Réactions du journal Ouest France au Rapport d'activité de la MIVILUDES en 2003 

 

Voici ce que dit le journal Ouest-France à propos du rapport d'activités de la MIVILUDES

(Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)


Quinze mouvements en moyenne par département
Sectes : leur développement serait stabilisé



Faut-il encore s'inquiéter des sectes ? La nouvelle mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires affirme que le phénomène est stabilisé.
La secte Moon et quelques autres grands groupes sectaires apparus dans les années soixante ont quitté la France, affirme la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), créée en novembre 2002. « Depuis dix ans, le nombre de personnes évoluant dans un environnement sectaire semble être stabilisé », dit Jean-Louis Langlais, son président. Mais des petites structures sont apparues, dont il ne faut pas « sous-estimer la capacité de nuisance ».

Le rapport de la mission épingle, en particulier, les mouvements « guérisseurs ». Ils visent les personnes psychiquement vulnérables ou les grands malades qui désespèrent de la médecine classique. « Sous les appellations de psychobiologie, psychogénéalogie, ou encore de psychobio généalogie, on peut craindre des dévoiements. » Ainsi de ce psychiatre qui soignait des personnes, « par un régime alimentaire prétendument crétois qui conduisait à leur dénutrition ». Après vérification, le médecin avait en fait été exclu de son ordre.

La mission a dû alerter les préfets après les grandes inondations dans le Gard ou l'explosion AZF de Toulouse. Les Témoins de Jéhovah et l'Église de scientologie s'étaient glissés dans les dispositifs d'aide aux victimes. Des groupes « New Age » s'activent aussi dans la formation professionnelle.

La mission rappelle les condamnations prononcées, pour viols et corruptions de mineurs de 15 ans, contre Guy Claude Burger, fondateur de l'« Instinctothérapie ». Les raëliens ont vu quatre de leurs adeptes lyonnais condamnés également pour corruption de mineurs.

La Milivudes estime que la législation en matière de prescription des infractions commises par ce type de mouvements doit être durcie. Afin de protéger les mineurs, cette prescription ne s'appliquerait qu'à partir de la majorité de l'enfant, avec un délai de cinq ans pour les délits et de vingt ans pour les crimes. Dans le cas des victimes « en état de sujétion psychologique ou physique », ce délai n'interviendrait que lorsqu'elles sont en état de porter plainte.

En moyenne, on dénombre dans chaque département une quinzaine de mouvements sectaires. Les préfets doivent créer des « cellules de vigilance ». Mais si l'on observe le bilan 2003 dans l'Ouest, seuls quatre départements les ont réunies. Ille-et-Vilaine, Mayenne, Loire-Atlantique et Vendée.


Bernard LE SOLLEU




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