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Ouest-France 24 au 25.03.01
Lors des premiers Etats généraux de la psychologie
Quel est le statut du psycho-thérapeute? Comment est-il fomé? A quelles règles déontologiques
obéit-il? Ces questions sont au centre des premiers États généraux de la psychologie
qui se déroulent à Paris depuis hier. Parmi les intervenants, François Sauvagnat, professeur
de psycho-pathologle à l'université de Rennes 2.
Interview
La psychothérapie est-elle une pratique courante en France?
Les Français ont surtout recours aux médicaments pour remédier à leurs difficultés
psychiques, alors que des entretiens psychothérapiques seraient souvent plus indiqués. Ils pourraient
être encore développés. On pourrait faire la même observation pour les personnes traumatisées,
voire certaines maladies dans lesquelles les facteurs psychologiques sont importants.
Faut-il un statut de psychothérapeute, séparé du statut de médecin ou de psychologue?
Il est indispensable d'avoir une formation de base solide avant de se "lancer". On ne peut pas confier
des personnes présentant des troubles psychiques à n'importe qui.
Un premier projet de loi a été proposé sous la pression des "purs psychothérapeutes",
souvent sans formation universitaire, et dont les pratiques sont parfois curieuses. Nous avons tiré la sonnette
d'alarme plusieurs fois. En réaction, un autre projet a été conçu sous la pression
de psychologues dûment diplômés. Il propose de restreindre la pratique des psychothérapies
à des gens dont la formation est incontestable (psychologues cliniciens ou psychiatres), ou d'imposer des
formations de base solides. Au final, il semble que le ministère de la Santé soit plutôt favorable
à un simple décret imposant une formation universitaire incontestable pour pouvoir se présenter
comme psychothérapeute.
La psychothérapie doit-elle être remboursée?
Il n'en a guère été question en France eu égard aux restrictions budgétaires.
Ce non-remboursement est d'ailleurs la règle dans la plupart des pays européens. Dans d'autres, le
remboursement est de l'ordre de celui pratiqué pour les kinésithérapeutes, c'est-à-dire
très peu. Dans d'autres pays enfin, c'est comparable à une consultation psychiatrique, soit 250F
environ.
Y a-t-il un consensus autour de la déontologie?
Il existe des critères éthiques qui font référence aux codes de déontologie
des médecins ou des psychologues. Mais, on trouve des pays qui ont des traditions souvent beaucoup plus
"commerciales", en particulier avec les "nouvelles thérapies". Il y a une tendance à
faire "breveter" des pratiques, certes respectables, mais dont le caractère thérapeutique
n'est pas essen-tiel. Un psychologue anglais m'expliquait récemment qu'il faisait écrire leurs biographies
à certains de ses patients et qu'il tentait de faire rembourser cette activité. Un autre pensait
faire de même avec la marche à pied...
On parle beaucoup de thérapies rapides, comportementales par exemple, qui marcheraient mieux que la longue
psychanalyse. Qu'en pensez-vous?
Historiquement, la psychanalyse a influencé la plupart des formes de psychothérapie, et c'est incontestablement
le type de traitement le plus sérieux, dans la mesure où il se règle sur ce qui est le plus
particulier au patient. Le fait que les traitements aient une certaine durée serait d'ailleurs plutôt
une garantie. Toutes les études récentes le montrent. En fait, on constate que les traitements courts
sont souvent répétés, les symptômes disparaissant un certain temps, puis réapparaissant
plus tard.
Recueilli par Gilles KERDREUX
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