LE SECTICIDE
L'ANTI - SCIENTOLOGIE antisectes.net

COLLOQUE EUROPEEN CONTRE LES SECTES

Quelques uns des textes

European Meeting against cults: some of the lectures or texts

(apart from those texts, see also those on the european meeting: 1 - 2 - 3 - 4 - 5)

français: Buts de la Fecris -

Libertés fondamentales et sectarisme, Prof. Lugosi, Budapest -

Max Bouderlique, définition de secte

english: Opening lecture resume (Alain Vivien, President MILS) -

FECRIS'purposes -

Mobs, Cults, Organized Crimes (Gregory Mikrut, criminologist, Pologne)


European Conference on Sectarianism
Paris, Assemblée Nationale : April 23 & 24, 1999

Summary of Speech by Alain VIVIEN
President of the
"Mission interminisérielle de lutte contre les sectes"
Former Minister


France has been working on the ways and manners to learn about, prevent and fight the effects of sectarianism for about 15 years. With the recent creation of the "Mission interministérielle de lutte contre les sectes" (Interministerial mission against cults), our country displays a strong political intention.

It is important to define "cults" in France, as associations with a totalitarian ideology and a dangerous behaviour as regards essential public freedoms and social stability.

Under French law, there exist a number of legal means to undertake action, among which -for instance- the law on associations, the principle of separation between Church and the Government, various tax provisions and rules against international transfers and tax evasion. Our religions comply with these rules, while international cults refuse to.

It is quite essential and urgent to develop at the European level a common thinking on these issues. There is indeed a need to awaken people awareness as well as to develop solidarity between our governments. This meeting comes therefore as a starting point for developing an international approach to what must be regarded as a major issue.

The French Mission is concerned with the work carried out by certain intergovernmental bodies (the European Parliament, the Council of Europe, the OSCE) where cults are attempting to influence national delegations.

Protecting freedom for human beings is a challenge, Freedom of thought, freedom of belief and freedom of expression are part of our struggle.

Your action is essential to reach these goals.

Therefore; I'm wishing the largest success for your work and the conclusions which shall result of these two meeting days.



Fédération Européenne des Centres de Recherche et d"infonnation sur le Sectarisme

European Federation of Centers for Research and Information on Cultism


Association selon la loi du ler juillet 1901
Compte : Crédit du Nord . 50 Bd de Longchamp , 13001 Marseille , n ° 143 29000 200

c° ADFI Tél. : (1) 47.97.96.08

10 rue du Père Julien Dhuit Fax: (1) 47.97.01.73
75020 PARIS

La F.E.C.R.I.S. EST UNE FEDERATION DE QUINZE ASSOCIATIONS EUROPEENNES ANGLAISES, ALLEMANDES, AUTRICHIENNE, BELGE, ESPAGNOLE, FRANCAISES, POLONAISE, SUEDOISE, SUISSES.

CES ASSOCIATIONS ONT TOUTES POUR OBJET: - LE SOUTIEN AUX VICTIMES DE SECTES ET A LEURS PROCHES, - LA LUTTE CONTRE LES DERIVES SECTAIRES EN GENERAL, C'EST A DIRE A TOUTES LES PRATIQUES QUI PORTENT ATTEINTE A LA LIBERTE DES PERSONNES ET A LEUR DIGNITE.

La FECRIS EST NEUTRE POLITIQUEMENT ET RELIGIEUSEMENT

SON CARACTERE INTERNATIONAL FACILITE LE RECOUPEMENT DE L'INFORMATION MUTUELLE, QUI CIRCULE DANS UN BULLETIN STRICTEMENT INTERNE.

La FECRIS A AUSSI POUR BUT LA PRISE DE POSITION DANS LES DEBATS DE
SOCIETE, QUI CONCERNENT LES DERIVES SECTAIRES, ET NOTAMMENT VIS
AVIS DES POUVOIRS PUBLICS NATIONAUX, ET DES INSTITUTIONS
EUROPEENNES.

LA FECRIS A ETE INVITEE A S'EXPRIMER DEVANT DES COMMISSIONS PARLEMENTAIRES DE PLUSIEURS PAYS EUROPEENS.

ELLE S'EXPRIME AUSSI DANS LA- PRESSE GRACE AUX CONTACTS FREQUENTS AVEC DES JOURNALISTES.

RESSOURCES: DEPUIS SA FONDATION A PARIS EN JUIN 1994 (suite à trois congrès internationaux) , la FECRIS N'A EU COMME RESSOURCES QUE LES COTISATIONS DE SES MEMBRES.


Fédération Européenne des Centres de Recherche et d'information sur le Sectarisme
European Federation of Centers for Research and Information on Cultism


Association selon la loi du 1er juillet 1901
Compte : Crédit du Nord , 50 Bd de Longchamp, 13001 Marseille, n° 143 29000 200

C/o ADFI Tél. : (1) 47.97.96.08
10 rue du Père Julien Dhuit Fax: (1) 47.97.01.73

FECRIS IS A FEDERATION OF 15 EUROPEAN ASSOCIATIONS FROM: AUSTRIA,-BELGIUM, FRANCE, GERMANY, GREAT BRITAIN, POLAND, SPAIN, SWEDEN and SWITZERLAND.

THE PURPOSE OF THE FEDERATION ARE:
- TO HELP VICTIMS OF CULTS AND THEIR RELATIVES,
- TO RESIST TO CULTIC DRIFTS, AND TO EVERY
PRACTICE POSSIBLY HURTING THE FREEDOM OR DIGNITY OF INDIVIDUALS.

FECRIS IS POLITICALLY NEUTRAL, AS WELL AS REGARDING RELIGION.

ITS INTERNATIONAL CHARACTER MAKES EASIER THE CROSS CHEKING OF
MUTUAL INFORMATIONS, THAT ARE SPREAD IN ITS STRICTLY INTERNAL
BULLETIN.

FECRIS ALSO AIMS TO TAKE UP POSITIONS IN THE DEBATES OF OUR SOCIETIES REGARDING THE SECTARIAN DRIFTS, ESPECIALLY IN RELATION TO THE NATIONAL AUTHORITIES, AND TO THE EUROPEAN INSTITUTIONS.

FECRIS WAS INVITED TO SPEAK TO PARLEMENTARY COMMISSIONS IN SEVERAL COUNTRIES. IT ALSO EXPRESSES ITSELF IN MEDIAS THROUGH ITS FREQUENT CONTACTS WITH JOURNALISTS.

RESSOURCES : SINCE ITS FOUNDATION IN PARIS, JUNE 1994 (after three international congresses) FECRIS GETS ONLY ITS MEMBERS CONTRIBUTIONS.


Les libertés fondamentales et le sectarisme
par

Victor LUGOSI
Kossuth Klub, Budapest


Lorsque j'ai reçu, il y quelques mois, l'invitation honorable de M. AlainVivien d'être orateur à ce "Colloque européen sur le sectarisme" et de tenir un exposé sur les libertés fondamentales et sectarisme - cela en tant qu'unique représéntant parmi les orateurs, de la région de l'Europe du Centre-Est -, j'ai éprouvé le double sentiment de la satisfaction et de l'embarras. Satisfaction, parce que je suis sur l'avis qu'au coeur de ce phénomène social important que nous abordons dans les cadres de ce colloque, et qui suscite autant de débats aussi bien au niveau des conversations quotidiennes que parfois à la haute sphère de la diplomatie), cc sont en effet les libertés humaines ce sont en fait les droits de l'homme qui sont mis en cause, et qui méritent ainsi notre réfléxion commune. Mais je ressens l'embarras aussi, car n'étant pas pas juriste par formation - je suis historien -, je dois avoir certaine réserve de me prononcer sur une question de théorie juridique aussi complexe que les droits de l'homme et aussi "chaude" que celle des sectes religieuses.
Respectant le temps disponible - nécessairement limité - de mon intervention, je me propose de formuler mes idées en quelques thèses brièvement commentées que j'essaye d'exposer de manière plutôt explicite ou même simplifiée, pour mieux animer la discussion. Mes premières observations se rapportent aux conditions particulières de l'Europe du Centre et de l'Est où la problématique des sectes se pose: un terrain social suffisamment différent de celui de la partie plus heureuse - occidentale - du continent, pour que sa connaissance soit nécessaire à la compréhension des enjeux émis par le sectarisme dans notre région.
1. Le facteur à mentionner, c'est l'environnement constitutionnel spécial qui y entoure - entre autres - les polémiques sur les sectes. Les sytèmes démocratiques récents de ces pays - dix ans après les changements de régime politique, restent, au fait, plus ou moins "inachevés". Les institutions de l'état de droit sont fragiles, l'attitude et le comportement politique des protagonistes de la vie publique - d'un côté celui des citoyens, des partis et d'autres organisations politiques ou civiles, de l'autre celui des différentes instances de l'état même - sont encore instables. Si le fondement juridique de toute action contre le sectarisme est difficile dans les démocraties occidentales séculaires, il est d'autant plus délicat et souvent pénible d'agir en ce sens dans nos pays où même le respect des libertés les plus élémentaires ne s'avère toujours pas évident.

2. La deuxième spécificité de l'apparition et de la présence du phénomène des sectes en Europe centrale et orientale, c'est la "surpolitisation" du problème. L'entrée en scène de toutes sortes de religions, cultes et croyances. de type nouveau, après 1989-90 - a véritablement choqué les sociétés de l'ancien bloc soviétique. C'est que l'expérience positive collective des libertés fondamentales - comme celle de la libre réunion et de l'association, de parler et écrire librement etc. - allait en pair avec le traumalisme d'effets négatifs des abus au cours de la pratique de ces mêmes libertés. Les premiers parlements élus démocratiquement de la région - des pays idéologiquement plus ou moins fermés pendants 40 ou 70 ans - se sont montrés incapables de "gérer" le défis de la question des sectes, tout comme de tant et tant d'autres problème sociaux.

L'exemple dg la Hongrie et de la Russie - deux pays profondément différents de la région et selon leur taille et leur tradition cuturelle et religieuse montre bien le degré du désarroi.

En Hongrie,' les débats dans les médias autour du sectarisme provoqués d'abord simultanément par l'essor d'une communauté néo-pentecôtiste d'inspiration américaine et l'apparition d'une sectes chrétiennes d'origine régionale, austère, fondamentalisteste - se sont vite acheminés aux champs des luttes politiques, voire parlementaires, bien que les parties en polémique n'eurent pratiquement pas d'informations effectives concernant le sujet. Dès 1991-92, la question des sectes s'est polarisée du point de vue politique, en détournant et falsifiant les enjeux véritables du problème. D'un côté, la critique et la lutte contre les sectes est devenue, en quelque sorte, le terrain privilégié des forces politiques de la droite conservatrice et chrétienne au pouvoir, accusées, de l'autre côté, par l'opposition libérale d'avoir des visées désécularisantes. Ces dernières suivant leurs convictions libérales orthodoxes et doctrinaires, et au nom de la priorité de défendre les libertés de conscience à peine acquises - niaient purement ét simplement l'existence même de la question des sectes, et - après les éléctions législatives de 1994 qu'elles ont gagnées avec le Parti Socialiste ex-communiste - gelaient le sujet en refusant toute modification de la loi sur les confession.

La situation s'est compliquée par le fait aussi que les forces libérales en question constituaient, en effet, le noyau dur de l'opposition contestataire de l'époque communiste. Elles avaient ainsi des mérites indéniables dans la lutte pour les droits de l'homme et jouissaient d'une autorité morale évidente devant l'opinion publique.

3. Ne facilitait non plus la clairvoyance dans les débats relatif aux sectes le rôle ambivalent des grandes Églises historiques - notamment celui de l'Église catholique. Ces Églises qui s'étaient largement corrompues et intellectuellement fort affaiblies pendant les décennies du régime communiste, pour compenser leur faiblesse spirituelle et organisationnelle, cherchaient après 1989-90 renforcer leur positions sociales en sollicitant les faveurs et le soutien de l'état et en essayant d'écarter la concurrence que signifiait l'essor des nouveaux mouvements religieux. C'est pourquoi, l'environnement politico-social de l'apparition de ces derniers et ainsi celui des actions contre les phénomènes sectaires était - et reste de nos jours encore - alourdi par la poussée "revancharde" des grandes Églises, et souvent même des signes dangereux de volonté de désécularisation aussi.

L'exemple - ou les exemples - de la Russie sont encore plus spectaculaires - ou plutôt terrifiants. Ceux-ci étaient bien mélés et commentés par les médias à l'Ouest, à cause surtout du scandale le la secte japonaise AUM qui - durant la première moitié des années 90 - réussissait à s'infiltrer aux instances suprêmes de l'État russe. Le comportement de l'Église orthodoxe russe à propos du célèbre procès de Moscou de mai 1997 qui a opposé d'une part le directeur du Centre St Irénée de Lyon, Alexandre Dvorkin et le patriarcat orthodoxe de Moscou, d'autre part la "bande des quatre" des sectes (la Scientologie, l' ISKCON, l'Église mooniste et les Témoins de Jéhovah) -, de même que les luttes juridico-politiques acharnées autour de la nouvelle loi de conscience, démontre aussi l'ambigui té du rôle du clergé orthodoxe russc dans le domaine des nouveaux phénomènes religieux et le sectarisme. Et de pareils exemples pourraient être cités des autres pays de la région (Slovaquie, Croatie, Roumanie, Ukraine etc).

Tous ceux qui se consacrent donc à agir contre le sectarisme en Europe centrale et orientale, sont contraints de mener une lutte à deux fronts: dénoncer et dévoiler ensemble le comportement liberticidee des sectes et les visées désécularisantes des forces politico-ecclésiastiques conservatrices ou rétrogrades, et défendre à la fois les valeurs de la transformation démocratique de ces pays: la liberté de conscience et le droit de la libre association cultuelle. Mais - il faut avouer - déclarer, constater, c'est une chose, et agir ou faire quelque chose, c'est bien une autre...

4. D'après le topo réussi et fructueux du sociologue français d'origine slovaque, Karel Vasak, les droits de l'homme peuvent être " catalogués " en trois catégories distinctes. Celles-ci constituent trois générations des droits qui - respectivement - correspondent à trois époques historiques différentes de la formation de la société moderne au cours des deux siècles passés.

Suivant cela la première génération des libertés sont les droits acquis àl'époque des révolutions bourgeoises - et grâce à elles -, notamment par la révolution française et par la célèbre Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Ces droits sont, par définitim des droits individuels, c'est à dire des libertés qui doivent assurer, d'une part, l'autonomie personnelle de l'homme face au pouvoir public - interdire à l'État de s'ingérer dans la sphère intérieure de l'individu-citoyen, d'autre part, garantir le droit de participation de ce dernier dans la gestion de la Cité et son contrôle sur le pouvoir public.

La deuxième génération des droits de l'homme qui sont constitués par les droits économiques, sociaux et culturels, et sont historiquement l'aboutissement d'un long développement pavés de luttes sociales des sociétés européennes. Leur reconnaissance - en Europe d'abord dans la Constitution de la République de Weimar, ensuite de façon générale après la deuxième guerre mondiale - est due aux mouvements socialistes et au compromis historique du capital et du travail dont les bienfaits se sont montrés et épanouis dans l'État-Providence des démocraties européennes des années d'après-guerre..

A partir des années 1960 - l'époque de l'émancipation politique du Tiers-Monde -, il existe une troisième génération des droits de l'homme aussi, formulés et considérés - par Karel Vasak et par beaucoup d'autres théoriciens comme des droits de solidarité. Il s'agit des droits qui se posaient à propos des problèmes globaux comme le droit à la paix, à un environnement sain, au développenient économique., à l'assistance humanitaire (ou en fornulation négative: contre les inégalités économiquçes Nord-Sud), à l'autodétermination identitaire, ou plus récemment, le droit au patrimoine commun de l'humanité, patrimoine génétique, tradition culturelle, espace cosmique etc.

Les rapports de ces trois catégories des droits de l'homme sont doubles.

D'abord, ces droits constituent un ensemble inséparable dont les éléments - les attributions particulières - que ce soit des droits de première, de deuxième ou de troisième génération - se superposent mutuellement. Si nous prenons l'exemple du droit de vote - l'une des libertés politiques toute première il est assez évident que ce droit devient fictif et caduque, si l'homme ne possède pas le niveau d'instruction élémentaire, c'est à dire s'il ne bénificie pas du droit àl'éducation, l'un des droits fondamentaux de la deuxième génération des libertés. Mais on peut facilement réaliser que ce même droit éléctorall sera tout aussi incertain si le choix politique du citoyen est borné et systématiqucment déjoué par les effets manipulateurs de tel ou tel groupe de pression ayant une position dominante - politique nu économique -- dans la société.

Néanmoins l'unité des droits de l'homme ne contredit pas là au conflit éventuel et réel de ces mêmes droits. Pour qu'ils servent le mieux l'intérêt de l'individu et sa collectivité, les droits de l'homme - ou certains éléments de ces droits - peuvent et doivent être, le cas échéant, limités. Les droits sociaux - et tout le rôle re-distributeur de l'État - n'est, finalement autre chose que limitation de la liberté de propriété, considérée comme sacro-sainte par l'orthodoxie libérale ou néolibérale. Par analogie, la liberté de conscience théoriquement - pourrait avoir également ses limites si elle entre en contradiction avec une ou des autre(s) libertés).

De mon sens - et c'est la thèse essentielle de mon exposé -, l'action sociale contre les sectes devrait être basée juridiquement en l'insérant dans les droits collectifs de la troisième génération des droits de l'homme. Le droit des citoyens de se défendre individuellement ou collectivement contre les visées manipulatrices - politiques, commerciales ou religieuses - fait partie du droit à la libre information et la communication et de celui à l'auto-dentification culturelle qui sont toutes les deux des libertés du type de troisième génération.

Si les cadres juridiques des rapports du sectarisme et des libertés humaines restait enfermés dans le domaine des libertés individuelles - c'est à dire dans la catégorie des libertés de première génération des droits - on se laisserait prendre au piège d'où on ne peut guère sortir. C'est que les cas exceptés des atrocités physiques proprement dits - qu'il faut encore prouver convenablement dans chaque cas - l'individu adulte piégé par une secte - tout comme l'alcoolique ou le toxicomanie - ne peut pas être sauvé malgré lui. Si la dépendance de la personne est suffisamment profonde envers sa commununauté sectaire, personne n'a pratiquement le moyen légal d'en faire sortir. Mais tout comme dans le cas de la toxicomanie, le champ d'action du pouvoir public, c'est la prévention. Par ailleurs, si l'on restait dans la dimension des droits de première génération, nous priverions le problème de son contexte économique et social réel qui est le monde globalisé d'aujourd'hui, le "village global". L'une des caractéristiques du sectarisme, comme on le sait, c'est justement la supranationalité. La force des sectes les plus puissantes vient de leur implantation et organisation multinationale. La sauvegarde des libertés qui sont mises en enjeu par l'expansion des sectes relèvent ainsi à la compétence des organisations internationales, en Europe aux instances comme le Conseil de l'Europe ou le Parlement européen.


SECTES
Une définition est-elle possible ?

Sectes ?

Le mot *Secte" est piégé car il a pris dans le français courant un sens péjoratif qui n'existe pas notamment chez nos amis anglo-saxons, "Sect" est chez eux équivalent de "Cult", qui correspond à"Religion".

Etymologiquement "Secte" désigne simplement un groupe séparé d'une formation antécédente, généralement sous l'impulsion d'un réformateur.

Ce n'est certainement pas ce type de groupe qui est visé quand on parle actuellement en France de "Sectes".

Sectes dangereuses ?

Le rapport parlementaire de Mrs Gest et Guyard a essayé d'éclairer cette notion sous-jacente de dangerosité à l'aide d'un certain nombre de critères récurrents observés dans les pratiques de groupes que l'on peut alors qualifier de "dangereux".

Cette méthode présente deux inconvénients. Les critères ne sont pas individuellement spécifiques des groupes dits sectaires, seule la détection incontestable de plusieurs pourrait aboutir au classement d'un groupe comme "secte" (dangereuse). Si pragmatiquement la méthode peut, faute de mieux, se justifier, elle n'est pas satisfaisante pour l'esprit. La vraie question est: quelles sont les racines qui entrainent ces comportements délictueux ?

Une définition
Reprenons chaque mot
J'ai proposé dans mes derniers écrits sur cette question l'expression claire de:
Groupes sectaires totalitaires.

Groupe. Il est nécessaire qu'il y ait un groupe constitué stable, et non simplement de simples convergences d'idées.

Sectaire. Si le mot secte est ambigu, l'adjectif "sectaire" a une définition précisée par le dictionnaire "Le petit Robert", dont les articulations sont également bien ancrées dans l'esprit de chacun:

"(Groupes) animés d'un fanatisme exalté reposant sur des opinions étroites et rigides, et pratiquant une Intolérance agressive Il

Totalitaire. Là aussi, la définition du dictionnaire correspond parfaitement au sens communément attribué à l'adjectif.

"(Groupes) totalitaires en ce qu'il n'y est admis aucune opposition, et en ce que le pouvoir qui lu dirige n'admet aucun contrôle démocratique et tend à s'exercer jusque dans les sphères les plus intimes des adeptes*.

La conjonction de ces deux qualificatifs appliqués à une formation structurée en groupe nous donne les sources inéluctables de tous les comportements néfastes que l'on peut leur reprocher.


Les critères de la logique sectaire totalitaire

Le "fanatisme exalté reposant sur des opinions étroites et rigides" montre que les adeptes sont de fait rivés à des croyances en forme de certitudes non négociables ni même capables d'accepter ou d'accéder à une quelconque mise en question.

Ces "certitudes" sont évidemment définies et imposées par le seul pouvoir qui n'admet aucune opposition, ni aucun contrôle démocratique, et tend à s'exercer jusque dans les sphères les plus intimes des adeptes"

Ceci signifie que le pouvoir dirigeant, "gourou" ou magistère, prétend détenir seul la vérité universelle et parfaite qu'il est seul habilité à dispenser à ses adeptes sous l'orme d'un enseignement et de pratiques dont il décide seul des modalités.

Il ne peut donc y avoir aucune mise en question par l'adepte de ce qu'on lui enseigne, ni aucune mise à distance. Il est obligé à l'immédiateté, ou si l'on préfère, à refuser toute distance et toute médiation. Il ne peut et ne doit que se conformer au modèle unique de pensée et de comportement défini par le pouvoir. Un seul objectif admis, le seul critère, est celui de la similitude. Aucune différence ne peut être tolérée car un tel système ne peut lui donner sens.

Un tel groupe ne peut donc connaître que des semblables (ou des novices en voie de le devenir), et des étrangers ("ceux du dehors"). Les étrangers ne peuvent être que l'objet d'un prosélytisme exacerbé voulant les transformer en adeptes semblables, ou, en cas d'opposition, ils ne peuvent être considérés que comme des ennemis à détruire.

Le fait d'être étranger les met de toutes façons hors des lois du groupe, tout comme le groupe ne peut reconnaftre et encore moins se soumettre à des lois étrangères aux siennes propres.

Intérêt des critères de base

Simples, ils éclairent les pratiques et les textes de groupes inconnus et permettent d'en tirer soi-même son propre jugement avec ses conséquences de réserve et de prudence.

Cette possibilité de regard personnel a un intérêt préventif évident, et il évite l'ambigüité de s'en remettre à de jugements extérieurs, éventuellement tardifs, dont les groupes effectivement sectaires auront beau jeu de dénoncer l'arbitraire.

Enfin, ils peuvent constituer un terrain d'entente solide pour l'élaboration de critères juridiques.

Les conséquences pratiques

L'adoption de "réponses* en forme de certitudes est extrêmement gratifiante, spécialement si l'on traverse une crise où dominaient les incertitudes et l'angoisse : celles-ci disparaissent immédiatement pour faire place à une euphorie inespérée. La conclusion du néophyte est donc : "ça marche, je l'ai expérimenté. L'absence de nécessité de se poser des questions et de faire une recherche personnelle (puisqu'il n'y a plus qu'à apprendre docilement les vérités universelles détenues par l'autorité) va dans le même sens démobilisateur et anesthésiant de la conscience.

L'adepte s'eu remet de lui-même à l'autorité, et Il en est parfaitement heureux. Ses anciens problèmes et ses interrogations douloureuses sont effacés par cette démission quasi onirique.

L'adepte ne peut ensuite plus sortir des certitudes qui sont devenues les siennes sous peine, croit-il, d'être rejeté dans l'enfer étranger dont on lui a instillé la terreur.
C'est pour se préserver de ce risque qu'il préfère dénier toutes les servitudes du groupe, ou en rejeter, comme on le lui a appris, la responsabilité sur des boucs émissaires et renoncer à prendre connaissance de tout ce qui présenterait le moindre risque de le conduire à se poser des questions.

Les ruptures de filiation

Les groupes sectaires totalitaires ne peuvent accepter d'autre appartenance que la leur. Pour cette raison, tous mettent en place des systèmes de ruptures des filiations, familiales, nationales, culturelles, religieuses, sociales, linguistiques. Pour ne donner qu'un exemple, la pratique d'une "langue de bois" artificielle et propre à chaque groupe est une constante, et elle est facile à observer.

Les ruptures familiales font rejeter la famille non adhérente au groupe, y compris le conjoint. Les projets de carrières professionnelles sont bouleversés. Les responsabilités sociales sont abandonnées. Les traditions religieuses sont dévalorisées. L'appartenance nationale est effacée au profit des ambitions politiques internationales du gourou.

Les procédés de manipulation

Les très nombreux procédés utilisés ont tous en commun d'organiser la régression psychologique de l'adepte par le recours exclusif à l'immédiateté et à la recherche de similitude. ,

Manipuler, c'est utiliser à son profil l'immédiateté et la similitude pour y enfermer une personne el la diriger à sa convenance

La similitude :

- Faire croire à l'autre qu'on est identique à lui, qu'on a les mêmes intérêts, les mêmes idéaux

- Faire croire qu'on le reconnaît et qu'on l'approuve pour ce qu'il voudrait être
- Substituer la simplicité des images partielles à la complexité de la réalité
- Remplacer la réalité par des images artificielles qui lui font écran

L'immédiateté :

-Enfermer l'autre dans l'immédiateté pour rendre impossible toute prise de distance, et donc tout questionnement

L'immédiateté concerne
- L'espace promiscuité dans le groupe
- Le temps urgence permanente, répétition du même (lectures, chants, prières,-)
- L'espace-temps = sur-occupation réelle ou artificielle

Il en résulte une immersion dans le groupe et une dilution de la personnalité de l'adepte entretenue par des manoeuvres hypnotiques, des régimes carencés, le manque de sommeil, l'excès d'occupation.

La logique employée utilise exclusivement:
Les amalgames justifiés par des similitudes ponctuelles

Les identifications (projection et introjection) pour répartir le monde en absolument "bien" (le groupe et son chef), et absolument mauvais (lextérieur)

La pratique du bouc émissaire (rejet de tout ce qui va mai sur l'extérieur ou les "traîtres")
L'utilisation du déni pour faire disparaître toutes les objections et les faits gênants.

Il s'ensuit:

- L'enfermement dans une sorte de citadelle peuplée uniquement de semblables (achevés ou en formation), assiégée par des étrangers-ennemis, qui résulte de l'absence de possibilité d'acceptation des différences des autres, non conformes.

- L'obligation de prosélytisme qui démontre la véracité des croyances par les conversions obtenues et la malignité des "ennemis" par leur résistance.

La logique de la religion, de la science, de la philosophie

Le terme "Religion" est aussi piégé que celui de "Secte'. Rappelons la définition du sens de religion, qui est bien au-delà d'Eglise, de "confession*, voire de "croyance".

"Religion" a une double racine latine, religare, (se) relier à (un au-delà de soi-même), et relègere, recueillir, et au fond, accueillir ce dont notre nature humaine nous rend passibles.

La religion est donc, au véritable sens du terme, une recherche vers un en-deça et un au-delà de soi, tout comme d'ailleurs les sciences et la philosophie.

Cette recherche s'appuie sur une foi.

"Foi" a le sens de fidélité (à la démarche entreprise), de confiance (en la possibilité d'approcher ce qui est visé), et enfin de sincérité (on dit "être de bonne foi, de mauvaise foi").

Ce dernier point implique la nécessité d'une mise en question permanente de ses sources, de soi-même, et aussi l'évaluation des limites de sa propre compréhension.

La bonne gestion du doute impose l'acceptation de la confrontation avec des contradicteurs et la vérification de ses propres dires. Elle requiert aussi la publication au grand jour de toutes les sources et références utilisées.

Les dérives sectaires ou totalitaires

Il serait trop simple de faire des classements par tout ou rien. Toute organisation humaine, tout pouvoir a ses tentations sectaires et totalitaires. Les reconnaître, même dans les organisations par ailleurs les plus respectables, et lutter contre, est un devoir pour chacun. Ce n'est pas pour autant une raison pour radicaliser des jugements trop entiers, pas plus que ces dérives n'excusent ou minimisent la responsabilité néfaste des groupes dont l'organisation sectaire et totalitaire est l'essence même. A chacun de voir en citoyen responsable.

Max Bouderlique

Bibliographie de l'auteur.

Chez Chronique Sociale, 7, rue du Plat, 69002 LYON:

"Sectes" les manipulations mentales, 'Comprendre l'action du Sectes% 'Les groupes sectaires totalitaires".


Mob, cults, organized crime-

The aim of my research on the phenomena of sects (translator's note: the word cult is better used in english to design coercive groups) is to show close relationship and similarities between crime generating sects and organised crime or a mob.

The research is run in the Institute of Criminalistics, Law Department, Jagiellonian University under supervision of Professor Tadeusz Hanausek.

A crime generating sect, is a group of people having the same system of values usually formed by the group itself. What keeps them united are permanent and temporary cult and pseudocult rituals. The aim and realization of the group activity are against laws and social values and are not approved of by the state.
It is crucial to define what organised crime means. In an informal usage, this term is often confused with a mob. It is particularly visible in media. They tend to call, for no reason, all kind of crime - mob formations. Undoubtedly, both mob formations and organized crime have much common. However, the term "mob" should refer only to group which apart from typically criminal and socio-psychological qualities, possesses close, most often family or quasi family relationship. The structure of a mob characterizes a firm hierarchy. Sometimes it is supported by some political and social circles. A mob is well organised. Absolute secrecy originates from an ancient rule of silence. When the rules are not obeyed, the mob demonstrates exceptional cruelty, using most bestial methods.
As far as organized crime is concerned, there are at least two members aware of mutual cooperation; however it doesn't mean that awareness accompanies them all the time and their activities,

Organized group means:

it has informal rules to select its members,
it is based on positive co-operation and sometimes the rules of hierarchy, subordination and discipline,
it has a certain fluent changing range of competence of particular members and groups
(role division),
it states aims and directions of their activities and prepares their algorithm,
it works out some defence system.Organised crime is directed to committing crime which isn't always carried out by each member. It's also focused on making and gaining certain profits.

Bearing the above descriptions in mind, we can come to some unexpected conclusions.

If the activity of crime generating sects isn't approved of by the state and is against the law or social rules, should it be regarded as organized crime? They are formed on the basic of a close relationship between their members. The sects possesses also all characteristics of a social group. Their members must obey rules within the group along with a severe system of punishment. They follow an exact hierarchical structure. If the sect is focused on committing crimes, it often has something to do with its cult. Ritual killing, rape, desecrating of a body, maltreating animals which are used as a sacrifice. However, that cult hasn't necessarily to be linked to any religions, it can concern other values, either worldly or spiritual ones.

Can relationship within the group be of mob character?

Members of crimes generating sects are not usually linked to one another by family ties. However, so called `brotherhood of blood" occurs most (Iften. it's a rite consisting in physical blood mixing among the group members. Inoculated ideology is many a time supported by applying techniques of unethical psycho-manipulation. It leads to personality changes. For that reason, members of sects are frequently more united than of any family. Strict discipline with its ruthless system of punishment doesn't differ a lot from medieval tortures.

Fighting organized crime, mob-like groups and crime generating sects.

Any type of activity led by those group is undisclosed to the public. Certain methods are applied to intimidate sects members. For that reason, it is extremely difficult to fight those phenomena. One of the most efficient ways to work out such organized crime groups and mobs is group infiltration. This method, no doubt, works with so called usual normal organized crime. But can it be applied to crime generating sects? Does it work with sects which use techniques of thought control, intensive programming or any other unethical psycho-manipulations.

Is it possible to penetrate such a group without yielding to it? That question can be answered by experts in techniques of psychological mutual influence within a sect.

The results of research depicted above allow us to recognise crime generating sects as organised crime. They possess additionally even more dangerous features than a mob as far as relationships within the group are concerned. Current research aim at describing and working out efficient identification, detection, evidential and prevention methods concerning criminal activity of crime generating sects.
Because of the nature of techniques used in sects the research must be run together with such specialists. like lawyers, criminalastics, psychologists, psychiatrists and psycho-pathologists.
The Institute of Criminalistics at Sagiellonian is preparing the expert's report on present threats by crime
generating sects in Poland at the request of Polish Parliament. Also the police turns to the institute to get its
opinion on particular crimes committed by members of sects.
It is known that the threat of sects doesn't only concern separate countries. There are many groups of an international character like satanic ones which despite of differences in doctrine, rites or organisation, lead common policy. Numerous examples of co-operation between various fomations based on the same subjects of cult or crime generating sects can be depicted as well as relationship with international crime
groups not having a character of a cult.
That's why activity undertaken against crime generating sects should be preceded by deep and thorough research and run internationally by social centres or research institutions especially the ones responsible for security in particular countries.

Gregory Mikrut
Instiitute of Criminalistics
Law Department
Jagiellonian University

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