"Si j'avais su, jamais je n'aurais loué." Abusé, Michel Eloot, gérant
de l'hôtel Climat de France de Lille, l'a incontestablement été. Désabusé, il
l'est aujourd'hui. Lorsque le 3 avril dernier, un homme s'est présenté pour réserver une salle
-pour le mardi 18 avril- jamais il n'aurait pu imaginer que des sectes allaient s'y réunir. "Si
je l'avais su la veille ou le matin-même, ça ne se serait pas fait", assure Michel Eloot,
qui a repris l'hôtel il y a 3 mois.
Mais ce mardi-là, à 16h30, quand Charline Delporte, présidente de l'ADFI (Association pour
la défense de la famille et de l'individu) de Lille, alerte l'hôtelier, la Commission d'enquête
permanente sur les violations des droits de l'homme en France avait entamé son pseudo-tribunal. Dans
la salle, rappelons-le (La Voix du 23 avril), certains arboraient une étoile jaune sur laquelle était
inscrit: "Membre d'une secte". D'autres portaient un badge "I love Raël".
Les intentions étaient claires: défendre les sectes contre ceux qui les attaquent, ADFI et mission
interministérielle de lutte contre les sectes (MILS).
La méthode utilisée par l'Omnium des Libertés pour la réservation de la salle met
en lumière le travail souterrain des mouvements sectaires. "On n'a eu aucune information sur le
séminaire, précise Michel Eloot. Ils ont payé immédiatement afin de conclure
le contrat." Dans ces conditions, difficile de le rompre. "C'est une démarche connue,
insiste Charline Delporte. Une fois le contrat conclu, l'hôtelier peut difficilement faire marche arrière.
Dans le cas contraire, les sectes lui intenteraient un procès. Ca s'est vu"
Ici, M. Eloot a été prévenu trop tard. Néanmoins, l'appel de Charline Delporte a
été l'occasion pour Joël Labruyère, président de l'Omnium, d'accentuer la pression.
"Il voulait porter plainte pour harcèlement, raconte encore le gérant. Il insistait
pour faire signer un papier à mon frère. Mais il ne l'a pas fait..." Le doute était
dans les esprits.
J-M. R