces mais tout le monde est bien calme, bien sage, en attendant la sucette auditive ou le bonbon-progrès.

Il a donc réussi à mépriser tout le monde, y compris ses amis les plus dévoués. Il faut savoir lire ses oeuvres pour y voir le mépris qu'il a des préclairs, même scientologues.

Les auditeurs scientologues, qui sont pourtant des gens dévoués et généralement sympathiques, ont malheureusement souvent perdu toute aptitude critique face au système Hubbardien : ils ont en effet souvent constaté que le système avait marché, et sont convaincus que lorsqu'il n'a pas fonctionné comme Hubbard l'avait écrit, c'était de leur faute.

Une personne de mes amies, partie civile au procès lyonnais, a ainsi reçu des dizaines d'heures d'un procédé très coûteux d'audition aux Etats-Unis, à " la Mecque " de la sciento, sans aucun résultat probant : plusieurs des " meilleurs techniciens de la planète " se sont avérés incapables de faire fonctionner les procédés de Hubbard sur cette personne, mais aucun d'entre eux n'a remis en cause l'évidence même : les procédés ne marchaient pas comme le disait Hubbard ; la secte a alors déclaré (c'est monnaie courante) que ces procédés ne marchaient pas parce que cette personne n'était pas en mesure de les recevoir... bien entendu, on ne l'a pas remboursée ni fait marcher ces procédés, alors qu'elle avait payé environ un million de F pour en arriver là.

Si de semblables mésaventures se produisent auprès des " meilleurs " techniciens scientologues, vous pouvez imaginer aisément ce que deviennent les aptitudes critiques des débutants, qui, eux, commettent effectivement des erreurs techniques deci-delà, erreurs qu'on leur met sous le nez à la première occasion. Ils prennent ainsi rapidement l'habitude d'avoir tort face à Hubbard, bien qu'ils ignorent souvent en quoi ils se sont réellement trompés.


Vantardises & " Relations publiques " de la secte.

" Un ambassadeur est un homme honnête expédié à l'étranger par une nation afin de mentir pour son bien. " (Sir Henry Wooton)

On trouve dans diverses revues, publicités, conférences publiques ou privées de la secte, ainsi que dans des articles de journaux ou de dictionnaires, les affirmations les plus fantaisistes à propos du nombre des adeptes de la Scientologie.

Depuis que nous la connaissons, elle a été créditée, selon les cas, de 2 millions de membres ici, de cinq millions là, de 10 millions ailleurs, de dix-sept millions parfois.

Combien d'adeptes dans le monde ? Leur ubiquité...

C'est encore une fois très loin de la réalité des chiffres, que je vais tâcher d'approcher. Que la secte fasse grâce à ses adeptes réels autant de vacarme que si elle en avait cent fois autant, pas de doute. On en entend parler ici et là, elle a un certain taux de pénétration des esprits, dans chaque pays où elle est représentée. C'est sa notoriété. Elle est une SD notoire, une secte coercitive encore plus visible, répertoriée dans les fichiers des journaux, chez les renseignements généraux des polices nationales et internationales, sur les affichages: elle fait du bruit partout où elle passe.

C'est l'apparence de puissance. Ses dollars en réserve, c'est sa puissance.

Chaque scientologue d'un certain niveau est généralement en mesure d'avoir des contacts avec un grand nombre de gens; grand fanatisé, son obsession le poussera à parler, parler et encore parler de la secte et des bienfaits qu'elle prétend; il passera une grande part de son temps libre à des activités pro-scientologues sous n'importe quelle forme et sous tout prétexte.

Il distribuera des tracts dans les boites aux lettres de son quartier, des bons pour des tests de personnalité dans la rue, des journaux " Ethique et Liberté " vantant des mérites de l'affaire et attaquant globalement tout adversaire; des invitations à des conférences gratuites; il ira chez le maire du village se faire connaître, chez le député; il enverra des courriers aux ministres et au Chef de l'état, ainsi qu'à diverses associations humanitaires; il contactera parfois des journalistes, obtiendra des articles par une tricherie quelconque. Il sera partout en même temps.

Il sera cent, il sera mille à lui tout seul.

Grâce à ce don d'ubiquité, à cette aptitude à être partout, il aura des résultats de temps à autre; un ministre semblera d'accord avec lui dans un courrier; un jugement aura l'air de défendre la scn: ce ne sont que plongeons insensés dans la dialectique et l'interprétation abusive.

Grâce à ces aptitudes longuement entraînées chez des gens qui les possédaient déjà en partie avant, la secte a l'air énorme, inébranlable, multi-présente.

Mais qu'en est-il ?

Moins de 100 000 actifs pour le monde entier, staffs inclus

A la période la plus faste que nous avons vécu, vers 1980, le système pouvait se décomposer ainsi : une cinquantaine d'organisations officielles de sciento, une centaine de franchisés - ensuite devenus " missionaires " pour les besoins pseudo-religieux.

Les orgs: sauf celle de Floride (Flag), celle de Los-Angelès, celle de St Hill Angleterre et celle du Danemark, qui, à elles seules, comptaient chacune pour plusieurs orgs au même endroit, aucune autre n'atteignait 100 staffs à temps plein. Des orgs performantes comme la nôtre ou le Centre des célébrités de Paris avaient 10 ou 20 personnes; des gens comme Milan employaient apparemment pas mal de monde, mais faisaient si peu de chiffre d'affaires que l'on savait impossible qu'elles aient des staffs formés et productifs. A Lyon, on faisait souvent le même chiffre qu'à Milan, alors que Milan déclarait plus de cent staffs quand nous en avions huit ou dix. A St Etienne, l'org, trois fois moins productive que la nôtre avait embauché 47 staffs en une semaine. Plus haut, nous avons vu qu'elle en a récolté un procès perdu.

Ces chiffres démontreraient diverses autres anomalies dont je ne parlerai pas. La principale est celle du chiffre mondial des scientologues en activité, ceux qui font encore quelque chose, même si c'est décousu dans le temps.

L'ensemble des groupes comptait alors au très très large maximum, environ huit à dix mille staffs salariés. Disons qu'à mon sens, il y en a moins de la moitié aujourd'hui, ou guère plus: les tarifs sont si excessifs...

L'observation que j'ai pu mener à Lyon, Clermont, St Etienne, Copenhague et St Hill démontre qu'il se produit rarement qu'il y ait plus de clients payants dans une org que de staffs payés dans cette org au même moment. A Paris, quand les prix étaient encore raisonnables, nous étions parfois 50 en salle de cours à une période ou Paris déclarait avoir une centaine de staffs. A Lyon, les week-ends voyaient débarquer 10 à 20 personnes, sauf rares exceptions, pour 6 à 12 staffs.

A Copenhague, cent cinquante à deux cents staffs répartis dans diverses orgs voyaient un public de 50 à 150 personnes, assez régulier: Copenhague ne recevait presque aucun client local, la majorité venant des autres groupes européens (presque tous des scientologues professionnels, ou très avancés, venant d'autres orgs).

Disons que chaque groupe que j'ai pu observer avait en réalité affaire à un public actif six ou sept fois plus nombreux que ceux venant en cours les week-ends. La conclusion s'impose: pour 8 à 10000 staffs, l'ensemble du public actif de la secte était de 7 fois environ supérieur, soit environ soixante mille personnes dans le monde entier. Nous sommes très loin des 2 à 17 millions dont se vante la secte. Supposons que je me trompe de moitié (peu probable) on obtient au plus 100 000 adeptes actifs. Il suffit de regarder les photos présentées dans les magazines scientologues et les tarifs des services pour savoir qu'ils sont très peu. Qu'ils soient bruyants, ça oui. Ils seraient bien trop fiers de montrer des salles immenses avec des dizaines de milliers de gens, s'ils en avaient: ils sont à peine capables de remplir leur plus belle salle de cours avec 30 personnes, à Flag...il nous est arrivé d'avoir 45 personnes sur un cours spécial, à Lyon, pour un chiffre d'affaires cent fois moindre. Ils montrent diverses autres photos, par exemple, l'organisation Océanique Sud (ANZO), qui compte tout juste cent staffs, c'est à dire qu'elle draine environ sept cents membres actifs payants, pour tout ce continent ! Ils montrent aussi, dans " Scientology to-day ", nouveau magazine de l'Office des Affaires Spéciales, des photos d'un " grand événement " organisé au club national de la presse: une centaine d'invités se sont laissés piéger, malgré les efforts considérables déployés par " l'église " lors de ce genre " événement ". Pas plus de cent personnes dans un pays de 250 millions d'habitants! En outre, la majorité des invités... était scientologue.

Quelques autres événements de même essence nous laissent voir quelques enfants, quelques adultes, quelques personnes errant dans des décors infantiles créés par la secte à sa seule gloriole. En dehors du fric que ça coûte d'organiser ces choses, ça ne ramène pas grand monde, visiblement.

La scientophotologie a évidemment tendance à considérer que toute personne ayant acheté n'importe quelle brochure à 20 F est un membre acquis de l'église. Vous savez maintenant que même les plus anciens de ses piliers majeurs peuvent s'en aller, comme nous, du jour au lendemain, et refuser ensuite toute relation avec la SD; quant aux lecteurs de " la Dianétique " la quasi totalité l'abandonnera bien avant la fin de la lecture : impossible dès lors de les compter comme scientologues.

En multipliant par cent ses vrais croyants d'aujourd'hui, elle tente de paraître formidable et puissante.

En n'établissant jamais la moindre statistique sur les déçus, fussent-ils les plus avancés du lot, elle augmente encore son énormité supposée. En laissant ignorer ou en trafiquant les faits judiciaires qu'elle subit, elle paraît avoir toujours raison.

Usant du même procédé que son gourou ( J'ai écrit 589 ouvrages; 25 millions de mots) devient " la sciento compte 17 millions de membres de par le monde, dont 60 000 en France, etc.". Rien de factuel ici. Seule l'apparence, la forme, comptent.

Pour le nombre des clairs et des OTs, même escroquerie augmentée de quelques fanfreluches. Tout d'abord, il n'y a ni clairs ni Ots véritables ; il ne s'agit que de diplômes délivrés quand on a payé - mais si l'on regarde quand-même ceux que prétend l'org danoise, il leur arrive de décompter deux fois les mêmes: plusieurs personnes que nous connaissons bien ont " attesté " vers 1980. On les retrouve dans les listes de nouveaux clairs quatre ou cinq ans plus tard, comme s'ils pouvaient faire le chemin une seconde fois. Il s'agit probablement de la nouvelle définition " un clair qui double en vaut deux. "

C'est d'autant plus choquant que tous les bulletins qui leur avaient permis d'attester une première fois ont été ensuite déjugés et annulés si bien que les orgs ont fait recommencer une longue partie des procédures d'audition ruineuses qui se situent en principe avant l'attestation de clair: il y avait manque à gagner à propulser ainsi des gens ayant reçu peu d'audition au niveau de clair sans les centaines d'heures habituelles.

J'ai connu une personne s'auditant sur les niveaux secrets d'OT II puis OT III après seulement dix heures dans les niveaux inférieurs - entre nous, elle se portait fort bien et n'a pas eu le moindre bouleversement ensuite. J'imagine qu'ensuite on l'a remise en bas de l'échelle et qu'on a recompté son travail une seconde fois, si elle a eu la malchance de perdurer dans cette voie.

Combien de " clairs " dans le monde ?

Quelle que soit l'explication, le nombre des 'clairs' est faux. Il a passé d'environ 25000 à environ 55000 en l'espace de deux ans. Puisque actuellement la grande majorité de ces clairs a abandonné, on peut imaginer que l'état n'est ni confortable, ni très valable. Le nombre réel des clairs ou Ots actuels encore actifs ne doit pas dépasser 5000 pour le monde entier - c'est mon estimation, bien sûr.

Combien d'orgs de sciento?

La secte refuse qu'il diminue, pourtant, certains de ces groupes ont été tellement ballotés par les tempêtes internes qu'ils sont devenus des ombres d'organisations, ou sont en liquidation judiciaire, comme St Etienne ou Paris. Des franchises ont sauté, (Lyon, entre autres, Hawaï, etc) leurs patrons ayant été éliminés comme nous. A-t'on décompté ces fermetures réelles ? Non. Certains de ces groupes sont fermés depuis des années. Le nombre des groupes comptant plus de trois individus n'atteint probablement pas 100.

" Récompenses " et titres de gloire : faux et usage de faux

Le fin du fin des fausses pubs se trouve dans les " récompenses " obtenues par Hubbard ou par n'importe quel groupe de sciento. On en trouve des pages entières dans les ouvrages de la secte publiés à seule fin de se faire reconnaître religieuse; il s'agit de " Qu'est-ce que la Scientologie " et " L' Eglise de Scn ", deux livres reliés grand format volumineusement documentés et bourrés de manipulations de chiffres et d'images de la secte.

La plupart des récompenses proviennent d'organes de la secte envers d'autres organes de la secte. Des clés de villes américaines sont remises au bienfaiteur Hubbard? Par des scientomaires ou des scientodéputés.

Je ne risque pas de tout citer: il faudrait des années de travail et de recherches pour rétablir les réalités si l'on n'a pas les archives de scientochiffre à sa disposition. Voici d'évidents trafics de chiffres :

Dans " Qu'est-ce que la Scientologie ", il y aurait une centaine de photos de brillante qualité: toutes sont d'une naïveté, d'une composition dignes de débutants; pas un costume théâtral utilisé n'est passable, même en étant très aimable envers la secte: ce ne sont que draps mal repassés, mal noués et mal portés, dans des décors tout aussi désolants. La prise de vue ne vaut pas mieux. Une bonne part de ces chefs d'oeuvre est l'oeuvre du Grand Photographe Cinéaste Hubbard ; malgré ses Nikon ou Hasselblad.

Bouddha, Mahomet, le Christ, Léonard de Vinci...

Les textes d'accompagnement sont plus naïfs encore. Il y est question en vrac de Bouddha, de grands philosophes grecs, du Christ, de Mahomet, de l'Inquisition, de Léonard de Vinci, le tout dans des raisonnements démontrant l'ineptie de tous ces gens par rapport à ce qu'on fait en sciento. Il n'existe qu'un mot de trois lettres en France pour définir précisément la valeur de telles élucubrations.

On trouve aussi des 'peintures' représentant la vie du grand homme sur qui tous les bienfaits de la terre se fondent (à moins qu'il ne s'agisse des regrets sur quoi l'enfer se fonde?) Ces " peintures " sont d'une incroyable laideur, avec des trucages montrant par exemple LRH énorme face à quatre (faux) officiers de la Navy ébahis, ou donnant un brillant cours à des scientifiques, physiciens ou autres médecins.

Suivent quantité d'aberrantes démonstrations de la valeur de la secte par des 'lettres de succès', les fameuses success stories dont les américains et les escrocs qui vendent des 'remèdes pour maigrir' sont friands. J'aurais honte de la plupart de celles que j'ai bel et bien écrit dans le même genre quand j'y étais.

Mascarade de charité

Le panégyrique des soi-disant services sociaux tente à son tour de vous donner une opinion de 'scientologie-charité'; or, il est absolument exceptionnel que scientofric donne quoi que ce soit à qui que ce soit: elle ne donne pas: elle instaure des groupes de cours payants sous des noms ronflants, auxquels elle tente de racoler les enseignants, les médecins etc. L'intention cachée, c'est de les emmener dans les profondeurs des orgs ensuite. Il n'existe rien de gratuit, sauf les conférences et méthodes pour vous faire payer.

Les " Commissions des droits des citoyens " ou des droits de l'homme qu'elle fonde ne se font pas payer: leur but consiste à trouver de bonnes histoires racontées par de non-scientologues afin d'ameuter l'opinion publique sur tel ou tel ennemi (la plupart du temps inventé) de la secte; il peut s'agir de la justice d'un pays, lorsqu'elle montre trop d'empressement à détruire la belle image pieuse ou non-lucrative: une association " Justice et Liberté " que j'ai ainsi dirigé sur Lyon cherchait quelques scandales en appelant au témoignage de déçus par la justice, (comme si la secte pouvait se permettre de juger la justice.)

Voilà où mènent les raisonnements du premier de ces deux livres de relations publiques.

La couverture du second vous projettera dans un curieux amalgame de personnages: Hubbard à côté d'Einstein, du Christ, de Copernic, Bouddha, Galilée, Richard Coeur de Lion, d'un volcan, d'une église moderne, d'un moine écrivain, de signes Kabbalistiques, etc., on retrouve donc les mêmes imageries, le même 'positionnement' infantile que dans l'ouvrage précédent.

La première partie du livre démontre brièvement (et inutilement) les bondieuseries sans bon dieu (croix etc.) La seconde contient des photocopies de documents apparemment officiels, souvent illisibles sans une très bonne loupe. On sait que la secte pratique le faux (voir l'ouvrage de Julia Darcondo). Dans certains cas, la page visible en cache une ou deux autres dont seuls les en-têtes sont perceptibles sur la photo. Que dit-on dans ce que la scientomédiatique a caché ? Ce doit être moins à leur honneur, sans quoi ce serait très très lisible, ou mieux: ça ne les concerne pas!

Quelques extraits de journaux bien calculés complètent ce rapide tour d'horizon des 'reconnaissances officielles' dont la secte est si friande. J'en lis un qui sort du canard estudiantin mensuel d'une petite université; un autre du 'Boston Globe' qui met le doigt sur les inimitiés de la secte - comme par inadvertance, il manque la suite.

Quelques lettres émanant d'officiels ne disent rien de vraiment bon pour la SD; exemple: celle du gouverneur du Delaware, qui accuse réception au fait qu'un colonel scientologue a ouvert un centre Narconon (centre anti-drogues dirigé par la secte, pas du tout gratuit ni acceptable par la Sécurité Sociale). Le Gouverneur ne s'engage pas au-delà, si bien qu'on se demande quel intérêt présente cet étalage à part le cachet officiel. Il est vrai qu'il faut avoir du temps pour comprendre les pièces présentées, posséder une bonne loupe pour les lire. Ces livres datent d'une quinzaine d'années. La secte continue à en éditer, à grands frais, tentant de réhabiliter son image épouvantable auprès des officiels et de la presse qu'elle déteste toujours autant, mais qu'elle fera tout pour amadouer, ou faire taire. Bien des journaux n'y font plus du tout allusion, en dehors des moments où elle est une fois de plus traduite en justice, par crainte de représailles et du droit de réponse dont elle abuse.

Je serais d'ailleurs prêt à parier qu'aucun scientologue n'a entièrement lu et déchiffré ces ouvrages de relations publiques, s'il n'est pas membre des services secrets à qui ces livres servent sûrement à impressionner les officiels.

Les stars et la secte

La starisation de la secte sert aussi ces vantardises. Que quelques rares étoiles du spectacle soient ainsi utilisées pour la publicité tapageuse peut aussi se transformer en contre-publicité, en effet:

A/ Elles sont peu nombreuses (Tom Cruise, John Travolta, Chick Corea, Julia Migenes Johnson, Amanda Ambrose, antérieurement, la fille d'Elvis Presley, en France, Xavier Deluc - qui n'en serait guère enchanté, dit-on -, et quelques autres ;

B/ Sachant les efforts considérables entrepris pour disséminer les stars, sachant les efforts extrêmes déployés en leur faveur - on ne leur donne que des auditeurs top-niveau, on les reçoit très spécialement etc. - on peut se poser la question suivante: pourquoi y a-t'il si peu de ces stars en sciento ? Elles ont les moyens financiers de payer les sommes énormes, on s'occupe mieux d'elles, on les chouchoute, on ne les contrarie pas, on ne leur expose que les bons aspects: elles devraient donc se trouver fortement attirées dans le système: il n'en est rien. La secte obtient auprès d'elles encore moins de résultats qu'auprès d'un public comme vous et moi. La starisation, là encore, peut facilement être portée à son discrédit. Elle convainc les stars encore moins que les autres, en dépit des fortunes dont elles disposent.

Tout argument utilisé dans ces deux livres pourrait ainsi se retourner contre ses propres auteurs; ainsi des attaques portées contre la 'F.D.A.', la puissante 'Food and Drugs Administration' américaine : après une explication ridicule et fausse au sujet de " miel vendu dans les drugstores américains ", on apprend que la saisie des électromètres dans l'org de Washington par la FDA est l'unique cause de cet accès colérique contre le gouvernement USA cette époque, les prétentions de l'appareil vedette de la secte établissaient clairement son but : soigner divers troubles physiques et/ou mentaux: l'électromètre est en réalité encore décrit de cette manière, mais l'illégalité réelle a été masquée, après coup, par un nouvel étiquetage de l'appareil tentant de lui assigner un but tout à fait différent. Encore une histoire de forme. Les vraies définitions de base de l'appareil n'ont pas du tout disparu du reste de la littérature sectaire, son usage n'a pas été modifié, son but est strictement identique: il sert à déterminer les zones à " soigner ", physiques ou morales, et à savoir quand la zone ainsi découverte est (théoriquement) soignée.

Pro Nixon, ou pro-Kennedy : trucages par enquètes de notoriété

Savez-vous comment on en vient à imprimer la liste d'ennemis ou d'amis en Sciento ? Elle fait simplement des enquêtes de notoriété par secteurs; les positifs et les négatifs. On demande quelles professions inspirent confiance, quelles activités inspirent méfiance etc. Munie des résultats, la scn place les bons de son côté, les méchants du côté des ennemis.

Dans ce même texte, vous liriez aussi qu'il n'est pas surprenant que le Président Nixon ait compté " l'Eglise " de Scientologie parmi ses ennemis.

En déclarant son inimitié réciproque avec Nixon, elle se met encore une contre-pub sur les bras: procès et poursuites contre elle datent de bien avant la prise de pouvoir de Nixon, car c'est surtout sous la présidence de John Fitzgerald Kennedy qu'elle eut à souffrir en premier lieu; ce dernier étant adulé aux States comme ailleurs, pas question d'y toucher: on ne l'attaque pas dans les ouvrages scn bien qu'Hubbard ait tenté de l'approcher et qu' il se soit risqué à le critiquer à mots couverts.

Si elle attaque peu les médecins, ce n'est pas qu'elle les aime, c'est que les gens ont confiance en eux. Si elle s'en prend à l'Ordre des Médecins, c'est qu'il a moins brillante réputation. Nos présidentiables actuels ne font pas autrement depuis des décennies: tous sont bien entendu les fils spirituels du Général De Gaulle; aucun n'est fils spirituel de Staline ou d'Hitler.

Autre ennemi: le Juge Gerhardt Gesell (une affaire aux States) Sa 'culpabilité' de juge est incroyable: il est de père et grand-père psychologues de premier plan. Du coup, il est évidemment disqualifié.

Je crois qu'on pourrait faire le même coup pour Lénine, fils de petit-bourgeois, non? Sa parenté le disqualifierait de ses oeuvres socialistes. Ou bien contre Hubbard, son père étant capitaine militaire, il n'est pas du tout crédible comme 'religieux', moins encore peut-être comme 'écrivain' ou 'inventeur' etc.

Chaque ligne met en avant quelque argument spécieux ou opposable dans les mêmes conditions à la secte. Rien ne tient dans le fond.

Références positives invérifiables : publicité mensongère.

Prenons le journal " KSW News, édition française. ", n°44 (1995). Exemplaire spécial, format 28 x 43 cm, papier argenté, grand luxe: on y trouve uniquement des nouvelles judiciaires strictement invérifiables si l'on ne dispose pas de moyens énormes; en effet, il n'est question que de jugements rendus à l'étranger, Brésil ou Etats-Unis, sans aucune date, nom ou référence judiciaire. Aucun moyen possible de vérifier; pas de photocopie d'articles de journaux relatant les faits; par contre, la " transmission " qui est faite des jugements laisse à penser d'énormes déformations des réalités, car pourquoi traduire en scientologais des attendus de jugements qui seraient à l'avantage de la secte? Cet exemplaire ose également démentir les affirmations précises de Russell Miller, sur la vie d'Hubbard, sans citer de nom ni de faits. Comment la secte expliquerait-elle que cet ouvrage anti-scientologue édité aux Etats-Unis, en Angleterre et en France - au moins - soit toujours en vente libre, s'il contient des mensonges qu'elle ne se serait pas gênée d'utiliser pour le faire interdire ?

Dans le " Scientology to day " daté de l'hiver 94-95, mêmes procédés: tout se passe à l'étranger, jamais en France. Les 33 " accomplissements notoires " dont se vante la secte ont lieu à Moscou, où elle prétend avoir été reconnue religion, ou en Albanie, à quoi elle attribue la même invraisemblance; ou encore, elle prétend avoir " accepté des arrangements à l'amiable " dans des affaires l'opposant à la société  Eli Lilly (fabricant du Prozac), ou au " Time ": je traduis qu'elle a été obligée de faire machine arrière (suite aux résultats de l'enquête de la F.D.A.) et qu'elle s' est mollement mise au silence face à l'imbécillité de ses propres entreprises; si elle avait réussi, on trouverait les photos des articles. Je peux bien sûr me tromper pour l'un ou l'autre de ces exemples, mais je les ai tellement pratiqués, ce qu'ils disent ressemble si peu à ce qu'ils font et à ce qui est...

Dès qu'on a compris les schémas de démonstration anti-ennemis utilisés, on sait comment ils ont été élaborés: on peut dès lors les démonter et les retourner à l'envoyeur; il y faut une longue patience: des centaines de scientos ont présidé aux recherches préliminaires; toute tentative d'en démontrer les falsifications sera délicate et fera l'objet d'une guerre sans merci, car si le fond n'est pas solide, la forme le demeure souvent, en dépit de fortes poussées. Ce sera plus facile toutefois en France, où la secte a légalement été forcée de devenir partiellement une affaire commerciale.

L'ensemble tient au vocabulaire utilisé, à des définitions ou des faits subtilement ou très grossièrement déformés; ce serait un magnifique travail d'application pour les grands lettrés ou les rabbins formés à discuter la Torah: chaque mot doit être pesé et soupesé, chaque affirmation doit être vérifiée sur documentation originale, car chaque ponctuation compte.

Que reste-t'il dès lors ? Peu de positif. Presque rien d'utilisable tel quel, mais très bien présenté pour vous faire croire que presque rien a donné naissance à tout.


MEDECINE SCIENTOLOGUE - Remède à tout faire

" Les médecins vous laissent mourir; les charlatans vous tuent. " (La Bruyère, Caractères)

Dianétique, Science Moderne de la santé mentale ou 'puissance de l'esprit sur le corps' l'énonce clairement: on s'attaque au Q.I. des clients (Page 94), à leur santé physique (arthrite, dermatose, allergies, asthme, certains troubles coronariens, troubles oculaires, bursite, ulcères, sinusite ne formeraient qu'une très petite section du catalogue des maladies psychosomatiques).

Un peu plus loin, l'inévitable cancer. Le diabète. L'excrétion (constipation); les glandes, la testostérone, les oestrogènes, l'adrénaline, la thyroïde, les glandes pituitaires, la diarrhée, le priapisme (érection continuelle, pour ceux qui ignoreraient), les atrophies de membres, les hypertrophies, tuberculose, éruptions, rhumes. Dommage, il n'y a pas le SIDA, ce n'était pas à la mode. Est-il bien nécessaire de continuer la liste? Tout ceci accompagné d'explications médico-pharmaceutiques tendant à prouver les dangers de la médecine par rapport à l'audition hubbardienne des engrammes. On peut aussi remarquer le sens publicitaire aigu du chef : beaucoup de ces choses concernent le sexe ; ça fait vendre.

Quelques pages plus loin, ce sont toutes les formes d'aberrations mentales ou psychiques qui trouvent place dans le domaine exclusivement dianétique.

Puis, vers la fin de l'ouvrage, on a droit à la dianétique judiciaire, à la dianétique en relation avec la guerre, et tout le futur de la société, gouvernement et administration inclus.

L'environnement total de l'humanité et tout son bien-être ne dépendent plus que de la dianétique. Vous l'aviez compris depuis longtemps: j'aurais aimé le comprendre plus vite - à chacun ses expériences.

Dès lors, plus rien ne sera oublié dans les domaines physiques et mentaux. Les Volumes techniques défilent au cours des ans, chacun répertoriant et prétendant traiter en divers endroits toutes sortes d'ennuis physiques ou mentaux; on est édifié du nombre de méthodes mises au point dans ces seules intentions physiques en parcourant la table générale des matières de ces volumes, aux entrées 'maladie', 'corps', 'physique', 'médicaments', 'drogues', 'alcool', 'nourriture', 'régimes', 'antibiotiques'. Les intentions simplement psychologiques suivent dans 'psychosomatique', 'somatique', mental' aberrations', et bien d'autres intitulés ne laissant pas le moindre doute quant aux buts poursuivis. Tout cela fait bel et bien partie du champ médico-psychologique.

S'il est vrai que ces domaines n'ont pas tous les mérites ni tous les résultats, Hubbard pourrait du moins leur en accorder un minimum; chez lui cet aspect minimal reste très improbable : s'il annonce quelque part que chaque groupe SD devrait avoir un bon médecin disponible, il s'empressera dans le même temps d'en condamner toutes les pratiques.

Il ira plus loin.

Pilules miracle

L'usage de certains bulletins recommande - c'est à dire force - les gens à utiliser diverses pratiques assénées à coup de preuves sans justifications dans des domaines comme la remise en place d'éléments de la colonne vertébrale, l'usage des antibiotiques façon Hubbard, l'usage des vitamines, minéraux, et autres composites de nature tout à fait pharmaceutique dont il recommande un usage extensif, comme le 'CalMag', un concentré de gluconate de calcium, carbonate de magnésium et vinaigre de cidre aux vertus miraculeuses, ou comme la 'niacine', la grande découverte qu'il prétend avoir effectuée dans les années 50 (il l'appelait alors dianazen).

Toujours plus fort, il profite de la sortie de la niacine dans ses colonnes en 1980 pour affirmer qu'un prix Nobel de 1973 aurait reçu son prix en partie par suite des expériences entreprises par ce Prix Nobel sur la niacine: il affirme in extenso:  " En 1973, quelqu'un reçut le Prix Nobel pour avoir guéri la folie avec la niacine, mais il était manifeste qu'il ignorait en fait ce qui se passait vraiment, car on cessa d'user de la niacine lorsqu'on découvrit que des doses prolongées provoquaient de sales effets secondaires' ".

On fait d'un pierre trois coups: s'attribuer faussement " l'invention " de la niacine - une des provitamines -, démolir un ignare ayant reçu un prix Nobel " sans savoir de quoi il parlait ", et la médecine par la même occasion, et laisser de côté les effets secondaires nombreux et nuisibles de surdosages de niacine. Pas mal, en un seul paragraphe ! Tout ceci, sans même nommer le Prix Nobel et les justifications médicales qu'il avait certainement découvertes, ce prix Nobel, pour parvenir à cette marche difficile à atteindre. Bien sûr, Hubbard pouvait se lever de bonne heure, pas même pensable qu'il osât se présenter à l'honorable Jury du prix Nobel sans donner dans le ridicule achevé: ce paragraphe lui permettait aussi d'exhaler son ressentiment envers ce jury, qui, soyons-en certains, n'aurait jamais considéré Hubbard nobélisable. Il n'aura même pas la chance de pouvoir refuser le prix, comme un certain Sartre, d'autant que le voilà retourné de l'autre côté du miroir, prêt à revenir sous les traits d'un brillant leader politique, lui qui détestait les politiques !

Venons-en au gros morceau d'anthologie qu'a précédé l'invention du dianazen-niacine et de ce qui l'accompagnera : sauna, course, vitamines, désintoxication en tout genre, mieux-être physique et autres.

Un premier essai ne donnant pas assez de résultats, et trop simple à distribuer (le programme de sudation) sera remplacé par la fantastique 'Procédure de Purification.'

Bien en suer cinq heures par jours

Le but ambitieux de cet ensemble complexe et intégralement physique dans ses applications sera de " débarrasser l'organisme des substances chimiques hostiles accumulées, médicaments, drogues etc. " ainsi que des " effets cumulatifs des rayonnements ".

Bien sûr, il ajoute très vite des tonnes de parenthèses afin de prouver l'aspect purement spiritualiste de telles pratiques physiques et médicamenteuses. N'allez pas imaginer que je veuille ici démontrer l'indispensable présence de pharmaciens diplômés pour vendre de la vitamine ou faire du sauna: ce genre de problème donnerait lieu à des débats sans relation avec cet ouvrage. Toutes les parenthèses espèrent faire disparaître l'évidence de médecine illégale que fait pratiquer le gourou.

J'ai personnellement fait faire cette procédure à une centaine de gens, après avoir traduit ses données, pris les contacts indispensables avec certains médecins, bâti les saunas utilisés, et trouvé des pharmaciens capables de fournir les dosages formidables de vitamines sous des formes pratiques à utiliser (Paris faisait alors avaler 500 comprimés de 10mg de niacine, soit un verre à bière, pour les dosages du matin).

Ajoutons que j'ai aussi 'manié' les services légaux de la secte en France pour qu'ils retirent et remplacent des décisions ineptes sur le plan légal, décisions qui nous entraînaient droit au procès pour médecine illégale, en même temps que tout médecin qui aurait eu le cran de nous aider. Nos lois françaises sont des plus claires sur ce sujet: " ne peuvent participer au diagnostic, visite et soins que des gens diplômés ", sinon, le praticien et son aide non-diplômé risquent la prison.

Les services légaux avaient établi un protocole écrit dans lequel le médecin diplômé se trouvait de fait sous les ordres d'un béotien sans pratique médicale de la secte. Mon intervention a malheureusement fait sauter cette ineptie des services légaux, lesquels n'étaient pas plus formés au droit que le béotien-superviseur ne l'était à la médecine, sinon quelques médecins et tous les scientos avaient droit au procès de médecine illégale: hélas, les divers procès n'ont pas réussi à en démonter le mécanisme jusque là, les tentatives de contrer la médecine illégale en scientopharmie ont échoué.

Une brève description des étapes du 'Purif' vous renseignera mieux: ½ heure de course; 4h ½ de sauna par jour pendant dix ou douze jours en moyenne (parfois cela dura six mois, mais pas à Lyon).

Overdoses manifestement dangereuses à échéance

Chaque jour, prise croissante de vitamines et de produits d'accompagnement, en partant de dosages relativement forts pour parvenir à des dosages particulièrement énormes. Vers le quinzième jour, bien des patients parvenaient à une prise quotidienne de:

- 5000 mg de niacine

- 50 000 unités internationales (U.I.) de vitamine A

- 2000 U.I. de vitamine D

- 2400 U.I. vitamine E

- 5 à 6 grammes de Vitamine C

- 6 grammes environ de vitamines B complexe (un mélange de 11 vitamines de ce groupe)

- 6 grammes environ de minéraux (19 minéraux, mais doit-on dire minéraux quand on y trouve de la levure de bière, de la luzerne et du ginseng ?)

- 800 à 1300 mg de vitamine B1

- 2 verres de 'cal - mag'( représentant à peu près 20 grammes de gluconate de calcium et 2 grammes de carbonate de magnésie). Entre nous, Hubbard mèlangeait les deux produits, alors qu'on sait depuis longtemps qu'il ne faut pas les prendre ensemble.

Voici une comparaison avec des spécialités pharmaceutiques courantes de compléments minéraux et vitaminés, dans le cas où ils seraient ordonnés à leurs doses maximales par un médecin:

- Niacine : 25 fois plus pendant le 'purif' que ce que donnerait le médecin;

- Vitamine A: deux fois plus

- Vitamine D : même dosage

- Vitamine C: 40 fois plus

- Vitamine E: 120 fois plus

- Vitamines B complexe : beaucoup sont généralement absentes des spécialités de pharmacie; globalement, il y en aurait 600 fois plus .

- Vitamine B1: 130 fois plus

- Minéraux : aucune spécialité n'en contient un tel nombre; le total donnerait un dosage de toute façon très supérieur aux ordonnances médicales.

Constatons une fois encore la mégalomanie hubbardienne, qu'on peut appeler la mégalo H, allusion au fait qu'on appelle aussi ces prises de vitamines des " bombes de vitamines ". Je ne m'amuserais pas à essayer de prouver que de tels surdosages pendant des semaines ou des mois sont indispensables à la bonne marche du système purificateur imaginé par LRH, étant bien sûr que non, particulièrement lorsque cette procédure est prise dans des orgs peuplées de jeunes n'ayant aucune culture scientifique - je n'en avais guère non plus - mais trop fanatiques pour regarder ce qu'ils font... Et commander au toubib, ils doivent trouver ça génial.

J'ai donc connu un cas resté à ces dosages six mois d'affilée (pas à Lyon), un autre ayant eu de graves ennuis circulatoires - un cas de purpura entre autres, que la médecine a mis des mois à résoudre - toujours pas à Lyon, j'étais trop méfiant ; seule une personne m'a bien eu : elle a continué son procédé beaucoup plus longtemps que nécessaire pour éterniser des " relations " avec quelqu'un qui se trouvait là...

Revenons aussi à cette jeune femme ayant contracté une maladie bulleuse au sauna. Celle-ci se caractérise par l'apparition de 'bulles' de peau gonflée de sérum sanguin sur tout le corps; elle évolue très rapidement vers une issue souvent fatale.

Cette jeune femme suivait les recommandations d'Hubbard et avait notre bénédiction technique pour pratiquer ainsi: ayant été opérée après avoir fait sa 'purification' chez nous, elle avait voulu retourner quelques jours au purif pour faire sauter les 'produits toxiques' accumulés lors de l'intervention chirurgicale.

Dès l'après-midi, lors de ma visite d'inspection de la procédure, je constate quelques unes de ces bulles étranges, ressemblant à des cloques de brûlures. Nous en parlons, on laisse continuer pour observer la suite des événements. Plus tard, les bulles s'étaient largement étendues.

En accord avec elle, nous l'emmenons, tous assez inquiets, chez l'ami médecin qui connaissait notre musique. L'ayant examiné, il fait son ordonnance, on file chez le pharmacien, elle entame le traitement. A dix ou onze heures du soir, les bulles dépassaient l'entendement; on rappelle le médecin qui conseille l'hospitalisation la plus rapide, dans un hôpital bien équipé.

Le lendemain matin, elle y était; elle avait très mal dormi, mal partout au point d'avoir énormément de difficultés à supporter des vêtements, des bulles sur le corps entier, dépassant trois centimètres de diamètre: à peine fut-elle sur place que le spécialiste lui demanda l'autorisation de la photographier !

Elle fut convenablement soignée à la clinique, malgré une importante complication par embolie pulmonaire violente (on l'amena dans les plus brefs délais au caisson hyperbare à l'étage en dessous, où elle se remit de cette attaque toujours fatale - si on ne l'a pas prise à temps -) puis elle guérit de sa maladie bulleuse.

Si nous avions suivi Hubbard, qui explique que lors du purif, des cancers de la peau peuvent apparaître et disparaître, des urticaires ou n'importe quoi d'autre, je suis à peu près certain qu'elle y aurait laissé sa peau - c'est vraiment le cas de le dire, au propre comme au figuré - car la vraie raison de cette maladie était sa nature allergique violente aux sulfamides qu'elle avait eu à prendre quelques jours avant lors de son opération. Le temps que ça se déclare, elle y était. Aurions-nous suivi les indications d'Hubbard que nous attendrions vraisemblablement encore que les bulles disparaissent de son corps; probablement en prison pour non-assistance à personne en danger, exercice illégal de la médecine, escroquerie et autres bricoles.

Une petite sonnette s'est heureusement mise en route, suivie de tous ces 'voyants rouges' qui s'étendaient sur tout son corps. J'en tremble encore.

Ajoutons en ce qui me concerne que je ne l'aurais pas volé, que ce n'est pas la prison qui m'aurait consolé d'avoir fait une aussi tragique erreur de jugement. Vous supporteriez bien ça, vous? Hubbard et les matraqués de la secte, si. Ils se sont bel et bien défendus d'avoir commis la moindre erreur lorsqu'un jeune drogué est mort au centre Narconon (tout dévoué à la scn, rien qu'à la scn) de Dijon; les responsables durent faire face à la justice réelle, aux dommages et intérêts (400 000 F). Ont-ils fait face à leurs responsabilités d'êtres humains ? J'en doute un peu; la secte a-t'elle fermé ou amélioré les centres Narconon à la suite de ce douloureux incident? Certainement pas. Par contre, son patron a dû drôlement se faire taper sur les doigts. Il a dû sûrement laver les WCs et les caves des orgs parisiennes ou danoises plus d'un long moment. Je ne serais pas surpris que les dommages et intérêts n'aient jamais été versés et que Dominique P., le responsable condamné, soit à l'étranger.

Secte, psy et Prozac

Il peut aussi s'agir " d'ennemis " indirects, ceux que la secte se fabrique pour la pub, comme la société pharmaceutique Lilly, mondialement connue pour son antidépresseur vedette, le " Prozac ". Cette société fut traînée dans la boue par la Sciento pour l'unique raison qu'elle a du succès avec un antidépresseur, médicament exécré par la secte puisqu'il est avant tout utilisé en neurologie ou psychiatrie. Les scientos ont réussi à faire croire que ce médicament efficace - ce n'est pas un jugement de valeur précis ni scientifique que je vous soumets - était la principale cause de certains suicides et d'un meurtre.

Ils ont même obtenu une commission d'enquête scientifique de la part de la Food and Drug Administration, qui a conclu en faveur du Prozac.

Je me suis livré à un petit calcul statistique au moyen des quelques chiffres en ma possession : il se consomme une quantité énorme de Prozac dans le monde; à cette quantité correspondrait quelques suicides et un meurtre, selon la sciento-dianépharmafrique.

Disons que le pourcentage, pour le Prozac, est grosso-modo inférieur à un suicidé pour 1 million de clients; la Scientologie peut s'enorgueillir d'un pourcentage de suicides beaucoup plus élevé que le Prozac, en supposant même que le Prozac soit vraiment la cause des suicides que la secte a cherché à lui attribuer.

La démonstration est en fait beaucoup plus défavorable à la secte qu'il n'y paraît: le Prozac n'est distribué qu'à des gens dépressifs, dont certains avaient bien sûr déjà essayé de se donner la mort avant d'être traités par Prozac.

Au contraire, la secte refuse que les gens ayant déjà tenté de se suicider, ou anciens traités par la psychiatrie, soient 'traités' par la sciento.

Elle ne prend donc pas les clients à risque, alors que Prozac ne s'occupe à peu près que des clients à risque.

J'en déduis donc très précisément que la sciento est beaucoup plus dangereuse que cet antidépresseur qu'elle attaque sans preuves, sans technicité aucune, et sans même réaliser que ce type de raisonnement lui est extrêmement défavorable à elle, ce qui réhabilite éventuellement le Prozac, tout en l'enfonçant, elle.

Devrais-je être conduit à supposer qu'ils savent que Prozac vaut mieux que Sciento, et qu'ils craignent que les bons résultats éventuels du Prozac ne leur enlève des clients?

Ne croyez pas d'autre part que cette gueguerre contre Prozac soit achevée: dans son numéro spécial d' Avril 1994 " d' Ethique et Liberté ", la secte continue à vilipender Eli Lily sous forme d'une " note de citation " où elle cite... " Freedom Magazine " de Décembre 90, qu'elle a elle-même écrit et édité: le coup est d'autant plus vicieux que cette soi-disant référence attribue à Eli Lilly la fabrication de méthadone - passe encore, bien que ce soit inexact mais légal - mais aussi, de LSD et d'héroïne... On peut ici ériger une loi face à la sciento: tout, absolument tout, doit être minutieusement vérifié, car presque tout s'avère déformé ou mensonge.

Il est vrai qu'ils ont fait en 1995 un " Appel aux armes " pour " une armée d'auditeurs ". Ne croyez pas qu'il s'agisse d'obtenir des auditeurs, mais bien des combattants. Lesèvre Guillaume (celui qui signe les réponses aux lettres que recevait le gourou) et sa clique d'officiers à la manque sont seulement à la recherche de nouveaux venus à tondre - pas à tonsurer - Cela fera encore tout un tas de bleus à qui faire croire que.

Dernier élément de " pharmacie "; Hubbard a écrit un bulletin donnant une recette de crème pour les mains, utilisée pour l'électromètre; je l'ai fait exécuter par un Docteur en Pharmacie, fidèle à la tech: cette crème ne vaut rien: elle est sèche et sèche encore plus sur la peau. En Sciento, méfiez-vous de la crème Hubbard. Hubbard pharmacien- : zéro.


COMMENT NOUS EN SOMMES SORTIS

" La liberté est si précieuse que nous la rationnerons. " (Lénine, L'Etat et la Révolution)

1982.Ce n'est pas encore la fin du monde.

Là-haut, dans les sphères célestes du grand Quartier général, c'est le branle-bas de combat; Hubbard a disparu, il a 'blowé', comme on le dit en Scientologie, c'est à dire qu'il a levé l'ancre sans prévenir. La grande majorité des petits lieutenants au costume d'opérette ne sait même pas où il terre sa terreur d'être pris par la justice de son pays, qui ne risque guère de justifier ses raisonnements. Il ne peut pas être extradé vers les geôles françaises qui l'ont condamné à 4 ans ferme: les accords d'extradition ne sont pas au point entre France et U.S.A ;  et des amnisties ont eu lieu en France.

Il ne dirige plus le navire. S'il n'est pas à la barre, la barre est toujours à lui, les dollars tombent dans son escarcelle. Deux coursiers favorisés trimballent les sacoches en liquide.

Les bulletins signés Hubbard tombent encore. Si 1979 a vu la naissance du " Purif ", 1980 voit arriver une énième race de clairs: les 'clairs dianétiques' et les 'clairs naturels', auxquels on autorise de sauter à pieds joints au-delà du fossé des niveaux 'inférieurs'.

Diana Hubbard veut du pouvoir, d'autres aussi. Mary Sue est en prison ou se cache quelque part, une fois libérée des condamnations qu'elle n'effectue qu'en partie : sachant se tenir, car elle a de qui tenir, elle se tient bien et obtient une forte remise de peine. Elle ne verra jamais plus son mari, qui souffre d'une folie de persécution.

Au secours! les plus maniaques du système tiennent le pouvoir, et nous ne savons toujours rien, sauf quelques bribes de bizarreries que ma criticomanie repère bien vite (voir les 'polices internationales des finances', les 'Eglise de Scientologie, Internationale', etc.) tout cela nous empoisonne et ne nous dit rien de bon pour la suite; je pense qu'en réalité Hubbard ne tourne pas rond - ignorant alors que ça a toujours été le cas..

Quelques missions débarquent pour me surveiller, c'est à moi qu'on en veut, car mes courriers destinés à Ron sont interceptés par les petits officiers très supérieurs du QG de la secte, ça les énerve, ces pêêtits.

Rien à faire pour me traduire en justice scientologue ou en justice non-scientologue, les sous sont là, personne ne vole dans les caisses, pas de procès gênants en vue, pas de mécontents, bien plus d'argent que nécessaire sur les comptes, dix fois plus de matériel utilisable que bien d'autres orgs européennes, des logements presque gratuits pour les staffs, des salles de cours plus grandes qu'ailleurs en Europe, plus de salles d'audition qu'il n'en faut, un 'espace purif' de 220 m2, un sauna à deux cabines (hommes et femmes), un parc, une rivière, des chambres presque gratuites pour loger les " clients " qui restent plusieurs jours - pour 10 F la nuit en été, 20 F en hiver. Pas des tarifs comme Flag, à 1000 dollars la suite.

Pas de dettes qui ne pourraient être instantanément réglées, un staff composé pour moitié d'universitaires, bien plus que la moyenne dans la secte, mieux payé que la plupart des autres, plus stable. Pas non plus d'ennui avec la justice depuis l'unique enquête sur notre compte en 78-79, sans suites ni même un début d'instruction, sans plainte non plus.

Et en prime, quatre fois plus de C.A. en 1982 qu'en 81... Forts de ces constatations, divers missionnaires retournent au bercail européen sans avoir trouvé comment se débarrasser de Gonnet et de sa femme. Bon, on va trouver autre chose, c'est à dire rien du tout. Un dossier vide de toute trace sensée d'une quelconque exaction leur permettra néanmoins de me convoquer, seul, pour un 'Comité d'Evidence', la plus haute marche du podium de justice à la mode sciento. J'y vais, bien sûr, pas inquiet du tout.

Tribunal nocturne, sans avocat, siégeant dans votre dos.

Là, à la haute direction, je me retrouve de nuit entre quatre " juges " dont un président que je connais bien ; Jean-Michel Wargniez, le sadique technicien de l'org de Paris. Tout se passe la nuit, car ainsi les staffs qui font ces jugements en plus de leurs heures de travail ne sont pas d'humeur trop douce ni trop agréable; quand on a douze heures de travail très dur derrière soi, s'allonger un supplément non payé jusqu'à 6 heures le lendemain matin, ça ne rend pas aimable.

L'accusé non plus, il a plutôt sommeil, ça ne tourne pas aussi vite, dans sa tête. Il a du mal à piocher les références Hubbardiennes dans les ouvrages qu'on ne lui communique pas - c'était à lui de se les fournir. Ces références pourraient parfois lui servir, s'il connaît la musique, à se défendre face à d'ineptes chefs d'accusation.

Le 'tribunal' siège à huis clos. Pas " d'avocat " scientologue pour vous défendre. On reçoit des témoins, mais en votre absence, des fois qu'ils vous seraient favorables! C'est ce qui m'est arrivé: l'un des enquêteurs qu'on m'avait expédiés avaient largement défendu ma cause, je l'ai su ensuite; mais on n'en a pas tenu compte : lui aussi fut discipliné ensuite. Par contre, ils ont utilisé un rapport non-signé venant d'une ancienne étudiante de Lyon, une de ces petites de 17 ans qui n'arrivaient pas à comprendre quoi que ce soit au système, sauf le 'pouvoir' qu'allait lui donner Ron. Le rapport n'avait même pas de caractère de gravité, il démontrait simplement qu'elle avait beaucoup de difficultés en étude!

Ils ont monté en épingle un rapport destiné à rectifier une erreur de la tech d'Hubbard, rapport qui n'avait rien à faire dans le dossier... mais toute pierre était bonne au moulin pour m'évincer. Après trois nuits sans sommeil, à attendre que les juges consentent à me poser ça et là une ou deux questions, et à me faire attendre hors de la salle des délibérés, ils m'ont appelé pour la mascarade finale: Jean-Michou m'a déclaré suppressif, expulsé, etc. J'avoue qu'il n'a pas eu droit à mes ménagements, cette nuit-là. Je n'étais pas d'humeur à laisser filer; il a dû croire un instant que j'allais lui arranger le portrait!

Comme j'espérais me sortir de ce mauvais pas sans rien faire - attendant que toutes ces marionnettes d'en haut soient remerciées par Ron, je n'ai donc rien entrepris de solide pour ma défense. Rentré à Lyon, j'ai ramené et affiché mon propre ordre d'expulsion, puis j'ai sagement émigré l'essentiel de ma présence quotidienne dans notre appartement privé, à cinq pas de là, réservant mes activités de bureau au plus pressant, car personne n'était formé à me remplacer à l'instant.

Ce n'est que quelques semaines plus tard - voyez le chapitre sur les questionnaires d'éthique -, que l'avocate maison et ses sbires ont débarqué à l'org de Lyon afin de mettre le point final à la grande oeuvre. Ayant confisqué illégalement les carnets de chèques et les signatures, ils nous ont renvoyés à Copenhague.

Tu divorces ou tu n'es plus chef

C'était le tour de ma femme. Ils ont aussi tenté de la déboulonner, de la déclarer suppressive du fait qu'elle vivait avec un suppressif ( moi) et tenté en désespoir de cause de la faire divorcer: elle m'a appelé depuis la cour de justice sciento, à 6 heures du matin, pour me demander ce que j'en pensais! Je lui répondis qu'on s'en fichait, que pour avoir la paix, elle n'avait qu'à leur dire qu'elle était d'accord, que nous ferions ce que nous voulions, et qu'on n'avait rien à faire de leurs histoires idiotes.

Plus têtue que moi, elle a refusé ce marché; elle a réussi à défendre son 'honneur de scientologue' en trouvant un texte d'Hubbard qui empêchait qu'on l'excomunnie façon sciento, et nous sommes rentrés au bout d'une quinzaine de jours de ces mauvais traitements : ils m'avaient même éjecté manu-militari, à quatre, de la direction européenne où je n'avais plus droit de cité...

C'est donc en arrivant que nous avons constaté la disparition de l'org de Lyon, elle aussi illégalement décidée par des dirigeants illégalement nommés etc., etc.

Ces principes de justice ressemblent tout à fait à ceux qu'utilisa l'Inquisition, à ceux de certains mollahs intégristes, si ce n'est qu'on ne vous tue pas encore. S'ils étaient plus forts, soyez certains qu'ils le feraient. Vous êtes supposé mort, sans avenir, sans moyen de vous en sortir, dès que vous êtes privé de votre secte préférée.

Ca ne leur a pas suffi, il leur a encore fallu ajouter hypocritement quelques attaques diffamatoires (après notre départ), contre lesquelles je n'ai rien fait; et quelques vols purs et simples de divers matériaux dont ils avaient besoin, mais qui nous appartenaient en propre. Là aussi, je n'avais qu'à agir, mais je ne l'aurais pas fait contre mes amis devenus les nouveaux chefs de l'org de Lyon: je n'ignorais pas ce qu'ils allaient rapidement devenir! Ils ont presque tous quitté la pétaudière dans les mois qui ont suivi, leur bonne volonté n'ayant pas fait long feu face aux tracasseries.

Ils ont aussi omis des mois durant de signer divers documents légaux: c'était interdit par les services 'légaux' de la secte, du fait que " j'étais un suppressif ".

Leur groupe a été tôt un désert, tant pis et tant mieux, car nous avons enfin pu réfléchir à notre vécu, à notre expérience, à notre avenir. J'ai fait de mon mieux pour aider quelques personnes à partir, pour procurer quelques renseignements aux médias, à la justice, au fisc, au FBI, et aux principaux ennemis.


L'AVENIR ?

" C'est souvent plus sûr d'être aux fers qu'être libre. " (Franz Kafka, le Château, 1926)

Telle quelle, la Sciento est infâme et imbuvable: les règles et les arbitraires, les affaires de gros sous et de pouvoir ôtent presque absolument tout intérêt aux quelques méthodologies qui pourraient en présenter.

Je me suis longtemps questionné sur le prix de la " procédure d'introspection " - Comment se faisait-il que cet " outil sciento " soit beaucoup plus cher que tout le reste ? Ca m'a travaillé jusqu'au jour où je l'ai étudiée, il fallait que je sache ce qu'elle avait de plus que pour coûter si cher. Tout auditeur un peu compétent serait en mesure de l'auditer. Rien de sorcier.

Il faut remettre ce procédé dans son contexte habituel d'utilisation: on est supposé s'en servir face à une personne très bouleversée. Elle ne peut être bouleversée, à cette étape, qu'après de multiples erreurs de maniements scientologues. On commence donc par la réparation des auditions ratées qu'elle a reçues. Environ 200 questions vont amener la personne à se rendre peu à peu compte que :

1- C'est surtout sur l'audition et la sciento qu'elle a de la charge, et

2- C'est presque exclusivement à cause de la Scientologie qu'elle a reçu des bouleversements majeurs au cours des dernières années.

On peut raisonnablement en conclure que cette procédure, convenablement appliquée sur quelqu'un croyant encore à la sciento, serait en mesure de lui faire quitter la secte.

L'arsenic a donc sécrété son contrepoison! Cette extraordinaire révélation m'a fait passer quelques bons moments, que je ne peux malheureusement pas expliquer ni en gros, ni en détail, c'est beaucoup trop hermétique pour être compris, avant d'avoir passé par les entraînements bizarres que subissent les auditeurs, entraînements que je ne vous souhaite pas.

J'imagine que quelques scientologues pas trop bornés essaieront de voir ce que j'ai vu là.

Pourtant, la procédure en question est aussi un des outils les pires qu'elle utilise, car elle ne s'en sert pas sur tout le monde: cette méthode, dont quelques questions pourraient effectivement faire quitter la scientologie, ne sert que lorsqu'une personne est en pleine crise de psychose (provoquée par la secte, évidemment) et dans ce cas, la secte l'isole (prison, littérallement, avec gardes). Puis la secte attend que la personne puisse parler... ça peut demander des semaines ou des mois; après quoi, elle se sert éventuellement de ce "remède". Des gens en sont morts... (Voir le cas Lisa Mc Pherson présenté sur ma page: les experts mondiaux sont assez daccord pour dire que Lisa Mc Pherson fut entrâinée, contre son gré, à revenir dans la secte, au QG 'la Mecque' des scientologues à Tampa (Floride). Puis, internée dans un sous-sol quelconque, elle a préféré (c'est mon avis) se laisser mourir plutôt qu'accepter l'inacceptable: être en prison sans jugement, sans crime, simplement parce que les scientologues n'ont aucun sens de ce qu'est la liberté de religion. Et de la liberté tout court.
Bien évidemment, si Lisa Mc Pherson s'est laissée dégringoler, on peut affirmer même sans preuves, rien qu'en les connaissant, que c'est bel et bien eux qui l'ont tuée, par leur insistance à la vouloir garder, elle dont le seul crime était de vouloir partir. Il s'agit donc d'un double crime : emprisonnement illégal suivi de non-assistance à personne en danger, et manque des soins les plus élémentaires. Lisa , tu n'es pas morte pour rien. Ces criminels vont payer.

A propos de Ron Hubbard, le fondateur gourou, ma femme et moi, ainsi que plusieurs autres anciens sommes parvenus exactement à la même conclusion, à la lecture de l'ouvrage de Russell Miller.

Ce type, qui ne manquait certainement pas d'une faculté d'analyse hors du commun, a mis au point une technologie dont la plus grande partie aurait pu 'RESOUDRE SON PROPRE CAS', c'est à dire l'extraire des fardeaux de folie qu'il portait en lui.

Son invraisemblable insistance sur l'éthique, sur l'argent, sur le pouvoir, sur les actes nuisibles et autres exactions cachées chez un être humain correspondaient précisément aux errances qu'il se reprochait tout en étant personnellement incapable d'en venir à bout. Il avait tant menti qu'il avait même parfois confondu ses rêves et ses réalités. Sa vie physique a été prolongée, vers la fin, par le meilleur auditeur qu'il avait formé: David Mayo, le premier à jamais avoir réussi à lui extraire des exactions vraiment discréditables, ainsi que les intentions fondamentales qui l'avaient mené durant son existence:

Hubbard n'a inventé que la tech à libérer le Hubbard.

Les autres scientologues ont tout intérêt à revoir l'ensemble au grand complet, à se poser des questions pour chaque mot dans chaque phrase, à analyser le tout le plus froidement possible, si jamais ils veulent en tirer un avantage réel.

Sous forme d'Eglise, de secte, de groupements pyramidaux sans liberté les uns par rapport aux autres, il ne peut subsister aucun espoir de parvenir à user convenablement quoi que ce soit du monstre aux 1000 cours. Tout avantage personnel serait phagocyté et détruit par toutes les falsifications introduites. Et vous seriez grugés par le haut de la pyramide à quoi vous apportez les pierres qui serviront tôt ou tard à vous écraser.

Sous forme de petits groupes ou de cabinets composés de spécialistes ayant reçu ces enseignements préalablement modifiés et testés, mais enseignés par des voies classiques, une partie de la tech pourrait servir.

Tout ce qui est écrit 'vert sur blanc', comme on dit là-bas, c'est à dire tous les règlements de gestion, de personnel, d'éthique etc., tout cela est bon à jeter et à oublier au plus vite: les rares choses valables sont tellement noyées dans le fatras des abréviations internes remaniées cent fois, ou dans les jugements de valeur désobligeants, que leur étude ne pourrait qu'aboutir à l'auto-invalidation, à l'auto-culpabilisation, et à la culpabilisation des autres: nous serions très loin du but de libération spirituelle prôné par la secte, d'ailleurs jamais appliqué.

Les procès d'intentions d'Hubbard et de ses successeurs, S.A. ou S.A.R.L. (ou S.A.I.I.), sont tellement évidents tout du long qu'on en vient à se demander comment ce type a jamais pu écrire que l'homme était fondamentalement bon! Il ne reste rien, après avoir ôté les détails comptables et gestionnaires internes, de dix volumes ou plus. Tout est suspect de déformations graves de la réalité, dans ces volumineux règlements; les théories les plus fascistes courent après les discours les plus venimeux, les discours venimeux après les plus fracassantes déclarations contre les 'mauvais staffs', 'les traîtres' et autres qualificatifs appliqués à ses meilleurs amis, ses plus fidèles serviteurs esclaves.

Voyez aussi par vous-même si les scientologues ont vraiment l'air au courant des réalités de la vie quand ils conseillent des endettements énormes pour des revenus quasi nuls: et ce n'est là encore qu'un aspect trivial des choses.

J'imaginerais, si certains tiennent absolument à utiliser quelques bons trucs d'Hubbard, qu'ils peuvent s'arranger en tout premier lieu par faire sauter le statut fiscal et social immérité de la secte. Ensuite, quelques-uns des vrais techniciens qu'elle compte pourraient monter leurs cabinets, voire être assimilés dans des groupes de recherche universitaire psychologique, où des essais seraient tentés après révisions.

Débarrassée de sa gangue d'or massif et de l'inimaginable crédulité des adeptes, on n'aurait plus du tout la même chose à la sortie. Les piliers sont avant tout humains; la tech n'aurait pas de sens sans leur croyance; elle se casserait la figure dès qu'on l'utiliserait sous cette forme débarrassée des règlements: c'est pourquoi sa révision serait indispensable dès qu'on s'en servirait hors du contexte, car nombre de procédés sont inutiles ou néfastes.

Quantité de dissidents ont fort bien compris: ils appliquent des variétés SD sans nombre; d'aucunes sont aussi fantaisistes que celles d'Hubbard (celle de Bill Frank par exemple, qui en est mort); d'autres ont de bons résultats et ne se font pas remarquer ni attaquer; elles ne prétendent plus à la religion et valent bien diverses formes de psychologie, parfois même mieux; parfois moins bien. Leurs tenants sont libres de contraintes absurdes, paient leurs taxes et font ce qu'ils croient devoir faire en leur âme et conscience.

Je conseille vivement à tous les déçus de porter plainte, de demander le remboursement intégral de ce qui ne leur a pas convenu, d'attaquer la secte en justice, aux prud'hommes ou par le biais fiscal, afin de récupérer les sommes qui auraient dû leur revenir en tant que staffs, ou la monnaie des mauvais services qu'ils ont reçu en tant qu'adeptes payants. N'hésitez pas un instant.

Ne déduisez pas de ces lignes que j'aimerais rouvrir un cabinet d'audition: c'est fini, en ce qui me concerne, la seule leçon que je cherche à passer est la suivante: vous êtes apte à observer, vous avez autant de vérité en vous que n'importe qui d'autre, alors, observez, tirez vos propres conclusions, et agissez sur vous-mêmes. Et ne vous contentez pas de faire ça au sujet de la sciento: faites-le sur tous les sujets, en toute occasion.

Je n'ai presque rien relu dans ce domaine sciences humaines, depuis treize ans. Cependant, parmi ces ouvrages, j'avais beaucoup apprécié un passage du livre 'Parlez et enrichissez-vous', en anglais 'Talk and grow rich', de Ron Holland (rien à voir avec Ron Hubbard).

Cet auteur dont une partie du livre m'a été utile, exprime ceci: 'Tous les ouvrages destinés à s'aider soi-même contiennent des parts de vérité qui vous conviendront. Lisez-en, servez-vous de ce qui vous plaît, laissez le reste.'

Ca me convient tout à fait. En lisant ou en entendant, ou en observant quelque chose d'intéressant, le mieux serait d'essayer d'en tirer parti; contrairement à ce que j'ai fait avec la sciento, qui consistait à avaler l'appât, l'hameçon, le fil, la canne à pèche, le pécheur et la berge en supplément, mieux vaudrait probablement goûter ce qui vous a appâté. Et laisser s'écouler un long moment avant d'y revenir, pour voir.

Les adeptes payés pour empècher d'anciens adeptes de nuire

Ne nous excitons pas sur l'urgence, ça fait cent mille ans que ça dure! Tout le monde a aussi le droit le plus strict à se faire piéger s'il le désire. Mais au moins faudrait-il ensuite éviter de piéger d'autres gens qui n'ont peut-être pas les facultés pour s'en sortir ensuite. Cette réflexion m'est largement inspirée par mon frère Yves, toujours coincé depuis 20 ans que nous l'avons convaincu " de prendre les boites d'électromètre en main ". Il est dedans, (furieux contre moi, qui ose s'en prendre à son grand homme) Il n'hésiterait pas à m'attaquer, la haine du " suppressif que je suis " l'anime. Il paraît que je " vaux " dix ou quinze mille dollars, à leur tarif de récupération-annihilation des ennemis: après ce livre, je rapporterai bien plus à celui qui me fera taire, ou obtiendra des aveux sur les " mensonges " ici contés...

Il y en a bien d'autres, que nous avions entraînés dans la galère; j'espère qu'il en sortira bien plus qu'il n'en est rentré. D'autant que je ne me sens pas du tout seul à agir dans les profondeurs noirâtres de ma suppressivité, il y a les amis. Tous ces renégats de la secte ou ces gens dévoués qui ne veulent pas d'elle et ne la souhaiteraient pas à leurs pires ennemis. Je ne m'inquiète que modérément, car l'analyse montre que le nombre d'adeptes de Paris a décru sensiblement depuis longtemps déjà. Exemple documentaire: en 91, 77 personnes ont été diplômées en plusieurs mois; c'est à peu près le nombre moyen de gens que la même organisation diplômait en quinze jours, 16 ans auparavant.

Pendant la période noire, j'ai reçu une jeune femme qui prenait des cours à Lyon depuis un an ou deux; elle venait m'annoncer qu'elle avait trouvé un travail d'assistance sociale: au lieu de la féliciter de cette bonne nouvelle, je lui ai dit " Comment ? Un travail d'assistance aux minables, aux 'basses statistiques' (comme on les appelle en sciento): mais c'est un peu suppressif de s'occuper de gens comme ça, qui ne cherchent qu'à glisser vers le bas " C'était du pur jus scientomachique, cette sortie de ma part. Au fond de moi, je savais très bien que je n'aurais pas dû réagir ainsi, qu'il fallait des gens pour s'occuper des défavorisés; au lieu de parler avec le coeur, j'avais parlé avec la tête du scientologue. La tête de scientologue, ça n'a absolument pas de coeur.

Ca m'a travaillé souvent ensuite, car par malheur cette jeune femme est morte dans des circonstances tragiques quelques semaines plus tard, avant que j'aie pu m'excuser de cette imbécillité scientozombique qui m'avait échappé. Ce n'est pas parce que je subissais déjà toutes sortes d'attaques idiotes que j'étais forcé de répercuter mon sale caractère ou ma mauvaise humeur vers d'autres: j'étais dominé, dominé; plus capable de trier le vrai du faux; j'agissais de plus en plus robotiquement; de plus en plus zombie, vivant parmi d'autres zombies dès que je quittais l'org de Lyon et que je filais à celles de Paris ou de Copenhague, j'étais au milieu des zombies. Ce n'était pas la première fois que mes propres décisions m'échappaient, vous le savez déjà: il était temps que ce soit la dernière; il fallait en finir.

On doit reconnaître le droit de faire de la sciento aux gens, mais pas celui de parler de spiritualité ou de religion à ce sujet: ça n'en contient pas. Nous n'avons d'ailleurs à reconnaître de droits qu'en théorie; chacun est supposé responsable de ses actes. Ces gens sont à en pleine confusion entre spiritualité et intellect ou mental. Où ont-ils vu qu'il faille tant de verbiage et tant de définitions pour être un humain? Comment osent-ils affirmer si fort ce qu'ils ne croient même pas en leur for intérieur, ou, s'ils y croient, sans avoir vérifié ailleurs qu'en sciento ce qui se passe dans les domaines spirituels? C'est un peu facile, d'affirmer des choses inexactes sur la base des définitions trafiquées d'Hubbard! Qu'ils se donnent la peine d'essayer de comprendre ce qu'on dit à l'extérieur. Cela exige certainement plus d'humilité qu'ils n'en ont jamais appris par la secte: il faut accepter d'apprendre, au lieu de tout prendre sans examen. Sous prétexte qu'une partie est bonne, le reste ne l'est pas nécessairement. Saint Lafayette Ronald Hubbard l'eut-il juré.

Bien sûr, Hubbard se moque de l'homme, d'un bout à l'autre de son oeuvre; soufflant le chaud puis le froid tour à tour, fidèle à sa schizophrénie galopante, vous pouvez trouver chez lui diverses choses charmantes...mais méfiez-vous des autres charmes qu'il insuffle à côté. Vous n'auriez même pas droit aux sirènes, avec son chant des sirènes. Vous n'auriez droit qu'à des apparences de liberté 'maniées' par des 'définitions' de liberté trompeuses; vous n'auriez droit qu'à remplir ses trois voeux ante-mortem et post mortem, pas les vôtres; il vous ferait :

- Travailler

- Obéir

- Payer. C'est la Robotique Trinité Scientophrénoque. (Nouvelle association RTS au lieu de RTC). Travailler (T), Obéir (O), Payer (P): c'est aussi ainsi qu'on atteint le " TOP " scientologue (nouveauté 96, parue dès 1950). La Scientologie se vante de deux 'triangles miraculeux', que vous verrez dans son insigne-sida - voir les annexes. Ce triangle nouveau sert de troisième, mais c'est le seul qui soit miraculeux. Pas pour vous, cela va sans dire.

Le seul vœu qui deviendrait un jour le vôtre, si vous y pénétriez, ce serait fuir, là-bas fuir, (car je sais que des scientos sont ivres, d'être très écumants, au fond d' orgs inconnues...).

Que faire face à la secte?

Mieux vaudrait apparemment changer de trottoir, mais il n'en est rien. Je suppose que si vous avez lu cet ouvrage, vous n'aurez pas trop envie de gaspiller 5 ou 1500 F pour aller voir si ce que j'avance correspond avec votre vision des choses; il serait très préférable de ne pas faire demi-tour, et d'essayer de discuter avec les jeunes qui vous aborderont peut-être un jour dans la rue; si vous voyez qu'ils sont très sûrs d'eux, laissez-les faire; dites-leur seulement qu'ils sont mal renseignés sur leur système, sans vous fâcher; dites-leur d'aller voir l' ADFI pour qu'ils sachent si oui ou non ces gens correspondent à l'image qu'en donne la secte, dites-leur de lire cet ouvrage ou d'autres sur la sciento...

Si vous trouvez une de leurs annonces fantaisie dans les journaux, demandant des gens pour un nouveau métier (auditeur) ou quelque chose de ce genre, téléphonez au journal, si vous avez cinq minutes, et dites-leur de faire passer le Bureau de Vérification de la Publicité; téléphonez aussi à la Répression des Fraudes pour leur signaler la fausse offre d'emploi, car on ne vous donnera pas d'emploi normal, à la secte: on vous demandera d'acheter des livres, de payer des cours, des électromètres etc. avant d'accepter de vous prêter une chaise et une salle pour auditer gratuitement d'autres gens comme vous, ou même, des gens ramassés au hasard dans les rues. Quand vous aurez assez appris, on vous fera signer le fameux contrat d'un milliard d'années.

A 15 dollars la semaine. Si vous êtes staff ou que vous avez déjà payé des services dont vous n'êtes pas content, portez plainte pour escroquerie s'ils ne vous ont pas remboursé dans les huit jours de votre lettre recommandée.

Si vous préférez croire ce qu'ils vous diront, allez-y! et partez avant d'avoir envie de vous jeter par la fenêtre. Ce ne sont pas des jeux humains, qu'ils jouent: n'oubliez pas que la plupart du staff de Flag est persuadé d'avoir fait partie des troupes galactiques commandées par Hubbard pour éliminer Xenu et sa clique d'officiers déloyaux, il y a 75 millions d'années.

Un de ces jours, on en retrouvera à l'asile, cela s'est déjà produit...

Ce n'est pas seulement ces minettes qui sont exposées sur papier glacé dans les organes de vente-à-la-dure de l'affaire, de la sale affaire scientologue. Celles-là, on pourrait aussi bien les retrouver à la rue trois ans plus tard, sans rien, sans métier, sans argent, sans but; car perdre ce but de " clarification de la planète et de l'univers ", ce n'est pas rien. Je me demande si leurs chances d'en sortir ?

Si vous trouvez dans votre entourage une personne s'approchant de la secte, ne lui faites pas une leçon de morale: c'est de faits claquants qu'elle a besoin: il faut qu'elle sache, dans les plus brefs délais, que la sciento est dangereuse, que la dianétique est dangereuse, que ses procès sont perdus d'avance, non par cause de psychiatrie ou d'inimitié des gouvernements, mais simplement parce qu'elle ne donne jamais ce qu'elle promet. Elle prend. Elle ne donne rien, ou si peu, en échange. C'est une secte de voleurs de liberté, de voleurs d'âmes, qui commence par s'intéresser à l'argent. D'autres ont dit qu'il s'agissait d'une entreprise de décervelage. L'homme n'étant pas un cerveau, je ne dirai pas qu'elle soit une entreprise de décervelage. Elle ne vous décervellerait que si elle était sûre que ça rapporte ou que c'est bon pour son image de marque. Si elle découvrait qu'on peut rendre les vrais criminels très doux et très pro-sciento en les décervelant, elle ferait volontiers passer un bulletin technique du décervelage.

Je vous engage par contre à observer la déshumanisation progressive qu'elle répand parmi ses adeptes: combien d'entre eux deviennent moins chaleureux, même s'ils sont plus souriants d'apparence? Combien d'entre eux ne sourient que lorsqu'ils sentent quelqu'un faiblir face à leur argumentation solidement charpentée? Combien ne s'intéressent plus à tout ce qui n'est pas scientologue? Eux aussi, se croient peuple élu parmi les peuples.

Elle n'a que des buts d'hégémonie planétaire et extra-planétaires. A voir la manière dont elle fonctionne, stupidement, égoïstement, méchamment, je n'aimerais pas être d'une planète guidée par ces gens-là; l'armée y serait plus présente et plus aveugle que jamais; tout serait consacré à élever des statues monstrueuses à Ron Hubbard et à ses sbires, des orgs mirobolantes, des palais pour les dirigeants, et rien ne reviendrait aux " Wogs ", aux " Basses-stats ", aux " Raw-Meats ": tout serait pour eux. Regardez ces bâtiments énormes qu'ils achètent et aménagent gratis, avec la sueur de gens comme vous... et comptez combien d'heures d'audition on y délivre. Le bâtiment rapporte! Et ça fait des capitaux, surtout avec ces aménagements qui ne coûtent rien car ce sont les punis du régime qui en font l'essentiel...Je ne peux même pas m'en plaindre, j'en ai profité par pur hasard et sans aucune intention de profit.


AMUSONS-NOUS UN PEU : LE DIALOGUE SCIENTOLOGUE...

" Ah salut, machin, tu reviens du diké (le Danemark), paraît qu't'as fait ton Oti Trois ,c'est génial, c'est vraiment super; d'ailleurs ça se voit sur comment t'occupes l'espace, il est vachement clean, on sent vraiment quelque chose, là, raconte! "

" Oh, t'Wois, c'est plus super que ça encore, et pis là-haut, y font pas de qu-enné, ça turbine sur le EssHachEssBiCi, les stats des Ti-errz sont toujours en power!, t'wois! "

(suite composée d'extraits véritables de lettres de succès de scientologues):

" Je me trouve de plus en plus dans le présent, opérant comme extérieur à cet univers;

" J'ai traversé pas mal d'univers depuis que j'ai commencé ce cycle: je sais comment rentrer dans ces univers et en ressortir;

" Mes considérations ont disparu à la vitesse de la lumière, mon Ah-eR-Céa encore plus grandi, j'ai soudain la certitude d'avoir tellement de puissance qu'il faut dabord que j'apprenne à m'en servir...

" Ma vie a explosé, je fais au moins quatre fois autant de choses qu'avant. Mon aptitude à manier l'univers physique s'est amplifiée à tel point que quand j'ai besoin d'argent, je peux en avoir avec très peu d'effort...l'argent n'est en fait rien du tout. "

(Reprenons le dialogue imaginaire)

" Alors maintenant je planifie pour filer sur NED pour Oti, tu comprends, j'ai vu Machine qui est au milieu, là-bas, elle rayonne, ça lui donne un tel power qu'elle a réussi à faire arrèter la guerre du golfe, mon gars, juste au moment où elle attendait sa séance, elle a eu la révélation, elle a pensé très fort, et le lendemain, on annonçait que la guerre du golfe était finie! Elle est vraiment super théta claire, on voit que ses pieds ne touchent plus du tout terre; d'ailleurs, elle s'est brûlée sur son gaz: d'abord, elle a été vach'ment baba, , mec! et aussi sec, elle a eu une grosse cloque, paraît, et la cloque a disparu en une demi-heure, et elle n'avait même pas mal! "

" Ouaoh! fantastique! t'imagines ce que tu peux faire, tu ne sens plus les bombes H, la mort n'existe plus, t'es entièrement sur but, tu conquiers les autres univers avec la tech, t' as même plus besoin d'un corps pour te déplacer et communiquer avec les autres, tout ça c'est vraiment du théta pur, du Ron! "

Note aux lecteurs: dans ce court passage, je n'ai utilisé qu'une minuscule partie du jargon interne: si vous entendiez la réalité...

Rions encore : marques déposées

Par curiosité, si vous avez envie de perdre quelques francs au minitel donnez-vous la peine de vérifier les soi-disant " Marques déposées " par le Religious Technology Center, la " Church of Scientology International " ou par la Scientologie, ou par l'Eglise de Scientologie, ou par " Scientology ". Ces gens sont inconnus comme dépositaires de marques internationales en France.

On trouve cependant, dans ce répertoire des marques (3617 Marques) géré par l'institut National de la Propriété Industrielle, organisme officiel des marques en France, mention de trois marques déposées par 'WISE', (World Institute of Scientology Enterprises). C'est tout.

Cela signifierait-il que la secte n'ait pas du tout ces marques déposées qu'elle prétend avoir, que ce soit un bluff de plus? Que la secte soit illégale quant à l'usage des marques dont elle prétend détenir les droits d'appellation?

De plus, ne faudrait-il pas être d'une effroyable stupidité pour tenter d'utiliser ou d'usurper les appellations de 'scientologie' ou 'dianétique', vu leurs réputations?

Quoi qu'il en soit, ne soyons pas impressionnés par les " MD " (marque déposée) affichés tout au long de leurs textes: MD ne protège rien en soi, n'a pas de valeur légale; on peut l'ajouter où on veut: cela ne signifie pas du tout que la marque soit déposée légalement (ce qui coûte 1200 F par marque, tous les dix ans). Mieux encore: cela ne signifie même pas que la marque soit " déposable ", acceptable en tant que marque! La SD prétend même utiliser Saint Hill, nom d'une petite ville anglaise où elle est installée, comme marque déposée, chose inacceptable, au moins en France. Et bien sûr, il s'agit de Saint Hill, autrement dit, la Colline Sainte...
.

Autre sujet d'amusement : le niveau de conscience de la secte

Hubbard a publié une longue échelle de valeurs des " niveaux de conscience ", déjà abordée. Voici quelques autres équations que l'on peut découvrir entre la secte et les niveaux les plus bas de cette échelle:

(en partant des niveaux les plus bas)

Moins 34: Inexistence: les niveaux clairs et OT sont inexistants (heureusement, ceux qui les ont parcourus vivent encore sauf s'ils sont morts entre-temps!)

Moins 31: Criminalité: voir les condamnations diverses des plus hauts personnages de l'affaire sciento-dianétic-toc.

Moins 30: Dissociation: services et argent, valeur et tarifs sont dissociés, dehors et dedans sont désassemblés; réalité et prétentions etc.

Moins 25: Délire: Commentaires inutiles...

Moins 24 et 23: Masochisme et sadisme: Constatons ce que sont forcés de donner ou de recevoir les staffs - et parfois le public de la secte - de la part du management international.

Moins 22: Hallucination: Une bonne part de ce que l'on trouve dans les niveaux secrets; fort heureusement, les gens qui les font rectifient souvent d'eux-mêmes et s'en vont.

Moins 21: Secret: les exemples de mystères, secrets , confidentialité, services secrets et actions secrètes n'ont pas manqué.

Moins 20: Dualité: la schizophrénie d'Hubbard illustre ce point, ainsi que le " Faites ce que nous disons, pas ce que nous faisons ", toujours présent.

Moins 18: Oubli: on a tôt fait de se faire mettre aux oubliettes. Les pertes de mémoire de certains font aussi partie de ce niveau. Particulièrement celle des scientos face aux tribunaux.

Moins 15: Hystérie: un niveau bien traduit par les actions paranoïaques de défense de la secte et de ses biens.

Moins 14 et 13: Désillusion et irréalité: à rapprocher du nombre de déceptions et des perversions de la réalité chez les adeptes et le fondateur.

Moins 12: Désastre: Ils y sont, ils y courent de plus belle, s'ils n'évitent pas les pièges dans lesquels ils se mettent. Les pertes de procès et les ennuis subis peuvent s'ajouter ici.

Moins 10: Insensibilité: le comportement vis à vis de tous ceux qui souffrent est exemplaire; l' inhumanité également. C'est toujours " de la faute " des autres (irresponsabilité).

Moins 8: Désespoir: en dehors du désespoir de ceux qu'elle jette dehors, la secte tout entière arrivera peut-être à ce niveau un jour, ce qui pourrait l'amener salutairement à :

Moins 5 et 4 : Peur d'empirer et Besoin de changer. C'est en tous cas ce que je souhaite à tous ses membres, exception faite de ceux qui savent vraiment : je parle ici de la direction centrale et quelques hauts personnages qui n'ont guère de chances de parvenir à regrimper leur spirale infernale vers le bas... des échelles Hubbard.

J'allais oublier l'ami Pavlov!

Si Hubbard attaque tant Pavlov et les réflexes conditionnés, ne serait-ce pas pour cacher tous les réflexes pavloviens qu'il déclenche chez ses fidèles?

Espérons que votre rire face à cette amère constatation, ne sera pas pavlovien. 

Annexe 1

REMERCIEMENTS

A tous ceux qui ont supporté nos manières de traiter la scientologie quand nous en étions;

- à tous ceux qui nous sont restés amis, malgré nos " disgrâces ";

- à tous ceux qui ne veulent plus être nos amis, mais qui subissent encore l'influence nuisible de l'affaire scientologue, ce qui explique qu'ils ne soient plus amis;

- à ceux qui nous ont aidé, alors qu'ils étaient scientologues, en n'appliquant pas la technologie d'Hubbard, mais de simples rapports humains

- à ceux qui ont déjà écrit longuement sur le sujet: Russell Miller; Julia Darcondo (dont je n'ai lu l'excellent ouvrage qu'après avoir écrit le mien ce qui m'a permis de rajouter quelques passages à la correction); à Bernard Fillaire, dont le combat à côté des sectes n'est pas de tout repos; à Stewart Lamont, Paulette Cooper, au Docteur Jean-Marie Abgrall ainsi qu'à divers " hauts-initiés " qui ont quitté les lieux: Larry Wollersheim; David Mayo, et bien d'autres;

- A ceux qui n'ont pas hésité à déjà dénoncer l'outrage à l'humanité que la Scientologie/dianétique perpètre et perpétue jour après jour .

- A L'A.D.F.I., association entièrement dévouée à défendre les individus piégés dans toutes ces sectes que la scientologie/dianétique cherche à fédérer, en attendant de les avaler.


ANNEXE 2: REFERENCES

Cet ouvrage doit beaucoup à tous ceux qui ont eu le courage de parler, entre autres:

Ainsi qu'à:

- SCIENTOLOGY, Religion Inc., de Stewart Lamont, édition:

- Voyage au Centre de la secte, de Julia Darcondo, Editions du Trident

- Une Secte au coeur de la République, Serge Faubert

- Rapport notarié de Larry Wollersheim, non édité

- L'Enfer des Sectes, Gilbert Picard, Le Carrousel F.N.

- Le Quid 1996, Robert Laffont,

- Oxford Dictionary en 21 volumes, édition 93

- La Grande Manip, François de Closets, Le Seuil

- Le Grand décervelage, Bernard Fillaire, Plon

Aux articles parus entre autres dans les quotidiens ou revues suivantes:

- Le Monde, supplément " Le Monde de l'Education ", article de Delphine Pinel, Avril 86

- Le Monde, 13/XII/86, sous la plume de Gérard Buétas

- Le Figaro, supplément Lyon Figaro, Avril 1990, Philippe Brunet-Lecomte

- L'Express, 22/11/90, Renaud Leblond

- Plusieurs n° de Lyon Figaro en Juillet et Août 91

- Marie France, Avril 89, Pierre Toulion

- L'Elite, Lyon

- France 2, France 3, diverses émissions sur les sectes, entre autres, 'la Marche du Siècle "

- Télévision Suisse Romande

ainsi qu'à de nombreux autres que je n'ai pas cités, que l'on peut facilement trouver dans l'énorme documentation de l'A.D.F.I., chacun allant dans le même sens.

Et enfin, à une importante documentation de base de la secte. J'ai surtout cité :

- Modern Management Technology Defined

- Dianétique, Science Moderne de la santé mentale

- Science de la Survie

- Dianetics and Scientology Technical Dictionary

- Axioms and logics

- Organisation Executive course, surtout les volumes O, 3 et 7.

- Technical Bulletins, essentiellement les volumes 9 à 13.

- What is Scientology

- The Church of Scientology

- The Volunteer Minister's Handbook

- Hymn of Asia, tous ces ouvrages signés Hubbard,

- une honnête pile de publications de la secte, Scientology News, KSW News; Scientology To day; Advance; The Auditor; Source, Clear magazine, et quantité de feuilles volantes, la plupart de ces ouvrages étant également signés L. Ron Hubbard. Ils proviennent tous des organisations et sociétés de publications de la secte connues sous divers noms (RTC, CSI, Eglise de Scientologie, Centre de Dianétique, Pubs, New Era Publications, dans divers pays, USA, Danemark, Angleterre, France, Italie, Allemagne, Suisse).

Et pour finir, divers documents judiciaires émanant de la Justice Française ou d'autres justices nationales, voire du Conseil d'état.

ASSOCIATIONS DEFENDANT LA LIBERTE DES INDIVIDUS FACE AUX ABUS DES SECTES :

U.N.A.D.F.I. (Union nationale des associations de défense de la Famille et de l'Individu) Paris

A.D.F.I. locales (se renseigner auprès de l'UNADFI pour connaître la plus proche de chez vous): tél 01 47 97 96 08

CCMM: Centre contre les Manipulations Mentales (fondé par Roger Ikor, Prix Goncourt 1955)

ASSOCIATIONS SERVANT DE PARAVENT A LA SECTE ARMEE POUR LA GUERRE

Organes et publications d'associations liées à la scientologie

Les associations suivantes ont été créées de toutes pièces par la scientologie.

Leurs fondateurs ou présidents sont scientologues et se servent du régime associatif intéressant " tout un chacun ", dans des domaines comme l'éducation ou la justice etc., pour disséminer les techniques de la secte, ou pour obtenir des renseignements " sanglants " qu'elle pourrait exploiter pour attaquer ses " ennemis ".

qui sont les principales; d'autres, fort nombreuses (puisque 60 au moins ont été dénombrées) et fluctuantes, peuvent exister, telles : Comité d'action pour le respect et les droits de la défense; Ecoles diverses - du Rythme, du Futur; Espoir et Futur, Impro, Leader, Association Ateliers,etc..., vous les reconnaîtriez rapidement par leur collection d'ouvrages signés L.RON HUBBARD, une fois à l'intérieur, ou par leurs approches très particulières (tests, conversations très philosophiques et passablement hermétiques, etc).

Autres sectes coercitives bien implantées en France (et souvent ailleurs)

En caractères gras, les plus souvent citées dans des 'affaires' ou sur lesquelles on demande des conseils auprès des associations anti-sectes:

Adventistes du 7e Jour

Alliance Universelle

Antoinistes

AUCM (MOON) (également nommée Eglise pour l'unification du Christianisme Mondial)

Ecoovie

Eglise du Christ de Paris

Eglise du Christ Scientiste

GEPM

Graal

HUE France (Eglise Humaine et Universelle)

I V I (Invitation à la Vie Intense)

Instinctothérapie (FIDALI)

Krishna

La Méditation Transcendentale (MT ou CPM, Club pour Méditants ou Institut de science védique Maharishi Paris)

Le Mandarom (Aumisme ou Chevaliers du Lotus d'Or)

Le Patriarche (Association Lucien J. Engelmajet)

Les Enfants de Dieu (Famille d'amour ou " la Famille ")

Les Raeliens - Rael

Longo Mai

Mahikari Sukio Mahikari

Mission de Lumière Divine

Mormons

Mouvement Parti Humaniste

Nishiren Soshu

Nouvel Age

Nouvelle Acropole

Office Culturel de Cluny

Rose-Croix

Sahaja Yoga (Sri Mataji)

Shri Ram Chandra Mission France

SOKKA GAKKAI

Témoins de Jéhovah

TFP (Avenir de la Culture)

et bien d'autres (1150 dénombrées en 95)

LE TEST OCA

TEST OCA " AU HASARD "

SiGLE SCIENTO-SIDA: