L'histoire de Philip Gale est édifiante, à plus d'un titre : à 19 ans, il
était un brillant étudiant de deuxième année au MIT Massachussets Institute of Technology,
une des meilleures universités américaines. Il avait, à 17 ans, gagné déjà
par son propre travail une fortune proche du million de dollars. Or, il s'est défenestré, le 15 mai
1998, depuis une salle de cours située au quinzième étage. Il avait tracé au tableau
l'équation physique traduisant la chute d'un corps de cette hauteur.
Philip Gale, scientologue de la quatrième génération, était de ces rares enfants nés
scientologues, qui furent capables malgré tout de poursuivre des études universitaires.
Sa mère, Mary Gale, OT8, occupe une position en flèche dans la lutte contre le
Prozac et la psychiatrie. Son père est mort brutalement d'un infarctus en 1996. Philip a connu, toute son
existence, les diktats scientologiques, jusqu'à ce qu'il décide de rompre… Fait symbolique, ou provocation,
il avait annoncé publiquement sa décision de quitter la secte, le 13 mars 1998, jour anniversaire
de la naissance du gourou, donc très fété chez les scientologues.
Un journal estudiantin, The Thistle, résume ce qui fut toujours son dilemme : "Philip
Gale se trouvait en tenaille, terriblement seul, entre deux mondes inconciliables." Un de ses amis remarquait
que Philip avait pu mesurer ce qu'était la scientologie, voir ses conséquences, qu'il ne comprenait
pas pourquoi les autres n'étaient pas capables des mêmes constatations ; il ajoutait qu'il ignorait
quelles traces elle avait laissées en lui.
Mary Gale, en conflit avec le forum internet ARS , prétendit que c'étaient les attaques du Bostonian
News, qui avaient déterminé le geste fatal de son fils. Un médecin expert, consulté
au sujet d'une attaque - concertée avec la secte - qu'elle avait lancée contre le Prozac, fit observer
qu'elle ignorait tout des désordres psychologiques majeurs. La mort de son fils ne le lui a pas ouvert les
yeux. Un tel aveuglement me paraît proprement monstrueux de la part d'une mère au lendemain du suicide
de son fils.
Peut-on d'ailleurs parler de mère, alors qu'au lieu de pleurer son fils, de chercher ses propres responsabilités,
elle tira profit de l'occasion pour s'en prendre une fois de plus aux ennemis de la secte, qu'elle accusa de cette
perte ? Elle qui se croyait d'un niveau spirituel si élevé, comment n'a-t-elle pas seulement remarqué
l'état suicidaire de Philip ? Quelle sorte d'aptitude supérieure à la communication et aux
problèmes humains peut-on reconnaître à une scientologue de très haut niveau (OT8),
occupant des fonctions officielles au sein de leurs services secrets, alors qu'elle fut incapable de seulement
parler avec son fils, de déceler la terrible misère morale où il se consumait ? Les ennemis
de la secte, quand ils ont appris la tragédie, ont certainement déploré la perte de ce jeune
homme, plus que sa propre mère. La scientologie endurcit jusqu'à déshumaniser.
Je n'exagère pas: si l'on pleure parfois - et même souvent en scientologie, c'est
plus souvent en raison des actions des scientologues que parce qu'un chagrin réel vous a miné - perdre
un être cher est bein souvent reçu par le scientologue endurci de la façon suivante "Il
a quitté le corps".
L'église de scientologie farfouille sur le Reporter du Herald.
L'enquète ressemble à du harrassement
De Jim MacLaughlin & Andrew Gully
Boston Herald
Date of Publication:19 mars 1998
Piquée au vif par une série de 5 articles démontrant ses pratiques, parus
dans le Boston Herald, l'église loue les services d'un détective pour fouiller la vie privée
du reporter du journal.
Le Réverend Heber Jentzsch, président de l'église de scientologie internationale,
a confirmé le fait que le cabinet d'avocats de la scientologie à Los Angeles avait loué les
services d'un détective pour fouiller le passé du reporter Joseph Malila, auteur de la série.
"Cette enquète devra découvrir ce qui pousse cet article", a dit Jentzsch.
Andrew F. Costello Junior, éditeur du Herald, a dit: "Ce qui nous guide dans notre
choix n'est que l'intérêt du public, rien de plus ni de moins."
L'enquèteur Steve Long de Vision Investigative Services à Rohnert Park, Californie,
a contacté l'ex-épouse de Malila à Berkeley le 3 mars.
Son ex-femme, dont nous tairons le nom par discrétion, a dit que Long lui avait demandé des renseignements
à charge.
Voici ce qu'elle dit avoir entendu: "Y aurait-il une histoire d'épouse trompée?".
Elle a refusé de lui fournir des informations sur les circonstances du divorce, vieux
de plus de quinze ans.
La scientologie est l'unique organisation religieuse des USA à utiliser des enquèteurs
privés pour fouiller dans le passé de reporters, ont dit plusieurs universitaires.
La question n'est pas "Est-ce qu'ils enquètent?", disait le Révérend
Robert W. Thornburg, doyen de la Chapelle Marsh à l'université de Boston et expert reconnu du domaine
des pratiques religieuses destructives, mais "Est-ce qu'ils harrassent?". La Scientologie tient manifestement
le haut du pavé dans ce domaine.
"Je ne connais personne d'autre qui aille jusqu'à user d'enquèteurs externes
pour harrasser ou recueillir des données susceptibles de faire peur aux critiques, disait-il: la scientologie
est seule à pratiquer ça."
Le Rd Richard L. Dowhower, ministre luthérien et conseiller sur les activités sectaires
à l'université du Maryland, dit de son côté: "Je m'occupe de surveillance des sectes
depuis les années 70 et ne connais aucun autre groupe qui cible ainsi les journalistes, hormis la scientologie."
Hal Reynolds, responsable des affaires estudiantines et directeur du centre d'éducation
sur les sectes de l'université de Californie à Berkeley, indique également que la scientologie
surveille les journalistes.
"J'ai des données depuis plus de dix ans, la scientologie est la seule à pratiquer
ça", nous a-t'il confié.
La série d'articles parue du 1er au 5 mars 99 décrivait comment la scientologie
avait recruté un étudiant du MIT, l'avait persuadé d'abndonner ses études, de signer
un contrat d'emploi d'un milliard d'années en faveur de l'église, et lui avait fait emprunter de
l'argent pour payer des cours scientologiques.
Elle décrivait aussi comment des groupes liés à la scientologie, "Narconon"
et la "Croisade mondiale contre l'illetrisme", se servaient de la lutte contre la drogue et l'illetrisme
pour infiltrer les écoles publiques, sans signaler leur appartenance scientologique.
Earl Cooley, avocat scientologue de Boston, a défendu récemment les initiatives
régulières de l'église vis à vis des enquètes sur les journalistes.
"J'ignore où il est dit qu'on ne peut pas enquèter sur les enquèteurs,"
annonça-t'il lors d'un débat sur WBGH, voici quelques jours.
Cooley a écrit n'avoir pas pris part à l'embauche de détectives pour fouiller la vie de Malila.
Dautres exemples dont la scientologie s'y est prise avec des journalistes:
Nov 97: un détective scientologue obtient les factures téléphoniques privées d'un reporter
de la BBC afin de faire une "enquète bruyante sur lui" en répandant des accusations criminelles
imaginaires sur son compte. 'Daily telegraph)
1990-91, New York: la scientologie embauche plus de dix avocats et six détectives pour "menacer, harrasser
et discréditer" Richard Behar, rédateur au Time Magazine, qui avait sorti un artcile intitulé
"Scientologie, secte avide de pouvoir et d'argent".
1988: Un reporter du St Petersburg Times qui avait écrit au sujet de la secte signale qu'on a obtenu ses
relevés en banque sans son accord, que sa femme a fait l'objet de coups de téléphone obscènes,
et qu'un détective l'a suivi.
1983: des repentis de la scientologie avouent avoir volé des documents chez les avocats du Boston Globe
(Bingham, Dana & Gould) fin 74, afin de savoir ce que dirait un article prévu dans le Globe.
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