Réactions du Figaro au Rapport d'activité de la MIVILUDES en 2003 

 

Voici ce que dit le journal Le Figaro à propos du rapport d'activités de la MIVILUDES

(Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)


Les conclusions pour 2003 de la mission interministérielle de lutte contre les dérives
Appel à maintenir la vigilance contre les mouvements sectaires

Corinne Caillaud
[27 janvier 2004]

La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a «tiré la sonnette d'alarme», dans son rapport 2003 publié hier, sur les activités d'un mouvement récemment implanté en France, appelé Kryeon, qui prétend proposer une prise en charge d'enfants malades ou inadaptés dits «enfants indigos». Le mouvement défend «un concept ésotérique-ufologique» de prise en charge de ces enfants. Il est «parvenu à intéresser» les parents d'enfants dits hyperactifs, autistes ou simplement précoces et en situation d'échec scolaire.

«Fidèle à la double mission assignée de vigilance et de lutte, ce rapport veut mettre en garde. Il ne veut pas être pour autant alarmiste, a hier estimé Jean-Louis Langlais, président de la Miviludes. Si nous constatons toujours l'existence d'une menace et de dommages persistants, le phénomène sectaire semble toutefois être maîtrisé aujourd'hui, en France, pour autant que l'on puisse jamais être à l'abri de démonstrations irrationnelles, pouvant aller, comme on l'a vu dans le passé, au suicide collectif.»

La Miviludes, créée par décret le 28 novembre 2002, et qui succède à la mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), s'est attachée plus particulièrement à la notion de dérives sectaires. Le rapport révèle ainsi un certain nombre d'agissements sanctionnés par la justice ou signalés aux services répressifs.

Le rapport se garde de donner des chiffres sur les différents mouvements. Car selon Jean-Louis Langlais, «les chiffres obtenus ne sont pas d'une fiabilité totale. Dans ce domaine, il est très difficile de savoir qui est sympathisant, qui ne l'est pas, qui est adepte, qui ne l'est pas. De plus, certaines structures qui communiquent elles-mêmes leurs chiffres ont tendance à les gonfler pour donner plus d'importance à leur mouvement». Ainsi, selon les Témoins de Jéhovah, qui répertorient leurs baptisés, ils seraient autour de 110 000.

Autre tendance décelée, le phénomène sectaire semble changer de nature. Ainsi, certains groupes traditionnellement constitués ont presque disparu, comme Haré Krishna ou la secte Moon. D'autres sont apparus et environ une quinzaine de structures sont suivies par département. Certaines sont affiliées à un mouvement, d'autres sont autonomes. Si l'on essaie d'établir une typologie des mouvements les plus représentés, on classera dans l'ordre des mouvements guérisseurs, des mouvements pseudo-évangéliques, des mouvements apocalyptiques et des mouvements orientalistes. L'observation de ces différents mouvements a permis de pointer certaines pratiques douteuses, notamment dans le domaine des soins. Or, dans ces interventions thérapeutiques nouvelles, non éprouvées, il n'est pas toujours aisé de faire la part de ce qui relève du charlatanisme et de ce qui relève du sectarisme. De même, la plus grande vigilance s'impose dans le champ de la formation professionnelle destinée à des publics fragilisés ou mal insérés dans le monde du travail.

Parmi les dix propositions d'action préconisées dans ce rapport, deux sont particulièrement importantes puisqu'elles nécessitent une modification législative visant à repousser le délai de prescription et à limiter le secret professionnel.

Bien des victimes d'agissements sectaires ont beaucoup de mal à témoigner ou à porter plainte. Très souvent elles ne peuvent s'adresser à l'institution judiciaire qu'après s'être reconstruites psychologiquement, c'est-à-dire après les faits et en dehors des délais de prescription. La mission recommande donc que le délai pour agir parte du jour où la victime serait en état de déposer plainte.

De même, les médecins rencontrent des difficultés pour signaler aux autorités la situation de victimes d'abus de faiblesse et de sujétion psychologique ou physique, et la Miviludes exprime le souhait que cette question soit examinée.





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