LE SECTICIDE
L'ANTI - SCIENTOLOGIE antisectes.net

LES DEUX VERSIONS D'UNE MEME HISTOIRE - Suite

Par Thomas C. Tobin

St Petersburg Times
4 Septembre 1997

[En bref: les avocats scientologues s'empètrent dans un tissu de mensonges, les mensonges ultérieurs ne faisant qu'empirer ceux qu'ils avaient  précédemment proférés; on peut vraiment ici crier au complot]
La description du décès de Lisa Mc Pherson, 36 ans, morte "aux bons soins" l'église de scientologie, ne ressemble guère au contenu sobre  dévoilé dans ses propres dossiers internes, dont nous avons désormais connaissance.

Ces rapports sont une liasse de notes manuscrites émanant de staffs scientologues d'en bas de l'échelle qui s'étaient occupés de Lisa Mc Pherson  à l'Hotel Fort Harrison, propriété de l'église, en Novembre et Décembre 1995.

Leur contenu - des pages et des pages de rapports quotidiens précis et vrais, contraste largement avec la version de la mort de Mc Pherson qu'avait donné l'église et son avocat de Los Angeles, Elliot Abelson.

Quand les médias avaient commencé à s'occuper de ce décès en Décembre 1996, on avait vu débarquer Abelson venu "remettre les choses à leur juste place".

Huit mois plus tard, alors que les autorités continuent l'enquète criminelle sur ce décès, le conte d'Abelson paraît très compromis sur les plans véracité, exactitude et vraisemblance.

La Scientologie cherchait-elle à cacher ce qui s'était passé pour Mc Pherson?

Non, disent les avocats de l'église.

Si l'affaire sonne différemment désormais, c'est parce que l'église elle-même en a appris davantage sur les circonstances, grâce à l'avancement de l'enquète, nous dit l'avocate de Tampa Laura Vaughan, que l'église a recruté dans l'équipe légale locale s'occupant du cas Mc Pherson.

"Il n'y avait aucune motivation ni intention douteuse de cacher quoi que ce soit", dit Vaughan; "nous en savons bien plus maintenant."

Quand l'affaire est venue au grand jour en Décembre, Abelson décrivait les 17 jours passés par Lisa Mc Pherson au Fort Harrison comme un genre de période de vacances dans un quatre étoiles.

Il disait qu'elle s'était inscrite pour se reposer et se détendre, que des amis lui rendaient visite;  qu'elle pouvait appeler le service de l'hotel et sortir comme elle le désirait.

Il disait qu'elle était brutalement tombée gravement malade le dernier jour de son séjour et qu'elle n'avait pas reçu de soins médicaux jusque là, qu'elle n'en avait d'ailleurs pas besoin... "Elle désirait simplement se refaire des forces," disait-il.

En effet, le communiqué de quatre pages, 1200 mots,  alors publié par l'église, consacrait quelques  mots pour dire ce qui était arrivé à Lisa. "Lisa Mc Pherson a fait un séjour à l'hotel Fort Harrison après un accident de voiture l'ayant traumatisée. Elle est brusquement tombée malade. Après avoir réussi à la convaincre de consulter, elle a accepté de voir un médecin de son choix, mais elle est morte en route."

Manquent ici tous les détails des notes internes de la scientologie, qui nous donnent une toute autre teinture : il est question d'une jeune femme  mentalement instable, agissant comme un robot, et pensant qu'elle est L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie.Elle se battait avec les gens s'occupant d'elle, recrachait ce qu'on lui donnait à manger ou le refusait. Elle se souillait, avait beaucoup maigri, et fini par ne plus pouvoir se lever.

Et, toujours contrairement à ce que prétendait Abelson, elle recevait des soins médicaux au Fort Harrison; les rapports des staffs indiquent que des scientologues ayant fait des études médicales la surveillaient, lui prescrivaient des sédatifs et lui administraient du magnésium par piqûres.

Le 17e jour, Mc Pherson mourait durant son transport en break dans un hopital distant de 40 kms, où elle devait rencontrer un médecin scientologue travaillant aux urgences.

Bien qu'Abelson ait dit voici quelques mois avoir soigneusement étudié l'affaire, il prétend aujourd'hui n'avoir même pas su l'existence des notes prises par les staffs. Il a aussi prétendu ne rien savoir de la mort de Mc Pherson avant qu'elle ne paraisse dans un journal, le 16 Décembre 1996.

"J'ignorais quantité de détails qu'on trouve dans ces notes", dit Abelson - je ne savais que ce qu'on m'avait dit."

Le fait qu'Abelson n'ai eût que des informations partielles ne l'a pas empèché d'accuser la Police de Clearwater d'exercer du parti-pris envers la scientologie; il stigmatisait les médias ayant osé parler de la mort de Mc Pherson, et affublait le Médecin Légiste Joan Wood du titre de "sale menteuse" après qu'elle ait fait une déclaration sur ce cas.

Ce type d'action correspond effectivement aux enseignements de L. Ron Hubbard, qui ordonnait de toujours attaquer, de frapper dur, ce qui permettrait de "remonter" lorsqu'on est attaqué.

Abelson déclare: "Je savais que leurs déclarations étaient fausses," dit Abelson en parlant des rapports de police et du médecin légiste - mais avais-je les données empiriques d'aujourd'hui? Non. Et quelqu'un d'autre en disposait-il? Non plus."

Quand on lui demande pourquoi les officiels de l'église n'ont pas montré ces rapports avant, Abelson répond qu'ils étaient éparpillés en divers bureaux de l'église, de Los Angeles à Clearwater.

Abelson et Vaughan,  désignés par l'église pour commenter cette affaire, disent croire que bien des détails émergeant des notes prises vont dans le sens des déclarations de l'église, et non le contraire.

Par exemple, ils citent le fait que Mc Pherson ait reçu des liquides au Fort Harrison et qu'elle ait été consciente durant les dernières heures. Le Médecin Légiste Wood avait dit aux journalistes que d'après l'autopsie, Mc Pherson devait avoir été inconsciente depuis 24 à 48 heures avant son décès, et qu'elle n'avait pas bu depuis 5 à 10 jours.

Les notes de l'église contredisent.

"Je pense que la vérité n'est pas aussi horrible que ce qui a été d'abord annoncé; il est surprenant de voir ce que peut déclencher l'absence partielle de données", dit Vaughan.

On peut en effet penser que ce qu'on sait maintenant dépasse amplement tout ce que la brève description publique des officiels de l'église. La comparaison avec la version antérieure fait apparaître bon nombre de contradictions.

UN TOUBIB A DOMICILE?

Dans son interview du 16 Décembre 96, Abelson déclarait que Mc Pherson n'avait reçu aucune aide médicale ou médication à l'hôtel. Il disait qu'il n'y en avait pas eu besoin.

Mais les notes de l'église montrent que Mc Pherson a reçu des doses de Chlorhydrate, un sédatif sur ordonnance, et qu'on lui a fait des piqüres de magnésium.  Un dentiste du staff lui a de plus fait ingurgiter de l'aspirine - au fond de la gorge.

Les notes indiquent par ailleurs que Mc Pherson était surveillée par Janice Johnson, un médecin non licencié en Floride, mais travaillant à l'Office de Liaison Médicale de l'église. Johnson rendait visite à Mc Pherson, lui prenait la température, lui administrait des médicaments, diagnostiquait une septicémie, déterminait qu'elle avait besoin d'antibiotiques et l'emmena à l'hopital. Un autre officier médical surveillait sa respiration et son pouls et avait suggéré un tube trachéo, disent les notes.

Les Officiels de l'église insistent sur le fait que Johnson n'agissait pas en tant que médecin. Mais les staffs de sciento l'appelent "Docteur" Johnson.

En outre, les officiels de l'église ont fait passer Johnson pour médecin dans une de leurs réclames télévisées de 1996 destinée à faire vendre des bouquins ou des cassettes. Johnson y donnait  un témoignage, habillée d'une blouse blanche et portant un sthétoscope. Elle était assise dans un cabinet de médecin et y parlait des ses "12 années de pratique de la médecine". Les rapports arizoniens, où Johnson a passé sa licence, montrent que ces 12 ans incluent le temps passé comme staff en scientologie.

UNE BELLE CHAMBRE D'HOTEL

Abelson parlait en Décembre et  Janvier d'un "séjour dans une belle chambre d'hôtel" à l'hôtel Fort Harisson.

Au journal télévisé: "Elle se reposait, dormait beaucoup, vraiment rien d'anormal avant la fin du séjour."

A cette époque, Mc Pherson était morte depuis un an, Abelson disait "qu'il avait soigneusement étudié l'affaire"

Il manquait nombre de détails à ses affirmations.

Abelson révélé plus tard que Mc Pherson devint violente le 4e jour de son séjour, et qu'elle faisait bien plus que taper dans  les murs.

L'avocate scientologue Sandy Weinberg a dit cet été que Mc Pherson "était profondément troublée mentalement, qu'elle se griffait, se mordait, qu'elle frappait partout, qu'elle tapait dans les murs et se frappait elle-même.

CHOISIR SON MEDECIN?

Abelson a plusieurs fois raconté que la décision d'emmener Mc Pherson à cet hopital venait d'elle. il disait que Mc Pherson ne faisait pas confiance aux médecins mais qu'on l'avait convaincue de voir un docteur scientologue travaillant à l'Hopital New Port Richey.

Mais les notes des staffs soulèvent le problème suivant: Mc Pherson était-elle en état de prendre une telle décision?

Durant la quinzaine, disent les notes, Mc Pherson était incohérente, rampait par terre, tombait de son lit, cassait des choses, frappait les gens, tapait les murs, refusait de manger, vomisssait et se souillait.

Ceux qui prenaient "soin" d'elle la baignaient, l'aidaient à marcher, la nourrissaient - parfois de force - et l'empèchaient de quitter la chambre. Ils décidaient de ce qu'elle devait manger et boire, et des médications à ingurgiter.

Si les notes de l'église sont vraies, ces gens ont brutalement cessé de prendre les decisions à sa place, elle a recouvré ses esprits  le soir de sa mort et a "choisi son médecin"?

Bien que les notes de l'église mentionnent les évènements antérieurs à son départ sur l'hopital, aucune ne dit qu'elle ait choisi son médecin.

Les notes disent que deux staffs de l'église ont appelé le docteur David Minkoff, employé aux urgences de l'hopital précité, qui a voulu voir Mc Pherson. Les notes disent qu'on a expliqué à Mc Pherson qu'elle serait emmenée chez Minkoff.

LIBRE D'ALLER ET VENIR...

En Décembre et Janvier, Abelson a plusieurs fois répété que Mc Pherson était "libre d'aller et venir" au Fort Harrison. Ensuite, il prétendait qu'elle était en quarantaine car elle l'avait décidé ainsi.

Mais huit mois après, l'avocate de l'église Laura Vaughan chantait un autre air: il était vrai qu'on avait parfois empèché Mc Pherson de s'en aller. Les notes de l'église disent aussi qu'à plusieurs reprises, "elle avait été maintenue par d'autres paroissiens quand elle cherchait à se faire mal ou à frapper d'autres gens".

Un staff écrivit aussi "que Mc Pherson avait essayé de sortir" dès le premier jour de son séjour", ce qui suppose qu'on l'en ait empèchée. Les observations signalent que des "gardiens" étaient tout près.

Mais Vaughan, avocat de l'église, fait ici un distingo: "Je ne dirais pas qu'elle ait été maintenue de force; qualifier cela ainsi n'est pas réaliste."

Elle dit que les staffs de l'église essayaient d'empècher Mc Pherson de se faire mal. "Ils essayaient de l'aider, pas de la coincer".

LE DERNIER JOUR

En Décembre, Abelson disait que Mc Pherson était brusquement tombée malade le dernier jour du séjour. Il disait que les staffs avaient aussitôt cherché assistance, mais qu'ils ne considéraient pas que ce soit urgent.

Mais les notes prises signalent que Mc Pherson souffrait de divers problèmes physiques inquiétants depuis bien longtemps.

Trois jours avant sa mort, elle était trop faible pour se lever seule. Le jour où elle mourut, les staffs disent qu'ayant la diarrhée,elle s'était fait dessus, et qu'elle avait considérablement maigri au cours des dernières 24 heures, "qu'elle avait vraiment l'air très malade et qu'elle respirait difficilement".

Ce qui ne les a pas empèchés de décider de l'emmener dans un hopital lointain. Il fallut 45 minutes pour l'y conduire, disent les notes.

Vaughan disait que Mc Pherson semblait faible, "mais que personne ne pensait qu'elle risquât sa vie".

Un autre Médecin, le Dr David Niles,  vient de parler: il dit avoir entendu Minkoff , le toubib scientologue - répondre à l'appel téléphonique concernant Mc Pherson. Il a entendu Minkoff dire "qu'il pensait que cette personne devait être emmenée au service hospitalier le plus proche".

Les rapports de l'église disent que Minkoff a immédiatement déclaré que McPherson était morte et demandé pourquoi on ne la lui avait pas amenée plus tôt.

L'Hopital de Morton Plant est à deux minutes du Fort Harrison.


Note:

Le cas de personnes ayant déclaré qu'elles sont L. Ron Hubbard s'est déjà vu en audition; j'ai été témoin d'une personne qui se prenait pour une personne encore vivante, car elle la croyait morte.

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