(anglais)
Le rapport 1999 des USA SUR LES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME
En plus d'être inhabituellement surchargé de choses dont on ignore pourquoi elles ont été
ajoutées, telles des explications à propos d'affaires ayant été normalement jugées
et condamnées par exemple de 12 ans de prison ferme - peine normale en pareil cas - le rapport US 1999 sorti
en février 2000 s'enfonce dans les étrangetés.
Les rapporteurs sont-ils payés au mot, ou pour noyer le poisson en laissant supposer que ces 9000 mots parlent
tous de violations des droits de l'homme?
On dirait qu'il s'agit d'une collection d'articles de presse, dont peu ont trait à des violations étatiques
ou gouvernementales de droits de l'homme...
Par exemple, qu'un policier devienne fada et tue quelqu'un pris sur le fait, que quelques gardiens de prison
saoùls battent des prisonniers, tout cela n'est pas le fait de l'Etat, et la justice n'a pas hésité
à châtier les coupables. Les coupables sont condamnés ou révoqués; où
est la violation de la part du gouvernement? Pourquoi des faits pour et des faits contre sont-ils
mélangés ici, laissant l'impression qu'il y aurait partout violations?
Exemple:
"La Cour Européenne des Droits de l'Homme a décidé que le delai de plus de six ans
écoulé pour s'occuper de la plainte de Selmouni (dont certains aspects sont encore à l'étude
dans des tribunaux français) avait violé le droit à être entendu dans un délai
raisonnable"
C'est vrai. Mais pourquoi diable les Etats-Unis ne protestent-ils pas lorsque des plaignants contre la scientologie
attendent dix ou quinze ans le jugement dans des affaires d'homicide, extorsion, escroquerie et médecine
illégale? Serait-ce par hasard parce que les victimes s'opposent à la scientologie? L'Etat français
a pourtant aussi été condamné ici, pour la même raison: délai déraisonnable
dû à un juge - trop amical avec les scientologues, peut-être?
Parler par ailleurs de l'acte stupide - et en cours de jugement - qui consistait à brûler une paillotte
en Corse quelques mois trop tôt, peut faire se poser la question: qui avait d'abord violé les lois.
Mais c'est une autre affaire. Par ailleurs, la paillote a été reconstruite au frais de l'état.
La justice et les droits de l'homme sont-ils finalement respectés après cette bavure?
On retrouve les Corses un peu plus loin, à propos des "bombes"; qu'est-ce que ça fait dans
le rapport US? Doit-on penser que l'état français a commandité le bombardement de ses propres
installations? Où sont les problèmes de droits de l'homme?
Puis:
"Devant augmenter la sécurité lors de la visite du président Iranien Mohammad Khatami
pendant sa venue à Paris, la police a brièvement détenu des activistes iraniens, dont des
membres de l'organisation Mujahedin-e Khalq, qui avaient auparavant provoqué des violences en France"."
Ah. On fait quoi, aux USA, quand des manifestants se pointent au WTO (la conférence sur le commerce mondial
de Seattle); je vais vous le dire: certains sont toujours en prison chez eux à l'heure qu'il est, dont une
défenderesse des droits de l'homme, et ... je me suis fait bloquer le 2 décembre 99 par les services
d'immigration à Detroit, en escale pour la Floride, parce que ça manifestait à Philadelphie,
à 1650 km de là: j'ai raté mon zinc. Pas grave, mais bon!
Autre:
"On pense que les six résidents musulmans non-français détenus en 1994 par la police
en 1994 parce qu'ils étaient suspectés d'aider des terroristes algériens ont été
jugés dans le procès Chalabi en octobre 1998, ou relâchés."
Ah? On "pense que" ... pas vraiment précis ou convaincant, non?
Et puis:
" Les avocats des accusés, ainsi que la ligue NGO des droits de l'Homme, continuaient à critiquer
l'atmosphère de "cirque" de ce procès en masse"
Voilà du mot façon sciento; atmosphère de cirque... c'est ce qu'ils ont utilisé
à Marseille. Mais gouvernement et justice ne faisaient pas partie du cirque, le cirque, ça correspond
à un mot de journaliste en raison du nombre de co-accusés (environ 150) dans ce procès pour
terrorisme.
A propos des sectes:
Les rapporteurs US ont sorti les vieilles rengaines scientologues quant aux décisions françaises
d'observer et d'agir contre les sectes dangereuses; c'est évidemment leur secte favorite, la scientologie,
dont les mensonges habituels et usés sont cités:
Passage amusant:
" La Mission Interministérielle [de lutte contre les sectes, ndt] a publié en retard
son rapport 1999..."
Mais les USA ont publié leur rapport 1999 quelques semaines après: a-t'il été "retardé?"
Autre erreur:
"Le gouvernement ne reconnaît pas actuellement les associations des témoins de Jéhovah
ou de l'église de scientologie comme une religion par rapport aux avantages de taxation, si bien qu'il les
taxe à 60 % sur les fonds qu'elles reçoivent"...
Mais la scientologie n'est pas taxée à 60 %... qui leur a dit ça?
et plus loin:
"Les taxes demandées en 1994-1995 ont précipité la faillite de l'église de
scientologie""...
c'est totalement faux, les taxes étaient de 7 millions, alors que la sciento devait 90 millions à
divers débiteurs... et que de plus, l'affaire des taxes impayées remontait à 1980 ou avant.
Ce qui a précipité la banqueroute des orgs scientologues, c'est l'habitude de ne jamais payer
ce qu'elles doivent, sauf les dizaines de millions ruineux qu'elles envoient aux USA chaque année... où
on les exempte d'impôts.
- Autre chanson scientologue:
"En 1997, une cour d'appel de Lyon reconnaissait la scientologie comme une religion lors de son jugement
de Jean-Jacques Mazier, ancien dirigeant scientologue. Dans sa réponse, le Ministre de l'intérieur
annonçait que le tribunal avait abusé de son autorité et que le gouvernement ne reconnaissait
pas la scientologie comme une religion. Le gouvernement fit appel, mais le 30 juin 1999, la cour de cassation rejetait
l'appel du gouvernement, énonçant que la cour d'appel n'avait pas autorité pour décider
si la scientologie était une religion".
Belle démonstration de l'ignorance des USA:
A/ le tribunal n'a pas dit que la scientologie était une religion, mais ceci: "
Attendu qu'il est vain, dès lors, de s'interroger sur le point de savoir si l'Eglise de Scientologie constitue
une secte ou une religion, la liberté de croyance étant absolue; que dans la mesure où une
religion peut se définir par la coïncidence de deux éléments, un élément
objectif, l'existence d'une communauté même réduite et un élément subjectif,
une foi commune, l'Eglise de Scientologie peut revendiquer le titre de religion et développer en toute liberté,
dans le cadre des lois existantes, ses activités y compris ses activités missionnaires, voire de
prosélytisme:" -
mot-clé: "L'église PEUT revendiquer..."
B/ Mazier était loin d'être seul condamné.
C/ le ministère de l'intérieur a réagi, et non répondu.
D/ C'est le Ministère Public, qui est partie de la justice, et non le gouvernement (les ministres etc)
qui a décidé de poursuivre en cassation le jugement d'appel.
E/ Bien que les scientologues de Paris aient été normalment relaxés, le jugement a été
infirmé en ce qui concernait la déclaration "religion" du juge d'appel.
La meilleure partie du rapport : les libertés religieuses:
"La Mission Interministérielle [de lutte contre les sectes, ndt] a continué son
mandat durant 1999. Cependant, le rapport 1999 a été retardé. Selon la Presse, cependant,
ce retard était dû au fait qu'il y avait des réserves du gouvernement quant au contenu, qui
demandait une législation aboutissant à abolir un certain nombre de soi-disant "sectes dangereuses".
Les bureaux du Premier Ministre ainsi que certaines figures proéminentes du gouvernement, se sont publiquement
opposées à cette mesure, parlant de la Constitutionnalité de la "liberté de conscience".
Il s'agit d'une pure invention US et du rapport fait par leurs amis scientologues. Pas d'opposition du gouvernement
au rapport, au contraire.
Conclusion:
la paresse et l'absence de précision, ajoutées au dédain de ce rapport, nous démontrent
largement comment la Commission US a travaillé pour la partie française du rapport. Gageons qu'à
part étudier quelques articles de la presse, et recevoir quelques scientologues, les rapporteurs US n'ont
pas fait grand chose.
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