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Mercredi 17 octobre 2001 à 22 h 22
Je poste anonymement du fait de menaces réelles reçues d'anciens patrons, ou de scientologues
fanatiques, de l'organisation narconon où j'ai travaillé. Narconon est une escroquerie vendue par
la scientologie pour ramasser des finances, manipuler et tirer profit des désespérés, des
toxicomanes faciles à victimiser, en leur imposant les enseignements scientologiques et en leur faisant
s'engager sur le staff de la secte. Narconon prétend un taux de résussite de 80 %. Durant la période
de 7 mois où j'étais dans l'une des deux organisations californiennes du programme, environ 80 personnes
y sont passées.
Je sais personnellement que 71 d'entre elles ont rechuté. Nombre des rechutes reviennent ensuite à
Narconon, où elles sont assujetties à un long cycle dégradant "d'éthique"
où elles font des tâches physiques afin de "réparer les torts" qu'elles auraient
causé à Narconon, et pouvoir rejoindre le groupe. Les rechutés ne sont pas seulement remis
au travail, mais on les force davantage encore à s'engager dans la secte scientologue, où on leur
fera un lavage de cerveau pour qu'elles deviennent "conseillers narconon". Les locaux ont une capacité
légale estimée par l'état de Californie à 32 personnes, mais atteignaient la cinquantaine
du fait des rechutés. Ils étaient donc surpeuplés et en violation des règles d'hygiène
et sécurité incendie. Les employés en arrivaient à décongeler la viande dans
des baignores servant à se laver.
Des chambres entières ne comprenaient rien d'autre que des lits côte à côte d'un bout
à l'autre, où s'entassaient les étudiants. Il y avait une supervision insuffisante du fait
du trop grand nombre d'étudiants. L'usage de drogue était sous-jacent, divers étudiants faisant
des trips en plein programme ou dans le voisinage, quand ils s'échappaient sans qu'on l'ait remarqué.
La sécurité et le bien-être des étudiants couraient des risques du fait que des employés
sans licenses ni assurances les emmenaient à des manifestations en voiture. Pour remédier au manque
de places, on plaçait des étudiants dans des appartements loués, où aucune supervision
ne pouvait s'exercer - deux de ces locaux étaient à des kilomètres du centre narconon. Les
autorités ignoraient ces locaux, qui n'avaient pas reçu d'agrément.
Nombre des diplômés des centres narconon du monde entier viennent ensuite travailler dans les locaux:
c'est dû au fait que les scientologues de niveau supérieur les convainquent qu'ils ne sont pas vraiment
capables d'affronter la vie au dehors, car ils risqueraient de rechuter. Leur seul espoir de sobriété
consisterait à travailler à narconon 6 jours par semaine à raison de 12 heures par jour, pratiquement
sans congés, sans voir leur famille, sans temps libre. Les "conseillers" narconon disent que narconon
leur a sauvé la vie, si bien qu'ils doivent maintenant "payer leur dette" en travaillant pour
narconon. On les paie 50 dollars par semaine au début, leur paie n'augmentant un peu qu'au fur et à
mesur des cours pris à l'organisation scientologue locale. Les "conseillers" ne reçoivent
aucun cours officiel en matière de premiers soins, de traîtement des abus de narcotiques, de médecine,
ou de psychologie. Leur seul soi-disant entraînement vient de la sciento; le fait est que tous les conseillers
de narconon étaient des diplômés récents.
Les drogués et leurs familles paient environ 22000 dollars, soit 165000 FF, pour passer à Narconon
après avoir été piégés par le mensonge - on leur dit qu'ils vont ainsi avoir
la vie sauve. Une bonne partie des 165000 F va tout droit à la scientologie pour payer les cours que les
employés narconon doivent y suivre Des milliers de dollars supplémentaires achètent des livres
de "ABLE" autre façade scientologique, elle-même payant pour l'usage des droits d'auteur...
possédés par la secte, puisque tous les livres et matériaux font partie des oeuvres hubbardiennes.
Les étudiants Narconon (c'est ainsi qu'ils appelent leurs patients) subissent des méthodes frauduleuses,
non-scientifiques, comme la procédure de purification, durant laquelle on les fait suer au sauna
des heures et des heures chaque jour, en leur assénant des doses dangereuses de vitamines, minéraux
et acide nicotinique (substance qui fait en quelque sorte se consumer les patients) [ndt: pour les effets de
la niacine, voir d'autres références du sous index médecine
illégale.]
Pendant que j'étais en place, il n'y a jamais eu de viste d'un médecin ou d'un personnel médical,
sauf une infirmière elle-même ancienne diplomée du programme qu'elle avait pris - car elle
s'était droguée avec des médicaments sur ordonnance. Cette infirmière rechuta trois
fois durant cette période. Elle fut loin d'être la seule à rechuter. Etudiants et employés
étaient régulièrement jetés à la porte en raison de rechutes, ou de conduite
sexuelle inappropriée entre staffs et étudiants, ou parce que les scientologues fanatiques les étiquetaient
comme "suppressifs", par exemple après qu'ils aient par exemple sauté une journée
de travail, qu'ils soient arrivés en retard, ou qu'ils aient mis en doute les théories imposées
par la secte.
Quand j'y étais, je m'occupais de relations publiques: recrutement de nouveaux étudiants, relations
extérieures. Mes chefs me disaient de mentir à tous ceux qui appelaient pour se renseigner, que ce
soit pour eux ou leurs proches dans le besoin, etc.
On mentait sur la prise en charge par les assurances. On leur disait que leur assurance couvrait ces frais Narconon,
alors qu'aucune n'avait jamais, jamais accepté d'en couvrir un centime, étant donné que ces
compagnies avaient des médecins capables de reconnaître narconon pour ce que c'est: une escroquerie.
Aussi, des naïfs avançaient des milliers de dollars, sûrs que leur compagnie les rembourserait
ensuite. Ils ne le recevaient jamais, mais narconon et la scientologie avaient déjà les sous... On
mentait au sujet des réussites, prétendant 70 à 80 % sur des décennies, d'après
des études effectuées par d'obscures société de recherche européennes. En fait,
on n'avait aucune étude conduite par des organismes, il n'en a jamais existé. Mais selon moi, notre
taux de rechute dépassait les 90 % de ceux qui avaient pris le programme..
On entendait sans cesse parler de diplômés ayant rechuté : les familles nous rappelaient
quelques jours après qu'ils aient quitté, horrifiées que le toxico soit retombé si
vite. Je me souviens personnellement des noms de six membres du staff qui ont rechuté dans les jours ayant
suivi leur retour chez eux. La plupart des étudiants rentrant chez eux directement après le programme
rechutaient aussi.
Ces malheureux ne représentent pas seulement des "statistiques", pour moi. Je peux reciter les
noms de toutes les victimes qui sont arrivées, désespérées, appelant à l'aide,
mais dont on a profité, qu'on a manipulées et abusées.
Narconon se vante de ses succès, mais le staff lui-même sait qu'il ment. Sur le mode typiquement scientologue,
ils nient cependant les évidences, et tentent de se faire avaler à eux-mêmes leurs mensonges,
pour faire passer leurs intentions, qui consistent avant tout à recruter et faire grimper la production
de la secte, en tirant profit des toxicomanes et de leurs familles et en les trompant.
Les centres narconon se repassent entre eux les étudiants-devenus-staffs puis ayant rechuté,
justement parce qu'ils avaient rechuté. Narconon sud Californie envoie ainsi son "directeur d'éthique"
[chef de la discipline, ndt] chez Narconon nord Californie, après qu'il ait rechuté. La chèfe
superviseure de Narconon Chilocco (c'est à dire, celui qui fait les programmes de tous les patients
narconon) rechute, et on la renvoie sur Narconon sud Californie, pour qu'elle y refasse son programme...
Le patron des entrées de narconon Nord Californie ayant eu des relations sexuelles avec une jeunette
étudiante (le centre Nord Cal. est le seul à avoir le droit d'accepter les ados), on l'envoie à
Narconon sud Californie refaire son programme. Ces employés, supposés les plus avancés du
lot, les plus accomplis et les plus entraînés, n'étaient pas encore fichus de rester sobres!
Mais, du fait de leur attachement aveugle envers la sciento, on les envoyait ailleurs après une rechute
(ce qui leur permettait d'éviter l'embarras d'être en face de ceux qu'ils guidaient, lesquels ignoraient
ces combines...). Une fois réentraînés en vitesse, on les envoyait se faire embaucher dans
un autre centre narconon.
Narconon n'est qu'une entreprise criminelle. Ca me rend malade de voir que j'ai été responsable
d'amener à Narconon des gens décents, désireux d'être aidés dans des circonstances
particulièrement dramatiques - narconon, une organisation dont le seul but était d'escroquer, manipuler
et laver le cerveau de ces toxicomanes, pour leur faire avaler les méthodes folles de Hubbard et de la scientologie.
Lorsque j'ai quitté Narconon après une dispute avec mes chefs du fait que j'étais de plus
en plus consciente de la conspiration criminelle qu'est narconon, ces gens m'ont menacé(e?); ils ont laissé
des messages de menaces sur mon répondeur. Malgré ça, malgré les souffrances que peut
infliger la scientologie envers ceux qu'elle prétend être des ennemis, en particulier des gens comme
moi qui connaissent leurs enseignements, il fallait que je poste ce message et que je partage mes expériences,
même si je ne réussis qu'à empècher une seule personne d'y aller voir, ce sera déjà
çà.