Comité Français des Scientologues contre la Discrimination C.F.S.D
Association Loi de 1901 fondée en 1985
Siége social et correspondance : c/o D. Jacquier. 8, rue de Lyon 75012 Paris
LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE
Paris, le 15 décembre 1998
Monsieur le Premier Ministre,
Au moment où la France vient de célébrer le cinquantième anniversaire de la déclaration
universelle des droits de l' homme qui stipule dans son article 18: " Toute personne a droit à la liberté
de pensée, de conscience et de religion ", nous venons d'assister à une nouvelle mesure discriminatoire
en parfaite violation de cet article.
Un ingénieur d'EDF dont les états de service étaient irréprochables a été
brutalement muté par la direction du seul fait de son appartenance à l' Eglise de Scientologie.
Il est necéssaire encore une fois de rappeler que le caractère religieux de la Scientologie a été
affirmé par plus de 70 tribunaux dans le monde entier et que la cour d'appel de Lyon a jugé "
Attendu qu'il est vain, dès lors, de s'interroger sur le point de savoir si l'Eglise de scientologie constitue
une secte ou une religion, la liberté de croyance étant absolue ; que dans la mesure où une
religion peut se définir par la coïncidence de deux éléments, un élément
objectif, l'existence d' une communauté, même réduite, et un élément subjectif,
une foi commune, l'Eglise de scientologie peut revendiquer le titre de religion et développer en toute liberté,
dans le cadre des lois existantes, ses activités, y compris ses activités missionnaires, voire de
prosélytisme (...).".
A l'instigation des associations qui luttent contre les nouveaux mouvements religieux, une campagne de haine déferle
à travers la France. Les moyens le plus scandaleux sont utilisés : amalgames, rumeurs, fausses citations,
citations tronquées prises hors contexte, pression sur d'anciens adeptes pour qu'ils portent plainte, etc...
En suivant de tels procédés, il faudrait fermer toutes les églises à cause des prêtres
pédophiles actuellement poursuivis en justice ou incarcérés, il faudrait interdire à
des communistes d'exercer des fonctions importantes en s'appuyant sur les pamphlets de Lénine, ou interdire
de telles fonctions à des catholiques en s'appuyant sur les extraits les plus radicaux des Evangiles ! Faut-il
aussi rappeler le sinistre usage fait dans le passé des " Protocoles des Sages de Sion " ?
Cette nouvelle mesure discriminatoire participe de la volonté de créer dans le public un sentiment
de peur et de rejet à 1'égard d'un nouveau mouvement religieux, pourtant parfaitement accepté
dans de nombreuses démocraties.
C'est un véritable maccarthysme contre les nouvelles religions qui est en train de s'instaurer en France.
Les membres de groupes religieux minoritaires qui ne sont pas dans la norme sont fichés par les R.G, mutés,
les entreprises dans lesquelles ils travaillent sont montrées du doigt, les parents qui souhaitent donner
à leurs enfants une éducation différente sont placés sous haute surveillance et passibles
de fortes peines d'amende.
Nous demandons la dissolution de la délégation interministérielle de lutte contre les sectes,
dont le seul objet constitue un affront à notre Constitution, l'arrêt de toutes les campagnes officielles
de chasse aux sorcières et l'arrêt des subventions accordées aux associations militantes qui
n'offrent pas les garanties d'objectivité et d'impartialité que l'on est en droit d'attendre dans
un état laïc lorsque l'argent public est utilisé.
Il est grand temps que la France respecte les conventions internationales garantissant la liberté de religion,
qu'elle a ratifiées.
Veuillez agréer, Monsieur le premier Ministre, l'expression de nos respectueuses salutations.
Le Président Michel Raoust
Comité Français des Scientologues
contre la Discrimination C.F.S.D
Association Loi de 1901 fondée en 1985 siège social : c/o D, Jacquier, 8 rue de Lyon, 75012 Paris
correspondance : c/o Michel Raoust, 20 avenue Ledru-Rollin. 75012 Paris
Paris. le 9 novembre 1999
Lettre ouverte au Premier Ministre
Monsieur le Premier Ministre,
Par un décret en date du 6 octobre 1998, vous avez créé la Mission Interministérielle
de Lutte contre les Sectes. Cette Mission annonce avoir entrepris des actions pour " informer " nos concitoyens
sur les " dangers " des " sectes ". Notons au passage que le terme de " secte ",
qui qualifie les groupes ciblés par cette Mission, ne peut faire l'objet d'une définition juridique
sans risque d'exclusion de tout groupe religieux se situant en dehors du courant dominant. Pourtant, selon Monsieur
Alain Vivien, président de la M.I.L.S, une proposition de définition de ce terme a été
faite dans le rapport qui vous a été remis récemment.
Aussi, nous aimerions vous rappeler ces mots célèbres du grand sociologue Emile Poulat :
"Secte est un mot piège, un mot socialement piégé. Tout groupe, un jour ou l'autre est
susceptible d' y être pris. Au regard d'intraitables adversaires - laïcistes, anticléricaux,
athées militants - l'Eglise (catholique) reste une secte qui a su réussir".
Le pasteur Louis Schweitzer, alors secrétaire général de la Fédération protestante
de France, ne disait pas autrement dans les colonnes du Progrès de Lyon (12 janvier 1995): "Certains
mots ne sont plus guère porteurs de sens, mais sont simplement devenus des injures, des armes utilisées
pour éliminer l'ennemi ou le concurrent Le mot "secte" est de ceux-là. Traiter aujourd'hui
un groupe de secte, c'est avant tout le disqualifier. quelles que soient les hypocrites précautions de langage
dont on entoure l'expression".
Utiliser ce mot pour désigner un groupe religieux est une violation flagrante de l'article 9 de la Convention
Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés de 1950 qui stipule : " Toute
personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique
la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion
ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement,
les pratiques et l'accomplissement des rites".
La Suède d'ailleurs, dans un récent rapport sur la question, s'y est refusée, préférant
parler de "nouveaux mouvements religieux" et pronant officiellement le dialogue avec ces mouvements.
La satisfaction de Monsieur Alain Vivien concernant le travail d'information et de formation effectué par
la M.I.L.S ne fait que cacher la réalité de ceux qui souffrent du fait des campagnes discriminatoires
menées par la M.I.L.S. La réalité nous montre que le travail de la M.I.L.S aboutit à
de nombreuses critiques étrangères contre la France et à des injustices sociales dont sont
victimes les membres des minorités prises pour cibles.
La République française, laïque, et de ce fait respectueuse de la liberté de pensée
et des valeurs spirituelles de chacun, se retrouve maintenant dans la situation de pays comme la Chine ou l'Afghanistan
qui ont une longue tradition de violations des Droits de l'Homme. Plusieurs rapports émanant des Etats-Unis,
de l'OSCE ou de la Fédération Internationale d'Helsinki pour les droits de l'Homme mettent en cause
la politique aventuriste da la France menèe par Monsieur Alain Vivien contre les minorités religieuses.
Les réactions du président de la M.I.L.S disant ; " Il faut aussi parler sévérement
des Etats-Unis d'Amériqure où sont sanctuarisées la quasi-totalité des sectes transnationales
" ou " aux Etats-Unis les libertés sont folles " ou dénonçant " l'infiltration
de certaines branches de l'OSCE par des mouvements sectaires " ne font que traduire une dérive de la
politique française par rapport à l'attitude, respectueuse des droits de l'Homme, qu'ont choisie
les grandes démocraties pour dialoguer avec leurs minorités religieuses.
Depuis la création de la M.I.L.S ce sont plusieurs centaines de membres de minorités religieuses
qui ont eu à soufftir de faits discriminatoires dans leur vie quotidienne. Pour illustrer ceci nous citerons
ces quelques exemples :
En décembre 98 une fillette de 10 ans est expulsée de chez Les scouts Eclaireurs et Eclaireuses de
France parce que ses parents sont membres d'un groupe dénoncé par la M.I.L.S.
En classe de 4éme une fillette éclate en sanglots quand le professeur rapporte les propos, dénigrant
la religion de ses parents Témoins de Jéhovah, d'un livre d' éducation civique dont le chapitre
sur les sectes est co-signé par Monsieur Alain Vivien ( Hachette ).
Deux autres enfants disent à leurs parents qu'ils cachent 1'appartenance religieuse de leurs parents par
crainte de représailles suite à un cours similaire d'éducatian civique contre les " sectes
".
Suite à la campagne de la M.I.L.S auprés de l'Education Nationale un professeur s'est vu rayé
de la liste d'aptitude à l'emploi de directeur d'école du fait de son appartenance à un groupe
visé par cette camgagne.
Ces quelques exemples ne font qu'illustrer le climat qu'instaure la M.I.L.S pour transformer en citoyens de seconde
zone les membres des minorités religieuses. Etre membre d'une minorité religieuse visée par
La M.I.L.S signifie aujourd'hui, selon des témoignages directs :
refus d'emploi, licenciement, Compte en banque fermé, perte de contrat, interdiction pour des artistes d'exposer,
etc ...
Monsieur Roger Ikor, fondateur du CCMM dont Monsieur Alain Vivien fut pendant quelques années le président,
expliquait à l'époque de la création de son mouvement: " Il faut cogner, détruire
ces sectes qui pullulent sur notre pourriture. Quand suffisamment de gens iront mettre les locaux des sectes à
sac, ils remueront sans doute ( les pouvoirs publics, ndlr).". " Si nous nous écoutions, nous
mettrions un terme à toutes ces billevesées, celles des sectes, mais aussi celles des grandes religions"
ou " il faut les combattre ( les sectes ) résolument comme on combat sur un champ de bataille un ennemi
dangereux, sans se laisser paralyser par un excès de scrupules, par des interrogations incessantes au niveau
des principes, [...] les impératifs de cette lutte là sont à placer assez haut dans la hiérarchie
des valeurs, parfois même au-dessus du respect de la liberté. "
Ces propos sont tout à fait significatifs.
Lors d'un dîner débat de l'Association des Français Libres, présidé par Monsieur
Alain Vivien le 21 octobre dernier, Monsieur Jacques Dauer, qui se présente comme membre du Grand Orient
de France, a pu rappeler la profonde amitié le liant à Monsieur Alain Vivien depuis vingt-cinq ans,
et sa convergence de vue concernant le traitement des minorités religieuses en déclarant notamment
: " Ce sont les Etats-Unis qui s'érigent aujourd'hui en protecteur mondial des sectes ".
Que faut-il penser de cette déclaration de Monsieur Jacques Dauer lors du débat : " les scientologues,
il faut tous les tuer !" . Une phrase qu'il répétera plusieurs fois à l'attention d'une
assistance croyant revivre les dérives du régime de Vichy.
Réveiller les démons de la "chasse aux sorcières " et de I'Inquisition comme le
fait Monsieur Alain Vivien avec la M.I.L.S ne peut qu'ouvrir la voie à de tels extrêmes.
Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons de mettre fin à cette politique extrêmement dangereuse
contre les minorités religieuses qui, comme vous la savez, ne peuvent être " balayées
" aussi facilement du paysage culturel de la France à l'aube du 21ème siècle.
Nous vous demandons d'adopter, vis-à-vis des minorités religieuses, la seule politique qui soit à
même d'aboutir à la paix sociale et à l'intégration des membres de ces mouvements dans
la société : le dialogue.
Le dialogue, que refuse Monsieur Alain Vivien, est l'arme qui peut faire reculer tout totalitarisme. C'est aussi
l'attitude que la France s'est engagée à respecter en signant les traités internationaux garantissant
le respect des Droits de l'Homme et le respect de la liberté de religion.
Nous vous demandons d'instituer une commission dans laquelle seront représentés: des personalités
religieuses, membres de religions établies et de minorités religieuses, des universitaires spécialistes
de ce domaine, des juristes ainsi que des fonctionnaires neutres et objectifs ( et non des militants de la lutte
" anti-sectes " comme ceux qui appartiennent à la M.I.L.S aujourd'hui ) concernés par ce
sujet. Ainsi s'établiront les bases nécessaires pour résoudre pacifiquement les conflits que
peut provoquer l'émergence de nouveaux mouvements religieux dans la société. Une telle organisation
existe en Grande-Bretagne, un pays où pourtant la neutralité religieuse n'est pas inscrite dans la
Constitution. Elle s'appelle INFORM.
Dans cet espoir, Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de notre plus
haute considération.
Michel RAOUST
Président