|
Avant-propos
La Scientologie cherche depuis des décennies à obtenir un brevet de respectabilité
religieux. Si elle y est parvenue partiellement aux USA en obtenant l’exemption d’impôts du fisc américain,
cette reconnaissance est extrèmement controversée presque partout ailleurs dans le monde, à
part en Suède (où la reconnaissance a un caractère
administratif), en Australie et en Inde, ainsi qu'en Afrique du Sud - après l'apartheid, et récemment, en Espagne.
Divers essais, documents d’experts officiels, émanant souvent de commissions gouvernementales,
ont exposé les motifs pour lesquels la secte ne devrait pas être considérée comme une
religion, mais comme une affaire commerciale.
Ce qui suit s’attaque à cette question " la scientologie mérite-t’elle
la qualification religieuse ? ", sous un angle original, pas abordé au cours des essais précédents.
[On pourrait ici se poser une seconde question fondamentale :
la scientologie est-elle une secte ? (cult, en anglais). Au sens moderne du terme, la réponse serait
oui ; mais au sens ancien, de dissidence d’une autre religion, on peut répondre par non, car elle est essentiellement un plagiat de méthodes essentiellement psychologiques et plus rarement, philosophiques. Au sens anglais de cult,
correspondant à culte en français, la distinction est
plus nette encore : il n’existe aucune forme de révérence
envers Dieu ou des dieux , ni envers des saints.]
Origines de la Scientologie
La Dianétique est l'origine de la Scientologie; elle est reconnue par tous, scientologues
ou non.
Ses techniques sont si complètement parralèles et similaires à celles
de la dianétique qu'elles en deviennent conceptuellement indiscernables techniquement l’une de l’autre à moins de connaître les qualificatifs fournis par la secte elle-même. Il est impossible de savoir pourquoi certaines parties
seraient scientologiques plutôt que dianétiques, car elles s'adressent aux mêmes problèmes
humains.
- Un seul exemple devrait suffire: la procédure
de purification, supposée règler à des problèmes
de toxines, drogues et médicaments accumulés dans l’organisme, est qualifiée de scientologique, alors qu'elle ne comprend
aucune "audition" -
donc aucun procédé à caractère mental. Elle ne passe que par des procédés physiques (sauna, sport et
régime vitaminé), tandis que la procédure "d'audition" portant aussi sur les drogues
et médicaments s'appelle Procédure sur les drogues en dianétique
de l'ère nouvelle dans sa partie inférieure, et Procédure sur les drogues en Dianétique
de l'Ere Nouvelle pour les OTs, dans la partie secrète des niveaux
dits supérieurs.
-
Le mélange de genres ne permet pas de déterminer ce qui est supposé
spirituel (scientologique) - d’après la secte - de ce qui ne le serait pas (dianétique), mieux encore :
les deux se combinent, au cours d’une même séance d’audition et d’un instant à l’autre,
comme les " rudiments " (scientologie) et le procédé
" R3R " (dianétique).
La Dianétique devenue scientologie tient à se faire passer pour une religion
aux USA, dès fin 1953.
On peut penser sans grand risque d’erreur que la cause réelle a trait aux économies
d’imposition, le régime US étant particulièrement avantageux pour les églises et organes
de bienfaisance, puisqu’en plus de dispenser l’organisme lui-même de diverses taxes, il permet aux donateurs
de déduire l’ensemble des donations reconnues à cet organisme de son revenu net – tandis qu’en France,
par comparaison, cette déduction à des associations obtenant une reconnaissance un peu similaire
est fortement limitée.
Hubbard déclare donc l'église de scientologie en 1954 – on sait qu’il y
a eu de longues discussions au sommet de la hiérarchie du mouvement à l’époque, car il
n’était pas de l’avis de ses lieutenants et refusait cette qualification : lui-même n’a jamais
pris de titre religieux, ni arboré d’habits ou de croix, réservant ces symboles à ses sujets,
comme on le verra ensuite.
Ce statut sans but lucratif sera révoqué en 1958, puis rendu en 1993 dans
des circonstances certainement contraires à l'esprit de plusieurs jugements en Cour Suprème des Etats-Unis
et dans d'autres juridictions US - ou étrangères. Le document secret particulièrement élaboré
et étrange de l’accord entre l’IRS et la secte a finalement pu être connu par une indiscrétion
dans la Presse en 1998.
- Texte disponible sur http://www.antisectes.net/irs_final.htm, en
anglais seulement
Puis cette "église" entreprendra une série d'efforts
d'image et de publication sans précédent dans l'histoire des religions et sectes, quelles qu'elles
soient, pour tenter d'acquérir de gré ou de force le statut "religieux" et " charitable ".
C'est cet effort considérable que nous allons ici mettre en lumière,
car aucune religion n'avait jamais éprouvé le besoin, avant cela, de prouver une appartenance religieuse
ou spiritualiste quelle qu'elle fut : la plupart des autres groupes antérieurs "émanaient"
directement leur religiosité/spiritualité, tandis que le commercialisme et les aspects pseudo-psychologiques
évidents de la scientologie transpirent dans la très large majorité de ses écrits administratifs
et coiffent amplement les rares aspects éventuellement religieux discernables.
Efforts de publication "religieuse" de la scientologie,
ainsi que quelques détails touchant l'image.
Cérémonies de l'église fondatrice
La secte entame son mouvement de publications "religieuses" par les Ceremonies of the Founding Church - "Cérémonies
de l'Eglise Fondatrice" dès 1959, donc immédiatement après
s’être fait reprendre son sattut sans but lucratif.. Cette brochure de 80 pages petit format au départ
ne coûte qu'une dizaine de F à produire, et permet d'installer une façade de sacrements, contenant même un "christening" (baptème), alors qu'Hubbard est fortement anti-chrétien et anti-religieux
dans les faits.
Quelques temps après, il ira jusqu'à singer le christianisme en fabriquant
des évèques, ministres, et même
un pape de la Scientologie.
- L'unique Pape scientologue, John Mc Master, fut destitué par Hubbard
peu après qu'il l'ait unlilatéralement nommé; il quitta "l'église", et mourut
alcoolique et misérable en 1999.
Des habits pastoraux
voient le jour, dont le port sera ensuite obligatoire par au minimum un employé
dans chaque organisation scientologique (règle imposée en France en 1981). Il s'agit d'habit noirs, col Mao blanc, croix
scientologue en pendentif. Cette règle sera très peu respectée par les employés.
La secte exige aussi que les groupes scientologiques arborent des noms religieux (église de scientologie de Lyon, par exemple); les noms
des Franchises typiquement sous contrat commerciaux sont transformés en Missions
de l'église de scientologie, sans que les contrats soient revus sur le
plan commercial ; le service mondial des Franchises étant aussi rebaptisé Scientology Missions Office Worldwide au lieu de Franchise Office Worldwide.
Plus tard, en 1974, la secte produit et publie un "poème
oriental", Hymn of Asia, 1078 lignes pour quelques 250 pages, tentant de faire accroire à des sources bouddhistes
de la sciento. (voir mon livre La Secte pour
diverses critiques).
C'est un livre luxueux. Hubbard tente ici de se faire passer pour la réincarnation
du Bouddah , selon la Légende
de Meitreya, écrite par un moine 5 siècles après la mort
du Bouddah.(Il mourut à 80 ans, expliquant qu’il atteignait le Nirvaña, et non qu’il paraîtrait
25 siècles plus tard) Phénomène
particulier, cet ouvrage vendu parfois 550 FF, n'est pratiquement pas référencé depuis des
années dans les innombrables listes publicitaires d'ouvrages à commander aux librairies scientologiques*:
il doit gèner les prétentions religieuses, car Hubbard y écrit qu'il ne vient pas en homme
d'église, mais en professeur**, en même temps qu'il se dit la réincarnation de Gautama Siddharta
Sakhyamuni, dit Bouddha.
- * ces listes sont expédiées en grande quantité aux membres
du groupe.
**l’ouvrage n’est pas paginé. La citation se trouve au tout début.
On s'intéressera à une particularité tout à
fait étonnante quant à ce document. A l'origine, c'est un livre; mais comme il contient de toute
évidence des passages excessivement génants pour la secte et son image pseudo-religieuse (voir ici) puisqu'Hubbard y déclare ne pas être un chef religieux, la nouvelle direction l'a
retiré de la vente sous cette forme trop facile à copier et l'a ensuite converti en un CD Rom illustré,
le texte y est récité et accompagné de l'écrit.
-
Le Livre du Ministre Volontaire - refondu et augmenté en un "Manuel de la
scientologie"
En 1976, la scientologie publie The Volunteer Minister's
Handbook, le Livre du Ministre Volontaire.
Ce n'est qu'un compilation reliée de 650 pages grand format - très différente
des essais futurs - car l'ouvrage ne contient que de la technique et des documents de technique administrative
scientologue, tirés de bulletins considérés plus tard comme écrits
sacrés, expression concoctée par la nouvelle direction scientologique
afin d’assurer ses prétentions religieuses. Ces patrons choisirent d’ailleurs des termes aussi peu conciliables
que " Eglise de Technologie Spirituelle " ou " Centre de Technologie Religieuse ".
On y trouve des cours précédés d'une checksheet (feuille répertoriant les étapes d'un cours) comme cela se pratique à l'intérieur de
la secte.
L'ouvrage n’est pas distribué gratuitement aux journalistes ou autres personnages
importants pour l'image religieuse, comme les scientologues le feront pour les suivants ; il répond
toutefois au même souci de présentation.
En plus d’ajouter un livre au crédit d’Hubbard (quoique ne contenant que des bulletins
tirés de dossiers de cours et d’autres livres déjà publiés ailleurs, souvent à
plusieurs reprises), le titre et divers artifices insistent sur les croix, les habits ministériels et le
vocabulaire.
On pourrait l'estimer "religieux" puisqu’il se compose essentiellement de ce
que l’organisation mondiale nommera ensuite ses écritures sacrées.
Mais le contenu démontre
à profusion qu'il n'en est rien : voisinent ici des techniques pour soigner
les douleurs physiques, des méthodes exclusivement pédagogiques, un cours de communication,
un cours pour apprendre à pratiquer la réhabilitation des toxicomanes, un cours supposé apprendre à manier l'environnement
dangereux, un cours destiné à apprendre
à faire des investigations, un cours de productivité (nommé Paquet à propos des Cibles), un cours de Relations publiques,
un cours destiné à apprendre comment faire des sondages, et quelques autres aux intentions apparemment plus "religieuses", tels " le Cours de qualification de Ministre et des cérémonies ",
qui ne tient toutefois que 10 pages, tandis que le Cours sur les Enquètes en exige 6 fois autant).
Nous sommes très loin de l'image pastorale communiquée par le titre.
Curieusement, cet ouvrage a disparu, puis est réapparu sous une forme augmentée
(950 pages 700 photos; 800 FF environ), plus luxueuse, sous le titre Le manuel
de scientologie, qui, dit la brochure, irait de pair avec le Qu'est-ce que la Scientologie. N'ayant pas pu accéder
pour l'instant au Manuel de scientologie, j'ignore
si les additions ou modifications concernent le type de déformations et mensonges qu'on trouve dans le Qu'est-ce que la scientologie ?
Une fois de plus, cet ouvrage aurait été modifié,
après la catastrophe du World Trade Center. Il est largement publicisé depuis dans les brochures
scientologues sur papier glacé, comme étant l'ouvrage qui répondrait à toutes les questions: "Si vous ne trouvez pas la réponse dans ce livre,
la question n'existe pas".
Cette petite brochure sur papier bas de gamme constitue une publication assez différente,
quoique répondant au même but que les précédents.
La secte qualifie Le Chemin du Bonheur de non religieux ni scientologique,
mais elle fait distribuer gratuitement cette brochure par ses membres, (quoique la plupart du temps, ils aient
été poussés à l'acheter en quantité pour la donner ainsi).
Le contenu prend toutefois la forme d'une litanie de règles à respecter
pour bien vivre*, et les références aux religions et croyances abondent. Toutefois, la supercherie
s'affirme, car ce petit ouvrage moralisateur est complété à l'intérieur de la secte
par un cours et des " procédés " majeurs nommés Le
Chemin du Bonheur, services exclusivement délivrés sous la bannière
et la croix scientologique et donc, supposés religieux.
- *[certaines des règles sont toutefois
très largement violées chaque jour par des scientologues, par exemple, le fait d'honorer ses parents:
la secte interdit en effet à bon nombre des membres actifs d'avoir la moindre communication avec leurs parents
ou même, avec leurs enfants.]
-
- Après le massacre du WTC, la secte a tenté d'obtenir des
millions de dollars pour imprimer deux millions d'exemplaires de ce document. Elle a ensuite tenté d'obtenir
d'autres fonds pour.... faire imprimer l'ouvrage en Farsi, afin disait-elle de le balancer sur les villes afghanes.
-
Qu'est-ce que la Scientologie
Ouvrage principal pour l'image de la secte, le célèbre What is Scientology, en anglais, première version, déjà
très coûteux à produire, je crois me souvenir que c’était en 1981.
Les versions suivantes, (1993 pour la v.f.) sont sur papier glacé, grand format,
3 Kg, 860 pages grand format Elles seront traduites en quatre langues au moins et se vendent environ 900 FF
au public scientologue. Il en existe depuis peu une version allégée anglaise moins coûteuse,
que la société des éditions scientologiques a tenté d'imposer sans succès aux
USA dans les librairies non affiliées à la secte.
Mais Qu'est-ce que la Scientologie ne contient
plus que 5 % d'écritures sacrées.
La démonstration de religiosité s'appuie largement sur des tableaux, des chiffres, des statistiques, des listes d'organisations,
des tentatives diverses de faire pénétrer le message quasi subliminal:
la scientologie est une religion! c'est une religion! c'est une religion! - le
mot religion et ses dérivés étant utilisés un nombre incalculable de fois.
L'analyse sémantique prouverait que tout tourne autour de quelques points clé
pseudo-religieux.
Le plus surprenant pour un chercheur reste que la direction scientologue ait essentiellement
choisi, pour ces 5% de passages composés d'écritures sacrées
scientologues, les textes hubbardiens les plus abscons possibles.
Les Axiomes et Logiques et les Pré-logiques sont des textes en grande partie incompréhensibles
au commun des mortels sans l'aide d'autres documents scientologiques et d'une assistance solide fournie par des
scientologues déjà formés. Les livres précédents étaient en comparaison
relativement compréhensibles, à condition de posséder les 2 gros dictionnaires produits par
la secte, car le scientologais y abonde aussi.
- Note comparative : Si l'on compare ces soi-disant axiomes aux textes religieux
connus, du genre de la Bible, du Coran ou de la Torah, on constate par exemple que Dieu en est tout à fait
absent et qu'aucune version d'une histoire du monde, allégorique ou pas, ne peut s'en déduire sauf
à aller chercher fort loin.
Ici, les axiomes ne sont pour
la plus grande partie que des hypothèses - souvent sans fondements, - ou des définitions hubbardiennes
non axiomatiques. De plus, la forme utilisés s’accorde davantage à un texte " scientifique "
qu’à un texte religieux.
- Exemples: (31) "Tout ce qui
n'est pas directement observé a tendance à persister"; (39):"La vie pose des problèmes pour sa propre solution" ou encore (26)"La réalité est l'apparence
de l'existence sur laquelle on s'est mis d'accord" ; ce dernier
" axiome " participe de la définition de réalité revue par Hubbard [la
réalité n'ayant évidemment pas besoin d'accord quelconque pour exister en tant que telle;
mais Hubbard avait grand besoin de cette perversion de la défintion de base pour assurer les bases d’une
perversion de la compréhension. [observation:
la perversion de ce terme important fait l’objet d’une étude à part.]
-
De l'interprétation de l'histoire de l'humanité et de ses rapports
au sacré, présente dans les grands textes religieux, on saute dans " Axiomes et Logiques "
à une formulation pseudo-scientifique des règles qui gouverneraient l'existence. Souvenons-nous que
les axiomes sont rarisssimes, ce qui n'empèche pas le grand homme d'en présenter plus de 200 à
lui seul.
Quelques codes n'ayant
rien de spécifiquement religieux, quoique dotés d'un air lointain avec les Dix
Commandements viennent compléter le peu de citations sacrées. Ces codes sont ici appliqués à des fonctions précises au sein d'une organisation scientologique ou d'une
société, et complèteront les 5% d' écritures sacrées présentées dans l'ouvrage.
- Exemple: le Code d'un Excellent Administrateur
Je n'entreprendrai pas ici la longue et difficile tâche de relever chacun des
innombrables mensonges, des approximations historiques, des déductions hâtives, des chiffres sans
preuves, des inexactitudes scientifiques, ou des exemples de publicité mensongère contenus ici: il
y faudrait des années et un accès à des documents conservés au secret par la scientologie.
- Un exemple: le chiffre annoncé page
X de " millions
de membres " peut être raisonnablement estimé
en l'an 2000 à quelques dizaines de milliers, probablement 40000 membres relativement actifs; et quelques
15000 débutants peut-être. Ailleurs, ils disent 8 millions.
N’en déduisons pas pour autant pas qu’ils ne sont pas dangereux,
car leur dévotion et leurs moyens financiers sont énormes.
-
Dans le magazine scientologue Impact n° 49, on apprend
pages 17 et 18 que la secte aurait distribué gratuitement
"plusieurs milliers", puis "17000 exemplaires
supplémentaires" à des leaders d'opinion des USA, d'Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique
et Europe. Le président de Scientology International Heber Jentszch ajoute que "cela remplit les vides d'information sur la scientologie".
Page 25, on lira: "Plusieurs milliers d'exemplaires de Qu'est-ce que la scientologie ont été envoyés aux bibliothèques publiques, aux
universités et à des centaines de bibliothèques de par le monde".
Enfin, on lit en résumé page 28: "depuis
sa sortie, 35000** ex. ont été vendus à des individus, 17000 distribués à des
VIPs, et plus de 30000 placés dans des bibliothèques." [note du webmaster: environ 150 tonnes ont donc été données.]
Observation: d'autres groupes ont distribué de grandes quantités de documents gratuits, comme
les Gédéon, et les Témoins de Jehovah. Néanmoins, il ne s'agissait pas pour eux de
convaincre le public qu'ils étaient "religieux", mais de fournir leurs écritures à
ce public.
-
Scientologie, Théologie et pratique d'une religion contemporaine
Dernière étape des considérables efforts - représentant des
millions en dépense de prestige - entrepris par les scientologues afin de faire passer leurs entreprises de services dépendant de leur multinationale pour une religion: l'ouvrage Théologie et pratique d'une religion contemporaine.
Les quelques 330 pages du livre luxueux, grand format relié toile frappée
au fer comprennent encore moins de textes sacrés que
le Qu’est-ce que la scientologie, en dépit du titre annonciateur.
En guise de " textes sacrés ", on n’y lit que le Crédo scientologue, version remâchée de
la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (révisée pour insister sur la spiritualité/religion), puis les Facteurs et une
partie scientologique des Axiomes. C'est à
dire que 5 pages, soit 2 % de cet ouvrage supposé démontrer la religiosité et la théologie, sont des textes déclarés sacrés . Intéressons-nous à l’un d’entre
eux :
- Le Credo qui figure nombre des ouvrages depuis longtemps a quelques particulraités :
premièrement, il dit " Nous, de l’Eglise, croyons… ", la majuscule et le terme se répétant
au long du texte ainsi que l’article défini, indiquant qu’il s’agit de la seule église. Puis nous
lisons, " nous de l’église, croyons que l’étude du mental et la guérison de maladies
d’origine mentale ne devrait pas être séparée de la religion et tolérées dans
des domaines non religieux. " Sachant que la scientologie estime que toute maladie et accident est d’origine
" mentale ", on peut en déduire qu’elle s’attribue ici d’un coup les domaines relevant
de la psychiatrie, de la médecine, de la psychologie et des autres religions. Autre évidence, les
grandes religions sont souvent notées en minuscules, tandis que les sectes similaires ont droit à
une majuscule.
Ls 320 pages restantes incluent:
1. Du positionnement - "positioning"-, cette technique publicitaire consistant à lier, dans l'esprit du chaland, les savon, shampoing,
parfum, rasoir ou belle voiture... à de belles filles par exemple. Belles photos de nature ou de réunion*
scientologues dans une salle théatrale.
Il s'agit avant tout de refaire passer la nouvelle mouture de scientologie
= religion.
- *A noter: la photo de cette réunion, pages 236-237, contient de nombreux
groupes clonés par informatique afin d'obtenir une salle bien plus remplie qu'elle ne l'était.
2. Des "preuves" acquises auprès d'esprits "bienveillants"
- ou incapables de formuler une critique complète faute d'avoir reçu les documents embarrassants
de la secte: ce sont les divers "experts*" que voici:
- Bryan Wilson (UK), pages 111 - 145;
Frank K. Flinn (US), pages 147 - 161
Regis Dericquebourg (France), pages 149 - 175
M. Daroll Bryant (Canada) pages 177 - 191
Alejandro Frigerio (Argentine), 193 - 211
Urbano Alonso Galan (Italie), 213 - 223
Fumio Sawada (Japon), from 225 - 233
- *Si j'ai pris soin de noter "experts" entre guillemets, c'est qu'il a été impossible de trouver trace de l'italien et du japonais ailleurs qu'en liaison avec la Scientologie. " Urbano Alonso Galan" a motivé cette réponse de Jacques Trouslard, vicaire général de Soissons.
3. Comme pour Qu'est-ce que la Scientologie? et les autres ouvrages, on trouve une liste des organisations scientologues. On constatera qu'elle
ne comprend que 376 noms dans 48 pays, alors que l'ouvrage annonce en préface 3000
groupes, organisations et groupes affiliés, dans 100 pays.
- Ces 376 noms sont souvent groupés aux mêmes adresses, ce qui donne
un total d'environ 300 adresses d'organisations purement scientologues à but prétendu religieux -
autour desquelles tournent des associations laïques de façade et des entreprises commerciales privées, souvent très petites, ces dernières appartenant au réseau WISE de la secte.
- On y retrouve aussi l'affirmation de huit
millions de membres, et son exagération de facteur + ou - 200.
Cet ouvrage est de style nettement moins pompier que Qu'est-ce
que la Scientologie: le genre est plus soigné; ont disparu les doubles
pages vraiment ridicules représentant des "tableaux de la vie d'Hubbard", montrant le grand homme
donnant des "cours" à des savants, ainsi que les photos mélant Hubbard, le Christ, Léonard
De Vinci, Einstein et autres célébrités; toutes ces balourdises disparues laissent place aux
textes laudateurs des apologistes défenseurs
de sectes précités.
On notera avec intérêt que l’essai de chaque expert comprend une longue
digression sur la définition même du terme religion, avec des réponses fort différentes,
toutes douteuses, orientées, et toutes critiquables.
-
On peut ici formuler une hypothèse à propos de définition
de religion. Définition s’utilise pour déterminer les limites d’une chose ou d’un phénomène. Religion a trait au sacré, et dans la plupart
des cas, à l’infini,
si bien que tenter de définir religion aboutit nécessairement à limiter ce qui n’aurait pas
de limites, d’où les mésententes entre experts quant à définir le religieux.
-
-
S’agissant ici de problèmes de société, il paraît
inutile de faire appel à cette notion qu’on pourrait qualifier d’élargie, car religion se comprend dès lors au sens social,
c’est à dire limité par les ambitions, pouvoirs humains et règles applicables. La société
ou les sociétés réglant - par les lois ou les accords du groupe – sur les ambitions ultimes
de l’homme, il serait vain de sortir du cadre social pour déterminer si une idée est religieuse ou
pas. Ce qui permet de trancher se trouve donc dans les règles sociales.
Chacun des experts tente ensuite d’apporter une caution de religiosité à
la scientologie, se gardant bien de mettre en avant les preuves contraires et les litiges innnombrables connus:
on a ici l’évidence d'une méthodologie non-scientifique*.
*au sujet de caractères scientifiques, voir: http://www.antisectes.net/lit-jacobsen.htm#popper
** A propos de M. Fumio Sawada, du Shinto
Yiu Yitsu –dont il serait le huitième
détenteur des secrets – et en supposant que le texte soit convenablement
traduit du japonais, M. Sawada annonce " Gautama Siddharta
le Bouddah aurait, à l’heure de sa mort, prédit qu’un bouddah viendrait finir son œuvre ". Mais cette légende date de 5 siècles après son décès,
d’après une autre source compétente (Raphaël Liogier).
De mon côté, je ne nierai pas quelques apparences religieuses, d'autant
que la religion empiète sur le domaine philosophique, ce qui autorise dans l’absolu la scientologie à
se prétendre religieuse, aussi faut-il sans doute reprendre le cheminement du raisonnement social, à
moins de revenir aux temps reculés où religion signifiait aussi bien pouvoir judiciaire que pouvoir
exécutif : nous serions alors contraints d’accepter de nouvelles guerres de religion, telles que des
groupes comme la scientologie ne manqueraient pas d’en fomenter pour acquérir le pouvoir absolu. Hubbard
considère en plusieurs endroits que la scientologie déjà est en guerre.
-
" L’ennemi agissant dans les législatures et la presse,
nous n’avons pas d’autre choix que nous battre. " annonce-t’il
ainsi dans un ordre confidentiel à ses services secrets (OSA NW N° 7, republication d’un mémo
du 12 novembre 1968, Hubbard)
-
-
Ce n’est là qu’un court exemple, le plus célèbre est le
bulletin Responsabilités des dirigeants, où ses intentions de pouvoir et de conquète sont
portées à leur paroxysme (volumes 0 et 7 OEC, Hubbard)
Pour ces experts, la scientologie est évidemment qualifiée d'avance comme
religion.
Aucune expertise un tant soit peu contraire ne venant compléter celles du panel d'experts choisis par la
scientologie, on peut déduire que cet ouvrage ne prouve rien en matière de religiosité, puisque
divers autres experts, universitaires ou anciens membres très au fait de l'historique et des théories
de la secte ont travaillé le sujet et réussi à prouver la non-religiosité scientologue,
le présent texte n'étant qu'un des angles d'approche non développés.
Parallèlement à cet ouvrage, au moins "57 études
universitaires" auraient été faites par divers "universitaires" des religions.
On lit page 27 du magazine Impact de la secte, n° 67 (1996),
que 29 expertises ont été conclues dans
13 pays, en 10 langues. Quelques temps plus tard, le
nombre de ces études, toujours selon le magazine Impact, aurait atteint 57. Aucun nom n'est toutefois cité.
Curieusement, on ne connaît que quelques-unes de ces études
et quelques rares auteurs, toujours les mêmes, sont cités et recités. Il s'agit surtout des
complaisants Bryan Wilson, Gordon Melton, et quelques autres. En France, c'est Regis Dericquebourg qui tient le
haut du pavé de ceux que cite la secte. Chaque étude, dit le magazine, a été expédiée
à tout leader d'opinion, université ou agence gouvernementale intéressée dans les pays où elle avait été écrite.
Photo illustrant la publication en question (on remarquera le coffret spécifique)
dans le magazine Impact 69, copyright IAS :

Enfin, au sommet de la pyramide publicitaro-religieuse
scientologue, le "livre de messe" de la secte:
"LES ANTECEDENTS
LE MINISTERE LES CEREMONIES & LES SERMONS DE LA RELIGION DE SCIENTOLOGIE".
Analysons rapidement ce document de 1035 pages paru en 16 langues en
1999-2000, donc le dernier des gros ouvrages scientologues, et aussi le plus gros de tous. C'est un ouvrage relié
de 35x25x5 cms, 4 kg, relié, embossé, exitant en 2 versions: reliée simili-cuir, et reliée
cuir.
Première évidence, il correspond en tout point à
une réaction "formelle" de la secte aux remarques effectuées par la Charity Commission de Grande-Bretagne au cours
de l'année 1999. Celle-ci faisait observer que les pratiques que la secte disait religieuses étaient
en réalité des pratiques individuelles coûteuses réservées à des individus
en mesure de les payer. La secte a donc immédiatement réagi en faisant paraître cet énorme
ouvrage, bâclé en quelques mois, essentiellement fabriqué de toutes pièces: "compilé" en petite
partie, et "inventé" pour l'essentiel, c'est à dire fabriqué en violation des règles hubbardiennes
de la secte.
Son contenu.
Comme pour les autres ouvrages publicitaro-religieux, on trouve ici les
textes "Les 'facteurs", le "crédo",
l'intégrité personnelle". Nous n'y reviendrons
pas. Puis les "sacrements / cérémonies", comme dans l'ouvrage "Céremonies de l'église fondatrice" précité. Plus étonnant, on lit un texte signé Hubbard, privé des références
pourtant obligatoires dans les ouvrages de la secte, intitulé "l'Influence
de la religion dans la société".
L'auteur de l'essai ici présenté croit que ce texte est
un faux, les vérifications sont en cours. Il est improbable en effet qu'Hubbard se soit jamais commis en
faveur d'une véritable défense de la religion, quelle qu'elle soit, sauf à des buts. Pour
renforcer cette théorie de "faussement signé Hubbard", on découvrira un certain
nombre d'autres textes également non signés intitulés "Sermons", qui sont tout à fait dans l'esprit
de ce texte "signé".
Intéressant aussi sur le plan "religieux", les auteurs
de ce pavé n'ont pu s'empècher de terminer chaque "sermon" par une offre directe de vente d'un ouvrage et de services hubbardiens supposé en dire davantage sur le sujet abordé lors du sermon. Exemple:
(Extrait du Premier sermon du chapitre douze)
"Du moins avons-nous fermé pour certains les mâchoires
béantes de l'enfer. (Le ministre fait une pause, puis donne le message suivant :) Ron Hubbard nous a laissé
un Pont qui nous mènera en toute sécurité par-dessus l'abysse et vers la liberté. Nous
n'avons qu'à suivre le Pont. Pour voir exactement en quoi consiste ce pont, et pour connaître votre
prochaine étape, lisez Qu'est-ce que la Scientologie? Vous y trouverez les réponses à toutes vos questions
ainsi que le chemin exact pour vous faire traverser le Pont. Acceptez cette invitation. Puis, faites votre prochaine
étape, ou la première.
Après chaque "sermon" (un tel 'sermon' pouvant d'ailleurs
être remplacé par l'écoute d'une conférence enregistrée d'Hubbard), le "Ministre"
passe à un procédé dit "d'audition de groupe". C'est ici qu'à mon avis, on
trouve la plus vaste perversion de l'oeuvre hubbardienne déjà fort perverse en soi. En effet, les
"procédés" en question n'ont jamais été écrits par Hubbard, d'une
part, et d'autre part, il est incontestable que leur effet, si on les pratique in-extenso, pourrait être
hypnotique. On trouve par exemple des séries "de plus de 900 "ordres" donnés à
la salle, certains étant répétés des dizaines de fois d'affilée. Nous ferons
effectuer une étude psychologique de ces procédés. D'après les données hubbardiennes
connues, on peut sans doute affirmer que cette façon de pratiquer ces "processus" à l'excès
correspond à l'application de la "dianétique inversée", ou "dianétique
noire", une version officielle hubbardienne destinée à prendre le contrôle d'un individu.
En plus de l'aspect hypnotique, on peut estimer que les "offices
du dimanche" qui seraient exécutés intégralement, dureraient plus de 3 à 4 heures.
En effet, et ce sera la clonclusion, un office tel qu'ils sont conçus dans l'ouvrage, est constitué
de:
"LES OFFICES DU DIMANCHE
Ils comprennent :
la lecture du Credo de l'Eglise de Scientologie [5 minutes]
,
la lecture de "l'Intégrite Personnelle";[5 minutes]
la "prière de la scientologie pour la liberté
totale" [5minutes]
un sermon tiré des œuvres de Ron Hubbard [un bon quart d'heure ou -voir ligne suivante:]
ou, pour les offices du dimanche spéciaux, la rediffusion
de l'une de ses conférences enregistrées,
[1 heure]
une séance d'audition de groupe pour les fidèles
rassemblés, [plus de deux heures si fait in extenso
comme indiqué dans l'ouvrage]
et l'annonce des événements organisés et
des programmes de l'Eglise. [entendez ici: des spectacles
destinés à vendre des services - 10 minutes]
Les offices se terminent toujours par une prière. [5 minutes]
Autres ouvrages scientologues
Ne disposant pas de la série complète – estimée à près
de 600 volumes (pour la plupart compilés à partir de textes déjà publiés) ,
il manque ici un certain nombre d'autres ouvrages mineurs répondant au même besoin de se faire accepter
comme religion. Font vraisemblablement partie du lot les titres Ron, le Philantrope
(3 volumes); Ron, l'Humaniste; Ron, le Philosophe;
Ron, l'auditeur; Ron, Lettres et journaux (3 volumes), et d'autres peut-être.
Je recommande aux lecteurs qui auraient accès à ces documents d'en comparer les critères à
ceux sous-tendus ici.
Le Magazine Terra Incognita
Il s’agit d'un magazine français annoncé trimestriel à l'origine
(juillet 1997), mais qui semble avoir disparu après le premier numéro. Terra
Incognita démontre - s'il le fallait- les
intentions laïques, séculières, profanes, et publicitaires de la secte.
Ici, plus question de scientologie ni de religion, exception faite pour une référence
à M. Kanzan Takada, supposé Bouddhiste zen, et M. Sawada, présenté comme chef religieux Shinto [" expert " que l'on retrouve plus haut parmi les apologistes de Théologie...].
La brochure, luxueuse, fit un flop retentissant dès les premiers jours et souleva
une campagne de presse critique dans les kiosques parisens et sur les ondes. L'ouvrage cherche manifestement à
attirer des curieux via New Era Publications France, organe
commercial éditeur 100 % scientologique. Le contenu s'adresse exclusivement à une science du mental, la dianétique évidemment.
-
Observation: si cette tentative profane peut paraître risquée
pour l'image religieuse de
la secte aux yeux de non-scientologues, elle reste pourtant tout à fait cohérente aux yeux du scientologue,
pour qui la seule chose qui compte n'est pas religion ou non, mais d’attirer par tous moyens les clients à payer des services.
L'apparence religieuse devient dès lors complètement secondaire,
autant que de pure rhétorique. La religion est pour la scientologie une affaire de forme, destinée
à "l'extérieur", en visant en particulier, les services fiscaux, juridiques, judiciaires,
éducatifs, religieux et officiels.
On pourrait d'ailleurs estimer que la scientologie a en partie réussi à
imposer cette dénomination religieuse, la plupart des journaux ou des officiels l'ayant une fois, voire
à chaque fois, désignée sous le vocable "Eglise de Scientologie".
Les films de présentation et le CD ROM envoyé aux familles ou journaux
etc.
Voici un extrait d'un message d'un assesseur admis par la justice danoise à siéger
lors d'un procès entamé par trois anciennes scientologues contre la scientologie danoise:
Comme une suite à mes articles et à des interviews, la journaliste de KD
et moi avons reçu (mon paquet arrivera dans quelques jours) un petit paquet contenant un CD et du matériel
à lire.
Ceci nous explique que la Sciento, c'est super-sympa et pas si dangereux que ça, et c'est seulement parce
que nous ne connaissons pas la Scientologie suffisamment bien, que nous écrivons ce genre de
choses horribles... En gros: Nous sommes des ignorants, quoi.
Ce matériel (en danois) est fait pour les membres de la famille de personnes qui sont entrés dans
la Scientologie. Il est fait pour les calmer...
Il n'y a pas beaucoup de "religions" qui ont du matériel conçu pour calmer les proches
de la famille d'un membre...
[ni pour tenter d'infléchir aussi directement une partie d'un procès]
Quant au film d'introduction àà la scientologie, la secte l'a publié
en nombre de langages. Ce n'est ni plus ni moins, comme on peut le constater en lisant l'analyse qu'en a faite un spectateur, qu'un bourrage de crâne
supplémentaire à caractère pseudo-spiritualiste, ou la secte brâme un bon nombre de
fois "relig---" sous toutes ses formes.
Conclusion
Il ne fait pas de doute qu'aucune religion ou autre mouvement plus ou moins religieux
n'a jamais tenté pareil effort de publication et de recherche systématique "d'expertises positives"
pour tenter de prouver sa religiosité ou pseudo-religiosité.
Sans l'énorme confusion, les contradictions formelles ou informelles, sans les
innombrables perversions inhérentes aux sujets mêmes de la sociologie
des religions et de son prédécesseur
l'Histoire des religions, jamais un scientifique n'eût estimé la
scientologie comme religieuse auparavant. Certains des experts précités eux-mêmes expriment
timidement ces désaccords au sein de leur discipline. On retrouve les mêmes questionnements dans les
ouvrages encyclopédiques consacrés au sujet.
Quant à la qualifier sur des bases théologiques, Dieu n’est pratiquement
jamais mentionné sauf dans quelques textes de façade comme son crédo. Le dédain affirmé d’Hubbard vis à vis du Christianisme en
dit long : " There was no Christ on the Cross " rappelle-t’il dans une conférence confidentielle d’un cours de " classe VIII. "
Sans nul doute, et comme l'ont parfaitement expliqué des juges et des expertises
ou études approfondies, la scientologie présente de rares aspects religieux, mais elle est fondamentalement pseudo-psychologique,
pseudo-médicale, pseudo-psychiatrique [comme la qualifie le Pr Stephen
A. Kent, Canada], et profondément commerciale, laïque et profane.
Ces trois disciplines, médecine, psychologie et psychiatrie, présentent
d'ailleurs au moins autant d'aspects religieux que
la secte, sans pour autant rechercher un classement parmi les "médecines de l'âme", qu'elles
mériteraient au moins autant qu'elle, puisque leurs aspects commerciaux sont moins affirmés que les
siens (au point par exemple qu'il soit interdit aux médecins de se faire de la publicité directe,
en France et dans bien d'autres pays, alors que les religions le peuvent*).
-
*Aux USA, les églises passent d’énormes placards publicitaires :
ainsi, pour une ville de 100000 âmes, j’ai compté 10 pages d’annuaire, et vu une page entière
d’annonces payantes dans les journaux du samedi.
-
- **************
Ma Conclusion:
La scientologie n'est pas et n'a jamais été religion;
elle ne pourra jamais le devenir à moins de faire disparaître tout ce qui compose ses particularités,
ce qui reviendrait à l'annihiler presque intégralement, car cette érosion toucherait le coeur
de ses pratiques et de ses théories.
Roger Gonnet
Supplément: extrait du témoignage sous serment de Gerry
Armstrong, ancien officier d'Hubbard, ayant eu à préparer la biographie du gourou scientologue:
57: Selon moi, le fait d'avoir fait connaître les "écritures sacrées"
de la scientologie dont il est question dans les procès contre Ward, Henson, Erlich, Lerma et Factnet, est
une situation analogue dans laquelle le même principe de liberté religieuse s'applique. Une entité
qui prétend diposer d'écrits secrets que des gens doivent payer pour voir et qu'ils doivent être
d'accord pour ne pas dévoiler, ne peut en fait être une religion, car une telle politique restreint
ou interdit l'expression religieuse. On pourrait appeler "société de vente de secrets"
une telle entreprise, et elle se trouverait dès lors en compétition avec d'autres "sociétés
de vente de secrets", en tout cas tant qu'elle ne prétend pas que ses secrets sont des "secrets
religieux".
** si la scientologie n'a vendu que 35000 exemplaires de "Qu'est-ce que la Scientologie" à ses "8 millions de membres", soit ces membres n'existent pas, soit leur secte ne les intéresse
guère. La première solution serait-elle la bonne?
retour sous-index |