LE MAIRE DU 12e arrondissement, Roger Madec (socialiste), a tenu à rendre publique la plainte déposée
contre lui et contre son adjointe à la culture, Colette Jacob, par une adepte de la scientologie. Il a dénoncé
hier " la tentative d'intimidation "dont les deux élus sont " victimes " et s'est étonné
de cette procédure tardive (à quelques mois des élections municipales) concernant des faits
qui remontent à mai 1999.
La plaignante, Christine Le Masle, poursuit le maire et son adjointe pour " discrimination " du fait
de son appartenance à l'Eglise de scientologie. Artiste-peintre professionnelle, elle avait rencontré
Colette Jacob à sa permanence à la fin de 1998 et avait demandé à l'élue l'autorisation
d'exposer ses toiles dans la naine du XIXe. L'adjointe reconnaît lui avoir donné un accord verbal
ainsi qu'une carte avec les horaires l'ouverture de la mairie. Christine Le Masle, preuve à l'appui, ajoute
que Colette Jacob lui a adressé une carte indiquant les dates de l'exposition : du 21 juin 1999 au 5 juillet
1999.
"Je me vois dans l'obligation d'annuler votre exposition "
En avril 1999, Colette Jacob reçoit de la part de l'artiste une invitation pour l'exposition sur le thème
"Qu'est-ce que la Scientologie ? "qui avait lieu à Paris. Aussi sec, l'élue socialiste
adresse une réponse très claire à la scientologue : " Je me vois dans l'obligation d'annuler
votre exposition. Je ne peux et ne souhaite absolument pas recevoir (même au travers de simples peintures)
un ou une adepte de la Scientologie... La lutte contre les sectes est une de mes priorités et je peux d'ailleurs
y associer l'ensemble de la municipalité du XIXe. "
" Mme Jacob a estimé qu'il s'agissait de prosélytisme ", a indiqué Roger Madec
hier pour justifier la réponse de son adjointe. Il a rappelé qu'aucune autorisation officielle n'avait
été donnée à Christine Le Masle puisque seul le secrétaire général
de la mairie y est habilité.
La plaignante n'est pas de cet avis: en août 2000, l'artiste a d'ailleurs envoyé une lettre au
maire du XIXe pour demander " réparation des dommages que (lui) a causé l'annulation de (son)
exposition ".A ce titre, elle â réclamé à la mairie une indemnité de 10
000 F.
A quelques mois des municipales
L' artiste peintre a ensuite saisi le tribunal administratif de Paris le 28 août 2000, puis a déposé
une plainte au pénal contre les deux élus en novembre. " Je porte plainte parce que le seul
motif qui m'ait été communiqué pour justifier l'annulation de mon exposition, c'est que je
suis scientologue ", explique l'intéressée, ajoutant: " Cest une violation de la Convention
européenne de sauvegarde des droits de l'homme, qui accorde à toute personne le "droit à
la liberté de pensée, de conscience et de religion" ".
Roger Madec et Colette Jacob ont été entendus jeudi par un officier de police judiciaire. "
J'attends avec confiance la décision du juge ", a déclaré hier le maire socialiste, tête
de liste dans le XXe pour les élections municipales. Il se dit fort du soutien de Bertrand Delanoë,
chef de file des socialistes parisiens, et ne se désistera pas, même s'il était mis en examen
pour cette affaire de " discrimination ". Le maire estime qu'il faut faire la différence entre
les mises en examen dans le cadre des " affaires "et cette histoire où il a voulu défendre
l'intérêt général.