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Quelques notions d'avertissement au sujet du texte qui suit : il s'agit d'un témoignage,
parmi bien d'autres, sur les outils paranoïaques qu'utilise la Scientologie envers ses propres membres
du personnel, ceux-ci ayant souvent abouti à la mort (suicides entre autres) ou à la folie. Il
ne s'agit que d'une des facettes des folies appliquées en scientologie ; divers jugement très documentés
ont décidé que des membres étaient criminels, et les ont condamnés à de lourdes
peines, y compris en France (le gourou a pris 4 ans ferme in abstentia en 1980). Ces crimes étaient le fait
gens qui ont reçu un lavage de cerveau façon scientologie, dont voici une description parmi d'autres.
(Note du traducteur: les sous-titres ne sont pas dans le document original)
REDEMPTION PROJECT FORCE (Le
"projet 'force de rédemption"ou "force de réhabilitation"
De : rev. Dennis L.Erlich
Groupe de news : alt.religion.scientology
Objet : personnes perdues par la scientologie
Date : mardi 4 février 1997 06.41
(Traduction du texte de Annie ROSENBLUM, qui écrivit son compte-rendu de certaines atrocités
rencontrées sur le " RPF ", l'enfer scientologue des membres du personnel qui n'ont pas agi comme
la direction le demandait).
[J'ai connu Annie. Je suis allé sur le RPF des RPF peu après qu'elle ait quitté la Floride.
C'était une jeune femme vraiment agréable et amicale] [note de Dennis L. Erlich]
Ce qui suit est la transcription d'un extrait de la déclaration d'Annie Rosenblum au sujet de son expérience
de la scientologie. Je peux vous garantir que ce qu'elle dit concernant les traîtements inhumains reçus
pendant le RPF est exact, quoique minimisé. C'est jusqu'ici la meilleure description du RPF que j'ai rencontré.
[Note du traducteur : les termes scientologues étant peu connus et pratiqués du grand public français,
il arrivera qu'ils soient expliqués entre des [ ] ou traduits en langage français compréhensible.],
ou qu'ils fassent l'objet d'une note de bas de page.
DECLARATION DE ANNIE ROSENBLUM
REDEMPTION PROJECT FORCE
(LE PROJET 'FORCE DE REDEMPTION', dit " RPF
")
Le RPF fut créé en 1974 par LRH - [fondateur de la Scientologie-Dianétique, initiales LRH
pour Lafayette Ronald Hubbard] - pour les gens qui avaient des " problèmes d'éthique "
n'ayant pas été maniés [éthique est à prendre dans le sens de discipline par
rapport au groupe scientologue ici] tout autant que pour ceux qui avaient eu des " Rockslams " (supposés
criminels malfaisants). Les règles et règlements du RPF sont traîtés dans la série
des " Ordres de Flag n°3434 ". La base même est l'Ordre de Flag n°3434 lui-même.
Il existe nombre d'autres bulletins émis au fur et à mesure que l'on ajoutait des règles et
règlements au RPF. Ces règles sont dans la série 3434 et numérotés par exemple
: F.O. 3434 -1, FO 3434 - 2 etc). Je crois qu'ils étaient au 3434 - 30 au moment où j'ai quitté.
L'idée du RPF consiste à " réhabiliter " les gens qui sont out-éthique
[dont l'éthique ne donne pas satisfaction], les SPs (personnes supposées suppressives) et /ou les
psychotiques.
Le RPF est une unité vivant en autarcie. En d'autres termes, elle manie sa propre tech [ tech = technologie
d'Hubbard, le gourou], sa discipline, etc. La personne qui est à la tête est appelée le "
Bosun du RPF " [C'est à dire en langage maritime : Maître d'Equipage, car Hubbard aimait les
termes maritimes]. Juste en dessous du Bosun du RPF se trouve le Maître d'Armes du RPF , appelé "
"MAA du RPF ". En-dessous dans la hiérachie on trouve les chefs de section et les membres du RPF.
Il y a 5 à 8 personnes dans chaque section, chacune étant désignée par une lettre (section
A, B etc.). Chacune de ces sections doit effectuer différents nettoyages ou projets. L'unique exception
est la " section technique " qui ne travaille pas sur les projets parce qu'elle doit assurer la "
co-audition " entre membres du RPF.
Le RPF opére en deux postes ; lorsque l'un est en étude, l'autre poste est au travail. Lorsque
je fus envoyée pour la première fois sur le RPF, le bâtiment de la Banque de Clearwater (que
possédait la scientologie) venait de brûler, ma section devant assurer le sauvetage des dossiers de
la ligne SO1 (SO1 signifiait que les lettres adressées à Hubbard étaient supposées
recevoir une réponse personnelle de sa part, ce qui n'était pas le cas : c'est l'unité SO1
qui recevait l'entraînement nécessaire pour repondre et imiter la signature de Hubbard à la
perfection).
Je me levais à 5h45 et nous nous retrouvâmes au garage de l'hôtel Fort Harrison [principal
bâtiment du QG de la secte à Tampa] Il y eut l'appel, puis nous allâmes faire les "
nettoyages ", c'est à dire les corridors et salles de bains du Fort Harrison. Ensuite, déjeûner,
puis de nouveau appel, puis cinq heures d'étude. Après cela, retour au maniement des dossiers de
la SO1. Puis un dernier rassemblement avant d'aller au lit. Il y avait encore une vérification au lit pour
tous.
Voici les règles du RPF :
- Interdiction de marcher : il faut courir sans cesse.
- Interdicion de parler à quiconque hors du RPF
- Il n'était pas autorisé d'émettre une communication quelconque, que ce soit par écrit
ou oralement, sauf situation d'urgence, à quiconque en dehors du RPF, ou à moins d'en avoir obtenu
l'autorisation expresse de vos supérieurs sur le RPF.
- On ne vous autorisait pas à aller où que ce soit de votre propre initiative, à moins d'y
être autorisé d'avance. Même pour aller aux toilettes, il fallait être accompagné.
Ceux qui voyaient qui que ce soit aller seuls quelque part devaient les accompagner et en faire le rapport, sous
peine d'ennuis.
- Il fallait appeler les supérieurs du RPF " Sir " [marque très polie et déférente
en anglais] en leur parlant, et, en cas de necessité, parler aux membres exterieurs au RPF, en s'adressant
également à eux par " Sir ".
- Tout courrier qu'on expédiait devait être fourni dans une enveloppe ouverte, timbrée, et
mis à la boîte aux lettres du RPF. Le Maître d'Armes du RPF lisait tout ce qui partait. Il était
interdit d'envoyer quoi que ce soit directement hors du RPF, et en particulier, le courrier personnel.
- Seuls les lieux désignés pour le RPF étaient fréquentables par les membres du RPF.
Il s'agissait pour moi du Garage du Fort-Harrison (garage de quatre étages en spirale), et de la salle de
cours du RPF, au second étage du garage. On n'avait pas le droit d'aller où que ce soit d'autre,
sauf pendant les nettoyages du reste des bâtiments du Fort Harrison.
- Obligation de porter des bleus de travail bleus ou noirs, ou des chemises et pantalons équivalents.
- Aucun " luxe " (leur propre terme) n'était autorisé, comme de la musique ou voir la
TV. (Une fois, une douzaine de staffs furent expédiés au RPF des RPF [l'enfer des enfers en scientologie]
pour avoir regardé la TV alors qu'ils étaient malades ensemble dans une chambre), jeux de cartes,
parfums etc...toutes ces choses étaient interdites.
- Il existe un Ordre de la série 3434 appelé " Rocks and shoals " [éceuils, hauts
fonds] contenant des pénalités attribuées pour toute incartade telle que ne pas appeler un
supérieur " Sir ", marcher au lieu de courir, laisser une tache sur un miroir qu'on avait frotté,
etc. Les pénalités consistaient à faire tant de tours de piste (un tour consistant à
monter et redescendre la rampe du garage en courant), ou en pompes et autres exercices.
Quand je suis arrivée au RPF, je suis allée voir le Maître d'Armes, responsable de la discipline,
et l'on me donna des formulaires à signer. Je ne me rappelle pas lesquels, je ne me souviens pas les avoir
lus. Je me rappelle vaguement que l'un disait que j'entrais au RPF de mon plein gré pour parvenir à
la rédemption, que l'on m'y traîtait bien, que j'y étais bien nourrie, etc...Je ne me rappelle
pas du tout ce que j'ai signé d'autre. J'étais encore en état de choc d'avoir été
assignée au RPF, je sais seulement qu'il s'agissait de formulaires émanant du G.O. [les services
secrets de la secte, anciennement appelés Guardian Office c'est à dire Bureau du Gardien, désormais
appelé OSA, Office des Affaires Spéciales]
La seconde étape consistait à être " dirigée dans le RPF " [routage est
l'équivalent anglais du terme utilisé], en commençant par découvrir dans quelle "
condition " j'étais pour moi-même, (le RPF correspondant en soi à la condition de risque
pour le Groupe scientologue, c'est à dire votre relation avec les autres scientos). Lorsque vous remontez
la "formule de Risque", vous êtes censé faire signer votre formule écrite à
tous les membres du personnel de la Base de Flag. [ces étapes écrites montrent que vous avez
expié et fait amende pour vos actes néfastes envers la scientologie, et que vous êtes prèts
à reprendre votre participation dans le groupe) ; ce n'est qu'alors qu'on vous considère sorti du
RPF. La condition est alors remplie pleinement en ce qui concerne le groupe.
Pour achever le RPF, on doit co-auditer le programme du RPF 5 heures par jour, durant les heures allouées
à l'étude. Le programme, quand j'y étais, consistait en :
- Confession classée (questionnaires de sécurité envers vos propres actions néfastes)
- Procédure sur les drogues amplifiée, incluant une batterie de procédés " Objectifs
".
- Méthode Un de Clarification des mots. [autre procédé spécial pour l'étude]
- Dianétique Amplifiée [supposée manier les buts malfaisants] incluant le maniement des
Rockslams [les mouvements supposés détecter ces buts néfastes].
- Conditions et Echanges par dynamiques [(procédés complexes) aboutissant au lavage de cerveau
recherché .]
Dans le RPF, tout le monde a un 'jumeau' à co-auditer. Non seulement on doit finir le programme pour
soi, mais de surcroît il faut le faire achever à l'autre.
Les actions d'audition sont apprises et exécutées d'affilée (On apprend la théorie,
on fait les exercices, on audite après vérification par le superviseur du RPF).
Tout a lieu dans une même salle sur des tables alignées. C'est très dur en premier lieu
de s'y faire, et au bout d'un moment ça cesse de vous gèner, vous vous fichez de toutes ces inepties
que vous dites en séance d'audition et que d'autres entendent, car vous savez que tous les autres sont aussi
fous que vous. C'est ainsi que pensent la plupart de gens là-bas.
Après avoir été un moment au RPF, vous apprenez " à accepter le fait que vous
êtes cinglé et que c'est pour cette raison que vous faites le RPF ".
Quand on était audité, il y avait pas mal de gens qui piquaient des crises durant leur séance
(ils commençaient à hurler, pleurer etc... pendant la séance). Le superviseur technique les
sortait alors de la pièce et ils continuaient à s'auditer dans le garage.
La Paie au RPF
Nous recevions 2O F par semaine (4 dollars). Si nous avions du savon à acheter, ou des cigarettes ou
quelque chose du genre, on donnait une liste de ce qu'il fallait et l'argent à celui qui faisait les courses
une fois par semaine. Nous n'avions pas le droit d'y aller nous-mêmes : pas le droit de mettre un pied hors
du bâtiment !
J'étais " sur le pont " [en raison du terme pont, dans la marine] travaillant sur des projets
depuis plusieurs mois . Je devins alors Responsable Technique d'un des deux postes. Au bout de quelques temps j'ai
eu des difficultés pour dormir, mon audition tournait mal. Ma tête foutait le camp. J'étais
habituée au travail de nuit, ayant été " messagère ", aussi j'ai demandé
à devenir superviseur des cas du RPF [superviseur des cas : la personne responsable des programmes d'audition
et du redressement des erreurs d'audition]. Je lisais toutes les séances chaque nuit, mettais leur notation
aux auditeurs, et décidais quoi faire parcourir aux préclairs [les patients en scientologie] le jour
suivant. C'est ce que je fis jusqu'à ce que je quitte.
Lorsque je vins pour la première fois au RPF, on mangeait sur une table dans le garage. Quand vint l'hiver,
il faisait un peu froid, et cela faisait mauvais effet pour les gens du public qui venaient se faire auditer (en
payant) à Flag, qui nous auraient vus. Ces personnes venant se faire auditer nous croisaient en allant reprendre
leurs voitures. On nous mit alors dans une salle à manger " inférieure " des staffs, où
nous allions manger après que les autres staffs aient achevé leur repas.
C'est ainsi qu'on dort
Pour dormir, c'était très moche. Les hommes dormaient dans ce qu'on
appelle la salle de cours du RPF pendant la journée, une veille pièce de stockage sans fenètres.
Ils mettaient leurs matelas par terre, la pièce en était entièrement couverte. Quant à
moi, aux débuts, les filles dormaient dans un couloir proche de l'ascenseur conduisant au garage. Des matelas
y couvraient également le sol. On nous transféra ailleurs au Fort Harrison, dans une autre vieille
pièce de stockage sans fenètres. Ils nous laissaient faire tourner les ventilateurs pendant la nuit
pour qu'on ne suffoque pas, mais la porte était fermée pour empècher les gens de filer à
l'anglaise. Un MAA du RPF ou quelque supérieur du sommet du RPF dormait près de la porte, et des
vérifications de lit étaient faites chaque nuit. Il y avait aussi constamment les gardes de la sécurité
du Fort Harisson, plus un 'garde du RPF' passant la nuit au garage.
En Décembre 1978, on nous mit dans un entrepôt situé dans le garage. C'était fait
partie en bois, partie béton, construit contre un des murs du garage pour servir d'entrepôt, mais
le RPF devint tellement important qu'on le transforma pour en faire le dortoir des filles ; on y fit des sortes
de lits à étages sommaires, environ la moitié de la taille d'un lit à deux places,
ou moins, empilés sur trois ou quatre hauteurs et posés côte à côte. Il fallait
ramper dans une sorte de tunnel pour aller coucher. Le pire, c'est que nous inhalions toute la fumée des
voitures passant dans le garage, en plus du bruit qu'elles faisaient en entrant ou en sortant.
Nous avions des visites de routine de la part des Officiels de Tampa (la ville où est installée
le QG de la secte) s'occupant de la Sécurité incendie et de la Santé. D'une manière
ou d'une autre, le GO (service secret) savait quand cela allait arriver, et nous étions prévenus.
Quand ils arrivaient, nous empilions les matelas, boites et toutes sortes de machins qui servaient dans ce "
dortoir " pour que ça ait l'air dêtre un entrepôt. Les officiels ne soupçonnèrent
apparemment jamais que des gens habitaient là. Si un officiel débarquait sans prévenir, quelqu'un
du GO le déroutait vers des zônes du Fort Harrison qu'il pouvait visiter, pendant que nous retransformions
ça en entrepôt. Les staffs du Fort Harrison n'étaient pas mieux lotis : nombre d'entre eux
dormaient dans de toute petites chambres à 6 ou 8. Lorsque des officiels arrivaient, on mettait un panneau
" Confession en cours " afin que personne n'entrât, et le GO ne faisait voir que les quelques chambres
à deux ou trois lits.
Je trouve particulièrement difficile de décrire ce qui m'est arrivé, mentalement et émotionnellement,
lors du RPF. J'ai passé les premières semaines à recevoir vérification de sécurité
sur vérification de sécurité. La première concernait tout ce que j'avais pu dire ou
fait à quiconque au moment où j'avais filé à l'anglaise, et tous les " actes néfastes
" alors que je me trouvais en poste au 'WHQ', le Quartier Général Ouest à La Quinta,
Californie. Je reçus ensuite la visite de quelqu'un du GO m'accusant d'avoir pris de l'argent au WHQ. On
me fit une vérification de sécurité à ce propos. Puis à propos de mon poste
de Messagère, je reçus une vérification de sécurité spécialement écrite
par CMO [Organisation des messagers du Commodore Hubbard], concernant tout ce que j'avais pu voir ou savoir à
ce moment.
Une fois ceci achevé , on m'assigna un " jumeau " et j'entamai mon programme d'audition du
RPF. C'est à ce moment que je me rendis compte que j'avais 'rockslammé' (voir page 1) et que j'étais
donc un " cas R/S liste 1 ", [personne supposée totalement psychotique ou suppressive], car la
personne avec qui on m'avait mise était un cas à R/S liste 1 ; or, on ne mettait jamais ces cas autrement
qu'ensemble, selon les règles du RPF, celles du programme 3434. J'avais évidemment rockslammé
sur une vérification de sécurité et l'on me considérait dès lors comme une menace
pour LRH.
retour
On y devient fou
Ceci me causa un très grand choc, car je savais que les rockslammeurs de liste 1 étaient des gens
suppressifs, et que j'étais donc une personne suppressive, ce qui d'après leurs règlements,
voulait dire que j'étais malfaisante et psychotique. Il me fallut des semaines pour pouvoir " accepter
" le fait que j'étais une SP (Personne Suppressive) et que j'avais besoin du RPF, que c'était
mon unique espoir de salut.
Cette histoire de psychose vous est tout à fait imposée alors que vous êtes au RPF. Lorsque
je pensais n'être pas capable de manier le RPF, j'avais parlé au Maître d'Armes du RPF à
ce propos, qui me fit lire les lettres de règlements d'Hubbard - les " policies " concernant les
Rockslams et les rockslammeurs, la pyschose et les psychotiques. Puis il m'expliqua comment le RPF était
combiné pour leur maniement, les psychotiques ne pouvant obéir aux ordres, ni finir les cycles d'action
(en d'autres termes, ils n'étaient pas capables de finir ce qu'ils entamaient). On vous raconte que les
règles du RPF sont là pour tenir sous contrôle les psychoses de toute personne, jusqu'à
ce qu'on puisse les auditer et les manier.
Lors des rassemblements, les gens disent leurs " succès, leurs gains ", du genre : " Aujourd'hui,
j'ai réalisé pourquoi j'étais au RPF. J'y suis parce que je suis vraiment psychotique à
propos de plusieurs choses, et qu'il faut vraiment que je manie ça. Et tout ce que j'ai à dire, c'est
merci à LRH de me donner cette chance d'être manié et d'obtenir la rédemption. "
" Aujourd'hui en audition, nous avons manié une psychose que j'avais depuis des trillions d'années,
nous l'avons remontée jusqu'au basique [premier élément d'une chaîne d'éléments
mentaux, cet élément étant supposé tenir la chaîne et l'aberration qui en découle].
Je sais que je n'aurai plus jamais cette psychose. "
" Je viens de finir de manier un cycle d'éthique avec le MAA du RPF et c'est probabalement la meilleure
chose qui me soit jamais arrivée. J'ai découvert que mon éthique n'avait jamais été
convenable depuis que je suis entré en scientologie ; comme mon éthique n'était pas en place,
la tech [de Hubbard] ne fonctionnait pas sur moi, si bien que je n'obtenais pas les gains que j'aurais dû
avoir. Je peux donc enfin dire que je suis un vrai scientologue et que je sais que la tech de Ron est la plus grandiose
existant au monde. "
Après ces sorties, tout le monde applaudissait dans la salle de cours. Il ne s'agit que de quelques exemples
de ce qui se disait.
L'enfer des enfers scientologues: le "RPF
du RPF"
A l'intérieur du RPF, il y a le RPF du RPF. C'est là qu'on envoie les gens qui n'ont pas réalisé
qu'ils avaient besoin du RPF. A Clearwater, on les envoyait à la chaufferie sous bonne guarde, évidemment,
et là, il fallait qu'ils passent les journées complètes à nettoyer les tuyaux et les
murs de la chaufferie.
On les maintient à l'écart des autres membres du RPF. On leur donne un crayon et un papier pour
écrire leurs exactions et remonter leurs 'conditions d'éthique' les plus basses, pendant qu'ils sont
à la chaufferie. Ils ont droit à 15 minutes pour se doucher avant de se coucher, à 5 heures
de sommeil en moyenne,. Ils mangent après que le RPF ait achevé son repas, et ont à peine
le temps de le faire. Ils faisaient ça jusqu'à ce qu'ils réalisent à quel point ils
étaient mauvais et suppressifs et à quel point ils avaient besoin du RPF.
Privation de calins... même pour les
gens mariés
Pendant que j'étais là-bas, une douzaine de gens ont été expédiés
sur le RPF du RPF. L'un d'eux avait été expédié parce qu'il avait glissé dans
les escaliers et déclenché la sirène d'incendie par accident. Habituellement, ceux qu'on y
envoyait étaient ceux qui voulaient s'en aller ou qui s'étaient engagés dans quelque affaire
de sexe façon Hubbard [ceci signifiant qu'il pouvait s'agir d'une caresse sur la main ou d'un baiser]. Il
était interdit, à moins d'être marié, d'avoir des relations avec quelqu'un de sexe opposé.
Les gens mariés voyaient leur époux (épouse) pendant l'interruption de repas d'une demi-heure.
L'époux devait rejoindre le membre du RPF pendant le repas, car ceux du RPF ne pouvaient pas sortir. Si
les " statistiques " du membre du RPF étaient bonnes, ils avaient droit à une nuit ensemble
par semaine, après le repas du soir, mais devaient revenir dès le lendemain au rassemblement matinal.
La pièce autorisée pour cette nuit " dehors " était le centre de soins, qui ne servait
pas la nuit. Le couple y balançait ses matelas et y dormait.
La seule " nuit extérieure " fut ensuite annulée par LRH vers Juin-Juillet 78. Les membres
du RPF n'avaient plus droit aux contacts avec leur époux sauf une fois par jour aux repas. Cela se trouvait
dans un Ordre de Flag 3434 de LRH.
retour
Privation de voir ses enfants...
S'ils avaient des enfants, les gens du RPF pouvaient les voir durant l'heure de repas, plus une heure chaque
semaine si leurs statistiques étaient bonnes.
L'audition du RPF m'a pratiquement détruite. J'avais beaucoup de mal à " retourner dans le
passé, dans les vies antiérieures ".Après avoir appris les " remèdes aux
difficultés à aller dans les vies antérieures " où l'on apprend à dire
n'importe quelle truc qui vous saute à l'esprit, genre monstres ou navires spatiaux en guerre, ou n'importe
quel truc, mon imagination commença à ficher le camp dans tous les sens, j'avais deux ou trois images
qui me sautaient dessus à la fois, je n'arrivais pas à savoir laquelle était dans les vies
antérieures, ou s'il s'agissait de mon imagination, ou si toutes arrivaient en même temps des vies
antérieures, etc. On m'auditait sur des trucs que j'avais déjà vus. J'ai eu 3 ou 4 "
procédures sur les drogues ", " revérifications de ma Méthode 1 "[voir plus
haut] 35 heures de " Procédure d'Ouverture par Duplication " [un procédé durant
lequel vous vous promenez d'une table avec une bouteille dessus à une autre table avec une bouteille dessus,
en les décrivant, pendant des heures entières, des semaines durant, dans certains cas]. J'étais
très bouleversée, et plus je l'étais, plus on me donnait d'audition. Comme mon programme d'audition
allait de mal en pis, je devenais de plus en plus une menace pour la sécurité, et on me remit sur
les vérifications de sécurité pour m'extraire mes actes néfastes, mes retenues, etc.
Je me tus, en fin de compte, et leur laissais auditer ce qui les amusait.
Ceci m'amena à la " Dianétique Amplifiée ", c'est là que s'auditent les
" buts malfaisants ", les mauvaises intentions, c'est là qu'on manie vos " rockslams ".
Les buts malfaisants, c'est le genre " vouloir tuer " " désirer détruire " "
vouloir tout casser " etc. Je dois en avoir parcouru des dizaines, lorsqu'ils en sont venus à ce maniement
des rockslams. C'était vers début 78, je pense. J'ai beaucoup perdu le sens du temps. Tous les jours
étaient pareils. Sans rien qui changeât. Les week-ends ? identiques à la semaine. Tout cela
me fait l'effet d'un gros mélange, plus encore après que j'aie entamé la Dianétique
amplifiée et que ma tête ait vraiment commencé à mal aller. J'étais la majorité
du temps dans une sorte de nuage, de brouillard, c'est à peu près tout ce que je peux en dire.
Ce maniement des Rockslams fut non seulement le moment où ma tête alla mal, mais en plus, j'avais
la sensation d'être k.o., druggie, dans les vapes. Je passais en audition ces " buts malfaisants "
liés aux Rockslams, et je commençais à gueuler, et à voir les choses les plus étranges,
du genre " être un autre ", " exploser une planète ", " se suicider "
" ne jamais grandir ", " me tuer ", " détruire des corps " ; une liste sans
fin. Ma tête était complètement coincée - dans les vapes, là-dessus. Je veux
dire que je me sentais la plus abominable de toutes les personnes ayant jamais vécu. Je ne sais comment
décrire ce qui se passait dans ma tête à cette époque, ça bouillait. Je me souviens
avoir passé la moitié du temps vaguement morte. Je faisais les choses, comme si je me regardais en
train de les faire sans m'en rendre vraiment compte, comme s'il s'agissait d'un autre en train d'agir ; je gueulais
après mon auditeur, je jetais les boites de l'électromètre [le patient est lié à
l'électromètre par des boites servant d'électrodes], je refusais d'aller en séance,
je faisais une vraie scène. Ca finissait en éthique et on me collait une " garde de corps "
sur le dos.
Malade... mais pas soignée
Cela dura des semaines, je pense. Dans l'état où je me trouvais, ça peut avoir duré
aussi bien deux jours que deux mois. C'est vers cette période que te tombais malade, on me mit " hors-poste
". J'étais " malade débarquée ". Ca dura quelques jours , avec une forte fièvre.
Un matin, les gens du RPF me réveillèrent très tôt pour me faire prendre ma température,
je leur dis que c'était trop tôt, ils me forcèrent à prendre le thermomètre dans
la bouche, à deux ; ce que je fis ; j'allais aux toilettes, du fait que je venais de me réveiller;
ma température était encore élevée. Ils s'en allèrent, et tout de suite après,
c'est le Maître d'armes du RPF qui arriva, me faisant quitter mon lit. J'étais en colère, bouleversée
et fiévreuse. On me remit au travail parce que les autres avaient fait un rapport comme quoi j'étais
allée dans la salle de bains avec le thermomètre et que je l'avais passé à l'eau chaude
pour faire monter la colonne de mercure...
Il y a un ordre de LRH disant qu'on doit maintenir les malades à l'écart des autres. Une fois
que l'Officier Médical [c'est un type vaguement formé à quelques techniques d'Hubbard, mais
généralement ni un médecin, ni même un infirmier] vit qu'on m'avait contrainte à
ne plus être isolée, elle vint me voir et me reprit la température, qui était toujours
élevée, si bien qu'elle me renvoya chez les malades.
Quand je quittais finalement le " débarquement pour maladie ", c'était un soir. J'allai
dans la salle de cours du RPF où l'on avait affiché une bulletin me jetant hors de mon poste et me
remettant " sur le pont ". Je n'étais pas capable de manier cela, dans l'état d'esprit
qui était le mien. Mon audition était dingue et la seule chose à laquelle je pouvais tenir
dans la vie, c'était mon poste de C/S.
FUIR
Je vis l'ordre affiché, fis demi-tour, et j'allais me servir du téléphone intérieur
du corridor.
J'appelle le " Chargé d'Inscription " de Fort Harrison sous un faux nom, la convaincant de
me donner le numéro d'appel d'un autre scientologue à Clearwater. Cette persone était la seule
que je connaisse qui ne soit pas membre de la S.O. [Sea Org : Organisation Maritime, les staffs les plus dévoués
à LRH], pensant que cette personne ne moucharderait pas. Je fis alors le mur, et commençais à
errer en ville. Personne ne m'avait vue, car comme j'avais juste quitté les malades et que nul ne le savait
encore, je n'étais pas sous bonne garde.
J'ai marché un quart d'heure comme un zombie, un peu comme si ma tête était hors de tout
espace ; rien ne me venait à l'esprit, vide complet, un zombie, quoi. Je ne remarquais rien de ce qui m'entourait
; je ne savais pas où j'allais, je marchais, quoi. Au bout du quart d'heure, j'ai commencé à
réaliser que je venais tout bêtement de faire le mur. J'étais très très ennuyée,
j'étais pétrifiée ; je voulais rentrer mais si je le faisais, je serais de nouveau sous bonne
garde et envoyée au RPF du RPF. On me remettrait à nouveau sur la liste des " Mauvais Indicateurs
" , ces gens placés sous garde continuelle. J'étais sur la liste des Mauvais Indicateurs quand
on m'avait sortie de mon poste de Superviseur, mais comme je n'étais pas encore sortie de la pièce
des malades, on n'avait pas encore commencé à me garder.
Je ne sais pas où j'étais, quelque part dans Harrison Avenue , peut-être ? Je me suis assise
sur un trottoir pour réfléchir. Puis je me suis souvenue que j'avais le numéro de mon amie,
je l'ai donc appelée depuis une cabine. Elle me dit le chemin pour aller chez elle. C'était à
7 ou 8 kilomètres. J'ai marché, et en y arrivant, il y avait quatre ou cinq gars qui m'attendaient...
Je ne sais pas si c'est mon amie qui leur avait dit, ou si quelqu'un m'avait entendue quand j'avais demandé
son numéro. J'ai complètement perdu la tête en les voyant ; j'ai hurlé, pleuré,
leur disant que je voulais voir mon amie seule à seule. J'ai été très incohérente
en lui parlant. Les larmes coulaient, ce que je disais ne voulait pas dire grand chose, je continuais à
crier que je ne pourrais plus continuer le RPF, que ce n'était pas de leur faute, mais de la mienne ; que
j'avais besoin de dianétique amplifiée, qu'il fallait que je manie ça moi-même parce
que j'étais psychotique, mais que je ne pouvais pas le faire dans le RPF, parce que j'étais trop
" restimulée " et que je n'arriverais donc jamais à sortir du RPF, je disais comme ça
venait. Mon amie m'a convaincue de retourner sur le RPF. Elle m'a dit qu'il fallait être fou pour s'en aller
avec une " dette de déserteur " pareille, que je ne pourrais jamais la payer. [la scientologie
fait payer tous les services de formation et autres qui ont été pris par un membre du personnel,
si celui-ci sen va avant d'avoir rempli son contrat, même celui d'un milliard d'années ! C'est évidemment
illégal, mais cela augmente la pression exercée ; cette pratique se nomme " dette de déserteur
"]
Elle me raconta qu'un de nos amis avait quitté la sciento et s'était tué peu après
dans un accident de moto. Que j'allais fabriquer un " Motivateur " [si vous faites une mauvaise action,
vous pouvez vous punir vous-même, c'est l'idée du Motivateur]. Finalement, je fus d'accord pour revenir
et être " routée dehors " de l'Organisation Maritime.
Les gars m'escortèrent donc, on me mit sous garde immédiate. Je pense qu'on était début
Août. Les semaines suivantes me laissent le souvenir d'un brouillard indistinct - une masse de confusion.
Je sais qu'on m'a fait une " Cour d'Ethique " [Justice disciplinaire scientologue à caractère
grave], un Comité d'Evidence [plus grave encore] avec des témoignages. Tout cela servant à
démontrer à quel point j'étais mauvaise de vouloir quitter. Si je commençais à
" douter " de la scientologie, le Maître d'Armes me disait que je n'appliquais pas convenablement
les " formules " d'éthique, et me faisait tout recommencer. Peu à peu, je devenais folle.J'étais
gardée tout le temps, et refusais la plupart du temps de travailler. Finalement, on en vint à ce
qu'ils me laissent simplement assise là, sans rien faire, ou en train de remplir mes formules de conditions
d'éthique à longueur de journées. Parfois, il y avait deux personnes pour me garder. L'un
des Maîtres d'armes a essayé de me balancer au RPF du RPF, mais j'ai hurlé et crié que
s'il me touchait, je le mordrais. Ils me laissèrent m'asseoir là, me harassant de temps à
autre en me disant que je serais " déserteuse" ; ils me disaient " Tu ne crois pas que tu
pourrais au moins travailler un peu, ne serait-ce que pour payer le pain que tu manges ? " à quoi je
répondais " Non. " Je crois qu'ils en étaient arrivés au point où il ne savaient
plus que faire de moi.
J'ai finalement dit que s'ils ne me laissaient pas partir, je deviendrais folle.
retour
Amnistie façon sciento...
Le CMO [personnage haut placé] annonça alors que L. R. Hubbard avait accepté une "
amnistie pour les membres du RPF ". Quand j'étais arrivée, nous étions une quarantaine
; nous étions désormais 130 à 150, la plupart n'arrivant pas à finir le RPF. L'amnistie
?... nous avions le droit de quitter le RPF si nous voulions ; nous n'aurions pas de "dette de déserteurs",
(environ 30 à 40000 dollars par personne), nous serions des scientologues " reconnus en bon standing
", mais ne pourrions plus jamais retravailler sur le staff à moins de payer entièrement le programme
d'audition du RPF que nous serions contraints de faire.
Cela signifiait que je pouvais partir et ne pas avoir de dette de déserteur. Cela comptait beaucoup pour
moi, sachant que je ne pourrais jamais payer la dette, et que la scientologie était enragée à
récupérer les sous. Mais je n'avais pas non plus d'argent pour payer l'audition du programme proposé,
étant donné que j'avais travaillé pour eux pendant sept ans, sept jours sur sept, sans avoir
perçu de salaire réel.[maximum : 24 dollars/semaine]. J'étais prise dans un choix impossible.
Le lavage de cerveau me faisait gober le fait qu'il me fallait absolument l'audition du RPF, mais je n'avais pas
les moyens ; si je ne pouvais avoir les sous, je ne pourrais pas continuer la scientologie.
J'acceptai l'amnistie avec 7 ou 8 autres. Nous reçûmes alors des tonnes de vérifications
de sécurité pour savoir si nous emmenions des documents de scientologie avec nous, quelles étaient
nos intentions en partant, etc. Nos bagages et nos affaires furent fouillés pour s'assurer que nous n'avions
aucun document interne, etc. Ils fouillèrent nos dossiers de patients [contenant toutes les confessions
d'audition] et firent une liste de tout ce qui pouvait être utilisé contre nous, genre crimes ou délits
de cette vie-ci, y compris avoir volé, avoir vendu de la drogue, s'être prostitué, etc, tout
ce que la société considère immoral. Ces listes étaient alors transformées en
" affidavits " [témoignages légaux] et nous étions contraints de les signer. On
nous emmena alors au bureau du G.O. [service secret] pour signer d'autres formulaires ; je ne sais quoi, je ne
me rappelle pas lesquels ; on me donna un stylo, je signai.
Le 2 septembre 1978, je pris l'avion pour le Colorado, avec un billet payé par mes parents.
Je pourrais résumer le RPF en une phrase : il s'agit D'UN PROCEDE PAR LEQUEL ON VOUS FAIT CROIRE QUE
VOUS ETES FOU, ET QUI VOUS REND VRAIMENT FOU.
APRES MON DEPART
Une fois au Colorado, j'ai passé la première journée collée dans un fauteuil à
écouter de la musique. Je n'en ai pas bougé jusqu'à 2 heures du matin. Je n'avais envie de
rien d'autre au monde que d'écouter de la musique.
Bien que je vive actuellement dans la terreur à cause de ce que j'ai subi en scientologie, contrôle
constant et privations m'ont laissé une appréciation pour les choses simples de l'existence, des
choses comme aller faire une promenade à pied ou en voiture, sentir le soleil sur soi, tout cela sans avoir
quelqu'un sur le dos constamment en train de vous dire quoi dire et quoi faire ou pas. Je ne crois pas avoir jamais
compris avant la liberté, ce que c'est qu'être libre, jusqu'à ce qu'on m'ait volé ma
liberté.
Peu après mon retour à la maison, la catastrophe de Jonestown [930 morts 'suicidés' de
la secte du Guyana) est arrivée, et c'est ce qui m'ouvrit les yeux. Si Hubbard m'avait tendu le verre de
poison en me disant de le boire, je l'aurais fait, sans me poser de questions et sans arrière-pensées.
C'est à ce moment-là qu'eut lieu le choc qui me sortit de la scientologie.
J'ai écrit ensuite à quelques amis scientologues avec qui j'étais restée en contact,
leur disant que je n'étais plus scientologue. Aucun n'a répondu, mais peu après, je reçus
un " Ordre d'Ethique " me déclarant " Personne Suppressive " et m'expulsant de "
l'église ".
Mentalement et émotionnellement, j'ai traversé des traumatismes réels pour m'adapter au
monde extérieur. J'ai fait l'expérience d'un vrai choc de culture. Mes parents m'ont aidée.
Ils m'ont laissé seule les premiers mois, je dormais et me reposais la plupart du temps. De temps en temps,
ils m'emmenaient faire un tour dans les montagnes. Maman fut très compréhensive et ne me demanda
jamais de parler de mes expériences, mais si je voulais parler, elle était là. Ils ne me firent
jamais sentir que j'avais été stupide de faire ce que j'avais fait ; mais je me sentais idiote de
l'avoir fait. J'ai commencé à sortir du brouillard au bout de deux mois, grâce à beaucoup
d'amour et de tendresse.
J'avais 23 ans, je ne savais rien sur des choses comme :ouvrir un compte en banque, les taxes , les investissements,
acheter une auto, la sécurité sociale (c'est un truc dont on m'avait dit que ça avait trait
à la retraite). Je me souvenais avoir entendu parler du Watergate, mais je n'avais qu'une impression assez
vague sur le fait que Nixon avait dû s'en aller à cause d'un truc qu'il avait fait au parti Démocrate.
J'ai aussi vécu quelque chose qui a l'air généralisé chez tous ceux qui sont sortis
d'une secte : une sorte de vide, dans lequel tout ce que vous aviez cru ayant disparu, cela ne vous laisse plus
rien en quoi croire. C'est très étrange. J'ai passé une longue période durant laquelle
je ne croyais en rien du tout, ni la TV, ni les livres, les journaux etc. Je ne croyais rien, puisque je m'étais
trompée à ce point moi-même, comment pourrais-je croire quoi que ce soit ensuite ?
Etude du "Contrôle mental"
J'ai alors étudié le contrôle du mental et ses effets. J'ai commencé à comprendre
ce qui m'était arrivé.
Vers Janvier-Février 1979, j'ai décidé de faire quelque chose à propos de la scientologie.
J'avais entendu que le Sénateur Dole faisait une enquète sur les sectes. Je lui ai écrit au
sujet de la scientologie, de LRH, du RPF. Je n'avais pas signé de mon nom, mais je pense qu'il était
possible de savoir qui avait écrit à cause des détails. De toute façon, peu après,
j'ai commencé à recevoir des appels téléphoniques menaçants. Lors d'un des appels,
on m'a dit " Tu aimes tes parents, n'est-ce-pas ? ", puis on a ricané et raccroché.
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Accident vraiment étrange
L'incident suivant est assez vague et je n'en suis pas très sûre.
Après un de ces appels menaçants, je suis allée au restaurant où je rencontrais
généralement mon frère et des copains, près de chez mon frère. Je me rappelle
avoir demandé un " Tequila Sunrise " en attendant mon frère ; j'ai parlé à
un type que je ne connaissais pas, qui s'est approché de moi ; il est parti assez vite. Je suis sortie peu
après, en me sentant un peu bizarre, et la chose suivante qui me revient, c'est que j'étais au service
psychiatrique de l'hopital. Mes dents de devant étaient cassées. Apparemment, j'avais perdu l'équilibre
et j'étais tombée sur le visage. Le médecin m'a dit qu'au laboratoire ils avaient trouvé
des amphétamines, de la thorazine et d'autres médicaments dans mon sang.
Je ne prends aucun truc de ce type, et n'y ai pas accès. L'aspirine, c'est à peu près ce
que je prends de plus costaud. Je n'ai pas le moindre souvenir d'avoir pris ces médicaments. Je n'ai pas
souvenir du moment écoulé entre le restaurant et le service psychiatrique. J'essaie de savoir ce
que j'ai fait les jours qui ont précédé.
Je ne sais ce qui m'est arrivé. J'ai reçu, quelques jours plus tard, un appel au travail. Celui
qui appelait a dit " la prochaine fois, tu n'auras pas autant de chance ".
J'ai consulté un thérapeute de l'Association pour la Santé Mentale après être
partie de l'hopital. J'étais d'abord terrifiée et glacée. Puis j'ai ressenti une haine et
une colère des plus violentes, dabord contre moi, puis contre la scientologie. En me retournant sur moi,
j'ai été à deux doigts de me loger une balle dans la tête.
C'est bien loin désormais, et la colère m'a quittée. Je suis toujours bouleversée
en parlant ou en pensant au RPF ou à ce qui m'est arrivé à l'hopital. Je tremble, j'ai froid,
je souffre d'insomnies. Il y a des moments où je 'reviens dans le passé', dans le brouillard. Ca
ne dure que quelques secondes. Cela m'arrive quand je suis inconfortable, comme lorsque je suis à côté
de quelqu'un que je ne connais pas. On me dit quelque chose, et j'entends ; mais le mental est vide en réponse.
Ca se produit même pour des gens qui me demandent l'heure, ou si on me demande si ce que j'ai mangé
était bon. Il me faut plusieurs secondes pour répondre, et quand je réponds, ça me
fait peur et me fait trembler pendant des heures.
J'ai déménagé en Californie en Juin 1979 pour commencer une nouvelle vie.
Poursuites par des scientologues
Peu après avoir déménagé, mes parents ont reçu des appels de gens qui disaient
être des " amis ", voulaient savoir où j'habitais, ces choses. Quelques mois plus tard,
quelqu'un a appelé mon dernier employeur au Colorado, disant qu'il était de " AVCO Finances
", qu'il faisait un contrôle d'emploi sur mon compte. Debbie, la fille qui répondit à
l'appel, a dit que je n'étais plus là. Celui qui appelait a pris l'air surpris, disant qu'il avait
une demande de prêt, et demanda mon adresse actuelle, qu'elle donna. Une autre amie m'appela et me dit ce
qui s'était passé. Je n'avais demandé aucun prêt. Maman a appelé les bureaux
d'AVCO Finances de la zône de Denver ; personne n'avait entendu parler de moi. J'ai demandé aux gens
de mon travail de ne donner aucun renseignement, sans mon avis. Heureusement, comme je venais de déménager,
l'adresse qu'avait donné Debbie était inexacte.
La semaine suivante, mon ancien patron a reçu un autre coup de téléphone. C'est une autre
fille qui a répondu ; la personne voulait parler avec la fille qui l'avait renseignée la semaine
précédente, au sujet de ma vérification d'emploi. Debbie prit l'appel, celle qui appelait
prétendit être " Janet, de la société Aetna Finances ". Elle lui dit qu'elle
voulait revérifier mon adresse ; mais Debbie refusa ; la femme qui appelait était furieuse et la
harcelait pour qu'elle la lui donne, puisqu'elle la lui avait déjà donnée la semaine précédente.
Mais Debbie lui répondit qu'on lui avait demandé de ne pas le faire, et " Janet " répondit
quelque chose du genre " Ah, vous êtes de mèche avec elle, et vous savez où elle
se trouve. " Elle disait que j'avais demandé un prêt et que cela empècherait que je l'aie.
Debbie lui a finalement raccroché au nez. La personne a rappelé de suite, demandé à
parler à Debbie.
" Janet ", dit qu'elle venait de parler avec son superviseur et qu'elle ne comprenait pas pourquoi
Debbie lui refusait l'information. Debbie lui dit de ne pas rappeler, " Janet " dit alors, bien, merci,
Mademoiselle Sheffield, ", en colère, et raccrocha. Debbie n'avait jamais donné son nom de famille
!
Peu après, j'ai contacté l'avocat Michael Flynn à Boston à propos de l'action de
groupe contre la scientologie ; mon superviseur, à mon travail, reçut un appel d'une personne qui
ne dit pas qui elle était. La personne prétendait que j'étais dure, mauvaise pour ses affaires,
que je causerais des pertes de clientèle... Ma chef a dit " Je ne sais de quoi vous parlez, Annie est
très bien. Bonne année. " Et elle a raccroché.
Je n'avais jamais été dure au téléphone chez ce patron, et si ça avait été
un client, ils se serait identifié, car nous les connaissions tous très bien.
J'ai lu les affaires concernant Washington, les vols, cambriolages, et espionnages téléphoniques
par le G.O., on m'a donné pas mal d'exemples où le GO a espionné les téléphones
d'anciens scientologues. Si le GO apprend que j'ai entamé cette procédure de groupe en justice contre
la secte, j'ai peur de ce qui risque de m'arriver.
Anne Rosenblum

(Message retransmis par Rev. Dennis ** The inFormer**
<inform@primenet.com>
Traduit par Roger GONNET
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